Titre: Revival (Renouveau)
Genre: Family, Aventure, Romance, Humour, Heroïc-fantasy et Fantastique.
Rating: Je vais peut-être le monter un peu.
Personnages: La clique du cycle de l'héritage...j'ai la flemme de dire tous les noms! Et puis si vous êtes là, c'est que vous avez lu les tomes donc que vous connaissez les personnages.
Paring:...Pourquoi il en faut absolument au moins un? C'est forcé? Oui? Bon je vais voir! Mais il n'y a rien entre Isil et Murtagh, ça je peux vous le dire.
Disclaimer: Rien n'est à moi...sauf les OC
Chapitre 6: Secrets II
«Saphira?»
Il toucha un esprit différent de celui de Aegnor ou de Thorn, sans doute parce que c'était une dragonne. Pendant un moment, il n'y eu aucune réponse. Puis une conscience toucha la sienne avec hésitation. Puis un soupçon de méfiance.
«Morzan?»
Murtagh soupira et répondit, fermement «Non. Je suis son fils.»
Saphira eut une hésitation puis explora ses souvenirs, pour savoir qui il était, ignorant l'avertissement de Thorn. Celui-ci la laissa faire, prêt toutefois à la chasser au moindre problème.
Le jeune homme la vit explorer son enfance, sa fuite de la capitale, sa rencontre avec Eragon et, comme il le craignait...
«BROM!!»
….Le mort de l'ancien dragonnier. Murtagh grimaça et son dragon intervint immédiatement, repoussant la responsable hors de l'esprit de son dragonnier. Mais l'autre cessa ses attaques, attendant un peu avant de reprendre, avec énormément de colère.
«Qui l'a tué? Qui?»
Le jeune homme vacilla sous cette rage, et laissa son ami ailé répondre «Les Raz'zac! Murtagh les a sauvé! Sans lui, ils auraient tout deux été emmené devant le roi. Ca n'aurait pas changé le destin de ton dragonnier, mais Eragon aurait été un esclave tout de suite. »
Saphira se calma un peu et termina son exploration de la mémoire de son interlocuteur humain, apprenant un maximum de choses sur la situation actuelle. Aegnor faisait de même, sans rien dire.
«Heu...dites?» Osa Thorn, craignant une réprimande s'il allait trop loin dans ses questions.
«Qui a-t-il dragonneau?» répliqua l'esprit de la dragonne bleue, interrompant ses investigations, pour se reporter sur celui du plus jeune.
«Je me demandais...pourquoi Morzan avait-il l'eldunari de la dragonne de Brom?»
Silence.
Murtagh se demanda brièvement si son ami avait commit une bévue en posant cette question délicate. Étrangement Saphira ne se fâcha pas. Aegnor non plus. Mais il sentit qu'ils communiquaient rapidement avant que le dragon de son père ne reprenne la parole.
«Tu veux vraiment savoir? Vous voulez le savoir tout les deux?»
Les deux n'hésitèrent qu'un court moment avant de dire, avec détermination «Oui!»
La bataille faisait rage, les hurlements et les bruits de flammes, de chute ou de sorts résonnaient partout. Les combats duraient depuis des heures, et tous étaient plus ou moins à bout de force.
A travers les yeux du dragon rouge, on pouvait voir une dragonne effondrée au sol, gémissante de douleur, alors que son sang coulaient sur le sol. La patte couleur rubis était posée sur son cou bleu.
Un jeune homme aux mèches châtains et aux yeux ambrés était étendu au sol, haletant de douleur alors qu'il tentait d'utiliser sa magie pour soigner sa plaie.
Vacillant il se mit sur ses jambes, ses vêtements saphir couverts de boue et de sang, ses cheveux emmêlés. Son visage tuméfié, sa lèvre ouverte, il avait de nombreuses plaies et tenait uniquement sur ses jambes par miracle.
Il regardait le spectacle que formait les deux dragons et gémit de désespoir.
«Brom.»
Il se retourna. Face à lui un jeune homme aux mèches noires et aux yeux vairons. Zar'Roc scintillait dans sa main.
«Morzan...»
Brom tremblait, à bout de force, sans arme. Il était à la merci de son ennemi. Jetant un œil à sa dragonne captive, il tourna ensuite son regard vers le parjure. Il ne pouvait plus se défendre, pas dans son état de faiblesse. Et son amie était à la merci de son ennemi.
«Pourquoi? POURQUOI? Quelle promesses le roi t'a-t-il fait pour que tu le rejoignes?» Un sanglot le secoua alors que les tremblements du à ses blessures, et à sa perte de force, augmentaient de plus en plus. «Pitié...Laisse partir Saphira.» Trop faible pour se défendre, il tomba à genoux face à son ancien ami, agrippant la tunique rouge sang. «Je t'en supplie. Je ferais ce que tu voudras mais laisses la, ne lui fais pas de mal!»
Peu importe son orgueil, sa fierté. Son ancien condisciple ne pouvait pas être devenu l'homme cruel que tous décrivait, pas lui. C'était forcement une erreur, il était forcement une victime de Galbatorix. Et quand il bien il serait vraiment avec lui, il ne pouvait pas avoir si radicalement changé.
Le regard vairon sembla s'adoucir très légèrement, s'attrister, pendant quelques instants, un instant trop fragile qui fut brisé presque immédiatement. Morzan regarda le ciel, plissa les yeux et, reportant son attention sur son adversaire, leva son arme.
Brom ferma les yeux, sentant sa fin. C'était fini, il allait mourir. «Pardon Saphira, adieu!»
Mais le pommeau de Zar'Roc le frappa à la tempe avec force, l'envoyant au sol, inconscient.
Dans les secondes qui suivirent, un dragon pourpre fondit sur eux, bousculant Aegnor pour s'abattre sur Saphira. Le rouge fut propulsé au sol, et la bleue hurla de douleur, un cri d'agonie échappa de sa gueule quand la mâchoire aiguisée du nouveau venue se referma impitoyablement sur son cou.
Le premier des parjures s'avança, la colère faisant briller ses yeux: «Kialandi! Qu'est-ce que tu fais! C'était mon combat!» Aegnor se redressa au mots de son compagnon, grognant contre le duo, écartant les ailes avec colère.
L'interpellé regarda le premier serviteur de Galbatorix et ricana «Vraiment? J'aurais eu plus l'impression que tu allais l'épargner.»
Le brun serra les dents. Sa main se crispa sur la poignée de l'épée rouge. Mais il ne répliqua rien. Et regarda l'autre parjure dans les yeux.
«C'est quoi ce regard? Tu te crois meilleur parce que tu es le favori de Galbatorix? Tu crois que je t'ai pas vu en épargner trois ou quatre?
- Ferme-là!
- Tu sais bien que tu n'es rien d'autre que son esclave, juste bon à ramper à ses pieds! Rien d'autre qu'une pu...
- Fais attention à ce que tu dis. Si on se battait, ta vie prendrait fin très vite!» siffla le brun, la haine qu'il ressentait pour son ''collègue'' créant presque une aura autour de lui tant elle était perceptible.
Kialandi le regarda et eut un sourire narquois. Le dragon pourpre s'envola rapidement sous le rire du parjure, alors qu'ils retournaient à l'attaque des dragonniers. Morzan baissa les yeux sur Brom, toujours inconscient et se dirigea vers Saphira. Aegnor était penché vers elle, lui donnant un petit coup de museau comme simple adieu.
«Est-il...» La peur de la dragonne résonna dans leurs esprit. Une peur légitime. Même à la frontière de la mort, un dragon se souciera toujours de son dragonnier.
«Vivant, juste assommé»
Saphira eut un soupir. Le regarda de ses yeux saphir. «Merci de ne pas avoir tué mon compagnon d'âme.» Elle préférait mourir seule que l'entrainer avec lui. «Galbatorix va prendre mon cœur des cœurs n'est-ce pas?»
Le parjure grimaça à cette idée «Surement.» Son maître, avertit par Kialandi, passerait surement dans le secteur pour prendre ceux des dragons agonisants, comme elle. Ca ne lui plaisait pas mais il ne pourrait pas l'empêcher de le prendre. Pour un autre dragon, il aurait peut-être éprouvé moins de remords. Mais pas pour Saphira.
Grognant de rage, la dragonne souffla «Jamais !Jamais! Prend le! Je préfère qu'il soit à toi qu'à lui. Puisque Brom ne peut pas le prendre, toi prend le!»
Et sans attendre de réponse, sachant son temps compté, elle recracha la pierre bleue, qui atterrit dans la main gantée du jeune guerrier. Tant pis pour les risques, elle n'avait plus qu'à espérer, comme Brom, qu'il restait du bon en cet homme que son dragonnier avait tant aimé avant. Après tout il l'avait juste assommé non? C'était bien la preuve qu'il ne désirait pas le tuer.
«Saphira...»
Elle retroussa les crocs dans une mimique de sourire «Tu ne peux pas l'empêcher de me l'arracher, de me le prendre. Mais rien ne t'oblige à lui donner si tu l'as non?»
Hochant la tête, il se leva et se dirigea vers Aegnor qui attendait, ramassant au passage l'épée bleue qui traînait au sol pour prouver à Galbatorix sa ''victoire''. «Pardon Saphira. Je n'avais rien contre toi ou contre Brom. J'aurais préféré ne pas vous croiser aujourd'hui.» Le dragon rouge déploya ses ailes rubis et s'envola avec vigueur dans le ciel, rejoignant Galbatorix et les autres parjures.
La dragonne bleue eut un profond soupir qui secoua son corps et laissa échapper un vague «Je sais..Je te pardonne!» que aucun des deux ne put entendre, les destinataires étant déjà trop loin. Elle tourna la tête vers son dragonnier. «Adieu Brom et pardon...pardon de ne pas pouvoir rester avec toi.»
Et sur ces mots, elle ferma ses yeux saphir pour toujours.
Murtagh reprit son souffle, séparant son esprit de celui des deux dragons «Est-ce vrai? Mon père a eu pitié de Brom?» Il eut un petit rire désabusé «Il devait être encore jeune alors. Parce qu'il ne m'aimait pas.» Il ne changerait pas d'avis sur son père pour si peu. Ca c'était hors de question.
Aegnor le stoppa dans sa litanie de reproches vis-à-vis de son géniteur «Alors que signifient les fairth selon toi?» Le ton penchait vers la raillerie et le jeune homme n'aima pas trop ça.
Cependant, à cette question, il ne savait que répondre. Certes on pouvait tromper avec de fausses images, en dénaturer le sens. Mais si tel était le cas, les aurait-il caché ici, à l'abri de tout? Non, certainement pas. Alors était-ce vrai? «Alors pourquoi m'a-t-il blessé avec Zar'Roc? Pourquoi a-t-il rejoint le roi?»
Aegnor laissa passer quelques instants puis répondit «Il a suivit Galbatorix, c'est vrai. Cet homme peut manipuler n'importe qui.» Il eut un soupir et Saphira lui envoya une onde de sympathie, compatissant à la douleur de son compagnon. «Il l'a bien regretté. Il a été aveugle et après c'était trop tard pour se libérer.»
Murtagh grogna, il en savait quelque chose. Lui-même s'était presque fait avoir des mois auparavant. «J'avoue...et ça a du empirer avec le temps.»
L'esprit de l'eldunari sembla briller plus fortement avant que les paroles ne reprennent dans son esprit, avec douceur et patience:«Ton père était un idéaliste, un rêveur. Morzan était, je ne peux que l'avouer, arrogant et ambitieux. Mais pas réellement cruel, c'était juste une image qu'il se donnait pour ne pas se laisser marcher sur les pieds. Il n'aimait pas trop les elfes, parce qu'il pensait que ceux-ci se croyaient les dragonniers elfes supérieurs aux dragonniers humains. Il les estimait hypocrites. Et il éprouvait de la colère parce que ses yeux étaient vus comme un mauvais présage par beaucoup de gens, tant de personnes l'ont rejeté à cause de ça. J'avoue qu'il n'avait pas du tout un caractère facile. Qu'il pouvait même être insupportable parfois. Mais moi qui était son dragon, je savais ce qu'il ressentait...et je l'aimais comme il était.»
Murtagh aurait eu envie de ne pas écouter ça. Si son père n'était pas si mauvais que ça, pourquoi l'avait-il blessé dans ce cas? S'il n'était pas été pourri jusqu'à la moelle, pourquoi l'avait-il blessé dans le dos, avec son épée.
Pourquoi l'avait-il presque tué?
Aegnor continua, plus doucement, tristement: «Avec le temps, il avait fini par devenir plus dur, plus froid et surtout malheureux parce que j'avais perdu mon nom, que je sombrais dans la folie.
- Me parler à moi l'empêchait de devenir fou.» intervint Saphira, tout aussi triste. «Mais il buvait. Un peu trop même et il lui arrivait d'être brutal dans ces cas-là. La folie de Aegnor l'a fait touché le fond je pense.
- Oui ça je m'en souvient très bien.» grogna Murtagh. Il se rappelait de l'homme affalé dans un fauteuil ou à une table. Il criait souvent, sur Séléna ou sur les serviteurs. Un homme brusque, qui lui flanquait parfois des taloches, lui criait dessus, mais qui, avant l'incident Zar'Roc, n'avait jamais été réellement violent avec lui. Brusque oui mais...ce n'était pas pire que la façon dont Galbatorix avait élevé Isil après tout.
Impassible, l'esprit du dragon rouge reprit doucement, soutenu par l'approbation de l'autre eldunari:«Ce soir où il t'as blessé, il avait beaucoup bu.
- Tu es en train de l'excuser là?
- Non. Mais tu te souviens comment Galbatorix a vaincu Oromis et Glaedr? De ce que j'ai vu dans tes pensées et celles de ton dragon, il les a battu en prenant le contrôle de ton corps non?»
Murtagh fronça les sourcils. Qu'est-ce que la possession du roi, le fait qu'il se soit servi de lui pour abattre ce duo si noble, les maîtres de son frère et de l'autre Saphira? Il se sentit soudain glacé quand l'idée lui vint, horrible et révoltante : «Attends Aegnor, tu ne sous-entend pas que...
- Si, Galbatorix craignait qu'il change de nom et le trahisse s'il s'attachait trop à sa famille. Alors il a fait ça. Et ça a marché. Ta mère est partit, tu as haï ton père. Après ça, il a tout perdu. Et tu ne sais pas le pire? Il n'a jamais su que ce n'était pas de sa faute. Il est mort en pensant avoir presque tué son fils.»
Une question restait, et Thorn lui celui qui la posa, après avoir bien choisi ses mots, parlant à la place de son compagnon, sachant que celui-ci n'oserait pas demander lui-même: «Et les ''craintes'' du roi concernant votre dragonnier. Étaient-elles fondées ou était-ce plus de la paranoïa?
-...Il avait raison. Morzan changeait, lentement, mais il changeait. Sans cet accident, sans le vol de l'œuf, il aurait peut-être pu changer de nom...et quitter enfin celui qui lui avait menti, l'avait manipulé, torturé même, et qui avait finalement détruit sa vie.» Aegnor refusa ensuite d'en dire plus sur le sujet.
Saphira soupira tristement, regrettant de n'avoir rien pu faire. Quel gâchis tout cela avait été, selon elle. Combien de morts avait découlé de la folie du roi, combien de vies avaient été détruites par cet homme qui ne devait plus rien avoir à la place du cœur.
Murtagh marchait dans les couloirs, pensif. Il avait caché l'eldunari de Saphira et les fairth dans sa chambre. N'avait gardé que celui de Aegnor avec lui, à l'insistance du vieux dragon. Il prévoyait d'aller voler avec Thorn en attendant l'aube, moment où ils voleraient à tire d'ailes vers la capitale, pour le rapport au roi concernant l'œuf. Ils n'avaient pas le choix, ils se devaient de lui dire. Et d'espérer qu'il le le prendrait pas, qu'il ne le garderait pas au fin fond du château.
«Grand frère?»
Il s'immobilisa en entendant ces mots et regarda par dessus son épaule. Elendel était debout, en habits de nuit, et le regardait, se frottant les yeux d'une main. Souriant le dragonnier plus âgé se dirigea vers lui, et posa un genou au sol pour se mettre plus ou moins à sa hauteur.
«Que fais-tu debout à une heure pareille toi?
- Je...j'ai fait un cauchemar. Et j'ose pas réveiller Emeralda parce qu'elle dort si bien...
- Ha?»
Le jeune homme s'approcha le souleva le gamin dans ses bras, le faisant pousser un petit cri de surprise. Il l'emmena dans la chambre et avisa Emeralda qui dormait, roulée en boule au bout du lit, retroussant parfois les lèvres dans son sommeil, rêvant sans doute. Il borda l'enfant et s'assit à son chevet. «Si tu veux je reste jusqu'à ce que tu t'endormes, d'accord? Demain, je dois retourner à la capitale mais dès que je reviendrais, je t'emmenerais voler d'accord?
- Oui.» Elendel hésita et demanda, doucement «Murtagh?
- Hum?
- Tu me racontes une histoire?»
Le jeune homme fut persuadé d'entendre les deux dragons rouges qui riaient dans son esprit. Enfin l'un d'eux semblait plus attendri que moqueur et il ne voulait pas savoir lequel des deux s'était (surement Thorn selon lui). Il se sentit lui même fondre, malgré lui.
«Très bien.» il chercha un instant quelle histoire pourrait convenir. Il se souvint que le petit était totalement amnésique et ne se souvenait que de son nom et de son âge. Donc qu'il ne connaissait aucun récit. «Ca te dirais d'entendre celle du tout premier des dragonniers?» proposa-t-il en souriant, avisant au même moment que la dragonne s'était réveillée et s'avançait pour se blottir contre Elendel dont les yeux s'étaient illuminés.
Mais il ne faisait aucun doute que l'histoire l'intéressait autant que son compagnon d'âme.
Très bien, mon auditoire s'agrandit, pensa-t-il avec amusement.
Murtagh se tenait à genoux devant le roi, respectueusement incliné alors que Thorn penchait lui-aussi la tête, pour saluer le monarque. Shurikan grogna pour les saluer mais ne les quitta pas des yeux, sachant à quelle point son maître aimait les voir tremblants devant lui. Il savait ce que le partenaire qu'il n'avait pas choisi allait dire, mais refusait d'intervenir, attendant la réaction des deux esclaves de son maître.
«Murtagh. Quelle bonne surprise. As-tu déjà trouvé ce que tu devais chercher? Tu m'impressionnes.
- Oui Majesté.» Il tendit l'œuf violet, se sentant mal à l'idée de le laisser entre les mains de ce dragonnier fou. Cet œuf avait une valeur sentimentale. C'était la fille du dragon de son père après tout. Et maintenant qu'il connaissait Aegnor et Saphira, il refusait qu'il arrive malheur à ce petit être.
Galbatorix le prit et le regardait, tranquillement et avec un sourire presque maniaque aux lèvres. Il murmurait des paroles que son parjure n'écoutait pas, échangeant rapidement quelques mots avec son dragon. Il posa ensuite l'œuf sur une petite table près du trône et fixa le brun de ses yeux perçant.
«N'as-tu pas trouvé autre chose?»
Murtagh sut qu'il devait parler de l'eldunari de Aegnor, au moins de celui-là. Sinon le roi fouillerait dans sa mémoire, et lui prendrait les deux pierres, y compris celui de Saphira et ça c'était hors de question. Il expliqua en quelques mots ce qu'il avait trouvé. Livres, fairth, et l'eldunari rouge.Et avec l'aide des deux dragons il cacha toute information sur le bleu.
Étrangement, et comme il l'espérait, Galbatorix le lui laissa, pensant sans doute renforcer la ressemblance avec son père. Il passa rapidement au sujet, à la vraie raison de sa convocation, autre que l'œuf.
«Murtagh, sais-tu la vrai raison pour laquelle je t'ai envoyé, avec ma fille et Elendel, au château de ton père?
- Hum. Je ne sais pas vraiment...quelqu'un a vu les petits dragons peut-être?
- Tu suppose bien. Cet espion devait être un elfe. Il m'a échappé mais le risque que les Vardens tentent d'enlever Elendel est présent. Surtout sachant qui il est.»
Murtagh plissa les yeux, étonné. «Qui il est?» articula-t-il, fixant son seigneur dans les yeux, le cœur battant. Il sentait la conscience d'Aegnor à l'écoute dans son esprit, prêt à le soutenir à tout instant, comme Thorn.
Un rire glacial résonna dans l'immense salle du trône. Frissonnant, le jeune homme s'obligea à rester d'une immobilité parfaite. La peur lui tenaillait le ventre mais l'habitude d'obéir le pétrifiait.
«Murtagh, Murtagh...» Gloussa le roi, caressant le museau de Shurikan, couché près de lui. «Avant toute chose, laisse-moi te poser une question.» Regardant son vassal dans les yeux, il susurra «A ton avis, qu'est-ce qui serait assez symbolique pour briser la détermination et l'obstination des Vardens?
- Le fait que nous soyons trois dragonniers? Que Eragon soit prisonnier et Saphira morte?» osa cracher le plus jeune. A cet instant il fut certain d'être puni pour ce qu'il avait posé dire. Surtout avec le ton plein d'ironie qu'il avait utilisé.
Mais rien ne vint, pas encore.
Galbatorix le regardait avec amusement «Mis à part ces détails, je parlais surtout de symbolique.
- Je...ne sais pas majesté.» Il tenta de maîtriser sa colère en entendant la façon dont son maître dénigrait tout ça. Le sort de son frère était loin d'être un détail, et sa dragonne aussi.
Son interlocuteur gloussa. «Allons Murtagh. Laisse moi résumer. Tu es le fils du premier et dernier des parjures, de mon plus fidèle serviteur. D'un homme qui était comme une ombre pour moi n'est-ce pas?
- Oui votre majesté.» articula-t-il en tentant de calmer Aegnor dans son esprit, le dragon se mettant en colère en entendant parler ainsi de son compagnon bien-aimé.
Le sourire du dragonnier noir s'élargit «Et...tu lui ressemble presque complétement, tu as un dragon rouge, l'épée de ton père. Tout le monde te compare à lui.
- Je ne peux qu'être d'accord avec vous. Tout cela est la réalité.
- Grâce à toi, l'empire a récupéré Gil'Ead et deux ou trois autres villes que ces maudits rebelles m'avaient prises. Ton apparition sur les champs de bataille redonnent espoir à mes hommes, tu es un symbole pour eux. Grâce à des magiciens et des hommes de confiance, la peur des Vardens s'est rependue comme une trainée de poudre. Et toi tu es pour eux l'espoir d'échapper à ceux qui veulent piller, détruire, envahir. Et tu sais aussi que tu es très aimé de l'armée. Et du peuple aussi, nous avons assez travaillé pour ça.»
Le jeune dragonnier hocha la nouveau la tête, docile, alors que le roi tournait autour de lui, tel un vautour, continuant ses paroles empoisonnées.
«A ton avis, que se passerait-il si je déclarais la reformation de la caste des dragonniers, que officiellement tu commanderais? Officiellement elle serait indépendante bien que fidèle à l'Empire.
- Le peuple...lui ferait confiance. Ce serait un symbole fort. Il serait à votre avantage. Et les Vardens seraient anéantit en une seule bataille, car cette nouvelle caste représenterait l'espoir d'un monde en paix?» Murtagh haïssait être aussi hypocrite, tromper ainsi les gens. Mais quelque part, Galbatorix avait raison.
Reformer la caste des dragonnier apporterait la paix. Mais ils seraient toujours soumis au roi.
Officiellement il aurait le commandement?
Cela voulait dire qu'officieusement ce serait le roi.
Mais peut-être était-ce aussi là la future occasion de s'enfuir et de se libérer.
«Bien bien...maintenant répond. Qui a crée les Vardens?»
Le changement de sujet stupéfia tant Murtagh que celui-ci ne put pas répondre tout de suite à la question. Finalement il toussa et murmura, d'une voix à peine audible «Brom non?
- Exact!
- Pardonnez-moi votre altesse mais je ne vois pas où vous voulez en venir.
- Ca ne m'étonne pas.
Galbatorix claqua des doigts. Un serviteur surit d'une porte dérobée, écouta les instructions et repartit au pas de course vers l'entrée de la pièce. Le roi attendit qu'il soit partit pour reprendre ses paroles, faisant signe à son disciple de se lever. «Le gamin n'a rien à voir. Ce qu'il faut c'est un symbole fort. Une union qui anéantisse l'entêtement de ces rebelles. Brise leurs espoirs.
- Une union...» balbutia Murtagh, son mental incapable de suivre l'esprit tordu du roi. Thorn gronda mais se tut sous le regard noir de Shurikan.
Le roi s'immobilisa devant son serviteur, et savoura les mots qu'il lâcha ensuite:«Brom avait également une fille. Cette petite famille était bien cachée mais je l'ai trouvé. Si tu veux des détails, tu n'auras qu'à lui demander.
- Une... fille?» répéta le brun, sans faire attention à la dernière phrase. Et cette fois il comprit. Une union, une fille et lui. Mais plus que tout il comprit le symbole.
La fille de Brom et le fils de Morzan.
Les enfants des deux grands ennemis, adversaires, de l'Empire.
Le fils du plus fidèle serviteur du roi épousant la fille du fondateur de cette armée de rebelles.
Ensemble. Servants tout deux Galbatorix. Formant la nouvelle caste de dragonniers.
Car il ne faisait aucun doute pour lui à cet instant que le dragon violet était pour elle. Aucun.
La symbolique était forte. Terriblement forte.
Avec la disparition d'Eragon, ceci serait le coup de grâce pour les Vardens.
A suivre
Prochain chapitre, on reverra Eragon, mais aussi les Vardens.
Ha oui je suppopse que c'est évident mais je vous le dis quand même: Séléna n'est pas la mère de la fille de Brom dans cette histoire.
