Titre : Errance éternelle

Autrice : Sesshy-girl (aka Sesshy's wife)

Résumé : Imaginez qu'en vous réveillant, vous ne vous souveniez de rien, que vous ne sachiez plus qui vous êtes. Imaginez que personne ne puisse ni vous voir, ni vous entendre ? Cette jeune fille est confrontée à ce problème. S'en sortira-t-elle sans dommage ?

Disclamer : Les personnages de Angel Sanctuary appartiennent à Kaori Yuki. Je n'ai pas le droit à une co-propriété sur Mikaël, Uriel, Kato, Bavar, Bélial, Raziel et Zahikel des fois ? Non ? Bah je m'en doutais, mais je pouvais toujours essayer, n'est-ce pas ? ;)

Couple : Hmmm . . . Un léger Uriel/Alexiel qui est quelque peu explicité vers la fin.

Mot à insérer : Plume


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Errance éternelle

Chapitre 7 : Le début d'un commencement

'Yûrei nee-chan ! Reste avec nous ! Ne pars pas ! Ne nous laisse pas ! Yûrei-san !'

Ces exclamations, assemblées en une même proposition, résonnent comme une litanie sans fin dans mon esprit encore embrumé de 'sommeil'. J'entends les cris plaintifs des triplets. Le dernier cri de Saya aussi. Pourtant, je sais qu'ils ne sont plus là, ou plutôt que moi, je suis ailleurs. Que je ne les reverrai jamais. Eux, Kaï, les exorcistes. Comme je n'ai jamais revu ceux que j'ai déjà croisés précédemment.

Cependant, ils seront à jamais différents pour moi. Parce que ce sont les seules personnes avec qui j'ai vraiment pu discuter – j'arrive maintenant à considérer avec calme, presque avec désintérêt, l'épisode de Kanna – et apprendre des choses. Oui, j'en ai appris beaucoup sur moi-même et sur ma condition d'âme.

Je sais désormais ce que je suis. Même si je ne sais toujours pas qui je suis. Qui j'étais plutôt. Parce que maintenant, je ne suis ni plus ni moins que Yûrei, une âme errante. Ce nom a été le premier qu'il m'ait été donné, alors il sera mien jusqu'à ce que je recouvre la mémoire.

Parce que j'ai décidé que je devais en avoir une, comme je devais avoir eu une vie. Parce que pouvoir discuter avec des personnes me voyant et m'entendant avait été un bon coup de boost pour me motiver à garder espoir.

Si des gens comme eux existent, il devait bien y en avoir d'autres quelque part. Il fallait seulement que je cherche un peu. Ou que je laisse le hasard faire les choses. Comme je m'en remets à lui depuis que je suis ce que je suis. Pas que j'ai vraiment le choix puisque je n'ai aucune prise sur quoi que ce soit. Mais je m'y suis habituée et cela ne me déplaît plus autant qu'avant. J'éprouve en ce moment même une sorte d'ivresse euphorisante, l'envie de connaître l'inconnu. Une chance qui m'est offerte. Une chance dont je vais profiter.

Alors, pour la première fois 'aujourd'hui', j'ouvre les yeux pour contempler l'endroit où je me trouve. Hmm . . . Cela ressemble fort à une sorte de château tout en pierre grise. Immense et froid. Presque sans aucun sentiment. Presque . . . inhumain . . . Je ne me sens pas à l'aise ici.

Sentant l'ivresse retomber à cause de l'ambiance particulière de ce lieu étrange, je baisse le regard et essaye de me changer les idées en regardant la tenue qui est la mienne. J'écarquille les yeux et n'ai pas besoin de me mirer dans un miroir pour savoir que je dois être aussi rouge qu'un bon kilo de tomates trop mûres.

Je suis nue. Complètement.

Je remarque aussi que mon corps est translucide, puisque j'arrive à voir au travers. Il luit aussi faiblement de la même aura lactescente qui n'apparaît normalement que lorsque je 'm'endors'.

Pourquoi ?

Est-ce typique de ce monde ? Ou bien est-ce parce j'ai maintenant conscience de ce que je suis réellement ? Ainsi, mon esprit ne s'efforcerait peut-être plus de m'habiller différemment à chaque nouvelle aventure pour tenter de m'aider à me voiler la face . . . Mais ça, je ne le saurai que lorsque cette 'journée' sera terminée et que la suivante commencera.

C'est alors que des éclats de voix me parviennent. Je décide tout naturellement de me diriger dans leur direction. Que faire d'autre sinon ? Attendre ici ? Non, je n'en ai pas envie.

Au moment où j'arrive, je vois un jeune homme se jeter sur un autre et l'attraper par le col.

« T'as vraiment pas changé ! ! Tu pourrais au moins me remercier ! ! ! Pourquoi t'es toujours aussi ingrat ? » hurle le premier qui bout visiblement de colère.

Il a des cheveux châtains dont les mèches de sa frange lui tombent dans les yeux, yeux noisette d'ailleurs. Il est vêtu d'une chemise blanche dont les pans sont rentrés dans un pantalon noir. Pour faire simple, il ressemble à un lycéen tout ce qu'il y a de plus banal.

Pourtant, il se dégage de lui quelque chose de très fort. Une sorte d'aura lumineuse l'entoure et semble prendre la forme de grandes ailes aux plumes ectoplasmiques (ne me demandez pas d'où je sors ça, s'il vous plaît, je ne dis que ce qu'il me passe par la tête, comme toujours). Son corps aussi est très étrange. Il ne semble pas matériel, mais pas immatériel comme le mien non plus. C'est difficile à expliquer avec des mots en fait. Mais, en gros, c'est comme s'il avait un corps sans en avoir, un corps fait d'une matière qui ne serait pas loin de ma propre essence, mais en plus consistant.

« Pfouh . . . C'est du passé tout ça !, répond le second, souriant et indifférent à l'ire de son compagnon. Hé Uri ! Ça y est, il est réveillé ! »

Celui-là est le type même du voyou de base. Des cheveux mi-long décolorés en un blond criard et des petits yeux verts. Il est entièrement vêtu de cuir noir, ce qui n'est pas pour me déplaire, je dois avouer. Cela va du pantalon au t-shirt sans manche au col en V rattaché par une chaîne en argent, révélant un torse fin, pâle et imberbe. Oh, j'allais oublier de citer les gants.

Il est plutôt mignon.

« Qui appelez-vous 'Uri' ! ? » vocifère une troisième personne.

Je me tourne dans sa direction. Si les deux premiers semblent avoir entre 15 et 18 ans, j'en donnerais peut-être 14 à cette jeune fille brune aux longs cheveux ondulés habillée en soubrette. Soubrette ? Plutôt en servante, non ? A moins que cela ne soit la même chose . . .

« Tu as l'air d'avoir réussi, Alexiel . . . » dit un quatrième.

L'homme se tenant à côté de la jeune fille est de haute taille et arrête tout de suite mon regard. Il est tout simplement majestueux. Magnifique même. Il est tout de noir vêtu et sa longue cape ne fait pas exception.

Il a de très longs cheveux ondulés aussi noirs qu'une nuit sans lune, une peau mate, de la même couleur que la terre, et ses yeux sont verts comme un feuillage éclairé par le soleil. A son oreille gauche, au bout d'une fine chaîne en argent, se balance une croix faite dans le même métal. Tout en lui respire la douceur et la calme. Même sa belle voix est grave et posée.

« Ouais . . . Euh . . . Ça m'en a tout l'air . . . Mais je me demande si j'ai bien fait . . . » répond le châtain qui se désintéresse du blond pour se tourner vers le brun.

Alors il se nomme Alexiel . . . Etrange, cela ma paraissait plutôt féminin comme prénom. Enfin bon, à chaque endroit ses préférences, hein ? Et puis la faute en incombe aux parents à l'origine.

Non, la question qui se pose en premier lieu est « Qu'a-t-il réussi ? ». Je l'ignore, bien évidemment. Mais lorsque je suis arrivée tout à l'heure, il m'a semblé qu'il reprochait au blond d'être ingrat et de ne pas l'avoir remercié. Donc, je peux logiquement en conclure qu'il lui a rendu un service. Mais pourquoi le regrette-t-il ?

« Soyez un peu plus respectueux envers Uriel-sama, c'est compris ! ?, enrage la petite brunette. C'est un personnage important dans le monde des anges !

- Oh la ferme !, rétorque le blond. Uri ça me plaît bien à moi ! Ou alors tu préfères Urielou ?

- Ah mais non ! Uriuri c'est bien plus mignon ! ! !

- Si vous voulez mon avis, les trois sont horribles. Uriel lui va très bien. »

C'est vrai après tout. Pourquoi inventer des surnoms ridicules ? Surtout pour cet homme à la magnifique prestance qui . . .

Une minute !

Uriel ? Ange ? Non ! Ne me dites pas que je suis au Paradis ! Non ! Non ! Non ! C'est impossible voyons !

Je laisse échapper un petit rire nerveux, malgré moi, tout en regardant aux alentours. Le Paradis était censé être un endroit merveilleux, non ? Pas une sorte de château à moitié lugubre. Pourtant, à moins que cela ne soit un code entre eux, la brune a bien parlé d'anges . . . Et puis le nom d'Uriel soulève en moi des lambeaux de souvenirs que je peux presque saisir . . .

« Me voilà rassuré, Alex. Il n'y a plus de doute, tu es bien le sauveur. » dit-il en souriant puis en effectuant une légère courbette.

Un si doux sourire . . .

Je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose en moi se révolte que cet homme si gracieux s'incline devant ce jeune homme banal.

« Uriel . . ., reprend Alexiel. Ecoute, je me suis toujours demandé si tu étais réellement le gardien de cet horrible enfer car ce n'est pas du tout l'image que tu donnes . . . Mais j'avoue que j'avais les chocottes lorsque je t'ai vu pour la première fois. »

La surprise est visible sur les traits du brun. Mais je sais que les miens doivent être pires encore. Uriel, gardien des enfers et ange protecteur de la terre . . . Oui, je me souviens maintenant que j'ai réussi à retenir ce souvenir impalpable qui se dérobait chaque fois que j'essayais de le saisir.

Alors . . . ça veut dire que je suis en Enfer ? Non ! Pourquoi ! ?

Je panique. Je cherche une issue où fuir.

Je ne veux pas aller en Enfer !

Je connaîtrais les crimes que j'aurais commis de mon vivant, j'accepterais d'être jugée. Mais là . . . Quoi que vous me direz, que je m'en souvienne ou pas, ce qui est fait est fait. Cependant, j'aurais l'impression d'être jugée pour les crimes de quelqu'un d'autre . . .

Non ! Je refuse ! Je ne veux pas ! J'ai peur ! Je veux partir !

Une pensée sourde, lointaine, murmurante.

Comment peut-on avoir peur d'un homme si doux ?

« Mais depuis que ton masque s'est brisé, continue le châtain, insensible à ma panique, tu m'as l'air d'être un type calme et serein . . . Et même tu donnes l'impression . . . d'avoir du cœur. »

Je ne comprends rien à cette histoire de masque, mais je m'en moque. Pour une fois, je ne cherche même pas à le faire. Je tente juste de me focaliser sur les paroles du jeune homme, tentant ainsi de me rassurer et de croire en ce qu'il dit. Uriel semble être quelqu'un de gentil, de compréhensif. Si je lui explique ma situation en disant qu'il y a erreur, peut-être que . . .

« Et puis d'abord, s'énerve le blond un peu plus loin, il me semble que c'est toi qui a utilisé un persona pour me transformer en marionnette. J'attends toujours tes excuses !

- Je ne vois pas de quoi vous parlez, réplique la brune en secouant lentement la tête.

- Euh moi non plus . . . C'est quoi un persona ?

- Tu as raison Alex . . . Enfin je veux dire . . . Setsuna, répond Uriel de sa voix posée. Je ne suis pas l'homme que tu crois. »

Hé ? Il l'appelle Alexiel, et maintenant Setsuna ? Lequel est son vrai nom ? C'est étrange . . . Tout au long de mes 'voyages' une personne pouvait être appelée par son nom et son prénom, mais pas par une même personne. Alors . . .

Non, ce n'est pas important. Ce qui l'est, c'est ce que je vais lui dire pour plaider ma cause lorsqu'il m'apercevra.

Plus loin, le blond et la brune se chamaillent toujours et le ton augmente progressivement, m'empêchant de réfléchir au calme et avec cohérence. Il ne manquerait plus qu'ils en viennent aux mains, tiens !

Je remarque que le visage d'Uriel luit, sans doute recouvert d'une fine pellicule de sueur, et que sa bouche se crispe lorsqu'il parle. Lorsqu'il parle ? Mais . . . il n'a pas ouvert la bouche depuis tout à l'heure ! Alors comment est-ce que je peux . . .

« Ne pouvant admettre que ms désirs et mes sentiments soient bafoués, je me suis enfui jusqu'ici . . . Je suis . . . l'homme le plus redouté, le plus méprisé, l'homme aux ailes noires de mauvaise augure . . . L'ange de la pénitence Uriel ! ! !. »

C'est alors que quelque chose semble se briser en l'ange noir. Je peux presque deviner et entendre le « Crac » inhérent. Inéquoi ? Ses yeux se plissent jusqu'à ce que je n'aperçoive plus que deux petites fentes où gronde un violent orage. Pour ne pas dire la folie . . .

Il se tourne en direction des deux empêcheurs de penser en toute tranquillité. Ses longs cheveux bruns volent autour de lui au moment où il déploie ses grandes ailes aux plumes ébènes, de la même teinte que sa chevelure.

Avec sa haute stature, pareille à celle d'un arbre, il incarne dans sa totalité le protecteur de la terre. Une quantité d'énergie phénoménale se dégage de lui.

« Ça suffit ! ! !, explose-t-il d'une voix tonitruante. Où est-ce que vous vous croyez ! ? Ceux qui osent enfreindre la tranquillité de ce lieu sacré qui est mon domaine auront la langue tranchée telles les goules, leurs entrailles coupées par la faux géante de l'enfer ! ! Et ils seront pendus à l'Arbre de l'Univers jusqu'à ce qu'ils pourrissent ! ! ! »

Le sol et les murs se fissurent. Des gravats volent dans toutes les directions.

Je vois Setsuna (j'ai décidé que ça faisait décidément plus masculin qu'Alexiel) être soufflé par l'énergie se dégageant de l'ange noir. La brune a disparu. Je ne vois que confusément le blond tomber.

Le sol tremble. Des fissures apparaissent partout. Des plumes sombres tourbillonnent. Des morceaux de pierre fusent. Ils me traversent de part en part.

Pourtant, je ressens plus de chaleur que de douleur. Pourquoi ? Dans le chaos ambiant, cette question me fait oublier toutes les autres. C'est tellement étrange. La pierre n'étant pas vivante, je devrais théoriquement souffrir autant que lors de l'explosion provoquée par les Akuma. Alors pourquoi ai-je l'impression d'être traversée par quelque chose de vivant ?

« Je vais vous apprendre à quoi vous en tenir lorsque vous éveillez mon courroux ! Vous allez goûter à la colère d'Uriel, le gardien des enfers ! ! ! »

J'ai changé d'avis ! Je ne veux plus négocier avec lui ! J'ai peur !

Pourquoi est-ce qu'il a changé de personnalité aussi rapidement ? Pourquoi est-ce que j'ai aussi peur de lui ?

Non, ce n'est pas d'Uriel que j'ai peur. Enfin pas directement. Disons plutôt que c'est sa colère qui me terrifie, ce qu'il dégage, l'expression de ses yeux, la rage dans sa voix . . . C'est un tout. Oui, sa colère . . .

Je ne veux pas voir ça ! Je ne veux plus y assister ! Plus jamais ! J'ai peur ! Je veux que cela s'arrête ! Maintenant !

« Uriel-sama ! »

Une voix aiguë crie. La seconde d'après, l'ange noir est submergé par une grande quantité d'eau. Du coup, la destruction s'arrête dans la seconde, ses cris cessent et il reste là, trempé, ses ailes aux plumes sombres alourdies par la substance aqueuse. Il semble complètement perdu et abasourdi par son débordement.

Le voyou est tombé sur les fesses, quelques mètres devant lui. Setsuna est encastré dans le mur, à la gauche d'Uriel. Le paysage est dévasté, fissuré, troué. Un véritable carnage.

« Qu . . . qu'ai-je fait ! ? » sanglote presque Uriel !

L'ange noir porte les mains à sa tête et, dans un même mouvement, il s'accroupit. Sans paraître s'en rendre compte, il secoue vigoureusement ses ailes, déclenchant ainsi une pluie de plumes aux couleurs de la nuit. Puis, dans une ultime secousse, elles disparaissent comme si elles n'avaient jamais existé.

A cet instant me vient une pensée. Celle qu'Uriel représente vraiment la terre. Même plus que cela, il incarne presque la Nature dans son ensemble. Calme et serein, il peut exploser en une seconde et tout détruire sur son passage. Comme une tornade, un tsunami, un séisme . . .

« Encore des restes de l'influence de ce maudit masque ! Cela m'effraie de perdre le contrôle à ce point !

- Pas autant que nous, murmure le châtain.

- Tu l'as dit, bouffi. » soufflé-je à mon tour.

Je ne tremble pas, mais je ressens encore les marques de la terreur qui a été la mienne. Intense et profonde. Démesurée. Irraisonnée. C'est étrange . . . Ils ont tous l'air de le prendre mieux que moi. Pourquoi suis-je la seule à avoir eu si peur ?

« Uriel-sama, je vous prie de vous mettre à la place de celle qui fait le ménage ! A cause de votre fichue colère, le manoir a manqué d'être détruit plusieurs fois déjà ! »

Tiens, mais c'est la jeune fille de tout à l'heure ! Je remarque qu'elle tient un seau vide à la main. Parfaitement calme, quoi que limite en colère, elle semble avoir l'habitude de ce genre de situation.

« Oui, c'est vrai. Et puisque ce manoir est fabriqué à partir du système végétal de l'Arbre de l'Univers, comme toi, je peux toujours le remettre en état en le lui ordonnant . . . Mais je te prie de m'excuser. »

Hmm . . . ? Euh . . . Quelques secondes de réflexion, je vous prie, pour mon pauvre cerveau qui patine légèrement . . .

Si j'ai bien compris, je dis bien 'si', cet endroit est fait à partir d'un . . . arbre ? Non, non, c'est imposs . . .

Les murs et le sol se reforment peu à peu dans un bruit semblable à deux bûches frottées l'une contre l'autre. Les trous et les fissures se comblent, disparaissent.

Bon, je crois que je n'ai pas d'autre choix que de croire ce que je viens d'entendre et de voir ce que je vois, non ? Et puis Uriel est l'ange protecteur de la terre, il est normal pour lui d'avoir des pouvoirs de ce genre.

Et mais une minute ! Comment ça, « comme toi » ? Il ne voulait pas dire par là que . . .

« Hééé . . . Eh ben dis donc . . . C'est quoi c'type ! ? »

Ça, ça vient d'un blond échevelé toujours assis sur son derrière. Oh ! Mais c'est qu'il vient de se relever d'un bond tout en sortant un mouchoir d'une de ses poches. Tiens ? Mais il se dirige à grands pas en direction d'Uriel, Uriel qui tend sa cape trempée à la jeune fille – mais en est-ce vraiment une, de jeune fille ?

« Allez nii-chan ! Je blaguais quand je t'appelais 'Uri' !, rigole le blond tout en commençant à éponger le brun. Oh mais vous êtes tout mouillé, je vais vous essuyer, onii-sama ! »

Pfff . . . Il est marrant le blondinet. Très lèche-botte, mais marrant. Il est un peu comme Uriel et passe d'une émotion à une autre en l'espace de quelques secondes. Mais, fort heureusement, dans un registre moins violent. Et puis il est plus détaché, plus 'idiot', plus drôle.

« Je ne suis pas aussi puissant que je le parais, reprend finalement l'ange de la pénitence, un nouveau manteau noir sur le dos. Je déteste les histoires sanglantes et je préfère demeurer auprès de la verdure ou des animaux . . . Mais puisqu'on m'a attribué le rôle de bourreau, en tant que gardien des enfers je ne puis tenir de tels propos . . . C'est pourquoi je me suis fabriqué mon propre persona. Tant que ce masque me possédait, je n'avais aucun scrupule à jeter dans le feu les morts grossiers habitant les enfers . . . Seulement, ce masque était doté d'un pouvoir tellement puissant qu'il m'arrivait parfois de m'emporter violemment même dans le monde céleste.

- On va où ? », demande le voyou, les bras croisés derrière la tête.

Hein ? Oh mais j'avoue que j'aimerais bien le savoir aussi. Perdue dans mes pensées et portée par la belle voix d'Uriel, je n'avais pas vu qu'ils s'étaient mis en marche. L'ange noir en tête de cortège, les jeunes gens sur les talons. Et moi ? Eh bien moi, quoi qu'encore un peu rétive, je décide de leur emboîter le pas, prêtant toujours une oreille attentive malgré mon cerveau en ébullition.

Ainsi, si j'avais bien compris, un persona est un masque qui prend le contrôle de celui qui le porte et qui fait sans doute ressortir les mauvais côtés. Uriel en avait porté un pour dissimuler sa sensibilité et sa gentillesse, mais des restes d'éclats de colère refont parfois surface.

On peut aussi contrôler une personne portant un persona, même si une telle chose reste fort incompréhensible pour moi. Ça, c'est ce que la brune avait fait au blond. Peut-être aussi le service que Setsuna lui avait rendu. Si jamais il l'avait libéré de ce masque . . .

La question est : « Pourquoi ? » Etait-ce une sorte d'épreuve qu'Uriel leur avait fait subir ? Cela expliquerait les félicitations que l'ange de la pénitence lui avait adressées et pourquoi il l'avait qualifié de 'sauveur' . . . Mais il reprend, ne me laissant pas le temps d'y réfléchir plus longtemps.

« J'avais complètement démoli le château et les gens blessés par ma faute se comptaient par dizaines . . . Les autres anges se sont finalement éloignés de moi . . . Raphaël, l'ange médecin, chargé de porter secours au blessés me témoignait de plus en plus de haine . . . Seul l'indomptable Mikaël ne pouvait retenir un souffle de satisfaction devant mon pouvoir de destruction . . . A bien y réfléchir, je crois que ça l'amusait . . . »

Uriel, Raphaël, Mikaël . . . Trois des quatre anges élémentaires, non ? Terre, air, feu . . . et . . . et . . . Euh . . . Gabriel, l'ange de l'eau. Enfin je crois . . .

« Mikaël . . . et Raphaël, l'ange médecin ?, demande Setsuna.

- Raphaël est l'ange de l'air, par le biais de la magie, est capable de ramener tout être à la vie ainsi que de soigner maux et blessures de tout genre, c'est pourquoi il joue le rôle de médecin . . .

- Il pourrait peut-être te redonner la voix, non ?, propose le châtain, plein de générosité.

- Et moi la vie . . . »

Je suis idiote, hein ? J'ai commencé à m'habituer à cette 'vie', mais il m'en faut encore plus, éternelle insatisfaite que je suis. Et puis, la mort n'est pas une maladie . . . Ou plutôt une maladie dont on ne guérit pas, dont on ne se réveille pas. Une maladie que chacun aura à affronter un jour ou l'autre.

Mais Raphaël est capable de la guérir, non ? J'ignore cependant où est mon corps. J'ignore si je suis vraiment morte ou non. Tout ce que je sais . . . c'est que je suis prête à accepter n'importe quoi pour connaître la vérité à mon sujet. Toute la vérité.

« Il n'en est pas incapable, certes . . ., réfléchit l'ange noir. A savoir s'il voudra prendre la peine de se déranger pour moi . . . Je suis sûr qu'il m'aurait proposé son aide si j'avais été une pin-up . . . à condition que je finisse dans son lit, bien entendu. »

- Il est minable ce type, assène Setsuna sans aucune pitié.

- Ça m'a l'air intéressant ce dont vous parlez, » intervient le voyou blond en entourant le cou de son ami – enfin je crois – de ses bras.

Intéressant ? Je dirais plutôt écoeurant ! C'est inadmissible de demander une telle compensation en échange d'un service rendu ! C'est . . . c'est dégueulasse !

En serais-je capable ?

Rien que de réfléchir à cette possibilité me soulève le cœur. Serais-je capable d'offrir mon corps à Raphaël si jamais il parvenait à faire quelque chose pour moi ? Pourrais-je laisser un homme que je ne connais pas me regarder nue, promener ses mains sur mon corps sans aucune défense, me faire l'amour ?

Mais peut-être que d'un côté, c'est le prix à payer. Je me sers de lui pour être moi-même et lui se sert de moi pour assouvir ses besoins sexuel . . . Peut-être n'est-ce là qu'un juste retour des choses. Oui, peut-être. Mais alors pourquoi est-ce que cela me fait si mal ? Pourquoi mon cœur se sert-il ainsi comme si une main de fer le broyait de l'intérieur ?

Je reprends soudain conscience de ma nudité et n'éprouve qu'une plus grande gêne à réfléchir sur le sujet. Je sais que personne ici ne peut me voir, sinon ce serait déjà chose faite, mais je ne me sens plus du tout à mon aise.

Il faut dire qu'imaginer un parfait inconnu me faire toutes ces choses pour le remercier de m'avoir aidé ne m'aide pas beaucoup, mais je suis incapable de chasser ces images d'un homme à la tête remplacée par une mosaïque.

L'ange de l'air Raphaël tombe bien bas dans mon estime, sans grand espoir de remonter un jour.

« C'est un des protecteurs des éléments « terre, eau, feu, air » dont je fais partie . . . explique Uriel. Tu seras peut-être amené à les rencontrer. Alors, surtout, prends garde à Mikaël, l'ange protecteur du 'feu'. Ne lui parle jamais de sa 'taille' ou de son 'frère aîné' ! Ce serait un désastre s'il venait encore à se livrer à des actes de violence. Tout se transformerait en un champ de cendres sans un seul espoir de revoir une herbe pousser . . . »

Wow . . . Aucune envie de le rencontrer, lui. A voir la tête de Setsuna, lui aussi pense la même chose que moi. Ce Mikaël est-il si susceptible que ça ? Il est petit ? Trop grand ? Son frère est autiste ? En prison ? Mort ? Il s'est enfuit avec un homme ?

Pourquoi autant de colère à l'évocation de deux simples mots ? Enfin trois, si on compte le fait que 'frère aîné' en contient deux . . . Oui oui, je sais, je chipote . . .

Alors, résumons . . . Un sensible qui ne s'assume pas, un pervers, un psychopathe . . . Et bien ils sont beaux les anges élémentaires ! Quelle est la particularité de Gabriel ? Il est attardé ? Transsexuel ? Nécrophile ? Zoophile ?

« Quatre éléments . . . 'Terre', c'est toi, 'Feu' c'est Mikaël, 'Air' Raphaël . . . Mais qui est 'Eau' ?, interroge Setsuna.

- Gabriel est l'ange de l'eau, répond Uriel. Sur Terre, il est connu sous le nom de 'Gabriel, l'ange de l'annonciation'. »

- Hé hé ! J'avais raison !, me réjouis-je.

- La seule femme parmi les quatre anges élémentaires et dont l'intelligence attirait le respect d'autrui . . ., reprend-il. Elle a été privée de ses fonctions pour finir, selon les dires de certains, dans le jardin de l'eau. D'après Raphaël, elle demeurerait sous la forme d'une poupée en état comateux passant ses journées à contempler le ciel. »

Tiens, j'ignorais que Gabrielle était une femme. Enfin une bonne nouvelle ! Enfin elle aurait pu l'être. Franchement une femme très intelligence occupant un haut poste, c'est super. Elle relève de beaucoup le niveau de ces messieurs.

Par contre, le reste . . . Démise de ses fonctions, enfermée quelque part, poupée comateuse . . . A tout les coups, c'est un homme ne supportant pas de voir une femme en tous points lui être supérieure qui a dû vouloir remédier au 'problème'. Genre avec une tentative de meurtre. Il a apparemment dû échouer en partie. Il ne l'a pas tué, mais elle est dans le coma, donc incapable d'assumer ses fonctions . . . Oui, c'est plausible. Et puis je dis un, mais ils pouvaient bien être plusieurs. Les hommes sont souvent plus hardis et plus aventureux lorsqu'ils sont en groupe, que seuls.

« Je dois beaucoup à Zahikel qui m'a aidé à trouver un refuge en ces lieux . . ., continue l'ange noir. C'est pourquoi lorsqu'il m'a demandé « la garde de l'âme de Sara », je n'ai pu faire autrement que de la lui accorder. Bien que sincèrement cela ne m'enchantait guère car j'allais être obligé de rencontrer celui qui abritait l'âme d'Alexiel. »

Wow wow wow ! Une minute ! Mon cerveau ne digère plus toutes les informations qui affluent en masse ! Qui est Zahikel ? Un autre ange ? C'est vrai que tous leurs noms ont l'air de finir en –el, alors . . .

Et qu'est-ce que c'est que cette histoire de « garde d'âme » ? C'est courant ici de les garder comme on le ferait avec des enfants ? Y'a du trafic d'âmes ?

« Hey Biduel !

- Oh, salut Poubel !

- Dis, tu gardes quelle âme aujourd'hui ?

- Celle d'un certain Gérard. Et toi ?

- Marcel.

- Oh la chance ! On échange ?

- Allez, soyons fous ! »

Du grand n'importe quoi, vraiment . . .

Oh, mais . . . est-ce pour cela que j'erre sans cesse ? Est-ce parce qu'aucun ange n'a le droit de garde sur moi ? Est-ce parce qu'aucun d'entre eux n'a voulu de moi ? Ou alors que suis passée entre les mailles du filet des attributions . . .

Ou alors je suis tout simplement encore en train de raconter du grand n'importe quoi . . .

Et au sujet de l'âme d'Alexiel ? Un homme ? Une femme ? Setsuna accueillerait en lui une âme autre que la sienne ? C'est possible ? Enfin cela expliquerait pourquoi Uriel l'appelle de deux façons différentes. Il a jadis connu Alexiel qui est désormais dans le corps du jeune homme. Mais pourquoi est-ce qu'il . . .

« Tu ne voulais donc pas me voir ?, s'étonne Setsuna. Et pourquoi ? Se serait-il passé, autrefois, quelque chose entre nous ?

- Hé hé !, rigole le blond. T'as fait des cochonneries avec Alexiel grand fou ?

- Je vous prierai de ne pas prendre votre cas pour une généralité ! Surtout si ça concerne Uriel-sama !, s'emporte une nouvelle fois la brune, sensible à ce que l'on peut bien dire sur son maître bien aimé.

- Bien vu ma p'tite ! » se moque son vis-à-vis.

Nouvelles informations que je ne digère pas. Pas dans leur totalité en tout cas. Par exemple le fait qu Setsuna utilise le 'nous', ce qui inclut 'toi' et 'moi' et non 'vous' qui inclurai 'toi' et 'il/elle'. Pourquoi ? Parce qu'il accepte l'âme d'Alexiel comme faisant partie intégrante de lui depuis toujours ? Mais peut-être est-ce le cas. Peut-être Alexiel s'est-il/elle réincarnée/e en humain. Il n'y aurait donc qu'une seule âme, mais âme qui aurait perdu tout souvenir de sa vie antérieure.

C'est aussi comme ça que je perçois le 'autrefois'. Comme si cela s'était passé il y a fort longtemps (peut-être est-ce le cas, je ne connais pas la durée de vie d'un ange), mais qu'il ne s'en souvenait pas. Comme si ce n'était pas lui alors qu'il sait que c'était pourtant lui.

Ouh . . . Ma pauvre tête . . .

Hey mais . . . Cela ressemble assez étrangement à ma situation, non ? Peut-être aurais-je dû me réincarner, moi aussi. Peut-être ont-ils une étape, je ne sais trop où, qui efface les souvenirs de notre vie antérieure - c'est sûrement pour cela que l'on a parfois l'impression de revivre quelque chose que l'on a déjà fait, même lorsque c'est la première fois. Peut-être ai-je subi cette 'intervention'. Peut-être le problème est-il survenu après, une fois ceci passé. Peut-être me suis-je perdu en allant rejoindre mon nouveau corps ! Oui, ceci expliquerait ma perte de mémoire, non ?

Ou alors, il se peut que je sois atteinte de cette affection nommée paranoïa ou encore d'une autre appelée mythomanie . . .

Pendant qu'ils discutaient et que je réfléchissais, nous sommes arrivés devant une immense porte noire sculptée de scènes de punitions parfois de tortures. Immense ? Que dis-je ! ? Colossale ! Même Uriel parait minuscule à côté. La serrure semble être en forme d'étoile à cinq branches. Trois pierres rouges disposées en triangle ornent sa branche la plus haute. Un gros crâne blanc en son centre semble faire fonction de poignée, bien que j'ignore de quelle façon.

« Voici le terminus, annonce Uriel. Nous sommes au cœur de l'Arbre de l'Univers. Je vais maintenant vous montrer ce qu'il y a à l'intérieur. »

Nous sommes dans un arbre ? Non parce qu'avec tout ce qui a été dit . . . Mais j'ai beau scruter autour de moi, je n'ai pas l'impression d'avoir quitté le château. Enfin le manoir comme il a été appelé. Le décor est toujours le même, gris et froid.

Mais peut-être que . . . Peut-être que nous sommes dans cet arbre depuis le début ! Uriel avait déjà évoqué le fait que sa demeure était faite avec ses racines, non ?

« Bien sûr, porter ce masque a été une lourde erreur . . . Je n'aurais pas dû chercher à la fuir . . .

- Ah ah ! Alexielle est donc une femme !

- J'ai failli commettre la même erreur une seconde fois . . . et assassiner . . . celle que j'aime !

- Heiiiiiiiiin ? » m'écrié-je alors qu'une douleur sourde me vrille soudainement le cœur.

Au même moment, la porte s'ouvre, laissant échapper une lumière aveuglante qui me brûle les yeux. Enfin l'expression est mal choisie. Parce que je n'ai pas mal, mais je suis tout de même incapable de garder les yeux ouverts. C'est pourquoi je les ferme, alors que la douleur à mon cœur se fait plus puissante encore.

'Ne m'oblige pas à te tuer, pas toi . . . Pas celle que j'aime . . .'

Ouh . . . Je serre encore plus fort les paupières. Enfin je pense que je le fais. Je ne sais pas si c'est un réflexe dû à la lumière qui me semble toujours éclatante ou bien à cause de cette phrase qui vient de me déchirer le cœur. J'aurais reçu mille coups de couteaux, elle serait encore insignifiante comparée à celle que je ressens maintenant.

Je ne sais pas ce que c'est.

Un souvenir de l'ange noir ?

Un . . . des miens ?

C'est alors que cette langueur bien connue m'envahit une fois de plus. Je perds toutes mes forces. Mon cerveau se vide délicieusement de toutes les pensées qui s'y étaient nichées avec douleur. Je n'ai plus la volonté nécessaire pour me forcer à ouvrir les yeux et ainsi vérifier si mon corps luit de la même façon qu'auparavant. De toute façon à quoi ? Cela changerait-il quelque chose pour moi de le savoir ?

J'ai peur . . .

C'est étrange. Pourquoi ce sentiment reste-t-il présent alors que tout s'efface sous la douce torpeur qui déferle en moi. D'habitude, rien ne subsiste. Juste cette sensation de sommeil. Alors pourquoi est-ce différent cette fois-ci ? Pourquoi cette terreur sourde qui semble jouer avec mes intestins ? Pourquoi ne puis-je m'arrêter de penser ?

Pourquoi ?

Cette question - ce simple mot - est décidément omniprésente dans cette journée. Peut-être dans toute mon existence remarque. Elle est peut-être en quelque sorte le leitmotiv qui m'aide à avancer un peu plus loin à chaque fois et . . .

« Ne liquidez pas trop vite vos blessures : elles peuvent, si vous en avez la grâce et le courage, donner naissance à de magnifiques ailes aux plumes immaculées. »

xXxXx

Ce murmure s'échappe des lèvres entrouvertes de la jeune femme alors que, dans un scintillement total, la lumière l'enveloppe, l'absorbe puis la fait disparaître. Si elle avait eu plus de forces pour lutter, pour pouvoir rester consciente un peu plus longtemps, elle aurait vu Uriel écarquiller les yeux dans sa direction alors que sa bouche s'ouvrait sur des paroles muettes.

Elle aurait également pu voir Setsuna et le voyou blond scruter de tous les côtés, tous les sens en alerte, pour détecter l'origine de cette voix. La sienne.

Sans oublier la jeune brune qui regardait autour d'elle, les points sur les hanches et une mine soucieuse sur le visage. Elle ne voyait pas d'un bon œil cette voix féminine faire irruption là où était son domaine privé.

Oui, elle aurait pu. Mais ce ne fut pas le cas . . .


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oOoOoOo

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Alors ? L'intrigue avance quelque peu, non ?

Bon, on stagne un peu et il y a plus d'hypothèses qu'autre chose, mais 'Yûrei' se forge peu à peu une personnalité, non ?

Puis-je espérer avoir votre avis et vous revoir au prochain chapitre ?

Review ?