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Je m'étais enfuie et réfugiée dans la Salle sur Demande. Je ne pouvais plus rien faire. Même Rogue, je n'aurais pas le temps de le sauver. Harry, Ron et mon autre moi étaient déjà en route vers la Cabane Hurlante à cet instant-ci et peut-être que ce cher professeur n'était déjà plus de ce monde. Les larmes n'avaient pas arrêté de couler le long de mes joues, et elles avait toutes terminées leur course dans mon cou. Non, je ne m'en remettrait pas. Je ressentais, au plus profond de moi, la perte et l'échec. L'échec … Rares ont été les fois où je m'étais avouée vaincue. Rares ont été les fois où j'avais échoué. Mais il ne fallait pas que je ne vois que les mauvais côtés. Je n'avais pas sauver Remus, c'est vrai, mais j'avais sauvé Nymphadora. Et puis, j'avais sauvé Fred. Rien que pour cela, je devrais être fière de moi. Je m'étais mise à découvert pour lui, j'avais tout risqué pour lui …
Depuis combien de temps j'étais dans la Salle sur Demande, nul ne le sait, même pas moi. J'avais perdu la notion du temps. La seule chose dont j'étais au courant, c'est que les Mangemorts ne s'étaient pas encore retirés donc, que Harry n'était pas encore « mort ». Mais cette trêve n'allait certainement pas tarder à arriver. J'essayais alors de me rappeler la douleur que j'avais éprouvé aux côtés de la famille Weasley quand les corps de Fred, de Tonks et de Remus avaient été découvert. Le visage meurtri de George, celui baigné de larmes de Ron, les cris de Molly … J'ai empêcher que cette scène ne se produise à nouveau, mais ce que j'avais peur, c'est de ne pas supporter voir Nymphadora pleurer.
Soudain, me sortant des mes profondes pensées, une voix qui semblait être toute proche se fit percevoir. Une voix froide, familière, qui était empli de haine et de satisfaction, qui donnait des frissons, et qui, malheureusement, allait signifier beaucoup dans les minutes suivantes.
-Vous avez combattu vaillamment. Lord Voldemort sait reconnaître la bravoure. Mais vous avez subi de lourdes pertes. Arrêtez de me résister où, un par un, vous allez sombrer. Tous. Ce n'est pas ce que je souhaite. Je ne veux pas gâcher le sang des sorciers. C'est pour cette raison que j'ordonne à mes forces armées de se retirer immédiatement.
Je soupirai, et mes yeux se remplirent de nouveau de larmes.
-Vous avez une heure, et pas une minute de plus. Une heure, alors, occupez-vous de vos morts avec dignité. Et maintenant, je m'adresse à toi, Harry Potter …
Ma gorge se noua, mon estomac se tordit. Même si je savais pertinemment que Harry se rendrait, se laisserait mourir, et revivrait, je ne pouvais m'empêcher d'imaginer que cette fois-ci, ce sera la fin. Et s'il mourrait vraiment ce soir ? S'il ne revenait pas ?
-Tu as laissé tes amis mourir pour toi plutôt que de m'affronter. Cette nuit, rejoins-moi dans la Forêt Interdite et fais face à ton destin. Si tu ne viens pas dans l'heure, je te traquerais et je tuerais jusqu'au dernier homme, jusqu'à la dernière femme, jusqu'au dernier enfant qui aura essayé de te cacher. Tu as une heure …
La voix s'évanouit dans les ténèbres et aussitôt, je me levai. Je savais que tous serait dans la Grande Salle. Ma baguette à la main, la carte – que je n'avais pas ouvert depuis que j'avais recherché Fred – dans ma poche, je marchais la cape sur moi en faisant attention à ce qu'elle ne glisse pas de me épaules. Je traversais les couloirs jonchés de pierres, de gravas, je descendais les marches en ruines. A chaque passages que je prenais, à chaque tournant, je ressentais une nouvelle vague de douleur m'assaillir. Ce château, ma maison, détruit. J'attendis un court instant devant la Grande Salle avant d'y entrer et de découvrir une nouvelle fois les corps des étudiants que je n'avais pu sauver. Et enfin, je me décidai à franchir le pas.
Je baissais les yeux durant tout le trajet de l'entrée à la famille Weasley. Je n'avais aucune envie de revoir ce massacre, le résultat de cette guerre. La grande famille était devant moi, accompagné de mon autre moi et de Harry. Mrs Weasley avait les yeux baignés de larmes mais je ne pouvais savoir si c'était de la peine ou du bonheur. A quelques mètres d'eux, couchée au sol à côté du corps inerte de Remus Lupin se trouvait Tonks. Son visage était tuméfié, noirci par les larmes qui avaient longuement coulé. Je reniflai silencieusement, et séchai mes joues. Je me tournai vers Fred qui regardait son frère et mon autre moi, main dans la main. J'aimerais tellement pouvoir lui parler …
Soudain, je vis Harry partir, et je sus. Il allait voir les dernière pensées du Prince de Sang-Mêlé, il allait apprendre la vérité. Et sa « fin » allait bientôt arriver. Il en était conscient. Alors, je le suivis seulement jusqu'à la lourde porte en bois, et je m'assis contre un mur, mon regard posé sur Ron et sur Fred. Je n'en pouvais plus, j'étais épuisé. Il fallait que je me repose, de n'importe quelle façon possible. Mais je n'arrivais pas à me remettre de mes émotions. C'était trop dur, bien de trop dur … Alors, je fermai les yeux, essayant de ne penser à rien d'autre qu'à la chaleur du corps de Ron contre le mien, à sa voix, et notre baiser. Ses derniers mots qu'il m'avait adressé avait été « C'est trop dangereux » … J'aurais dû le croire. Maintenant que Fred se posait des question, j'allais devoir me faire encore plus prudente que je ne l'étais avant.
Soudain, je perçu des pas devant moi, et j'ouvris les yeux. Deux yeux verdâtres se posèrent sur moi, et je sus qui c'était. Fred. Je me levai alors, effrayée de m'être si facilement fait découvrir, et commençai à marcher en remettant doucement la cape pour faire en sorte qu'il ne me suive pas. Néanmoins, c'était perdu d'avance. Il continuait de me marcher dans ma direction.
-Je sais que tu es là, Hermione. Dit-il en souriant.
Alors, en soupirant, je me retournais. Il s'approcha un peu plus de moi, sans me voir, et me chercha avec sa main. Je la sentis se poser sur le haut de mon crâne et il s'agrippa à la cape qui me cachait. D'un seul geste, il la retira et la posa par terre. Il me toisa longuement, d'un regard interrogateur. Il se demandait surement ce que je faisais là alors que j'étais dans la Grande Salle quelques secondes plus tôt. Mais il ne posa aucune question. Je baissais les yeux, refusant de le regarder. De sa main droite, il me releva le menton et m'obligea à le fixer dans les yeux.
-Comment as-tu fais ? Me demanda-t-il.
-C'est compliqué, me bornais-je à répondre, m'interdisant de tout lui expliquer.
Il se mit à rire. La situation n'avait rien de drôle, mais je ne dis rien. Je baissais de nouveau les yeux sur la cape au sol, et chercha une solution pour me libérer de lui.
-Tout est compliqué avec toi, Hermione, reprit-il. Expliques-moi.
Je levai les yeux au ciel et soupirai. Puis, d'un mouvement de tête, je me dégageai de sa main, me baissa pour ramasser mon camouflage, et entreprit de repartir, de le laisser en plan au milieu du couloir.
-Fred, il ne vaut mieux pas que tu le saches …
-Pourquoi ?
-Parce que … Je ne devrais même pas te parler ! M'énervais-je.
Je me retournais et commença à marcher mais il m'attrapa le poignet pour m'attirer à lui. Ses yeux me suppliaient d'avouer tout. Mais comment devais-je faire ? Comment pouvais-je faire ?
-Je viens du futur.
-Du futur ? Répéta-t-il.
-Oui. J'ai utilisé ça. (Je sortis de sous mon Tee-shirt le retourneur de temps et le lui montrait.) En fait …
Je bloquai. Comment lui expliquer que c'était surtout pour le sauver que j'avais accepter de faire cette mission ?
-Oui, Hermione ?
-Je suis revenu dans le passé pour te sauver, toi, Tonks, … Remus et les autres …
Il me toisa avec étonnement. Son regard me faisait l'effet d'une boule de feu qui brûlait mon estomac meurtri. Des larmes avait de nouveau rendu ma vue floue, mais je refusais que ne serais-ce une seule ne coule sur mes joues. Je relevai alors le regard vers Fred, et dit dans un murmure :
-J'ai échoué.
Mes forces me lâchèrent et des perles salée s'échappèrent de mes prunelles pour finirent dans le creux de mes lèvres. Pendant un moment, Fred ne bougea pas, resta immobile. Et puis, il me prit les épaules, et me blottit contre lui. Je ne retenais plus rien. Ma douleur, ma tristesse se déversait sur lui. Sa chaleur m'envahissait mais ce n'était pas assez pour chasser les frissons de mon corps. Je n'en pouvais plus. Je crus m'endormir tellement son torse était confortable, son odeur enivrante. Je n'avais qu'une envie pour le moment. Restée avec lui et ne jamais devoir le quitter.
