Chapitre 7

« Ok, ré explique moi ça. Comment, exactement, en es tu venue à faire du shopping avec moi?" » Demanda Madison alors qu'elles tournaient au coin de la 5ème avenue, en passant devant un groupe de chanteurs.

Kate esquiva un vieux monsieur avec une épaisse veste rouge, elle resserra ensuite son écharpe autour de son cou. Le vent soufflait fort, il fit s'envoler les pages des chanteurs et apportait avec elles l'odeur des châtaignes grillée d'un vendeur de rue.

« Egrin avait besoin hier soir, durant ma soirée de congé, d'aller au dîner de gala de sa femme, alors je l'ai accompagné » expliqua t-elle en plissant le nez. Elle détestait les châtaignes.

« T'as dormi au moins? C'est le mec de l'équipe de nuit, non?" »

Kate hocha la tête. Elle avait dormi environ sept heures. Lorsqu'elle était rentrée chez elle à six heures du matin, elle s'était effondrée avec lassitude sur son lit avec son uniforme. Puis elle s'était levée pour son rendez vous avec Maddy à 14:30, comme prévu. « J'ai dormi. Plus que d'habitude, en fait » ajouta t-elle, en essayant d'avoir l'air bien et épanouie ce qui n'était pas vraiment le cas. Personne n'avait jamais semblé approuver son temps de travail. Bizarrement.

« Ouais, rester debout toute la nuit à tendance à rendre fou » rit Madison en attrapant son bras, l'emmenant vers un magasin pour enfant où Kate n'était jamais entrée auparavant. « Viens, j'ai besoin de prendre quelque chose pour ma nièce, surtout depuis que Brad a insisté sur le fait qu'il voulait que toute la famille se rencontre. »

Kate haussa un sourcil. « Je pensais que tu aimais ta nièce ».

Madison se tourna vers elle l'air coupable, tandis qu'elle traîna Kate par le bras vers une étagère remplie de poupées, la guidant ainsi dans un monde de rose et de violet. S'en était presque trop lumineux, trop fillette. Même enfant, Kate n'avait jamais vraiment aimé les poupées.

« J'adore ma nièce. C'est ma belle sœur que je ne supporte pas. Tu le sais en plus. »

« Oui. » Elle avait entendu parler de Kayla, bien trop souvent, et de façon toujours négatives qu'il en était difficile de l'oublier. « Je sais. »

« J'aurais aimé qu'elle … Ne pouvait elle pas rendre visite à sa famille? »

« Je pensais qu'elle l'avait fait l'an dernier » remarqua Kate alors qu'elle regardait une Barbie au milieu de l'étagère. Cette dernière pouvait donner naissance. Littéralement, on pourrait ouvrir son ventre et enlever le minuscule bébé de son ventre puis fermer le rabat, laissant Barbie avec une silhouette parfaite et son minuscule bébé en plastique un peu effrayant. « Ce ... Ce truc est un peu terrifiant. »

Madison jeta un coup d'œil et renifla. « Oh, je vais le prendre. »

« Madison! C'est horrible! Tu vas lui faire peur. »

« Brad a dit qu'elle était dans sa période naissance et bébés » dit Madison en haussant les épaules, et atteignant la boîte.

Kate récupéra le jouet et lui mit hors de portée. « Je ne peux pas te permettre d'acheter ça. Les amies ne laissent pas d'autres amis acheter agressivement ces sortes de jouets de Noël. »

Madison plissa les yeux, mais laissa retomber sa main. Kate lui fit un signe de tête et mit l'étrange barbie sur l'étagère, en l'installant dans sa boîte. C'était tout simplement impossible d'acheter ce genre de chose. « Allez, on va prendre une ballerine. Tu ne m'avais pas dit que Shelby aimait danser? »

« Comment tu te souviens de ce détail? » demanda Madison, alors qu'elle aperçut les nombreuses boîtes avec des gros titres colorés représentant des barbies danseuses. « Je me souviens même plus de ce que je t'ai dit à propos de Michael i peine une heure. »

« Je me souviens des détails » dit Kate en haussant les épaules, désignant ensuite une étagère cinq rayons plus loin. « Tiens voilà ta ballerine. »

Madison attrapa la poupée et se tourna vers Kate. « Que ferais-je sans toi, Becks? »

Kate souriait simplement. « T'affamerais et tu traumatiserais tes proches. »

Madison lui donna un coup d'épaule et ensuite elles se dirigèrent vers la sortie là où se trouvait les caisses du magasin. Kate regarda autour d'elle, elle voyait les parents affolés traverser les allées du magasin, certains enfants traînaient derrière eux, ou couraient. Le magasin était bruyant, agressait les yeux avec toutes ces sortes de couleurs, ses sons, ses lumières et ses bibelots. Kate était plutôt soulagée de n'avoir pas d'enfants à elle, elle n'avait pas besoin grâce à ça de traverser des milliers de magasins comme celui ci afin de trouver le cadeau parfait.

Elles se frayèrent un chemin de l'autre côté de la boutique, rejoignant la foule. Kate regarda vers le comptoir et ses yeux furent tout de suite attirés par un écran lumineux d'animaux marins. Le comptoir en était rempli, et Kate chercha des yeux quelque chose de précis, à son extrémité. Sous un trop grand tas de peluches elle aperçut, accroché sur un cintre, une tortue de mer.

« Mads, je dois prendre quelque chose. Tu me gardes la place? » demanda Kate alors que la discussion d'Alexis lui revenait en mémoire.

« Becks? »

Mais Kate était déjà partie vers le comptoir de peluches et essayait d'atteindre la tortue. Elle était belle, verte et bleu avec une coquille couleur d'eau. Elle était douce, incroyablement douce et Kate se rappela d'un vieux toutou en peluche qu'elle avait eu étant enfant qui avait été fabriqué sans doute dans ce même tissu doux. Elle souleva l'étiquette et regarda le prix. 20 dollars, elle pouvait se le permettre. C'était raisonnable, non? Elle regarda la peluche sous toutes les coutures et sourit. C'était tout à fait raisonnable. Cette chose était adorable. Peut-être qu'elle aurait un enfant et qu'elle irait dans ces magasins, finalement.

Elle mit la tortue sous son bras et retourna vers la caisse où elle avait laissé son amie, s'installant derrière elle. Elle ignora les reproches des clients suivants. Elle était là avant eux.

« Qu'est ce que t'as pris? » demanda Madison alors que la file s'avançait. « Et pourquoi tu as acheté quelque chose? » Kate ouvrit la bouche pour répondre, mais Maddy la devança. « Attends, est ce que c'est pour la fille de Castle? »

« Elle s'appelle Alexis » répondit Kate. « Et oui, c'est pour elle. »

« Qu'est-ce que c'est? » Kate tendit le jouet à Maddy. « C'est ça ton cadeau? Une tortue de mer en peluche? »

« Hé » protesta Kate, luttant contre un sourire. « Les tortues de mer sont impressionnantes. »

Madison haussa les épaules. « C'est mignon. »

« C'est parfait » répondit Kate. « J'ai déjà essayé de trouver quelque chose à lui offrir, mais je crois que ça c'est bien. »

« Pourquoi tu lui offres quelque chose de toute façon? » demanda Madison alors qu'elles avancèrent à nouveau. « Ça ne fait que quatre semaines que tu les connais. »

« Et alors? » demanda Kate. Alexis était une enfant. Qui avait des cadeaux d'enfants.

« Alors, pourquoi as tu besoin de lui offrir quelque chose? »

« Parce que c'est Noël » répondit Kate. « T'inquiètes je vais aussi te faire un cadeau. »

« Tu me connais depuis toujours » contra Madison. « Y'a intérêt que tu me fasses un cadeau. »

« Merci, Maddy. J'adore ta vision de l'amitié » Kate roula des yeux. Ce n'était pas si difficile. Elle voulait offrir un cadeau de Noël à Alexis parce qu'elle le voulait ... Que voulait-elle? Voulait-elle la voir sourire ? Voulait-elle lui faire plaisir? Avait-elle envie d'entendre son petit rire et de recevoir un gros câlin? Était ce vraiment important? Alexis était une fillette, et une amie. On devait offrir des cadeaux à ses amis.

« Tu sais ce que je veux dire », lui expliqua Madison. « Nous sommes amies. »

« Alexis est mon amie. »

« Alexis a sept ans. »

« Et tu en es a la moitié des cinquante» répondit Kate. Cela devrait la faire taire.

« Tu vas payer cher pour ça, Beckett. »

Kate se mit à rire. « Allez. T'es la prochaine » dit-elle, en poussant Maddy vers la caisse alors que la personne avant elle s'éloignait. Elle n'était pas ridicule. Et ce n'est que vingt dollars. Qu'est-ce que c'était?

Son côté réaliste lui expliqua que vingt dollars étaient trois repas. L'autre coté s'était contenté de sourire tout au long du mercredi, car elle s'était tellement amusée à patiner le mardi avec les Castle qu'elle se dit que ces vingt dollars rendraient Alexis heureuse. Et depuis qu'elle avait passé la nuit dernière à garder deux junkies et un Père Noël qui pensait qu'il pouvait voler, elle pensa alors qu'elle pouvait écouter pour une fois son côté optimiste.

« Est ce que tu vas avoir un vrai rendez vous avec ce mec? » demanda Maddy alors qu'elles quittaient le magasin quelques minutes plus tard avec leurs sacs verts fluo.

« Qui? » demanda Kate, en tendant le cou pour s'assurer qu'un conducteur de taxi n'allait pas les emboutir alors qu'elles traversaient la rue en courant.

« Rick Castle. »

« Non, Maddy » répondit Kate rapidement.

« Parce que tu aurais pu me mentir » poursuivit Madison. « Tu achètes un jouet pour sa fille. Et tu passes tout un mardi après midi à faire du patin à glace avec eux. »

« Ils sont amusants » répondit Kate en poussant un soupir.

« Amusant, ou amusant? » dit Madison.

« Juste amusant, Mads. Je ne suis pas à la recherche d'une relation amoureuse en ce moment. » Rick Castle et son magnifique sourire maladroit. Il était amusant, drôle et léger. Mais cela ne voulait pas dire qu'elle voulait coucher avec lui.

« Parce que tu sais, tu es toute souriante en pensant à lui la maintenant » observa Madison.

« Tais-toi, Maddy » grogna Kate. « Je souris pareil quand je pense à toi » ajouta t-elle.

« Mon Dieu, j'espère pas » riait Madison.

Kate fronça les sourcils et accéléra le pas en direction du café le plus proche, laissant derrière elle Madison glousser.

(...)

« Mec, sérieusement? » Kate jeta un regard sur Esposito, qui parlait avec animation au téléphone, son visage affichait un large sourire alors qu'il martelait son poing sur son bureau. « T'as deux exemplaires ?... Non mec, je les prends!... Quand?... Vraiment?... Je te revaudrais ça, mec... Ouais... On s'revoit bientôt. J'te remercie beaucoup, Dan. »

Il coupa le téléphone et se tourna vers elle en souriant. « Quoi de neuf? » demanda Kate en souriant à son tour avec exubérance.

« C'était mon ami Dan. Il s'agit d'un gros bonnet des jeux vidéo, et il m'a trouvé deux exemplaires de Halo. Ils ont été vendus partout. »

Kate secoua la tête en se moquant même si elle ne comprenait pas. « Et c'est génial? »

« Génial? » lui dit il avec un regard incrédule. « Beckett, c'est le jeu du moment. Et on ne peut plus l'avoir! Et maintenant j'en ai deux! »

« Et t'as besoin des deux ? » demanda t elle.

Il haussa les épaules. « Pourquoi pas? Il a dit qu'il m'en donnerait deux. Je ne vais pas laisser passer ça. »

Kate hocha la tête et retourna à ses papiers. Ce fut une journée lente jusqu'ici, et elle espérait finir rapidement sa paperasse afin de rentrer chez elle, qu'elle puisse avoir une bonne nuit de repos en ce samedi. Karpowski tapait son stylo contre la table de son bureau, et Kate grimaça, et tenta de se concentrer sur ce qu'elle avait à faire. Elle détestait quand Karpowski faisait ça. Ce bruit la rendait folle.

Donc, quand Esposito se leva et quitta la pièce puis revint vingt minutes plus tard, Kate ne le remarqua presque pas. Elle se coupait du monde extérieur et avançait dans son travail, elle réussissait à échapper aux bruits, aux gloussements qui se passaient autour d'elle. Elle trouva ensuite le jeu vidéo placé sur le dessus de sa pile de papiers.

« Tiens » dit-elle, en lui rendant le jeu.

« Prends-le » dit-il fermement.

« Pardon ? » dit-elle incrédule, en se retournant vers lui. « Tu es ... Esposito, pourquoi est ce que tu me le donne ? Je n'ai même pas de lecteur pour les jeux vidéo. »

Il leva un sourcil. « Essayes le d'abord, et ensuite on en reparlera » répondit-il.

Kate le regarda fixement. « Quoi? »

Il soupira. « Bon sang, j'essaye de t'offrir un cadeau et c'est comme ça que tu me remercies? » Il se retourna vers son bureau et prit un document et le feuilleta avec humeur.

Kate tourna le jeu dans ses mains. Il semblait étrange et violent et elle n'était pas vraiment fan des jeux vidéo. Mais ... Attendez, Rick ne jouait il pas aux jeux vidéo ? « Merci, Esposito » dit-elle tranquillement.

Il la regarda et lui donna un petit sourire. « J'aimerais que tu me re fasse les cookies que tu nous avais fait en Septembre. »

Elle acquiesça et mit le jeu dans son sac avant de se replonger sur ses papiers. Elle se sentit sourire et jeta un regard vers Esposito. C'était un emmerdeur parfois, mais c'était un bon gars. Et elle allait lui faire deux fournées de gâteaux, juste pour ça.

(...)

« Beckett » répondit-elle, alors qu'elle attrapait son téléphone sur la table du salon en ce dimanche soir.

« Salut, Kate » dit la voix joyeuse de Rick qui flottait dans le haut-parleur.

« Hey, Rick » répondit Kate s'affalant de nouveau dans le canapé. Elle saisit la télécommande et mit la télé en sourdine, laissant geindre Kramer sans voix sur l'écran. « Quoi de neuf? »

« Eh bien, premièrement, comment vas-tu? »

« Je vais bien » dit-elle lentement. « Euh, comment vas-tu? »

« Je vais bien aussi » répondit-il rapidement.

Elle pencha la tête. Il semblait ailleurs, non pas qu'elle sente vraiment le teint de sa voix anxieuse par téléphone, mais il avait l'air ... tendu. « Quoi de neuf? » demanda t elle à nouveau.

« Eh bien, je me demandais si tu avais regardé le journal aujourd'hui? »

Kate cligna des yeux. Quoi? « Euh, non, je ne l'ai pas encore fait. Je viens de le recevoir i peine une heure. Pourquoi? »

Il positionna le combiné sur son autre oreille. « As-tu le Ledger? »

« Oui » répondit-elle douteuse, elle se leva et marcha vers sa table où elle avait jeté le journal du matin. « Pourquoi est ce que j'ai un mauvais pressentiment ? »

« Eh bien, ce n'est pas si terrible » dit-il précipitamment. « Honnêtement. Mais je pensais que c'était mieux si je te le disais non ? »

« Me dire quoi, exactement? » demanda t elle en regardant le journal. Tout semblait normal. Le gros titre parlait de la sécurité qui s'était accrue à l'aéroport durant les vacances elle regarda en dessous la date, lui rappelant qu'il n'y avait seulement plus qu'une semaine avant Noël.

« Va en page Six » répondit-il.

Kate fronça les sourcils. Elle se rappela de ce qu'avait dit Rick Castle au sujet de la page Six ça ne semblait pas une bonne nouvelle. Elle feuilletât le journal et arriva sur la page des potins. Une photo en noir et blanc lui faisait face. Elle la fixa. C'était une image d'elle et Rick étendu sur la glace, Alexis rigolait au-dessus d'eux.

« Ça date de même pas une semaine » fut la première chose qu'elle pensa. Qu'est-ce que c'était que ce bordel? Pourquoi était-ce là? Ses yeux se figèrent sur le titre et elle laissa échapper un gémissement. « Richard Castle a t il trouvé sa nouvelle muse? »

« Je suis vraiment désolé » dit-il calmement.

« Je ... » Elle balbutia. « Je n'ai même pas ... Franchement, pourquoi est-ce qu'il le mette la? Ça ne date pas d'hier. »

« Même si les potins se calment durant les fêtes » répondit-il. «Ils aiment tout ce qui se rapporte à la famille et bien, ma fille est adorable sur cette photo. »

Kate regardait l'image, faisant face à elle-même. On ne pouvait vraiment pas dire que c'était elle. Le corps massif de Rick la cachait pas mal, et le fait qu'il n'y ait pas de couleur jouait en sa faveur, on ne pouvait pas voir que ses patins étaient verts. Les lunettes de soleil qu'elle portait, cachaient une grande partie de son visage, et son cache oreille recouvrait sa tête. Elle n'était pas vraiment reconnaissable après tout, ça pourrait être n'importe quelle femme.

« Je suis vraiment désolé » ajouta t-il. « Je te jure que je regardais, mais je n'ai vu aucun paparazzi et je ..."

« Ça va » répond Kate. Ça allait non? Elle ne pouvait le nier et franchement, qui, à la 12e se donnerait la peine de lire les potins sur Richard Castle, a part elle? Madison c'était une autre histoire, et Lanie ... Oh, mon Dieu, Lanie...

« Vraiment? » sa voix se brisa, dire qu'elle avait vraiment paniquée à un moment.

« On ne peut pas vraiment dire que c'est moi » elle haussa les épaules. Les pires choses étaient passées. « Je suis surprise qu'ils n'aient pas d'autre choses à imprimer. »

Il rit. « Moi aussi. A chaque fois. »

Elle sentit le stress retomber, lâchant le journal, elle laissa échapper un petit rire qui la surprit. Le titre était ridicule, maintenant qu'elle le relisait. « Nouvelle muse? Est-ce ce que c'est comme ça qu'ils appellent toutes tes femmes? »

« C'est nouveau, en fait » répondit-il. « Mais j'aime bien. Veux-tu être ma muse, Kate? »

« Non merci » renifla t-elle. « Je voudrais juste être sans nom et sans visage juste celui de Kate Beckett, ça suffira. »

« Oh, allez! » Il geint. « Ça serait génial. Je pourrais vous suivre partout, prendre des notes. »

« Dans vos rêves, Mister Pigeon. »

Il gémit et Kate se mit à rire alors qu'elle s'asseyait à sa table en poussant sur le côté les piles de factures et des dossiers qu'elle avait faits mercredi. « Arrêtes de m'appeler comme ça. »

« C'est ça ou « mon vieux Rick ». C'est comme tu veux. » Sourit-elle. Elle n'était pas dingue. Elle ne l'était vraiment pas. Quel était ce sujet?

« J'ai presque trente ans, Katherine, et pas soixante ans. »

« Est-ce que tu m'as vraiment appelé Katherine? » demanda t elle les yeux écarquillés. Personne ne l'appelait Katherine. Will avait essayé une fois, elle lui avait plié son bras dans le dos qu'il l'avait supplié d'arrêter.

« Si tu acceptes » répondit Rick.

« Ne m'appelles pas Katherine » dit-elle fermement.

« Ne m'appelles pas Mister Pigeon". »

« Très bien. »

« Bon. »

Durant une minute personne ne parla et Kate tenta de démêler ses pensées elle était curieusement calme. Elle n'avait pas été bouleversée par l'article. Une infime partie d'elle était excitée de ce qu'il se passait, mais elle en fit abstraction. Richard Castle était juste un gars avec une mignonne petite fille, c'était tout. Ce n'était pas son auteur préféré, et il n'y avait rien d'exaltant d'être dans le journal, et de se faire appeler sa muse. C'était même insultant en fait, être comparé à une sorte d'objet d'affection ou de créativité. Et c'était une intrusion dans son intimité.

« Les lunettes de soleil te vont bien » dit-il.

Kate secoua la tête surprise par le compliment soudain. « Merci? »

« Il suffit de regarder l'image. Elles vont parfaitement avec ton visage. »

« Je suis ravie qu'elles couvrent une grande partie de mon visage » répondit-elle en pliant le journal et le jetant sur le côté. Elle ne l'encadrerait pas. Elle pourrait le couper ou l'insérer dans un livre qu'il avait signé. Mais il n'avait pas besoin de savoir ça.

« Eh bien, elles seront à toi chaque fois que tu viendras avec nous » lui dit il. « Ce qui, je l'espère ... Et c'est pour ça que j'ai appelé. »

« Ah? »

« Je voulais juste m'assurer que nous étions toujours d'accord pour le brunch de mardi. Je sais que nous n'allons pas sortir pour manger, mais je voulais te parler de tout ça avant que tu ne le découvre ... mais tu ne semble pas vraiment bouleversée. »

« Personne ne saura que c'est moi » répondit-elle. « Et je serais heureuse de venir. »

« Super » elle pouvait l'entendre sourire. Sourire qui se répercuta sur son visage, ce qui était un peu embarrassant. « Merci de le prendre bien. »

« Si elle m'avait appelé sa nouvelle maman qu'elle parlerait de mon passé, ça serait différent. »

« Oui. »

Kate se mordit la lèvre et se demandait si elle voulait vraiment poser cette question. Elle le devait. Ce n'était pas très sympa pour eux si elle ne le faisait pas et qu'elle paniquerait plus tard. « Euh, est ce qu'il y a une probabilité pour qu'elle le fasse? » demanda t elle en respirant plus rapidement.

Il ne dit rien pendant un instant. « C'est ... ça peut arriver »

« Ok » répondit-elle en acquiesçant. Elle y avait pensé aussi.

« Je vais dire à Paula de faire ce qu'elle peut pour que tu ne sois pas impliquée dans tout ça. Elle l'a déjà fait, en fait » dit il. « Elle m'a dit qu'elle travaillait dessus. »

« Paula fait quoi, exactement? » demanda Kate curieuse.

« C'est mon agent et c'est elle qui s'occupe de la presse. »

« Et de tes séances de dédicaces, c'est ça ? »

« Exact » dit il en riant. « Bonne mémoire. Mais, vraiment, nous ferons ce que nous pourrons pour que tu ne sois pas sur les prochains journaux. »

«Merci», répondit-elle. Ce n'était pas une énorme promesse. Mais il avait au moins des professionnels qui s'en occupaient. « Finalement tu n'es pas vraiment célèbre » dit t-elle.

« Pardon? » demanda t il offensé.

« Je veux dire, comme être sans cesse traqué. Ils ont juste pris une simple photo et l'ont mis dans un coin de page people. »

« Une simple photo? Un coin de page? Je suis célèbre ! » Protesta t-il.

« Tu ne peux pas être célèbre » railla elle avec amusement. « Ils ont récupéré une vieille image d'il y a cinq jours. » Blaguer sur le sujet était la meilleure façon qu'elle avait d'oublier cette photo, surtout qu'elle en faisait un peu partie étant donné qu'elle était dans le journal. Elle pouvait s'en inquiéter quand le temps viendrait. Le déni semblait être un bon remède.

« Ils attendaient le moment opportun » répondit-il. « Je peux faire les gros-titres. »

« Ouais, non, je ne pense pas » dit elle en ricanant, alors qu'elle se leva de sa chaise et se dirigeait vers le canapé. « On en aurait entendu parler si c'était le cas, et les gros titres diraient qui je suis. »

« On peut changer tout ça mardi prochain » rétorqua t-il. « Je pourrais t'attraper, me jeter sur toi, et tu apparaîtrais dans tous les tabloïds. »

Kate ouvrit la bouche plusieurs fois pour lui répondre, en essayant de trouver ses mots. Avait-il réellement insinué que ... « Je veillerai à ce qu'Alexis soit une enfant unique » réussit elle a répondre une bonne trentaine de secondes plus tard.

Il se mit a rire. « Bon, alors, dans l'intérêt de ma famille, je m'abstiendrai de t'embrasser intensément dans Times Square, cette semaine. »

« Merci. »

« Aucun problème ». Elle entendit Alexis l'appeler dans le fond pendant qu'ils s'étaient tus, ne réalisant pas vraiment la conversation qu'ils venaient d'avoir. « Je dois y aller » lui dit il. « Quelqu'un à dépassé son heure de coucher. On se voit mardi. »

« A mardi. »

Kate raccrocha le téléphone et resta assise là quelques minutes, abasourdie. Avait-il réellement ... et elle ... et puis ... Elle secoua la tête et monta le son de la télévision. Oublier était la meilleure chose à faire.

Kate se tenait devant l'appartement 504 en ce mardi, s'appuyant sur un pied étant donné qu'elle avait les bras chargés de son sac et de cadeaux. Elle libéra une de ses mains et frappa à la porte, écoutant ce qu'il se passait de l'autre coté. Elle ne pouvait pas les entendre bavarder de l'autre côté de la porte comme elle le faisait habituellement. Elle était arrivée quelques minutes en avance, le trafic étant plus fluide.

Elle avait eu une journée infernale lundi et elle était heureuse de passer son jour de congé autour de la petite fille innocence de Castle. Poussés par la rage, Des lutins fou du Père Noël avaient tués trois co-worker, elle avait aussi eu a faire a une audience avec plus de quarante enfants, et lorsque vous êtes le premier sur scène, vous êtes toujours plus que ravie de fuir cette bande de cinglés dès que vous pouvez. Oui, le lundi avait été une journée d'enfer. Rick aurait probablement trouvé ça fascinant. Elle avait juste trouvé ça horrible.

Kate sortit de ses pensées en entendant le claquement des talons sur le sol qui se dirigeaient vers la porte. Elle s'ouvrit et Kate se retrouva face à face avec nul autre que l'actrice de Broadway Martha Rodgers.

Elles se regardèrent quelques instants. « Bonjour » dit Kate. « Je suis ici pour le brunch? »Ça avait l'air d'être une question plus qu'une affirmation, et elle se demandait comment elle arrivait a rester aussi calme en compagnie de Rick, mais qu'elle ne menait pas large face à la mère de ce dernier.

« Vous devez être Kate » dit la femme rayonnante. « Bien sûr, rentrez » Elle invita Kate à l'intérieur et ferma la porte. « Ils sont dans le bureau ils ne vont pas tarder » lui dit-elle. « Puis-je vous offrir un verre? »

« Oh, non merci ça ira » répondit Kate alors qu'elle accrochait son manteau et qu'elle mettait son sac sur la table à côte du hall d'entrée. « Je suis Kate Beckett » ajouta t-elle, alors qu'elle la suivit dans la cuisine.

Martha Rodgers hocha la tête. « Je m'en suis douté. » Elle tendit une main pour la saluer. « Martha Rodgers, mais vous pouvez m'appeler Martha. »

Elles se serrèrent la main et Kate lui sourit la poignée de main de Martha était ferme et ressemblait beaucoup à celle de Rick. Elle aurait sans doute le temps de lui en parler plus tard.

« Ma petite-fille m'a beaucoup parlé de vous » poursuivi Martha. « Vous êtes officier? »

« C'est ça » répondit Kate. « Au 12e discrict quartier des homicides »

« Ah, et c'est pour ça que vous vous entendez si bien avec mon fils » dit elle en riant. « Alexis a omis ce détail. »

« Je ne lui ai pas expliqué les détails de mon métier » sourit Kate. « J'ai expliqué que ça ressemblait un peu a celui de Rick. »

Martha la considérait. « Je n'ai pas beaucoup entendu mon fils parler de vous. »

Kate haussa légèrement les épaules. Que pouvait elle répondre à cela ? Elle n'avait aucune idée de quoi faire ou de quoi dire à Martha en vérité. Elle semblait joyeuse et accueillante, mais aussi elle semblait l'analyser d'une façon qui la mettait un peu mal à l'aise.

« Racontez moi ce que vous faites d'autre. Il est vrai que nous n'avons pas parlé ces dernières semaines, étant donné que j'étais beaucoup occupée. Je ne suis, en fait, même pas censé être ici aujourd'hui, mais ma matinée a été annulée pour un événement de charité. »

« J'ai entendu dire que le spectacle se passait bien » intervint Kate. Peut-être qu'elles pourraient éviter de parler de Rick. Elle préférait ne pas être le centre de l'attention aujourd'hui.

Martha lui fit un grand sourire. « C'est vrai! C'est gentil merci. Voyez-vous beaucoup de théâtre? »

« J'aimerais en voir plus » répondit Kate honnêtement. « Mais j'aime y aller quand j'ai du temps et de l'argent. »

« Eh bien, chaque fois que vous voulez des billets, n'hésitez pas à me demander » lui dit Martha. « Dites le à Rick, et il m'en parlera. »

« Merci » dit Kate très étonnée par son offre généreuse. « C'est très gentil de votre part, vraiment. »

Martha brandi d'un air dédaigneux son rouge-à-levre. « Ce n'est rien, mon petit. C'est agréable de voir ma petite-fille souriante. »

C'était une déclaration chargée de sous entendus. Kate cligna des yeux et essaya de penser à une réponse correcte, mais il y eut un « bang », et la porte du bureau s'ouvrit. Alexis se rua vers elles.

« Grand mère ! » criait-elle. Martha se retourna mais déjà l'attention d'Alexis avait changée. « Kate! » s'écriait-elle en dérapant pour ensuite l'envelopper et mettre ses bras autour de la taille de Kate. « Papa me tenait en otage! Tu dois l'arrêter. »

Kate regarda la fille autour de sa taille et rit. « Et pourquoi es ce qu'il te tenait en otage? »

« Parce que j'ai pris le dernier biscuit » lui dit-elle. « Mais ensuite il m'a ligoté dans son fauteuil et m'a fait tourner, même si je lui disais d'arrêter! »

Rick sorti du bureau, l'air tout à fait calme et tranquille. Il sourit en voyant Kate. « Salut, Kate. »

« Salut » répondit-elle. « Est ce que tu as capturé ta fille dans ton bureau pour la faire tourner sur elle même dans ta chaise ? »

Il haussa les épaules. « Quel est le problème? Je plaide le cinquième**… » répondit-il, en marchant pour aller embrasser sa mère sur la joue. « Je ne savais pas que vous viendriez mère »

« Événement de charité » répondit Martha.

« Tu ne vas pas à l'arrêter? » demanda Alexis, en tirant sur le chandail de Kate en reculant.

Kate la regarda avec désolement et leva les mains. « Je n'ai pas apporté mes menottes aujourd'hui. Je suis désolé. »

Alexis soupira puis se retourna pour regarder son père. « Chanceux. »

Il rit et se dirigea vers eux, sa main tendue. « Allez, on fait une trêve? Tu pourras avoir le plus gros morceau de tarte pour le dessert ce soir. »

Alexis plissa les yeux, mais lui tendit la main, et ils se les serrèrent. Puis il se pencha et l'attrapa pour la jeter par dessus son épaule. « Comment vas-tu Kate? » lui demanda t il en ignorant les cris et les rires d'Alexis.

Kate le regarda fixement. « Je vais bien. Heureuse d'être mardi. Et toi? »

« Je n'ai pas a me plaindre » il lui sourit. « Donc tu as rencontré ma mère? »

« Quelqu'un devait bien me laisser rentrer dans l'appartement » répondit Kate. « Apparemment, tu étais trop occupé à torturer ta fille. »

« Il continu! » Intervint Alexis.

« Richard, vraiment » déclara Martha de la cuisine. « Pose la et va ouvrir la porte. » On frappe. « Le livreur est la. »

Kate regarda Martha ainsi que Rick, il soupira et posa Alexis. « J'ai appelé le livreur et régler la minuterie » Martha riait. « Mais, je ne peux pas tout faire et etre clairvoyant à la fois. Peux-tu mettre la table, Alexis? »

Alexis hocha la tête et Kate la regardait disposer les assiettes qui était déjà posées sur la table. Rick ouvrit la porte et récupéra les quatre sacs de nourriture, tandis que Martha sortit les verres, laissant Kate debout maladroite au milieu de la salle à manger, à les regarder faire.

« Viens t'asseoir » lui fit signe Rick.

Kate pris sa place habituelle en face d'Alexis et de Martha qui s'assit à la droite de sa petite fille. Il y avait énormément de nourriture, avec trop de gaufres trop de pommes de terre rissolées trop de sandwichs.

« C'est trop » dit-elle.

« Habituellement, on exagère pour les brunchs » répondit Rick avec un haussement d'épaules. « Tu pourras en prendre un peu pour chez toi, ou pour ton travail. »

Kate le regarda, alors qu'elle attrapa un muffin. « Je le ferais, merci. Ça fera un bon repas pour tous. »

« Est-ce que tu as eu beaucoup de travail? » demanda t il.

Elle ne pouvait pas lui parler du traumatisme de Tolkien, comme les garçons la surnommaient habituellement, chose qu'elle n'aimait pas. Leur penchant pour les surnoms ne datait pas d'hier. Au lieu de ça, elle hocha la tête. « C'est les vacances. »

« Qu'est-ce que ça veut dire? » Renchérit Alexis.

Kate se tourna vers elle tandis que Rick et Martha prenaient de grandes bouchées afin de cacher leurs sourires. « Ça veut dire que nous sommes plus occupés que d'habitude. »

« Y a t-il plus de méchants à Noël? »

Kate se sentit prise au piège, elle regarda Rick, mais il était juste la, à l'observer et, évidemment, attendre sa réponse. Martha avait l'air presque fasciné par ce qu'il se passait. Ils ne l'aidaient pas beaucoup.

Elle se tu n'osant dire que plus de personnes étaient tuées pendant les vacances, car c'était un peut déprimant, même pour l'enfant d'un écrivain de polar. Mais elle devait dire quelque chose. « Il y a plus de crime à des vacances. Mais je ne sais pas qu'il ya plus de méchants, juste ... les méchants sont plus occupés. »

Alexis acquiesça d'un air contemplatif. « Est-ce parce que le Père Noël les regarde et qu'ils pensent qu'ils ont déjà été assez méchants ? Comme quand papa prend trois biscuits, au lieu de deux, parce qu'il en a déjà mangé plein ? »

Kate la regarda fixement. C'était une théorie remarquablement convaincante pour une enfant de sept ans et elle se retrouva prise au dépourvu.

Rick se mit à rire. « Oui, Alexis. C'est exactement ça » il sourit. « Mais je te remercie de ne pas me comparer à des criminels. »

Elle se tourna vers lui et le regarde avec un sourire très doux « Si c'est ce que tu veux, papa. »

Martha se mit à rire et tapota sur la tête d'Alexis. « Tu es trop intelligente pour lui, mon petit. » Alexis sourit et attrapa une autre tranche de lard. « Alors vous travaillez au quartier des homicides, Kate? » demanda Martha en se tournant pour la regarder.

« Oui » répond Kate. Apparemment aujourd'hui c'était la journée question sur Kate.

« Le travail est difficile? » continua Martha.

« Parfois » dit Kate en hochant la tête.

« Kate va dans les bennes à poubelles » ajouta Alexis.

Martha haussa un sourcil. « Vraiment? »

« Parfois » répéta Kate. « Ça dépend. Nous creusons plutôt dans la neige ou la glace ce moment, malheureusement. »

« Ça a l'air rude » commenta Rick.

« Ça l'est. C'est beaucoup moins amusant que de faire des bonhommes de neige. » leur dit elle. « Mais ça fait partie du travail, donc ce n'est pas si mal au final. »

« Nous avons fait des bonhommes de neige, hier » intervint Alexis.

« Vraiment? Où ça? » dit Kate ravie d'orienter la conversation sur un autre sujet.

Martha continuait de la regarder comme si elle l'évaluait et Rick avait cette lueur dans les yeux lorsqu'elle expliquait pendant vingt minutes la procédure de prise d'empreintes digitales qu'elle avait faite la semaine dernière. Kate n'était pas tout à fait à l'aise de parler de son travail, et surtout pas en face d'Alexis. Alors elle posa à Alexis toutes sortes de questions au sujet de sa journée, la fillette et Rick étaient il allés au parc, où ils avaient construit leurs bonhommes de neige, et elle lui demanda ce qu'ils avaient fait d'autre, elle n'était pas véritablement intéressée, mais grâce a la fillette son récit lui permit durant quelques temps de ne pas parler de son travail.

Elle réussit à détourner l'attention en posant des questions au sujet de la pièce que Martha faisait à Broadway, et les dernières aventures de Rick, mais tout le monde semblait plus intéressé par Alexis. Cela convint très bien à Kate. Martha cependant semblait plus intéressée par la manière dont Kate posait ses questions et les réponses qu'elle donnait. Chaque fois qu'Alexis expliquait quelque chose, Martha souriait. Chaque fois qu'Alexis se mettait à rire, Martha le faisait aussi. Elle la laissa perplexes, et d'ici la fin du repas, elle ne savait pas trop ce qui allait être vérifié pour qu'elle puisse être dans la vie de Rick, ou d'Alexis.

Quand ils eurent fini de manger, Alexis insista pour que Kate vienne dans le salon pour regarder l'arbre de Noel tandis que Rick nettoyait la table. Martha les suivit, en regardant comment Kate amena Alexis dans le hall pour ramasser son sac et ses cadeaux.

« Viens Kate! Je veux que tu le vois! Il est vraiment grand cette année » lui dit Alexis alors qu'ils entraient dans la pièce.

L'arbre était effectivement énorme et la salle de séjour sentait le pin. Facilement deux metres de hauteur et aussi réel que pourrait être un arbre de Noël. Il se tenait dans un coin de la pièce contre le mur d'étagères. Il était enveloppé d'argent et de paillettes rouges, avec des lumières multicolores qui scintillaient et brillaient dans tous les coins et recoins entre les aiguilles. Les décors étaient un mélange de maisons coûteuses et de babioles bon marché et magnifiques. Kate repéra quelques boules qui devaient être en véritable cristal, et quelques-unes étaient faites sur des cure-pipes avec de la colle et recouvertes de paillettes.

« Nous l'avons choisi et traîné sur tout le chemin du retour! » s'exclama Alexis.

« C'est magnifique, Alexis » murmura Kate. Elle n'avait pas vu un arbre de Noël depuis des années, trois ans, pour être exact. Et son père ... Il y avait plus beaucoup de joie de Noël dans la maison de Beckett.

« Richard aime aller les chercher dehors » commenta Martha derrière elles.

Kate se tourna pour la regarder et remarqua ensuite le reste de la pièce. Elle aussi était decorée et ornée de houx ainsi que d'autres guirlandes lumineuses. Suspendu à la cheminée, ainsi que sur les murs il y avait des affiches de Noël et des tentures qu'elle n'avait pas vues la dernière fois qu'elle était venue ici.

« C'est beau, » admis Kate.

« Vous en avez décoré un? » demanda Martha.

Kate secoua la tête. « Je vis seule et mon père n'est pas très ... euh, il ne s'intéresse pas trop aux festivités » répondit-elle soigneusement. Elle ne voulait pas qu'Alexis pose plus de questions, et n'était pas particulièrement a l'aise face à Martha en lui donnant des réponses énigmatiques.

« Eh bien, vous êtes les bienvenus à venir partager notre joie quand vous voulez » lui dit Rick, alors qu'il entrait dans la salle, portant son sac de cadeaux. « On s'assoit ? »

Kate se laissa tirer par Alexis sur le canapé et elle s'assit à côté de la jeune fille enthousiaste, qui regardait le sac de Rick avec un peu d'appréhension. Celui de Kate fit du bruit lorsqu'elle le plaça à ses pieds, et elle réalisa après quelques secondes qu'elle n'avait rien pour Martha. Mais elle n'eut pas le temps d'y penser plus longtemps, Alexis sautillait sur place, en prenant un cadeau soigneusement emballé de la main tendue de Rick, pour le donner ensuite à Kate.

« Joyeux Noël, Kate » dit timidement Alexis. Elle remonta sur le canapé et regarda les mains de Kate ouvrir l'emballage.

« Alexis, tu n'avais pas à faire ça » lui dit Kate.

« Mais je voulais le faire » répondit elle heureuse.

« Eh bien, merci » dit Kate.

« Ne me remercies pas avant de l'avoir ouvert ! »

Kate fit un petit rire et regarda le cadeau. Il était petit et enveloppés dans du papier avec des dessins de houx qui semblait être griffonné par les petites mains. Kate déballa le présent avec précaution incertaine de ce qu'il se passait. Alexis n'avait pas à lui faire un cadeau, elle n'avait besoin de rien.

Les emballages furent défaits et à l'intérieur il y avait un bracelet composé de perles faites maison. Kate le prit et le regarda. La chaîne était élastique et les perles elles-mêmes étaient faites d'argile, alternant avec des perles en plastique de couleur argent qui brillaient à la lumière.

« C'est très beau Alexis » dit-elle doucement. Il était évident que la jeune fille l'avait fait elle-même et Kate constata qu'elle semblait retenir anormalement son souffle. Cette petite fille lui avait fait un cadeau?

« Les perles ont des lettres aussi » lui dit Alexis.

Kate regardait à chaque perle et puis, après quelques secondes, réalisa qu'elles étaient orthographiées à son nom. « As tu ... As tu fait toi-même les perles, Alexis? »

« Uh-huh! Papa et moi les avons faites cuire dans le four. »

Kate regarda la petite fille et glissa le bracelet sur son poignet. « Je l'adore. Merci, ma chérie. »

Alexis sourit et puis, elles s'embrassèrent. « Je suis contente que tu aimes. »

« Je l'adore. Personne ne m'avait jamais fait de bracelet avant », lui dit Kate. Elle ne savait pas quoi penser et ni vraiment quoi dire, elle prit dans son propre sac et donna à Alexis le cadeau qu'elle avait enveloppé ce matin. « J'ai pris quelque chose pour toi aussi. »

Alexis prit le paquet avec de grands yeux, puis regarda son père quelques une seconde. « Kate m'a fait un cadeau! »

« Je vois, pumpkins » répondit Rick en souriant. Il regarda Kate et elle fut surprise de voir de la gratitude dans ses yeux bleus. Elle avait juste fait un simple cadeau à Alexis. Ça ne semblait pas être quelque chose de véritablement important. Et ce n'était certainement pas aussi spécial que le fait qu'Alexis lui offre un bracelet.

Elle se retourna vers Alexis et constata qu'elle avait presque fini de déballer son cadeau. Elle déchira les derniers papiers violets et couina, en prenant la tortue contre elle.

« Je l'adore ! » proclamait-elle. « Merci! Merci! » Et puis elle serrait à nouveau Kate dans ses bras, la tortue resta coincée entre elles deux.

Kate se mit à rire face à son comportement extravagant et sourit lorsqu'elles se regardèrent dans les yeux. « De rien. Joyeux Noël. »

Alexis sourit et sauta hors du canapé pour courir autour de la table à café et se diriger vers Martha. « Regardes! Kate m'a offert une tortue de mer! »

« J'ai vu » dit Martha souriante, en prenant le jouet que lui montrait Alexis. « C'est magnifique. »

« Son nom est Hamilton » lui dit Alexis.

« Est-ce que c'est écrit sur l'étiquette? » demanda Rick.

« Non » répondit Alexis avec indignation. « C'est juste son nom. »

Hamilton la tortue de mer. Alexis était vraiment un phénomène. Kate sourit en voyant Alexis courir autour de la salle avec le jouet, sans se rendre compte du fait qu'ils étaient tous présents. Puis elle sortit de sa rêverie lorsque Rick se leva et lui tendit un paquet.

« Rick, tu n'as pas besoin de ... » dit-elle alors qu'elle récupérait le paquet. Il haussa les épaules et elle le regarda quelques secondes avant de prendre a son tour le cadeau dans son sac. « J'ai quelque chose pour toi aussi. »

« Tu n'avais pas à faire ça » dit-il rapidement, tandis qu'il prit le paquet qu'elle lui tendait.

« Vous êtes tous les deux ridicules » observa Martha alors qu'ils s'asseyaient, chacun regardant le cadeau qu'ils ne s'attendaient pas à recevoir.

Kate regarda Martha. « Pardon? »

« Rien » dit Martha en souriant, puis elle prit une gorgée de sa boisson. « Rien du tout. Ouvrez les »

Kate et Rick se regardèrent, puis hochèrent la tête, en ouvrant leurs cadeaux en même temps. Kate déchira le papier rouge et aperçut un livre relié en tissus. Elle le tourna et sourit. « The Thin Man » était l'un de ses livres préférés. Rick était toujours en train de déchirer son papier avec une lenteur remarquable, alors qu'elle ouvrait la première page elle en eut le souffle coupé. Il était dédicacé! Il lui avait donné une copie de son livre préféré, dédicacé. Comment avait-il su?

« Comment tu as su ? » demandait elle au moment exact où il lui retournait la question.

Ils se regardèrent dans les yeux, tenant leur cadeau avec les mêmes expressions d'émerveillement sur les visages. « Je ... »

« C'est incroyable! » s'écrit Rick. « Comment as tu eu une copie de Halo? Je n'ai même pas pu en avoir un. »

« Je ... » Kate secoua la tête. Il s'était procuré, pour elle, une copie d'un livre dédicacé ... « Je connais un gars qui connaît un gars » répondit-elle.

Il sourit. « C'est génial! Merci beaucoup! »

« Merci » répondit-elle, serrant le livre contre sa poitrine. « Je ne peux même pas imaginer ... comment as-tu su? »

« Tu as dit que tu aimais le mystère quand nous sommes allés patiner, et quand tu es venue a ma dédicace ... j'ai pensé qu'il était une valeurs sûr » répondit-il facilement. « Tu aimes ? »

« J'adore » lui dit elle, consciente qu'elle devait sourire comme une folle. « C'est un de mes livres préférés. »

Il sourit. « J'en suis heureux. »

Martha fredonna et Kate jeta un regard vers elle tandis que Rick plissa les yeux. « Un commentaire, maman? »

Martha secoua la tête alors qu'Alexis rigolait dans le fond, jouant avec sa tortue. « Rien. Je suis contente que vous soyez là, Kate. »

Kate battit des paupières et passa ses doigts sur la première de couverture du livre, le bracelet d'Alexis glissant sur son poignet. « Je vous remercie. Je suis contente d'être là également » répondit-elle honnêtement.

Martha se contenta de sourire.


**Je plaide le cinquième = 5 eme amendement qui donne le droit de refuser de répondre a une question.