Le couple sortit du bâtiment lorsqu'une personne les interpella.
« Arrêtez vous, vous deux. »
Les deux concernés se retournèrent… Kyoko écarquilla les yeux, lorsqu'elle reconnue la personne.
« Grand-père ! »…
« Grand-père, que fais tu là ?!»
« Je suis venu te chercher Kyoko, tu rentres à la maison et sans discuter.»
L'homme qui devait avoir une cinquantaine d'année claqua des doigts et deux agents sortirent d'une voiture. L'un se saisit du bras de la jeune femme pendant que l'autre ouvrit la porte. Kyoko tenta de se dégager mais la force de l'homme était incomparable à la sienne. Se vouant à l'échec Kyoko, demanda finalement de l'aide à Ren, qui n'avait pas bougé d'un pouce.
«Ren ! Ren aide moi !»
«Si je serai-vous Mr Tsuruga je ne tenterai rien, si vous ne voulez pas avoir à faire à la police, vous devriez à prendre à garder vos mains dans les poches» averti son grand-père.
Ren serra la mâchoire et ses poings. Si jamais il devait avoir à faire à la police, sa réputation serait fichue ! Kyoko le regarda désespérément et voyant qu'il ne bougeait toujours pas, se résilia à entrer dans la voiture. Des larmes dévalèrent ses joues et elle posa une main sur la vitre. Ren détourna son regard et ferma les yeux. Il ne voulait pas assister à ça... Son grand-père dévisagea une dernière fois l'acteur et avança vers la voiture.
«Hop, je serai vous je resterai là Mr. Mogami»
Ren se retourna vers l'interlocuteur et pour son plus grand bonheur reconnu Lory accompagné de Yashiro et Kanae. Le grand-père plissa ses sourcils et se retourna vers eux.
«Et puis-je savoir pourquoi? Cette petite est ma petite fille.»
«Oui, mais vous avez dit que vous ne vouliez plus jamais la revoir, donc elle à le droit de décider si oui ou non elle reste parmi nous.»
Yashiro s'avança et lui montra un papier qui venait de leur être envoyé par fax indiquant que son grand-père avait renié son existence et que Kyoko était désormais sous la tutelle personnelle de Tsuruga Ren qui en avait demandé le droit.
Kyoko sortit de la voiture l'ai perdu.
«Ren... Est ce que c'est la vérité...?»
Ren regarda la jeune femme avec un regard sincère.
«Oui...»
«Pourquoi ? Pourquoi ne m'avoir rien dis !»
«Tu étais trop occupé avec le tournage et puis je ne voulais pas t'embêter avec ça...»
Le grand-père s'avança et, avec un sourire narquois, répondit:
«Oh alors Ren ne t'as pas dis que j'avais essayé de prendre contact avec lui ?»
«Quoi ?!» s'exclamèrent la petite troupe de la section Love Me.
Kyoko se raidit suite à ça... Pourquoi tout tournait mal, jamais elle n'avait voulu ça ! Elle voulait simplement vivre ça vie de jeune fille normalement... Ren lui cachait pas mal de choses depuis quelques temps. Elle se sentait trahi. En temps normal, elle aurait sûrement déjà pleuré, mais là... Là c'était trop... Elle ne pouvait plus rien supporter. Ren tenta de l'approcher pour la prendre dans ses bras mais elle gifla sa main et d'un regard, presque haineux, quitta les lieux en courant.
« Je n'en resterai pas là ! Croyez-moi» se défendit Mr Mogami.
«Nous verrons cela» termina Lory en retournant dans l'immeuble. Kanae et Yashiro firent de même, quant à Ren, il préféra rester dehors quelques minutes.
«Qu'allons nous faire Mr le Président ?» demanda Yashiro.
«Je ne sais pas... Nous aviserons un peu plus tard, pour le moment il nous faut retrouver Kyoko.»
«Je m'en charge, je sais ou elle se cache» termina Kanae.
Ren regarda le ciel. Il était morose, un peu comme lui. Il regarda pendant de longues minutes l'immense tapis gris et médita. Depuis le début, il avait tout gâchait avec Kyoko, depuis qu'il avait osé lui demander de lui apprendre ses propres sentiments. Depuis le début il courait à sa perte… Mais il avait préféré croire en ses capacités et rendre son rêve aussi réel qu'il puisse être. Et à cause d'un tout petit mensonge, tout était tombé à l'eau. Enfin pas si mensonge que ça, il comptait lui dire la vérité, mais il voulait simplement attendre le bon moment !
Il poussa un cri de rage et se décida à entrer dans le bâtiment afin de tout expliquer à Kyoko.
Kanae se dirigea vers la cave. Elle savait que si Kyoko voulait s'isoler, elle trouverait un endroit ou personne n'aurait l'idée d'aller chercher. La cave de la section Love Me était interdite à toute personne ne faisant pas parti du personnel de ménage donc il y avait 95% de chance qu'elle y soit.
Heureusement, elle avait vue juste. Kyoko était là, recroqueviller sur elle-même, les yeux emplis de larmes. Kanae s'adossa contre le mur et attendit qu'elle parle. Mais voyant, qu'elle était décidée à ne rien dire, Kanae s'accroupit à son niveau et l'entraîna dans ses bras. Kyoko enfouit sa tête dans son pull et pleura de plus belle.
« Kyoko, tu devrais te calmer, tout va s'arranger, tu as entendu ce qu'a dit Lory-san, tu peux rester avec nous. »
« Kanae… Depuis le tout début… je savais que je n'aurai jamais du… entrer dans la section Love Me » tenta-t-elle d'expliquer sans piquer une nouvelle crise de larmes.
Kanae ne préféra rien dire et la laissa se calmer seule. Mais voyant l'heure tourner, elle reprit :
« Kyoko, il est tard, tu devrais rentrer chez ton oncle. Je vais y aller. »
« Non, pas tout de suite… Je veux encore rester un peu ici… Mais vas y ne t'inquiète pas pour moi… Merci pour tout Kanae-chan. »
Kanae inspira profondément et se leva pour repartir.
« Très bien, mais si tu as un souci, n'hésite surtout pas Kyoko. »
Kyoko acquiesça de la tête et Kanae tourna les talons en direction de la sortie. En allant pour quitter l'immeuble elle aperçut Ren, adossé à un mûr dans un piteux état. Etant prise d'une grande bonne foi, elle se dirigea vers lui.
« Ren. »
Le concerné ouvrit les yeux.
« Kanae… Si tu es venue pour me casser du sucre sur le dos, tu peux y aller… »
« Non en faîte, je suis ici pour t'aider » dit-elle d'un air songeur.
« M…m'aider ?! » reprit-il légèrement abasourdi.
« Oui, mais ne crois pas que je le fais pour toi, c'est surtout pour Kyoko, elle a besoin de soutien. »
« …Kyoko… J'ai tout gâché… » reprit-il l'air triste.
« Peut être pas, elle est dans la cave. »
Ren écarquilla les yeux et Kanae se dirigea vers la sortie. Il ne perdit pas de temps et se précipita vers la cave. Il avait finalement, peut être une autre chance ! Une fois devant, il ouvrit doucement la porte. Il regarda autour de lui et remarquant personne, entra. Il chercha du regard la jeune femme et lorsqu'il la vit, il sentit son propre cœur se briser. Elle était là, assis parterre, à… pleurer. Imbécile ! C'est à cause de toi si elle pleure ! Ren avança prudemment.
« Va t-en, je ne veux voir personne… » lança-t-elle.
« Kyoko, laisse-moi au moins t'expliquer. »
« Non… Je ne veux rien savoir, je veux juste rester seule. »
« Kyoko… »
N'étant pas décidé à la laisser toute seule, il s'assit à côté d'elle et attendit qu'elle dise quelque chose. Malheureusement pour lui, elle ne dit rien. Alors Ren saisit sa main et balança :
« Kyoko, je sais que tu m'en veux terriblement, je sais que tu ne me pardonneras jamais pour tout le mal que je t'ai fais. Je sais, je ne suis qu'un idiot croisé d'un incapable, je n'ai pas su te rendre tout l'amour que tu m'apportais convenablement, mais je t'en prie crois moi. Crois-moi Kyoko ! Je… Si je n'ai rien voulu te dire, c'était pour te protéger, car je… Je t'aime ! »
Ouf ! Sa y est, c'était dit ! Il regarda la jeune femme, tout secoué. Tout ce qui venait de sortir de sa bouche, il avait mis tellement longtemps à le sortir… La main de la jeune femme se mit violemment à trembler. Ren fronça les sourcils et s'approcha.
« Kyoko, est ce que ça va ?! »
Rien. Il attrapa la jeune femme par les épaules et la força à le regarder. Elle pleurait. Oui, elle pleurait beaucoup, ses lèvres remuaient mais aucuns sons ne sortaient, ses mains s'accrochèrent au tissus de l'acteur.
« Kyoko parle moi ! »
Les seuls mots qui sortirent, furent : « J'ai… plus… d'oxygène… »
Et là, un violent spasme s'empara du corps de la jeune. Elle tenta de respirer normalement, mais sa vue se brouillait et son souffle lui manquait. Inquiet, Ren se saisit d'un sachet plastique qu'il trouva hasardement et se plaça derrière la jeune femme pour pouvoir la faire respirer dedans. Elle respirait vite.
« Kyoko… Calme-toi… je t'en prie… »
Mais sa respiration devenait saccadée. Elle devait surement avoir chaud. Ren lui retira, alors, sa veste et la posa à côté de lui. Son souffle devint moins saccadé, alors il reprit : « Calme-toi, Kyoko, je suis là… Je ne te quitterai pas… »
Les membres de la jeune actrice cessèrent de trembler. Les yeux fermés, elle resta, là, la tête appuyée contre l'épaule de Ren. Des larmes perlèrent contre ses joues et l'acteur resserra ses bras. Il avait rêvé de ce moment, ce moment ou il pourrait la prendre dans ses bras sans qu'elle le repousse. Mais il rêvait encore plus… qu'il puisse l'embrasser, lui faire l'amour, lui prouver à quel point il aime et à quel point il regrette tout ça. Remarquant le calme qui régnait, il lança :
« Kyoko, s'il te plaît, répond moi, quitte à me rejeter, à me dire mes quatre vérités, à m'insulter, dis moi quelque chose… Je t'en prie… »
Il regarda la jeune femme et constata qu'elle pleurait toujours, mais silencieusement. Alors il lui releva la tête, chassa ses larmes et attendit qu'elle ouvre les yeux.
Quand elle les ouvrit, il crut tressaillir. Ses deux yeux oranges le regardaient avec une telle intensité qu'elle aurait pu incendier quelqu'un.
« Ren. Je veux rentrer… »
Ca y est, elle venait de parler. Mais qu'est ce que cela signifiait ? Qu'elle lui pardonnait, ou… Non impossible qu'elle lui ait déjà tout pardonné… Ren regarda sa montre, il était 23h02. Il était tard. Il caressa chastement le visage de la jeune femme et répondit :
« Très bien. »
Il se releva suivit de Kyoko et sortirent de la cave. Ils tombèrent, au passage, sur une servante qui lâcha son matériel à les apercevant. Kyoko, le visage empli de larmes, Ren la chemise à moitié déboutonné. Il y avait de quoi ce faire un paquet de film. Mais ils n'y prêtèrent guère attention. Arrivé devant la sortie, il faisait froid, Kyoko porta ses mains à ses épaules et se couvrit le mieux qu'elle put. Ren déposa ensuite sa veste sur les frêles épaules de la jeune femme. Elle le gratifia d'un regard.
« Kyoko, veux-tu que je te ramène chez toi ? Je suis garé juste là. »
« Oui, je veux bien. »
Il ne perdit, donc, pas de temps et la ramena chez elle. Lorsqu'ils furent devant Kyoko reposa la veste sur la banquète arrière et sortit de la voiture.
« J'espère que nous pourrons parler plus convenablement » demanda Ren.
« Nous verrons plus tard, merci de m'avoir ramené. »
Il referma la portière et poursuivit son chemin.
Quand Kyoko fut chez elle, du moins chez son oncle, elle s'effondra sur le canapé avant de se déchausser. Cette journée avait été catastrophique ! Son oncle descendit juste après en remarquant que le salon était allumé. Pour son plus grand bonheur il vit sa petite nièce entrain de retirer ses chaussures.
« Kyoko ! Quelle bonne surprise ! »
« Oba-chan, je suis contente de te voir ! »
« Que c'est-il passé, tu ne devais pas passez un séjour chez cet acteur ? »
« Oba-chan… Nous parlerons de tout ça demain, je suis fatiguée, je préfère allez me reposer… »
« Oh je comprends tout à fait, va, ta chambre t'attends ! »
« Merci… »
Quand elle monta les escaliers, une nouvelle crise de larmes se préparait. Elle ce concentra un maximum à fin de ne pas, à nouveau craquer. Elle entra dans sa chambre et ferma la porte à clef avant de s'effondre à nouveau, sur son lit cette fois ci et de se remettre à pleurer…
Que devait-elle faire désormais ? Elle ne pourrait jamais pardonner à Ren tout le mal qui l'avait pu lui causé. Mais en même temps, il lui avait avoué qu'il aimait et ça… Elle ne s'y attendait pas ! Elle cogita plusieurs fois dans lit, froissant les draps blancs au passage, avant de trouver la bonne solution. Cependant, malgré qu'elle réfléchissait, elle pensait aussi à Sho. Pourquoi ? Bonne question. Peut être avait-elle besoin de se confier à lui, malgré leur dispute… Ou peut être qu'elle devait tout simplement tirer un trait sur tout ce qui s'étaient passé en une semaine et tout recommencer depuis le début ?
« Non, je ne peux pas tout oublier comme ça ! Kyoko ressaisis-toi enfin ! » maugréa la jeune femme.
Bref. Demain, elle déciderait toute seule, demain elle aura les idées plus nettes.
A SUIVRE…
