Petites notes de "Moi" :

Et bien le bonjour tout le monde =) Voici la suite des aventures trépidantes de nos chers étudiants. Oui enfin sans l'action ~ Le chapitre 8 ne sera par contre peut-être pas publié vendredi prochain, possible que la semaine prochaine je me réserverai de la pure détente hors de mon chez moi. Ce chapitre est légèrement plus long que les précédents. En espérant que ça vous plaira toujours, à la revoyure =)

Rating : K+

Pairing : Shinji x Ichigo

Disclaimers : Pas à moi mais à Tite Kubo

Genre : Romance / Amitié


Chapitre 7 : Ceux qui passent une fin de semaine d'enfer

Le vendredi matin

Grimmjow sorti de la salle de bain, habillé et propre comme un sou neuf. La douce odeur du petit-déjeuner taquina ses narines. Les volets étaient ouverts, comme les fenêtres, laissant entrer la fraîcheur du matin, seul moment de la journée où c'était assez vivable.

Serviette sur la tête, ses mains frottant ses cheveux, son regard s'attarda sur la silhouette qui servait le café dans les bols et sortait le pain grillé. Le musicien haussa un sourcil puis un sourire narquois s'afficha tout en s'approchant du rouquin. Il remarqua rapidement le sourire béat sur les lèvres de celui-ci alors qu'il se retournait pour poser les tartines sur la table.

« Mais que vois-je... »

La voix joyeuse parvint au jeune homme qui fixa son colocataire, son sourire n'ayant pas disparu. Sur le moment, Grimm' eût envie d'éclater de rire. Cette tête d'ahuri si rare sur Ichigo était vraiment trop comique. Mais malgré tout, la curiosité était trop forte. Il voulait à tout prix savoir ce qui mettait son ami dans un tel état d'euphorie. Il n'hésita pas à demander :

« Tu as gagné au loto ou quoi ? »

L'autre rit à sa question et il fit un non de la tête. Ils s'assirent face à face. Le bleuté continuait de fixer son vis à vis, cherchant une réponse dans son regard. Il hésitait sur plusieurs évènements : le départ ce soir auprès de sa famille. En y réfléchissant bien, même si il en était heureux, il ne pensait pas que ça irait jusqu'à une telle joie, sinon elle aurait été présente depuis la nouvelle. Aurait-il réussi à terminer sa thèse sur Van Gogh ? Oui là non plus, se serait plus du soulagement que de l'euphorie, il ne fallait pas exagérer. Puis il eût comme une illumination. Il se leva, fixant toujours son ami, puis se dirigea vers la chambre de celui-ci. Il l'ouvrit à la volée, mais il ne vit personne. La chambre était propre et rangée : lit fait, bouquins sur la bibliothèque, vêtements dans l'armoire. Absolument rien qui ne trainait et encore moins le voisin dans son lit.

Il revient l'air encore plus curieux qu'il ne l'était déjà. Il posa ses bras sur la table puis le questionna, inquisiteur :

« Bon sang, mais, tu vas me dire une bonne fois pour toute pourquoi tu fais une tête pareille ! »

Ichigo, tartine dans la bouche, perdit son sourire à la question presque agressive. Il mâcha son pain, tranquillement et ses lèvres s'étirèrent une nouvelle pour annoncer gaiement :

« Hier soir, il m'a embrassé. »

Deux yeux bleus, ronds comme des soucoupes, s'enracinèrent dans ceux ambrés. Il ne faisait pas cette face d'abruti heureux juste pour un baiser ? Ce n'était pas possible... Il se demandait si il ne se foutait pas de lui. Pour Grimmjow c'était une évidence, même si Hirako n'était pas sous la couette, ils ont dû passer à l'acte. Un sourire amusé, pervers de surcroît, donna la chaire de poule à son ami.

« Alors, tu étais dessus ou dessous ? »

L'ami en question s'empourpra gravement, s'étouffant avec son pain grillé légèrement beurré. Il attrapa sa serviette et s'essuya les lèvres. Il respira calmement, tentant de retrouver son calme. Cet idiot n'avait fait que rendre son imagination des plus fantasques. Il fixait le liquide noir et chaud. Ses joues devinrent encore bien plus rouge qu'elles ne l'étaient déjà. Imaginer son corps contre le sien, son souffle contre sa peau, son odeur s'incrustant sur la sienne, leurs gémissements flottant dans la chambre comme une mélodie, le bruit des draps qui se froissent...

« Stop ! »

Il valait mieux pour lui qu'il s'arrête là, surtout vu la tête de Grimm' complètement éberlué. Enfin, plutôt en train d'avoir son fou rire, plié en deux sous la table maintenant.

« Quoi ? », s'énerva le peintre.

L'autre continuait de rire, à en perdre le souffle. Il mit une bonne minute pour se calmer. Ichigo, désemparé, avait repris son pain qu'il trempa dans le café. Il se doutait que se taire serait plus efficace. Mais aussi... Se mettre dans un tel état pour un simple baiser. Et pourtant, il avait eu l'impression d'être transporté, électrisé. Dire qu'il n'avait pas ressenti ça auprès d'Hime il y a quatre ans, lors de leur premier baiser serait un mensonge. Il s'en souvenait comme si c'était hier. Tout comme leur première nuit d'amour. Un échange de sentiments, de douceur mais aussi de douleur : celle d'aimer.

Il préféra arrêter ses réflexions, Grimmjow le fixant toujours avec cet air amusé qui commençait à lui porter sur les nerfs.

« Tu es trop mignon tu sais ça ? Tu m'étonnes que l'autre il a craqué ! »

Ils terminèrent leur petit-déjeuner dans une ambiance joyeuse : jurons, taquineries et autres mots tout aussi agréables les uns que les autres. C'est avec le sourire qu'ils prirent le chemin de la faculté, accompagnés de Shuhei et de Renji aux côtés d'une jeune fille, petite, brune aux cheveux courts. Il leur présenta en tant que Rukia Kuchiki, étudiante en Musique. Son point fort : sa voix. D'après le rouge tatoué, elle chantait le soir dans un bar estudiantin. Et ce n'était pas celui où Grimmjow avait l'habitude d'aller le vendredi soir mais un dans les quartiers nord de la ville.

Shuhei donna un coup d'épaule à Ichigo et avec le sourire, il fit signe de la tête de regarder derrière eux. Ce qu'il fit et s'amusa en voyant Rukia et Renji se taquinaient. Était-ce une idée où étaient-ils attirés l'un par l'autre ? Il préféra les laisser se débrouiller, estimant qu'ils étaient assez matures pour édifier leur futur couple. Enfin couple si il y aurait.

Ils se séparèrent, chacun partant dans son département. Seul Shuhei accompagna Kurosaki jusqu'à ce qu'ils aillent dans leurs salles respectives. Le roux se dirigea vers le foyer et acheta un café. Il se dirigea vers le premier étage et s'adossa au mur près de sa salle, toujours fermée. Il buvait son café, tranquillement. Les étudiants passaient et repassaient en riant, ou en lisant un de leurs bouquins, discutant de tout et de rien. Il jeta un œil discret sur la fenêtre face à lui et de loin, il vit une silhouette blonde qu'il connaissait trop bien. Curieux, il s'approcha de la vitre et le vit s'immobiliser et parler à un homme qui lui semblait être le professeur qu'ils avaient croisé la semaine d'avant à la cafétéria. Ils discutaient, mais vu la distance, il ne pouvait distinguer les expressions sur les visages et encore moins leurs lèvres pour décrypter les paroles. Inconsciemment, le gobelet entre ses doigts se tordit sous la colère et l'incompréhension.

« On s'est à peine échangés un baiser et je suis déjà jaloux... »

A cette constatation mentale, il émit un soupir et jeta le gobelet vide dans la poubelle la plus proche.

« Mais qu'est-ce qu'un professeur de musique fait dans le département des Arts ? Serait-il venu pour parler spécialement à Hirako ? »

« Alors Kurosaki ? Vous comptez entrer dans la salle ou continuer de regarder par la fenêtre ? »

Surpris, il sursauta et se tourna vers son professeur d'Art. Kyouraku Shunsui. Il le trouvait sympathique et surtout compétent. Il appréciait ses cours et sa disponibilité. De plus, malgré la phrase, il savait que le sourire qu'affichait l'homme ne montrait aucunement de l'animosité.

Le peintre sourit, jetant un dernier regard à l'extérieur. Les deux protagonistes avaient disparu. Il entra dans la salle et s'installa à sa place habituelle. Son matériel posé sur la table à ses côtés, il entendit du bruit sur le chevalet à sa gauche. Il vit qu'Ulquiorra se préparait pour le cours. Avec une légère amertume, il le salua, ce qui surpris le brun qui lui sourit à son tour. Sourit ? Le roux n'échangea pas plus de mots et écouta attentivement le projet du jour, qui deviendrait celui aussi de la semaine suivante.

« Je veux que vous m'exposiez un sentiment. N'importe lequel, tant qu'il vous ressemble. Prenez votre temps, vous aurez jusqu'à mercredi prochain pour le terminer. Sinon, dites-moi comment avance votre thèse sur Van Gogh. »

Ichigo avait déjà perdu le fil. Il n'entendait pas les diverses questions de ses camarades ni les réponses, évasives soit, du professeur. Son esprit était perturbé : entre le fait qu'il voulait connaître la raison pour laquelle les deux blonds se connaissaient et le fait que Schiffer lui parle comme si de rien n'était, le mettaient en rogne.

« Kurosaki. Je vous trouve distrait aujourd'hui ! Avez-vous des soucis quelconques ? Où êtes-vous malade ? »

Le jeune homme secoua la tête négativement et s'excusa d'être si étourdi pour se plonger dans la tache qui devait être achevée pour la semaine suivante. Il oublia la présence à ses côtés et fit abstraction de la discussion entre Hirako et Urahara pour rester concentré.

A la fin de la pause déjeuner, il se leva et prit uniquement son portefeuille.

« Kurosaki, je peux te parler ? »

Le jeune homme s'immobilisa devant la porte de l'entrée de la salle et sorti, acquiesçant de la tête. Il l'attendit au couloir où les camarades se dirigeaient soit à l'extérieur de la faculté ou alors vers la cafétéria.

« Je suppose que c'est pour me parler de dimanche dernier ? »

Ichigo n'avait pas envie de passer par quatre chemins. Il voulait rejoindre ses amis et déjeuner. Attendre que l'après-midi se passe et ensuite finir de préparer ses affaires pour partir durant ces deux jours sans penser à rien. Puis, même si ce n'était pas dans ses habitudes, il possédait une légère âcreté envers le brun qui s'adossa au mur à ses côtés.

« Oui. Je n'ai pas besoin de t'expliquer. Jaggerjack semble s'en être occupé. »

Le roux ne tourna pas son visage pour le regarder, seuls ses yeux observèrent la silhouette à ses côtés. Il ne savait pas réellement comment agir. A part l'écouter. Mais devait-il réellement prendre la défense de l'un ou de l'autre ? Ce serait se mêler de ce qu'il ne le regardait pas. Le mieux, pensa-t-il, était de rester neutre pour l'instant. Et qui sait, peut-être qu'ainsi, ça aiderait son ami à tirer un trait complet sur l'homme brun avec ce petit air de gothique.

La voix grave et calme de l'étudiant transperça le brouhaha de la foule qui passait et repassait devant eux sans les héler. Ils n'étaient pas seuls mais personne ne les dérangeait.

« Je ne pensais pas qu'au bout d'une nuit, il tomberait amoureux de moi. »

Il s'arrêta et vu que son interlocuteur restait muet, il se décida à continuer :

« Passer un bon moment, voilà seulement ce qui m'est passé par la tête. En plus... il ne me déplait pas du tout physiquement. J'ai trouvé notre nuit très agréable. »

Le peintre émit une légère grimace. Il espérait que son voisin ne détaillerait pas leur nuit. Il en avait déjà eu un aperçu par son ami. Mais il avait évité les détails. Ce qui lui avait parfaitement convenu. Et cela semblait aussi convenir à son interlocuteur qui marqua un moment de silence, comme si il cherchait ses mots. Ichigo s'impatientait. Il avait bien envie d'aller retrouver ses amis pour déjeuner et passer à autre chose.

« Écoute... Si tu veux, je dis à Grimmjow que tu veux lui parler d'accord ? Je n'ai absolument pas envie de me mêler de votre histoire. »

Le regard émeraude s'arrêta sur celui ambre, d'abord étonné et ensuite rassuré.

« Je veux bien. Ton ami est trop impulsif, j'ai pas pu finir ce que j'avais à dire la dernière fois. »

Le roux se mit à rire doucement, pas surpris par cette révélation. Il connaissait assez le bleuté pour bien imaginer la scène.

« En tout cas, je tenterais pour dimanche après-midi. »

« Pas avant ? »

« Non, désolé. Vu qu'il n'avait pas trop le moral, je l'embarque avec moi chez mes parents à partir de ce soir. J'espère que ça ne te gênes pas, mais, je ne parlerais de toi que samedi au soir ou dimanche matin. Je ne veux pas gâcher notre week-end. »

Le brun ne protesta pas et il le laissa filer vers la cafétéria. Se joindre à eux serait de trop. Pas le bienvenu non plus. Il retourna dans la salle de cours pour manger son repas.

Plusieurs mètres plus loin, dans une salle bondée d'affamés, un petit groupe de jeunes gens, accompagnés cette fois-ci d'une jeune femme brune du nom de Rukia et une aux long cheveux verts – à force Ichigo se demandait si il attirait les personnes au couleur de cheveux assez peu habituel – d'une cambrure totalement différente de la chanteuse de cabaret. Elle était assise aux côtés de Grimmjow, tenant son bras de façon possessive. Là le rouquin avait un peu de mal à comprendre la situation, mais il savait qu'il aurait le temps de poser la question à son ami en temps voulu.

La pause déjeuner passa très vite. Entre taquineries et amusement, la fin du repas fut conclue par le retour en cours de chacun des membres qui espérait que l'après-midi passerait assez vite. Peut-être que cela avait été plus long pour certain mais pas pour l'orangé et le bleuté, qui, arrivaient à leur appartement, s'acharnaient sur les toiles d'Ichigo pour les recouvrir convenablement. Leur sac pour le week-end prêt et les peintures protégées, le téléphone portable de Kurosaki sonna.

« Ah papa c'est toi ? Tu arrives vers quelle heure ? »

« Bientôt fiston. Dans dix minutes je serais devant la résidence, vous m'attendez en bas ? »

« D'accord. On descendra dans cinq minutes. »

Après avoir raccroché, Grimmjow, son sac à l'épaule, transporta trois des toiles et s'approcha de la porte d'entrée. Son ami l'arrêta.

« Je te rejoins dans cinq minutes. J'ai juste un truc à faire et j'arrive. »

L'autre lui sourit et acquiesça de la tête, s'engouffrant dans le couloir, suivi d'Ichigo qui ouvrit la porte des escaliers. Devant la port de l'appartement, le peintre prit son courage à deux mains et frappa à la porte d'Hirako, doucement. Face au silence, il tapa une seconde fois et il soupira, comprenant que le blond devait encore être à l'université.

Il retourna dans le salon et se saisit de son portable de nouveau cherchant le numéro de l'écrivain dans son répertoire. Il hésita quelques secondes puis il l'appela. Il tomba de suite sur le répondeur de son petit-ami – en fait il savait pas réellement si il pouvait l'interpréter ainsi après un seul baiser – . Le message le fit sourire puis il se décida de lui en laisser un, même si il n'aimait pas parler dans le vide.

« Bonjour Shinji. C'est Ichigo. Je voulais juste savoir si ça allait. Je t'ai aperçu à la fac de loin et... » Il s'arrêta. Devait-il lui en parler ? Ou attendre dimanche à son retour ? Il opta pour la seconde. « On va partir. Je voulais te dire au revoir. Et à dimanche si tu veux bien. » Il ferma le clapet, son cœur battant à vive allure. Il mit son sac sur le dos, prit la dernière toile en main et attrapa les clés de l'appartement, après avoir vérifié que le gaz était fermé,les fenêtres aussi, pour refermer derrière lui et prendre l'ascenseur. Arrivé au rez-de-chaussée, son colocataire l'attendait, toiles posées contre sa jambe.

« Il ne va pas tarder je pense. Tu as pu faire ce que tu voulais ? »

« Oui c'est bon. Au fait... Cette Neliel Del Machintrucschank, tu l'as rencontré comment ? »

« Dis Nell... C 'est plus court et moins compliqué à prononcer. », répondit-il en riant. « Nous avons une bonne partie des cours ensemble et je ne sais pas pourquoi, elle a décidé de me harceler. Bon j'avoue que c'est un canon et ça ne me gêne pas spécialement. »

Le rouquin haussa un sourcil puis rit avec lui, regardant la route.

« Vous avez déjà fait la danse du singe ? »

« La danse de quoi ? », fit-il incrédule.

« Bha, tu sais, sous la couette... »

« Tu appelles ça comme ça ? » Un nouvel éclat de rire termina sa question et sa main tapota l'épaule de son ami. « Non pas jusque là. Et je me demande si je ne devrais pas céder. Au moins, ça me permettrait d'oublier. »

Le peintre remarqua l'air sombre qu'affichait Grimmjow aux derniers mots. Il savait que cette histoire avec Ulquiorra l'avait bien plus perturbé que ce qu'il voulait faire croire. Et le pire dans tout ça, c'est que c'était contagieux. Ichigo ressentait presque la douleur de son ami, et à part l'inviter chez ses parents – chez qui il espérait que tout se passerait bien – il ne pouvait rien faire d'autre pour l'aider. Lui dire que le brun voulait le voir pour discuter ? Non dimanche, il le lui dirait dimanche matin au réveil. Il voulait qu'il profite de ces quelques jours de détente.

Le soleil commençait enfin à taper moins fort. La circulation devint légèrement plus fluide. Les gens passaient près d'eux sans les voir. Une voiture s'arrêta contre le trottoir et la vitre côté passager descendit.

« Hey les jeunes, un coup de main où je vous ouvre uniquement le coffre ? »

Un sourire enfantin orna les lèvres du plus jeune qui posa ses mains sur la portière.

« P'pa ! » Un simple mot qui reflétait la joie. Il avait l'impression de ne pas les avoir vu depuis des mois. « Pas la peine ! L'arrière suffira ! On a pris juste le minimum. »

Ichigo ouvrit la porte arrière. Grimmjow fit glisser sur la moquette de la voiture les toiles et s'installa à son tour, posant son sac à ses côtés.

« Bonjour Monsieur Kurosaki. »

Isshin se retourna et tendit la main pour le saluer alors que la portière côté passager claqua en se refermant avec un un cliquetis pour la ceinture.

« Appelles-moi Isshin. Grimmjow Jaggerjack si je ne me trompe pas ? »

Le bleuté, un peu gêné, confirma par un signe de tête en acceptant la main qu'il serra dans la sienne. Isshin fut amusé par la réaction de l'étudiant, le trouvant plus timide que ce que son fils lui avait dit au téléphone. Il ne s'en pré occupa pas, mettant cela sur le compte de la fin de la semaine acharnée qu'ils avaient du avoir et aussi de se retrouver chez des inconnus. Il était resté assez surpris par la demande d'Ichigo. Depuis le lycée, il n'avait invité plus personne à dormir à la maison familiale. Sa femme et lui, avaient été fous de joie en apprenant l'arrivée du colocataire et ami de leur fils. Avait-il enfin réussi à oublier sa peine de cœur ? S'était-il enfin un peu plus ouvert ?

Le trajet s'effectua dans la bonne humeur malgré la chaleur et les embouteillages pour sortir du centre ville. Mais le reste du voyage se passa avec une circulation fluide et la climatisation qui emplissait l'intérieur d'une douce fraicheur. Ce fut un bon quart d'heure après que la voiture se gara devant le garage d'une maison à étage, modeste. La porte d'entrée s'ouvrit alors que les trois hommes sortaient de la voiture avec les sacs et les toiles. Des cheveux longs châtains clairs couraient vers les silhouettes.

« Grand frère Ichi ! »

Cela ne faisait que quelques semaines, mais lorsqu'il se retourna et vit sa petite sœur courir vers lui, il avait l'impression qu'elle avait encore grandi et qu'elle devenait de plus en plus jolie. Il serait bientôt obligé de faire le rôle du grand frère protecteur aux futurs prétendants. Quoique Karin pourrait le faire sans soucis...

Il la prit dans ses bras et l'enlaça, déposant un baiser sur son front. Les trois hommes s'arrêtèrent devant la porte d'entrée, Karin, toujours si peu expressive, s'écarta pour les laisser entrer. Par contre, Masaki sourit et enlaça son fils.

« J'ai l'impression que tu n'arrêtes pas de grandir. »

« Je peux te jurer que depuis mon départ je n'ai pas pris un centimètre. M'man, ma croissance est finie ! »

« Oh serait-ce moi qui rapetisse ? », elle marqua une pause, regardant son fils d'un air hésitant. « C'est bien comme cela que l'on dit non ? »

La question fit rire Ichigo et sa mère alors que celle-ci s'approcha de Grimmjow, resté sur le seuil de la porte, préférant ne pas gêner leur moment de retrouvailles.

« Bonjour. Vous devez être Grimmjow ? »

Le bleuté hocha la tête tout en répondant au sourire de la jeune femme blonde. Elle était encore plus belle que sur la toile de son ami. De grands yeux ambres – maintenant il savait de qui tirait le physique d'Ichigo, mise à part son froncement de sourcils et sa couleur de cheveux – doux, de magnifiques cheveux blond vénitiens, une taille svelte mais bien formée vu la poitrine saillante que l'on pouvait apercevoir malgré le chemiser d'un rose pâle. Grimm ' était comme hypnotisé par la femme qui ne semblait absolument pas avoir une quarantaine d'année.

« Enchanté de vous connaître Madame Kurosaki. Merci pour votre invitation. » Il prit la main de la jeune femme pour y déposer sur le dos, un baiser. Ichigo resta muet face à une telle politesse qui n'existait plus depuis bien longtemps. Il espérait tout de même que son ami ne draguerait pas sa mère. Surtout que ça fonctionnait vu la petite rougeur sur les joues de sa génitrice qui se tourna vers lui, sa main sur son cou.

« Ichi, ton ami est vraiment adorable. »

« Peut-être, mais, tu restes encore ma femme. Vilain garnement, lâche sa main ! »

Isshin marmonnait, attrapant la taille de sa femme et l'entraînant avec lui dans la maison sans avoir oublié de donner une petite tape sur la tête du violoniste. Les deux jeunes hommes rirent de bon cœur face à cette jalousie. Karin soupira et l'orangé remarqua que, plus les années passées, plus elle devenait belle. Ce physique à la fois sombre mais des plus féminins. Qui aurait pu le croire il y a encore quelques années lorsqu'elle avait ce carré ? Maintenant ses cheveux bruns lui arrivaient presque au milieu du dos, raide. Ses yeux bruns semblaient transpercer quiconque qui oserait toucher à ce qu'elle avait de plus précieux. Elle devait facilement attirer, tout comme Yuzu, les lycéens. Mais avec son caractère de cochon, il se doutait qu'il n'avait rien à craindre pour ses problèmes de cœur.

Après la fin des salutations, tout le monde se trouva dans le salon, discutant des études, aussi bien la faculté que le lycée, de la clinique que son père, fier, réussissait à gérer sans problèmes grâce à l'aide de Masaki et de Yuzu qui avait décidé, plus tard, de prendre le relais du cabinet d'Isshin. Il n'y avait que Karin qui doutait encore, hésitant entre les forces de l'ordre ou le Droit Civil. Vu la réaction des personnes présentes, mis à part Grimmjow qui ne pouvait aucunement le savoir, aucun n'était au courant des projets d'avenir de l'adolescente.

« Il y a un problème ? », dit-elle avec un froncement de sourcil qui semblait battre le record de celui d'Ichigo selon le bleuté.

Le dîner fut vite servi et chacun prit son temps : mangeant et parlant toujours de tout et de rien. Ce fut deux bonnes heures plus tard que les deux étudiants se retrouvèrent dans la chambre du rouquin, déballant leurs affaires du sac et pour se mettre à l'aise. Les sacs dans un coin de la chambre, la fenêtre ouverte laissant la fraicheur de la nuit aérer la pièce, les rideaux se mouvant lentement, un futon posé sur le sol près du lit d'Ichigo, la lampe de chevet sur le bureau allumée, répandant une douce lumière tamisée, les deux jeunes hommes discutaient à voix basse tout en rangeant.

« Tu es sûr que tu ne voudras pas dormir sur le lit ? »

« T'en fais pas, ton futon semble très confortable. Au fait, comment a fait ton père pour réussir à séduire une femme comme ta mère ! En plus, ils se dévorent presque des yeux encore. Incroyable. Je n'ai aucune chance ! », avoua-t-il avec une moue boudeuse qui fit rire le plus petit qui lui donna, avec son pied nu, un coup sur l'épaule. « 'Tain mais même ici tu me martyrises ! »

Ils rirent de plus belle alors qu'une sonnerie de portable – Velonica de Aqua Timez, juste histoire de rester dans le sujet – les tirèrent de leur euphorie du moment. L'orangé se jeta sur son téléphone qui se trouvait sur son bureau et décrocha, à moitié allongé sur le lit et le haut du corps dans le vide.

« Allô ? »

Grimm' éclata de rire en voyant l'équilibriste et le sourire idiot qu'il afficha lorsqu'il regarda l'écran pour voir qui l'appelait. Il n'eût pas besoin de dessin pour comprendre que c 'était le blondinet de la porte d'à côté.

« C'est quoi cette voix bizarre ? »

« Ah c 'est parce que je suis en équilibre, attends ! »

Hirako était enfin rentré chez lui. Assis sur son fauteuil, face à la véranda, il afficha une expression fatiguée mais aussi curieuse à la voix à moitié étouffée à l'autre bout du fil. Il entendit du bruit : un bruit étouffé contre quelqu'un et des rires.

Il avait eu une rude journée. Entre les cours et le fait de s'être rendu en ville à la maison d'édition pour voir où son bouquin en était l'avait littéralement épuisé. Sur le chemin du retour, il avait croisé ses amis qui l'avaient invité à boire un verre en espérant qu'il ait une réponse favorable.

Il avait oublié de rallumer son portable, il l'avait fait au moment où il avait fini de prendre sa douche pour se prélasser sur son fauteuil. Il fut surpris d'entendre la voix d'Ichigo sur le répondeur, mais ravi. Il en avait profité pour vérifier si le numéro était toujours bon et il avait décidé d'entendre enfin sa voix. Cet idiot de roux lui avait manqué.

« Tu sais, dans l'immeuble tout le monde sait que vous n'êtes pas présent. »

« Ah bon pourquoi ? »

« Il n'y a pas un seul bruit... »

« Enfoiré ! »

Une autre voix, plus lointaine, répondit :

« Comme si on foutait le bordel tous les soirs ! »

« Bingo ! », répondit le blond en riant. « Au fait, Ichi, tu passeras me voir dimanche à ton retour ? »

« Oui. En fait... » La phrase fut coupée par un claquement de porte. Shinji supposa qu'il avait mis le poteau électrique au dehors de la chambre, ce qui le rassura. « Je suis passé te voir avant qu'on ne parte. Mais tu n'étais pas là. »

L'écrivain confirma en expliquant sa dure journée alors que Kurosaki, assis contre la porte de la chambre, n'écouta qu'à moitié le récit. Dans sa tête, il se souvint du matin où il avait aperçu le professeur et son petit-ami dans les jardins de la fac discuter.

« Je vois que tu te reposes bien. Tu leur as offert les toiles ? »

« Oui... » Il ré ouvrit la porte, laissant son ami revenir dans la chambre en boudant et marmonnant. « Ils ont dit que j'avais fait beaucoup de progrès. Ma mère et Yuzu ont pleuré, mon père m'a félicité et Karin m'a fait un sourire que je ne connaissais pas mais qui m'a conforté dans le choix de vérifier ses fréquentations masculines plus tard pour éviter qu'elle tombe sur un abruti. »

« T'as pas à t'inquiéter, elle a de la répartie la petite ! », admit le musicien en s'allongeant sur le futon.

« C'est pas une raison ! », contesta le peintre en s'asseyant sur son lit.

Ils discutèrent encore un petit moment jusqu'à se souhaiter une bonne nuit. Après avoir éteint la lumière, les deux jeunes hommes se couchèrent.


A suivre...

P.S de l'auteur : Je viens de découvrir la barre horizontale... Mieux tard que jamais xD