Petit blabla de l'auteur : Oh my god ! Je n'arrive pas à croire que j'ai pris autant de temps pour écrire ce chapitre (9 mois... J'ai honte ^^). Je m'en excuse platement, même si je sais que je n'ai aucune excuse. Mais rassurez-vous, bonnes gens : je vais mener Brothers à terme, et reprendre un rythme de publication normal (autrement dit, un chapitre toutes les deux semaines). Merci à tout ceux qui ont laissés des reviews, ainsi qu'à tout ceux qui suivent mon humble fanfic.

En espérant que Brothers continuera à vous plaire,

Enjoy ! ^_^


Une douleur atroce, comme si on lui enfonçait deux épées chauffées au fer rouge dans le dos, le clouait sur le sol, face contre terre. Sa peau tirait, comme si elle allait se déchirer ou que ses omoplates allaient jaillir hors de son corps. Il hurlait, comme un possédé, à s'en déchirer les cordes vocales.

Remus, fermement ceinturé par Marius Malfoy pour l'empêcher de se précipiter au secours du garçon et accessoirement de se faire blesser ou tuer par une projection de magie incontrôlée de la part de l'adolescent, ne pouvait qu'observer, horrifié, le fils de son meilleur ami se tordre de douleur sur le sol. Il n'y avait pas de mots pour décrire ce qu'il ressentait à cette vision.

Le visage déformé sous l'effet de la douleur, Harry, tout à la souffrance secouant, tordant, chacune de ses terminaisons nerveuses, perdit conscience de ce qui se trouvait autour de lui. Il ne voyait plus rien, il n'entendait plus rien, il avait seulement mal, mal, mal…

Remus se sentit, bien malgré lui, saisit d'un violent haut-le-cœur. Et il y avait de quoi. Deux espèces de cartilages blancs avaient jaillit du dos du jeune Gryffondor, à travers le haut de pyjama déchiré et souillé par le sang s'écoulant abondamment de ses excroissances.

Sous les yeux ébahis de son public improvisé, le corps d'Harry sembla soudainement se dédoubler, comme dans un jeu vidéo de mauvaise qualité.

Il y eut alors une espèce de sifflement, semblable au son produit par un tissu qu'on déchire. Un éclair blanc, qui les aveugla un dixième de seconde. Puis une onde de choc, semblable au souffle d'une bombe, qui les projeta tous, Remus, Marius Malfoy, ainsi que les Weasley qui venaient de débarquer à toute allure, violemment à terre.

Des ailes.

Des ailes avaient poussé dans le dos de l'adolescent étendu sans connaissance sur le sol.


Un rayon de soleil chatouilla le visage d'Harry qui se réveilla. Il resta un long moment sans bouger dans le lit, sans même ouvrir les yeux, dans un vain espoir de retourner dans les bras de Morphée, pendant que les derniers évènements lui revenaient lentement à l'esprit. Soudain parfaitement réveillé, il se redressa d'un bond, et bondit vers le miroir cloué à la porte de l'armoire poussiéreuse.

Elles étaient bien là, semblables aux longues ailes de cygne que la représentation populaire prêtent aux Anges. Sauf que le plumage de celles-ci était noir, noir corbeau.

Qu'est-ce que c'était encore que ce délire ?

Il se concentra pour voir s'il pouvait les bouger. Ses ailes se déployèrent, et se mirent à battre rapidement dans le vide, avec la même facilité que s'il avait simplement replié l'index. Et à la grande stupéfaction de l'adolescent, il… Décolla. Ou plutôt ses pieds se soulevèrent d'une quarantaine de centimètres du sol. Il en fut tellement surpris qu'il en oublia de battre des ailes, et s'effondra lamentablement sur le parquet.

- Wow… Souffla Harry, la voix rendue tremblante par l'excitation folle qui commençait palpiter dans ses veines.

Il se releva. Automatiquement, comme par réflexe, ses ailes se replièrent sagement derrière son dos.

- J'ai des ailes ! Exulta le Golden Boy. Je suis un Ange ! C'est dément !

- Un Ange ? Ricana une voix derrière lui. Tu veux dire ces espèces d'empaffés en robe blanche que les Moldus s'obstinent à représenter comme incarnations de la niaiserie à l'état pur ? Je n'en serais pas si fier à ta place.

Marius Malfoy. Appuyé nonchalamment contre l'encadrement de la porte d'entrée, une espèce de sourire moqueur au coin des lèvres.

- Qu'est-ce que vous voulez ? Gronda Harry, brusquement dégrisé à sa vue.

- Te parler, répondit sobrement son vis-à-vis.


Il pleuvait des cordes à l'extérieur… C'était décidément un temps à se pendre.

Drago allait de surprises en traumatismes psychiques. Il passa mentalement en revue les derniers évènements. Severus, qui, d'après son père -enfin d'après Lucius Malfoy, avait été durant toute sa scolarité le souffre-douleur de Potter senior et de toute sa clique, et qu'il avait pourtant surprit en train de plaisanter joyeusement avec le géniteur du pire débile que Poudlard ait jamais connu depuis Godric Gryffondor lui-même. Pire encore : Severus passant une main affectueuse dans la broussaille informe qui servait de cheveux au débile en question, autrement dit, the Survivor en personne. Drago avait cru qu'il ne s'en remettrait jamais.

Mais ça, c'était avant qu'il rencontre les quatre morveux braillards qu'on avait osé lui présenter comme étant ses trois frères, Drew, Morgan et Jake, ainsi que son unique sœur Clare. Oh, joie, quatre Potter miniatures ! Comme si on en avait pas assez avec un… Et comme si cela ne suffisait pas, ils étaient tous exclusivement roux ! Pas roux carotte Weasley tous droits réservés, mais roux quand même.

Il nageait en plein cauchemar.

- Hey, Eddie ! Lui lança un des quatre mini-Potter que Drago identifia comme portant le prénom très moldu de Drew.

Mais bordel, qu'est-ce qu'il avait tous avec ce surnom ? Edward était déjà un prénom assez hideux en soi, pas a peine d'en rajouter !

Le petit monstre s'était engouffré dans la chambre, dans laquelle Drago s'était barricadé, avec une telle brusquerie que le blond manqua de faire un arrêt cardiaque.

- Tu viens jouer avec nous ? Lui demanda le sale gamin avec un grand sourire innocent.

Drago envisagea plusieurs réponses, qu'il écarta les unes après les autres. D'ordinaire, il se serait contenter de lui expédier un très inspiré « Vade retro satanas ! », et d'appuyer son refus d'un vigoureux coup de pied au fessier du moutard en question. Mais il était presque sûr que le reste de la horde d'abrutis finis rôdant autour de sa chambre risquait de ne pas apprécier son service rendu l'Humanité ; et que donc ils se chargeraient tous de le lui faire payer. Après tout, c'étaient des Gryffondors, Serpentard sait de quoi ils étaient capables !

Drew s'assit à côté de lui, sur le lit double placé au centre de la pièce.

- Grand frère ? Geignit l'enfant en tendant une main vers lui.

Ce fut à cet instant qu'il se produit une chose particulièrement étrange : le corps de Drew sembla se dédoubler, comme une image holographique qui se brouille pour causes d'interférences, pour finalement se rétablir, comme si rien n'était. Bien entendu, Drago, n'ayant jamais mit les pieds dans le monde des Moldus, ne fit pas la comparaison ; il se contenta d'observer, bouche bée, le phénomène.

- Quelque chose ne va pas, grand frère ?

Souffle coupé sous l'effet de la surprise, les yeux ronds comme des soucoupes, Drago fut dans l'incapacité physique de répondre à cette question. Pour autant qu'il le sache, Drew était encore à l'instant qu'un gamin roux… Alors, par les burnes de Merlin, comment se faisait-il, par quel prodige l'enfant s'était métamorphosé en cet adolescent blond ? C'était son propre visage que ses yeux ébahis admiraient à présent : ses yeux gris, ses cheveux blonds, son visage étroit et anguleux, son nez et son menton en pointe… Son sosie parfait.

- Grand frère ? Insista l'apparition avec non plus la petite voix geignarde de Drew, mais avec sa voix à lui, Drago Malfoy.

Drago poussa un hurlement horrifié très bref, avant de tomber, fesses sur le sol, en tentant de s'éloigner de cette chose qui n'avait pas bougé du lit, et se contentait de secouer la tête d'un air désolé.

- Alors c'est vrai ? Demanda ce qui avait été il y a encore quelques dizaines de secondes un petit garçonnet roux d'une voix doucereuse. Tu es vraiment toqué comme le disent papa et maman ?

Une étincelle de rage s'alluma dans les yeux de Drago, qui se releva lentement, muscles bandés, comme s'il s'apprêtait à se jeter sur son double.

- Je ne suis pas fou ! Siffla l'adolescent d'un air féroce.

- Tu crois ça ? Ricana l'autre. Quel dommage ! Et moi qui croyait que tu commençais à te faire à cette idée… Après tout, on ne peut pas vraiment dire que tu te sois particulièrement défendu quand ils te l'ont annoncé. En vrai…

Son double se métamorphosa encore une fois. Les yeux gris virèrent au vert émeraude, les cheveux blonds impeccablement coiffés en une masse broussailleuse brune ; une cicatrice en forme d'éclair vient se dessiner sur son front. Harry Potter. Arborant un sourire mauvais, presque cruel, que Drago n'avait jamais vu sur les lèvres de sa Némésis.

- …Serpentard. Lâche. Définitivement lâche.

En tant normal, Drago aurait prit ses jambes à son coup. Il se serait empressé de mettre le plus de distance possible entre cette chose et lui. Mais justement, en vrai Serpentard, il y a certaines choses qu'il ne pouvait pas laisser passer…

- Ferme-la ! Beugla Drago en se jetant sur son vis-à-vis.

Ce dernier se contenta d'éclater en un grand rire moqueur, pendant que Drago, stupéfait, lui passa à travers.

- Allons, allons, reprit le double de son frère d'un ton sarcastique. Calmes-toi un peu. C'est mauvais pour le cœur de jouer au Gryffondor quand on est pas habitué.

Drago ne répondit pas. Il se contenta de tenter de lui expédier un vigoureux coup de pieds, ce qui eut pour seul effet de provoquer une vive douleur dans son gros orteil suite à une malencontreuse collision avec un des pieds de son lit-son pied étant bien entendu passé une nouvelle fois au travers de cette créature polymorphe.

- Vas te faire foutre ! Rugit-il, furieux, en sautant à cloche-pied.

Le sourire de la créature en question s'agrandit encore, lui donnant à présent une vague aura de tueur psychopathe en puissance.

- As-tu la moindre idée où est-ce que tu te trouves, Drago ?


- Qu'est-ce que tu sais sur la Main Gauche du Diable et la Main Armée de Dieu ? Demanda Marius Malfoy avec une sorte d'impatience dans la voix.

- Ce que j'ai pu en comprendre en entendant la prophétie de Salazar Serpentard, répondit laconiquement Harry. Ainsi que dans la lettre de Narcissa Malfoy.

- C'est-à-dire ? Insista l'adulte.

- Je suis la Main Gauche du Diable. Dra-Edward, corrigea-t-il, serait la Main Armée de Dieu, c'est ça ?

Marius hocha la tête, sans rien dire, le laissant poursuivre.

- Vous avez peur de lui, assena Harry. Vous avez tous peur de lui. Vous le détestez. Aucun d'entre vous ne regrettez qu'il ait disparu. Sauf peut-être Voldemort, parce que cela compromet son x-ième plan de conquête du pouvoir.

Marius n'eut pas la moindre réaction en entendant ce nom si honni, si craint chez la population sorcière qu'elle en était venue à craindre de le prononcer ou même de l'entendre. Harry avait toujours eut le plus grand respect pour les sorciers qui avaient réussi à surmonter ce tabou profondément ancré dans les mentalités, mais là, la colère froide qui animait chaque parcelle de son corps, l'empêcha de ressentir quelque chose de positif envers cet homme.

- Je n'ai jamais aimé ces noms, finit par lâcher le jeune frère de Lucius Malfoy après un long moment de silence. Main Gauche du Diable… Main Armée de Dieu… Non, Potter. Il n'existe ni Diable, ni Dieu, ni Ange, la réalité est juste un peu plus compliquée que cela.

Il fit alors une pause, pour fixer Harry d'un drôle de regard.

- A une époque lointaine, continua-t-il, aux commencements de notre espèce, nous, Humains, étions des esclaves. Et les Ishvaras étaient nos maitres, et nos Dieux. Ou plutôt un ramassis de créatures infiniment plus intelligentes et avancées que nous l'étions. Les Humains étaient alors la seule espèce dotée de conscience dont aucun des membres ne possédaient la moindre once de magie. Nous étions des proies faciles, et profondément crédules. La moindre manifestation magique, même la plus banale, suffisait à nous terroriser.

Marius Malfoy eut un petit rire.

- Les Ishvaras ? Répéta Harry.

- Oui, les Ishvaras. Ces créatures que tu as dû apercevoir en consultant la prophétie, et auxquels toi et ton frère ressemblaient à présent. Extrêmement semblables aux Humains, sauf qu'elles ont des ailes de cygne dans le dos.

Il y eut un silence.

- Un beau jour, reprit Marius Malfoy, une Ishvara du nom de Hel vint se mêler aux Humains. On ignore toujours pourquoi. Tout ce que l'on sait, c'est qu'elle leur révéla que les Ishvaras n'étaient pas des Dieux, et qu'elle donna aux premiers sorciers leurs pouvoirs sûrement en faisant muter certains de leurs gènes. Ce qui provoqua la révolte des Humains. Les Ishvaras, inférieurs en nombre, finirent par tous être décimés au fur et à mesure des siècles, jusqu'au jour où il n'en resta que deux, Hel bien sûr qui restait profondément aimée des sorciers, et un certain Altheriel, le plus psychiquement puissant de son espèce et ayant derrière lui une multitude d'Humains moldus qui continuaient à le vénérer.

- Attendez un peu… L'interrompit Harry, le souffle coupé. Des Humains ont continué à se battre aux côtés de ceux qui les ont pourtant réduit en esclavage ?

Malfoy eut un sourire sinistre.

- Potter, je crois bien que tu prend notre espèce pour bien plus intelligente qu'elle l'est en réalité. Le premier illuminé avec quelques bons tours et quelques bonnes paroles peut trouver chez les Humains une chair à canon premier choix. La Main Gauche du Diable, la Main Armée de Dieu, ce ne sont que des qualificatifs datant de cette époque, où Hel était diabolisée, et Altheriel porté aux nues par la plupart des Humains.

- Mais Altheriel a été vaincu, n'est-ce pas ? Demanda Harry. Il a tout de même finit par être battu, non ?

- C'est exact, acquiesça Malfoy. Altheriel a été tué par Hel, ou plutôt par la réincarnation de Hel.

Harry se souvint de la prophétie : … Hel, réincarnée elle-aussi en Mortel, seul échappatoire pour fuir sa prison de glace, où le plus puissant des Ishvaras l'a autrefois enfermé. D'après ce qu'il avait pu comprendre des explications de Malfoy jusqu'à présent, Altheriel aurait été le plus puissant des Ishvaras. Donc, Altheriel aurait réussi à emprisonner Hel dans… de la glace ? Et Hel se serait réincarnée, et ainsi tué Altheriel à son tour.

- Sauf qu'Altheriel s'est à son tour réincarné, continua Malfoy d'un ton sarcastique. Ils se sont donc une nouvelle fois étripés mutuellement. Une histoire sans fin, comme tu peux l'imaginer, et qui s'est étirée pendant près de cinq cent réincarnations. Puis, tout d'un coup, sans que personne ne comprenne à ce jour exactement pourquoi, Hel et Altheriel ne sont plus réincarnés. On a finit par les oublier, par les prendre pour des légendes, ce qui fit que la prophétie de Serpentard ne fut pas prise au sérieux. Jusqu'à ta naissance à toi et ton frère. Tu peux imaginer le désespoir de tes chers parents quand ils ont découverts que leurs fils chéris étaient destinés à s'entretuer. D'où le sortilège de Fidelitas. A la base, seule votre mémoire génétique commune à toi et à ton frère était protégée par le sortilège… A ton avis, comment se fait-il qu'à chacune de leurs réincarnation, Hel et Altheriel se sont obligatoirement tapés dessus ? Parce qu'à chaque fois, ils sont nés avec tous les souvenirs de leurs vies antérieures. En la scellant grâce au sortilège de Fidelitas, vos parents se sont assurés que vous viviez une vie normale, en tant que frères, et non en tant qu'ennemis mortels dès votre naissance ; en tant qu'Edward et Harry Potter, et non en tant que Hel et Altheriel. Et en décidant de vous séparer après la mort de vos parents, l'Ordre n'a fait que tenter de vous protéger.

- Nous protéger ? Répéta Harry avec colère. Je ne vois pas pourquoi pour cela ils étaient obligés de nous séparer. Ils auraient très bien pu se contenter de sceller notre mémoire. Je vois mal en quoi nous haïr l'un l'autre pendant presque six ans est censé nous protéger !

Les lèvres de son vis-à-vis s'étirèrent en un long sourire mauvais.

- Oh, mais il y a une raison à ça, Potter. Il y a une raison à tout.

Puis, sans rien ajouter d'autre, il tourna des talons et s'éloigna. Mais avant de quitter la pièce, il eut le temps de lâcher :

- A ta place je me méfierais, Potter, et je laisserais mes bons sentiments de Gryffondor au placard. Si ce n'est pas toi qui tue ton frère, c'est lui qui te tuera.


to be continued...