Premièrement, je précise que ce chapitre c'est moi, Quácë, qui l'ai écrit et non pas Mëoi (la pauvre, il ne faudrait pas que vous rouspétiez après elle).
Du coup, il y a tellement, mais alors tellement de choses à dire sur ce chapitre, mais faisons dans le dépouillement et la sobriété (je peux toujours essayer).
Tout d'abord, je tiens vraiment à m'excuser auprès de vous. Je ne saurais vous dire à quel point ça me chagrine d'avoir mis autant de temps avant de poster. C'est un peu couillon (ps. je viens du sud), mais mon hamster a passé l'arme à gauche au début du mois et ça m'a mis un coup au moral. Et on est en train de flipper pour le second qui se retrouve tout seul pour la première fois.
On vous a déjà dit à quel point la solitude nous affectait chez les Nossë Ripper ? Non ?
Vous comprendrez au fur et à mesure que vous découvrirez tout le Clan...
Deuxièmement, qui s'inscrit dans la suite logique des choses, j'ai totalement oublié d'envoyer le chapitre à Catinschka... Et vu que ce n'est pas le nom d'un logiciel hyper-sophistiqué, elle ne peut, malheureusement, pas corriger le tout en 1 seconde. (corrigé le 15/04)
Je vous présente donc la version la plus pure de l'écriture, avec des fautes, des coquilles, des erreurs de syntaxe... je vois que ça vous fait déjà rêver.
Et... il y a tellement de points à aborder, mais je reviendrais dessus à la fin du chapitre pour finir le pamphlet soporifique. (Woaw, je m'épate d'avoir fait autant succin, dans ma tête ça prenait 2 pages...).
Pour l'instant, Enjoy !
Quácë
Chapitre 5
DCFM, PECS et CMER
Quácë fixa intensément son assiette une lueur de défi dans les yeux. Elle arma sa fourchette logée dans sa main droite, puis, s'assurant que les aliments étaient toujours en place, la fourchette plongea en piqué dans une descente fatidique vers les innocents petits pois. Celle-ci rafla une poignée d'entre eux avant qu'elle ne reprenne de la hauteur. Suspendant son couvert dans les airs un bref instant, Quácë entreprit d'amener la précieuse cargaison jusqu'à sa bouche. Elle se mit à rapidement estimer la distance qui la séparait de son but.
10 cm,
5 cm,
plus que 3 cm,
un petit 2 cm...
« Félicitation ! » Vlam
La claque qui venait de s'abattre sur son dos, adressée par un confrère serpentard qui voulait accompagner son compliment par un geste amical, ne tarda pas à déstabiliser le précaire équilibre qui existait entre la fourchette et son contenu.
Quácë regarda tomber les petits pois d'un œil morne alors qu'elle les percevait, chutant dans un ralenti mélodramatique. Ils atteignirent l'assiette avant de rebondir de nouveau dans les airs, prolongeant d'un quart de seconde leur plongeon moins spectaculaire que le précédent, pour finalement se disperser dans l'écuelle roulant on ne sait où. Elle en vit quelques-uns fuir inutilement vers une destinée tout aussi tragique à l'extérieur du plat.
Quácë ressentit la vacuité de son existence, tout aussi vide que sa fourchette.
Voyant subitement tout l'espace qui venait de se dégager, l'esprit meurtrier prit le dessus sur la pragmatique conscience. D'ailleurs ce dernier ne tenait plus en place, prêt à en découdre depuis 8 minutes. HUIT longues minutes que Quácë essayait désespérément de manger, on pouvait d'ores et déjà comptabiliser 23 tentatives ratées, 9 avortées, et un faible pourcentage de 6 réussies, dont 4 recrachées et 1 étranglement.
La jeune Serpentarde posa délicatement sa fourchette auprès de son assiette visuellement saccagée. Elle jugea l'individu qui venait d'être désigné par son esprit comme un indésirable, en train de discuter tranquillement avec son jumeau qui s'était installé à ses côtés pour le déjeuner. Toujours avec la même prestance digne d'une impératrice, la jeune fille se saisit de son couteau, hésita un instant quant à la meilleure façon de le tenir, jouant entre les différentes positions et opta pour la pointe du couteau vers le bas, la lame formant un angle de quatre-vingts degrés avec la partie de sa paume qui suivait l'alignement de l'auriculaire.
Une petite entaille sur le bras ne ferait pas de mal, siffla sournoisement son esprit. Avec une petite moue d'approbation quant à cette réflexion, la Serpentarde abattit le couteau à une vitesse fulgurante.
Un bruit sonore retentit tandis que la lame, qui venait de se planter sauvagement dans la table, fendait les veinures du bois d'une large entaille et que la masse organique qu'elle avait précédemment transpercée se sépara en deux dans une coupure nette.
« Ma pomme... » gémit fébrilement le rescapé.
Dans un reflex instinctif, Lelya avait poussé in extremis le Serpentard hors de la trajectoire du couvert. Le jeune Nossë Ripper avait développé ce genre de pressentiment depuis qu'il côtoyait sa jumelle, ou bien certains des membres de sa famille en général.
Le rescapé pâle comme un mort, n'arrivait pas à concevoir qu'il venait d'éviter une vilaine blessure, pourtant il semblait comprendre qu'on venait d'attenter à sa vie. Face au geste grossier, il entama un mouvement vers la plus jeune pour la réprimander mais un coup d'œil vers la fillette le ravisa. Il déglutit bruyamment.
« Vous... vous pouvez la garder, dit-il en faisant un vague geste de la main vers le fruit tout en reculant. Ravi d'avoir pu converser avec vous. » Lança-t-il à l'attention de Lelya avant de s'évanouir dans la nature la seconde d'après.
Lelya expira bruyamment avant de venir planter ses pupilles noires dans celles de sa sœur.
« Ça y est, t'es devenue folle. T'as failli tuer Arthur !
-C'est qui Arthur ? Demanda négligemment Quácë.
-Que... bordel. Arthur Kent, deuxième année, c'est le gars que t'as attaqué ! Celui qui vient de déguerpir comme un lapin car une psychopathe allait le dépecer.
-Ça prend du temps de dépecer quelqu'un, fit la jeune fille peu convaincue par le choix des mots. Une petite éraflure au niveau du bras, aucun organe vital touché, rien qu'un geste anodin. D'ailleurs, tu savais qu'il n'y avait que 6 organes vitaux ? Il y a d'abord le...
-Danger public ! S'emporta Lelya. Je devrais faire un rapport à Grande sœur, ils sont dans la même promo. Laissa-t-il échapper alors qu'il désespérait de faire entendre raison à son aîné.
La dernière phrase eut le don d'alerter Quácë, qui se mit rapidement sur ses gardes à l'affût du moindre danger et regarda Lelya les yeux écarquillés de stupeur.
-Grande sœur ? Tu es sûr ? Fit-elle fébrile. Inconsciemment tu veux sa mort, non ? Si tu le dis à Grande sœur, elle va venir me chercher par la peau des fesses, m'emmener jusqu'à Arnold et me montrer comment finir le travail.
Lelya plissa des yeux.
-C'est qui Arnold ?
-C'est le gars qui va finir dans une marmite car quelqu'un dans cette famille ne sait pas tenir sa langue.
-Mmh, mouais... Je prends pas le risque. Concéda le benjamin. Par contre, qu'est-ce que tu comptes faire s'il va se plaindre de ton comportement ?
-Bof, on verra. Fit Quácë tout en haussant les épaules, sans y prêter plus d'attention. Je suis pas sûre qu'il est réellement compris ce qui lui arrivait de toute façon.
-J'espère pour toi que t'as raison. Dit Lelya sceptiquement avant d'expirer de soulagement. M'enfin, au moins il est parti. J'en pouvais plus.
Sa sœur lui adressa un sourire sarcastique, se moquant allègrement de la situation.
-Tch, continua son frère dans un souffle rageur. Pourquoi c'est moi qui attire tous les bourges ? Quelqu'un peut me le dire, hein ? D'abord Anthony, puis Arthur, il y même ce quatrième année qui fait froid dans le dos qui m'a salué quand je suis descendu ce matin !
Il lança un regard intense en direction de son aînée, attendant une réponse de sa part qui serait accueillie comme une révélation quasi-mystique, mais celle-ci se contenta d'une œillade, le dévisageant de bas en haut comme s'il remettait en doute l'évidence même de son existence.
-C'est bon, ne dit rien. Je veux pas savoir. » Bougonna-t-il, anéanti dans sa propre estime en constatant que sa sœur considérait ce fait comme faisant partie de sa personne.
« Je vois que vous savez attirer l'attention. » Retentit sèchement une voix dans le dos des jumeaux.
Les deux apprentis serpentards surpris au milieu de leur conversation, échangèrent un regard qui signifiaient qu'ils n'allaient pas s'étendre en commérage avec le nouveau venu.
Ils se retournèrent tous deux et se retrouvèrent face à un jeune homme revêtant les couleurs de Serpentard. Il était grand et élancé, ses cheveux noirs plaqués en arrière dégageant ainsi un haut front. Des lunettes démesurées en forme de plectre lui descendaient jusqu'à ses pommettes, encadrant ses yeux d'une armature rigide, ce qui lui donnait un air impassible. Il porta ses yeux mis-clos sur les deux plus jeunes et les petites ridules qui apparurent aux coins de ses yeux indiquaient que malgré son air apathique, il devait être amusé par la situation.
« J'apprécie les personnes qui savent tirer leur épingle du jeu, débuta le jeune homme d'une voix trop mesurée pour être honnête, mais j'ai cru comprendre que la chance avait beaucoup joué dans cette histoire. Si cela n'avait pas été le cas, vous auriez eu droit à un tout autre discours de notre part. »
Les deux Nossë Ripper n'aimèrent pas du tout ce sous-entendu de menace, que le garçon ne prenait la peine de masquer qu'à moitié. Quácë allait répliquer que l'indésirable pouvait aller se faire cuire un œuf et s'asseoir dessus, mais elle se retint lorsqu'elle vit un insigne épinglé sur sa robe de sorcier. Elle allait peut-être attendre avant de faire une réflexion au Préfet-en-Chef de Serpentard.
« On dit que les plus grands sorciers sont ceux qui ont su faire sourire la chance. Continua-t-il imperturbable alors que ses interlocuteurs le fixaient, entourés par une aura noire ainsi que l'irrésistible envie de l'assommer inscrite sur leur visage. J'espère que votre chance n'ira pas vous jouer des tours. Dit-il tout en leur adressant un sourire sardonique, avant de drastiquement changer de ton et de passer en mode moniteur de colo. Néanmoins, quelle belle façon de débuter l'année ! Et cela serait tout aussi fabuleux que vous puissiez la continuer de la sorte. »
Si à cet instant Quácë faisait un recensement de comment se débarrasser 'définitivement' de ce mec, Lelya préféra se servir de sa plus grande arme : les mots.
« La chance chez nous ne provient pas du hasard, c'est une qualité. »
Quácë étouffa un rire alors qu'elle entonnait dans son esprit un mémorable « Nananère », tandis que le Préfet-en-Chef de leur maison leur offrit un rictus moqueur. Contre toute attente, il semblait les apprécier.
« Marverick ! » Héla une jeune fille qui arrivait à grands pas de l'autre bout de la table.
Dès qu'elle fut à la hauteur du Préfet, elle lui asséna un « N'effraie pas les Premières années ! », avant de complètement l'ignorer et de se tourner vers lesdits premières années, qui étaient restés stoïques face aux plus vieux.
« Regarde à quel point ils sont mignons ! J'adore toujours les petits nouveaux, ils ont l'air tellement confus et déboussolés les premiers jours, comme les jeunes croups qui viennent de quitter les pattes de leurs mères, fit la jeune fille avec un immense sourire. Ah, soupira-t-elle, tellement perdus. »
Malgré la jovialité et la sympathie que la dernière arrivée exprimait tout naturellement pour les deux premières années, ceux-ci la dardèrent elle aussi de leur regard noir de colère tout en lui lançant des éclairs. D'où elle les traitait de 'petits' d'abord, et en plus de ça ils étaient censés être 'confus', 'déboussolés', 'perdus' et 'mignons', eux ?
Quácë la jugea quelques instants du regard et la seule conclusion à laquelle elle parvînt, fut que le caractère extraverti de la jeune fille était dû à ses origines hispaniques. En effet, avec une peau hâlée par un bronzage naturel, de longs cheveux bruns striés de reflets cuivrés et des yeux noirs en amande, la jeune fille était loin de ressembler aux autres élèves qui abordaient, en comparaison, des teints maladifs typiques des Îles britanniques.
Au grand dam des plus jeunes, la Serpentarde reprit de plus belle.
« Néanmoins, bien joué les Kids ! Chantonna-t-elle. Vous avez grave assuré ce matin. Tout le monde à Serpentard sait que vous avez réussi à sécher le cours de Binns sans être pénalisés. Vous avez un peu accompli notre rêve à tous, expira-t-elle rêveusement. »
Et elle continuait en plus ! À présent elle leur servait du 'kids'. Quácë pensa pendant un instant à reprendre son couteau et à renouveler sa toute nouvelle technique pour faire déguerpir les gêneurs, qui avait si bien fonctionné avec Arthur, tandis qu'elle vit du coin de l'œil que son frère était fin prêt à pester comme un putois.
« Olympe ! » Claqua le Préfet la rappelant à l'ordre, tout en l'avertissant silencieusement de modérer ses propos d'un regard sévère. Outre le fait que cela détourna l'attention d'Olympe sur son camarade, cela permis surtout aux jumeaux de souffler un peu, le temps qu'ils puissent calmer leurs nerfs. Quácë fut quand même étonnée de constater que son frère commençait à perdre patience, alors que des deux, il était certainement celui qui supportait le mieux l'attention.
Les deux plus jeunes furent néanmoins distraits par une énorme masse qui venait d'apparaître dans leur champ de vision. C'est avec grossièreté qu'elle leur cacha la lumière de la pièce et qu'ils furent happés dans son ombre.
Ils étudièrent, ébahis, cette montagne de muscles et, cherchant à savoir à quel point ce monstre pouvait être grand, ils en cherchèrent la finitude jusqu'à trouver une tête qu'ils purent enfin dévisager.
« Je les voyais plus impressionnants que ça. » Retentit la voix rocailleuse que cette immense cage thoracique faisait vibrer.
La Montagne était encore un Serpentard venu faire un brin de causette, supposa Quácë d'après les couleurs de la robe de sorcier qu'il essayait tant bien que mal de porter avec dignité. En effet, celle-ci était ridiculement trop petite pour lui et peinait à arriver au niveau de ses genoux.
En fait, Quácë trouva qu'il avait un physique absolument ridicule, il y avait trop de proportions contradictoires qui n'auraient jamais dû se côtoyer sur le même visage.
Il avait une mâchoire trop carrée qu'on aurait dit dessinée à l'équerre tellement les lignes étaient symétriques, et celles-ci finissaient par se rejoindre en un parfait menton qui se terminait par une fossette.
De même, son front était trop carré. Il était tracé de la même façon que la mâchoire, de sorte qu'il semblait que l'on avait tout simplement oublié qu'il fallait prévoir de la place pour les yeux. Problème qui fut résolu grâce à deux minuscules fentes noires qui trônaient sous ses arcades sourcilières, faisant office de fenêtres de vision afin de pouvoir prétendre aux cinq sens. Si bien qu'au lieu de voir le monde à travers la baie vitrée, il se contentait de zieuter par les persiennes. S'il fallait y voir un côté positif à cette erreur d'agencement, on pouvait admettre que cela lui donnait un air souriant en permanence.
Quant au nez, au moins ils ne l'avaient pas raté. Il reliait élégamment les deux hémisphères en une belle ligne droite, que Quácë eut presque envie de nommer Greenwich.
Avant qu'un torticolis ne l'assaille, Quácë stoppa son inspection. Elle avait abandonné l'idée de voir les cheveux du plus grand, car ils étaient vraiment hors de portée, littéralement. Si elle devait estimer sa taille, elle aurait misé sur une fourchette comprise entre 2 mètres 10 et 2 mètres 30.
D'où sa réaction qui semblait tout à fait justifiée suite à la remarque du Colosse, qui fut : « C'est quoi cette réflexion de la part de Montagne de muscle ? On peut pas tous être sous stéroïdes, non plus ! », qu'elle garda une fois de plus pour elle.
« D'ailleurs vous faisiez quoi ? Leur demanda Olympe, tout d'un coup intéressée par le comment du pourquoi de toute cette agitation.
-Hein ? Fit Quácë qui avait loupé le coche.
-On s'est arrêté en chemin pour sauver toute une famille de moineaux en détresse, intervint rapidement Lelya.
-C'était pas une bande de pigeons ? Remarqua son aînée qui aimait faire dans la précision.
-Moitié-moitié, lui concéda son frère.
Ils se jetèrent un coup d'œil et hochèrent respectivement de la tête, confirmant leur toute nouvelle hypothèse comme étant celle la plus proche de la réalité.
-Je vois qu'on fait dans l'humanitaire. » Les nargua Marverick, et la lucidité dans ses yeux prouva aux deux Nossë Ripper qu'il avait déjà deviné toute l'histoire.
Heureusement pour eux, il était quand même LEUR Préfet-en-Chef, et un préfet serpentard qui plus est. Quácë était donc persuadée qu'il allait tenir sa langue de serpent... pour cette fois.
« Que le temps passe vite en si charmante compagnie. Renchérit celui-ci. Je vous suggère de vous dépêcher avant d'être absents à votre second cours de la journée. Prévint-il aux premières années tout en leur indiquant le cadran de sa montre. D'ailleurs ça vaut aussi pour vous deux. Dit-il à l'attention de ses camarades de septième année.
-Mais c'est les derniers beaux jours de l'été, V'ick ! Se plaignit Olympe. Quel gâchis de devoir les passer entre les murs humides de cette vieille bicoque.
Les jumeaux furent surpris, ce n'était pas tous les jours que l'on entendait quelqu'un traiter Poudlard de vieille bâtisse décrépie. Olympe intercepta leurs regards circonspects et se décida à développer pour les plus jeunes qui semblaient avoir du mal à saisir ses paroles :
-Vous comprendrez après sept années à arpenter ces murs... Pour ma part, je suis soulagée d'être enfin arrivée à ma dernière année.
-Ollie ! Fit le surnommé V'ick, qui préférait qu'elle garde ses réflexions pour elle plutôt que de les mettre dans la tête des jeunes années. Tu veux vraiment me faire croire que tu préfères batifoler dehors plutôt que de prouver à Rachel que tu maîtrises mieux l'Étude des runes qu'elle ?
-Mais, très cher, entonna-t-elle d'une voix haut-perchée et de la manière la plus grotesque qu'il lui était donnée de faire, sachez que je n'ai rien à prouver à cette pimbêche. Je suis effectivement celle qui maîtrise le mieux l' 'Art Complexe et Délicat' de la traduction des Runes.
Marverick retenait un mince rictus d'éclore sur ses lèvres, alors que Greenwich semblait à la limite du fou rire et laissait échapper malgré lui, quelques gloussements. La jeune fille reprit enfin sa voix habituelle, qui se fit outrée, les pointant hargneusement du doigt.
-Pour votre gouverne, je ne me suis pas fait les trois dictionnaires de runes et l'Encyclopédie intégrale en sept volumes durant l'été pour des Chocogrenouilles non plus ! »
Quácë ne prêtait plus vraiment attention aux échanges entre les plus vieux, mais ce fut avec soulagement qu'elle les vit partirent vers la grande porte au fur et à mesure qu'ils se querellaient.
« Ah, ils ne changeront jamais c'est deux là.
La voix de Greenwich fit sursauter la plus jeune. Malgré sa taille imposante, il finissait par se fondre dans le décor et on pouvait facilement le confondre avec un pan de mur, ou une colonne dans le cas de la jeune fille.
-À plus les mini-pousses. Salua-t-il tout en agitant la main, ce qui agaça Lelya qui fut décoiffé par la bourrasque d'air qui en avait résulté.
Avant de s'être complètement retourné vers la sortie, le visage de la Montagne sembla s'illuminer sous le coup d'une révélation de dernière seconde.
-Au fait, si vous avez des soucis avec les autres élèves n'hésitez pas à venir me voir. Ils ont tendance à être plus enclin à la conversation quand ils ont affaire avec moi. »
Sur-ce, il leur adressa un large sourire qui lui fendit le visage. Son expression ne faisait aucun doute qu'il se réjouissait déjà à l'idée d'intimider quelques élèves.
« Samuel ! Grouille-toi de bouger ta grande carcasse de Troll ! Héla Olympe à l'autre bout de la Grande Salle.
-Eh, ça c'est particulièrement vexant ! Répondit-il imitant le volume sonore d'Olympe pour qu'elle puisse l'entendre, ce qui fit trembler les tables, bancs, et autres bric-à-brac qui se trouvaient dans la salle.
-Oups, fit-il d'une petite voix tout en se tournant vers les élèves et professeurs qui traînaient encore dans la salle. Désolé. »
Et il se dépêcha de rejoindre ses amis, avant qu'un des professeurs ne le réprimande.
Les jumeaux regardèrent les septièmes années s'éloigner, se retrouvant projeter dans une bulle de silence et de calme.
« Il ressemble à Grand frère. Murmura songeusement Lelya, qui n'avait pas pu se retenir de partager sa pensée avec sa sœur, tout en voulant préserver l'instant de répit qui leur était offert.
Quácë suivit le plus grand du regard, et tandis que la distance grandissait entre eux, elle le vit rapetisser jusqu'à être à la bonne taille.
-Maintenant, oui. »
Après ces quelques instants de flottement, Lelya finit par se reconnecter avec la réalité.
« Par les Parques, c'est qui ces tarés ?! Se retint de s'écrier Lelya, s'étouffant à moitié.
-Au début je croyais que s'était nous, la famille de tarés, songea faiblement Quácë. Mais je commence à croire que ça touche tous les sorciers.
-Il y a quand même un seuil à ne pas dépasser. S'emporta Lelya. T'as vu notre Préfet-en-Chef ? Comment on peut faire plus psychopathe que lui ?
-Au moins il a l'air de se faire respecter. Fit son aînée tout en haussant des épaules.
-Hein ? Mais il a l'air d'un sadique-pervers-psychopathe, mangeur d'enfants et collectionneur d'insectes desséchés mis sous verre accrochés avec des aiguilles plantées dans chaque partie de leur corps...
-Arrête veux-tu, lui somma sa sœur. Je vais avoir envie de créer un fan-club pour le Préfet, et je déteste les activités collectives.
Lelya eut un frisson qui lui parcourut le dos. Parfois il ne comprenait pas la logique de sa sœur.
D'ailleurs, cette dernière se souvint des derniers mots que le Préfet leur avait adressés. Il était peut-être temps d'aller en classe.
-Viens, on devrait partir avant que d'autres personnes ne viennent nous faire la causette. Ordonna l'aînée.
Lelya frissonna de nouveau à l'idée d'une nouvelle conversation et lui répondit un hâtif,
-Je te suis. »
Quácë n'avait plus vraiment faim après autant de déboire, mais tout en se levant du banc, elle aperçut la pomme qui trônait au milieu de la table, le couteau toujours planté dans le bois, droit comme un I. Elle attrapa les deux bouts de pomme avant de se diriger vers les portes de la Grande Salle. Une offrande en échange d'une vie graciée ça ne se refusait pas.
oooOOOooo
« On a quoi maintenant ? S'enquit Quácë alors qu'elle et son frère suivait la multitude de couloirs pour se rendre en cours. Ou plutôt, Quácë comptait sur son jeune frère pour qu'ils les amènent jusqu'à la bonne salle et dans les temps.
-DCFM.
-Hein ?
-DCFM. Retenta Lelya.
-C'est un groupe de musique ? Hasarda Quácë.
-Non, s'exaspéra son frère tout en se tapant la tête avec la paume de sa main dans un geste désespéré. C'est le cours de Défense Contre les Forces du Mal. D.C.F.M. Épela-t-il méthodiquement pour que son aînée comprenne.
-Ah, fit-elle comme s'il s'agissait d'une révélation. Fallait le dire plutôt.
-Comment tu ne peux pas connaître ça ? Tout le monde utilise cette expression !
-C'est pas comme si je faisais attention à ce que disent les gens non plus.
-T'es irrécupérable. Souffla Lelya.
-Pas besoin je suis parfaite. » Lui adressa-t-elle, accompagné d'un clin d'œil et d'un sourire de peste.
Les deux Serpentards tournèrent à l'angle d'un mur pour s'engager dans un nouveau couloir, quand Quácë eut un mauvais pressentiment. L'atmosphère avait changé, quelque chose d'imperceptible se promenait dans les airs, et Quácë n'arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui la gênait.
« Dis-moi, commença-t-elle prudemment. Ce cours-là... DCFM, on le partage avec quelle Maison déjà ?
-Ben, je crois que...
Son frère se stoppa net, laissant mourir la suite de sa phrase qui fut rapidement remplacée par un méli-mélo de mots, qui devint chahut, puis cohue pour finalement aboutir en une véritable pétaudière, alors qu'ils s'aventuraient dans un nouveau couloir.
Ils virent alors la cause de toute cette agitation, ou plutôt les causes. Toute la promotion de première année des sorciers noirs et jaunes était réunie dans le couloir, et ils étaient aussi ordonnés qu'un troupeau de gnomes. Ils avaient formé des petits groupes qui ne cessaient de se défaire et de se reformer selon les humeurs de chacun. Quácë n'avait jamais vu quelque chose d'aussi inconstant.
Elle sentit son frère à ses côtés qui soufflait pour la énième fois, alors qu'il posait ses doigts sur ses tempes luttant contre un mal de crâne naissant.
-J'allais le dire. » Le réconforta Quácë dans un élan de soutien fraternel.
Les serpents restèrent immobiles de longues secondes, évaluant cette foule disparate. Chacun d'eux soufflait en intermittence, ce qui reflétait à quel point ils étaient motivés à se confronter, pour la deuxième fois de la journée, à l'humeur joviale mais surtout candide des Poufsouffles.
Une paire de couettes apparut parmi la cohue des élèves, et se fraya un chemin jusqu'à eux.
Mëoi se précipita vers ses jumeaux, la bouche en cœur prête à leur raconter tout ce qu'ils avaient manqué depuis quelques heures, mais elle fut arrêtée par leur mine déconfite.
Elle leur fit des yeux ronds, farfouillant dans son esprit ce qui pouvait les froisser à ce point. La Poufsouffle eut subitement une idée quant à leur comportement atone.
« Je vous ai cherché partout avant de venir ici, mais vous n'étiez plus dans la Grande Salle. » Tenta-t-elle dans une semi-excuse, qu'elle leur offrit avec un immense sourire.
Ce qui chez elle, signifiait que son excuse était à moitié vraie. Elle avait dû se contenter d'un regard, ou bien avait tout simplement suivi le mouvement de troupeau des Poufsouffles avec une pensée pour son frère et sa sœur.
Voyant le manque de réaction de ses jumeaux, Mëoi ouvrit de nouveau la bouche, mais Quácë qui en avait assez de converser, la stoppa net en lui tendant l'une des moitiés de pomme qu'elle avait en sa possession.
Mëoi ouvrit grands ses yeux devant la nourriture comme hypnotisée. Quácë lui tendit un peu plus le fruit tout en inclinant sa tête, l'air de lui demander ce qu'elle attendait pour prendre le morceau et qu'elle lui en serait reconnaissante si elle pouvait se magner. Ce que sa sœur ne tarda pas à faire, raflant le fruit avant que sa sœur ne change d'avis.
Avant que la Poufsouffle n'ait pu se réjouir de son dernier butin, un de ses confrères arriva le nez en l'air tel un animal suivant une piste et vint reniflant se poster aux côtés de Mëoi. Le jeune homme ouvrit de grands yeux avides devant la pomme, et commença même à se lécher les babines.
« Woaw ! Mëoi, où as-tu eu la pomme ? Je la veux, je la veux ! S'exclama-t-il sans retenue.
-Non, pas touche sale bête ! S'écria instantanément la jeune fille, tout en levant son bras qui tenait la pomme afin de l'éloigner le plus possible du carnassier. C'est ma grande sœur qui me l'a donnée.
-Mais j'ai faim !
-Pas touche à ma nourriture Lulu ! Lança-t-elle menaçante.
Mëoi s'accrocha alors brusquement aux bras de sa sœur.
-Hein Quácë ? Dis-lui que tu veux pas qu'un faible blaireau dans son genre ne touche à ta nourriture. Hein ? Hein ? »
Quácë n'eut pas le temps de répondre que les deux Poufsouffles étaient déjà en train de se chamailler comme des enfants de 3 ans.
Mëoi accrochait fermement le bras de son aînée, cachant ainsi sa pomme de Lulu, qui de son côté, venait d'agripper l'épaule de cette dernière afin de la secouer dans tous les sens pour qu'elle lâche prise. Face à cet assaut, Mëoi passa à la vitesse supérieure et leva son bras valide pour l'agiter vers Lulu, le faisant reculer face à cette nouvelle menace. S'ensuivit un combat acharné où chacun d'eux ripostait à coup de battements de mains, qu'ils brassaient vainement dans le vide, se faisant plus d'air qu'ils ne parvenaient à se toucher.
Lelya regardait les Poufsouffles qui s'éventaient, complètement blasé par ce qui se passait devant lui. Il vit un peu plus loin quelques Poufsouffles curieux qui les fixèrent un court moment, avant de rapidement se détourner de la scène comme si tout cela leur était parfaitement normal.
Même Quácë regardait le spectacle d'un air fasciné. Bien sûr, il y avait une désagréable sensation qui lui remontait le bras, là où sa sœur s'était accrochée et sur lequel elle n'arrêtait pas de tirer, mais le conflit qu'avait engendré la pomme ne lui déplaisait pas.
« Et dire que quelqu'un a failli perdre son bras pour cette pomme. Dit Lelya, plus pour lui-même que pour les autres qui étaient totalement pris par ce qu'ils faisaient.
-Chut, le réprima Quácë. Ne me spoiles pas la fin. »
Voyant qu'il perdait du terrain face à sa jeune camarade, Lulu décida de se replier vers un point stratégique. Il fit un pas sur le côté et vint s'accrocher au bras de Lelya, qui était directement à la droite de Quácë. Lulu leva son regard vers le Serpentard qui s'était statufié sous le choc.
« Dites Madame la grande sœur de Mëoi, vous voulez pas me donner une pomme ? S'il vous plaît ! Supplia Lulu les larmes aux yeux.
-AAAHHH ! S'écria Lelya fou de rage. BAS LES PATTES VIL...
Le son mourut dans sa gorge, alors qu'il vit un homme d'une trentaine d'année qui se frayait tranquillement un chemin parmi les élèves en direction de la salle de cours.
Lelya jeta un regard vers Mëoi, qui elle aussi avait stoppé tout mouvement. Quácë sentit une goutte de sueur perler sur son front, tandis qu'elle vit ses deux jumeaux passer muettement un commun accord. La seconde d'après, ils s'élancèrent tous deux de façon synchrone et foncèrent comme des dératés à la suite du professeur.
Rien ne pouvait arrêter les deux Nossë Ripper qui venaient de voir apparaître des PECS, comme ils en aimaient. Pris dans leur frénésie, ils ne s'étaient pas rendu compte qu'ils entraînaient dans leur sillage leur sœur et un malheureux Poufsouffle qui n'avait pas vu venir le danger, et ceux-ci furent portés à bras-le-corps jusqu'à la salle de classe.
Dépassant comme des fusées la majorité des élèves, Mëoi fut la première à prendre place. Elle choisit le pupitre du premier rang qui faisait immédiatement face au bureau du professeur, Lelya dut se poster à la seconde meilleure place, légèrement décalé vers la droite sur une autre paillasse double. Emportés dans leur élan, Quácë se retrouva à la gauche de Mëoi et Lulu se retrouva à son grand étonnement à devoir partager le bureau avec Lelya.
Il tenta de s'éclipser mais le jeune triplé poussa soudainement le bureau vers la gauche, le rapprochant de sa sœur mais surtout du meilleur axe possible pour passer les prochaines heures. Lulu surpris dans sa tentative de fuite, se rassit brusquement, n'osant plus bouger d'un pouce. Quácë admira la force de Lelya qui semblait décuplée dès qu'il y avait des enjeux qui lui tenaient à cœur. Il venait quand même de déplacer un pupitre avec un Poufsouffle assis dessus, certes le blaireau était tout chétif mais ce n'était pas rien.
D'ailleurs, Quácë remarqua que ledit Poufsouffle n'était pas vraiment à l'aise près du Serpentard. Pourtant, il n'avait rien à craindre, son jeune frère allait être beaucoup trop obnubilé par les PECS pour qu'il ne fasse grand cas de la présence du blaireau.
Le professeur rentra dans la salle et s'installa à son bureau. Ce qui fit froncer les sourcils à Quácë, alors qu'elle ne s'était même pas rendue compte que ses jumeaux avaient réussi à le dépasser dans le couloir.
Elle le vit préparer un peu son espace de travail, réarrangeant ses affaires ici et là, tout en attendant patiemment l'arrivée de ses élèves afin de débuter le cours.
Les deux jumeaux s'étaient penchés l'un vers l'autre, tous deux comme une image renvoyée à travers un miroir. Ils se tenaient appuyés sur leurs coudes, le corps en avant, se rapprochant avec intérêt de leur toute nouvelle trouvaille. Et malgré le fait qu'ils ne prononçaient mots, Quácë devina aisément qu'ils étaient entrés dans une phase de grande discussion interne. Et bien qu'elle ne partageât pas leur lubie, elle ne pouvait s'empêcher de capter par moments, quelques-unes des ondes de lubricité qui émanaient d'eux.
Quácë laissa échapper un lourd soupir, tandis qu'elle posait sa tête dans la paume de sa main, mais le plus loin possible de ces deux énergumènes.
Si elle venait à faire le bilan de cette première demi-journée de rentrée, elle pouvait en conclure que ce n'était pas si fabuleux que ce qu'on lui avait raconté, et surtout, que les rentrées scolaires n'étaient pas faites pour elle.
Tout d'abord à cause du premier cours de l'année, celui pour lequel elle se lèverait chaque semaine durant toute son année scolaire. Ce cours était malheureusement celui de Binns, le pire cours de l'histoire de la magie. D'un côté, cela lui permettrait de finir sa nuit du dimanche soir. Ce qui lui était resté en travers de la gorge par contre, c'était que les quelques malheureux élèves qui n'avaient pas réussi à venir en cours ce matin avaient été en fait, les plus chanceux. Ils n'avaient pas eu à subir le discours plat et insipide, qui était la marque de fabrique de Binns.
D'ailleurs, en parlant de personne qui n'était pas censée être présente ce matin-là, on pouvait dire que son plan machiavélique avait tout simplement tourné court. Le succès n'avait été que partiel. Elle, mais surtout Lelya, avaient eu la chance de ne pas avoir l'insigne horreur de supporter la présence de quelques Serpentards, pour ne pas citer Pamela et une autre fille rousse qui s'était mise en tête de la suivre comme son ombre. Cela les avait réjouis alors qu'ils subissaient, impuissants, l'échec concernant Anthony. Ce dernier avait collé Lelya dès le matin et malgré tous leurs efforts, il avait continué à suivre les jumeaux jusqu'à la salle de classe.
De même, peu de monde était tombé dans le panneau, à l'étonnement de Quácë. C'était même particulièrement étrange, compte tenu du fait que Lelya avait tout naturellement prévenu aucun de ses autres camarades de première année de la légère rectification apportée à l'emploi du temps.
Le dernier qui s'était laissé prendre au piège était Cristóbal, mais de ce qu'elle avait aperçu dudit Serpentard, Quácë n'en retirait aucune fierté.
L'aînée releva les yeux des dalles qu'elle fixait depuis qu'elle était perdue dans ses pensées. Les autres élèves commençaient à affluer dans la salle de classe, et parmi eux se trouvait Pamela. Cette dernière passa devant les triplés, leur lançant un regard haineux, rempli de promesses de vengeance. Ce qui était vain car un seul membre du trio était encore en état de percevoir le monde qui l'entourait, enfin en excluant le professeur bien sûr. À sa suite Quácë vit une chevelure rousse, qui semblait tout aussi remontée que la précédente.
C'est à peu près à ce moment que Quácë se souvint d'un échange qui avait eu lieu près d'eux à l'heure du déjeuner. Si elle se souvenait bien des paroles prononcées et qu'elle remettait le tout dans son contexte, cela lui donnait une histoire tout à fait fascinante.
Mr. Binns avait donc vu deux de ses élèves partirent au pas de course de son cours. Et si au début, Quácë avait cru qu'il ne s'en était pas soucié et qu'il n'avait pas donné suite à leur escapade, ce qui s'était passé par la suite avait été un brin différent. Quácë avait eu raison sur un point, Binns n'était pas vraiment attentif en ce qui concernait ses élèves. Par exemple, il ne s'était pas rendu compte qu'il manquait trois de ses Serpentards à l'appel ce matin-là, ou bien, en voyant ses deux élèves quitter brusquement la salle, il se dit que ces jeunes étaient de plus en plus insolentes. Il fit donc mander un de ses confrères fantômes pour qu'il aille immédiatement reporter ses impertinentes jeunes filles de premières années de Serpentard à Rusard, et que celui-ci se mette à leur recherche.
Ce que fit Rusard fougueux comme aux premiers jours, toujours partant lorsqu'il s'agissait d'attraper les élèves en plein manquement au règlement. Il ne mit pas longtemps avant de mettre la main sur les deux malfaitrices. Malfaitrices qui se trouvèrent être Pamela et sa suivante qui erraient comme des âmes en peine dans les couloirs du château, ne sachant plus où aller, ni où elles se trouvaient. Et puisqu'elles étaient les seules à s'être perdues – excepté Cristóbal que Rusard trouva un peu plus tard lors de sa ronde, et que même lui admis que voir ce gosse se perdre n'était en rien surprenant – toutes leurs excuses passèrent pour justement des excuses et non des raisons valables. Elles s'étaient faites remonter les bretelles, d'abord abruptement par Rusard, puis sèchement par Malfoy et enfin de manière assommante par Binns. Heureusement pour elles, Malfoy convainquit Binns de ne pas leur enlever de points. Clémence qu'il obtint en avançant que l'une d'elles avait été pris de vomissements, qu'elle s'était précipitée vers les toilettes avec son amie pour l'accompagner et qu'elles n'avaient pas su retrouver leur chemin dans les dédales de couloirs, chose commune compte tenu de leur arrivée récente à Poudlard, et que c'était un fait connu que de nombreuses personnes s'y perdaient régulièrement.
Un mince sourire s'étira sur les lèvres de Quácë alors qu'elle essayait de deviner ce qui avait le plus énervé Pamela : de s'être fait incendier pour une chose dont elle n'était pas la responsable, ou bien par le fait qu'elles avaient été confondues avec les jumeaux Nossë Ripper.
D'ailleurs, Quácë se demanda si elles aussi avaient reçu l'amicale visite du Préfet-en-Chef et si tout c'était bien passé. Aux vues du caractère de petite fille gâtée qu'avait constamment Pamela, l'échange avait dû être tendu. Si ça se trouvait, Marverick était venu à la rencontre des jumeaux juste après s'être entretenue avec les deux jeunes filles, et c'est peut-être pour cette raison qu'ils lui avaient semblé si sympathiques...
Ce qui lui fit se rappeler du pourquoi elle avait dû entreprendre un marathon à travers la moitié de Poudlard ce matin-là.
Sa très chère sœur !
Cette chère sœur qui avait rencontré ces chers confrères poufsouffliens. Et parmi ces chers petits, aucun n'était là pour rattraper l'autre, ou en fait si, leur problème était qu'ils avaient tous été là pour en rattraper un autre. C'est ainsi qu'ils s'étaient retrouvés dans ce magnifique lieu nommé la Forêt Interdite.
Pour le coup, Quácë se promit d'y retourner car malgré le fait qu'elle soit interdite, la forêt était un endroit sublime qui fallait à tout prix qu'ils explorent. Surtout qu'elle avait trouvé une merveilleuse créature dont seule la Nature avait le savoir-faire. Une magnifique arachnoïde, aussi imposante qu'elle était agile, aussi féroce qu'elle pouvait être douce, aussi primaire qu'elle savait user de son intelligence. Une merveille de créature qui était à présent partie, à cause de la faiblesse d'âme de ses jumeaux. Sa mère l'aurait comprise elle.
Maintenant qu'elle y pensait, ça n'allait pas être de tout repos de suivre des consignes aussi strictes que ce qu'imposait Poudlard, alors qu'ils avaient été habitués à l'éducation laxiste et décomplexée de leurs parents. Elle allait finir par quérir des conseils auprès de ses grandes sœurs, si les événements poursuivaient en ce sens.
Bref, malgré ce petit accident, ils s'en étaient très bien sortis. Mais pas aussi subtilement qu'elle aurait voulu car… par la barbe de Merlin, pourquoi toute l'école était au courant de leur escapade ?! Ou du moins tous les Serpentards, ceux-là même qui n'avaient cessé de défiler depuis qu'ils étaient rentrés au château pour les féliciter ?! Toutes ces interactions sociales lui avaient filé de l'urticaire. Lui pourrissant aussi son déjeuner au passage.
Enfin, tant que la directrice n'était pas au courant ça lui convenait très bien.
Tout d'un coup, Quácë ressentit que les ondes lubriques de ses complices s'amplifiaient et venaient de plus en plus dans sa direction. Mais par Salazar que se passait-il ?
Troublée dans son introspection par de telles pensées, Quácë se redressa subitement tout en foudroyant ses jumeaux du regard, les sommant de ce fait d'arrêter sur le champ leur activité malsaine.
« Mlle Nossë Ripper, volontaire à ce que je vois. » Retentit une voix grave à travers la salle qui était tout d'un coup bien trop silencieuse aux oreilles de la Serpentarde.
Quácë se figea, n'osant plus bouger comme si le simple fait d'être immobile pouvait effacer sa présence au reste du monde. Priant par la même occasion Merlin, pour que le gentil professeur évoquait non pas sa propre personne mais en réalité sa sœur cadette ou même son frère, peu lui importait.
Se rendant à l'évidence, vu que personne ne prenait la peine de réagir, surtout pas ses jumeaux qui ne faisaient que soupirer en regardant rêveusement leur professeur, Quácë lança une œillade vers ce dernier.
« Allons Mademoiselle, ne soyez pas timide. Rien ne vaut de commencer l'année avec quelques lignes concernant les plus cruelles et sanguinaires créatures qui officient dans les Forces du Mal. » L'encouragea le professeur dont elle ne se rappelait même pas le nom.
Voyant que son élève avait encore du mal à comprendre ce qu'il attendait d'elle, le professeur l'aida un air confiant sur son visage :
« Votre livre intitulé 'Force obscure', page six, deuxième paragraphe.
Quácë fut pour une fois ravie qu'on lui dise quoi faire. Elle inspecta ses différents manuels et ne trouva pas le fameux livre. Son front se plissa d'incompréhension, alors qu'elle était sûre de les avoir tous emportés avec elle.
Le professeur toujours plein d'espoir, indiqua d'un geste de la main un des livres qui trônait sur sa table.
-Celui-là Mademoiselle. À votre gauche, le volume à la couverture marron. »
Tandis qu'elle entendit quelques gloussements qui provenaient du fond de la classe, la Serpentarde regarda dépitée le livre indiqué. Elle avait peut-être l'air d'un manche à balai, et elle pouvait en être un à certains moments, néanmoins elle pouvait proclamer haut et fort que ce livre ne s'intitulait pas « Force obscure ». Méfiante, elle lorgna sur les caractères imprimés qui jonchaient la couverture et se reprit à trois fois pour confirmer ce qu'elle y lisait.
Écrites d'une élégante police gothique qui se réfléchissait en des reflets argentés, les lettres « breF o ce cours » étaient les seuls qui occupaient la fonction de titre.
Quácë resta en chien de faïence face à la charade. Ce n'était pas tant le message qui transparaissait dans le titre qui la chiffonnait, cela tenait plus au fait qu'il n'était pas celui qui était censé être là. Elle se perdit un instant de plus dans l'argenté des caractères. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond avec ces lettres ?
Ayant perdu assez de temps avec les fautes d'édition, Quácë ouvrit le volume et fit défiler les pages jusqu'à trouver celles désignés par le professeur. Heureusement pour elle, une illustration lui rendit la tâche plus aisée.
Elle parcourut la page du doigt jusqu'à trouver la ligne qui l'intéressait, et tandis que la pulpe de son index effleurait l'impression encrée, sa vision se mit à trembler comme si sous son passage les lettres se mettaient à frémir.
« Alors ? Demanda le prof à mi-chemin entre l'impatience et l'indulgence.
Quácë releva sa tête vers l'adulte, sondant son visage pour y deviner une quelconque plaisanterie.
-Vous-voulez que je lise ce paragraphe ?
Il lui adressa un charmant sourire.
-J'en serai tout à fait ravi. »
D'après ce qu'elle pouvait en juger, Quácë trouvait que les lignes qui parsemaient les pages n'avaient aucun sens, mais puisque c'était un livre de magie dans une école de sorciers, peut-être qu'elle faisait fausse route et que tout cela devait avoir une signification qui lui échappait. Elle se lança donc dans une lecture approximative de la première phrase :
« lE loupe des carpetteS AI Espèce traIt pécUniaire Dès… dum a doo dum a da ? » Questionna Quácë indécise, le sourcil levé vers le professeur tout en s'inquiétant d'avoir eu la bonne prononciation.
« Ah ben... que ? Quoi ?! Balbutia-t-il surpris.
-C'est ce qui est écrit. » Se justifia la Serpentarde en voyant le trouble qui s'affichait sur le visage du professeur de DCFM. Pour appuyer ses dires, elle lui tendit son ouvrage tout en y désignant le fameux paragraphe.
Le professeur s'approcha vers le premier rang afin de vérifier le manuel que lui tendait sa jeune élève. Et plus il se rapprochait, plus Quácë ressentait les phéromones de perversion de ses jumeaux qui repartaient de plus belle et... ils avaient totalement raison en fait, c'était de splendides PECS ou ils ne s'appelaient plus Nossë Ripper.
Le professeur resta quelques instants pensif, avant de se tourner vers un élève de Poufsouffle.
« Permettez que je prenne votre manuel. »
La jeune fille qui venait d'être interpellée rougit tout en s'empressant de parvenir à la requête du professeur. Celui-ci vérifia le volume, le comparant à celui qu'il avait en main, et c'est avec une expression embêtée sur le visage qu'il fit le tour des manuels du premier rang. Finalement, il expira de résignation et reporta son regard clair sur ses élèves.
« Je suis dans le regret de vous annoncer que vos livres de Défense Contre les Forces du Mal sont sous l'emprise d'un envoûtement. »
Un silence accueillit cette révélation et le professeur sembla déçu de ne pas avoir de réaction d'étonnement ou d'émerveillement alors qu'il trouvait ça tout à fait fascinant. Il vit par contre quelques mines réjouies que ses élèves Poufsouffles affichaient, au moins ils réagissaient à la nouvelle.
Pour illustrer ses propos, il prit son propre manuel qui n'avait pas était touché par l'ensorcellement, l'ouvrit au hasard et montra ses pages à toute la classe. Quand il fut certain que tous les élèves avaient eu le temps d'examiner le contenu, il prit un livre qui avait été référencé comme 'contaminé' et le plaça aux côtés de son manuel.
La seconde suivante, les élèves virent le livre qui avait été envoûté, frétiller sur place, mais en regardant de plus près ils se rendirent compte que c'était les lettres qui sautillaient d'impatience, et tout d'un coup elles se jetèrent sur la page qui était encore intacte. Tandis que les envahisseuses piétinaient sans ménagement leurs consœurs, celles-ci brillèrent d'une pâle couleur verte avant de se rebiffer contre les nouvelles venues. Leur altercation ressembla à un gribouillis noir, mais bientôt les lettres s'éparpillèrent de nouveau pour s'aligner et reformer les lignes de texte.
« Qu'est-ce qui s'est passé Monsieur ? Questionna un élève.
-Il semblerait qu'elles se sont mises en formation pour une guerre de tranchées. » Répondit-il tout en scrutant les pages qui s'étaient froissées sous la force de la confrontation.
Quácë sentit que la personne qui s'était assise derrière elle, s'activer avec énergie. Elle se retourna et vit Stella, une des élèves de Serpentard. Sa camarade sortait ses livres un par un et les examinait tous. Quácë vit que la plupart des textes étaient désordonnés et avaient pris d'étranges dispositions.
« Tous mes livres sont touchés par l'envoûtement, déclara Stella après son inspection.
-Vous n'avez pas ouvert vos livres ce matin ? Demanda le professeur interloqué à l'ensemble de la classe.
-Nous on était en cours de Vol sur balais, Monsieur. Répondit un Poufsouffle.
-Et les autres ?
-En cours avec Mr. Binns, Monsieur. Fit Stella.
-Ah oui, je vois, concéda leur professeur. Ce bon vieux Mr. Binns. Ça me rappelle la fois où nous conversions tous deux alors qu'on se rendait dans la Grande Salle. Arrivé à destination je me suis rendu compte que j'avais réussi à marcher dans les couloirs tout en dormant. L'adulte s'esclaffa à ce souvenir mais se ressaisit bien vite en voyant que ses élèves restaient de marbre face à son anecdote.
Il maugréa légèrement que les élèves de cette année étaient bien trop sérieux, avant de reprendre.
-Comme vous l'avez déjà deviné, nous sommes donc en présence d'un sort. Et dire que le Professeur de Sortilège n'est pas encore arrivé...
Le professeur prit une pose pensive, croisant ses bars sur son torse et faisant ressortir les muscles de ses bras. Mëoi et Lelya se mirent à ronronner au même moment.
-Chers élèves l'heure est grave. Annonça le professeur d'un ton solennel. Nous débuterons notre premier cours par une activité pratique. Tenez-vous prêt car ensemble nous combattrons les Forces du Mal ! Fit-il avec fougue.
Les élèves levèrent la tête d'incompréhension et la plupart lâchèrent un perplexe « Hein ? ».
Le professeur laissa échapper un soupir.
-Vous avez une demi-heure pour trouver un contre-sort afin d'annuler les effets de l'envoûtement et permettre la restauration de ce qui était là avant le sortilège. Lorsque vous aurez trouvé comment le défaire, nous partirons en chasse pour combattre les Forces Obscures qui ont essayé de s'emparer des recoins de notre havre de paix et de magie.
-Monsieur, interpella timidement une des Poufsouffles, on a pas tout saisi.
-Ceux qui n'auront pas trouvé de contre-sort resteront à copier des versions de textes non bafoués par le sortilège afin de restaurer les écrits. En revanche, ceux qui auront le contre-sort pourront parcourir le château de Poudlard pour trouver chaque mot qui a été ensorcelé et en annuler les effets... Le professeur s'arrêta dans un silence théâtral. La demi-heure commence maintenant. »
En une seconde, tous les élèves se mirent à la tâche, farfouillant dans chaque recoin afin de trouver de quoi les aider à résoudre le problème qui se posait à eux. Tous se démenèrent comme des damnés pour avoir la chance de se promener durant les prochaines heures dans le château.
Excepté deux jumeaux qui se consacraient paresseusement à la contemplation des PECS. PECS qui s'étaient tranquillement assis à son bureau.
Quácë de son côté faisait mine de travailler. Elle connaissait déjà le contre-sort, heureusement d'ailleurs, elle ne se risquerait pas à des sortilèges qu'elle ne pouvait défaire, ce serait trop problématique. Par contre, ce qui la préoccupait et l'agaçait profondément, c'était qu'un sort d'aussi faible acabit ait pu prendre des proportions aussi monstrueuses.
« Le prof' de Sort n'est pas encore arrivé ! S'indigna Stella qui s'acharnait sur une page. Comment on va faire demain matin...
-Comment ça demain matin ? La coupa Quácë surprise. Il n'y avait pas grasse mat' ?
L'aînée se retourna vivement vers son frère et se pencha vers lui.
-Lelya ! Psst ! Héla-t-elle le plus discrètement possible et en le pinçant pour avoir son attention. T'as quoi demain matin sur ton emploi du temps ?
Il la regarda ennuyé et lui répondit sèchement : « Ben rien », avant de reprendre son activité favorite.
-Hey Stella, repris Quácë. Tu pourrais me rappeler l'emploi du temps de demain ?
La blonde un peu surprise par l'attitude de sa camarade lui répondit néanmoins.
-Le matin on a Sortilèges et l'après-midi on a Métamorphose.
-T'es sûre ? Insista la Nossë Ripper.
-Oui, archi-sûre. Je l'ai mémorisé dès qu'on a fait un pas dans notre Salle Commune. J'aime être informée rapidement et prévoir le plus tôt possible mon emploi du temps.
Quácë acquiesça et lui glissa un bref merci avant de reprendre place face à son bureau.
Si ce que disait Stella était vrai, alors il ne restait plus qu'une seule possibilité : Quelqu'un était passé avant elle ! Et cela était INACCEPTABLE !
La jeune sorcière ne savait pas qui l'avait doublé sur ce sort, mais il ne pouvait qu'être à Serpentard. Cela expliquait aussi pourquoi le sortilège avait autant mal tourné. D'habitude la durée de vie des lettres était de courte durée, souvent le temps qu'elles se mélangent puis les effets se dissipaient naturellement. Dans leur cas, elles semblaient avoir une espérance de vie largement supérieure à ce qui était coutume, ce qui leur permettait de passer d'une feuille à une autre mais aussi de contaminer les lettres avec qui elles rentraient en contact.
Quácë se massa les tempes tout en réfléchissant. Le point de départ avait été l'emploi du temps qui avait subi deux fois le même sort, ce qui impliquait que son imitateur était de leur promotion. Les plus âgées n'auraient pas mis en péril les points de leur Maison pour une simple farce. Du coup, Quácë élimina son frère, ainsi que Pamela, Léondine et Cristóbal de la liste de ses suspects. Il ne lui restait plus que Stella, Jessica, Anthony – même si elle en doutait fortement –, Marvin et David.
Mais après une telle journée, Quácë se sentit d'humeur généreuse et pour la peine ils allaient tous morfler.
« Il vous reste 2 minutes. Annonça le professeur. Il contempla la salle où tous ses élèves s'évertuaient à trouver la solution, regardant en direction du premier rang, il vit le sourire d'une de ses élèves. Curieux, il se leva et s'approcha des bureaux.
-On a trouvé le contre-sort à ce que je vois. Dit-il tout sourire à Quácë.
-Je crois en effet avoir trouvé une solution aux problèmes, Monsieur.
-C'est parfait. S'extasia-t-il et il dévisagea les triplés. Alors, comme ça vous êtes des Nossë Ripper ! J'enseigne à vos sœurs dans les années supérieures, ce sont des personnes très impliquées en cours. Ajouta-t-il alors qu'il croyait faire un compliment. Pourtant, Quácë vit les regards noirs que s'échangèrent ses jumeaux. Ce qui se traduisait dans leur langage par un approximatif 'Oh les garces'.
-Professeurrrrr, roucoula les deux jumeaux d'une même voix.
-Nous serions enchantés de rester, commença Mëoi
-pour vous aider à restaurer les écrits, finit Lelya.
-Quelle dévotion, j'en suis ravi. Et le professeur leur adressa un immense sourire qui les fit fondre sur place.
-Très bien, tout le monde arrête. Proclama-t-il en haussant le ton pour que tous les élèves puissent l'entendre. La demi-heure est passée. Ceux qui ont trouvé le contre-sort vous pouvez sortir et éradiquer cette menace qui s'est emparée de Poudlard. Montrez à ces mécréants que les élèves qui ont soif d'apprendre et qui ont le goût de l'érudition ne peuvent tolérer un tel affront dans leur école.
À ces mots, la plupart des élèves se précipitèrent vers la sortie, trop heureux de pouvoir passer leur journée à flâner dans Poudlard.
Le professeur se retrouva devant une petite dizaine de personnes.
-Pour les autres, je vous amène de ce pas des textes à recopier. Il leur lança un clin d'œil et la gent féminine, ainsi que Lelya, soupirèrent de béatitude.
Quácë décida qu'il était grand temps pour elle de filer. En deux grandes enjambées, elle atteignit la porte et s'enfuit en laissant derrière elle deux jumeaux qui n'auraient voulu pour rien au monde quitter la salle de classe de sitôt.
OooOOOooo
Épilogue
« Trinquons ! À notre promotion chers camarades Serpentards ! »
Quácë leva pour la troisième fois son verre au-dessus de sa tête, invitant ses congénères à faire de même, tout en imitant le plus naturellement possible les toasts qu'appréciaient les adultes. Elle les avait vus s'adonner à ce genre de prestations sociales à de nombreuses reprises, tant et si bien qu'il lui semblait que toutes occasions leur semblaient propices à ce genre de démonstration d'allégresse.
D'habitude, elle aurait trouvé ça totalement exagéré, futile et même déplacé de faire autant de bruit pour si peu, mais aujourd'hui elle faisait une exception dans ses habitudes.
Ce soir, elle se vengeait.
« WATIBULLE ! » s'exclama Léondine, tirant Quácë de ses pensées.
La Nossë Ripper regarda la Serpentarde rousse qui avait pris plusieurs teintes depuis le début de la soirée. La peau sensible de celle-ci ne cessait de s'empourprer, réagissant excessivement au breuvage que Quácë leur servait généreusement depuis le début du repas.
La jeune Serpentarde plissa des yeux, contrariée par ce qui lui faisait face. Si la peau de sa camarade continuait à faire des siennes, leur imposture serait prématurément découverte. Quácë la regarda blasée de savoir que tout pouvait tomber à l'eau avant qu'elle ne soit proprement vengée, si quiconque faisait une réflexion quant aux teintes cramoisies de la jeune fille. Malgré tout, elle reprit un sourire de jeune innocente et lui resservit un verre.
Dès qu'ils avaient pris place à la table des Serpentards dans la Grande Salle, Quácë avait poliment proposé de faire le service les invitant tous à goûter au jus de citrouille, jus qui avait été revisité par sa jumelle.
Chose qui lui profitait grandement puisqu'elle ne pouvait être incriminée si la supercherie était révélée, alors qu'elle prenait une satisfaction malsaine à exécuter ses discrètes représailles.
Dès lors, elle avait adopté la technique des toasts qui facilitait de façon inattendue sa tâche. Ses camarades avaient suivi le mouvement aussi naturellement que des moutons de Panurge. Quácë avait été surprise que ceux-ci ne se posent pas de questions ou ne se montrent pas plus méfiants à son égard. Elle avait même été stupéfaite que Pamela, et Léondine dans la foulée, acceptent ses verres alors qu'elles semblaient si contrariées un peu plus tôt dans l'après-midi. Mais l'aînée des triplés avait rapidement compris que la Serpentarde supposait que le fait qu'elle la serve signifiait qu'elle essayait de se faire pardonner auprès d'elle. En réalisant cela, Quácë s'était dit qu'en d'autres circonstances Pamela aurait eu droit à un pichet de jus de citrouille déversé sur sa tête, mais elle décida de s'en tenir au plan.
Après quelques tournées où Quácë était aux aguets telle une mère poule vérifiant systématiquement que tous les gobelets étaient remplis à ras-bord, elle regardait à présent ses camarades se resservir de leur propre-chef, tandis qu'elle et son frère sirotaient tranquillement leur jus d'orange qui était passé inaperçu. D'ailleurs, d'après le regard de Lelya qui s'égarait régulièrement vers la table des professeurs, celui-ci pensait encore aux fameux PECS, les Pectoraux Estimés Carrément Sexy.
Pauvre professeur, il ne savait pas ce qui l'attendait, ainsi que les trois-quarts de la salle.
Quácë lorgna vers les Poufsouffles, trouvant sa sœur qui trépignait joyeusement sur son banc. L'aînée secoua discrètement du chef se retenant de sourire. D'abord les lettres qui se permettaient une petite balade à travers Poudlard et maintenant une sauterie à retardement, décidément les Nossë Ripper étaient doués pour les CMER, l'anagramme qu'ils avaient choisie pour désigner, au fil des années, toutes leurs Conneries de Masses à Effets à Retardement.
~FIN~
Et pour le coup, j'ai eu une demande spéciale de la correctrice en chef, (enfin plutôt un gage pour avoir autant tardé). Voilà pour toi Catchinska, t'as intérêt à apprécier car j'ai quand même un peu honte de l'avoir inclus dans la fic - .- '
Encore une fois désolé pour l'attente, mais j'espère que cela n'a en rien gâché votre lecture.
On se revoit pour le prochain chapitre avec l'arrivée tant attendue du Professeur de Sortilège, s'il n'est pas en retard comme mes publications -.-'
Quácë
