Lorsqu'il fut assez près pour que son souffle brûlant se dépose sur le visage de Yuya, Yamashita empoigna celui-ci par le col à deux mains et le souleva de terre, l'étranglant presque. D'aussi près, le plus jeune pouvait voir le grain de sa peau, sentir son haleine fruitée par un dentifrice à la fraise, discerner les fins vaisseaux écarlates ayant éclaté dans le blanc de ses yeux à cause de la fureur. Sa mâchoire était si contractée qu'il devait avoir mal et ses dents grinçaient presque à force d'être serrées.
- Pi... tu m'é... trangle... articula-t-il péniblement en posant les mains sur les siennes dans une tentative désespérée pour défaire l'étreinte de fer de son leader.
Étreinte qui se relâcha juste le temps que Tomohisa le repose, puis une formidable douleur lui vrilla la mâchoire et l'arrière du crâne : son aîné venait de lui asséner un grand coup de poing qui avait fait valser sa tête en arrière et heurter le mur sans douceur. La même chose se produisit trois fois encore, avant que Ryo, ébahi de ce déchainement de violence, ne se jette sur lui pour le ceinturer et l'éloigner du plus jeune, qui glissa le long du mur, sonné, alors qu'un filet de sang poissait ses cheveux
- Pi, arrête ! Tu vas le blesser pour de bon ! essaya de le raisonner Nishikido en luttant littéralement contre lui, soufflant sous l'effort.
- Laisse-moi, Ryo ! C'est tout ce qu'il mérite, ce petit enfoiré d'homophobe de mes deux !
Entendre ces mots vulgaires dans la bouche du toujours poli Yamapi était choquant pour Kato et Koyama, qui s'étaient précipités vers Yuya toujours à terre. Il était vraiment fou de rage. Jamais ils ne l'avaient vu dans cet état et c'était vraiment effrayant.
- Je sais qu'il le mérite, mais tu joue son jeu en réagissant comme ça !
- Je vais le tuer ! cria encore Yamashita en tentant de frapper Tegoshi de son pied.
- Ben justement, évite, sinon tu vas te retrouver en taule et même pas dans ton pays ! Arrête ça, bordel !
- Ryo, essaye d'emmener Pi ailleurs, il faut qu'on soigne Tego, fit Keiichiro.
- Je fais... ce que je peux... dit celui-ci avec difficulté car son meilleur ami se débattait toujours pour tenter de lui échapper et atteindre leur cadet. Faudrait... l'assommer...
- J'ai mieux, déclara alors l'aîné du groupe en se relevant pour s'approcher de leur leader et lui murmura à l'oreille : Je comprends ta réaction, mais calmes-toi, sinon je t'embrasse devant tout le monde...
Étrangement, l'effet fut immédiat, car Yamashita ne tenait pas à ce que tout le monde apprenne qu'il était gay et en couple avec Koyama depuis plusieurs mois. Fusillant le cadet d'un regard qui n'aurait rien eu à envier à un assassin, il se laissa emmener par un Nishikido aussi stupéfait que perplexe.
Resté seul avec Shige et Yuya, Keiichiro soupira et s'accroupit de nouveau auprès de ce dernier, qui semblait au seuil de l'inconscience tant son regard était flou.
- Tesshi, tu m'entends ? demanda-t-il en remerciant l'aménagement de l'hôtel qui leur avait permis d'avoir une salle à manger particulière, évitant ainsi l'attroupement que n'aurait pas manqué de créer cette bagarre dans le cas contraire.
Un vague hochement de tête lui répondit et le plus âgé envoya son second cadet chercher une trousse à pharmacie.
- Je suis désolé de t'avoir vendu à Pi, mais tu avais mérité cette leçon, dit-il encore une fois Kato parti. Même si j'avoue qu'il y a vraiment été fort.
Les yeux du plus jeune se fermèrent à demi, comme s'il allait perdre conscience.
- Non non, tu reste avec moi, fit-il en lui donnant de petites tapes sur les joues.
Il continua jusqu'à ce que les paupières reviennent à leur place initiale et que le regard flou redevienne clair.
- Tesshi ?
- Keii... murmura le cadet, dont la lèvre avait éclaté sous les coups de Tomohisa.
- Tu as entendu ce que j'ai dis ?
Un hochement de tête affirmatif lui répondit.
- La réaction de Pi devait te faire réfléchir. Tu sais qu'il ne supporte pas qu'on fasse du mal à un membre du groupe. Et encore, je pense que sa réaction a été minimisée par le fait que Massu sorte avec Sho. Pourquoi tu as fais cette crise ? Si tu avais tenu ta langue, Pi n'aurait rien appris et ne t'aurait pas corrigé.
- J'en... sais rien... C'est... sorti tout seul.
Il y eut un court silence.
- En général, ce genre de comportement est dicté par la jalousie, prit doucement Koyama. Tu es jaloux, Tesshi ? Ca t'ennuie que Massu sorte avec Sho ? Tu préfèrerais l'avoir rien qu'à toi comme avant ? Qu'il continue à ne regarder que toi ?
Le cadet le regarda d'un air hébété, comme si ce que sous-entendait son ami avait du mal à trouver un sens dans son esprit. Lui, jaloux ? De qui ? De Sakurai ? Parce qu'il sortait avec Massu ? C'était ridicule, il aimait les femmes et les homosexuels le dégoûtaient!
- N... Non ! Bien sûr que non, je suis pas jaloux ! se récria-t-il. Qu'il fasse ce qu'il veut, je m'en fiche !
- Hum...
Keiichiro n'ajouta rien, mais il n'en pensait pas moins. Pour lui, Yuya était clairement jaloux, ce qui prouvait non seulement que Takahisa ne le dégoûtait pas bien au contraire, mais aussi qu'il n'était pas si homophobe que ça.
A cet instant, Shige entra, portant ladite trousse à pharmacie, qu'il tendit à son aîné.
- Merci, fit Koyama en s'en emparant.
Il l'ouvrit et en sortit de quoi nettoyer la plaie. Fort heureusement, celle-ci n'était que superficielle et le soin fut vite terminé.
- Allez on monte, tu as besoin de dormir.
- Mais... Pi... il doit me détester.
- Il est certain que, ce soir, il ne te porte pas dans son coeur. Mais je lui parlerais. Tu peux te relever ?
Un nouveau hochement de tête affirmatif et Tegoshi se redressa en prenant appui sur Shige qui s'était approché.
- Au fait, Keii, tu lui as dis quoi, à Pi pour qu'il se calme si vite alors qu'il était fou furieux ? questionna Kato alors que l'ascenseur montait vers leur étage.
- Ah... Heu... C'est un secret.
- Je suis ton meilleur ami...
L'argument était juste.
- OK, je te le dis, mais tu dis rien aux autres.
- Juré.
Il se pencha donc et lui murmura à l'oreille, puis se redressa pour fixer un Shige totalement halluciné.
- Sérieux ? Ah ben la vache, tu parle d'une surprise...
- J'ai ta parole, hein ?
- Oui oui, t'inquiète, confirma le second plus jeune du groupe qui n'en revenait pas.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et tous trois en sortirent.
- Je vais m'occuper de lui, fit alors Keiichiro en souriant, à l'intention de Kato. Va dormir.
- Tu es sûr ?
- Pas de problème. Va.
- OK. Bonne nuit alors.
Sur ce bref échange, Shige entra dans la chambre qu'il partageait avec un Massu absent, puisqu'il dormait tous les soirs dans celle de Sho. Bon et bah après Massu, voilà que Keii et Pi aussi étaient gays et en couple en plus. Décidément, ses amis avaient décidé de lui faire des surprises de taille pendant ce séjour en France.
Passant un bras autour de la taille de Tegoshi et le bras de celui-ci autour de ses épaules, l'aîné du groupe ouvrit la porte comme il pouvait,entra dans la pièce et la referma du pied, avant de déposer son cadet sur son lit.
- Allez, Tesshi, il faut te déshabiller et te coucher, sinon tu ne seras pas en forme pour aller à Disneyland demain.
- Fais pas ça... râla alors Yuya.
- Quoi donc ?
- Me traiter comme un gosse. J'ai vingt-trois ans, pas douze.
- Ce soir, avec la crise que tu as faite à Massu, ce n'est pas mon impression. Allez.
Le plus jeune râla tant et et plus, mais se dirigea vers la salle de bain, faisant soupirer Koyama.
Ce dernier venait de s'allonger simplement sur son lit non défait, lorsque Tegoshi sortir de la pièce carrelée, seulement vêtu d'un boxer et alla se glisser dans le sien? Le cadet resta allongé sur le dos, les yeux sur le plafond et en silence, pendant un bon moment, puis brisa le silence.
- Keii ?
- Hum ?
- Tu crois vraiment que... je suis jaloux ?
Surpris par la question, Koyama tourna la tête vers lui et détailla son profil délicat. Wow... et bien pour qu'il ré-aborde le sujet, c'était que ça devait sérieusement le travailler, le petit.
- Je ne suis pas dans ta tête, Tesshi, mais c'est mon impression, oui.
- Mais ça a aucun sens. Je n'aime pas Massu. Pas comme ça du moins.
- Tu en es certain ?
- Hein ?
- C'est peut-être inconscient. Après tous, vous êtes... étiez presque siamois à force d'être ensemble, tu te tournais vers lui au moindre truc, tu le collais sans arrêt... ce sont des signes.
- A ce point ?
- Tu ne t'en es jamais aperçu ?
- Bah non. Ca me paraissait naturel, parce que...
- Parce que c'était avec Massu, termina Keiichiro en le coupant. Pas vrai ?
- Oui...
- Et comme depuis que tu l'as... repoussé, il tévite et passe son temps avec Sho, tu te sens frustré. Je me trompe ?
Il y eut un court silence.
- Non. Ca m'énerve qu'il me regarde plus.
- Bah voilà. Avec ça, tout me paraît clair : tu aime Massu et tu es jaloux de l'intérêt qu'il porte à Sho.
Un nouveau blanc. Et aucune protestation véhémente.
- Mais comment c'est possible, alors que je l'ai repoussé, dis des horreurs, que j'ai dis à Pi que ça me dégoûtais ? Pourquoi j'aurais fais tout ça si je... si je...
- Si tu l'aimais ? Je ne suis pas psy, donc je ne peux faire que des hypothèses.
- Dis-moi.
- C'est peut-être parce que, quand il t'a embrassé, tu as compris au fond de toi, que tu ne le voyais pas que comme ton meilleur ami. Je pense que ça t'as fais peur et que, inconsciemment, tu as essayé de te protéger de ces sentiments nouveaux en forgeant cette histoire d'aversion pour les homosexuels.
Après cette analyse toute personnelle mais non dénuée de sens, le silence s'éternisa, signe que le plus jeune cogitait cette histoire avec sérieux.
- Ne te prend pas trop la tête si tu n'es sûr de rien, conseilla l'aîné en se redressant. Tu verras comment évoluent les choses en leur présence. Mais ne te focalise pas dessus non plus. Et si tu as besoin de parler, je suis là.
- Merci, Keii...
Le plus âgé se leva, ébouriffa les cheveux de son cadet et se dirigea à son tour vers la salle de bain.
Resté seul, Yuya se releva et alla à la fenêtre regarder les lumières nocturnes de Paris. Ainsi, il serait amoureux de Massu malgré lui ? C'était vrai que le voir proche de Sakurai l'agaçait au plus haut point, mais de là à conclure qu'il l'aimait, c'était exagéré. Massu était un homme, lui aussi et lui, n'était pas gay. Pas du tout même. Il ne pouvait pas être amoureux d'une personne appartenant au même sexe, ça n'avait pas de sens. Il y avait forcément une autre explication... Seulement il avait beau retourner le problème dans tous les sens, il n'en voyait aucune et ça le perturbait.
- Raaaah ! Mais noooon, c'est impossiiiiible ! ragea-t-il à mi voix, en se frottant les cheveux. Je ne suis pas amoureux de lui !
Il refusait cette possibilité. De toutes ses forces. Il ne VOULAIT PAS être amoureux de Massu. Parce que que ça aurait voulu dire trop de choses. Ca aurait signifié qu'il s'était comporté en parfait connard avec lui, alors qu'il l'aimait... et ça il ne pourrait pas le supporter. Voilà pourquoi il ne POUVAIT PAS l'aimer.
Ne voulant pas inquiéter Koyama, il se recoucha et, en entendant la porte s'ouvrir, fit semblant de dormir. Avec l'acuité d'un enfant qui ressent ce que font ses parents non loin de lui, il entendit son ami se coucher et sa respiration se faire peu à peu plus lente et profonde, signe qu'il s'était endormi. Quant à lui, il savait qu'il n'arriverait pas à trouver le sommeil. Trop de choses tournoyaient sans fin dans sa tête et surtout, il pensait déjà au lendemain. Cette journée au parc d'attractions, qu'il avait lui-même supplié Pi de lui accorder, promettait d'être cauchemardesque. Déjà parce que ses rapports avec Massu étaient désormais plus qu'inexistants et qu'il ne saurait plus comment se comporter à son égard et à celui de Sakurai. Ensuite parce qu'après l'altercation violente qu'il avait eue avec Yamapi, celui-ci allait le battre froid et qu'il ne savait pas du tout comment remédier à la situation.
Lorsque le réveil de keiichiro sonna vers sept heures le lendemain matin, Tegoshi, qui venait à peine de s'endormir, ne l'entendit pas. Ignorant ce fait, l'aîné se leva et ouvrit en grand les épais rideaux qui masquaient la fenêtre. Le soleil entra à flots dans la chambre et chatouilla les paupières du plus jeune, ce qui le réveilla.
- Tesshi, debout, c'est l'heure ! clama Koyama, en forme malgré l'heure matinale.
Un grognement de Winnie l'Ourson des cavernes lui répondit.
- Keii, laisse-moi dormir... ronchonna Yuya en tirant la couette chaude et moelleuse par dessus sa tête pour tenter de poursuivre une nuit à peine entamée.
- Pas question, gros paresseux, rigola le plus âgé en envoyant bouler l'édredon au pied du lit. Cette journée, c'est toi qui l'a voulue, alors debout.
Un nouveau grognement et Tegoshi attrapa son oreiller pour le poser sur sa tête. Il ne voulait pas se réveiller et affronter ce qu'il devrait affronter dans la journée, à commencer par lui-même.
Koyama ne partageait pas souvent la chambre de son cadet lorsqu'ils étaient en déplacement, mais il n'était pas certain que ce comportement soit normal.
- Tesshi, ça va ? demanda-t-il, un peu inquiet.
- Nyon... répondit la voix étouffée du concerné.
- Qu'est ce qui se passe ? demanda Keiichiro en prenant place près de lui, avant d'envoyer l'oreiller au même endroit que la couette.
- Je veux pas voir Pi, ni Massu, ni... J'ai peur, répondit le plus jeune en s'asseyant, les cheveux en bataille et les yeux bouffis d'un sommeil qui l'avait fui.
- Pourtant, il faudra bien que tu les affronte tôt ou tard, Tego... dit doucement l'aîné. Les fuir ne fera que retardr l'inévitable et pourrait même empirer les choses.
- Comment les choses pourraient être pires que Massu et Pi qui me détestent ?
- Tomo ne te déteste pas. Il est seulement très déçu. Et ça se comprend.
- Bien sûr que s... Attend, comment tu l'as appelé ?
- ...
- Il n'y a que Ryo-tan qui appelle Pi-chan « Tomo ». Keii, qu'est ce que tu me cache ?
- Rien du tout, qu'est ce que tu imagine...
- Ben justement, j'imagine tout et n'importe quoi là. Je t'ai tout raconté moi. Tout.
- Je peux rien dire, Tesshi, j'ai promis...
- Même à moi ? Tenta encore le cadet en usant de la célèbre moue à laquelle personne ne résistait.
Et encore moins quand son auteur avait les cheveux en vrac et un air à moitié endormi trop chou.
- Je sors avec lui, consentit-il à répondre.
- Heiiiiiiiiin ? Sérieux ? s'exclama Yuya, incrédule, mais bien réveillé cette fois.
-Tu vas dire que je te dégoûte ? Et Tomo aussi ?
- … Nyon... Mais je comprend mieux la réaction de Pi-chan... Il l'a aussi pris pour lui.
- Avoue qu'il y a de quoi, fit remarquer Koyama. Mais pour en revenir à toi, tu viens de donner une preuve supplémentaire.
Interloqué, le cadet le regarda sans comprendre.
- Une preuve de quoi ?
- Que tu n'es pas homophobe. Tu viens d'apprendre que Pi et moi sommes gays aussi et pourtant, tu n'es pas dégoûté.
- Hum...
- va prendre ta douche, je vais plaider ta cause auprès de lui.
- Tu pense que ça va marcher ?
- Je ne sais pas, admit Koyama, il était vraiment remonté contre toi. Mais je vais essayer.
- Merci, Keii. J'ai l'impression de passer mon temps à te dire ça depuis qu'on est là.
- C'est un peu ça. Allez, va.
Lorsque son ami fut entré dans la salle de bain, l'aîné alla frapper à la porte de la chambre que son compagnon partageait, comme toujours, avec son meilleur ami. Ce fut d'ailleurs celui-ci qui vint lui ouvrir, l'air endormi.
- Salut, Keii, bâilla Ryo. T'arrive un peu tôt nan ?
- Je sais, désolé. Mais j'ai besoin de parler à Pi.
- Il dort encore. Ca peut pas attendre ?
- J'ai bien peur que non.
- Alors OK. Entre.
Le plus âgé ne se fit pas prier et emboîta le pas à son cadet, qui s'approcha du lit du leader. Celui-ci, couché sur le côté, avait les cheveux sur les yeux et souriait, son oreiller serré dans ses bras.
- Je sais pas de quoi il rêve, mais ça a l'air sympa, nota Nishikido à moi voix. Ca m'embête de le réveiller. T'es sûr que...
Keiichiro hocha la tête.
- Attend, laisse-moi faire, fit-il en s'asseyant sur le bord du lit. Pi-chan... murmura-t-il à son oreille. C'est le matin...
Il s'abstint de lui caresser tendrement la joue comme il le faisait lorsqu'ils étaient seuls, même si résister était difficile dans la mesure où son Tomo endormi était vraiment très chou.
Le cadet remua d'abord vaguement, puis davantage et ouvrit péniblement les yeux sur un regard encore flou de sommeil.
- Coucou, fit Koyama dans un sourire, en retenant de justesse son habituel « mon cœur ».
- 'Jour, mamonna Yamashita, avant de se redresser lentement en bâillant. 'C'qui's'passe ?
- Prend le temps de te réveiller d'abord, dit encore l'aîné. Je t'expliquerais ensuite.
- Bon et ben puisqu'on peut plus dormir, je vais à la douche, déclara Ryo. Ca fera avancer les choses.
Il fouilla donc sa valise, pour en tirer des vêtements propres et ses affaires de toilette, puis alla s'enfermer dans la salle de bain.
Soulagé de ne plus avoir à jouer la comédie de la simple amitié pendant quelques minutes, le plus âgé se pencha et embrassa tendrement son compagnon.
- Keii, c'est dangereux, objecta dans un murmura un Tomohisa déjà vaincu par ce doux contact. Si Ryo...
- Il est dans la salle de bain et en a pour un bon moment. Ca fait une semaine que je ne peux pas te toucher et que je suis privé de baisers. Ca me manque...
- Ca me manque aussi, mais...
- Je sais. Mais je ne comprend pas pourquoi tu ne veux pas les mettre au courant.
- Tu as bien vu la réaction de Tego, rappela Yamapi avec amertume. Je ne veux pas risquer ça avec les autres.
- Les « autres », c'est seulement Shige et Ryo. Shige était au courant pour Massu et le soutient. Pour Ryo, je ne sais pas, mais en ce qui concerne Tesshi...
- Ne me parle pas de lui, s'il te plait.
- Si. Il faut que tu m'écoute. Il y a eu des faits nouveaux.
- Qu'est ce que tu veux dire ?
Koyama lui raconta alors sa longue conversation avec Yuya et les conclusions qu'ils en avaient tiré tous les deux. Le silence retomba et s'éternisa, inquiétant l'aîné. Il fixa son cadet qui semblait perdu dans ses pensées et n'osa pas en interrompre le cours. Dans l'immédiat. Pourtant, après quelques instants supplémentaires, il l'interpela doucement.
- Tomo ?
- Il se complique vraiment la vie, observa Yamashita à mi voix.
- Ben c'était inconscient. Tu comprend pourquoi je voulais t'expliquer maintenant ? Il a peur que tu le déteste étant donné ta réaction d'hier.
- Quel baka...
- Tu l'as vraiment cogné. Je t'avais jamais vu si enragé. Tu m'as fais peur.
- Je m'en doute. Excuse-moi.
Il y eut un silence pendant lequel le plus âgé caressa les cheveux du plus jeune, puis Keiichiro reprit :
- Il va falloir que tu lui dise que tu ne le déteste pas, parce qu'il refuse de quitter la chambre de peur de te croiser.
- Merde... A ce point ? fit Yamashita en se mordillant la lèvre inférieure.
- Ben tu te serais vu... Tu as effrayé tout le monde... Tu te rend compte que tu essayais encore de le frapper une fois qu'il était à terre ? Ryo a eu du mal à te retenir...
- Quelle image tu dois avoir de moi...
- Baka... dit l'aîné en lui ébouriffant les cheveux.
- Je vais aller lui parler.
- Ca vaut mieux.
- Enfin quand je serais décent, parce que si je sors en boxer, tu vas peut-être pas aimer.
- Non, c'est certain, sourit Koyama. Il n'y a que moi qui ai le droit de te voir en petite tenue.
La fin de la phrase fit rire le cadet.
- Ryo aussi me voit en sous-vêtements, je te signale, lui fit-il remarquer, amusé.
- Mou...
- C'est un peu inévitable quand on partage la même chambre.
- Mou...
- Boude pas, fit Tomohisa avant de l'embrasser.
Keiichiro répondit au baiser avec plaisir puis, pris par l'instant, posa une main sur la nuque de son bien-aimé, l'autre sur sa taille et le fit lentement basculer en arrière sur le lit, le couvrant de baisers fougueux.
- K... Keii... non... il ne faut pas... pas ici... protesta vaguement Yamapi, déjà à moitié vaincu.
- Qu'est ce que ça fait ? questionna l'aîné sans pour autant s'arrêter.
- Il... y a... Ryo... dit-il avant de laisser échapper un léger gémissement. Mmmh...
- C'est ton meilleur ami, Tomo, il est temps qu'il sache pour nous, fit-il avznt de suçoter langoureusement le lobe de son oreille, sachant que ça le rendait fou.
- Aaaaah... Mmmmh... K... Keii, a... arrête... Mmmmh... tenta Yamapi.
- Tu n'es pas crédible, mon cœur, susurra l'aîné tout en parcourant son torse dénudé des mains.
C'est ce moment que choisit Nishikido pour quitter la salle de bains. Découvrant la scène, il se figea, les yeux écarquillés et bouche bée.
- Il se passe quoi là ? C'est quoi ce bordel ? demanda-t-il, plus qu'ébahi.
