Un petit cadeau de noël pour vous Melles ! Biz à toutes !
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« Och, dans quel état est-ce qu'il s'est mis cette fois ? Posez le ici Ronon. » Je dépose doucement McKay sur la civière qui se trouve au beau milieu du Jumper. Beckett secoue la tête, caresse doucement la joue de Rodney et soupire.
J'aime bien Beckett (8). Il m'a libéré de la malédiction : un Runner est un être maudit qui amène destruction et désolation partout où il passe. Beckett libère les gens, c'est ce qu'il est, un libérateur : il les libère de leur peine, de leur douleur, physique mais aussi morale. J'ai cru comprendre que les Atlantes venaient plus souvent voir Beckett que Heightmeyer, la psychiatre, pour se confier à lui, lui demander de l'aide.
Beckett est surtout un bon ami.
« Bon, c'est parti ! » s'exclame Sheppard en s'installant aux commandes. Lorne est à ses côtés et se tourne lui aussi vers le cockpit.
« Ronon, lad, vous pouvez me passer mon sac s'il vous plaît ? » me demande Beckett. Je hoche la tête, lui tend le sac et m'installe sur le banc juste en face de lui. Et de Rodney.
Je regarde Beckett opérer sa « magie vaudou » comme dirait Mckay. Le Jumper fait une brusque embardée. Beckett pousse un juron bien senti, Sheppard s'excuse du bout des lèvres trop occupé à maîtriser le vaisseau. McKay ne dit rien. Je soupire. J'aimerai que McKay parle, là maintenant, qu'il s'insurge contre la manière dont Beckett le traite, contre la Médecine, contre les talents de pilote de Sheppard, qu'il pousse un « squeak !!!! » indigné en découvrant qu'il est nu, que ses joues s'empourprent, entre humiliation et rage. Mais les Dieux de Pégase sont sourds, ou trop occupés pour répondre à mes prières.
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Dès notre arrivée sur Atlantis, l'équipe médicale tombe sur McKay comme une horde de wraiths sur un humain sans défense ! C'est toujours impressionnant à voir, cette activité entre furie et maîtrise. Beckett aboie ses ordres, la civière transportant McKay disparaît dans le couloir. Je fixe un long moment ce dernier jusqu'à ce qu'une main se pose sur mon épaule. Une paire d'yeux verts me fixe, une voix murmure dans mon oreille. Les yeux brillent d'une lueur malicieuse, la voix est amusée.
« Ok, mon ami, je crois que j'ai une autre super idée ! »
J'ai envie de hurler ou de taper dans quelques choses. Dommage que l'équipe de Beckett ne soit pas une horde de wraiths en fin de compte …
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J'ai suivi Sheppard dans ses quartiers et je l'écoute.
« … ce qu'il faut, c'est voir plus grand … »
Je grogne. Je sens que cette nouvelle « super idée » va être un nouveau « super fiasco ». Sheppard se tourne vers moi, il fait une grimace, se passe la main dans les cheveux, soupire et s'assoie près de moi sur le lit.
« Je sais, je sais, pour le moment nos tentatives ne sont pas des plus, disons, satisfaisantes … »
C'est le moins que l'on puisse dire, faire la cours à quelqu'un en le menant sur un lit d'hôpital doit compter parmi les moins « insatisfaisantes » tentatives de séduction qui soit !
« … Mais, héhéhéhéhé … »
Cette fois, je dois bien l'avouer, il me fait peur.
« …. Je crois que je sais ce qu'il faut faire. Il suffisait d'y réfléchir un peu …"
Huuum, ce qui veut dire que tous ce qui a été fait avant est le fruit de longues réflexions « irréfléchies » ?
« …. C'était évident pourtant : nous parlons de McKay, et qui McKay aime-t-il ? Lui-même. Donc, il suffit d'organiser un petit rendez vous et que vous lui parliez de lui, de ce qu'il aime, je ne sais pas, vous lui parlez, euh, de science … »
Là, Sheppard s'arrête net, me regarde bizarrement, se gratte le menton et secoue la tête.
« Enfin, » reprend t-il, « des trucs pas trop compliqués, comme par exemple, par exemple … » Il cherche un moment puis s'écrie : « la gravité ! Ca c'est facile et puis, vous pouvez aussi lui parlez de musique, surtout Dvořák il adore … »
Je hausse un sourcil, il marque un nouvel arrêt et se passe la main dans les cheveux. « Euh, non, peut-être pas Dvořák, hum, sauf que parler de Céline Dion … bof, bof. »
Je pourrais me vexer mais je suis un peu trop crevé pour ça. Il a de la chance parce que mon envie de frapper quelque chose me démange toujours autant. Et il n'y a rien de pire qu'une démangeaison que l'on ne peut pas soulager, n'est-ce pas ?
« Yep, » continue Sheppard, « science, musique et bonne bouffe, je suis sûr que c'est le trio gagnant. » Il me jette un petit regard désolé et je trouve que sa joue ressemble de plus en plus à un punching-ball et … Oh. Gravité, musique et … Ohooooo.
« Ouiiiiiiiiii ! »
Mon cri de victoire surprend Sheppard qui manque de tomber du lit. Je me mets à rire et le serre dans mes bras.
« Merci ! Je sais comment faire ! »
« Hu …. Ah, bah, oui, cool … »
Sheppard a ce petit air ahuri sur le visage. Celui qui fait fondre les Grandes Prêtresses et autres futurs et ex-ascensionnées que nous rencontrons lors de nos missions, son air de petit garçon perdu, un peu simplet qui fait fondre la gente féminine. Son air « bébé phoque perdu sur la banquise » selon McKay.
J'ignore ce qu'est un bébé phoque mais je me demande s'ils ont aussi ce toupet de cheveux noirs en bataille sur la tête. Drôle d'animal. Quoiqu'il en soit, je me lève et sors en laissant derrière moi le bébé phoque d'Atlantis, trop bête pour lui qu'il n'y ait aucune Ancienne dans le coin …
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Je vérifie une dernière fois mon équipement. Bien, tous est prêt. J'ai vérifié auprès de Beckett, McKay va bien, il est réveillé et va passer la nuit à l'infirmerie en observation. Parfait. Je prends une large inspiration et je sors de mes quartiers, direction l'infirmerie.
Cette fois, ça va marcher, je le sais. Sinon, il y a toujours un punching-ball dans la salle d'entraînement, ou mieux, un ou deux marines qui y traînent.
Ou Sheppard en dernier recours.
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L'infirmerie est calme. Cela fait un bon moment qu'il n'y a eut aucune catastrophe sur Atlantis. Je repère le lit sur lequel se trouve McKay. C'est facile, c'est toujours le même : celui qui se trouve le plus éloigné du bureau de Beckett mais qui se trouve dans son champ de vision. Beckett dit que comme ça, il n'a pas à supporter McKay et ses jérémiades mais peut quand même le surveiller.
Je m'arrête en plein milieu de l'infirmerie. Et si je me trompais, une fois encore, et si … NON. Non, non et non. Cette fois, je me lance. J'ai fais face à des wraiths, je peux faire face à l'homme que j'aime, non ?
Evidemment, ce serait plus simple si l'homme en question n'était pas le docteur Rodney McKay.
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McKay ne dort pas, il est penché sur son ordinateur portable et tapote fiévreusement dessus. Il lève les yeux à mon approche.
« Ah, Ronon, » il claque ses doigts en direction de la table basse sur laquelle trônent un pichet et un verre. « Vous pouvez m'apportez un verre d'eau ? Je meurs de soif mais cet idiot de gardiens de moutons pense sans doute qu'un petit séjour dans un torrent en furie suffit à étancher la soif, ah, ça un médecin, tu parles ! » Puis McKay retourne à son clavier et au tapotage furieux.
Je regarde le pichet, puis McKay, puis à nouveau le pichet. Je me penche vers la petite sono et branche l'ampli. La musique s'élève. Je serre le micro comme si je voulais l'étrangler. Mes mains sont moites. Quelques notes de piano en ouverture et je me mets à chanter (9) :
Honey, it's been a long time coming
And I can't stop now
Such a long time running
And I can't stop now
Do you hear my heart beating?
Can you hear the sound?
Cos' I can't help thinking
And I don't look down...
And then I looked up at the sun and I could see
Oh the way that gravity turns for you and me
And then I looked up at the sky and saw the sun
And the way that gravity pulls on everyone
On everyone...
Baby, it's been a long time waiting
Such a long, long time
And I can't stop smiling
No I can't stop now
Do you hear my heart beating?
Oh can you hear that sound?
Cos' I can't help crying
And I won't look down...
And then I looked up at the sun and I could see
Oh the way that gravity turns on you and me
And then I looked up at the sun and saw the sky
And the way that gravity pulls on you and I
On you and I.
Les dernières notes de la chanson meurent doucement et je respire comme si je venais de courir un marathon.
Le silence s'installe. Je suis incapable de regarder McKay. Je remballe la sono et l'ampli.
« Wow ! » s'exclame McKay.
Je lève les yeux vers lui. Wow en effet. Il ignore l'effet qu'il me fait et là, ces yeux sont si bleus, si brillants, ses lèvres ouvertes en un petit O de surprise semblent juste m'inviter à l'embrasser et …
… et je le fais. Je pose mes lèvres sur les siennes. Elles sont chaudes, douces et ont le goût du café (pauvre Beckett qui croit qu'il peut empêcher McKay d'ingurgiter sa ration de caféine). Pendant quelques secondes rien ne se passe et puis soudain, ses lèvres répondent aux miennes. Je suis heureux que Beckett ait décidé de placer McKay le plus loin possible de son bureau parce que je suis certain que le bruit de succion que font nos bouches résonne comme l'explosion d'un réacteur à naquadah dans l'infirmerie vide. Ma langue se lance dans une timide exploration mais est vite doublée de vitesse par celle de McKay. La vision d'un muffin au chocolat fait pop dans ma tête. McKay embrasse comme il mange : il ne mordille pas, il dévore, il ne titille pas, il déchiquette. C'est la première fois que je suis ravi d'être de la nourriture. Et c'est aussi la première que cette idée ne me donne pas envie de fuir ….
« Wow, » fait à nouveau McKay, un peu essoufflé cette fois. « Je n'étais pas sûr, enfin, je pensais bien que … il me semblait que peut-être mais … »
Je le fais taire en l'embrassant à nouveau. Il passe sa main derrière ma nuque m'attirant à lui.
« Hummmmm, j'avais raison, » susurre Rodney, entre deux bouchées (cette fois, il prend le temps de me savourer). « Mais ce n'est pas étonnant, j'ai toujours raison. Seulement, je dois bien dire que certains signaux étaient, euh, je dirais, étranges … »
« Ft'e à Shprd, » est tout ce que je réussis à prononcer entre deux tentatives pour reprendre mon souffle.
« Huuuuu, Sheppard, vraiment. »
Et après ça, aucun d'entre nous n'a plus envie de parler.
TBC
Yesssssssssss, on y est presque, notre Ronnie a enfin avoué son amour, ah, magie du karaoké ! Bon, je peaufine le petit épilogue lémonesque et ce sera la fin de cette fic (et encore un miracle de noël, un !)
(8) Et il n'est pas le seul, snif.
(9) Gravity de Embrace. Vous pouvez trouver de zolies vidéos avec cette non moins zolie chanson sur YouTube, tapotez « Embrace Gravity » et écoutez la douce voix de Ronon chantonner.
