Titre : Try to Escape From Reality
Pairing : Ed/Roy
Rating : T
Disclaimer : Tout appartient à Hiromu Arakawa - Gloire à elle !
M'appartiennent désormais : Yakov, Hebel et Hava Ezra, Néa.
Résumé : Le corps de son frère récupéré, Edward quitte l'armée, sans en aviser qui que ce soit au préalable. Si les raisons sont floues, sa disparition soudaine inquiète non seulement sa proche famille mais également ses amis.
~ /!\ YAOI /!\ ~
Un petit (gros) chapitre en trois parties, et ça sera probablement la même chose pour le suivant.
Bonne lecture :)
Chapitre 7
- POV Roy (Central) -
Trois jours. Cela faisait pas loin de soixante-douze (longues) heures qu'Edward s'était fait la malle, pour ainsi dire. Alphonse, qui ne se doutait pas une seule seconde de ce qu'il s'était passé avec Edward, mettait moins de volonté que moi à faire son travail, chose que je n'aurais jamais cru possible connaissant ma flemme légendaire; j'évitais, depuis ce matin, Maes comme la peste bien que j'étais persuadé qu'il reviendrait tôt ou tard me faire son petit coucou habituel, et Riza me forçait à travailler deux fois plus que d'habitude (et au vu de son état de colère, il était suicidaire d'envisager de s'en plaindre). Inutile de préciser qu'avec ces trois-là sur le dos, le temps passait fichtrement lentement.
J'avais décidé de toute faire pour oublier tout ce qui était arrivé depuis le retour de mission d'Edward et surtout ce qui avait suivi, et vu la montagne de travail qui occupait une bonne partie de bon bureau, je pensais avoir commencé à y arriver tout doucement. Mais ça, c'était avant que Maes se pointe de nouveau sur le pas de ma porte, avec deux grands cafés dans les mains (subtile tentative d'amadouement). Toute ressemblance avec une journée qui avait déjà existé ne pouvait être fortuite, et pourtant... La situation était presque identique à ce qu'il s'était passé il y a deux jours à ceci près que Maes ne souriait pas du tout. Dans d'autres circonstances, j'aurais pu m'en réjouir. Un Maes de trop bonne humeur dès le matin ne pouvait signifier qu'une seule chose : des heures et des heures de blablatages inutiles et bien plus de retard dans mes dossiers. Un Maes de mauvaise humeur, par contre, signifiait une conversation sérieuse sur un thème défini par lui-même et qui ne souffrait d'aucune modification, aucune. Obligé de s'y plier (j'avais osé dire oui une seule fois dans ma vie et je n'avais pas vu le petit astérisque en fin de page qui mentionnait que Maes pouvait faire usage de cette "faiblesse" autant qu'il le voulait). Aujourd'hui non plus donc, je n'y couperais pas. Je déclarais officiellement cette semaine comme étant l'une des plus pourries de toute ma vie.
« On peut causer? »
Hey, salut Maes, ça va bien? La famille, tout ça? Bah écoutes, moi tout baigne, je crois même avoir réussi à dormir plus de deux heures cette nuit. Chouette, non?
« Tu me laisses le choix?
- Judicieuse remarque. »
Tu m'étonnes. Comme si je ne savais pas ce qu'un "On peut causer?" Maesient ne pouvait vraiment signifier. Ce qu'il oubliait cependant dans l'état actuel des choses, c'est que je savais très bien ce qu'il allait me dire, et que malgré tout ce que moi je pourrais avancer en arguments/contre-arguments (je me suis préparé !), il me fera comprendre, bien plus explicitement qu'implicitement d'ailleurs, que j'avais faux sur toute la ligne et je finirais par tomber d'accord avec lui juste pour qu'il me foute la paix (j'en avais pour ainsi dire marre qu'il ait toujours raison !). De ce fait, je pris les devants en changeant un peu la donne; en plus clair, je l'attaquais le premier !
« Ton cadavre, il raconte quoi de beau? »
Il se renfrogna et haussa un sourcil. Oh que non, Maes, ne fais pas celui qui ne comprends pas de quoi je veux parler.
« Il est mort. »
Sans blague? Merde, moi qui pensais rencontrer un peu d'originalité, je suis franchement déçu.
« Ne me prends pas pour un idiot, s'il te plait. Je pensais que tu voulais mon avis sur la question, et je n'ai pas spécialement eu le temps de t'en faire part.
- Vrai. Tu veux des précisions sur le dossier, j'imagine? »
Ah moins que tu veuilles que je devine tout ...
« Toutes les infos que tu pourrais me donner pourraient être utiles, en effet. »
Je sentais qu'il avait envie de m'envoyer chier. Je le voyais dans ses yeux. Mais je pense qu'il avait aussi compris que ce n'était pas franchement le jour (la semaine, il faudra que je lui fasse un topo sur le sujet) pour me titiller sur ce dont il voulait absolument parler avec moi.
« En fait, nous n'avons rien. »
...
« Rien, comme ... ?
- Rien. »
Tout cela m'a l'air foutrement passionnant. Et me rappelait par ailleurs une autre affaire, étrangement ...
« Allons bon, comment est-il mort? Il s'est fait tirer dessus?
- Non.
- Blessure par arme blanche?
- Non.
- Il s'est fait tabasser jusqu'à ce que mort s'en suive?
- Non. »
Nos conversations atteignent des sommets en ce moment.
« Il est donc mort par l'opération du Saint Esprit? Fantastique. »
Maes se renfrogna plus encore. Oui, je me foutais de sa gueule ouvertement, mais sans rire, ce cas était juste une vaste blague, non?
« On doit réaliser une autopsie dans les jours à venir, mais aucune trace de blessure quelconque, ni de traces de lutte, ni rien. Son corps est parfaitement clean. Mais il est mort. »
Je me retenais de regarder l'heure sur ma montre. Tout cela était d'un ennui ...
« Arrêt cardiaque.
- On y a pensé, figures-toi. Le mec avait fait des examens médicaux pour un autre problème quelque jours plus tôt et il était en parfaite santé ! »
Moi, hier soir, je suis allé me promener tranquillement avant d'aller me bourrer la gueule dans le bar le plus proche, et je suis rentré chez moi après avoir essayé de draguer une femme (une petite blonde absolument charmante) qui a fini par me gifler. Je lui fais la liste du nombre d'accidents que j'aurais pu avoir ou de maladies que j'aurais pu attraper?
Non, mauvaise idée. Pas envie de me prendre la tête avec lui. Pas aujourd'hui.
« Bon, hé bien ... Bonne chance ! »
Je préférais rester sur la touche sur ce coup là. J'avais moi-même des affaires en attente de traitement, et même si du travail supplémentaire dans l'immédiat ne pouvait me faire que du bien, je ne voulais pas donner à Maes une raison de plus de m'emmerder (il en avait déjà bien assez).
« Merci, je savais que je pouvais compter sur toi. » fit-il d'un ton sarcastique
Oh mais je t'en prie, c'est toujours un plaisir.
Je replongeais la tête la première dans mon dossier, en faisant tout bonnement comme s'il n'était pas assis en face de moi. Cela étant, c'était pour ainsi dire plus facile à dire qu'à faire. Je n'aimais déjà pas beaucoup travailler, il fallait bien l'avouer, mais voir ainsi quelqu'un épier le moindre de mes faits et gestes, j'appréciais encore moins. J'avais envie de lui dire de retourner à son propre bureau. Et pourtant, une autre partie de moi-même se souvenait que Maes était mon meilleur pote. Qu'il avait, de ma part en tout cas, déjà tout vu et tout entendu, alors je savais que quoi que je lui dise, il se conduira comme il l'avait toujours fait, c'est à dire en me traitant d'idiot, mais en me soutenant.
Tandis que je me faisais cette constatation, Maes balaya soudainement l'ensemble de mon bureau du regard, et surtout du bordel qui y régnait en maître absolu. Que cherchait-il, je me le demandais. Il sembla l'avoir trouvé après quelques secondes (alors que moi je cherchais toujours le stylo que j'avais égaré il y avait pas une heure de cela). Je suivis son regard du mien pour le voir s'attarder sur le coin gauche de mon bureau, sur lequel traînaient encore les trois bouquins d'Edward et sa lettre de démission. Quoi? C'était encore là, ça? Que je sois obligé de garder l'enveloppe passe encore, les archives, tout ça, mais les livres? Scheska devait très certainement attendre leur retour, et je me giflais intérieurement de ne pas être déjà allé les rendre à son propriétaire.
« Dis-moi. »
Ah tiens, Maes remettait ça.
« Havoc et Hawkeye. Depuis quand ils sortent ensemble? »
Je relevais la tête et fronçais les sourcils. J'avais cru comprendre un truc, mais je n'étais pas sûr ...
« Pardon?
- Oui, je les aient vus s'embrasser dans le parc, hier. »
Première nouvelle ! C'était donc ça, les mains baladeuses de Jean d'hier? Je haussais les épaules, ils sont bien assez grands pour faire ce qu'ils veulent. Je répondais de manière évasive en reportant mon attention sur mon rapport.
« Aucune idée, je savais même pas qu'ils étaient en couple.
- ... Ce n'est pas interdit, ce genre de chose, au sein de l'armée? Demanda mon soi-disant meilleur ami avant de grimacer, ayant probablement pensé avoir dit une connerie
- Hum, c'était peut-être le cas, il y a longtemps, mais je ne crois pas aujourd'hui que ça pose réellement de problème. De toute façon, je ne pense pas que ce soit le vieux Grumman qui viendra nous faire chier avec ça; fis-je le plus distraitement possible
- C'est tout de même surprenant. De la part d'Havoc, je veux dire. »
Ah bon? Moi c'était plutôt du côté de Riza que ça m'étonnais. Faudra d'ailleurs que je pense à demander à Jean si elle dormait vraiment avec un flingue sous l'oreiller.
« Pas vraiment. Il n'a jamais caché préférer les blonds. »
Je signais le rapport que je venais de finir de lire avant de le reposer sur la pile des travaux finis qui grandissait à vue d'œil. Dans un même mouvement, je reprenais un autre rapport et je croisais les yeux de Maes au passage qui me regardait encore de manière singulière. Quoi? Il se passe quoi, encore?
« Tu veux dire... Les blondes?
- Oui, les blondes, c'est ce que je viens de dire. Souviens-toi, il avait failli sortir avec la petite sœur Armstrong. (1)
- Les blondes ... » répéta-t-il pour lui même
Fait gaffe Maes, t'as le disque qui commence à rayer.
Semblant reprendre un peu contenance, il se pencha sur mon bureau et piqua l'un des bouquins d'Edward. Et voilà, la trêve aura été de très courte durée. Qu'ai-je fait au bon dieu pour mériter ça?!
« Sur quoi portait ses recherches?
- Pas la moindre idée. »
J'avais volontairement tourné la tranche des livres vers l'extérieur afin de ne pas tenter ma curiosité. Il y a avait pour ma santé mentale un trop grand pourcentage de chance qu'ils aient un rapport avec l'endroit où il se trouvait en ce moment même et ce qu'il comptait y faire. Nous avions cependant (enfin, surtout moi) déjà tiré un trait là-dessus, alors qu'importe si le savoir était important ou non.
« Tu n'as pas l'intention de m'en parler, n'est-ce pas? »
Je relevais la tête une nouvelle fois. Bonjour les heures supplémentaires que je vais devoir me taper s'il m'interrompait de la sorte toutes les deux minutes.
« Quoi donc?
- Du fait qu'il t'ait embrassé. »
Je clignais des yeux. Bon sang ...
« Il n'y a rien à dire de plus. On parlait, il m'a embrassé, je l'ai repoussé. Point barre. »
Maes sembla comprendre que si je ne voulais pas en parler, c'était justement parce que je n'étais pas prêt pour en assumer une quelconque explication. J'avais aimé ça, et j'en redemandais presque. Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi? Je n'avais jamais pensé à lui en ce sens, et tout un tas de chose me revenaient en mémoire version film d'époque dans lequel je prenais conscience de certaines paroles ou même certains gestes que nous avons pu avoir l'un envers l'autre qui prenait finalement un sens. Enfin, qui pourraient prendre un sens. Qui pourraient éventuellement (éventuellement, hein) signifier autre chose que ce à quoi on pouvait s'attendre au premier abord.
« Tu n'es pas honnête avec toi-même. Tu es sûr que tu ne veux pas en parler?
- Et pour dire quoi? Je te signale au passage que tu ne m'as toujours pas fait part de la petite discussion que vous avez eu toi et lui. Parce que pour autant que je sache, c'est ce qui a été le déclencheur de ce qu'il s'est passé après. Alors? »
Et là, surprise. Maes ne répondit pas. Merde, je n'étais pas à ce point curieux de savoir ce qu'il s'était passé dans la tête d'Edward pour qu'il en vienne à me faire ça, mais savoir que mon meilleur ami taisait la chose me rendait vraiment perplexe.
Quant à sa question ... Non, je ne voulais pas en parler. Ou plutôt si, mais il y avait tellement de choses à dire que je ne savais pas du tout par quoi commencer. Je décidais donc, une fois de plus, de me taire. J'avais vaguement besoin de faire le point sur moi-même avant d'envisager d'en faire part à qui que ce soit, même à Maes. Je détournais la tête, mettant fin à cet échange qui n'avancera pas tant que nous ne mettrons pas tous deux cartes sur table.
« Alphonse a pris la route du Sud afin de le chercher. »
Je sais, merci.
« J'ai appris que tu lui avait refilé une mission dans ce coin-là, volontairement. »
Pas eu le choix, après le scandale qu'il m'avait fait hier. C'est qu'ils ont la voix qui porte, les frangins. Il était repassé à mon bureau en fin de journée, pour savoir si on avait eu du nouveau concernant son frère, et n'avais pas spécialement apprécié qu'on ne lui révèle pas la teneur de nos maigres informations dès qu'on les avait eues. Je sais que je devais mettre ça sur le compte de son état de stress avancé (qui ne le serait pas en pareille situation?), mais sa manière relativement rude de me le faire comprendre m'avait particulièrement agacé. Et pour une raison inconnue, voir le cadet Elric traîner dans mes pattes ne m'enchantait guère. J'avais donc accepté de le laisser partir, en lui confiant toutefois une tâche que j'espérais qu'il n'oublierait pas.
Pendant que Maes parlait (et qu'il n'attendait, Dieu merci, visiblement aucune réponse de ma part), il tourna les pages du livre qu'il tenait sur ses genoux. Je ne savais pas s'il le faisait exprès, mais la tranche du livre était toujours cachée à mes yeux et je sentais soudainement impatient et frustré car je savais que Maes allait me faire un topo de sa lecture, ce dont je n'étais toujours pas certain d'avoir véritablement envie ou non. Et tout ce que je tentais volontairement de ne pas savoir, il va se faire un malin plaisir de me le balancer en pleine poire. Il n'avait encore rien dit que je sentais la colère monter en moi. Contre moi-même, contre Edward, et même contre la Terre entière, pas moins que ça.
« Euh ... Roy?
- M'oui? »
Il me mit le bouquin sous le nez sans mon consentement. Intrigué à mon tour, je pris le livre en main avant d'analyser les deux pages que j'avais sous les yeux, l'idée de m'énerver contre cet idiot s'étant envolée. Passé la surprise et surtout l'incompréhension, la curiosité reprenait le dessus. Maes de son côté se précipita sur un second livre tandis que je retournais le premier dans tous les sens, tournant les pages, essayant de comprendre quelque chose, n'importe quoi.
« C'est quoi ce truc? »
Maes me tendit le second livre.
« Je pense que ceci pourra répondre à ta question. »
Effectivement. C'était pour ainsi dire parfaitement clair. Le premier livre était dans une langue que nous ne connaissions pas, mais le second était totalement compréhensible.
« ... Aerugo? »
Je dois bien admettre que ça avait le mérite d'attiser mon intérêt. Pourquoi Edward faisait-il des recherches sur nos voisins? Je retournais encore et encore le premier volume dans les mains, l'ouvrais pour voir ce qu'il contenait, n'en comprenait pas un traitre mot et le refermais tout aussi sec.
« Étonnant ... » fis-je doucement, en reposant les livres sur mon bureau, sans toutefois les quitter des yeux.
Mais rien de vraiment perturbant. Je veux dire, Edward était du genre à prendre un bouquin au pif et à le lire même s'il ne l'intéressait pas (il finissait toujours par s'y intéressé d'une manière ou d'une autre). Bon, il est vrai que trois livres d'un coup, ça faisait sans doute un peu beaucoup pour n'être qu'une lecture purement désintéressée. Mais qu'importe, cela n'avait rien de grave en soi. La soif de connaissance d'Edward dans tout un tas de domaines différents me surprendra décidément toujours. Je soupirais, Maes avait de nouveau fait toute une montagne pour pas grand-chose. Quel idiot, celui-ci. Non, je m'étais seulement fait avoir par son enthousiasme, rien à voir avec l'intérêt que je portais au dit-blondinet.
« Et sinon, tu n'as pas du travail? Non pas que tu me déranges, hein ... » dis-je, en replongeant la tête dans le dossier en cours. Un rapport particulièrement ennuyeux, soit dit en passant.
- Si, justement, j'allais y aller. Et après quelques secondes de réflexions. Tu m'accompagnes? On nous demande d'enquêter à l'épicerie, pour en savoir un peu plus au sujet de mon cadavre. »
A cette demande, je me remémorais ma conversation avec Edward. Il n'avait pas dit de connerie, mo... le blondinet, rester coincé dans mon bureau me pesait parfois. C'était donc avec un entrain non dissimulé que j'acceptais l'offre particulièrement alléchante de mon meilleur ami pour mettre le nez dehors.
Je me levais donc, prenant ma veste sous le bras, et me retournais vers lui. Oh, avant que j'oublie. Je retournais rapidement à mon bureau y inscrire un petit mot pour mon major préféré, ça ne lui évitera pas les envies de meurtres sur ma personne, mais au moins, elle ne remuera pas ciel et terre pour me mettre la main dessus. Puis je suivis Maes sortant de la pièce.
« Allons-y. »
Pendant que nous redescendions les étages pour nous rendre à l'entrée du bâtiment, Maes me fit un rapide résumé de la situation actuelle. Et quand il me disait que son dossier ne comportait absolument rien, il ne mentait pas. Même moi, qui n'étais pas spécialement un expert dans le domaine, je trouvais ça relativement louche. Un mec mort dans l'une des rues les plus animées de Central, et aucune trace de blessure d'aucune sorte, voilà qui pourrait créer une panique sans nom si cela venait à se répéter. Mais il était inutile de porter des conclusions trop hâtives tant qu'une autopsie en bon et due forme n'aura pas été faite sur le corps de la victime.
Un véhicule nous attendait déjà en bas de l'immeuble et nous nous y engouffrèrent rapidement, deux autres collègues de Maes nous y attendaient de pieds ferme. Leur visage grave me marqua, bien que je ne prenais pas le cas à la légère. Maes semblait dans son élément puisqu'il parlait avec eux presque comme il le faisait avec moi. J'écoutais d'une oreille distraite, bien qu'attentive. Ça me faisait du bien, mine de rien, de faire autre chose que de la paperasse, j'avais presque l'impression de me sentir plus utile. Non pas que ce que je faisais en règle générale était dénué d'intérêt, non, mais ça avait le mérite de changer mes habitudes.
Nous arrivions rapidement dans la rue concernée. Il n'était pas difficile de la discernée des autres, malgré qu'un jour complet se soit passé, puisque l'épicerie était encore interdite d'accès à quiconque voudrait jouer les curieux. Les curieux en question attendaient néanmoins derrière la barrière de sécurité érigée par la police militaire et miraient tout ce beau monde comme s'il s'agissait d'un spectacle de rue. Un garde relevant la barrière, nous nous dirigions vers les lieux de l'incident, si on pouvait le nommer comme tel. Je discernais autour de moi des agents de police questionner des gens aux alentours, très certainement afin de leur demander s'ils avaient vu quelque chose au sujet de cet homme. J'imagine qu'avec un dossier aussi maigre, la moindre donnée sera un bon début. Une trace sur le sol marquait avec précision dans quel état le pauvre homme avait été retrouvé, et la netteté de l'endroit démontrait parfaitement qu'aucune goutte de sang n'avait été versé. La mort fut, semble-t-elle, proprement rapide. Je baladais mon regard ci-et-là sans savoir quoi faire en vérité, tous les autres hommes semblaient déjà bien actifs dans leur travail. Maes revint vers moi après quelques minutes, ce qui me permit de détourner les yeux de la marque de l'homme qui faisait tout de même froid dans le dos. Je plaignais le pauvre propriétaire de l'épicerie qui devra la regarder chaque matin et chaque soir avant que le temps ne fasse son effet et ne l'efface complètement.
« Il y a eu deux témoins. Commença mon meilleur ami. Nous sommes en train de les interroger afin d'obtenir plus de détails.
- Bonne chose. Vous avez appris quoi, pour le moment? »
Maes fronça les sourcils, signe qu'il réfléchissait et analysait en même temps ce qu'il disait.
« Jeffrey Miller, qu'il s'appelait. Il était très tôt, la ruelle était presque déserte, mais la femme que tu vois là-bas; dit-il en pointant vaguement d'une main la personne en question; passait par là pour se rendre à son travail, de l'autre côté de la rue, comme tous les jours, quand elle a vu l'homme tout simplement s'effondrer. A peine le temps de l'apercevoir, il semblait cependant chercher quelque chose, dans la petite ruelle située juste à côté, mais il n'a pas fait un pas qu'il était déjà par terre. Elle s'est précipitée vers lui pour l'aider, mais il était visiblement déjà trop tard. Il est probablement mort avant même qu'il ne touche le sol.
- Je vois. Et le second témoin?
- Même déclaration. D'après ses états de service, il était dans la police depuis près de cinq ans, et il avait été affecté dans ce quartier dans lequel il faisait des rondes régulières. Rien d'anormal à signaler dans son dossier personnel, il vivait seul dans la banlieue est et faisait son travail correctement.
- Et la ruelle dans laquelle il semblait se diriger?
- Tellement clean qu'on pourrait croire qu'une tornade y soit passé. »
Je m'y dirigeais silencieusement, Maes sur les talons.
« Au faite, pourquoi c'est l'armée qui s'y colle, sur cette enquête? Ils ne sont pas assez compétents dans la police?
- Nous avons reçu des directives, ordre du Généralissime. »
Je me retournais vers lui, l'interrogeant du regard.
«Oui, je sais, on se pose aussi des questions, dans notre service.
- Allons bon. Si encore ce pauvre malheureux s'était fait assassiné, j'aurais pu comprendre, mais là ... Y'a pas de cinglé en liberté à Central en ce moment, n'est-ce pas? demandais-je en me posant réellement la question.
- Pas que je sache.
- D'autant plus étonnant dans ce cas ... »
Un petit tour sur moi-même et je constatais qu'effectivement, la ruelle était nickel. Pas un bout de papier qui traînait par terre, ni quoi que ce soit d'autre d'ailleurs. Aucun impact de balle sur les murs, pas une goutte de sang, le néant le plus total. Inutile de s'attarder ici, nous n'allions rien trouver, c'était certain.
« Tu en pense quoi ? me demanda Maes
- Difficile à dire, je serais tenté de te dire d'attendre patiemment que la même chose se reproduise mais … Un mort de plus sur les bras, ça ne serait bien évidement pas une bonne chose pour nous.
- Clairement. Il ne nous reste plus qu'à patienter jusqu'à l'autopsie, dans ce cas.
- Je ne vois rien d'autre à faire dans l'immédiat. On rentre? »
Maes acquiesça silencieusement d'un coup de tête. Nous repartions en sens inverse, les policiers remballant le bazar scientifique, les deux militaires nous ayant accompagnés finissant de discuter avec les témoins, les curieux déçus de n'avoir pas pu en apprendre plus sur notre présence dans cette ruelle.
Je regardais ma montre, il n'était que onze heures.
- POV Alphonse (Dublith) -
J'étais sorti du bureau absolument scandalisé et profondément énervé. Il se prenait pour qui, le Général? Il me sous-estimait grandement s'il pensait que j'allais obéir bien sagement comme l'un de tous les toutous qui lui léchaient les bottes à longueur de journée. Il avait passé trop de temps au soleil, celui-là, ce n'était pas possible autrement. De la rétention d'information, à moi, le frère du dispa... Le frangin d'Ed ! Sans blagues, j'étais très, très énervé ! Ils avaient attendu un jour de plus avant d'enfin consentir à me dévoiler cette information qui allait peut-être m'aider à retrouver mon frère, et je ne savais pas si je devais m'en inquiéter ou au contraire paraître heureux d'en savoir un peu plus à ce sujet. Je me promettais par ailleurs de faire payer Ed très cher pour avoir osé nous faire ce coup-là, peu importe la raison. Était-il devenu débile ou quoi? Avec une lettre comme celle qu'il m'avait laissée, il était impossible que je reste bien sagement à attendre son retour comme un idiot. Il était vrai que nos rencontres étaient devenues moins nombreuses qu'avant. Il passait quelques fois à la maison pour repartir tout aussi sec. Mais il devait savoir que j'avais une sainte horreur qu'il me cache des choses. Quel frère débile. Maintenant que j'y pensais, c'est vrai qu'il m'avait paru relativement distant ces derniers temps, et si je ne l'avais pas dit au Général, c'est parce que je savais que cela n'avait aucun rapport direct avec l'armée. Nous nous étions installés ensemble très rapidement avec Winry, il était vrai, et Ed semblait heureux pour nous. Mais si tout le monde n'avait rien décelé, son regard m'avait pourtant crié une sourde angoisse pour laquelle je n'avais pas su mettre de mot. J'aurais dû lui en parler, l'obliger à me dire ce qui le tracassait car il était clair que quelque chose n'allait pas chez lui, et je culpabilisais aujourd'hui d'avoir fait preuve d'égoïsme et de n'avoir pensé qu'à moi.
Visiblement, mon idiot de frère avait pris la route du Sud, mais pour se rentre où? En rentrant chez moi pour prendre quelques affaires, je croisais le regard remplis d'inquiétude de Winry. Et elle n'avait décidément pas besoin de ça. Je lui fis rapidement part des dernières données que Mustang avait bien voulu ... Enfin, que je lui avais obligé à me communiquer tandis qu'elle serrait plus encore dans sa main, la lettre d'Edward qu'elle avait eu du mal à quitter. Elle était sujette depuis la lecture de cet maudit courrier à une certaine anxiété que je n'arrivais, malgré moi, pas à calmer. Je savais pourquoi, précisément. Même potentiellement en colère contre lui, je n'en restais pas moins incroyablement inquiet. Parce qu'Edward et moi avions toujours été très proches; car nous avons toujours tout partagés ensemble, il ne m'a jamais rien caché je le sais, pas après tout ce qu'il a du faire pour moi, même s'il pense encore que s'il n'avait pas pris la décision de faire revivre notre mère en premier lieu, rien de tout ça ne serait jamais arrivé. Il gardera à jamais la culpabilité de m'avoir fait du mal, à moi plus qu'à lui, même s'il sait que je suis aujourd'hui bien au-dessus de ça, comme ça a d'ailleurs toujours été le cas.
Je ne pouvais pas croire une seconde qu'il soit parti ainsi, la gueule enfarinée, sans en demander son reste et plus encore, sans m'en même m'en faire part. Que lui est-il arrivé? Que diable était-il en train de se passer? Mince, je n'aimais décidément pas ça ! Peu importe comment j'analysais la chose, toutes ces simagrées de lui ressemblaient vraiment pas ! Sa signature était pourtant authentique, je n'avais moi-même mis aucune objection là-dessus. Mais tel que l'avais fait remarqué le Colonel Hugues, sa montre était portée disparue, tout comme lui, et cela me rendait relativement perplexe. Sans compter cette fameuse lettre, si différente de celle que nous avions tout deux reçu Winry et moi. Pourquoi? Où se situait le mensonge et où se situait la vérité? Est-ce qu'il est possible que quelqu'un l'ait obligé à la signer, cette lettre? Parce que s'il l'avait paraphée de sa main, pourquoi me mentir dans ce cas? Ce n'était pas normal. Rien n'était normal dans cette histoire. Je ne comprenais pas, et je n'aimais pas ça. Mince !
Je décidais donc de me rendre dans le sud à mon tour. J'avais besoin de savoir, il fallait que je sache ! Je devais absolument retrouver sa trace coute que coute. Nous sommes frères, il ne pouvait rien me cacher. Winry avait tout d'abord voulue m'accompagner, mais je refusais. La vie sur les chemins, ce n'était pas pour elle, et son travail ne pouvait pas le lui permettre. Je partais donc seul, accompagné de mon inquiétude. Le Sud, c'était vaste. Je préférais donc de ce fait me diriger dans les endroits que j'avais déjà visités afin de gagner du temps. Rush Valley, Dublith, la Cité du Sud. Il me fallait faire vite avant de perdre sa trace définitivement, parce que je refusais de croire que c'était peut-être déjà trop tard pour ça. Puisque s'il y avait bien une chose dont j'étais absolument certain dans cette histoire, c'était qu'il n'avait nullement la moindre intention de me tenir au courant de quoi que ce soit. Aucune chance, connaissant cet imbécile.
Mustang s'était senti obligé de me filer de quoi m'occuper au QG su Sud car, soi-disant, il n'avait aucun droit de me laisser faire ce que je voulais sous ses ordres. Non, mais de qui se moquait-il? Ed avait toujours fait ce qu'il avait voulu de ce côté-là, et on ne lui avait jamais fait la moindre petite remarque à ce sujet !
En attendant, j'attendais le prochain train en partance pour Dublith, depuis la gare de Rush Valley, dans laquelle j'avais rapidement fait le tour sans croiser qui que ce soit qui avait pu voir mon frère.
Cela faisait si longtemps que je n'ai pas vu notre maître que malgré les circonstances, j'étais content d'avoir la possibilité de lui rendre une petite visite.
J'arrivais quelques temps plus tard, sous un soleil radieux, tel que ça pouvait souvent être le cas dans cette partie du pays à cette période de l'année. Je connaissais le chemin alors je ne perdis pas la moindre minute pour me diriger à pas rapides vers la boucherie des Curtis. Je n'y rencontrais malheureusement que Mason qui avait pris l'habitude de garder la boutique quand mon maître et son mari étaient absents. En quelques minutes de nouvelles fraiches, j'apprenais qu'ils étaient partis se recueillir au cimetière, chose qu'Izumi avait repris l'habitude de faire depuis qu'elle avait compris ne pas avoir tué son enfant une seconde fois. Mason m'informa qu'ils ne restaient rarement longtemps absents dans ces cas-là, aussi je décidais de faire le tour du quartier, non sans en ressentir une certaine nostalgie. C'est que nous en avions passé du temps ici. C'est étrange, rien n'avait changé. Les années ont beau faire de sacrés dégâts sur nos personnes, c'est comme si, en revenant ici, le temps s'était arrêté. Je soupirais. Depuis quand n'avais-je pas voyagé avec Edward? Ca me manquais, et certainement plus encore alors qu'il était celui que je devais à présent chercher. La dernière fois que je l'avais vu, il m'avait semblé plus réservé que jamais, prenant de mes nouvelles mais répondant très évasivement alors que j'essayais de prendre des siennes. Cela aurait dû décidément me mettre la puce à l'oreille, que mauvais frère je fais ...
Levant les yeux au ciel, cela devait faire une bonne demi-heure que je tournais en rond, aussi je décidais de retourner à la boucherie. Je croisais Mason sur le chemin, qui me souhaita bon retour à Central tout en me disant de ne pas m'inquiéter pour Edward, bien qu'il me demandait de lui en coller une bonne pour me rendre volontairement aussi soucieux. Je ricanais et cela me fit un bien fou, un peu de légèreté ne pouvait pas faire de mal.
J'entrais dans une boutique et Sig se tenait derrière le comptoir. D'un coup de tête, et après une embrassade digne du Lieutenant-Colonel Armstrong, il me désigna la salle du fond, dans laquelle je retrouvais mon maître. Elle se leva en me voyant, l'air inquiet. Cette fois-ci, Ed, t'es vraiment dans la merde.
« Alphonse ... Mason m'a vaguement expliqué. C'est quoi, cette histoire?
- Si je savais, je ne serais pas là, vous pensez bien ... »
Et me voilà à réexpliqué ma présence ici, et l'absence de mon frère. A la fin de mon récit, Izumi me fit un regard peiné.
« Je suis désolée de ne pas pouvoir t'aider, mais je n'ai pas vu Edward depuis la dernière fois. Je ne sais pas où il est. »
Je le savais, bien sûr. Dans quelle dimension existante serait-il venu ici, pour y faire Dieu seul savait quoi? J'avais cependant espéré, l'espace de quelques instants ...
« Pourrais-je vous demander de me prévenir, si jamais vous le croisez? Je dois à me rendre à Est City, mais je rentre à Central dans la foulée. »
« Compte sur moi. »
Si Est City était bien sa destination finale, c'est très certainement l'endroit où je serais le plus à même de retrouver sa trace. Mais il fallait que je fasse vite, ne pouvant et ne voulant laisser Winry seule trop longtemps.
Bien, il ne me reste plus qu'à rejoindre le QG Sud rapidement, y refourguer les papiers que le Général m'avait demandé d'apporter, pour pouvoir ensuite rechercher la moindre petite trace de mon frère.
Je repris le chemin en sens inverse, pressant l'allure afin de rejoindre la gare, quand un cri d'effroi me stoppa dans mon élan.
- POV Général (Roy - Central) -
Roy, café en main, était adossé à l'une des larges fenêtres de la cafétéria du QG, semble-t-il pensif. En réalité, en plus de l'être effectivement, il était particulièrement fatigué. Rien d'étonnant à cela. En plus d'avoir constamment à l'esprit un nombre incalculable de chose dont un blondinet caractériel manquant à l'appel ; une partie de ses pensées étaient occupées par la nouvelle affaire de Central qui en une journée à peine avait déjà fait le tour de la ville, créant une panique dans l'immédiat non justifiée.
« Vous n'avez pas l'air dans votre assiette, Général de Bridage. »
Roy sursauta vivement à cette entrée en matière et plus encore à la personne qui avait prononcé ces mots.
« Généralissime. »
Il s'apprêta à effectuer le salut militaire habituel quand il se souvient presque au dernier moment qu'il tenait toujours sa tasse de café dans sa main et se dépêcha d'en changer avant de se rendre ridicule.
« Repos, Mustang. Repos. »
Roy se détendit donc et posa le mug sur une table avant de faire autre chose de passablement débile avec. Grumman se tourna de nouveau vers lui.
« Belle journée, n'est-ce pas ?
- Oui, effectivement. »
Même un Roy semblant broyer du noir ne pouvait qu'être que d'accord avec cet état de fait.
« Vous enquêtez en compagnie du Colonel Hugues sur la mort de Miller, d'après ce qu'on m'a dit. Avez-vous du nouveau?
- Au vu du peu d'informations que nous possédons, on ne peut pas dire que nous sommes prêts de savoir ce qu'il s'est passé exactement dans cette ruelle, j'en ai bien peur.
- Je vois. Nous avons eu des échos concernant la difficulté rencontrée, ce n'est pas un cas que nous voyons tous les jours.
- En effet, nous attendons le rapport d'autopsie qui ne devrait pas tarder avant de continuer d'enquêter. Il est peut-être tout simplement mort d'une maladie quelconque, nous n'en savons rien.
- Veuillez me tenir au courant des résultats, dès que vous en avez l'occasion. »
L'intérêt soudain d'une affaire comme celle-ci par le Généralissime en personne laissa Roy passablement interloqué. Puis sembla se réveiller d'un très long sommeil, il se souvient d'une chose capitale qu'il avait toujours bes... envie ! Envie ... de lui demander.
« Puis-je vous poser une question ? »
- Je vous en prie. »
Roy se demanda vaguement comment le questionner sur ce sujet de la manière la plus évasive possible.
« Vous avez accepté la demande de départ du Lieutenant-Colonel Elric. Pourquoi ? »
Grumman se retourna doucement vers la fenêtre et pris visiblement très sérieusement la question.
« Edward Elric a émis le souhait de quitter l'armée pour des raisons sommes toutes légitimes. Outre ses recherches, j'estimais que ce pauvre garçon a déjà bien assez vu d'atrocités pour avoir le droit de s'en éloigner durant un temps. C'est donc tout naturellement que j'ai accédé à sa requête. »
Roy tiqua à l'une des remarques.
« Durant un temps ? A-t' il fait part d'un éventuel retour ? Au sein de l'armée ?
- C'est possible. »
Roy ne comprenait pas.
« Pourquoi quitter l'armée dans ces conditions ? S'il avait besoin de l'éloigner pour des recherches, il aurait pu simplement demander à prendre un congé sans solde, ou que sais-je d'autre encore ? Plutôt que d'en arriver à une telle extrémité.
- Sans doute. Même si, comme vous le laissez sous-entendre, il y aurait une autre décision qui aurait motivé son départ, je me devais de prendre en compte toutes les données que j'avais en ma possession. Il m'a soumis une requête, et quelle qu'elle soit après analyse, elle me paraissait justifiée, alors je l'ai acceptée. »
Grumman se retourna vers un Roy qui commençait très sérieusement à douter des paroles qu'il venait de prononcer.
« Vous ne semblez pas vous satisfaire de ma réponse. »
Roy eut un sourire de circonstance. Clairement, ça ne lui plaisait pas.
« Il me semble y avoir comme un problème à ce sujet, effectivement. Nous pensons, mon équipe et moi-même, que même s'il a également donné cette justification à son frère pour confirmer son départ, qu'il n'en est rien en réalité. Edward est très proche d'Alphonse, il n'aurait jamais pris l'initiative d'une telle décision sans lui en avoir fait part au préalable.
- Il y a parfois des décisions difficiles à prendre, vous êtes bien placé pour le savoir. N'est-ce pas, Général de Bridage ?
- ... »
Roy avait parfaitement conscience de ce que signifiait véritablement cette phrase. Effectivement, il avait dû prendre dans sa vie, un nombre incalculable de décisions, dont il regrettait aujourd'hui certaines conséquences. Quand Grumman songea qu'il avait certainement terminé avec cet interrogatoire, Roy le surpris, bien décidé à aller au fond de ses pensées, quitte à se faire réprimander pour sa curiosité.
« Permission de parler librement ? »
Grumman fronça les sourcils et Roy soutient son regard. Le Généralissime songeait en cet instant au meilleur moyen de le remettre à sa place sans paraître trop dur et Roy estima qu'il n'en avait que faire d'aller trop loin, si ça pouvait lui fournir une réponse convenable à au moins l'une de ses interrogations.
« Que vous a-t' il dit, exactement ? »
- C'est une information que je ne peux pas vous communiquer, ni à vous, ni à son frère.
- Vraiment ? Et pour quelle raison ?
- Il me l'a fait promettre, je respecterais sa décision.
- Mais, vous êtes le Généralissime, ne pouvais-vous pas prendre en considération qu'il y a peut-être des gens inquiets pour lui? Si vous savez quelque chose d'important, vous dev...
- Tel que je viens de vous le dire, je ne peu...
- Bien sûr que vous le pouvez ! Êtes-vous au moins conscient de m'avoir retiré un membre très important de mon équipe sans même m'avoir deman...
- Vous frisez l'insubordination, Mustang. »
L'air clairement mauvais de Roy et son soudain haussement de ton eurent rapidement raison de la patience du Généralissime qui estima qu'une fine barrière venait d'être franchise.
« Veuillez m'excuser ... »
Il se détendit puis se décolla de la fenêtre. Qu'est-ce qui lui prenait ... ?
« Ne vous en faites pas. Je comprends parfaitement votre point de vue, mais vous ne devez pas vous en faire pour lui. Et puis, Edward Elric reviendra certainement bien plus tôt que vous ne le pensez. »
Puis sans que Roy ait eu le temps de lui poser plus de questions concernant cette dernière phrase pour le moins mystérieuse, Grumman quitta la pièce, ses deux gardes du corps sur les talons.
Pourquoi diable Roy avait-il encore mis le cas Edward Elric sur le tapis au risque de se faire taper sur les doigts, il se le demandait. Il avait beau essayer de ne pas s'en soucier outre mesure, force est de constater que cette histoire le touchait bien plus qu'il était seulement capable de l'admettre.
(1) Premier anime, épisode 37
