The red moon
Résumé : Cinq ans ont passé depuis la bataille entre les Cullen et les Volturi. Mais alors que les habitants de Fork pensaient enfin pouvoir vivre tranquillement, une série d'événements va rapidement les faire déchanter…
Disclaimer : les personnages appartiennent à Stéphanie Meyer, sauf certains qui viennent tout droit de ma propre imagination débridée.
Remarque : Cette fanfiction met en scène des relations amoureuses entre hommes, donc si cela ne vous plait pas, passez votre chemin.
NdA Salut tout le monde !
Voila le nouveau chapitre de ma fanfic!^^ Je sais que je vous ai fais attendre et je m'en excuse, mais la période d'examen approche et je dois réviser. Jusqu'à fin juin, je publierais dès que je pourrais, mais ne vous attendez pas à un chapitre par semaine. ^^ Enfin, pas de panique, il n'est pas question que j'abandonne ma fanfiction!
PS : Je remercie grandement celles qui m'ont laissé une review et qui n'ont pas de compte (à qui je n'ai donc pas pu envoyé de mp). J'ai beaucoup apprécié vos commentaires. Ils m'ont fait très plaisir ;D J'espère que la suite vous plaira ^^
Maintenant, place à l'histoire ;)
Chapitre 7
- Un peu de silence s'il vous plait, ordonna Ciaran en tapant du poing sur la table à plusieurs reprises comme un juge l'aurait fait avec son marteau.
Les conversations diminuèrent d'intensité un instant avant de reprendre de plus belle.
Caïus jeta un regard amusé au protecteur sur l'estrade, se délectant de son incapacité à obtenir le calme tout en songeant que lui l'aurait obtenu aussitôt s'il l'avait voulu. Le vampire croisa justement le regard fatigué du protecteur et pour illustrer ses pensées, il tapa dans sa main droite avec son poing gauche. Ce geste alluma une étincelle d'amusement dans les yeux de Ciaran.
- J'ai dit, SILENCE ! tonna ce dernier. Ceux qui sont incapables de se taire n'ont qu'à sortir, d'autres seront ravis de les remplacer.
Un silence de mort s'abattit sur l'assemblée.
- Bien. Je déclare ouverte la première assemblée du conseil de la résistance, déclara Ciaran. Comme vous pouvez le voir, sont rassemblés ici les quelques trente vampires et modificateurs les plus influents de ce monde.
Le protecteur s'arrêta un instant pour parcourir la salle des yeux avant de reprendre :
- Vous savez tous que vous êtes sur ce camp pour combattre l'armée de loups garous et c'est justement dans ce but que nous allons devoir nous organiser. Les protecteurs que vous avez rencontrés vous ont déjà contés l'histoire de la précédente guerre, je ne perdrais pas de temps à la répéter. En fait, la seule chose que vous avez vraiment besoin de savoir, c'est que si les loups garous gagnent, le monde tel que nous le connaissons disparaîtra. De plus, vampires et modificateurs seront tous traqués et tués sans exception. Les enfants de la lune n'auront aucune pitié, car leur premier but et la vengeance. Et malheureusement, on ne peut traiter avec des individus guidés par la vengeance. Les loups garous nous tiennent pour responsable de leur déchéance progressive, alors qu'ils ne devraient s'en prendre qu'à leur soif de cruauté. Nos actions contre eux n'ont jamais été que défensives et elles le sont toujours aujourd'hui. Vous avez entre vos mains la vie de plus de cinq cent personnes. Ne l'oubliez jamais lorsque vous prendrez la parole. Vos désirs personnels doivent disparaître. La seule chose qui compte, c'est de vaincre ces sales chiens. Le conseil doit devenir une seule entité qui n'a pour but que de préserver au maximum la vie de ses soldats pour vaincre.
Caïus commençait à s'ennuyer lorsqu'un autre protecteur intervint pour parler de stratégies possibles à adopter. Aro prit aussitôt la parole pour annoncer qu'il avait lui-même recueilli des informations à la source même : le camp des loups garous. Caïus crut avoir mal entendu et suffoqua. C'était lui qui avait ramené les informations, pas son frère.
Aro fut invité à s'avancer pour donner les informations qu'il avait recueilli. Caïus ne suivit plus rien du reste de la séance, bien trop occupé à se retenir de se jeter sur son frère pour lui arracher la gorge.
Lorsque Ciaran mit fin à l'assemblée, Caïus se leva comme un ressort et se fraya un chemin vers la sortie. Il vit vaguement les conseillers discuter entre eux du coin de l'œil tandis qu'il contournait un modificateur avec méfiance. Il entendit également Ciaran dire quelque choses à l'assemblée mais il avait quitté la pièce avant d'avoir eu le temps de saisir ses paroles.
C'était lui qui avait risqué sa vie pour récolter des informations, lui qui avait du se débrouiller seul pour les ramener, lui qui avait pris la moindre décision, et Aro venait de lui voler la vedette !
- Caïus attends moi, appela une voix derrière lui.
Le vampire se retourna, le visage fermé, pour regarder Ciaran arriver vers lui.
- Quoi ? cracha-t-il.
- Tu es parti trop vite pour entendre que tu faisais parti des entraîneurs.
- Des quoi ?
- Entraîneurs. Tu dois entraîner ceux qui ne savent pas se battre. Et crois moi, ils sont nombreux.
- Aro en est un aussi, j'imagine, après son impressionnant discours sur sa récolte d'informations personnelles…
- Je sais que c'est toi qui y est allé, soupira Ciaran.
- Peu importe, cracha Caïus en se détournant.
- Tu veux bien ? demanda Ciaran sans chercher à le rattraper.
- Oui.
Le vampire traversa le camp à grands pas, bouillonnant intérieurement.
Athénodora vint à sa rencontre et se mit en tête de discuter avec lui.
- Caïus tu ne pourras pas combattre les loups garous, s'inquiéta-t-elle. Tu…
- Dégage d'ici, gronda le fondateur, excédé.
- Mais…
- Va t'en ! cria-t-il furieux.
Il s'enfuit loin du centre où trop de personnes cherchaient à lui parler, souhaitant être seul pour rager contre le monde entier.
- On dirait que tu attires les gens comme des mouches, sourit une femme en s'approchant de lui.
- Diana, quelle surprise de te voir ici, commenta le fondateur d'un ton froid. C'est un inconvénient à la fonction de roi, ajouta-t-il.
La femme s'esclaffa.
- Enfin il y a aussi des avantages…
- Qu'est-ce que tu veux, coupa Caïus qui s'impatientait.
- Hum… Tu n'es pas du genre patient, hein ? Bah peut importe. Une de mes amies m'a dit un jour que tu étais un bon coup, roucoula-t-elle. Mais vois-tu, je ne crois que ce que je vois… Et une vérification s'impose.
- Qui était-ce ? demanda Caïus avec un sourire indulgent, soudain moins froid.
- Elisabeth.
- Aucun souvenir, affirma Caïus alors que son sourire s'élargissait.
- Moi tu ne risque pas de m'oublier, assura Dianna d'un ton enjôleur. Ma tente est à deux pas, ajouta-t-elle. Je te fais visiter ?
- Avec plaisir.
Caïus suivit la vampire avec nonchalance. Il croisa le regard rempli de rage d'une blonde au regard ambré, et lui lança un regard provocateur. Les Denali étaient ici ? Voilà qui promettait d'être amusant. S'ils étaient là, alors ces imbéciles de végétariens Cullen devaient être ici aussi. Une vague de rage le traversa lorsqu'il repensa à l'humiliation vécue par les Volturi face à eux, cinq ans auparavant. Ils nourrissaient une haine sans limite pour tous ce clan et leurs amis. Mais il oublia vite les Cullen pour se concentrer sur des choses plus importantes…
Tanya se jura de tuer le fondateur aux cheveux blonds lorsqu'elle l'aperçut, et le menaça du regard. Peu importait les ordres, si l'occasion se présentait, elle le démembrerait lentement en s'assurant qu'il hurle de douleur, avant de l'achever.
Kate posa une main sur son épaule en la sentant trembler.
- Il paiera, dit Tanya d'un ton rageur.
Elle se retourna et regarda sa sœur d'un air flamboyant.
- Même si c'est la dernière chose que je dois faire dans ma vie, ajouta-t-elle, résolue.
Seth se réveilla tard dans la matinée. Il avait mal dormi et son corps était tout ankylosé après une nuit passée sur un matelas inconfortable. Il s'étira pour dénouer ses muscles et écouta un moment les bruits de l'extérieur en fixant la toile bleue de sa tente, distinguant par transparence de petites gouttelettes d'eau.
Ce n'était pas un rêve. Il était réellement arrivé sur le camp de la résistance. Pourtant, partir n'avait pas été une mince affaire. Sa mère avait crié et pleuré pendant toute une soirée avant d'accepter que ses deux enfants partent pour une guerre sanguinaire. Seth savait qu'elle avait peur pour lui, et ressentait une pointe de tristesse en pensant qu'elle allait beaucoup s'inquiéter pour lui. Au moins, le père de Bella était avec elle.
Le modificateur chassa ses pensées moroses et se leva sans attendre plus longtemps, partant pour une nouvelle journée de découvertes totalement incroyables. Un large sourire s'étala sur ses lèvres à cette idée et après quelques minutes de préparations, il sortit de la tente d'un pas conquérant… pour se diriger vers la cantine. Son ventre criait famine, et il obéissait toujours aux ordres de son estomac...
Le jeune homme constata avec surprise qu'il avait dormi toute la matinée et mit sa fatigue sur le compte du voyage qu'il avait effectué pour venir ici. Il gravit les quelques marches de la cantine et entra timidement par l'ouverture sans porte. Une cacophonie sans nom régnait dans la pièce où de nombreuses personnes se sustentaient, assis aux immenses tables qui remplissaient la salle.
Seth se sentit tout de suite à l'aise, sûrement parce qu'il n'y avait ici que des modificateurs et des humains. Il se dirigea sans attendre vers le service, composé de modificateurs, d'humains et même de vampires. Seth espérait que les vampires ne préparaient pas à manger… Sauf si leur talent culinaire égalait celui des Cullen. Le modificateur loup attendit son tour en dévisageant avec avidité les personnes présentes dans la pièce. Il prit ensuite un plateau composé d'un plat principal et d'un yaourt pour le dessert. Ne reconnaissant personne, il s'assit à une table au hasard.
Le jeune homme écoutait les conversations de ses voisins sans y prendre part lorsque son attention fut attirée par une conversation évoquant les Volturi. Un groupe de modificateurs prétendait les avoir déjà rencontrés, tout en racontant des histoires aberrantes à leur propos. Des histoires qui terrifiaient visiblement les autres modificateurs de la table.
- Et les trois chefs peuvent vous tuer d'un seul regard, déclara un homme brun au menton proéminent.
Heureusement que non, pensa Seth.
- Il ne faut pas les regarder dans les yeux, ajouta un deuxième, aussi maigre que son compagnon était obèse.
Seth étouffa un éclat de rire, qui fut malheureusement repéré par les modificateurs autour de lui.
- Qu'est-ce qui te fait rire, petit ? grogna le gros homme, agressif.
- Rien, rien, éluda aussitôt le jeune homme.
- Tu te fous de ma gueule ?
- Non ! C'est juste que… Les vampires ne peuvent pas tuer les gens d'un seul regard.
- Les vampires normaux non, mais là, il s'agit des fondateurs Volturi…
- Ils ne peuvent pas, insista Seth.
- Je les ai vus !
- Moi aussi, rétorqua le jeune homme, agacé. Il y a cinq ans. Ce sont les gardes dont il faut se méfier. Ils sont doués de pouvoirs spéciaux pour la plupart.
Les modificateurs hochèrent la tête, incrédules. Aucun d'entre eux ne semblait croire le jeune homme lorsqu'il disait les avoir rencontrés.
- Ah ouai, il sont venus pour toi p'tète ?
- Non, répondit le Quileute sans ciller. Ils sont venus pour Renesmée, une hybride mi-vampire, mi-humaine…
- Arrête de raconter n'importe quoi ! s'exclama une femme à sa droite.
- Mais c'est la vérité ! Et puis de toute façon, on s'en fiche. Je voulais juste faire remarquer que les fondateurs Volturi ne peuvent pas tuer les gens d'un seul regard. Méduse, dans la mythologie grecque, le peut, mais ça m'étonnerait qu'elle se cache sous les traits d'Aro ou de Marcus…
- Tu mets ma parole en doute ? hurla le gros homme en abattant son poing sur la table.
- Il semblerait bien, rétorqua Seth, énervé lui aussi.
- Je te défie en duel ! s'exclama théâtralement l'autre en pointant un doigt boudiné sur lui.
- Quand vous voulez…
Seth sursauta lorsqu'une large main se posa sur son épaule. Il n'avait pas senti la présence de l'individu derrière lui avant que ce dernier ne le touche.
- Personne ne défit personne, ditl'homme qui se tenait derrière lui d'un ton qui ne tolérait aucune contradiction.
Seth se retourna et croisa le regard sévère d'un protecteur aux yeux rouge et vert. Il rougit brusquement et baissa les yeux, troublé par la force de ce regard.
- Il ose insinuer que je mens, bafouilla le gros modificateur. il a bafoué mon honneur…
- Sloan, tu sais comme moi que tu n'as jamais rencontré les Volturi de toute ta vie, rétorqua sèchement le protecteur. Et puis, le regard des vampires n'a jamais pétrifié les gens.
Le modificateur obèse vira au rouge brique et pinça les lèvres.
- Ce gosse prétend qu'il a déjà rencontré les Volturi, intervint un garçon aux cheveux blonds. Est-ce que c'est vrai ?
Le protecteur se retourna vers lui et le jeune homme sembla aussitôt regretter de s'être fait remarquer.
- Allez donc leur demander par vous même, répondit-il simplement, le visage impassible.
- Mais… commença Seth.
Le protecteur l'attrapa par le bras et le tira hors de la salle sans lui laisser le temps de protester.
- Lâchez moi, gronda-t-il en se débattant. Je vais leur faire entendre la vérité…
- Es-tu totalement inconscient ou simplement ignorant ? demanda l'homme aux yeux vairons. Tu allais accepter un duel !
- Je l'aurais vaincu, assura Seth.
- Et tu te serais fait un tas d'ennemis ! Ce n'est pas d'ennemis dont tu as besoin, Seth. Nos ennemis sont en Russie et sont bien assez nombreux, tu ne crois pas ?
- Si, mais il racontait des âneries sur les Volturi !
- Les gens qui l'entouraient se seraient très vite rendu compte de l'absurdité de ses propos. Les Volturi sont dehors, après quelques jours passés dans le même camp, tout le monde connaîtra leurs capacités. Tu ne peux pas te dresser ainsi contre n'importe qui. Qu'aurais-tu fais s'il s'était agi d'un modificateur influent.
- Quelqu'un d'influent n'aurait jamais raconté des trucs aussi débiles.
- Cet homme, que tu as insulté, il fait parti de la plus grande et la plus ancienne meute de modificateurs. Se les mettre à dos, c'est mettre contre toi la moitié du camps.
Seth écarquilla les yeux, bouge bée.
- Elena t'a déjà dit que notre but principale était de créer une entente entre les modificateurs et les vampires, non ? Il doit y avoir cinquante personnes sur le camps qui savent cela. Elena vous a même chargé d'une mission, toi et tes compagnons. Montrer l'exemple. Montrer que modificateurs et vampires peuvent cohabiter. Mais toi, dès le premier jour, tu manques de détruite tout ce que nous essayons de construire. Arrête d'agir comme un enfant, et sert toi donc de ta tête. Tu n'es pas en vacances ici.
- Je suis désolé, murmura Seth, penaud. Je n'avais pas vu les choses sous cet angle.
- Le principal est que tu comprennes.
- Mais alors ça veut dire que ma mission c'est de me faire des amis ?
- Exactement, répondit le protecteur en souriant. J'ai entendu dire que tu avais un don pour rassembler les gens autour de toi. Sert toi en. Dis toi que la réussite de notre entreprise dépend en partie de toi.
- D'accord, déclara Seth gonflé à bloc par les paroles de l'homme en face de lui.
Il se sentait fier qu'un protecteur lui offre des responsabilités et ne voulait surtout pas le décevoir.
- Je suis content qu'on soit d'accord.
Le silence s'installa un instant.
- Vous ne sauriez pas ou serait Elena ? demanda soudain Seth.
- Non, pourquoi ?
- Oh, pour rien. J'aurais bien aimé lui poser quelques questions à propos de la dernière guerre.
- Hum… Je ne sais pas si demander à Elena est la meilleur idée. Elle n'a aucune patience et déteste raconter des histoires. Je le ferais, si tu veux. Mais là je n'ai pas le temps, le premier conseil de guerre va commencer dans quelques minutes.
- Génial ! Je viendrais vous le rappeler, prévint Seth avec un sourire joyeux.
Le protecteur sourit légèrement.
- A plus tard Seth, dit-il en s'éloignant.
- A plus… Et, au fait, c'est quoi votre nom ?
- Ciaran.
Seth resta quelques instants planté devant la cantine à ruminer la conversation qu'il venait d'avoir. Le protecteur lui avait ouvert les yeux.
Pris d'une inspiration subite, le jeune homme entra à nouveau dans la cantine et se dirigea vers le modificateur obèse .Ce dernier le regarda arriver d'un air mauvais.
- Je suis désolé, marmonna Seth avec effort, lorsqu'il fut arrivé devant lui.
Surpris par ces excuses, le modificateur ne sut comment réagir et le silence s'éternisa.
- Hey ! Mais c'est pas le p'tit qui nous a demandé sa route l'autre jour ? interrogea une voix féminine.
Seth reconnu aussitôt la femme et l'homme qui se trouvait assit à table. Leur assiette encore pleine montrait qu'ils venaient juste d'arriver.
- Si, c'était moi, acquiesça-t-il.
- Tu as trouvé ta tente, finalement ? demanda l'homme d'un ton bourru.
- Oui, après avoir tourné trois heures dans tous les sens, avoua le jeune homme en souriant.
Il continua de bavarder avec le couple pendant un moment. Les deux modificateurs étaient amicals, et assez amusant. Aiko passait son temps à disputer son mari qui ne protestait jamais. Seth apprit qu'ils étaient tous les deux modificateurs chiens au moment de les quitter.
Il se promena à travers le camp pendant toute l'après midi et put constater à quel point le protecteur avait raison : la paix ne tenait qu'à un fil. Il suffisait juste de craquer l'allumette pour que tout s'enflamme.
Décidé à aider les protecteurs, Seth prit son courage à deux mains pour se diriger vers deux vampires aux yeux rubis assis sur un gros rocher gris. Les deux hommes le regardèrent s'approcher d'un air farouche, prêt à se jeter sur lui à la moindre menace.
- Bonjours, balbutia Seth d'une voix hésitante. Belle journée.
Les deux vampires l'examinèrent d'un air dédaigneux et se détendirent, constatant que le modificateur n'était pas un danger pour eux.
- Que veux-tu ? demanda l'un des deux.
- Je voulais juste discuter un peu, rougit Seth malgré lui.
- Nous ne fréquentons pas les gens de ton espèce, rétorqua le deuxième.
Seth fit un effort pour ne pas se vexer.
- Pourquoi ?
- Tu nous fatigues avec tes questions. C'est contre nature, voilà tout.
- Je traîne parfois avec des vampires, et aucun d'entre eux ne semble particulièrement gêné.
Si on oublie l'odeur, songea Seth. Enfin ici, l'air était tellement saturé du mélange entre l'odeurs des humains, celle des vampires et celle des modificateurs que finalement, le parfum d'un seul individu passait totalement inaperçu.
- J'aimerais bien voir quel genre de vampire fait ami ami avec des modificateurs, s'esclaffa le premier.
- Les Cullen, vous connaissez peut-être…
- Attends voir, tu connais les Cullen ? Ceux qui ont fait fuir les Volturi ?
- Oui, c'est d'eux que je parle, déclara Seth.
Apparemment la victoire des Cullen sur les Volturi s'était répandue parmi les vampires.
- D'ailleurs, j'étais présent ce jour là, ajouta-t-il.
Les deux vampires le dévisagèrent sans vergogne durant un instant, essayant de deviner s'il leur mentait.
- J'ai entendu dire que des modificateurs lions y étaient, improvisa le deuxième vampire d'une voix traînante.
- Non, des modificateurs loups, rétorqua Seth qui avait vu le piège.
Un sourire surpris éclaira le visage des deux vampires. Ils semblaient avoir oublié de paraître hautain et cruel.
- Alors tu y étais vraiment ? Voilà une histoire qui mériterait d'être racontée…
- Vous voulez que je vous la raconte ? s'enquit Seth d'un ton joyeux.
- Nous n'avons rien de mieux à faire pour le moment que de t'écouter, soupira le premier vampire, faussement fataliste.
Il tapota le sol à côté de lui pour que Seth s'y installe. Sans se faire prier, le jeune homme grimpa sur le rocher et s'assit.
- Au fait, je m'appelle Seth, signala-t-il.
- Basile.
- Côme.
- Et, Oscar, vient ici, appela Basile en faisant de grand signe de main en direction d'un vampire. Tu devineras jamais ce qu'on a trouvé.
Seth sourit légèrement. Les deux vampires voulaient se donner un style de rebelle, mais en réalité, ils n'étaient pas méchants.
Il était de très bonne humeur lorsqu'il redescendit de son perchoir, certain de s'être fais de nouveaux amis. Il n'avait pas fait quelque pas qu'un groupe de modificateurs l'interpella pour lui demander ce qu'il avait raconté aux trois vampires.
- Tu pactises avec l'ennemis ? gronda le premier.
- L'ennemis se trouve à des centaines de kilomètres d'ici, rétorqua Seth en reprenant les mots du protecteur. Où avez-vous vu un ennemi ici ? demanda-t-il. Vous feriez mieux d'apprendre à connaître les gens autour de vous, au lieu de surveiller les autres modificateurs.
Déstabilisé, personne ne répondit et Seth s'éloigna sans rien ajouter.
Dans l'heure qui suivit, il eut l'occasion de découvrir la magnifique sonnerie générale… Qui était exactement la même que celle de son lycée. Comme tout le monde sur le camp, ils se dirigea vers la place centrale.
Ciaran se tenait debout sur l'estrade devant le centre de commandement. Le visage digne, il regarda un moment les vampires et les modificateurs qui se pressaient devant lui avant de prendre la parole pour faire le premier discours de la force de résistance.
Seth devait avouer qu'il n'avait pas retenu grand chose de ses paroles. Jacob lui résumerait sûrement les éléments importants plus tard…
Lorsque le protecteur descendit de l'estrade, le jeune homme se précipita à sa suite.
- Ciaran ! appela-t-il.
- Je n'ai pas le temps, Seth. J'ai pas mal de problèmes à régler.
- Oui, bien sûr, je m'en doutais, assura le jeune homme. Justement, je me demandais si je pouvais vous aider à faire quelque chose ?
Ciaran s'arrêta et sembla réfléchir.
- Tu devrais aller faire un tour du côté de la bibliothèque, proposa-t-il finalement.
Seth acquiesça et se dirigea… Nulle part. Il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où pouvait se trouver la bibliothèque. Il voulut interroger Ciaran mais ce dernier avait déjà disparu. Il questionna donc plusieurs personnes, mais en vainc. Personne n'avait jamais vu ce bâtiment, et la plupart semblait surpris que les protecteurs aient pensé à installer des livres sur le camp.
Seth se résolut à trouver un protecteur pour lui demander. Il entra donc dans le centre de commandement d'un pas hésitant. Il n'était pas sûr d'avoir le droit d'être ici. Un large couloir se déroulait devant lui, percé d'ouverture close par des portes. Seth en ouvrit une au hasard et entra dans une pièce entièrement vide dont rien ne laisser deviner l'utilité. Il ressortit à reculons et percuta quelqu'un.
- Désolé, s'excusa-t-il en se retournant.
Un protecteur peu amène le regardait.
- Tu n'as rien à faire là, petit.
- Je cherche la bibliothèque, expliqua Seth. J'ai pensé qu'un protecteur pourrait m'indiquer où elle se trouve.
L'homme devant lui plissa les yeux d'un air méfiant, puis indiqua une porte.
- Elle est ici. Pourquoi te rends-tu à la bibliothèque ?
- Ciaran m'a dit que je pouvais aider à faire quelque chose…
- Je vois. Bonne chance, dit le protecteur avant de s'éloigner.
Seth fronça les sourcils à ses mots. Bonne chance ?
Il entra dans la bibliothèque et renversa aussitôt une pile de livre entassés derrière la porte. Un hurlement effrayant retentit alors.
- Qu'as-tu fais ? rugit une vois grave venue du fond de la pièce.
- Pardon, excusez-moi, je suis désolé, balbutia Seth en se baissant pour ramasser les livres.
- Tu viens d'abîmer des ouvrages uniques au monde.
Deux mains apparurent soudain dans le champ de vision du modificateur pour lui arracher les livres des mains. Ce dernier se redressa pour rencontrer le regard noir et rouge de l'individu en face de lui. Un autre protecteur.
- Euh… murmura Seth.
Il voulut s'avancer dans la pièce mais un hurlement le stoppa net.
- N'avance pas, destructeur de livres ! s'exclama le protecteur en le menaçant avec un encyclopédie. Que viens-tu faire ici ?
Seth songea que l'homme en face de lui devait être totalement fou et une goutte de sueur coula dans son dos. Il s'était encore mis dans une mauvaise situation.
- Ciaran m'a dit que je pouvais peut-être vous aider…
L'homme se calma aussitôt et prit un air calculateur.
- Aimes-tu lire ? demanda-t-il soudain.
- Euh… oui.
- Bon, alors je t'engage !
Le bibliothécaire prit un livre et le plaça dans les bras de Seth. Puis, il en mit un autre, et encore un autre… Bientôt les bras du jeune homme étaient tellement chargés qu'il ne pouvait plus voir devant lui.
- Porte ça à Elodie. Tu as juste à traverser la place centrale, c'est la tente verte émeraude juste en face. Dépêche toi, dit lui que tu viens de la part de Saalim.
- D'a…d'accord.
Seth se dirigea d'un pas vacillant vers la sortie du bâtiment. Descendre des marches ne lui avait jamais paru si éprouvant. Sûr d'avoir perdu du temps dans les escaliers, le jeune homme courut à toute vitesse droit devant lui. Comme il s'y attendait, il percuta rapidement un individu et tomba sur les fesses. Les livres s'éparpillèrent sur le sol devant lui.
Etant donné qu'il avait eut l'impression de percuter un mur, Seth en conclut qu'il avait du foncer dans un vampire.
- Regarde où tu vas, imbécile, cracha ce dernier.
Seth reconnut aussitôt cette voix. Il ne fut donc pas étonné lorsqu'il releva les yeux sur Caïus volturi... Mais soudain, sa respiration se bloqua dans sa gorge et il écarquilla les yeux de surprise. Un long frisson remonta le long de sa colonne vertébrale.
C'est lui, déclara une petite voix dans sa tête, implacable.
Tout devint flou autour de lui. Seth n'entendait plus rien, ne sentait plus rien, ne voyais plus rien d'autre que le vampire blond qui lui criait dessus.
Le jeune homme cligna plusieurs fois des yeux, la bouche ouverte, un air hébété sur le visage, incapable de revenir à la réalité.
L'horreur de la situation lui apparut soudain avec beaucoup d'acuité. Non ! Ce n'était pas possible. Non ! Non ! Non ! Il refusait d'admettre ce qui était en train de se produire. Il se força à refouler la chaleur qui montait en lui et l'adoration subite qu'il ressentait pour le vampire en face de lui. Il s'efforça de détruire l'impression que ce Volturi était devenu le centre du monde.
Totalement désemparé, Seth fixa le vampire en tremblant de tous ses membres et, incapable de faire face à cette situation incongrue qu'il n'arrivait pas à comprendre, se releva soudain pour prendre la fuite. Il zigzagua entre les tentes jusqu'à la sienne et s'effondra sur sa couche. Alors seulement, il céda à la panique et au désespoir, roulé en boule sous sa couette. Des larmes le déception, d'horreur et de peur coulèrent sur ses joues.
Il ne pouvait pas, ne voulait pas croire ce qui venait d'arriver même si au fond de lui, il connaissait déjà la vérité.
Son esprit était scindé en deux. Une partie voulait le forcer à apprécier l'un des vampires qu'il considérait comme ses pires ennemis, à l'idolâtrer de toutes ses forces, à le contempler sans fin avec révérence. Et l'autre partie, plus raisonnable, se battait pour contenir et réfuter toutes les idées absurdes qui assaillaient son esprit.
Mais la première était indubitablement la plus forte. Il lutta longtemps, jusqu'à ce que ses yeux deviennent incapables de pleurer tant ils avaient versé de larmes, jusqu'à ce que sa tête semble sur le point d'exploser tant les conflits qui se heurtaient en lui étaient intense. Mais il rendit finalement les armes, exténué, vaincu.
Une certitude put alors enfin se dessiner dans son esprit, victorieuse et effroyable. Il s'était imprégné du meurtrier d'Irina, d'un Volturi qui voulait le tuer.
Il s'était imprégné de Caïus Volturi.
