Quelques mois après...
Ben était enfin de retour en Angleterre après deux à trois mois d'absence pour un tournage aux Etats-Unis. Il avait hâte de revoir Sherlock qui depuis avait décidé de s'installer chez lui et avait laissé Baker Street pour ses consultations. Il n'avait pas eu de nouvelles du détective depuis des lustres, allait-il dire. Ses derniers souvenirs remontaient lorsqu'ils avaient tous les deux montaient à cheval pour galoper en Camargues. Certes, Sherlock ne se sentait pas à l'aise mais Ben avait pu voir une autre facette du détective consultant oubliant qu'il avait joué ce personnage mystérieux. Tout ce qui pouvait penser c'est que un nouveau monde s'offrait à lui et qu'il espérait bien en profiter.
Après être passer dire un bonjours à ses parents, il se dirigea vers Baker Street ( du monde inhabituel évidemment) d'abord. A cette heure du matin, presque midi, son "amant" devait normalement prendre ses quartiers là-bas. Il avait réussi à recevoir de Sherlock des doubles clés ce qui lui permettait donc d'entrer facilement dans l'appartement. Malheureusement, Sherlock ne s'y trouvait pas. Pour bien la première fois de sa vie, Ben se sentait anormalement inquiet. Alors qu'il lui suffisait d'appeler par son portable, il préféra rentrer chez lui au cas où.
Il hésita cependant longuement à utiliser son cellulaire qu'il n'a pu utilisé en Amérique, de peur que cela lui aurait couté une fortune et ne savait pas vraiment en même temps quoi envoyer à ce génie de détective.
Il prit un taxi, direction chez lui.
Sa maison n'avait guère changé mis à part des poubelles de cannettes de bières...De bières ? ? Il se rapprocha un peu plus. De l'alcool et autres choses qui surprirent l'acteur...des seringues mal enveloppées cachés entre des sacs plastiques noirs. Son inquiétude disparu laissant la colère le submergeait. Certes, il acceptait que son compagnon vivent chez lui mais pas qu'il devienne un ivrogne ou un junkie dans SA maison.
Sa valise à roulette bouscula violemment les poubelles et il enfonça sa clé dans la porte près à attaquer celui qui causait le chaos chez lui bien qu'il savait vraiment qu'il exagérait de ce point de vue. Mais Ben avait toujours été un garçon, un adolescent et un homme très bien élevé, il ne supportait pas que l'on puisse faire des choses derrière lui, encore moins chez lui.
Il entra dans son salon...propre comme si rien ou personne n'était passé par là depuis des mois. Il avait vraiment l'impression de se retrouver à nouveau célibataire. Il laissa sa valise dans un coin et passa sa main dans ses cheveux ne sachant quoi penser. Il savait que Sherlock était chez lui car il y avait le long manteau qui attendait sagement sur le canapé.
Il cria le nom du détective. Sans réponse. Il se décida à regarder dans les pièces du rez-de-chaussée. Personne dans le bureau, ni dans les toilettes ( évidemment ), ni dans les placards ( pourquoi ? ). Il monta à l'étage : Personne dans la chambre, ni dans celle d'amis encore moins dans le cellier. Son coeur battait la chamade quand il voulut ouvrir la porte de la salle de bain. Encore une fois, il aurait cru se retrouver lors du premier jour où il avait rencontré Sherlock.
La poignée restait bloqué.
"- Sherlock ! Cria-t-il en frappant.
Il déglutit. Aucune réponse. Il n'aimait guère cela.
"- Sherlock ! Tu es là ? Je t'en prie dis moi quelques choses !"
La porte tremblait sous ses coups desespérés. Il devait donc forcer la porte pour pouvoir s'y introduire. Mais il doutait. Ne sachant vraiment ce qui allait se montrer sous ses yeux. Il cogna plusieurs fois la porte, encore et encore. Puis elle céda au bout du cinquième coup qui l'avait énormément épuisé : Sherlock gisait inconsient par terre. Ben se précipita vers lui, redressa la tête du détective, ne remarquant pas la seringue trainant dans la baignoire. Il tenta de prendre son pouls qui le soulagea, il était encore en vie puis essaya de le réveiller en lui versant de l'eau froide sur les joues pâles de Sherlock.
Les yeux de ce dernier frémirent à ce contact. Ben aperçut les yeux bleus qui cherchaient sans doute son visage. La fine bouche du détective s'ouvrit sans échapper un quelquonque son.
"- Sherlock...murmura Ben, dis moi ce que tu avais !" Pour réponse, il eut le droit à une main qui s'accrocha avec désespoir à son T-Shirt blanc et à des yeux qui s'embuèrent de larmes.
Ben ne savait que dire. Que pouvait-il dire ? Il enlaça son compagnon le réfortant du mieux qu'il pouvait. Pourquoi pleurait-il ? Qu'avait-il pour que Sherlock Holmes le génie de tous les temps pouvait ressentir une si grande et si faible émotion ?
"- Ne...Tu...commença Sherlock en ravalant de son possible ses larmes, tu...m'as...abandonné..."
Ses paroles stupéfièrent l'acteur qui ouvrit de grands yeux.
"- Je n'ai jamais...fait une chose pareille !
- Tu n'as pas le temps pour moi, reprit le détective qui avait repris complètement les esprits,et le poussa légérèment, tu ne peux pas avoir du temps avec moi.
- J'aurai toujours du temps avec toi, je trouverais toujours du temps pour toi.
- Non. J'ai calculé le nombre de jours où tu ne seras pas en Angleterre. Tu as des films à faire et...
- Arrête ! "Protesta Ben un peu choqué.
Sherlock cherchait maintenant à se défaire de lui. Et l'acteur ne supportait pas cela.
"- Je ne peux pas t'abandonner. Je t'aime trop pour ça. J'aimerai vieillir avec toi, te voir évoluer, pouvoir être à tes cotés. J'aurai toujours du temps à te consacrer. Je ne peux pas te laisser. Tu es...comme...une étoile. Je ne veux pas t'abandonner. Tu m'es trop cher. Et tu l'as toujours été depuis le premier jour où je t'ai connu et tu sais de quoi je parle."
A ces mots, il embrassa tendrement Sherlock qui ne réagit pas à ce geste d'amour qu'il avait appris à apprécier chez l'acteur. Ses cheveux bouclés furent soudainement traversé par la main de son jumeau.
Sherlock gémit arrêtant l'élan de tendresse que lui offrait Ben. Ce dernier leva les sourcils. L'amant aux cheveux bouclés tenta de se lever mais une main ferme le retint.
"- Minute papillon, tu ne m'as pas dit que faisait tous ce bordel devant chez moi ? Dit Ben sournoisement.
- Tsss, siffla Sherlock, fais appel à tes déductions, !" Il lui tira la langue.
Ben fit la mou.
"- Très bien, tu t'es drogué, pourquoi ?
- Je m'ennuyais, t'es content, maintenant laisse moi m'en aller.
- Non, j'ai pas fini. Pourquoi tu t'ennuyais ? Tu n'avais pas de clients ?
- Non , je...
- Et pourquoi chez moi ?"
Sherlock évita son regard, rougissant fortemement. Ce qui n'était guère discret puisque Ben le remarqua. Il sourit :
"- Tu me réponds ?
- Non...Je suppose que tu connais la réponse...Tu n'es pas bête, drôle-de-nom..."
L'acteur ria doucement.
"- J'aimerai l'entendre de ta bouche...
- Non. Mes...larmes...t'ont suffi, bredouilla malgré lui le détective.
- Je veux que tu me le dises.
- Non.
- Sherlock...commença Ben gentiment près à une menace.
Son compagnon hésita, puis son regard croisant celui de l'acteur qui l'encouragea à dire ce qu'il souhaitait entendre. Enfin, ses lèvres tremblèrent sous ses mots si sincères et si pures :
"- Tu m'as manqué."
