- Bonjour à tous, on est enfin vendredi et nous voilà.

- Bonjour ici Shade! Alors voici le temps du choix du lit :3 Beaucoup l'ont attendue.

- Le voilà, tout beau tout chaud et toujours corrigé par notre super bêta de compet de la mort qui tue : Nathdawn.

- On espère qu'il vous plaira et on vous dit à dans deux semaines :3 Bonne Lecture :)

- Bonne lectures et du love sur vous.


Chapitre 6. Un lit et une chouette

Drago, avec sa ponctualité habituelle, parvint devant le magasin à onze heures. Il avait du transplaner dans une ruelle à l'écart avant de rejoindre la devanture à pied et il trouva Harry en arrivant, légèrement essoufflé.

— Hey ! salua-t-il.

— Tu as couru ? Tu étais en retard, c'est ça ?

Harry eut aussitôt un petit air gêné.

— Tu n'as pas attendu, non ? C'est le principal. Tu aurais encore eu cet air pincé agacé.

— J'ai un air pincé agacé ? s'étonna Drago en haussant un sourcil avant de l'entraîner dans le magasin.

— Tout à fait, rit Harry. Surtout quand je te dis quelque chose que tu n'aimes pas ou que tu trouves stupide. Des fois tu me fais penser à McGonagall, ajouta-t-il mort de rire.

— Merci, grommela Drago en pinçant les lèvres, peu amusé de la comparaison.

— Tu vois, tu viens de le faire, sourit Harry en se pendant à son bras pour montrer son visage.

— Tu viens de me comparer à McGonagall, rappela Drago dont l'une des mains se posa naturellement sur une de celles d'Harry.

— Je te rassure, tes cheveux sont bien mieux !

— Tout est mieux, je n'ai rien à voir avec elle !

— Bonjour, Messieurs, intervint soudainement une jeune femme, de petite taille, rousse, des taches de rousseurs sur le nez, rappelant un peu les Weasley. Comment puis-je vous être utile ?

Elle ne devait pas avoir plus de la vingtaine, avec de nombreux tatouages sur les bras que la veste colorée du magasin laissait voir. Drago releva aussitôt la tête vers elle.

— Nous venons voir les chambres.

— Bien sûr, suivez-moi, sourit la vendeuse.

La jeune femme, dont le badge sur la poitrine indiquait le nom d'Emma, les guida à travers le magasin vers le coin des lits et des chambres.

—C'est pour votre chambre conjugale ?

Harry fronça les sourcils, pas certain de comprendre le sous-entendu de cette phrase. Il se détacha de Drago et dit pour tenter de clarifier la situation :

— C'est pour ma chambre.

Emma tourna un œil surpris vers lui, mais ne dit rien de plus avant de montrer la marée de lits et de chambres qui se trouvait devant eux.

— Vous préférez que je vous laisse regarder ?

Harry ne fit que hocher la tête, toujours bloqué sur ce qu'elle avait insinué.

— Je serai juste là si vous avez besoin de conseil pour choisir ou pour la commande, assura-t-elle avec un dernier sourire avant de s'éloigner vers son bureau.

— Nous saurons vous trouver, assura Drago avec un hochement de tête. Alors cherchons ce qui te correspond, enchaîna-t-il en prenant le bras d'Harry pour l'entraîner.

Harry se laissa faire et se mit à regarder les lits d'un œil absent. Drago le guida quelques minutes avant de le stopper.

— Que se passe-t-il ?

— Est-ce qu'elle a vraiment insinué ce que je pense ? demanda-t-il en caressant un lit du bout des doigts.

— Elle n'a rien insinué, elle nous a pris pour un couple. C'est grave ?

Harry haussa une épaule en grattant une saleté imaginaire sur l'un des meubles.

— Non je suppose. Je trouve juste ça stupide de penser que quelqu'un comme toi avec tout ce que tu as et juste moi... Enfin oublions ça.

Mais la réponse figea Drago qui fixa Harry en haussant un sourcil.

— Ce n'est pas stupide, finit-il par murmurer. Nous irions très bien ensemble, tu aurais parfaitement ta place à mes côtés.

Cela fit doucement rire Harry qui finit par lui tapoter l'épaule.

— Essaye pas de me réconforter, Malfoy. Allons tester des lits.

Il ne voulait pas la pitié de Drago. Il n'avait certes pas une entreprise ou une prestance comme la sienne, mais ce n'était pas si grave, non ?

— Potter, le retint Drago en tirant son bras. Je crois que tu as oublié nos positions respectives. Tu devrais être plutôt dégoûté à l'idée qu'elle t'imagine avec moi. L'ancien mangemort, tu te rappelles ? Pas triste, dégoûté.

— Je ne suis pas triste, ronchonna Harry avant de porter enfin son regard sur le blond. Et tu n'étais pas un vrai mangemort. J'étais là, Malfoy, pour Dumbledore. Tu n'as pas pu le tuer. Ta mère m'a sauvé. Tu étais un enfant aussi paumé que moi. Alors je ne vois pas de quoi tu parles. Tu as remonté la pente, oublié tout ça. Tu m'as même aidé jusqu'ici. Donc non. Je ne suis pas dégoûté. Je pensais que tu avais une plus haute opinion de toi.

— Je pensais que l'opinion que tu avais de moi était plus basse, s'amusa Drago en plongeant son regard dans le sien. Potter, de tous les gamins paumés, tu étais le héros. Je serais plus que fier d'être en couple avec toi.

— Arg, tu recommences à reparler avec ce ton, dit Harry en le poussant avec un rire, pour reprendre son chemin entre les lits. Et après tu vas encore dire que c'est moi qui ramène tout à ça.

— Quel ton ?

— Chaud, dit Harry en se fixant sur un lit en bois. Lent, sensuel.

— Et quand je parle comme ça, tu penses tout de suite à des choses sexuelles ? taquina Drago en suivant.

Il poussa même le vice à s'approcher d'Harry, par derrière, pour murmurer au creux de son oreille, de ce même ton de voix.

— Il n'est pas mal ce lit, on pourrait en faire des choses dedans.

Harry rougit aussitôt et tira Drago pour qu'il tombe dedans alors qu'il se redressait. Il frotta son oreille qui l'avait fait frémir de la tête au pied. Sa magie apparut même quelques secondes dans des lumières rouges délicates.

— T'es chiant, grogna-t-il.

— T'es mignon, rit Drago en se redressant, appuyé sur ses bras. Mais c'est à toi de tester, vu que je n'y suis pas invité.

— Non, pas celui-là, ronchonna Harry en se détournant aussitôt.

— Parce que je suis dedans ? s'enquit Drago en se relevant, se sentant d'humeur taquine.

Harry avait réagi. Cela lui faisait plaisir. Il n'était pas du tout insensible à Drago et savoir qu'il n'était pas écœuré par lui, accentuait sa bonne humeur.

— Arrête avec ça ! Et non il est trop grand, c'est tout.

— C'est bien les grands lits, tu as de la place, c'est confortable.

— Oui, oui, mais pas celui-là.

Harry voulait souffler une seconde et se tourna vers un lit design qui ne lui ressemblait pas du tout, mais ce n'était pas grave.

— Non, ce n'est pas pour toi, ça, déclara Drago qui glissa une main dans son dos pour l'entraîner vers un autre plus loin. Celui-là ?

Le brun se laissa faire, étonné pendant une seconde qu'il reconnaisse ses goûts, avant de se rappeler que cela faisait déjà un moment qu'ils travaillaient ensemble sur sa décoration. Il jeta un regard au lit mais celui-ci ne lui plaisait pas. Il continua donc de déambuler dans le magasin et porta son choix sur un lit en bois brut, simple. Il s'y assit doucement, fit la moue, mais hocha la tête.

— Celui-ci est bien.

— Un peu trop rustique pour la déco que tu as déjà choisie.

— Peut-être mais...

Harry releva la tête pour le regarder, mais ses yeux se détournèrent à côté et il écarquilla légèrement les yeux. Il se leva et s'avança vers un immense lit double, en bois vernis, chaud et doux. Les dessins dans la tête de lit étaient simples mais élégants. Avec des draps blancs, il ressemblait à un lit dans un chalet scandinave à ceci près que les pieds montaient sur plus de deux mètres pour former un tour et faire un lit à baldaquin. Harry posa d'ailleurs sa main sur l'un des montants, comme fasciné.

— Il est très élégant, souffla Drago en venant près de lui.

— Oui, murmura-t-il en caressant le bois avec douceur. Cela me rappellerait presque ceux qu'on avait au dortoir des Gryffondor. Avec quelque chose en plus...

— Vraiment ?

— Hm hm...

Harry en fit doucement le tour, pour arriver au pied et s'appuya sur un des piliers avec un étrange sourire.

— Tu as l'air soudain bien loin, murmura Drago. Où es-tu parti, Potter ?

Harry rougit aussitôt et passa une main dans ses cheveux gênés.

— Pardon.

— A quoi te fait penser ce lit ?

— Quelque chose de... Comment dire ?

Drago observa l'expression rêveuse, étrangement distante, comme si Harry était loin de lui et il finit par s'approcher de lui, se glissant à son côté avec un sourire taquin et ce ton de voix si chaud qu'Harry trouvait si sexuel.

— Erotique, glissa-t-il non loin de son visage.

Le frisson d'Harry fut presque visible, alors qu'il baissait la tête pour se cacher puis de la hocher, incapable de prononcer le moindre mot, percé à jour. Ce lit lui donnait autant envie de s'y enfoncer pour une longue nuit tranquille et chaude que ces montants lui inspiraient le désir de s'y appuyer ou d'y maintenir quelqu'un pour prendre du bon temps. À vrai dire, il avait soudainement de trop nombreuses idées pour se servir de ce lit.

Drago, lui, observait les expressions qui défilaient sur ce visage avec une fascination extrême, soudain indifférent au fait qu'ils soient au milieu d'un magasin. À la place, il posa une main dans le bas du dos d'Harry, légère.

— Tu as l'air plein d'imagination pour ce lit, fit remarquer Drago dans un murmure, toujours avec ce même ton. C'est celui-là qu'il te faut.

Harry frissonna un peu plus et ferma les yeux quelques secondes pour tenter de se calmer. Mais cette voix, ce lit et ces images dans sa tête lui donnaient beaucoup trop chaud. Il finit par avaler difficilement sa salive en sentant sa magie serpenter sous sa peau comme si elle aussi était excitée. Elle chercha d'ailleurs la présence la plus proche et celle qui était aussi une des causes de tout ça pour remonter sur le bras de Drago dans une caresse excitante. Harry le sentit. Sa magie voulait amadouer Malfoy et c'était atrocement gênant. Alors il se cacha derrière sa main, hésitant à s'éloigner mais n'ayant aucune certitude sur ce que ferait sa magie, il resta là, essayant de s'effacer.

Drago, lui, resta de longues secondes immobile, presque étonné de sentir la magie de Potter soudain si accueillante, si envahissante. Sa main remonta dans une caresse le long du dos d'Harry, s'aventurant jusqu'à la nuque qu'il entoura de ses doigts, n'en revenant pas que le brun le laisse faire, se retrouve soudain si gêné, si réceptif.

— C'est normal, reprit finalement Drago au creux de son oreille. De ressentir du désir. C'est humain.

— Non, gémit presque Harry en se retenant faire un geste brusque. Arrête...

Pourtant même à ses oreilles, la demande était bien trop faible. Peut-être que lui aussi se faisait influencer par sa magie.

— Pourquoi ? Tu as l'air tendu. Il ne faut pas se refuser ce genre de chose, continua Drago en massant sa nuque. Dis-moi ce que tu imagines.

Le souffle d'Harry se fit plus haché alors qu'il n'arrivait pas plus à réfléchir. Les doigts étaient étrangement chauds, presque brûlants sur lui. Ce fut même avec effarement qu'il sentit un début d'érection lui arriver et il paniqua aussitôt. Dans un réflexe, il se tourna et se cacha dans le cou de Drago. Sa magie les entoura, comme une bulle, et Harry pria pendant une seconde pour qu'elle soit transparente avant de sentir le souffle du blond sur lui.

— C'est de ta faute et celle des piliers, finit-il tout de même par murmurer.

Drago l'entoura aussitôt de ces bras, l'une de ses mains disparaissant dans les cheveux bruns avec un plaisir qu'il ne se cacha pas. Il observa les piliers qui était apparemment la raison du trouble de Potter et le grava dans sa mémoire.

— Tu t'es imaginé plaqué contre l'un de ses piliers, n'est-ce pas ? Tu aimerais ça, reprit tranquillement le blond en massant la nuque.

Harry finit par relever son visage rougi vers lui, une main sur le costume impeccable pour s'accrocher à quelque chose.

— Arrête ça de suite...

Parce que cela ne faisait que l'exciter davantage, comme sa magie le prouvait en devenant plus chaude.

— Pourquoi ? Cela n'a pas du tout l'air de te déplaire. Ton corps semble même demander le contraire, souffla Drago en approchant son visage du sien, comme prêt à l'embrasser.

Sa magie, toujours d'accord, les fit frissonner tous les deux, mais cela fit peur à Harry qui se recula, effrayé. Ce n'était pas normal de ressentir tout ça, que sa magie s'agite de cette manière.

— Malfoy, non. S'il te plaît.

— C'est bon, sourit Drago en posant une main dans ses cheveux pour les ébouriffer dans un geste plus tendre, qu'il faisait habituellement. Teste le matelas, je vais voir avec la vendeuse pour le prix et la livraison. Tu veux les meubles assortis ?

Mais Harry ne fit que papillonner des yeux, ne comprenant pas le changement soudain d'atmosphère, alors que sa magie tentait toujours d'attirer Drago.

— Heu... Ouais, dit-il finalement en se laissant tomber dans le lit.

Encore plus ébouriffé qu'habituellement, il avait l'impression de sortir du lit après un moment hautement érotique. Drago le regarda faire, hésita longuement. Il n'avait pas la moindre envie de s'éloigner, il aurait voulu continuer, aller bien plus loin mais il sentait qu'il avait atteint les limites d'Harry et préférait ne pas le faire fuir. Alors il prit sur lui, reprit un visage plus indifférent et alla vers la vendeuse. Il contempla Harry en parlant avec elle, observant son sorcier qui se remettait de ses émotions.

Il prit les meubles accordés au lit, sans négocier, se parant de l'armoire, de la commode et des tables de chevet. Emma lui établit un devis sans tarder, un sourire aux lèvres, ravie de conclure une vente si facilement. Quand le devis sortit de l'imprimante, il baissa les yeux sur la feuille tendue, prêt à enfin négocier.

— Mon ami va vouloir régler ce devis, j'aimerais en régler une partie avant et que vous lui présentiez une note moins élevée.

— Ce n'est pas possible monsieur, votre paiement apparaîtra simplement sur la ligne en bas et il peut s'acquitter du reste, répondit la vendeuse avec un sourire poli.

Drago tourna toute son attention vers elle. Il avait rencontré le même problème lors du devis de la cuisine. Faire baisser le prix sans que Potter ne le sache, parce que Drago savait qu'il refuserait. Mais ce n'était pas un souci pour lui. Sa nature méconnue de beaucoup lui offrait parfois certains avantages qui lui avait, entre autres, offert la liberté. Grâce à un certain pouvoir de persuasion contre lequel personne ne pouvait lutter. Il vit presque aussitôt le regard d'Emma changer, s'illuminer, en le fixant d'un œil nouveau.

— Je ne veux pas qu'il sache, répéta lentement Drago.

— Oh, on va s'arranger, murmura la vendeuse, un peu subjuguée et intimidée devant Drago.

— Je m'en doutais. Alors sortez-moi un devis deux fois moins cher et je vous règle la différence tout de suite.

— D'accord.

La vendeuse imprima un second devis en moins de cinq minutes et Drago sortit un chèque signé de sa poche, se mettant de façon à ce que Potter ne puisse pas le voir faire. La vendeuse le lui compléta de la différence et monta un petit dossier sur leur achat.

— Pour la livraison ?

— Les meubles sont disponibles dans nos entrepôts, ils peuvent être livrés quand vous souhaitez.

— C'est parfait. Je vais donc discuter de ça avec mon ami, sourit Drago en prenant le devis.

Il hocha la tête en guise de remerciement et se dirigea vers Harry, qu'il rejoignit d'un pas digne. Il s'assit sur le lit et lui tendit la feuille.

— Ils te livrent quand tu veux.

Harry s'était enfin calmé et prit donc doucement la feuille sans vraiment la regarder.

— Désolé pour ça, murmura-t-il.

— Ne t'excuse pas, Potter. Au moins tu as trouvé ton lit. Il n'y a plus qu'à finir la pièce.

— Je ne voulais pas te forcer à faire quoi que ce soit, continua tout de même Harry. Je vais essayer de contrôler un peu mieux ma magie.

— Laisse donc ta magie s'exprimer, ça lui évitera d'exploser, murmura Drago avec un sourire en coin. Réglons les détails de la livraison et allons manger.

— Ouais. J'imagine.

Harry jeta enfin un coup d'œil et fronça les sourcils.

— Ce n'est pas ce que je devrais payer.

— Tu n'as même pas regardé le prix des meubles, ricana Drago. Je pense que la vendeuse sait ce qu'elle fait. Alors ne perds pas de temps sur des broutilles et nourris-moi, j'ai faim.

Harry posa un regard suspicieux vers lui avant de finalement soupirer. Lui aussi, il avait faim de toute manière.

— Très bien, mais juste cette fois, dit-il en se levant et se dirigeant vers Emma.

Parce qu'il était chamboulé encore de ce qu'il venait de se passer et qu'il voulait finalement quitter cet endroit pour faire comme si rien n'avait existé.


Drago leva la tête de son dossier et observa le soleil qui entamait sa descente avec un soupir. Il referma la chemise en carton qu'il tenait, se leva et ouvrit le tiroir du haut de son bureau, effleurant les fioles qu'il contenait du bout des doigts. Il aurait voulu se libérer plus tôt pour retrouver Harry mais trop de choses restaient en suspens sur son bureau. Il savait qu'il repasserait après sa soirée avec Harry. Cela faisait bientôt trois mois qu'il l'aidait dans la maison et qu'il comblait ses journées de repos prises en revenant au bureau la nuit, se mettant à ses potions tard, y restant parfois jusqu'à l'aube. Alors il sortit une fiole contenant un liquide rouge qu'il avala, retrouvant aussitôt l'énergie qu'une nuit de sommeil lui aurait fourni.

Il se foutait d'être fatigué, de passer ses nuits au travail tant qu'il voyait Harry. Il y était presque tous les soirs. Parfois, c'était à peine s'ils bricolaient. La chambre était quasi finie, les meubles étaient au milieu de la pièce mais la peinture avait posé un souci et nécessitait une autre couche. Il y avait peu de chance qu'ils fassent ça ce soir vu l'heure à laquelle il arriverait mais il se contenterait de passer une soirée ensemble. Cela convenait à Drago. Et Potter ne semblait pas s'en offusquer.

Depuis leur achat au magasin, quelques semaines plus tôt, Drago avait réussi à repousser un peu les limites de Potter, une ou deux fois seulement. Il ne le provoquait pas plus parce qu'il le sentait trop près de prendre la fuite. Cependant Harry ne disait plus rien quand Drago le touchait. C'était arrivé progressivement mais peu à peu, Drago avait pu caresser ses cheveux, effleurer sa nuque, poser sa main sur son bras, le guider avec sa paume au bas du dos et Harry ne remarquait rien. Ce qui ravissait le blond. Qui avait de plus en plus besoin de ces contacts brefs mais essentiels. Se trouver près d'Harry était de plus en plus dur mais aussi indispensable que c'était compliqué. Alors il transplana devant chez lui et frappa sans attendre, s'assurant de sa tenue impeccable et de sa coiffure qui n'avait pas bougé. Harry ne fut pas long à ouvrir et l'accueillit, les traits un peu tirés mais avec un sourire.

— Je ne pensais pas te voir ce soir, avoua-t-il en ouvrant la porte. Mais tu tombes bien, j'ai quasiment fini le repas.

— J'avais un dossier à terminer, se justifia Drago en entrant, ôtant sa veste avec un sourire soulagé.

Harry était là, il se sentait presque chez lui. Pas à cause de la maison, juste à cause du brun.

— Cela sent bon.

— Évidemment, sourit Harry en se dirigeant toujours pied nu dans la cuisine. Sers-nous à boire, je prépare les assiettes.

Drago alla chercher dans le placard la bouteille entamée la veille et leur servit deux verres de vin, aimant cette sensation de familiarité, cette scène du quotidien qui se répétait sans jamais être la même. Il posa son verre près d'Harry et s'appuya contre la table en admirant Potter leur servir un bon repas.

— Viens, je veux aller devant la cheminée. J'ai besoin de m'avachir dans le canapé. J'ai été tester un job et j'ai mal aux jambes, dit-il en prenant les assiettes. Prends les couverts aussi s'il te plaît.

— Un job ? répéta Drago en prenant ce qu'il fallait avant de suivre. Quel genre de job ?

Le salon d'Harry était couvert de vêtements mais un des canapés était intact de sa décoration très spéciale et il se laissa tomber dedans avec un soupir de bien-être.

— Je ne sais pas si tu connais. C'est moldu. J'ai essayé d'être facteur à vélo. C'est comme faire la chouette mais avec un vélo. Je m'étais dit que passer la journée dehors pourrait être sympa, mais je n'avais pas pensé que je n'étais plus un grand sportif...

—Tu as fait ... La chouette ? répéta Drago en s'asseyant près de lui.

Harry éclata de rire, manquant de renverser son assiette.

— Tu verrais ta tête ! Mais oui, j'ai fait la chouette, pour les moldus. Et j'ai mal aux jambes, sourit Harry en lui tapotant le bras comme signe de soutien.

— Rassure-moi, tu ne vas pas garder ce job ?

— Non, je vais trouver autre chose. Ne t'inquiète pas pour moi.

— Cela vaut mieux, acquiesça Drago en hochant la tête. Tu veux quelque chose ? Pour tes courbatures ?

— Non, cela va aller, je peux encore bouger, rit Harry en se vautrant dans le canapé, étendant ses pieds vers la cheminée. La douche a fait du bien déjà.

— Elle aurait pu être bien meilleure, j'en suis sûr.

— Pourquoi ?

— Ta salle de bain, elle est lugubre et moisie.

— Oui, je sais, soupira Harry en fermant les yeux. J'ai hâte qu'on la refasse et pouvoir me noyer dans un bain.

— Un grand bain d'angle, confortable, c'est ce qu'il te faudrait, acquiesça Drago en le regardant. Voir un jacuzzi.

— Non, je n'ai pas besoin d'un truc aussi grand. Une baignoire ou je tiens dedans, cela sera très bien. Peut-être une douche italienne à côté.

— Pense à l'avenir, Potter. Tu ne seras pas toujours seul, ajouta Drago en prenant une gorgée de vin.

Harry grimaça et baissa le regard.

— Je n'ai jamais pris de bain à deux et je n'en suis pas mort, dit-il doucement.

— Ah Potter, tu te prives de tant de plaisir.

— Quoi ? Au pire, on se serrera.

— Tu testeras, tu verras bien.

— T'as un jacuzzi chez toi, Malfoy ? demanda Harry en se penchant vers lui, comme si c'était un secret. Il y a vraiment des gens qui ont ça ?

— Oh oui, j'en ai un. Tu veux venir tester ? demanda Drago en approchant son visage du sien avec un sourire en coin.

Les yeux émeraudes fixèrent ceux orages, pour savoir s'il disait la vérité pour ensuite grogner, en le poussant doucement.

— Arrête de te payer ma tête !

— Je n'oserais pas, commença à répondre Drago avant de s'interrompre car on frappait à la porte d'entrée.

Harry se redressa d'un bond, étonné, et fronça les sourcils.

— Reste là, dit-il en se levant un peu boitillant pour aller ouvrir.

— Tu es sûr, pour la potion ? ricana Drago en l'imitant pour le regarder s'éloigner.

Harry lui fit un geste obscène avec un rire en allant ouvrir la porte. Si peu de monde venait le voir qu'il se doutait bien de qui cela devait être. Il ouvrit la porte avec un autre sourire et se retrouva nez à nez avec un sac de pâtisserie de la boulangerie où il avait rencontré Drago, il y a quelques mois.

— Regarde ce qu'on apporte, dit aussitôt Ron, fier comme un hippogriffe, avant de l'attirer dans une étreinte bourrue.

Harry ne put dire un mot alors que Ron entrait déjà chez lui, comme s'il habitait là.

— Comment tu vas, Harry ? s'enquit Hermione en venant poser un baiser sur sa joue.

— Bien, entre. Qu'est-ce que vous faites ici ?

— On est vendredi soir, aucun de nous de travaille demain et on ne t'a pas vu depuis des jours, alors on vient prendre des nouvelles, passer du temps avec toi. On te dérange ?

— Harry ! hurla Ron de l'autre pièce.

— Ron a trouvé, rit légèrement Harry en refermant et il conduisit Hermione au salon où Ron fixait Drago.

— C'est quoi ? demanda le roux en montrant Drago.

— Quand on est bien élevé, on dit, qui est-ce ? grogna Drago qui se tenait droit et fier, l'expression froide. Et dans ton cas, tu connais déjà la réponse.

— Oh, pardon, je ne savais pas qu'il serait là, souffla Hermione.

Harry fit signe que ce n'était pas grave et vint poser une main sur l'épaule de Ron.

— Tout va bien. On vient de finir de manger. Vous tombez à point avec les gâteaux. Je vais débarrasser.

Harry allait s'exécuter mais Ron l'arrêta par le bras, en le fixant de son regard d'Auror.

— J'ai dit que tout allait bien, Ron, sourit Harry. C'est... mon ami.

Les yeux de Ron se reposèrent aussitôt sur Drago, méfiant et ce dernier haussa les épaules en signe d'indifférence.

— Ron, tu le savais déjà, intervint Hermione en venant enlacer la taille du roux. Bonsoir, Drago.

Puis, dans le silence tendu, elle tendit la main vers le blond. Ce dernier haussa un sourcil arrogant à l'entente de son prénom et après de longues secondes, il finit par serrer la main de la jeune femme.

— Granger, salua-t-il simplement.

Ron se tourna soudainement vers Harry en fronçant le nez.

— Dis-moi que je ne suis pas obligé de l'appeler Drago ? S'il te plaît.

— Épargne-moi ça, souffla Drago en fronçant le nez.

Harry rit aussitôt en prenant les assiettes.

— Faites comme vous le voulez, tant que vous ne vous battez pas.

— Cela serait inutile et futile, répondit Drago en l'aidant, prenant le reste.

Harry le regarda faire, amusé, et attendit qu'ils soient dans la cuisine pour lâcher un « fuyard » avec amusement, attrapant déjà d'autres verres pour tout le monde.

— Je ne fuis pas. Tu veux que je te laisse avec tes amis ?

— Non, pourquoi ? s'étonna Harry avant de hausser une épaule. Sauf si cela semble trop difficile pour toi.

— J'ai déjà vécu pire, rassura Drago avec un sourire en coin.

— Parfait. Prends les assiettes s'il te plaît.

Et Harry retourna aussitôt dans le salon de sa démarche un peu bancale.

— Je te ramènerai la potion demain, prévint Drago avant de suivre.

— J'en ai pas besoin, grommela Harry en posant les verres. Vous vous faites une sortie en amoureux ?

— Demain, sourit Hermione. Je vais aller lui faire découvrir l'un des restaurants côté moldu.

Drago servit les verres sans un mot avant de s'asseoir près d'Harry.

— Mione m'a promis qu'on y mangeait aussi bien que de l'autre côté, dit Ron en se tapant le ventre avant d'ouvrir le sac. Il n'y a que trois gâteaux.

— Malfoy et moi on va partager, proposa Harry.

— Tu vois, toi aussi tu l'appelles Malfoy, s'écria soudainement Ron en se tournant vers Hermione pour la prendre à témoin.

— Observateur, Weasley, ironisa Drago.

— Vieille habitude je suppose, proposa Hermione.

Harry leva un sourcil vers le blond.

— Je n'y ai même pas réfléchi à vrai dire. Tu veux que je t'appelle Drago ?

— Tu fais bien comme tu as envie, répondit aussitôt le blond en lui tendant sa part de gâteau.

Harry leva un sourcil étonné, découpa aussi bien qu'il le pouvait son gâteau pour le partager avec lui. Ron les fixa une seconde avant de se pencher vers Hermione.

— C'est bizarre tout de même.

— Je trouve que c'est un progrès. Il y a quelques années, Drago et nous dans la même pièce autour d'un verre de vin, c'était risible, s'amusa Hermione avec un petit rire.

— C'est ce que je dis. C'est presque maléfique, sourit Ron en admirant Hermione.

— C'est surprenant, rectifia la jeune femme.

— Nous allons passer toute la soirée là-dessus ? s'enquit Drago en s'appuyant au dossier.

— J'ai testé un travail aujourd'hui, lança aussitôt Harry en avalant un morceau de gâteau avec joie.

— C'est vrai, s'enthousiasma aussitôt Ron. C'est quoi ?

— Facteur !

Hermione avala sa gorgée de travers et mit quelques secondes à se reprendre en lui jetant un regard attendrit.

— Harry, ce n'est pas pour toi ce genre de chose.

— C'est quoi facteur ? demanda aussitôt Ron en tirant la manche d'Hermione.

— C'est un métier moldu, Ron. Les moldus n'ont pas de chouette alors ce sont des moldus qui distribuent les courriers dans les boites aux lettres des gens. Facteur, c'est celui qui glisse la lettre dans la boîte aux lettres.

— Tu as fait ça ? s'écria Ron, choqué.

— Je me disais qu'être dehors et sur un vélo c'était cool, se défendit Harry. Mais effectivement, mes jambes n'ont pas aimé.

— Harry, facteur, ce n'est pas cool. C'est dur, fastidieux, répétitif, fatiguant et rébarbatif, soupira Hermione.

— Maintenant, je le sais, rit Harry en s'enfonçant dans le canapé. J'ai essayé, c'est bien déjà.

— Carrément. Si Harry a envie d'être une chouette, ça le regarde, renchérit Ron pour soutenir son ami.

— Tu trouveras mieux, assura Hermione.

— Je n'en doute pas, sourit Harry.

— Ce ne sera pas difficile en même temps, argua Drago.

— Soyez pas tous médisants, rit le brun. Le principal c'est que je travaille non ?

— C'est que ça te plaise, rectifia Hermione.

— Oui, oui. Je vais bien.

— Tu ne nous as même pas fait visiter ce que tu avais fait depuis la dernière fois, enchaîna la jeune femme en se relevant. Tu nous montres ?

— Ouep ! Vous allez voir comment on a bien travaillé !

— On ? répéta Ron.

Harry tapota sur l'épaule de Drago puis se leva.

— Oui, on, sourit Harry avant de leur faire signe de les suivre.

— Tu verras, Weasley, c'est fait avec goût, ricana Drago en reposant son verre pour suivre.

— J'ai toujours su qu'Harry avait du goût, renchérit-il aussitôt.

— Suffit vous deux ! Donc ça c'est la chambre, elle est presque finie.

— Les meubles sont magnifiques, Harry, s'exclama Hermione. Et le parquet est sublime.

— Merci, sourit Harry, heureux.

Pourtant, quand son regard se posa sur Drago, il rougit légèrement en se souvenant comment cela s'était passé pour les meubles et se détourna aussitôt. Drago en eut un sourire triomphant que personne ne vit alors qu'il observait Granger s'avancer. Elle examinait les murs en attente de la seconde couche puis elle revint vers eux.

— Tu vas enfin dormir dans un endroit décent, c'est vraiment beau. N'est-ce pas, Ron ?

— Ouais, je suis même étonné en fait, sourit Ron en se prenant un coup gentil dans le bras par Harry. Quoi ? T'es pas le pro de la mode non plus.

— Oui, bon j'ai eu une excellente aide. Ça te va comme ça ?

— Parfait, sourit Ron.

Harry leur montra le reste avant qu'ils reviennent au salon.

Hermione et Ron finirent par partir alors qu'Harry rangeait la vaisselle.

— Merci d'avoir été gentil avec eux, dit-il doucement.

— Je sais être civilisé, répondit Drago, appuyé contre la grande table.

— Il faut croire, sourit Harry en mettant tout dans l'évier. Cela me tracasse depuis que Ron en a parlé. Et si on s'appelait par nos prénoms ? C'est ce que je fais avec tous mes amis après tout.

— Et je suis un ami ?

— Ce n'est pas ce qu'on avait dit ? demanda Harry en se tournant vers lui, les sourcils froncés.

— On n'a jamais rien défini.

— Il me semblait, moi. Mais comme c'était parce que tu faisais la tête, je me doute que tu ne veux pas revenir sur le sujet.

— Je ne faisais pas la tête, grommela vaguement Drago. Mais si tu en as envie, on peut s'appeler par nos prénoms, cela me convient.

— Cela a l'air de te crever le cœur, rit Harry en croisant les bras, appuyé sur le plan de travail. Ne plus crier Potter va tant te manquer de ça ?

— T'appeler par ton prénom ne m'empêchera pas de dire Potter quand tu m'agaces, ricana le blond.

— J'aurais dû m'en douter... Dra-go, sourit Harry en insistant sur le prénom dans une tentative d'imitation de l'ancien Serpentard du temps de Poudlard.

— Tu le dis presque bien.

Harry rit aussitôt, avant de bailler à s'en décrocher la mâchoire.

— J'ai le temps de me former, non ? Dra-goooo ?

— Va donc te coucher, il est tard.

— Je ne veux pas te chasser.

— Je reviendrai demain, assura Drago en venant passer une main dans ses cheveux avant de s'éloigner.

— Toi aussi, repose-toi. Tu as une tête affreuse.

— Je suis toujours magnifique, rétorqua Drago depuis le salon.

— Peut-être, mais repose-toi. Tu devrais peut-être prendre quelques jours, souffla Harry en le fixant dans l'entrée.

— Je m'ennuie quand je suis en vacances, révéla Drago en passant sa veste.

— Je te dirais bien que tu viendras m'aider mais ce n'est pas reposant. Je suis sûr que tu pourras embêter des amis, non ?

— Je n'aime pas les vacances, c'est comme ça. L'oisiveté me rend mauvais. Allez, à demain, je devrais arriver plus tôt.

— Très bien. À demain alors. Bonne nuit, Drago.

— Bonne nuit, Harry, souffla Drago avant de sortir pour de bon.

Harry referma la porte avec un sourire amusé. C'était vraiment étrange, mais il pourrait s'y faire à entendre son prénom entre les lèvres fines du blond. Oui, il pourrait s'y faire très bien même.


Alors ce lit? C'était une belle avancée, non ? :D