PARTIE 7 : fiévreuse déclaration

Sébastian s'assit aux cotés de son maître, qui le dos courbé, les mains serrées sur ses jambes, n'émit pas la moindre protestation.

Le diable pris alors la parole d'une voix que Ciel ne lui connaissait pas. Douce et non doucereuse. Sincère et non moqueuse.

- Bocchan…..oui nous savons ce qui arrivera à la fin. Mais votre vie ne sera pas fauchée inutilement, à cause d'une maladie ou d'un accident stupide. La mort ne vous surprendra pas et ne mettra pas fin à votre existence sur Terre sans que vous ayez eu votre mot à dire. Non Bocchan, cette fin là, elle arrivera car Vous l'aurez voulu ! Vous mourrez comme vous aurez vécu, dans l'honneur, en trainant au fond du Puits tous ceux qui vous auront humilié.

Vous m'avez appelé et je suis venu. Vous avez choisi votre propre mort et cette mort c'est moi qui vous la donnerai. Je vous la donnerai au nom de notre Pacte, et je ne laisserai personne d'autre le faire. Je ne laisserai personne vous arracher à moi. Vous êtes à moi et je ne veux plus que vous. Plus rien désormais ne compte à part vous. Pas votre âme, Vous, mon maître, vous tout entier. Le désir de posséder votre âme s'est transformé en quelque chose d'autre... que je n'ai jamais ressenti avant. Le besoin d'être avec vous, de vous avoir avec moi, tout le temps, pour toujours. La crainte de vous perdre avant l'heure, ne s'estompera que ce jour où je serais sûr que vous ne m'échapperez plus, que vous n'aurez plus comme refuge que mon corps et comme compagne… mon âme.

Ciel était abasourdi. Sébastian venait de lui confirmer qu'il le mettrait à mort lorsque le jour serait venu. Pourtant ce n'était pas de la peur qu'il ressentait à cet instant. Il ne savait même pas ce qu'il ressentait. Comme c'était risible. Quiconque les aurait surpris tous les deux en cet instant aurait pu penser que Sébastian lui déclarait sa flamme, vu la ferveur qu'il avait mis dans ses mots.

Ciel leva les yeux vers son démon pour lui répondre, mais le regard qu'il croisa alors l'électrisa et le mit mal à l'aise.

- Sébastian…. Je…

- CIEL CIEL CIEL CIEL CIEL CIEL!

Comme quoi les meilleurs moments ont une fin ! se dit le démon fronçant les sourcils, se préparant psychologiquement et physiquement à ce qui allait suivre.

- CIEL JE SUIS SI CONTENTE DE TE VOIR ! On m'a dit que tu étais ici ! Bonjour Sébastian !

Sébastian était déjà debout et avait repris l'attitude d'un parfait majordome.

- Bonjour Mademoiselle Élisabeth ! Nous ne vous attendions pas si TOT ! Monsieur DOYLE, nous ne vous attendions PAS DU TOUT!

Arthur ne prit pas la peine de répondre à Sébastian, le dernier souvenir qu'il avait de lui était encore vif et extrêmement désagréable. Il préféra s'approcher de Ciel qui s'était relevé, pour le saluer.

- Bonjour Comte. Cela fait longtemps, trop, certainement, dit Arthur en tendant une main enjouée au jeune comte pour l'aider à se relever.

- Bonjour Arthur. Oui cela fait longtemps en effet, dit poliment Ciel refusant la main tendue en époussetant ses habits.

- A chacun sa notion du temps, coupa sèchement Sébastian, regardant en coin l'écrivain.

- On ne peut jamais rester trop longtemps loin de Ciel, il est si mignon ! N'est-ce pas vous deux qu'il est mignon MON Ciel ? s'écria Lizzie, s'approchant de Ciel pour le serrer (étouffer) dans ses bras.

Ciel se demanda pourquoi il avait fait éradiquer toutes les taupes du jardin. Un de leur trou aurait été en effet bien utile en cet instant pour s'y terrer.