Genre : historique, yaoi, aventure

Discalmer : ces persos appartiennent à Minekura, mais elle m'a promit de me mettre sur son testament !

Bon, je n'aime pas trop Hakkai dans ce chapitre, mais je vous rassure, il se rattrapera !

Comme promis, voici Dokugakuji dans l'habit du salaud ! Avec toutes mes excuses ! Et ça va être pire après !

Merci pour toutes vos reviews, elles me touchent beaucoup !

La Putain du roi

Les jours qui suivirent l'enterrement, Gojyo eut l'immense soulagement d'avoir Sanzo de nouveau à ses côtés pour l'aider dans son travail. Ce dernier s'était remis de ses blessures, et le médecin avait dit que l'on pourrait bientôt enlever son attelle, ce qu'il attendait avec impatience. De plus, les quelques jours qu'il avait passé dans son domaine à la campagne lui avait le plus grand bien… Le roi le surprenait parfois à regarder Goku d'un air étrange, et il souriait, content qu'ils se soient enfin parlé….

Quant à Goku et Hakkai, ils s'étaient retrouvé avec plaisir et avaient repris leurs anciennes habitudes comme si rien n'avait jamais vraiment changé. En fait, le seul changement qu'on pouvait noter était la présence d'un nouveau personnage qui déambulait parmi la cour avec aisance. Dokugakuji avait en effet trouvé sans problème ses marques parmi la haute société, comme s'il ne l'avait jamais quitté. Il se montrait d'une arrogance et d'une ruse sans égale, et l'on comprenait qu'il prenait beaucoup trop de plaisir à évoluer parmi la cour pour avoir eu un jour l'envie de la diriger. Il était fait pour être un esprit libre, pas pour être roi.

Comme il était le frère du roi, rien ne lui était refusé aussi se permettait-il de jouer parfois au véritable petit tyran, mais cela ne durait jamais bien longtemps et il retournait vaquer à ses occupations, inconnues de tous. Il sortait souvent du palais, on pensait alors qu'il ne reviendrait pas, puis il réapparaissait un jour ou deux après, et on s'étonnait d'avoir pu penser qu'il quitterait ainsi la cour. En résumé, Dokugakuji était un être étrange, qui vivait selon son bon plaisir et suivait sans se décourager ses propres objectifs.

Il dînait rarement avec le roi, préférait passer ses soirées à jouer aux cartes ou à parcourir les auberges de la capitale en compagnie de quelques jeunes nobles, attirés par son énergie.

Il était devenu tellement présent à la cour qu'Hakkai s'étonna que Gojyo lui parle si peu de lui. Le roi semblait se désintéresser de tout ce que pouvait faire son frère et préférait la plupart du temps l'éviter. Sans doute l'ombre qui avait pesé sur son enfance revenait-elle le hanter après tant d'absence, et il se repliait sur lui-même pour lui échapper. Hakkai tenta d'en parler avec Sanzo, mais ce dernier affirma que cela passerait, comme toute chose. Il fallait que Gojyo accepte son frère, un point c'est tout.

Cependant, le frère était-il à même à accepter Gojyo ?

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Hakkai était seul dans la bibliothèque, en train de lire un de ses romans préférés du moment, Le Cid de Corneille, et il en était au passage où Rodrigue racontait la bataille qu'il avait mené quand un bruit de livres qui tombent le fit sursauter. Il tourna la tête et aperçut Dokugakuji qui regardait avec amusement la pile de livre qu'il avait renversé s'étaler sur le sol.

- Désolé, dit-il dans un demi-sourire, peu convaincu lui-même d'être réellement désolé.

Hakkai lui répondit par un sourire et se repencha sur son livre.

Une main surgit alors et baissa son livre : le visage souriant de Dokugakuji lui apparut.

- Excusez-moi, mais ce livre est-il aussi passionnant que cela ? Je n'ai pas mémoire que Corneille était un auteur si merveilleux qui puisse m'empêcher de discuter aimablement avec quelqu'un !

Comprenant qu'il avait pu se montrer impoli, Hakkai s'excusa.

- Il est vrai que lorsque je lis, j'oublie un peu le monde extérieur…. Vous vouliez me parler ?

- Oui et non… Disons que j'aimerais vous connaître. Mon frère n'est pas attaché à vous sans raison, je me trompe ?

- Bien, je brûle également de faire votre connaissance…

- Ah, mais qui a dit que l'on parlerait de moi ? Je ne désire entendre parler que de vous !

Un peu surpris, Hakkai ne su que répondre.

- Dites-moi, que pensez-vous de mon frère ?

- C'est un homme merveilleux et un excellent roi. J'ai de la chance de l'avoir rencontré.

- Pourtant, on m'a dit que votre rencontre avait été un peu… disons forcée, non ?

Dokugakuji souriait d'une étrange manière qui déplut à Hakkai. Il avait une idée précise derrière la tête qui ne lui disait rien qui vaille.

- Tout cela est du passé, j'ai su tourner la page. Pourquoi cette question ?

- Oh, rien, je me demande seulement ce que l'on peut trouver à un homme comme mon frère…. Dites-moi, une autre question : vous couchez également avec Sanzo ?

Cette fois-ci, Hakkai ne pu retenir sa colère qui commençait à monter.

- Qu'est-ce qui vous permet de dire de telle sottises ? Je suis fidèle au roi !

Encore plus souriant devant l'emportement du jeune homme, Dokugakuji le calma d'un geste de la main.

- Bon bon, n'en parlons plus. Mais ne dites pas que vous êtes fidèle, ce mot n'existe pas dans la langage humain !

Hakkai leva les épaules devant le principe stupide qu'exposait Dokugakuji. Il le regarda ensuite d'un air soupçonneux, essayant de lire en lui.

- Mais pourquoi ces questions ? Pourquoi vous intéresser à moi ?

- Disons juste que je m'intéresse à tout ce que mon frère possède, à part la couronne, ça il peut la garder !

Hakkai se leva, furieux de retrouver dans les paroles de cet homme son impression de n'être qu'un objet qu'il avait réussi à oublier depuis peu.

Il s'apprêtait à partir quand la voix de Dokugakuji l'arrêta sur place :

- Sachez que je me suis mis en tête d'avoir tout ce dont mon frère profite, histoire de savoir ce qu'est la vie de roi…. Ma chambre restera ouverte cette nuit, je vous y attendrai.

Sans se retourner, le jeune homme lui répondit d'une voix glaciale :

- Vous pourrez toujours attendre, mais je suis persuadé que je n'aurai pas à en pousser la porte !

Alors qu'il partait sans s'arrêter à grands pas, Dokugakuji murmura pour lui-même.

- Ça, c'est ce qu'on verra…

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Hakkai ne parla pas de cette rencontre au roi mais il comprit pourquoi Gojyo avait des doutes sur son frère : en fin de compte, Dokugakuji était jaloux du roi et cherchait à s'emparer de tout ce qu'il possédait, juste par envie. S'il avait autrefois rejeté la couronne par simple caprice, et même s'il criait à tout le monde qu'il n'en voudrait pas pour tout l'or du monde, au fond de lui il commençait peut-être à regretter d'avoir abdiqué aussi vite….

Quoique son attitude était étrange…. En fait, Hakkai ignorait la véritable pensée de Dokugakuji, mais il était sûr qu'il ressentait de la jalousie vis-à-vis de son frère. Peut-être était-il tout simplement envieux de son bonheur actuel…..

En tout cas, chaque fois qu'il l'apercevait, Hakkai changeait de pièce ou bien essayait d'être discret. Il cherchait à l'éviter à tout prix, ce que Gojyo remarqua inévitablement.

Il lui demanda la raison de son comportement mais le jeune homme éluda la question en répondait vaguement. Le roi ne fut pas dupe aussi observa-t-il attentivement ce qu'il pouvait y avoir entre les deux hommes, mais comme rien ne se remarquait, il du prendre son mal en patience.

Dokugakuji remarqua lui aussi qu'Hakkai l'évitait mais cela l'amusait plus qu'autre chose : il aimait bien jouer avec sa proie…

Ainsi, il commença un jeu aussi déplaisant pour Hakkai qu'il était divertissant pour lui : il s'arrangea pour se trouver quelquefois seul avec le jeune homme. Pendant ces rares instants où Hakkai ne pouvait pas fuir, il lui faisait alors des avances accompagnées de gestes déplacés, des remarques acerbes ou obscènes qui énervaient beaucoup le jeune homme mais contre lesquels il ne pouvait rien. Il repoussait à chaque fois Dokugakuji mais cela semblait plus l'amuser qu'autre chose et Hakkai en vint à le redouter sérieusement. Il jouait un jeu qui ne lui plaisait pas du tout et devenait de plus en plus pressant. Il lui avait pourtant expliqué qu'il ne voulait pas tromper le roi, qu'il n'éprouvait aucune attirance pour lui et que tout cela ne servait à rien mais il ne l'écoutait même pas, convaincu qu'il céderait.

Hakkai ne parla jamais de cela à Gojyo, Dieu seul savait quelle pourrait être sa réaction et le jeune homme redoutait ses accès de colère. Il pouvait faire n'importe quoi, en sachant pertinemment qu'il pourrait le regretter, et Hakkai ne voulait pas en être l'origine. D'autant qu'il espérait que le frère du roi cesserait bientôt son horrible jeu en voyant qu'il ne lui céderait pas….

Un jour, tout se compliqua. Alors qu'une nouvelle fois, Dokugakuji s'amusait à torturer psychologiquement le pauvre Hakkai, dans un des salons de musique, où il l'avait acculé contre un piano et tentait de lui voler un baiser contre lequel Hakkai se défendait de toutes ses forces, Sanzo entra.

La stupéfaction qui orna son visage fut aussi grande que celle d'Hakkai, alors que Dokugakuji afficha un petit sourire tandis qu'il quittait la salle, dérangé dans son activité.

- Bon, je vous laisse. A bientôt Hakkai !….

- Ecoute Sanzo, ce n'est pas ce que tu crois !

- Et qu'est-ce que je dois croire ? répondit le premier conseiller d'un ton calme.

Apparemment il devinait ce qui se passait mais préférait en avoir le cœur net en écoutant Hakkai. Ce dernier lui raconta tout, heureux de pouvoir se livrer enfin à quelqu'un, puis attendit son jugement. Qui ne se fit pas attendre :

- Et qu'est-ce que tu attends pour lui donner un bon coup de genoux dans les couilles ?

Hakkai pouffa mais redevint vite sérieux.

- Si seulement je pouvais ! Mais c'est quand même le frère du roi !

- Et alors, ça change le respect qu'il te doit ?

Devant le silence d'Hakkai, Sanzo comprit un peu de qu'il avait voulu dire. Même s'il avait abdiqué, Dokugakuji gardait quelque pouvoir au palais, rien que par le sang royal qui coulait dans ses veines, et il ne faisait jamais bon s'opposer à lui, même si Gojyo aurait soutenu Hakkai dans tous les cas. Il était des forces qu'il ne valait pas mieux mettre en branle….

- Ok, j'ai compris ! Mais la prochaine fois, flanque-lui quand même un bon coup, ça lui fera du bien, et ça m'étonnerait qu'il t'ennuie pour cela…. Il aura trop honte !

Ils rirent ensemble, et l'atmosphère se détendit. Sanzo promit de ne pas en parler au roi mais il demanda au jeune homme de réagir si jamais Dokugakuji allait trop loin. Lui aussi n'estimait guère le frère du roi et le voir remettre à sa place par Gojyo était l'un de ses fantasmes non avoué.

Hakkai fut plus détendu après cette conversation, même s'il se sentit un peu idiot. Il aurait pu mieux se défendre quand même….

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Quelques jours plus tard, Dokugakuji coinça de nouveau Hakkai contre une des portes de la salle d'armes, lui réclamant une fois de plus ses faveurs. Il s'attendait à le voir rougir ou réagir violemment contre les avances qu'il lui faisait, mais le jeune homme lui sourit. Croyant la partie enfin gagnée, Dokugakuji avança la tête, espérant capturer les lèvres du jeune homme. Le coup qu'il reçut dans le bas-ventre brisa tout espoir en lui. Il se tordit misérablement en deux, le souffle coupé. Hakkai en profita pour fuir.

- Désolé, mais je ne supporte plus vos manières !

Dokugakuji reprit lentement son souffle, appuyé contre le mur. Il sourit : il ne s'était pas attendu à cela… La chasse n'en devenait que plus intéressante quand la proie se débattait !

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Un soir, le dîner fut plus long que d'habitude : des problèmes à la frontière retenaient l'attention du roi et de son premier conseiller, et ils en discutèrent pendant tout le repas. Apparemment, un comte ne remplissait pas tout ce qui lui était demandé pour garder la frontière intacte, et cela s'en ressentait dans les rapports avec les pays voisins. Bien ennuyé, Gojyo décida de s'y rendre sur place en fin de compte, car rien n'est jamais mieux réglé que par soi-même.

Lorsqu'il l'annonça à Hakkai le soir même, le jeune homme demanda à l'accompagner, mais Gojyo s'y refusa. Cela n'était l'affaire que de deux jours et il ne voulait pas forcer le jeune homme à effectuer un aussi long voyage pour rien. Et puis il aurait tellement de travail qu'il ne pourrait même pas être un peu de temps avec lui.

Ils partirent trois jours après, pressés de régler cette affaire au plus vite. Cela devenait si compliqué quand les frontières étaient en jeu qu'il valait mieux se dépêcher.

Hakkai et Goku les regardèrent partir depuis la cour du palais, les voyant devenir de plus en plus petits. Ils furent sortis de leur observation par le jeune frère d'Hakkai qui leur tirait leur manche. C'était son jour de repos, il n'avait pas classe et comptait passer son temps avec son aîné et son ami. Ils le suivirent avec joie…

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La nuit était tombée depuis longtemps : Goku et le jeune frère d'Hakkai s'étaient endormis côte à côte sur l'un des canapés du grand salon et Hakkai n'osa pas les réveiller. Il les recouvrit d'une grande couverture et se dirigea vers sa propre chambre, impatient lui aussi de s'allonger pour dormir.

Les couloirs étaient déserts, beaucoup de domestiques avaient suivi le roi dans son voyage, comme cela se faisait souvent. Il était impensable que le roi se déplace sans un minimum de personnes, une façon comme une autre de montrer son pouvoir aux nobles...

Il buta dans le noir contre un étrange objet et se baissa pour le ramasser. Un verre…

Qu'est-ce qu'un verre faisait là ?

- Ah, vous l'avez retrouvé ! Ça doit faire dix bonnes minutes que je le cherche !

Hakkai leva les yeux et aperçut un homme, visiblement très éméché vue la façon étrange qu'il avait de tituber sur place , qui venait à sa rencontre, les bras tendus pour s'emparer du verre en question. Le jeune homme le lui donna, ou plutôt le lui plaça directement dans ses mains qu'il avait du mal à coordonner pour prendre correctement le verre.

- Merci mon bon garçon !…. Bon, je vais retourner à la fête…. Zut, c'est par où déjà ?… Hips.

Hakkai rit devant l'expression enfantine que le vin procurait au personnage, et le voyant prêt à tomber, il lui retint le bras afin de l'empêcher de s'étaler de tout son long.

- Où se passe votre fête, je peux peut-être vous y emmener ?

L'autre le regarda, heureux de trouver de l'aide au milieu de ce monde qui tanguait autant, et s'agrippa à son bras comme un chien à son os.

- Ah ça c'est gentil…. Hips…. J'étais avec le prince et tout d'un coup, ce maudit verre qui part…. Vous comprenez bien que je pouvais pas le laisser s'en aller comme ça, alors j'ai suivi et… Pffff !

L'homme fit un geste de sa main qui indiquait subtilement la longue traversée du palais qu'il avait dû faire pour retrouver son verre, tout en résumant à l'aide d'un long soupir combien cela lui avait été dur, ses veines remplies à moitié de sang et à moitié d'alcool.

Le prince… Hakkai se dit qu'il voulait sans aucun doute parler de Dokugakuji, que beaucoup à la cour surnommaient comme cela en raison de son sang royal. L'homme avait dû faire beaucoup de chemin pour arriver jusqu'ici… Ah le pouvoir du vin !

Ils se mirent donc en route, le jeune homme soutenant l'homme ivre qui avait beaucoup de mal à marcher droit.

Ils étaient à peine à l'entrée du couloir qui menait aux appartements du prince qu'une musique enjouée et des éclats de rire leur parvenaient, fidèles accompagnateurs des divertissantes soirées organisées au palais. Déjouant l'ennui qui pouvait s'installer à la cour et favorables à tous les débordements, ces soirées étaient très fréquentes, et très peu recommandables. Tous les jeunes nobles s'y retrouvaient, des hommes pour la plupart, les femmes ayant d'autres fantaisies, et certains vieux libertins s'y donnaient aussi rendez-vous, histoire de combler leurs passions. Noyés dans l'alcool et l'amusement général, les soirées se terminaient souvent par une orgie collective, reflet de la noblesse décadente.

Gojyo en avait parlé à Hakkai et l'avait mis en garde : l'alcool révélait parfois de sombres côtés chez les hommes et il valait mieux éviter de côtoyer ces soirées si l'on voulait avoir la paix.

Se doutant de ce qui pourrait lui arriver, Hakkai ne comptait pas rester et aussitôt déchargé de son poids, il s'en irait.

Il ouvrit la porte qui était restée entrebâillée et fut projeté immédiatement dans l'ambiance. La lumière assez faible qui se concentrait au milieu de la pièce, favorisant l'ombre dans les coins pour plus de discrétion, les mets et les verres dispersés un peu partout et surtout, les hommes qui s'étalaient n'importe où, là où le vin les avait fait tomber… Certains chantaient ensembles une vieille chanson paillarde, sur un ton faux qui aurait effrayé n'importe quel professeur de musique, d'autres étaient assemblés autour de deux joueurs qui organisaient un concours de vin, d'autres hommes discutaient dans un coin, moins saouls que leurs camarades… Ambiance sinistre au goût d'Hakkai. Il déposa rapidement l'homme dans un fauteuil.

- Merci… Hips….

A peine assis, l'homme se pencha sur le côté et vomit tout ce que contenait son estomac. Ecoeurant.

Au bruit qu'il fit, certains tournèrent la tête, peu préoccupés de ce qui se passait mais soucieux de ne pas manquer la moindre petite chose qui pourrait les faire rire.

- Mais c'est notre ami Hakkai ! s'exclama une voix dans le fond.

Dokugakuji surgit d'un groupe d'homme qui le dissimulait jusque là et approcha du jeune homme les bras grands ouverts.

- Vous vous joignez à notre petite soirée ?

Hakkai fit un geste de la main :

- Non, je vais partir.

Ce n'était pas de chance de tomber sur le prince alors qu'il ne désirait qu'une chose : quitter la fête. Pourvu qu'il le laisse partir !

Mais Dokugakuji ne l'entendait pas ainsi et il se saisit d'un pichet de vin qui traînait sur une table sur son passage.

- Vous en me ferez pas l'insulte de nous quitter sans boire une coupe avec nous quand même ! J'y tiens beaucoup !

Le groupe d'hommes qu'il venait de quitter rit en observant Hakkai et le prince qui l'avait rejoint. Ce qui le mit mal à l'aise.

- Je suis désolé mais…

- Il n'y a pas de mais ! Vous allez boire avec nous, et je vous laisserai partir !

Il s'empara de son bras et l'entraîna à sa suite vers le groupe d'hommes qui rigolait toujours, peu soucieux de la gêne d'Hakkai.

On lui déposa une coupe dans les mains : maintenant pas question qu'il parte sans boire !

Dokugakuji fit un signe à un de ses compagnons, qui en hochant la tête, lui apporta un pichet de vin.

- Un bon vin aromatisé !

Sans retenue, Dokugakuji remplit entièrement le verre du jeune homme tout en le regardant d'un œil satisfait de lui. Hakkai avait l'impression qu'il lui cachait quelque chose, mais le verre rempli dans ses mains, il fut bien obligé de le boire et s'enquit de cela par petites gorgées. Il ne voulait pas se retrouver saoul face au prince dont il connaissait les défauts.

Heureux qu'il boive, Dokugakuji leva à son tour son verre et cria :

- A Hakkai !

Le groupe d'hommes le reprit en riant, certains jouant des coudes dans les côtes des autres. Très mal à l'aise, car il ignorait totalement pourquoi ils riaient, Hakkai continua à boire, seule occupation qui se présentait à lui. Il se sentait ridicule et n'avait plus qu'une envie : partir !

- Et à ma nuit ! cria le prince, avec un clin d'œil pour ses compagnons.

Les coupes se levèrent et tous crièrent, heureux comme des gosses mais l'œil rempli de malice malsaine.

Puis un autre lança une nouvelle suggestion et tous reprirent à sa suite, emportés par l'alcool.

Enervé par les cris et l'agitation qui régnait et à laquelle il ne prenait pas part, Hakkai finit sa coupe, la posa sur une table et s'apprêta à partir, mais deux bras se saisirent de lui avec une force surprenante avant qu'il ne puisse sortir.

- Qu'est-ce que… ?

- La sortie est par là, répartit un homme qui le poussa dans une pièce adjacente, habilement dissimulée par des tentures.

Il jeta le jeune homme à l'intérieur et ferma bien vite la porte à clé, enfermant Hakkai. Ce dernier frappa à la porte, fit un raffut du diable, espérant que quelqu'un l'entende, mais derrière la porte, les rires continuaient, comme si de rien n'était. Personne ne faisait attention à ses cris et au bout de plusieurs minutes, épuisé, Hakkai arrêta de crier et de frapper la porte, cela ne servait à rien. Prenant son mal en patience, car il était persuadé qu'une fois dessaoulés, ils viendraient lui ouvrir, il examina la pièce où il était.

Eclairée seulement par la lumière de la pleine lune, il aperçut un lit, deux fauteuils et une petite table…. Une chambre ordinaire, quoiqu'à voir le luxe des meubles et l'insigne qui brodait les rideaux du lit à baldaquin, il s'agissait de la chambre du prince….

Hakkai eut un mauvais pressentiment : pourquoi l'avait-on enfermé là ? Il commençait à se dire que ce n'était pas l'œuvre d'un simple saoulard.

Il s'assit sur un des fauteuils, fatigué de rester debout. Son épaule droite lui faisait un peu mal, ses muscles tendus et fatigués se rappelant à lui. C'était avec cette épaule qu'il avait aidé l'homme rencontré dans le couloir, et il avait tellement appuyé sur elle qu'il avait l'impression d'avoir porté un sac lourd toute la journée. Il se la massa mais sans succès.

Puis il s'enfonça un peu plus dans le fauteuil et resta attentif aux bruits qui venaient de l'autre côté de la porte. Des cris, des rires, des sons dont il préférait ignorer la cause…. Mais aucune inquiétude pour son absence… Pourvu que la fête finisse vite….

A suivre….

Voilà, c'est juste un petit chapitre de transition, mais il est obligatoire !

Bon, je sais, je trouve moi aussi qu'Hakkai ne fait pas très viril dans ce chapitre, il fait un peu sa vierge effarouchée, mais c'est pour ça qu'on l'aime non ? Promis, après il va se rattraper !

Et comme ça serait dommage de vous laisser poireauter là, je vous offre en même temps le chapitre suivant !

Bonne lecture !