Bonjour tout le monde,

C'est avec un grand bonheur que je vous offre cette nouvelle case du calendrier ! C'est la première fois que j'écris sur ces personnages, et je suis heureuse que cette fic de l'Avent me permette d'expérimenter de nouveaux horizons en écriture, et vous fasse (re)découvrir ces personnages moins mis en avant dans l'œuvre de Rowling.

Je vous souhaite une très bonne lecture !

Disclaimer : les personnages et l'univers appartiennent à J.K. Rowling.

Rating : K


Avant la prochaine année

« Je… tiens beaucoup à toi. »

Audrey baissa la tête, sentant ses joues rougir légèrement. Elle était touchée de cet aveu, qui avait à ses yeux valeur de grande déclaration d'amour. La jeune femme savait que dans la bouche de l'homme dont elle était folle amoureuse depuis un an maintenant, ces mots signifiaient bien plus.

Je t'aime.

Percy ne les prononcerait sans doute jamais -ou pas avant quelques années de relation. Bien que toujours honnête et droit, le sorcier était pudique, et n'ouvrait pas son cœur facilement.

Pourtant, quand elle regardait en arrière, Audrey ne voyait que des jours heureux dans ces mois écoulés ensemble. Elle avait rencontré son petit ami quelques semaines avant qu'il ne soit nommé directeur du département des Transports Magiques, au moment d'une réception pour laquelle le Ministère avait fait appel à son service traiteur. Percy l'avait complimentée, lorsqu'il avait su qu'elle était la chef cuisinière du buffet, et c'est à la fin de son service qu'elle avait enfin accepté de trinquer avec lui au champagne.

Derrière ses lunettes strictes à monture en écaille -le même modèle depuis son adolescence, lui avait-il confié dans une tentative maladroite mais touchante d'engager la conversation- et au travers des bulles de champagne doré quand leurs flûtes avaient tinté ensemble, la jeune femme avait su déceler le charme discret mais réel de Percy.

En sorcière sage et plutôt timide, Audrey avait été particulièrement touchée par la cour galante et vieux jeu que le jeune homme avait alors entreprise à son égard. Rendez-vous dans des lieux chics mais sobres, cadeaux de bon goût, sans ostentation, approche amoureuse progressive et agréable… Tout avait su séduire la sorcière.

Mais c'est quand elle avait été présentée aux parents de Percy qu'elle avait compris qu'entre eux, ça devenait sérieux : elle n'était que la deuxième petite amie qu'il avait amenée chez lui -et encore, la sœur de son compagnon lui avait avoué que la précédente datait de leurs études à Poudlard, et qu'elle n'avait été présentée à la famille que parce que Ginny avait vendu la mèche de cette amourette (ayant surpris son frère en train d'embrasser son amoureuse de l'époque).

Les Weasley étaient des gens d'une gentillesse et d'une générosité comme rarement Audrey en avait rencontrés ! Et pourtant, elle venait d'une famille unie, et aimante -mais également petite. Bien sûr, l'énergie débordante et parfois envahissante des Weasley l'avait déconcertée au début -d'autant plus que Percy n'était pas du tout comme eux. Mais si la jeune femme pouvait se demander de qui son compagnon tenait sa rigueur parfois proche de la froideur, elle ne mit que peu de temps à comprendre d'où lui venaient son cœur affectueux et sa tendresse. Tout chez les Weasley respirait l'amour et la chaleur…

Il y a un mois, alors qu'il venait, comme tous les jours où il travaillait, déjeuner dans le restaurant qu'elle dirigeait, Percy avait remercié Audrey pour cet excellent repas, ajoutant « Même ma mère ne cuisine pas aussi bien. » La sorcière avait cru défaillir à ces mots : Molly Weasley était sans conteste le meilleur cordon-bleu de tout le Royaume-Uni. La première fois qu'elle avait mangé chez eux, Audrey s'était sentie étourdie par la saveur incomparable du plat -pourtant rustique- cuisiné par Molly. Et si elle avait ressenti l'espace d'un instant du découragement en réalisant qu'elle n'atteindrait sans doute jamais ce niveau d'excellence, bien qu'elle soit chef cuisinier, elle avait surtout éprouvé une bouffée d'admiration supplémentaire pour la mère de son amoureux. Audrey était comme cela : modeste, et altruiste.

Mais le compliment de Percy, ce jour-là, avait fait comprendre à la jeune femme combien elle avait de la valeur aux yeux du sorcier. Elle qui n'était pas souvent complimentée ou mise sur le devant de la scène avait éprouvé un bonheur rassérénant à ce moment-là. Et avait ressenti encore plus d'amour pour son petit ami -même si, pudique comme lui, elle ne le lui avait dit que par un timide sourire.

« Je tiens, vraiment, vraiment beaucoup à toi. » répéta Percy, ramenant Audrey au moment présent.

Autour d'eux, sur la place de Trafalgar Square, les vendeurs des stands du marché de Noël interpellaient joyeusement les promeneurs, tandis que les premières guirlandes lumineuses s'allumaient alors que la nuit tombait sur Londres. Leur virée shopping les avait amenés ici, attirés par une chorale de Noël qui enchantait les lieux de ses ritournelles enfantines pleines de nostalgie. Un faux Père Noël attira à lui trois enfants hilares d'excitation de rencontrer leur idole, et le fumet enivrant d'un vin chaud épicé s'éleva depuis un des petits cabanons en bois décorés.

Etourdie par l'ambiance festive et les mots de Percy, Audrey laissa échapper un petit rire, frais et spontané.

« Moi aussi, mon chéri ! » s'exclama-t-elle avec une audace qu'elle ne se connaissait pas.

Cet aveu en retour sembla toucher le jeune homme, qui redressa d'un geste machinal ses lunettes sur son nez -geste qu'il faisait toujours quand il se sentait embarrassé. Mais le franc sourire qui lui vint lui aussi naturellement trahissait sa joie.

Fouillant dans sa poche, il en sortit une petite boîte de velours bordeaux -et le cœur d'Audrey loupa alors un battement. Posant un genou à terre, Percy déclara, d'une voix tremblante bien loin de celle qu'il avait quand il énonçait ses discours pleins d'assurance au Ministère :

« J'espère que tu me pardonneras de me donner ainsi en spectacle -mais après tout, nous sommes dans le Londres moldu… » Audrey, malgré les battements frénétiques de son cœur affolé, réussit à sourire devant la prudence de son pourtant bien audacieux compagnon. « Cela fait un an que nous nous sommes rencontrés, et que tu me fais la joie d'être ma petite amie. Mais parce que tu vaux bien plus que cela à mes yeux et dans mon cœur, j'aimerais te demander aujourd'hui… Veux-tu bien être ma femme ? »

Quand il ouvrit de ses mains tremblantes le petit écrin, Audrey découvrit la plus belle et délicate bague qu'elle avait jamais vue : l'anneau d'or blanc, finement ciselé en torsade, était orné d'un flocon de neige en diamants. Le bijou était si superbement exécuté qu'il donnait véritablement l'impression qu'un flocon était venu délicatement se poser sur l'anneau, s'y figeant dans la pureté du diamant.

Les mots manquèrent à la jeune femme, mais elle acquiesça vigoureusement. Heureux, Percy se redressa, et lui passa doucement la bague au doigt. Les yeux brillants d'un bonheur trop grand pour être contenu, Audrey oublia une seconde la bienséance, et se jeta dans les bras de son fiancé, l'embrassant passionnément. Percy, stupéfait, n'en répondit pas moins avec passion à ce baiser… avant de fuir en riant avec sa future épouse quand le Père Noël, les trois enfants et deux vendeurs de saucisses grillées les sifflèrent et les applaudirent !