Bonsoir tout le monde ! Voici le chapitre 7, je vous préviens il est court. C'est un interlude, une introduction au dernier chapitre. Car oui ceci est l'avant dernier chapitre. Je vous promet que le dernier chapitre sera beaucoup, beaucoup plus long puisqu'il fait plus de 4000 mots.
Merci à Shukrat et Garfieldown pour arriver à supporter mes erreurs grosses comme des buildings.
Merci à vous de lire et de reviewer (même si le chapitre précédent à eu moins de succès)
Merci aux Guests à qui je ne peux pas répondre en privé.
Bonne lecture !
Chapitre 7
Afin d'installer son autorité une bonne fois pour toute sur Hermione, Severus se leva du canapé et, d'un pas décidé se dirigea vers le réfrigérateur pour chercher de quoi se sustenter. Il était maintenant en pays conquis, il était sur son territoire. S'il avait été un chien il l'aurait marqué en levant la patte. Oui Severus avait remporté la bataille. Oui Severus était satisfait.
La jeune ébouriffée était plus renfrognée que jamais, elle aurait même pu rivaliser avec Snape pour la plus belle moue renfrognée de Grande-Bretagne. Elle observa le Serpent se lever du canapé, ouvrir le réfrigérateur et y enfoncer sa masse graisseuse qui lui servait de cheveux. Elle grogna intérieurement. Puis d'un ton fort peu sympathique elle lança :
« Non mais allez-y surtout, vous gênez pas pour moi hein. Après tout ce n'est que chez moi. Par les bas résilles de Merlin, ça vous arracherez la gueule de demander ? »
Si Severus fut surpris par la verve peu enjôleuse de sa camarade de nuit il ne le montra pas. Il continua de fouiller minutieusement tous les compartiments du frigo.
Le Prince de sang-mêlé, après avoir récupéré un bol de tomates cerise sortit sa tête du frigidaire et regarda Hermione en levant les sourcils avec le rictus n°72 au coin des lèvres. Il engouffra ensuite une tomate cerise qu'il mâchouilla bruyamment. Oh il aimait ce sentiment de toute puissance, il aimait amener les autres à bout de nerfs, les faire sortir de leurs gonds. Elle n'avait que ce qu'elle méritait, elle l'avait insulté, même frappé cette Jézabel de bas étages. Cette stripteaseuse des caniveaux. Cette dépravée. Il allait lui montrer qu'on ne se gaussait pas de Severus Tobias Snape. Il se dirigea alors vers les placards. Il était en train de mettre la main sur une boite de terrine de lapin aux cèpes lorsqu'il sentit quelqu'un lui tapoter l'épaule.
Severus se retourna vers la source dérangeante, et fut accueilli par une gifle monumentale qui lui fit voler ses cheveux gras et se cogner contre la porte ouverte du placard.
« Espèce de sale enfoiré de bâtard ! Vous ne pouvez pas vous en empêcher hein ? Humilier ? Saborder ? Rabaisser ? Pendant 6 ans, 6 longues années j'ai eu à subir vos réflexions aussi basses que blessantes. Pendant 5 ans j'ai eu à consoler les plus jeunes, traumatisés par vos paroles remplies de fiel, d'amertume, d'aigreur. Et après 15 ans sans vous croiser, 15 ans de bonheur et de sérénité, vous débarquez, vous vous incrustez à ma table – alors que je ne vous demandais rien, Snape – vous me faites boire un tord-boyaux immonde, vous vous invitez chez moi et vous vous permettez de m'humilier ? Votre vie est si vide ? Si triste ? Vous êtes pathétique. Vous n'êtes rien Snape, rien du tout ! » Hurla-t-elle avant de relancer sa main en direction de la joue déjà rougie de notre pauvre professeur.
Snape saisit la main au vol et la serra. Fort. Il n'allait pas se laisser ainsi traiter. Il était l'invité après tout, un invité qui s'était plus ou moins incrusté mais tout de même. Il l'avait raccompagnée chez elle, relevée du sol, portée jusque dans la chambre et assisté à la terrible déchéance d'une vieille fille prête à le violer. Il ne méritait pas de se faire frapper. Du moins pas autant. Il commençait sérieusement à voir rouge. Cette saleté de Gryffondor était encore bien trop sûre d'elle. Elle était bien trop prétentieuse. Il allait lui montrer de quel bois il se chauffait, et surtout, surtout, que dans cette pièce, à l'instant présent, c'était lui et lui seul qui en avait entre les jambes ! Il tira sur la main de la jeune fille qui n'en menait plus très large. Il baissa son visage à hauteur d'Hermione, planta ses yeux noirs dans ceux de la lionne et dit d'une voix beaucoup trop calme :
« C'est la deuxième fois, Hermione que vous me frappez, c'est la troisième fois que vous levez la main sur moi. Essayez encore une fois et je vous promets, Hermione, que je vous arrache la main et vous étouffe avec. Suis-je assez clair ? »
Et il lâcha la main de Granger comme s'il risquait de se salir en la tenant plus longtemps.
Hermione, plus frisée que jamais, se dressait devant le sinistre hurluberlu, les larmes dans les yeux, le nez qui coulait en se massant son poignet rougi par le mauvais traitement de Snape.
Elle renifla de mépris, elle refusait de s'abaisser, elle ne le craignait pas, elle pouvait se défendre.
Le sinistre graisseux avais suivi le cheminement des pensées du buisson ardent. Il renifla à son tour d'amusement. C'était presque trop facile de s'amuser aux dépends de cette jeune chevelue.
La chevelue en question releva la tête en signe de défi, les poings serrés contre ses cuisses.
Le Serpentard ne manqua pas ce détail. Il se dirigea vers le robinet, fit couler de l'eau sur un torchon qui était posé sur l'évier et se l'appliqua sur sa joue endolorie. Il soupira profondément. Il en avait marre. Il avait la gueule de bois, il avait faim, et il venait de se faire martyriser par une ancienne élève.
Il reconnaissait qu'il avait mérité la seconde claque. Il était allé un peu trop loin. Aussi se décida-t-il de ne pas trop en faire quand il prit la même voix que lorsqu'il faisait son discours aux premières années pour débiter :
« Insultez-moi autant que vous voulez Hermione si ça peut vous faire du bien, vous soulager. Vous ne m'atteignez pas. Vous m'êtes indifférente.
Vous dites, Hermione, que vous avez passé 15 ans de bonheur, de sérénité ? C'est la raison pour laquelle je vous ai trouvée vous saoulant seule dans un pauvre bar moldu ? Le tord-boyaux que vous citez vous l'avez bu de votre plein gré. Vous ne m'avez pas attendu pour vous en mettre plein le foie. Le résultat aurait été le même. La seule différence c'est qu'il y a eu quelqu'un pour vous raccompagner, quelqu'un sans arrière-pensée. Merlin seul sait sur qui vous auriez pu tomber à vous pochtronner publiquement de la sorte. Vous moquez mon impotence passagère Hermione, réjouissez-vous en au contraire. J'aurais pu en profiter, me délecter et vous jeter un Oubliette après. J'aurais pu ensuite aller raconter à un charmant journaliste vos déboires avec l'alcool et comment vous vous offrez sans retenue pour avoir un peu de réconfort. J'aurais pu lui raconter le vide de votre vie. Oh je sais parfaitement, Hermione que ce que je vous dis peut s'appliquer à moi » Dit-il en voyant la jeune fille prête à répliquer. « Mais contrairement à vous je n'ai jamais prétendu nager dans le bonheur et la sérénité. J'assume avoir besoin de temps en temps d'un verre ou deux et le monde sorcier sait parfaitement où je passe mon temps libre lorsque j'ai besoin de… hum… « Distraction » puisque le Ministre fréquente les mêmes lieux que moi. Vous dîtes que mes paroles sont remplies d'amertume Hermione, les vôtres sont pleines de rancœur. Vous n'avez pas beaucoup grandi si mes mots vous font encore souffrir. Vous êtes loin d'être aussi brillante que ce que le corps enseignant pensait lorsque vous étiez élève puisque, de toute évidence vous vous contredisez je ne peux pas être pathétique si je ne suis rien. Et surtout, fille idiote, vous plonger dans l'ivresse sans prévoir un stock de potion anti-gueule de bois est d'une stupidité sans nom. »
Severus marqua une pause le temps de picorer quelques tomates cerise. Il leva enfin les yeux sur une Hermione toujours autant ébouriffée, ses sentiments se lisant sur son visage : colère et honte.
Oui Hermione avait honte. Oui Hermione était en colère contre elle. Cet homme avait le chic pour lui donner l'impression de n'être qu'une raclure. Qu'une pauvre fiente de pigeon, c'était ça elle n'était que du guano, du vieux guano séché. Qu'une pauvre moisissure sur une croute de pain. Elle aurait bien pris un Xanax. Ou elle enfoncerait bien sa tête dans la cuvette des toilettes pour tirer la chasse d'eau en espérant se noyer. Ou elle pourrait s'enduire de miel et se jeter sur une ruche. Oui Hermione était déprimée.
Severus avait gagné. La jeune à la chevelure choucroutée était pitoyable, lamentable. Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Disparue la jeune passionnée sûre d'elle qui dansait pour le séduire. Envolée la femme qui le suppliait de lui faire l'amour sur le champ. Evaporée la jeune écervelée pleine d'alcool qui lui avait presque vomi sur les chaussures, partie la frisée qui lui avait pété les lombaires en s'avachissant tel un éléphant de mer sur le carrelage du salon. Oui Severus avait remporté la victoire.
D'ailleurs, il était temps de partir, de rentrer à Poudlard où le travail l'attendait. Notre homme à la gueule de bois s'avança vers la porte, abaissa la poignée, puis, sans se retourner dit dans un murmure :
« Cette soirée est un échec Hermione, et je ne reste jamais sur un échec. »
Et il partit laissant notre Gryffondor désemparée avec une bonne migraine.
oOoOoOo
La suite arrive lundi. Sans faute. Promis, juré, craché. Même que, si ça se trouve il y aura une touche de citron.
