Je me mets à genoux pour m'excuser de ce gros retard mais j'étais vraiment débordée! Pour me faire pardonner, sachez que vous serez certainement surpris par ce chapitre... ;p Merci encore et toujours pour vos reviews qui me réchauffent le coeur!

Réponses aux reviews des non-membres:

Vate : Ce chapitre ne sera peut-être pas aussi drôle que les autres mais j'espère quand même qu'il te plaira ! ^^

Hermione Jane Granger : le « Vous êtes un ange ? » a bien plu, on dirait ! Personnellement, j'ai hésité parce que je le trouvais un peu kitch mais maintenant je ne regrette pas d'avoir osé !

Atlana61 : Je sens qu'à la fin de ce chapitre, tu seras aussi frustrée qu'à la fin du précédent…^^"

Chapitre VII: Merde!

« Merde ! »

Hermione se redressa brusquement.

« Je me suis endormie ! Mais quelle idiote ! »

Et s'il était arrivé quelque chose au professeur Rogue ? Il souffrait tellement et avec toutes ces potions étranges qu'il avait avalées… La veille, la jeune fille s'était juré de rester toute la nuit à son chevet. Elle s'était assise par terre et ne l'avait pas lâché des yeux pendant ce qui lui avait semblé une éternité. Le bruit calme de sa respiration l'avait rassurée et elle avait commencé à se laisser bercer par cette douce musique, hypnotisée par sa poitrine qui se gonflait comme une vague à intervalles réguliers. Quand elle s'était rendu compte qu'il était de plus en plus difficile de lutter contre le sommeil, elle s'était levée brusquement pour aller se dégourdir les jambes dans le salon. Elle avait fait l'erreur de vouloir s'asseoir quelques instants sur le canapé, et c'est là qu'elle avait du s'endormir.

Hermione secoua la tête, déçue de son propre manque de volonté. Et si elle retrouvait le professeur Rogue mort dans son lit ? Ce serait sa faute, sa faute à elle et celle de personne d'autre ! Elle se mit à fixer intensément la porte entrebâillée de la chambre à coucher sans oser bouger, sans oser se lever pour aller l'ouvrir, sans oser… La sorcière fut soudainement tirée de ses pensées lorsque la porte des appartements de Rogue s'ouvrit en un grincement sinistre. Ce fut la silhouette du maître des cachots qui se dessina sur le seuil. Hermione ouvrit des yeux ronds comme des soucoupes devant la chose la plus étrange qu'elle eut jamais vue : le sourire du professeur. Car il lui souriait bien. De toutes ses dents. Des dents assez jolies, d'ailleurs. Ses dentistes de parents en auraient été impressionnés. La jeune fille n'avait jamais envisagé auparavant que Rogue puisse même avoir des dents. Et quand il posa sur elle un regard chaleureux, elle dut se pincer pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas.

« Miss Granger, vous êtes encore là ! »

Comme Hermione, la bouche grande ouverte, ne semblait pas être dans la capacité physique et intellectuelle de lui répondre, il poursuivit tout en laissant la porte se refermer derrière lui :

« Veuillez m'excuser d'être allé manger sans vous mais vous étiez si profondément endormie que je n'ai pas osé vous réveiller. »

« … »

« Oh, vous êtes ce genre de personnes qui sont peu loquasses le matin, à ce que je vois…Je comprends ça, vous n'êtes pas obligée de répondre, vous savez. Faites comme à votre habitude ! Vous pouvez emprunter ma salle de bain pour prendre une douche, si vous le souhaitez ! »

La jeune fille finit par recouvrer assez d'esprit pour lui répondre.

« Vous êtes sûr que vous allez bien, professeur ? »

« Mais oui, c'est fort gentil à vous de vous en inquiéter, miss ! »

« Ne vous sentez-vous pas un peu…étrange ? »

« Mais non ! »

« Vous n'êtes pas comme d'habitude… »

« Je vous assure que tout va très bien, miss Granger. Cessez donc de vous tourmenter l'esprit dès le réveil, c'est très mauvais pour la santé, vous savez ! »

« Et moi je vous assure que vous n'êtes pas dans votre assiette ! »

« Maintenant que j'y pense, il y a bien quelque chose qui cloche… »

« Vous voyez ! »

« …Je ne vous ai même pas proposé quelque chose à manger, quel mauvais hôte je fais ! »

« Mais je … »

« Tutututut ! Pas de mais ! Le petit-déjeuner est le repas le plus important de la journée, vous n'y couperez pas ! »

« Je n'ai pas faim, professeur… »

« Je ne veux rien entendre et je vous ordonne de m'appeler Severus, ce sera beaucoup plus convivial ainsi ! »

Sur ce, le maître des potions – ou plutôt la fée du logis ayant usurpé son identité – disparut dans la cuisine. Hermione, toujours assise sur le canapé, se pinça une nouvelle fois le bras histoire d'être vraiment sûre qu'elle ne se trouvait pas dans un de ces rêves tordus qui assaillaient son inconscient de temps à autres. Un professeur Rogue qui se transforme tout à coup en Molly Weasley ça ne pouvait pas être réel ! Et pourtant… Elle entendit sa voix grave et profonde, si cassante d'ordinaire, lui demander comment elle aimait son thé et là elle dut se rendre à l'évidence. La seule solution logique à ce ridicule retournement de situation lui apparut alors : les potions avalées le soir précédent avaient du lui ramollir la cervelle quelque chose de bien !

« Le point positif, c'est qu'il est toujours en vie ! »

« Vous disiez ? »

« Rien ! Je parlais toute seule ! »

« Mais oui, allez-y continuez ! Désolé de vous avoir interrompue ! C'est très sain, vous savez, de se parler à soi-même, je le fais tout le temps ! », s'exclama le professeur, qui s'agitait toujours en cuisine.

Hermione ne put s'empêcher de sourire. De quoi se plaignait-elle, après tout ? Rogue n'était pas à l'agonie, il ne lui hurlait pas dessus, ne la foudroyait pas du regard… La meilleure chose à faire, c'était de profiter de son hospitalité en espérant avoir pris la poudre d'escampette avant qu'il ne recouvre sa légendaire mauvaise humeur. Une odeur alléchante s'échappait de la cuisine et le ventre de la jeune fille se mit à gargouiller.

« Hermione chérie, viens donc t'installer, le petit-déjeuner est prêt ! »

N'écoutant que son estomac, « Hermione chérie » s'exécuta sans même prêter attention à l'extrême familiarité de son professeur. Un repas gargantuesque l'attendait sur la table de la cuisine : jus de citrouille fraîchement pressé, pancakes, œufs brouillés, céréales, beurre de cacahuètes, brioche, bacon croustillant, thé fumant, toutes sortes de confitures… La jeune fille en eut l'eau à la bouche. Elle s'installa en face de Rogue qui la regarda manger avec les yeux brillants qu'arboraient toutes les ménagères quand leur hôte daignait se gaver de leurs bons petits plats.

« Je dois dire, ma petite Hermione, que cette robe te va à ravir. Où l'as-tu donc achetée ? »

« En fait, c'est mon amie Lucy qui me l'a faite, c'est une styliste de talent, vous savez…Severus », répondit la sorcière tout en étalant un peu de confiture de fraise sur une large tranche de brioche bien moelleuse.

La bouche grande ouverte, prête à recevoir la tranche minutieusement préparée, Hermione releva la tête vers son interlocuteur et s'immobilisa soudain, la tartine à seulement quelques millimètres de son but. Les yeux du professeur avaient retrouvé leur froideur ordinaire, ils la transperçaient de part et d'autre avec autant de précision et de puissance meurtrière que la lame bien acérée d'une épée de mousquetaire. La jeune fille reposa sagement le morceau de brioche, sans quitter Rogue des yeux. Etrangement, elle était presque heureuse de retrouver ces yeux graves et profonds qui faisaient du sorcier en face d'elle un homme si… Effrayée à l'idée de pousser plus loin ses réflexions, déjà étonnée d'en être arrivée là alors qu'elle se trouvait dans une situation des plus délicates, la jeune fille préféra détourner le regard. Elle avait soudain perdu l'appétit. Sans dire un mot, elle se leva et quitta la pièce. Elle allait traverser le salon en direction de la sortie lorsqu'une main agrippa fermement son poignet, la retenant en arrière. Etonnée, elle se retourna et fut une nouvelle fois emprisonnée par le regard pénétrant du professeur.

« Merci », murmura-t-il seulement avant de la relâcher.

Hermione, ahurie, resta figée sur place. Elle aurait cru qu'il se serait emporté contre elle pour s'être trouvée encore une fois au mauvais endroit au mauvais moment, mais non. Il aurait pu craindre qu'elle se moque de lui, la menacer pour qu'elle ne dise rien à ses amis, mais non. Il venait de la remercier. Lui qui ne le faisait jamais. Elle se rendit compte, alors qu'il l'observait sans parler, qu'il avait l'air fatigué, simplement trop fatigué pour faire des histoires. Alors elle n'en ferait pas non plus, décida-t-elle. Elle tourna les talons et quitta les appartements sans se retourner.

« Hermione, où étais-tu encore passée ? », s'exclama une Lucy hystérique lorsque son amie s'installa en face d'elle à la table des Gryffondors.

« J'aurais bien vidé une bouteille de whisky-pur-feu mais il est un peu tôt pour ça… », répondit-elle évasivement pour ne pas attirer l'attention de Ron et Harry.

« Tu veux dire que… »

Lucy baissa la voix avant de poursuivre :

« …tu étais encore là-bas ? »

Hermione hocha la tête.

« Toute la nuit ? »

Hermione hocha encore la tête.

« Mais…mais…mais ! »

« … »

« Mais enfin, Hermione, qu'est-ce qui t'a pris ? Tu aurais au moins pu prévenir que tu quittais la tour des Serpentards, je me suis inquiétée, moi ! Et pour tout arranger, j'ai retrouvé les chaussures que je t'avais prêtées abandonnées en plein milieu du grand hall ! J'ai cru qu'on t'avait enlevée ! Un peu plus et j'allais en parler à Dumbledore dès la fin du petit-déjeuner! Qu'est-ce qui s'est passé ? »

La concernée hésita, ne sachant pas vraiment par où commencer.

« Tu vas me répondre, à la fin ? »

« Détends-toi un peu Lucy tu vas alerter les autres ! Tu vois bien qu'il ne m'est rien arrivé de grave ! Je suis tombée par hasard sur Rogue hier soir en rentrant à la tour des Gryffondors, voilà ce qui s'est passé ! »

« Tu es tombée sur Marius le matin, et sur Rogue le soir, ça fait beaucoup de coïncidences, quand même ! »

« Qu'est-ce que tu insinues, exactement ? »

« Mais rien…Rien du tout ! »

« Bien sûr que si ! Ne me prends pas pour une idiote ! »

« C'est juste qu'en l'espace d'une semaine, tu les as quand même enchaînées… »

« Mais quoi ? Enchaîné quoi ? »

« Les mésaventures, les bourdes, les rencontres inopinées, les… »

« Ca va, j'ai compris ! »

« Tu te rends compte ? Une semaine ! Ca fait seulement une semaine que nous sommes là et on se croirait déjà dans Melrose Place ! Tu admettras qu'il y a quand même quelque chose de bizarre ! »

« Tu veux dire que moi, je suis bizarre ? »

« Non, ce que je veux dire c'est que tu as un don pour te fourrer dans des situations pas possibles ! »

« Attends, t'es en train d'insinuer que tout ce qui m'arrive est ma faute ? »

« Non… Enfin si…En partie, du moins… »

Hermione était trop interloquée pour répondre. Comme si elle cherchait les ennuis, elle, le rat de bibliothèque !

« Mets-toi un peu à ma place Hermione ! C'est la troisième fois que tu me racontes avoir été dans les appartements de Rogue, qu'est-ce que je devrais penser ? »

« Que je me préoccupe des autres… »

« Hermione… »

« Il m'a dit merci, Lucy ! Merde, il m'a quand même dit merci ! »

« Rogue ? »

« Oui ! »

« C'est bon, raconte-moi ce qui s'est passé, je serai plus à même de juger ensuite. »

Hermione lui fit le récit détaillé des évènements de la veille.

« Après le Rogue bourré, le Rogue drogué aux potions… »

« Et alors ? »

« Et alors tu ne m'enlèveras pas l'idée que les coïncidences, à ce niveau, ne sont plus des coïncidences. »

« Mais enfin, tu penses que je harcelle le professeur Rogue ou quoi ? »

« Non, c'est pas ça… »

« Mais quoi alors ? Je ne comprends vraiment pas ce que tu essaies de me dire ! »

« Rien ! Rien du tout, ok ! Je n'en sais pas plus que toi, je te donnais juste mes impressions, voilà ! »

« Bon. »

« J'espère pour toi que toutes les semaines ne seront pas aussi mouvementées que celle-ci… »

« Je pense qu'à partir de maintenant, je devrais être tranquille au moins pour un mois entier ! Et j'éviterai de traîner dehors le soir, c'est promis…maman ! »

« Je t'aurai à l'œil, jeune fille ! »

Les deux amies échangèrent un regard complice comme pour effacer les paroles dures qu'elles venaient d'échanger. Au fond, Hermione comprenait ce que Lucy avait tenté de lui expliquer. Si quelqu'un lui avait dit le mois dernier qu'elle allait passer la nuit dans les appartements de son professeur de potion dès la première semaine de cours, elle ne l'aurait pas cru. Et à cela s'ajoutaient les nombreuses altercations qu'elle avait eues avec Rogue, les remerciements inattendus de ce dernier, ainsi que son improbable « amourette » avec Marius. A mieux y penser, Lucy avait entièrement raison ! Quelle semaine de folie, surtout pour elle : il ne lui arrivait en effet jamais rien, d'habitude. Les seules péripéties qu'elle avait connues auparavant étaient toutes liées à Harry et à ses démêlées avec Voldemort.

Hermione se sentit étrangement fière, tout à coup. Elle réalisait que tout ce qu'elle avait vécu les jours précédents n'appartenait qu'à elle, elle avait une vie à elle et Rogue lui avait dit merci à elle. Elle avait envie de crier, de hurler à tue-tête : « Je suis Hermione et merde, j'en suis fière ! ». Il s'agissait là d'un grand changement pour cette jeune fille que les épreuves dues à l'entrée dans le monde magique avaient rendues timide et peu sûre d'elle. Et Rogue l'avait remerciée, elle lui avait été utile, il lui en était reconnaissant, elle était donc bonne à quelque chose, elle avait sa place, elle…

« C'est quoi ce sourire idiot ? », s'enquit Lucy malicieusement, arrachant Hermione à ses pensées.

« Mais je ne souris pas ! », protesta la jeune fille en prenant une mine ronchon.

« Tu as raison : tu souriais ! Un gallion pour tes pensées… »

« Ce serait les brader ! »

« Prenez pitié d'une curieuse sans le sou ! »

« C'est bien parce que c'est vous, McCulkin ! Je pensais au Rogue version ménagère affairée. Tu ne t'es pas rendu compte que quelque chose clochait, quand il est venu déjeuner ? »

« Non, pour la bonne raison que je ne l'ai pas croisé… Je suis arrivée peu de temps avant toi, en fait ! »

« Et Malfoy ? », s'enquit soudain la jeune fille.

« Quoi, Malfoy ? », répondit Lucy en feignant l'innocence.

« Tu sais très bien de quoi je veux parler ! »

« Eh bien pendant que tu prenais soin de ton cher professeur, on se déchaînait sur la piste de danse. Lorsque la soirée s'est terminée, nous nous sommes séparés en tout bien tout honneur. Voilà, rien de plus à dire. »

« Vous aviez l'air de bien vous entendre… »

« Mouais… »

« Comment l'as-tu convaincu d'accepter ton invitation ? »

« Trop facile ! Je lui ai dit que son oncle l'aurait mauvaise parce que j'avais refusé de danser avec lui ! »

« Bien joué ! Vous avez parlé de quoi ? »

« Oh, rien d'important… C'est qu'on a du travail, s'il faut te trouver un copain avant novembre ! Un mec qui te tente ? »

« Tu changes de sujet ! »

« Il le faut bien, sinon tu finiras vieille fille. Et je ne veux pas d'une vieille fille pour meilleure amie. Trop la honte ! »

« Ben voyons ! Tu crois que je veux d'une croqueuse d'hommes, moi, pour meilleure amie ? »

« Comment pourrais-tu ne pas vouloir de moi ? »

« C'est pas la modestie qui t'étouffe, toi ! »

(…)

Les jeunes femmes étaient de nouveau embarquées dans une de leurs joutes verbales sans fin. Elles quittèrent la grande salle sans arrêter une seconde de se chamailler sous les regards consternés d'Harry et Ron qui, assis un peu plus loin, avaient observé leur petit manège avec grand intérêt. Les deux sorciers leur prêtaient une attention particulière depuis qu'Hermione les avait obligés à lui peloter les seins et que Lucy avait dansé pendant plus d'une heure avec Malfoy, tout cela la veille au soir. Sans compter que comme leurs copines respectives n'étaient pas encore levées, ils avaient le champ libre pour se rincer l'œil : sur la jupe toujours aussi courte de Lucy pour Harry, sur la poitrine d'Hermione pour Ron, qu'il devinait voluptueuse sous les couches de son uniforme…

Un mois passa sans que rien de notable ne vienne bouleverser la petite routine poudlardienne à laquelle Hermione s'était pliée de bonne grâce. Ses heures de colles avec le professeur McGonagall avaient pris fin, ce qui lui laissait le loisir – au grand damne de Lucy – d'aller étudier à la bibliothèque après le dîner. Elle rejoignait ensuite la salle commune des Gryffondors où comme chaque soir elle trouvait Harry et Ron en train de jouer aux échecs ou à la bataille explosive, leur demandait s'ils avaient fait leurs devoirs pour le lendemain et s'engageait dans l'escalier qui menait au dortoir des filles sans attendre leur réponse qui serait de toute manière négative.

Une fois au lit, Lucy la harcelait de questions débiles telles que « Si une météorite s'écrase sur la terre, que tu es la seule femme survivante et que tu dois repeupler la planète, qui choisis-tu ? Michael Donnelly de Serdaigle ou David Tennenbaum de Poufsouffle ? ». Elle se figurait que comme son amie était fatiguée, elle était en position de faiblesse et donc plus à même de répondre à ses questions. Hermione s'exécutait le plus souvent en donnant une réponse tout à fait hasardeuse avant de s'endormir en plein milieu de leur conversation à sens unique. Le lendemain, à sept heures précises, tout recommençait : elle se levait, prenait sa douche, puis son petit-déjeuner, assistait aux cours, déjeunait, assistait aux cours, dînait, travaillait à la bibliothèque, se couchait.

Lucy, de son côté, avait une étrange tendance à disparaître. Dès qu'Hermione avait un peu de temps à tuer, un temps qu'elle ne souhaitait pas consacrer à ses devoirs, il lui était impossible de dénicher son amie. Alors elle se résignait à prendre de l'avance sur son programme habituel ce qui l'amenait le plus souvent à passer une demi-heure supplémentaire à la bibliothèque. Harry et Ron, lorsqu'ils ne faisaient pas des « trucs de mecs » ou qu'ils ne lui demandaient pas de les aider dans leurs devoirs, étaient trop occupés à batifoler avec leurs petites-amis pour lui tenir compagnie. Alors elle passait l'essentiel de son temps seule, le nez plongé dans un bouquin, à regretter amèrement cette première semaine de cours durant laquelle, pour la première fois depuis son entrée à Poudlard, elle ne s'était pas reconnue dans le cliché du rat de bibliothèque, cliché dans lequel elle se sentait sombrer de nouveau.

Après deux semaines de ce régime, elle s'était mise à repenser avec nostalgie au professeur Rogue. Il était souvent difficilement supportable mais lui au moins n'oubliait pas son existence. Avec les éternelles questions de fin de journée de Lucy, les regards noirs et les remarques cinglantes qu'il lui adressait étaient les seuls marques d'intérêt qu'un semblable lui témoignait durant sa semaine. Elle en était même venue à attendre impatiemment les cours de potion du vendredi matin.

Un de ces vendredis, justement, alors qu'elle patientait seule devant la salle de classe, Marius Malfoy apparut dans le couloir.

« Tu ne vas pas me forcer à jouer les petites amies, cette fois, hein ? », lui lança-t-elle alors qu'il était encore à quelques mètres.

Il lui sourit en retour et une fois à sa hauteur, appuya son épaule contre le mur et croisa les bras en une attitude nonchalante.

« T'en fais pas, j'ai compris la leçon ! Lucy n'est pas avec toi ? »

« Comme tu le vois… »

« Tu ne dois pas beaucoup la croiser, ces derniers temps… », déclara Marius en lui lançant un regard éloquent.

« Comment tu le sais ? », s'enquit la jeune fille intriguée.

« Ben…tu sais…Draco et tout ça… »

« Mais enfin, de quoi du parles, Marius ? Qu'est-ce que ça a à voir avec Malfoy ? »

« Lucy ne t'a rien dit ? », répondit le jeune homme en prenant un faux air étonné.

« Non, et tu as l'air de parfaitement le savoir, ne me prends pas pour une idiote ! »

« Ca va, calme-toi, je vais tout te dire ! »

Marius se détacha du mur, se pencha vers Hermione et prit un ton confidentiel.

« Ce que je vais te dire doit rester entre nous. Je t'en fais part parce que je t'aime bien et que tu es la meilleure amie de Lucy. »

« Arrête de te la jouer agent secret, Marius, accouche ! »

« Mademoiselle est de mauvaise humeur, aujourd'hui ! »

« Marius ! », l'avertit Hermione en lui lançant son regard le plus noir.

« Très bien ! Voilà…En fait…depuis la soirée inter-maisons, Draco et Lucy…comment dire… Disons qu'ils se…voient. »

Hermione écarquilla les yeux.

« Ils se voient ? »

« Oui. »

« Ils se voient dans le sens qu'ils sortent ensemble, c'est ça ? »

Marius resta silencieux quelques secondes avant de laisser tomber :

« C'est ça. »

« Et ça fait combien de temps ? »

« Oh…Je dirais que ça dure depuis deux semaines, maintenant. Depuis le lendemain de la soirée, en fait. Je dois avouer que je les ai un peu aidés à se lancer… »

« Et Lucy ne m'a rien dit… »

« J'ai attendu qu'elle se décide à le faire, j'ai vraiment attendu mais comme ça fait deux semaines…Je me suis dit que tu avais le droit d'être au courant… »

« Non mais de quoi tu te mêles ? »

« Mais je… Je suis désolé que ça te fasse souffrir mais il fallait que je te le dise ! Je te voyais tout le temps seule à chercher Lucy des yeux et…Vraiment, ça me faisait mal au cœur… »

« Je te fais pitié, c'est ça ? »

« Non, pas du tout, tu te trompes, je… »

« Je suis juste cette pauvre fille à qui sa meilleure amie ne confie même pas qu'elle a une relation amoureuse, c'est ça ? Je suis juste… »

Hermione s'arrêta, incapable de continuer. Elle se mit à sangloter et elle se maudit pour ça. Toute la rancœur accumulée ces dernières semaines devait lui peser plus qu'elle ne le pensait.

« MERDE ! Je lui disais tout, moi, je lui… »

« Calme-toi, Hermione… »

Devant son amie secouée de sanglots, Marius parut gêné. Il hésita un moment puis il la prit dans ses bras pour la consoler.

« Merde, je n'aurais jamais du te le dire, je suis un idiot ! »

« Toi au moins…t-tu me pa-parles ! »

« Je n'aurais pas du, je ne pensais pas que ça allait te mettre dans un état pareil… »

« Je s-suis pathétique, h-hein ? C'est p-pour ça que t-tu es là, parce que je s-suis si…pathétique ! »

Les sanglots d'Hermione redoublèrent d'intensité. Marius se mit à la bercer doucement, en la fixant d'un regard empli de tristesse et d'un autre sentiment, indéfinissable …

« Non, Hermione, c'est pas pour ça. », lui murmura-t-il doucement.

« Pourquoi…al-lors ? »

Le serpentard prit la jeune femme par les épaules pour la détacher de lui. Il plongea alors son regard dans le sien.

« Parce que je t'aime, Hermione, voilà pourquoi. »

La jeune fille arrêta de sangloter. Les yeux toujours plongés dans ceux de Marius elle essuya ses larmes et lui sourit.

« Merci », lui dit-elle simplement.

« Je suppose que pour ça, la réponse correcte, c'est de rien. »

« Je suis désolée, je t'aime beaucoup mais pas… »

« Pas comme ça, je le sais depuis le début. Tu en aimes un autre… »

« Non… »

« Si. Moi je le sais, mais toi tu ne le sais pas encore ».

« Qui es-tu ? »

« Tu le sais bien, je suis Marius Malfoy, l'oncle de Draco ! »

« Non, qui es-tu vraiment ? »

Marius relâcha les épaules de la jeune fille et recula de quelques pas.

« Tu es encore plus intelligente que je ne le pensais. »

« Tu vas me répondre ? »

« Je suis quelqu'un qui n'avait pas le droit de tomber amoureux de toi. »

« Tu n'es pas l'oncle de Draco, n'est-ce pas ? Personne n'avait entendu parler de toi avant le mois dernier… C'est Luna qui nous a dit que tu étais le frère de Lucius Malfoy mais comment pouvait-elle le savoir ? »

« Tu poses les bonnes questions, malheureusement, je n'ai pas le droit de te répondre. »

« Tu n'as pas le droit de faire grand-chose ! »

« Non, effectivement. »

« Est-ce que tu as le droit de hocher et de secouer la tête ? »

« Oui, ça je peux le faire. »

« Est-ce que tu viens…du futur ? »

Marius secoua la tête.

« Est-ce que tu as une sorte de… mission à accomplir ici ? »

Marius hocha la tête.

« Est-ce que tu es un mangemort ? »

Marius secoua la tête.

« Est-ce que ta mission me concerne ? »

Marius hocha la tête.

« Est-ce que ta mission concerne aussi Lucy et Draco ? »

Marius hocha la tête.

« Est-ce que tu partiras lorsque ta mission sera accomplie ? »

Marius hocha la tête.

« Est-ce que ta mission est accomplie ? »

Marius secoua la tête et il fut heureux de lire du soulagement dans les yeux d'Hermione.

« Est-ce que tu es un extraterrestre ? »

Les yeux du jeune homme pétillèrent d'amusement et il secoua la tête.

« Est-ce que tu me trouves…jolie ? »

« Très belle », lui répondit-il en lui adressant un sourire charmeur.

« J'ai beau ne pas savoir qui tu es, sache que tu as toute ma confiance, Marius. Ou quelque soit ton nom… »

« Je m'appelle vraiment Marius. »

« Ah oui ? Voilà au moins une chose à propos de toi qui ne soit pas totalement mystérieuse. Au fait, comment se fait-il que Draco te reconnaisse comme étant son oncle ? »

« Je ne peux rien te dire de plus. Avec tout ce que tu sais déjà, je risque des représailles de la part de mes supérieurs. »

« Merlin ! »

« Ne t'en fais pas, je leur suis trop précieux pour qu'ils décident de m'éliminer ! »

« On se croirait dans un James Bond ! »

« Si tu me compares à Sean Connery, je ne dis pas non… »

« Alors comme ça tu connais le cinéma, et donc le monde moldu… »

« Amuse-toi tant que tu veux à décoder les indices insignifiants que tu pourras relever mais je t'en prie, Hermione, ne cherche pas sérieusement à découvrir qui je suis réellement. Ce serait dangereux pour toi comme pour moi ! »

La jeune fille hocha gravement la tête.

« Une dernière chose avant que les autres n'arrivent : explique-toi avec Lucy. »

« Ca t'aiderait, pour ta mission ? », s'enquit Hermione.

« Pas vraiment, c'est une recommandation totalement anti-professionnelle. »

« Dans ce cas, 007, je suis tout à fait disposée à vous obéir… »

Heureusement que le professeur Rogue n'utilisait pas la légilimencie sur ses étudiants durant les cours. Outre le fait que la plupart d'entre eux le maudissaient silencieusement et rivalisaient d'imagination dans leurs insultes mentales, il aurait découvert qu'Hermione fantasmait sur ses mains. C'était plus fort qu'elle. Elle n'avait plus aucun raison de se retrouver seule avec lui et elle se rendait compte que plus les jours passaient, plus leurs joutes verbales lui manquaient. Plus ses yeux posés sur elle lui manquaient. Plus son odeur lui manquait. Ses mains, elle les avait découvertes la semaine précédente. Comme elle ne pouvait décemment pas dévisager son professeur sans qu'il ne se doute de quelque chose, elle s'était rabattue sur une partie de son corps qu'elle pourrait observer à loisir. Ses mains étaient parfaites, tout simplement parfaites. Elles étaient longues, fines, blanches, aussi pures que leur propriétaire ne l'était pas. Elles ne se déplaçaient pas. Non, elles voletaient. Elles ne saisissaient pas les objets, elles les enveloppaient. La jeune fille s'était vite rendu compte qu'elle allait trop loin, elle avait essayé de se raisonner, mais en vain. Alors elle avait lâché prise en se disant que tant pis : puisqu'elle ne pouvait s'en empêcher, autant en profiter. Ca ne faisait de mal à personne. Ou plutôt si : à elle. Mais à elle seule. Aucun dommage collatéral.

Ce jour-là, une fois sa potion terminée, elle s'abîma encore dans la contemplation des mains de son professeur, mais plus par habitude qu'autre chose. Elle les fixait sans les voir, préoccupée par ce qu'elle avait découvert au sujet de Marius et par ce qu'elle allait bien pouvoir dire à Lucy. Lucy qui l'avait trahie. Trahie en ne lui disant rien. Elle à qui elle s'était confiée sans retenue au sujet de Rogue. La seule chose qu'elle avait omis de lui dire, c'est qu'il lui arrivait de temps en temps, de déboucher son flacon de shampoing pour sentir son odeur. Cette odeur qui lui manquait tant. Mais Lucy aussi lui manquait. En très peu de temps, elle avait su se rendre indispensable. Puis, pour une raison qui lui échappait, elle s'était éloignée. Avait-elle cru qu'elle n'aurait pas accepté sa relation avec Malfoy ? C'était décidé, elle lui parlerait dès la fin du cours.

« Lucy, attends, il faut que je te parle ! »

La jeune fille, qui s'éloignait déjà dans le couloir bondé, s'arrêta net et fit volte-face.

« Hermione ? Ecoute, j'ai vraiment pas le temps, là, on verra ça ce soir ! », lui lança-t-elle de loin, par-dessus les bruits de la foule, sans faire mine de se rapprocher.

« Ca fait deux semaines qu'on ne fait que se croiser, Lucy ! Merde tu peux quand même m'accorder quelques minutes, non ? »

Etonnée, la sorcière hésita mais finit par s'avancer lentement en direction d'Hermione. Elles restèrent l'une en face de l'autre sans dire un mot le temps que le couloir se vide. Lorsqu'elles furent seules toutes les deux et que le calme fut revenu, Lucy ouvrit la bouche.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

Hermione, vexée que son amie semble la considérer comme une perte de temps, décida de mettre les pieds dans le plat.

« Je suis au courant, pour toi et Malfoy. »

« … Qui… »

« Peut importe ! Ce que je veux savoir, moi, c'est pourquoi tu ne m'as rien dit ! »

« C'est compliqué, tu sais… »

« Non, je ne sais pas ! Je ne sais rien du tout ! »

« Draco veut que personne ne soit au courant, je ne pouvais rien te dire, Hermione. »

« Rogue aussi m'a ordonné de ne rien dire au sujet de nos petites mésaventures mais je ne l'ai pas écouté parce que tu es mon amie ! Du moins tu l'étais il n'y a pas si longtemps… »

« Oh mais je suis toujours ton amie ! »

« Non ! C'est à peine si je te vois, comment pourrais-je encore te considérer comme mon amie ? J'ignore ce que tu vis et toi tu n'as aucune idée de ce que je traverse ! »

« Tu ne vas pas bien ? »

« Non, Lucy, non. Je ne vais pas bien ! Je me sens seule parce qu'aucun de ceux que j'appelais mes amis n'est là pour moi. Je me sens aussi misérable qu'en première année, quand je n'avais aucun ami, que tout le monde me détestait et me traitait de miss-je-sais-tout. J'ai l'impression que depuis ce temps-là, rien n'a vraiment changé ! »

Lucy eut le cœur serré en voyant son amie si bouleversée. Les larmes commencèrent à monter et à lui piquer les yeux.

« Oh Hermione, je suis tellement désolée. J'aurais du me rendre compte que tu n'étais pas bien ! »

« Comment aurais-tu pu puisque tu passes le plus clair de ton temps je ne sais où avec Malfoy ? Je déteste ces gens qui parce qu'ils sont en couple oublient complètement leurs amis. Si tu es une de ceux-là, j'aime autant te dire que je préfère ne plus rien avoir à faire avec toi ! »

« Ecoute, je… Je suis amoureuse, voilà ! Quand je suis amoureuse, je…Je perds tout contact avec la réalité. Je suis une de ces personnes qui oublient tout quand elles sont amoureuses, c'est vrai. Mais je ne veux pas te perdre, Hermione, vraiment ! Je vais parler à Draco, on va se voir moins souvent, on va pouvoir se retrouver entre copines ! »

Hermione secoua la tête.

« Je ne veux pas t'éloigner de Malfoy, Lucy. Je me sentirais coupable… Je ne veux pas que tu passes tout ton temps avec moi, c'est pas ça. J'aimerais juste que tu me parles. »

« Alors je te parlerai ! Je te parlerai tellement que t'en pourras plus ! », s'exclama Lucy qui semblait rire et pleurer en même temps.

N'y tenant plus, les deux amies comblèrent l'espace qui les séparait et se jetèrent dans les bras l'une de l'autre. Dans d'autres circonstances, Hermione aurait trouvé la scène profondément mélodramatique mais elle se sentait tellement bien en cet instant qu'elle se dit qu'un peu de mélo ne pouvait pas faire de mal. Elles se séparèrent le sourire aux lèvres et un peu gênées de s'être laissé aller à de telles démonstrations d'affection. Hermione, mal à l'aise, se racla la gorge avant de briser le silence qui s'était installé.

« Et si tu me racontais comment tu en es venue à sortir avec Malfoy ? »

« D'accord, mais dès qu'on sera sorties de ces lugubres cachots, si ça ne t'embête pas ! »

« Non, tu as raison, ce n'est pas le meilleur endroit pour une discussion entre filles ! »

« C'est le moins que l'on puisse dire ! »

Les deux jeunes femmes avaient passé le déjeuner, le dîner et la soirée de la veille à pipeletter sans discontinuer. Raison pour laquelle, attablées de bon matin, elles semblaient tout simplement amorphes. Les yeux dans le vague, comme s'ils étaient trop fatigués pour se fixer sur quoi que ce soit de précis, elles mangeaient machinalement sans dire un mot. Marius, de la table des Serpentards, leur lançait des coups d'œil inquiets en se demandant si les deux jeunes femmes étaient parvenues à trouver un terrain d'entente. Hermione finit par croiser son regard soucieux et le rassura d'un sourire, sourire que le professeur Rogue intercepta en fronçant les sourcils. C'était bien entendu l'idée qu'un Serpentard et qu'une Gryffondor puissent fricoter qui le contrariait et rien de plus… Il quitta néanmoins la table des professeurs. L'air entendu, le directeur le regarda faire avant de poser son regard sur Marius, qui quant à lui observait toujours Hermione. Dumbledore suivit le regard du jeune homme, tomba sur Hermione et l'étonnement fut visible pendant une fraction de secondes sur son visage, qui affichait d'ordinaire une éternelle bienveillance, lisse et désintéressée. A bien y penser, s'il évoluait sans conteste dans un autre registre, il était aussi impassible que le professeur Rogue. C'est ce que se dit Hermione lorsque, sentant un regard posé sur elle, elle se tourna vers la table des professeurs et rencontra les yeux bleus du directeur. Ce dernier, pris en flagrant délit, ne tenta pas de se dérober et adressa à la jeune fille un sourire aimable. Cette dernière, fatiguée de jouer des yeux si tôt le matin, plongea son nez dans son assiette.

...

Hermione venait juste de dépasser la salle sur demande lorsqu'elle entendit ce qui devait être une dispute au détour du couloir. Elle s'immobilisa en reconnaissant les voix du professeur Dumbledore et de Marius. Elever la voix en plein milieu d'un couloir, était une chose qu'elle ne comprendrait jamais, surtout de la part d'un sorcier aussi sage et expérimenté que le directeur. Elle s'apprêtait à rebrousser chemin pour ne pas interférer dans une conversation qui était certainement privée mais la curiosité fut plus forte lorsqu'elle réalisa que c'était d'elle dont on parlait avec autant d'emportement.

« Faites attention, jeune homme, je vous préviens ! »

« Mais puisque je vous dis qu'elle ne partage pas mes sentiments ! »

« Vous n'auriez jamais du les lui confier de toute manière ! »

« Peut-être mais maintenant elle me fait confiance. Il sera donc plus facile pour moi d'accomplir ma mission ! »

« Oui mais il vous sera plus difficile de repartir quand ce sera fait, n'est-ce pas ? »

« … »

« Je le savais ! Si cela devait avoir des conséquences sur… »

« Ca n'en aura aucune, monsieur ! Et avec tout le respect que je vous dois, c'est à mes supérieurs, que je dois des comptes, et non à vous. Votre âge avancé vous l'a peut-être fait oublié mais vous êtes dans le cours des choses, vous n'avez donc aucune autorité sur… »

« J'en suis parfaitement conscient mais sachez que je vous ai à l'œil ! Je ne souffrirai pas que vous jouiez avec le destin de Severus, il est comme mon fils ! »

« Je comprends cela, monsieur de directeur. Faites-moi confiance, cette mission est loin d'être ma première. Malgré mon apparence, je suis trois fois plus vieux que vous, je suis un professionnel ! »

Quand elle sentit que la conversation prenait fin, Hermione se dit qu'il valait mieux qu'elle déguerpisse vite fait avant qu'ils ne se rendent compte de sa présence. Tant pis pour son cours d'enchantements qui de toute manière avait commencé depuis dix bonnes minutes. Elle fit volte face et faillit pousser une exclamation de terreur : le professeur Rogue se trouvait à quelques pas derrière elle.

TO BE CONTINUED . . .

Ne me tuez pas, s'il-vous-plaît! é_è