Coucou tout le monde! Et un nouveau chapitre, un. Si seulement je pouvais dire de même avec l'avancement de l'écriture... Snif...
Joyeux Noël à toutes (et à tous, mais honnêtement, si un garçon lit cette histoire qu'il se dénonce) et Bonne Année en avance.
Bonne lecture!
Je traîne dans les couloirs. Sous la cape d'invisibilité bien sûr. Je me ronge les sangs en pensant à ce que je vais faire. Parler avec Ron et Hermione. De ce qui se passe avec moi, de ma nouvelle « relation » avec S-Severus… Je commence à sourire comme un malade. Heureusement que personne ne me voit et que personne ne sait pourquoi je souris. Sourire en pensant à mon professeur de potion. Je me retiens d'éclater de rire. Je crois que c'est le seul dont la pensée me fait déstresser.
J'entre dans la Grande Salle, toujours invisible. Ils sont toujours à table. Aussitôt le regard de Dumbledore se pose sur moi. J'articule un bonjour et je me place derrière Ron et Hermione. Je me penche et je leur murmure :
- Ne sursautez pas. C'est moi. J'ai besoin de vous voir. 20h dans la Salle sur Demande. Un endroit pour discuter entre amis.
Je pars avant qu'il ne puisse me répondre. Il est 19h. J'ai le temps de passer voir Severus. Je cours et entre dans ses appartements sans frapper. Pour m'arrêter juste avant de percuter Dumbledore. Je croyais qu'il était dans la Grande Salle.
- Nous avons tous nos secrets Harry. De plus, Poudlard est mon école, j'en connais tous les mystères. Enlève ta cape.
Un peu tremblant, je retire ma cape. Je ne sais pas ce qu'il va me dire. J'ai un peu peur de sa réaction. Même si je sais qu'il était sûrement déjà au courant que j'étais ici. Sans que je me rende compte, je me retrouve à côté de Severus. J'ai besoin d'un soutient. J'ai besoin de lui.
- Alors, Harry, Comment vas-tu aujourd'hui ?
Maintenant qu'il me le demande, ce n'est pas normal que je sois aussi peu fatigué. Par rapport aux dernières semaines, je me sens bien et réveillé.
- Bien. Merci, professeur.
- Qu'étiez-vous venu faire, Potter ?
Je me tourne vers Severus. Potter ? Mon expression a dû se faire douloureuse parce que je vois son regard s'adoucir. Il me fait un discret signe de tête vers Dumbledore. Ah ! Pas de Harry devant les autres, j'avais oublié.
- J'étais juste venu vous dire que j'ai décidé de parler à Ron et Hermione ce soir.
- Il était temps ! Je ne vous attends donc pas ?
- Je ne sais pas encore. Je verrais bien. D'ailleurs je vais y aller. Bonsoir, professeurs.
- Bonsoir, Harry.
Avec un dernier signe de la tête pour les deux hommes, je sors des appartements de Severus. Je soupire de décepetion. J'aurais voulu une étreinte de réconfort avant de partir affronter mes amis. Je vais devoir m'en passer. Je regarde ma montre –19h30 – et je monte les étages, jusqu'à la Salle sur Demande. Je pense à endroit tranquille pour discuter avec Ron et Hermione et j'entre dans la salle. Il y a une table avec un service à thé. Des fauteuils confortables l'entourent et une cheminée rend la pièce plus chaleureuse. Je m'installe dans le fauteuil qui fait face à la cheminée et je fixe les flammes en attendant.
- Harry ?
Je sursaute. Ils sont là tous les deux, m'observant avec inquiétude. Je leur souris et leur fais signe de s'installer dans un fauteuil. Je serre un thé dans les deux tasses qui viennent d'apparaître, pose un biscuit à côté de chacune d'elles, prends ma tasse, bois une gorgée… tout pour ne pas arriver au moment M. Je vais pour prendre un gâteau quand une main se pose sur mon bras.
- Qu'est-ce qu'il se passe, Harry ?
Je plonge mon regard dans les grands yeux chocolats de ma meilleure amie. Son visage se brouille peu à peu et je comprends que je pleure quand je sens une larme couler sur ma joue. Elle m'attire dans ses bras et Ron se joint à nous en nous enlaçant tous les deux. Je me laisse aller en leur présence pour la première fois depuis que je les ai rencontrés. Ils se reculent et me regardent, interrogateurs.
- Désolé…
- C'est pas grave, on est là pour ça. Mais on voudrait bien savoir ce qui te mets dans cet état.
Je ferme les yeux et inspire une bon coup. Je fixe mes yeux sur les flammes. Et je leur dis tout. Ma fatigue, mes évanouissements, l'inattendu soutient de Severus, Enora Jones et le medecin moldu, tout quoi. Ils m'écoutent, me serrant la main.
- Harry… Comment as-tu pu croire que tu serais un fardeau pour nous ? Tu es notre ami et être ami signifie s'entraider malgré les épreuves. Quant à Snape et bien… Tant qu'il ne te bats pas, je ne vois pas trop le problème.
Je déglutis. En fait, je crois que j'ai oublié de leur dire que je n'étais pas indifférent à notre cher professeur de potion préféré. Et je vais m'en abstenir. Ne poussons pas le bouchon trop loin. Je leur souris et me dis qu'étrangement, le poids qui squattait ma poitrine s'est quand même vachement allégé. Mon envie de voir Severus revient. Plus forte que jamais. Je fais quoi moi ?
- Est-ce que… Est-ce que vous m'en voudriez si… si je partais maintenant pour… euh… pour aller voir Srrthjfsdqhtzmhus ?
- Qui ça ?
Je les vois froncer les sourcils. Est-ce que je n'ai pas été assez clair ? Je repasse ma phrase dans ma tête et me rends compte que j'ai baragouiné le prénom de celui que je voulais aller voir.
- Severus … ?
Je les vois se figer. Quoi ? Je leur ai bien dit que je m'entendais mieux avec lui, non ? Ils échangent un regard et je soupire. Je n'y crois pas. Ils viennent me dire que ça ne leur posait pas de problèmes ! Est-ce que je dois leur en vouloir ?
- Tu… Tu voudrais pas passer un peu de temps avec nous ? Snape… Il… enfin, tu n'as pas vraiment besoin de lui. On se connait depuis plus longtemps non ?
- Ecoutez, quoique vous puissiez en dire, j'ai besoin de lui. C'est vrai que je ne le connais pas vraiment et depuis moins longtemps que vous mais… ce n'est pas pareil avec vous. Il… Il ne me pose pas de question, il se contente d'être lui et de me prendre dans ses bras. Il est là et c'est tout ce qui compte. Je ne dis pas que vous n'êtes pas là, mais… ce n'est pas pareil c'est tout. Il ne me couve pas, il ne me ménage pas, c'est même lui qui m'a conseillé de venir vous parler. Je ne vous demande pas de comprendre, parce que je ne comprends pas moi même, mais juste d'accepter que j'ai besoin de lui.
Je me lève sans attendre de réponse. Je n'en peux plus, j'ai besoin de calme, de réconfort et de tout ce que je n'ai pas ici. Je me dirige vers les cachots et frappe à la porte des appartements de Severus. Le temps qu'il m'ouvre je suis plongé dans mes pensées. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que c'est si difficile d'accepter le fait que je suis proche de Severus ? Je ricane amérement. L'amour rend aveugle. Il y a quelques semaines, on m'aurait dit que je m'entendrais avec mon professeur de potion, je l'aurais fait interner. Mais qu'est-ce qui m'a pris de tomber amoureux de cet homme ? Celui là parmi tant d'autre !
La porte s'ouvre brusquement et l'homme qui occupe mes pensées apparaît. Son visage est crispé. Ses yeux nuits lancent des éclairs avant qu'ils ne m'aperçoivent. Je sens plus que je ne vois son corps tout entier se détendre. Son visage redevient impassible, ses muscles se décrispent, son aura magique n'est plus agressive. Je fixe mon regard dans le sien qui se détourne de mes yeux mais pas de mon visage. Je le sens glisser sur mes joues, mes lèvres, mon cou, mes cheveux en bataille. Je passe complétement sous ce regard inquisiteur puis il me laisse passer.
J'entre dans son salon et me plante devant le tableau qui surplombe la cheminée. Je ne l'avais jamais vu celui là. Il est tout autant magnifique que les autres. C'est une forêt plongée dans le brouillard. C'était comme si on était au milieu des arbres, perdu dans la brume. Impossible de dire si c'est le jour ou la nuit. Je sais que je parais superficiel mais son regard ne m'a pas lâché et je voudrais essayer d'oublier les frissons qui me parcourent.
- Asseyez-vous.
Je sursaute. Il est juste derrière moi. Je détache mes yeux du tableau et me retourne. Je me retrouve mon visage presque enfouit dans sa poitrine. Il me faut toute ma persuasion pour ne pas m'appuyer contre lui. J'ai tellement envie de ses bras autour de moi, d'une étreinte réconfortante. Je prends mon courage à deux mains et je me recule. A un pas et demi de lui la tentation est moins forte. Sans le regarder, je vais m'asseoir sur le fauteuil le plus proche. Je ferme les yeux et repose tout mon corps dans le cuir noir du siège. Il passe devant moi mais je ne l'entends pas s'asseoir. Il revient quelques minutes plus tard et m'ordonne de manger.
J'ouvre les yeux pour voir qu'il est assis non loin de moi, sur le canapé et qu'il y a un plateau sur la table basse. Je ne pourrais pas avaler quoique ce soit. Sauf de la soupe ou quelque chose de liquide. Il a dû voir ma tête parce qu'il soupire.
- Vous devez manger, Harry. Vous ne survivrez pas longtemps avec rien dans le ventre.
- Je sais. Mais je ne pourrais pas manger du solide. Je… Je ne peux pas. Par contre, un bol de soupe…
Je lui fais un sourire qu'il me rend. J'adore le voir sourire, il est transformé. Il se lève et se dirige vers une porte que je n'avais jamais vu, presque en face de la cheminée.
- Je vais voir ce que je peux faire.
- Merci.
Juste avant qu'il ne la referme, j'aperçois une cuisine dans les tons orangés-jaunes. Je me lève et découvre le salon. La dernière fois que j'y étais, j'étais un peu endormi. Tous les murs sont tapissés de livres. Il doit bien y avoir près d'un millier de livres. En face de la cheminée, encore une étagère surchargée de livres, à droite la porte de la cuisine, à gauche un petit tableau, représentant un paysage enneigé, et une porte fermée, qui mène je ne sais où. A côté de la porte de la cuisine, il y a une étagère qui fait l'angle avec le mur où se trouve la porte de la chambre qui est tout autant tapissée d'étagères à livres. Une deuxième porte se découpe dans le mur et je suppose qu'elle mène à la salle de bain. Entre les deux portes, un autre tableau, juste un soleil et un ciel bleu au dessus d'une colline.
Je n'ai pas le temps d'entrer dans la salle de bain ou de regarder les livres, que Severus est déjà revenu. Il porte avec lui un énorme bol de soupe fumante qu'il pose sur la table. Il s'installe dans le sofa, en face de la cheminée et je me remets dans le fauteuil à sa gauche. Je prends le bol et je souffle dessus pour refroidir le potage.
- Alors Harry, mon salon vous plait ?
Il affiche un petit sourire sarcastique et je lui en rends un malicieux.
- Plutôt. J'adore vos tableaux mais je n'ai pas eut le temps de voir sur quoi vos livres traitaient. Je pourrais en lire ?
- Bien sûr. Si vous trouvez quelque chose à votre goût.
Je retourne à ma soupe. J'y trempe les lèvres et me surprends à la trouver excellente. Comment pourrait-il en être autrement d'un maître des potions ? Un silence apaisant s'installe pendant que je continue à manger. Je ne finis pas mon bol mais ça faisait longtemps que je n'avais pas mangé autant. Je le repose sur la table et je m'allonge en travers du fauteuil. Ma tête repose sur un accoudoir et mes jambes pendent de l'autre côté. Je ferme les yeux alors que je sens la fatigue m'envahir. Ma colère de ce midi et la conversation avec Ron et Hermione m'a épuisé.
- Que s'est-il passé tout-à-l'heure avec vos amis ?
- Ils… Je leur ai simplement dis ce qui c'était passé ces trois derniers jours et… non rien.
- Quoi ?
Je rouvre les yeux pour tomber dans deux puits noirs sans fond. Je ne peux pas lui dire que j'ai besoin de lui et qu'ils ne le comprennent pas. Sauf que… sauf que ces yeux-là pourraient tout me faire avouer. Il faut juste que je détourne les yeux et que je trouve le courage de lui dire et qu'il arrête de me fixer et…
- Je leur ai dit que je… m'entendais mieux avec vous. Ils avaient l'air de le prendre plutôt bien jusqu'à ce que je leur demande si ça ne les dérangeait pas si je venais vous voir. Ils m'ont dit que je n'avais pas besoin de vous, que je les connaissais depuis plus longtemps et que c'était suffisant. Mais… aussi étrange que cela puisse paraître… je me sens bien ici, avec vous et j'ai besoin de vous.
Je détourne les yeux après ma tirade. Je ne m'attends pas à ce qu'il me réponde de toute façon. C'est sûrement pour ça que je manque de mourir d'une crise cardiaque quand je sens une main se poser sur ma joue. Je rencontre son regard qui me montre malgré lui qu'il est ému. Ma vision se trouble alors que mes larmes tentent de s'échapper. Mais brusquement je ne vois plus rien. Il m'a plaqué contre lui et mon visage est enfoui dans sa robe. Il dépose des baiser sur le haut de mon crâne et ses mains caressent mon dos tandis que les miennes s'accrochent à ses épaules.
Je ne sais pas combien de temps je reste là, dans cette étreinte que je recherche depuis le début de la journée, mais au bout d'un certain temps, la fatigue me prend et m'engloutit dans les profondeurs du sommeil.
…
Il est de retour. Là, endormi dans mes bras. C'est maintenant que je suis bien. C'est maintenant, que tout le stress que j'ai accumulé depuis midi disparaît enfin. Quand je l'ai vu sur le pas de ma porte tout à l'heure, j'ai été soulagé. Parce qu'il m'avait choisi moi plutôt que ses amis, parce qu'il était revenu malgré le fait qu'il dise tout à ses deux gryffondors. Parce qu'il est avec moi et pas avec eux.
Je reprends contact avec la réalité quand il bouge un peu dans l'étreinte. Je vais pas rester là toute la nuit. J'affirme ma prise et je me lève. Je l'emmène dans ma chambre et je le dépose sur le lit. Il a l'air si petit, si perdu dans ce grand lit, un peu comme un enfant grandi trop vite parce qu'il en a trop vu.
- Severus…
Je lève les yeux sur Harry. Il s'agite et marmonne mais ne se réveille pas. Il m'appelle. Je ne suis même pas sûr qu'il s'en rende compte. Je soupire et j'enlève ma robe. Je n'en peux plus. Je suis fatigué. Je ne prends même pas la peine de mettre un pyjama. Après avoir déshabillé Harry (T-shirt, boxer), je me glisse sous les draps. Je le sens s'aggriper à moi comme à une bouée de sauvetage et je ne fais rien pour changer ça. De toute façon je suis trop fatigué.
Ces deux semaines sont passées plus vite que je le pensais. Harry passe toutes ses nuits dans ma chambre. Il ne prend même pas la peine de remonter à son dortoir le matin, puisqu'il passe toutes ses journées dans mes appartements. Il ne devrait pas mais quand il a repris les cours, il est tombé plusieurs fois dans les pommes, il a saigné du nez, il s'endormait. C'était comme si tout recommençait. Alors Albus l'a dispensé.
La plus part du temps je le retrouve assis ou avachi sur le sofa en face de la cheminée, à lire un livre qu'il a pioché dans une de mes bibliothèques. Ou allongé dans mon lit – et je me surprends à penser notre lit. Ou assis devant le bureau que je lui ai installé dans la pièce attenante à ma chambre qui était vide. Et tous les jours, c'est le même rituel. Je le rejoins où qu'il soit, je l'observe quelques instants et il lève la tête vers moi. Il me fait un magnifique sourire, se lève et approche vers moi. Et je le prends dans mes bras. Quelque soit mon humeur, à cet instant, je suis bien et calme.
Mais là, je suis assis à mon bureau dans ma salle de classe. Cet après-midi, on doit retourner à l'hôpital pour connaître les résultats. Malgré moi, je suis terrifié. Que va-t-on découvrir ? Est-ce grave ou est-ce que quelques médicaments moldus suffiront ? Il est midi et quart. Il est temps de rentrer. Je passe par le passage secret, traverse mon labo et entre dans le salon. Il n'est pas là. J'en profite pour appeler un elfe de maison. J'ai la flemme de faire à manger aujourd'hui. Ce sera prêt dans même pas cinq minutes.
Je pars à la recherche de mon colocataire. J'ouvre la porte de ma chambre. Personne. Il doit sûrement être dans sa pièce. J'ouvre la porte, doucement, discrètement. Il est là. A moitié allongé sur son bureau, une plume à la main, il couvre un parchemin de son écriture pointue. Qu'est-ce qu'il écrit ? Je m'approche silencieusement et je regarde par dessus son épaule. J'ai à peine le temps de voir écrit mon prénom, que le parchemin redevient vierge pour mes yeux. Je croise les yeux émeraudes de Harry. Elles pétillent de malice malgré la rougeur qui envahit les joues de leur propriétaire. Je serais donc le sujet de ses pensées ? Intéressant.
- Dois-je me vexer Harry ? Ou je n'ai pas besoin de m'inquiéter ?
- Vous n'avez pas à vous inquiéter. Je ne pourrai plus jamais penser du mal de vous, Severus. Pas alors que vous me soutenez depuis plus de deux semaines. Il y juste certaines choses que je préfère garder pour moi.
Je n'ai pas le temps de répondre que l'elfe que j'ai demandé revient avec notre repas. De toute façon je ne sais pas ce que j'aurais pas répondu. Nous nous dirigeons vers la cuisine. Le repas est servi et nous commençons à manger en silence. Le rendez-vous est à 15h. Je pense qu'il a le temps de faire une sieste. Et il en a vraiment besoin, me dis-je quand je le vois piquer du nez dans son assiette.
- Aller, Harry. Allez-vous coucher, je vous réveillerai pour le rendez-vous.
- Merci.
Il se lève et se dirige vers la chambre. Il se vautre plus qu'il ne se couche sur le lit et il s'endort avant de s'en rendre compte. Il faut que je m'occupe en attendant. Je décide de faire quelques potions pour mes réserves pharmaceutiques. A 14h30 je le réveille pour partir.
Review? Promis, au prochain chapitre vous saurez tout!
