Auteur : Crazyitachi-la-malade-de-Shaka~

Disclaimer : A Tite Kubo et j'ajoute mes chats qui m'ont grandement inspirée... Merci Tanit et Fenrir!

Reviews anonymes :

Misaki : De rien ! Je suis très heureuse que ça te plaise et tu as raison ! GrimmIchi c'est trop hot comme couple *bave abondamment* Merci de ta review !

trinity07 : Oh yeah, tu vas construire un temple en mon honneur ! xD tu l'appelleras las noches… *mode megalo on* arrrrrgh ! Et oouiiiiii le sacrifice de bonbon aux citrons ! Pour tes propositions de développement, je pense que ça devrait pouvoir se faire ! ^^ (mais Grimm a beaucoup d'argent grâce à l'entreprise de son père :P) Pour le poème, j'ai fait ensuite un edit, mais il est de Baudelaire, pas de moi :) Merci de ta review et à bientôt !

Miyu : [ouiii, elle répond toujours ! sauf quand elle oublie…] Le sujet est sombre oui, mais j'allais pas laisser la 'tite fraise se noyer dans son gouffre u.u J'avais peur que Ichigo à jeun comme tu dis soit justement trop mignon, mais je me suis dit qu'après deux ans à faire le gigolo, il avait de quoi être dans cet état ! xD Merci pour tes encouragements et ta review ! A pluch' ! :D

Tristana : Bouh ! Pour Ulqui, je sais pu à qui je l'ai déjà dit mais ça sera un peu dur… j'essaiera quand même ^^ Pour ce qui est d'une autre fin, sois sûre que dans la version longue, il y aura un ou deux chapitres après la fin que vous venez de lire :P Merci beaucoup pour ta review et bonnes vac' à toi aussi ! 8D

Shashiin : ça c'est sûr que les deux amoureux sont « fuori dal mondo » ! xD faudra que j'écoute ces musiques tiens ^^ Je pense que la version longue jouera moins sur l'émotion que celle-là ^^ Pour ta hâte, plus la peine d'attendre et voici la suite ! En espérant que ça te plaise ! Bonne lecture à toi et merci ! :D

Kay : Lemoooooooon GrimmIchiiiiiii *voix de zombie* maintenant, tu penses plus au bac ! tadam !

Sasa : Baudelaire oui… (sans le 'e' ! xD c'est trop mignon comme faute m'enfin !) Je suis contente si j'ai pu te faire découvrir un poème qui te plaît ! Je suis toujours un peu déçue quand des gens me disent que la poésie ça craint :/ Et je suis très heureuse cette fois que tu adores mes écrits *w* tiens, t'auras encore un poutou pour la peine ! cadoooooo ! 8D A pluch ! et merci !


Hello-o!

Voici la première partie de Kitty Kat, j'espère que ça vous plaira autant que le reste!

Contexte : Grimmjow est un kami agressif. Puni, il est enfermé dans un corps de chat... Comment vivre sur terre quand on a quatre pattes et seulement des griffes ridicules...?

Rating : T pour un peu de violence à la fin / Genre : Humour et romance (un poil de angst)

Lexique (relatif!) de certains mots : kami, dieux et esprits qui habitent l'univers / kistune, renard / teme, enfoiré

Bonne lecture!


Kitty Kat

Partie 1

Le kami étira un large sourire, carnassier. Il s'était bien amusé aujourd'hui. Il n'était pas un kami aussi belliqueux que ce malade de Kenpachi, kami des combats, mais il n'était pas contre un petit peu d'exercice de temps en temps. Et aujourd'hui, l'exercice qu'il avait déclenché s'était avéré particulièrement relaxant. Même si le Conseil des vieux kami allait lui tomber dessus, il ne risquait pas grand-chose vu qu'il était tout de même un kami puissant.

En clair, il était en route pour ce fameux Conseil qui conviendrait de sa punition. Grimmjow était régulièrement sanctionné pour ses petits jeux agressifs, mais jamais bien méchamment car on excusait une partie de cette violence à cause de sa nature de kami de la destruction. On était déjà heureux qu'il ne passe pas son temps à tout détruire et qu'il sache se maîtriser un peu, pas comme ce crétin de Kenpachi. Et puis les kami préféraient s'amuser, ils faisaient rarement du mal pour le plaisir de faire du mal.

« Salut les vioques ! »

Grimmjow entra dans la salle du Conseil, fier et digne. Le silence se fit jusqu'à ce que le chef des kami, le plus puissant de cette ère, se lève et gronde.

« Grimmjow Jaggerjack, kami de la destruction, tu es allé trop loin ! »

Le concerné avait toujours eu du mal avec ce kami : Yamamoto. Il était balèze, c'était indéniable, mais un peu trop coincé à son goût. Il mit ses mains dans ses poches et fit profil bas, dans la mesure du possible quand on était Grimmjow Jaggerjack évidemment.

« Tu dois être sanctionné ! »

Grimmjow camoufla son sourire. Comme d'habitude. On l'enfermerait peut-être quelques temps ou on le priverait de quelques pouvoirs un moment et ça serait réglé.

« Et cette fois, nous ne serons pas indulgents ! »

Le kami belliqueux dressa l'oreille. Pardon ?

« Tes ravages doivent cesser. Tu dois apprendre à vivre en communauté. »

Il ouvrit des grands yeux, abasourdi. Il fit volte-face quand Kyoraku Shunsui, un des kami pacifiques, prit la parole.

« Il faut que tu apprennes à aimer les autres formes de vie. Ou au moins, que tu saches, une fois dans ta vie, faire preuve de douceur.

-Hé, j'suis l'kami de la destruction. Vous pouvez pas m'demander d'être doux ! C'est contre ma nature.

-Non, Grimmjow ! coupa Yamamoto. Les kami ne sont pas des monstres soumis à leurs instincts. Ils sont des dieux, par conséquent, ils savent se maîtriser. »

Grimmjow serra les dents. Ça sentait le roussi pour lui. Peut-être qu'il n'aurait pas dû provoquer une aussi grosse bagarre cette fois. Il serra les poings en entendant Kyoraku reprendre la parole.

« Le Conseil a déjà convenu de la punition, pour ton bien, Grimmjow. »

En disant cela, le kami jouait avec des pétales de fleur que son éternel second lui lançait dessus. Grimmjow regarda le 'procureur' du Conseil, le kami du devoir, Kuchiki Byakuya. C'était lui qui prononcerait la sanction.

« Grimmjow Jaggerjack, le Conseil t'a condamné à vivre sur Terre dans un corps de chat. Pour retrouver ta place et ton rang de kami, tu devras faire preuve de docilité et te montrer sincèrement attentionné envers les autres. »

Grimmjow crut que sa mâchoire allait se décrocher. Il avait ouvert de grands yeux. On le condamnait à vivre sur Terre ? Juste pour une petite bagarre ? Et il fallait qu'il soit, en gros, une espèce de gros chat affectueux pour qu'il revienne chez les kami ?

« Bordel… C'est une blague ? Vous vous payez ma tête, c'est ça hein ? »

Le visage fermé du kami du devoir interrompit Grimmjow.

« La sanction prend effet maintenant. »

La dernière chose que vit Grimmjow avant de devenir un chat fut le regard du vieux croûton coincé.

« Il doit apprendre à aimer ! lança joyeusement Kyoraku. Je suis sûr qu'il fera un très gentil matou ! »


Quand Grimmjow reprit connaissance, il s'étonna un très court instant de se sentir si… souple. Ou quelque chose du genre. Après, il sentit la colère l'envahir et, s'il n'avait pas eu ces ridicules griffes de un centimètre, nul doute que la ville où il était tombé serait déjà rayée de la carte à jamais.

Ces crétins de kami lui avaient joué un putain de mauvais tour et il n'allait pas se laisser faire comme ça. Se montrer docile et doux ? Et puis quoi encore, il était Grimmjow Jaggerjack, le kami de la destruction ! Pas un gros chat qu'on caresse en espérant qu'il ronronne.

Le kami testa un peu son nouveau corps, essayant de trouver son équilibre. Il s'adapta rapidement à ce nouvel élément et bientôt, il gambadait dans les rues désertes éclairées seulement des lampadaires.

Ils s'étaient bien foutus de sa tête, c'était une certitude. Jamais un kami de son rang n'avait subi pareille humiliation et Grimmjow le leur ferait payer. Il était hors de question qu'il se plie à leur petite règle, il allait la jouer à sa manière. C'était-à-dire en devenant un chat de gouttière !

Le ciel se zébra tout un coup d'un violent éclair et, en l'espace d'une seconde, des pluies torrentielles se déversaient sur la ville avant que quiconque n'ait pu dire 'ouf'. Grimmjow se réfugia, bien que déjà trempé, sous une voiture et voulut grogner des insultes mais ne fit que miauler méchamment.

En plus, ces enfoirés de kami l'observaient. Il était vraiment dans de beaux draps.

La vie de chat de gouttière de Grimmjow commença ainsi. Sous la pluie. Autant dire qu'il ne trouva jamais la plaisanterie amusante. Il se demanda, durant quelques jours, comment il pourrait remplir la condition de son retour chez les kami. Etre affectueux et attentionné en temps normal lui paraissait déjà impossible. Mais maintenant, alors que c'était son seul moyen, il se rendait compte que le mot 'sincère' allait lui poser pas mal de problèmes.

A un moment, Grimmjow s'était même dit qu'il pourrait passer le reste de sa vie dans ce corps d'animal. Mais cela aurait voulu dire qu'il ne pourrait pas se venger. D'abord des kami coincés qui l'avait puni et ensuite, de tous ces sales clébards et matou miteux qui traînaient sur son territoire dans son quartier. Oui, car Grimmjow n'avait pas perdu de temps à imposer sa loi, dusse-t-il être dans le corps d'un matou.

A y réfléchir, Grimmjow aurait bien aimé se retrouver coincé dans un corps de panthère. Plus gros, plus classe, plus agressif. Quand on est une panthère, les gamines vous courent pas après pour vous caresser en geignant des 'minou' à n'en plus finir et les sales gamins du quartier ne tentent pas de vous attraper la queue pour faire Kami seul savait quelle torture.

Au bout de quelques mois, Grimmjow commençait sérieusement à douter d'un retour chez les kami. Il avait trouvé ses débuts plus ou moins marrants, mais ça commençait sérieusement à le gonfler maintenant. Il ne trouvait pas grand-chose à faire et la nourriture qu'il trouvait (car il était hors de question qu'il aille quémander) était rarement bonne.

Un soir comme les autres, Grimmjow se promenait en lisière de la ville. Il pouvait, si la chance lui souriait, trouver un petit gibier du genre écureuil et cela lui permettrait de caler une dent creuse pour plusieurs jours. Ce soir-là donc, la chasse fut fructueuse mais, problème ce soir-là, il n'était pas seul. Un autre animal rôdait. Autant les chiens ne posaient aucun problème à Grimmjow, autant cet animal-là était un peu plus dangereux.

D'expérience, Grimmjow avait fini par comprendre que les chiens, s'ils n'étaient pas un peu bêtes, étaient longs à la détente. Du coup, ils n'avaient pas le temps de comprendre ce qui se passait que Grimmjow était déjà bien loin. Mais cet autre animal qui s'invita à son festin ce soir-là était bien plus intelligent qu'un chien.

C'était un renard qui, visiblement, avait aussi un petit creux qui ne souffrait aucun partage. Grimmjow avait toujours détesté les renards. Sans doute à cause de cet autre kami kitsune, Gin Ichimaru. C'était une des rares personnes que Grimmjow évitait par instinct de survie, et ce soir, alors qu'il devait défendre sa pitance, il se retrouvait face à l'animal totem de Gin… Un signe ?

Grimmjow ne tergiversa pas des heures. Il montra au renard qu'il était plus agressif et s'enfuit avec sa proie fraîchement tuée.

Pourtant, quand il ouvrit les yeux quelques heures plus tard, il comprit qu'il n'avait pas tellement réussi à s'enfuir… C'était tout le contraire. Ce sale renard s'était taillé avec SA proie qui devait lui faire son repas et lui était resté en plan. Pourquoi ça d'ailleurs ?

Le kami se redressa et retomba immédiatement. Il avait très mal tout à coup. Il jeta un coup d'œil à son corps félin et lâcha un juron qui ne fut traduit que d'un miaulement agressif. Il était dans de sales draps. Sa patte arrière gauche semblait hors-jeu.

Il avisa le ciel qui venait de gronder. En plus, il allait pleuvoir ? Grimmjow fit un effort pour au moins se lever et s'abriter. Il tituba plus ou moins jusque dans un carton abandonné. Il n'avait pas tellement mieux à portée et il se contenterait de cet abri précaire pour le moment, en espérant que sa patte guérisse toute seule, ce qu'il savait pertinemment impossible.

Saleté de corps ! Pourquoi les chats n'avaient-ils aucun pouvoir de régénération ?

La pluie se mit à tomber rapidement et de plus en plus fort. Grimmjow voyait venir l'heure où son carton s'effondrerait sous le poids de l'eau et le forcerait à trouver un nouvel abri. Quand le moment fatidique arriva, il rassembla ses forces et courut le plus vite possible se cacher sous une voiture qui venait de se garer. Il soupira de bonheur, car, en plus d'avoir un abri, le moteur était chaud.

Il entendit un bruit de portière et vit deux pieds se poser au sol avant d'entendre un juron. Le jeune homme qui conduisait la voiture venait de faire tomber ses clés et se baissait pour les ramasser quand il croisa les deux billes bleu électrique du chat. Il se stoppa net, captivé.

« Wow, t'as de ces yeux, le chat… »

Grimmjow se mit sur la défensive. L'humain n'avait pas l'air méchant. Il avait même plutôt l'air sympathique avec ses cheveux en pétard, orange.

« Fait un sale temps, tu veux pas venir chez moi ? »

Le félin se demanda l'espace d'un instant si cet humain savait qu'il était un kami ou s'il était tout simplement débile pour parler à un chat. Il se contenta de miauler pour qu'on lui fiche la paix mais avisa une main qui s'approchait et qui déposa, sous la voiture, un peu de nourriture sortie d'un sac de course.

« T'as l'air de mourir de faim, tiens. »

Le jeune homme sourit gentiment à l'animal. Ce dernier toucha à peine à la nourriture. Grimmjow avait horreur qu'on ait pitié de lui, et plus encore qu'on lui fasse la charité. Il grogna quand une main s'approcha et recula d'un pas non sans avoir griffé l'humain.

« Aie ! Je vois que t'es pas commode… Tss, t'as qu'à rester dehors alors ! »

Grimmjow observa le jeune homme aux cheveux orange se lever et rejoindre une maison dans la rue juste en face. Il le fixait du regard, le jaugeant. Cet humain avait l'air potable, peut-être pourrait-il trouver un abri chez lui pour quelques jours ? Le chat grogna. Il n'avait besoin de personne pour s'en sortir. Sa patte se rappela à son bon souvenir. Bon, peut-être que, dans ce corps, il avait besoin d'aide…

Il sortit finalement de sous la voiture et se mit à miauler bruyamment après l'humain. Ce dernier se retourna, étonné, et avisa le chat qui boitait fortement. Il eut une mine inquiète et se rapprocha de l'animal.

« Pauvre minou, t'as la patte cassé en plus. Pour ça que tu m'as griffé ? »

Le jeune homme prit le chat délicatement dans ses bras, espérant qu'il ne se ferait pas griffer. Il soupira et l'emporta jusque chez lui. Grimmjow se retenait de griffer les mains de cet humain. Personne n'osait le prendre dans ses bras. Mais le chat dut se rendre à l'évidence que, depuis qu'il était coincé dans ce corps, il devait faire des concessions.

Il était néanmoins étonné de la délicatesse dont cet humain faisait preuve. Il le déposa sur un coussin et commença à regarder sa patte. Grimmjow eut un mouvement réflexe et s'écarta mais l'humain le tenait à la base du cou, empêchant la fuite.

« Te casse pas, le chat. Je regarde ta patte, je te ferai pas de mal. »

Grimmjow grogna encore et se laissa finalement faire, la mine renfrognée. Parce qu'il était tombé sur un vétérinaire en plus ? Après quelques minutes, le jeune homme soupira, comme agacé.

« … J'ai pas envie d'aller le voir… »

Il avait comme l'air embêté par quelque chose. Grimmjow ne savait pas quoi.

« Ichigo ! T'es là ? »

Le jeune homme sursauta tout à coup. Il tourna la tête et avisa l'homme qui entrait dans le salon. Il était très grand, comme un fil de fer. Il avait de longs cheveux noirs et un visage assez ingrat. Enfin, Grimmjow restait poli dans sa description : pour lui, l'homme était simplement aussi moche qu'un gros insecte.

« Nnoi, je savais pas que tu étais déjà là… Tu as fini plus tôt ? »

Le grand acquiesça avant de regarder le chat.

« Tu ramasses toujours c'qui traîne par terre ? »

Grimmjow feula, ne supportant pas qu'on le méprise. Le dénommé 'Nnoi' haussa un sourcil, l'ignora et attrapa la nuque d'Ichigo avant de l'embrasser profondément sous l'œil ébahi de Grimmjow. Il n'arrivait pas à croire qu'un jeune homme comme Ichigo, que la nature semblait avoir doté de toutes les qualités physiques, se retrouve avec ce grand machin aux dents de piano.

« Hé… Nnoitra, arrête, je…

-Tss, toujours pas prêt ? »

Ichigo s'écarta, légèrement rougissant. Il soupira et reprit :

« Je dois emmener ce chat chez mon père demain. Je peux pas le soigner ici, j'ai que des analgésiques…

-Bah laisse-le crever, alors ?

-Nnoi, tais-toi.

-Pff… De toute manière, y'a la fête de Shinji ce soir, tu viens avec nous ?

-… Je ne crois pas.

-Quoi ? Il va pas se casser ton chat, surtout avec une patte dans cet état ! »

Ichigo sourit, amusé.

« Bien sûr que non, c'est juste que j'ai eu une journée un peu dure et j'ai besoin de me reposer.

-Ah, bon, bah je leur dirai bonjour de ta part ! »

Le jeune homme acquiesça et regarda, ce qui devait être son petit ami, sortir. Après un moment à rester immobile, Ichigo se passa une main sur le visage et soupira encore avant de s'asseoir sur le canapé à côté du chat.

Grimmjow trouvait que cet Ichigo avait une tête victime. Nnoitra n'avait pas l'air d'un petit ami attentionné. Il n'avait même pas demandé comment s'était passé cette dure journée qui avait mis le jeune homme k.o. Le chat ne s'en plaignait pas. Si Ichigo était du genre bonne pâte, il était prêt pour la belle vie. Et Nnoitra semblait l'avoir compris.


Ichigo s'était endormi sur le canapé où il avait prévu de ne seulement faire qu'une pause dans sa journée harassante. Il dormait de moins en moins la nuit, préoccupé par le tournant que prenait sa vie. Il avait découvert seulement récemment qu'il était attiré par les hommes et il n'osait pas encore en parler à ses amis et encore moins à sa famille. Il avait besoin de temps pour s'accepter avant de le révéler. Il avait aussi des embrouilles au bureau, un patron très exigeant malgré son jeune âge et tout lui pesait sur les épaules. Surtout qu'Ichigo disait rarement non quand on lui demandait de l'aide.

Et Grimmjow trouvait le temps long, allongé sur ce canapé. Il voulait qu'on le soigne vite et surtout, qu'on lui donne à manger car depuis que le renard s'était enfui avec sa proie, il n'avait rien avalé. Seulement, Ichigo semblait très profondément endormi.

Le chat inspecta sa patte et se dit qu'il fallait user des grands moyens. Et puis il était presque sûr qu'Ichigo ne lui en voudrait pas trop longtemps. Après une brève inspection des solutions de retrait, Grimmjow planta sa patte griffue dans la main du jeune homme qui se réveilla d'un coup en poussant un cri bref.

« Hé ! Sale bête ! »

Ichigo se retint de frapper l'animal juste à temps. Il n'allait pas le blesser plus encore alors qu'il avait déjà une patte cassée. Le jeune homme lança un regard meurtrier au chat et jeta un coup d'œil à sa main. La griffure saignait !

« T'es vraiment une sale bête ! Pas étonnant que tu vives dans la rue. »

Ichigo soupira et se leva. Il prit une boîte de pâté pour chat qui traînait dans les réserves et la servit à l'animal. Il avait eu un chat il y a peu et il n'avait pas encore tout jeté. Il déposa la barquette sous le nez du chat qui commença par la dédaigner. Ichigo regarda la scène d'un œil à peine étonné.

« J'aurais dû me douter que t'aurais en plus des goûts de luxe… »

Il marqua une pause tout en appliquant un peu de désinfectant et un pansement sur sa main.

« Hé tu sais quoi, le chat ? Si tu manges pas ça, tu mangeras pas tout court. »

Ichigo tourna ensuite les talons pour se préparer à manger pour lui-même. A peine était-il installé sur sa chaise et l'assiette remplie qu'un éclair gris bleuté sautait sur lui pour lui voler une partie de son repas. Ichigo ne réagit pas tout de suite, ébahi.

« Mais… Mais t'es vraiment un petit salaud, toi ! »

Le jeune homme rattrapa la bête par la peau du cou et lui arracha de sa gueule la nourriture volée. Il reposa l'animal au sol, essayant de ne pas laisser son énervement aggraver les blessures et retourna à son repas.

« Si tu continues à jouer les enfoirés comme ça, je vais te donner un nom que tu vas adorer ! Sale bête ! »

Grimmjow apprécia moyennement qu'on le repose sur le sol en lui volant sa nourriture. S'il était dans son corps de kami, il aurait déjà appris à cet humain ce qu'il en coûte de provoquer un dieu ! Au lieu de cela, sa patte se rappela douloureusement à lui et il eut la surprise de voir toute colère disparaître du visage d'Ichigo. Sensible aux autres, peut-être ?

« Le chat ? Tu miaules bizarrement… »

Ichigo se passa une main sur le visage, soupirant encore une fois. Il retourna à la cuisine chercher les analgésique pour animaux qu'il avait et les mélangea à un peu de thon en boîte qui traînait dans les restes. De retour au salon, il remarqua que le chat mangeait directement dans son assiette. Il serra les poings et rebroussa chemin pour ajouter des sédatifs dans le thon.

A peine l'assiette était-elle déposée par terre, Grimmjow la dévorait. Il aimait plus le poisson depuis qu'il avait été transformé et si Ichigo lui offrait un tel met, le goût des médicaments était tout à fait supportable. Quand il finit sa gamelle, il se trouva quand même un peu bizarre. Il ne marchait plus très droit…

« Je t'avais dit… Teme. Faut pas me chercher de trop. »

Grimmjow avait envie de massacrer cet humain. Pour qui se prenait-il enfin ! Humilier le kami de la destruction… Mais il n'était actuellement qu'un chat. Il grogna malgré son état assez limité et se jura qu'il allait faire de la vie de cet humain un véritable enfer.

Il se le jura et, l'heure suivante, il était placé dans un coussin où il resta dans une sorte de demi-coma jusqu'au matin.


Grimmjow fixait Ichigo de ses deux grandes billes bleues depuis un moment. L'humain l'avait emmené chez un homme qui, semblait-il, était son père. Le kami n'était pas sûr car il n'avait jamais eu vent de père qui saluerait leur fils en leur lançant un coup de pied sauté. Enfin… Grimmjow avait passé ce détail outre et s'était laissé, plus ou moins contre son gré vu qu'il était toujours sous sédatif, soigner par l'homme.

A ce moment, il essayait de jauger à quel point l'humain chez qui il était tombé saurait lui tenir tête. Depuis qu'il avait été soigné et qu'il pouvait de nouveau bouger, Grimmjow n'avait pas fait mine de vouloir s'en aller. Après tout, il était nourri, logé et blanchi et c'était bien plus agréable et amusant de vivre ainsi que dans la rue. Même si sa place de kami lui plaisait bien plus.

Donc, cela faisait deux semaines qu'il squattait sans scrupule chez Ichigo, profitant allègrement de son tempérament altruiste. Quoiqu'aujourd'hui il craignait un peu d'avoir été trop loin dans la plaisanterie… Grimmjow aimait faire tourner Ichigo en bourrique. C'était son grand sport. D'abord il grimpait sur les rideaux, ensuite il faisait tomber les cadres ou les fleurs… Une fois, il avait planqué le téléphone portable d'Ichigo qui avait dû essuyer la colère de son petit ami. Ce dernier avait cru qu'Ichigo l'ignorait ou quelque chose du genre. Enfin, Grimmjow s'en fichait bien de ça.

Récemment, il était tombé sur la penderie ouverte et n'avait pu résister à faire quelques nouvelles coupes aux habits que le jeune homme mettait pour aller travailler. C'était un de ses plus gros mauvais coups et il avait quand même fini puni. Ichigo s'était vengé en le mettant dans une baignoire pleine d'eau. Le jeune homme s'était bien fichu de lui quand il l'avait vu traîner dans l'appartement avec les poils collés à son corps. L'humain avait d'ailleurs poussé la vengeance encore plus loin… Avant de relâcher la bête de son bain improvisé, il l'avait nettoyé avec du shampoing. Toute la soirée suivante, Ichigo n'avait cessé de dire qu'il sentait bon le kiwi, ce qui eut le don d'énerver Grimmjow qui médita en retour une autre vengeance.

Au final, cela faisait deux semaines que l'humain et le kami emprisonné se menaient une sorte de petite guéguerre. Et là, aujourd'hui donc, alors que Grimmjow fixait les yeux de son humain, il se demandait s'il avait gagné son billet de sortie.

« Teme… Je crois que ce jour-là, j'ai vraiment très bien choisi ton nom… »

La voix d'Ichigo était grondante. Il tenait Grimmjow par la peau du cou, à hauteur de sa tête mais assez loin pour éviter un coup de griffe.

« Je sais pas comment t'as réussi ce coup de maître, Teme, mais je te jure que tu peux toujours rêver avant de reposer ta patte dessus… »

Ichigo lança un rapide coup d'œil à la victime du chat. C'était un gâteau que sa sœur lui avait préparé pour la fête de son petit copain et ce sale chat avait commencé à le dévorer sans vergogne ! Pourtant, Ichigo avait déjà laissé d'autres gâteaux à l'air libre ainsi sans que le chat ne vienne s'en approcher mais cette fois… Cette fois…

« J'suis sûr que tu savais que c'était important et tu l'as fait exprès ! T'es un chat démoniaque ou quoi ? »

Grimmjow répondit qu'il était un kami, mais Ichigo ne comprit qu'un miaulement. Le jeune homme le lâcha de sa hauteur et le chassa à coup de pieds.

« Hors de ma vue, Teme ! J'veux pas te revoir avant demain ! »

Grimmjow s'enfuit sans demander son reste. Il reconnaissait encore qu'essuyer la colère d'Ichigo, même avec ses griffes, était quelque chose de très ardu. Il se terra donc au fond d'un lit pour la fin de la journée, et, de préférence, pas celui d'Ichigo quoique l'envie le démangeait.

De son côté, le jeune homme continuait de râler. Il devait sortir acheter un autre gâteau maintenant. Il attrapa ses clés et une veste et quitta l'appartement sans rien dire. Tout en allumant le moteur il repensait à ce sale chat qu'il avait plus ou moins recueilli. Il était vraiment insupportable… mais dans le fond, Ichigo l'aimait bien. Même si c'était fatiguant de toujours s'énerver contre lui, il s'avouait que c'était assez amusant… Le jeune homme se passa une main sur le visage. Il devait délirer.

Il commença à rouler vers la supérette mais s'arrêta quelques rues plus loin, bien avant la destination. Il rangea la voiture sur le côté et sortit en trombe. Il avait cru voir quelqu'un qui ressemblait beaucoup à Nnoitra, juste dans une de ces ruelles un peu glauques. Ichigo s'inquiéta immédiatement et se précipita auprès de l'homme allongé sur le sol. Il voulut prendre son pouls mais se stoppa, choqué et abasourdi.

« Il est… saoul ? »

Ichigo se tapa le front de la main en insultant Nnoitra de sale ivrogne et, bon an mal an, parvint à hisser le géant sur son épaule pour le mettre à l'arrière de la voiture et rentrer à la maison. Il redémarra, toujours un peu inquiet quand même. Nnoitra avait une sacrée résistance à l'alcool, comment pouvait-il se trouver ivre mort dans une ruelle ?

Le jeune homme ouvrit la porte avec difficulté mais réussit à traîner son fardeau jusque sur le canapé où il le laissa choir sans grande délicatesse. Il rejoignit ensuite la cuisine pour préparer un de ces fameux cocktails contre la gueule de bois. A coup sûr, Nnoitra cuvait sa nuit.

« Hé, Nnoi… Réveille-toi… »

Ichigo essayait de ne pas paraître intéressé mais il s'inquiétait quand même. Quand Nnoitra donna plus ou moins signe de réveil et qu'il remarqua Ichigo, il commença par éclater de rire. Le plus jeune fronça les sourcils.

« Nnoi ?

-T'aurais dû voir leur tête ! C'était trop fort ! »

Ichigo hocha la tête.

« De quoi tu parles ?

-Bah je leur ai dit ! Y'avait tout le monde ! Tes potes, les miens… C'était génial !

-Mais.. »

Le jeune homme posa le verre sur la table basse, sa main tremblait un peu et il se sentait un peu mal.

« Tu leur as dit…

-Que t'étais pédé ! Tu crois quoi ? C'était trop énorme leur tête ! Surtout tes potes, z'avaient l'air trop dégoûtés, comme si t'étais d'la merde ! Les miens m'ont juste dit qu'ils avaient bien envie de t'défoncer! Surtout quand je leur ai dit que personne t'étais encore passé d'ssus. »

Ichigo s'écarta, choqué et blessé. Nnoitra avait dit pour… Alors que lui-même avait encore du mal à se l'avouer et à s'accepter. A tous ses amis… Et en plus, il l'avait humilié face aux autres, le considérant comme une espèce de Sainte Nitouche coincée... Le jeune homme avait du mal à savoir comment réagir. Colère? Douleur?

« Bah c'quoi c'te tête ? J't'ai soulagé d'un sacré poids ! T'as plus de secrets maintenant ! Et aussi plus d'amis ! »

Nnoitra riait et, à mesure qu'il s'esclaffait, Ichigo pâlissait. Ses mains tremblaient de colère contenue, une colère qui explosa bientôt.

« Enfoiré ! Je t'avais dit de tenir ta langue ! Je ne voulais pas leur dire et toi tu… tu fous tout en l'air ! T'es rien qu'un connard ! Sors ! Sors de chez moi et ne reviens plus jamais ! Va-t'en ! »

Nnoitra s'arrêta tout à coup de rire pour lancer un regard noir et glacial au plus jeune. Ichigo ne put se retenir de déglutir, légèrement inquiet. Il recula d'un pas et sursauta quand le plus grand lui attrapa le poignet violemment.

« Lâche-moi ! Lâche-moi ! Connard ! »

Plus loin dans un chambre, Grimmjow tendit l'oreille. Depuis quelques minutes, il entendait les deux hommes se crier dessus. Grimmjow n'avait jamais trouvé qu'Ichigo était le genre à être avec quelqu'un comme Nnoitra de toute manière. Il commença à se poser des questions quand les cris de colère d'Ichigo cessèrent subitement. Il quitta les couvertures et rejoignit discrètement le salon où il comprit le pourquoi de ce silence relatif.

Nnoitra avait bâillonné le plus jeune pour étouffer ses cris et le plaquait sur le canapé. La position était plus que suggestive et Grimmjow n'eut pas de mal à comprendre les intentions du monstre aux dents de piano.

Il n'aimait pas particulièrement Ichigo mais ne lui souhaitait pas autant de mal. Il resta discret et chercha furtivement un téléphone.

« T'vas arrêter d't'exciter comme ça ? »

Le plus grand frappa le plus jeune à la tête, le sonnant légèrement. Pourtant, il lui avait déjà cassé le bras, il aurait dû se montrer un peu plus docile.

« Même la pucelle que j'me suis fait hier soir m'emmerdait moins ! »

Ichigo continuait de se débattre malgré la douleur et les mots blessants. Il espérait que quelqu'un entende la bagarre mais, visiblement, cela semblait mal parti. Les yeux crispés et la mort dans l'âme, le jeune homme essaya d'ignorer qu'on ouvrait sa chemise.

« Police secours, j'écoute ? »

Ichigo écarquilla les yeux en entendant la voix d'un haut-parleur téléphonique. Nnoitra fit volte-face et le jeune homme profita de ce lapse de temps pour le renverser et, d'un bond, saisir le téléphone miraculeux et, après s'être libéré la bouche, répondre. Nnoitra essaya de le frapper avant qu'il ne puisse donner ses coordonnées mais ne fut pas assez rapide.

Quand il comprit qu'il allait se faire arrêter, Nnoitra s'enfuit sans demander son reste. Ichigo lâcha un profond soupir de soulagement mêlé à de la douleur et s'effondra sur le sol. Il ne tenta même pas de comprendre comment le téléphone avait pu composer tout seul le numéro de police secours.

Sa vision se voila. Il avait mal à la tête et il se sentait… très mal. Et son bras formait un angle bizarre, contre-nature. Il essaya de se relever et de l'enrouler dans un tissu pour le garder au chaud mais il n'avait pas la force de bouger, sa tête tournait trop.

Grimmjow, resté jusque-là d'une discrétion étonnante, sortit de derrière un meuble et regarda le jeune homme par terre. Il perdait progressivement connaissance. Le kami ne savait pas trop pourquoi, mais il n'aimait pas voir Ichigo ainsi. Et il avait une furieuse envie de détruire Nnoitra… Quand la porte s'ouvrit à la volée pour laisser entrer deux policiers, Grimmjow se tenait auprès de l'humain inconscient.


Bon! je commence à écrire la suite dès que... j'ai le temps! :)

Donnez-moi vos avis! et à bientôt!