Résumé : Ducky découvre l'impensable en arrivant au bureau. Gibbs s'est mis au déca ? Jimmy a braqué une banque ? Ziva fait de la broderie ? Non, tout ça serait bien trop ordinaire !


Ducky et un invité surprise

Deux choses sont infinies, l'univers et la bêtise humaine. Enfin, pour l'univers, je ne suis pas tout à fait sûr.

Albert Einstein

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Ducky considéra un instant incrédule la personne qui lui faisait face. De toute sa carrière, ni même de toute sa vie il n'avait jamais eu à affronter ce cas de figure.

Il avait pourtant vu de nombreuses choses : des causes de décès plus que surprenantes, des personnes rencontrées ou situations vécues plus qu'originales, ridicules ou totalement loufoques. Il se souvenait parfaitement d'une fois où... non, rien n'était comparable à ça !

S'il n'avait pas été sûr d'être réveillé, il aurait juré rêver ou cauchemarder, au choix. Il aurait même pensé halluciner. Pourtant, comme celle-ci, toutes les scènes les plus folles auxquelles il avait été confronté au NCIS étaient réelles.

Que Jethro se mette à chanter du rap vêtu d'un baggy, la casquette de travers, ou Ziva donnant des cours de broderie l'auraient bien moins étonné, c'est dire !

Même Abigail habillée BCBG jouant de l'accordéon ou bien le directeur dansant la polka aurait eu l'air ordinaire.

Pire, que Timothy déguisé en mort-vivant dirige l'agence ou que Jimmy, cagoule sur la tête et arme au poing, braque une banque, il aurait trouvé ça normal.

Même Anthony se mettant à discourir sur la physique quantique et la mécanique des fluides, ou bien Mike Franks en smoking donnant un concert à la flûte traversière, lui eut fait moins d'effet que la personne en face de lui.

Oui, il avait définitivement vu beaucoup de choses au cours de sa vie. Il en avait imaginé tout autant, mais jamais, au grand jamais il n'aurait pensé voir un jour Tobias Fornell uniquement vêtu d'un string rose bonbon, l'attendre bras croisés en salle d'autopsie !

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Ducky ne s'était pas préparé à cette vision et affichait de ce fait un air de circonstance. L'agent du FBI prit les devants dès qu'il s'approcha.

- Sans commentaires, doc !

Ducky se ressaisit.

- Que puis-je faire pour vous Tobias ?

- Auriez-vous des vêtements ?

C'était plus une prière qu'une question.

- Cela doit pouvoir se trouver, répondit-il aimablement.

Il se dirigea vers un meuble pour en sortir un sweat et un jogging siglé NCIS. Il les conservait ainsi pour les « au cas où ».

- Je n'ai pas de chaussures, s'excusa-t-il.

- Ça ne fait rien.

Fornell saisit le sweat et l'enfila. Il s'empara ensuite du pantalon, mais :

- Vous pourriez vous retournez que j'enlève cette chose ?

Il désigna la pièce de tissu fluo sur son corps. Ducky s'exécuta pendant que son compagnon s'expliquait.

- Ne le prenez pas mal Duck, mais je pense m'être assez ridiculisé comme ça.

- Être pudique est le commun de la plupart des gens, énonça le docteur.

- Justement !

Il y eut un silence puis Tobias reprit la parole.

- C'est bon, vous pouvez vous retourner.

Ducky lui fit de nouveau face. Il vit l'agent mettre l'incongru vêtement dans sa poche.

Les habits étaient un peu amples,mais de bonne longueur. Seuls ses pieds nus dénotaient de l'image sportive qu'il renvoyait à présent.

- Je vous les rapporterai, affirma-t-il.

Ducky acquiesça avant d'oser formuler la question qui le taraudait depuis son entrée dans la pièce.

- Comment vous êtes vous retrouvé ici affublé de cette manière ?

- Soirée arrosée, fut sa seule réponse.

En retour, un regard intrigué quémanda quelques précisions. Fornell soupira, puis s'installa sur une des tables d'autopsie et débuta son récit.

- Hier soir, j'étais à l'enterrement de vie de garçon d'un collègue. L'alcool aidant nous avons commencé à faire des paris. Au fur et à mesure que la nuit avançait ils sont devenus de plus en plus stupides. Le fiancé a fini par parier avec moi que j'étais incapable de danser en string -le mot lui écorcha les lèvres- devant lui.

- Et vous l'avez fait.

- Non ! J'ai passé ce truc et puis j'ai renoncé. Seulement cet imbécile ne s'en est pas tenu là. Il a refusé mon argent et m'a infligé un gage. Avec les autres, ils m'ont traîné jusque devant le NCIS, avant de déguerpir !

- Le NCIS ?

- C'était plus près que le FBI et j'y viens souvent. Un peu trop souvent d'ailleurs.

- Et comment vous êtes-vous retrouvé ici ?

Il indiqua d'un geste la salle.

- Le gardien était trop choqué pour m'empêcher de rentrer. À mon avis, il doit encore penser avoir eu des hallucinations.

Il y eut un nouveau silence, que rompit Ducky.

- Il est encore tôt, vous devriez en profiter pour partir. L'agence ne va pas rester déserte très longtemps.

- Vous avez raison.

Ducky fouilla dans son portefeuille et en sortit un billet. Il le tendit à Tobias.

- Cela devrait être suffisant pour le taxi.

- Merci. Ça m'évitera les questions que j'aurais eu si j'avais demandé à ce qu'on vienne me chercher. Je vous rembourserai.

- Je n'en doute pas.

Tobias le salua puis quitta la pièce.

Quand son téléphone sonna, affichant le numéro de Gibbs, Ducky se surpris à penser que son ami allait lui annoncer qu'il s'était mis au déca, ou qu'il avait carrément arrêté le café. Plus que probable, il aurait trouvé ça normal, tant Fornell l'avait laissé pantois.

Il secoua la tête pour s'éclaircir les idées et décrocha. Une nouvelle journée commençait.