Hola, hi et autres bonsoirs ! Chose promis, chose due : voici le 7ème chapitre de Learning How To Live. J'espère qu'il vous plaira, parce que c'est un de mes préférés - oui, je sais, je dis ça souvent :P
Encore une fois, je vous remercie pour vos reviews/follow/favorite et votre soutien en général, qui me réchauffe le cœur en cette saison frisquette. Je vous laisse à votre lecture :D
Disclaimer : Traduction, rien ne m'appartient, ABC, clevergurl.
Chapitre 7 : Playing The Field
Emma leva les yeux et vit que les lèvres de Regina bougeaient et que ses deux mains recouvraient fermement ses oreilles. Éteignant la scie électrique, elle enleva son casque antibruit puis regarda la brune à travers ses lunettes couvertes de sciure et constata que l'autre femme avait arrêté de parler.
- Pardon ? demanda t-elle en fixant Regina d'un air interrogateur, tournant vers elle son oreille désormais libre pour mieux l'entendre.
Attendant la réponse de la brune, Emma essuya les copeaux de bois qui s'étaient amassés sur ses bras musclés.
- JE DISAIS, commença Regina avant de s'interrompre brusquement, réalisant que sa voix portait maintenant beaucoup plus que lors de son premier essai.
Elle se rendit compte que la scie ne bougeait plus et qu'Emma avait retiré son casque, et elle se risqua donc à décoller ses mains de ses oreilles. Elle fut accueillie par le bruit confortable de la nature, et elle soupira de soulagement.
Elle reprit, d'une voix plus basse, cette fois.
- Je disais : Je me demandais si vous accepteriez de venir dîner chez moi ce soir, vers 7 heures ? Je fais des lasagnes.
Emma mit ses lunettes sur sa tête, révélant deux parcelles de peau parfaitement immaculées autour de ses yeux. Regina trouva que ça lui faisait un look à la fois amusant et adorable, et elle sourit à Emma qui lui adressa à son tour un sourire timide; aucune des deux ne sachant réellement pourquoi elle souriait à l'autre.
- Oh, ummmmm… merci pour l'invitation, mais je… euuuuh… et bien, il faut que je sois en ville autour de 7 heures, ce soir, et je ne voudrais pas que vous changiez vos plans pour moi. Je suis sûre que pourrai me préparer quelque chose là-bas.
Emma fit un geste pour désigner la dépendance, mais elle termina sa phrase sans enthousiasme et laissa son bras retomber le long de son corps en réalisant que son repas du soir allait consister en une poignée de crackers et une boîte de thon qu'elle mangerait seule. Elle était déçue de devoir décliner l'invitation de Regina, et la perspective de manger des lasagnes était alléchante, mais une promesse était une promesse.
- Oh, répondit Regina d'un air découragé en baissant les yeux et en repoussant une mèche de cheveux derrière son oreille, se mordillant sa lèvre inférieure sans savoir quoi dire de plus.
Bon sang, comment est-ce qu'elle fait pour être aussi belle ? Emma leva les yeux au ciel de désespoir, comme si elle suppliait quelqu'un ou quelque chose de mettre un terme au désir ardent qu'elle ressentait chaque fois qu'elle se trouvait dans la même pièce que Regina. Elle pria pour que la brune ne remarque pas l'effet qu'elle avait sur elle. Si Marco avait raison ; si Regina entretenait les mêmes sentiments qu'elle, Emma commençait vraiment à se demander si elle aurait la patience d'attendre qu'elle lui envoie un signe.
Depuis quelques semaines, Regina invitait Emma à dîner aussi souvent qu'elle le pouvait. A l'origine, elle avait essayé de se convaincre qu'elle faisait ça par bienveillance.
Les rares fois où elle apercevait Emma lorsqu'elle rentrait de ses courses, la blonde ne rapportait que quelques sacs à moitié vides, et Regina ne pouvait jamais s'empêcher de se demander combien de fois elle allait au lit le ventre vide, lorsqu'elles ne mangeaient pas ensemble. Emma et Marco n'avaient pas l'air de rouler sur l'or, et si les paiements qu'elle leur fournissait étaient leur seule source de revenu, ils n'avaient vraiment pas assez pour vivre convenablement tous les deux.
Mais lorsqu'elle se forçait à être brutalement honnête avec elle-même, elle savait que ses motivations étaient toutes autres.
Depuis le jour passé dans la crique, elle laissait plus souvent son regard dériver vers le jardin lorsqu'elle jouait du piano ; elle s'attardait un peu plus longtemps qu'elle ne devrait sur la silhouette d'Emma, oubliait parfois des mots lorsqu'elles discutaient. C'était fou comme la simple présence tranquille de la blonde pouvait la distraire.
Elle acceptait le silence confortable qu'elles partageaient lorsqu'elles mangeaient ensemble, et elle chérissait les moments où Emma lui parlait d'elle ; même si c'était rare et souvent bref, cela permettait à Regina de voir au-delà de la timidité de la blonde et d'apercevoir la femme merveilleuse qui se trouvait derrière.
Elle ressentait un besoin intense d'être proche d'Emma, même si ça voulait dire que durant ces dîners, son cœur battait un peu plus fort que de raison ; que ses mains agrippaient les couverts un peu plus solidement que nécessaire ; et qu'elle se concentrait davantage sur la maîtrise du tremblement de sa voix que sur la cohérence de ses phrases.
Elle avait besoin de savoir si ses sentiments pouvaient être réciproques ; si Emma ressentait la même chose pour elle que ce qu'elle ressentait pour Emma. Elle avait besoin de savoir : dans le cas où elle acceptait de prendre un risque ; si, pour une fois dans sa vie, elle faisait confiance à son cœur et se dévoilait complètement, est-ce qu'Emma en ferait de même ? Elle espérait tellement que oui, parce que chaque minute qu'elle passait aux côtés d'elle était comme une note ajoutée à une symphonie magnifique ; une symphonie qu'elle ne voulait pas voir s'arrêter.
Emma fut tirée de ses pensées par la voix de Regina.
- Et si vous vous arrêtiez de travailler un peu plus tôt aujourd'hui ? Je vous promets que je ne dirai rien à Marco, proposa la brune en lui adressant un sourire complice. Comme ça, je préparerais les lasagnes pour 5 heures et vous pourriez me rejoindre pour un dîner de bonne heure avec Henry. Je dois me rendre en centre-ville avec lui ce soir, nous devons faire quelques courses ; on pourra vous déposer et vous ramener quand vous aurez terminé ?
Regina pria pour que le ton de sa voix ne sonne pas trop désespéré, mais il n'était pas question qu'elle renonce si facilement à l'opportunité de dîner avec Emma et de profiter de sa compagnie lors de la virée en ville qu'elle devait faire dans la soirée.
- Ummmm, d'accord. Je ne veux juste pas que vous vous embêtiez pour moi, termina Emma d'une voix rapide, gardant les yeux rivés sur la table qu'elle était en train de fabriquer, laissant ses doigts jouer avec quelques copeaux de bois.
- Bien, c'est un rencard, alors.
Les yeux de Regina s'écarquillèrent et elle inspira rapidement en réalisant ce qu'elle venait de dire. Heureusement qu'Emma ne la regardait pas; si ça avait été le cas, elle aurait été témoin de la réaction presque comique de la brune. Regina prit une grande inspiration et essaya de penser à quelque chose qui pourrait clarifier sa déclaration, mais rien ne lui vint à l'esprit ; elle se contenta donc de tourner les talons et de retourner dans la maison, laissant Emma seule avec sa scie. Un petit sourire sur le visage, Emma murmura :
- Oui, c'est un rencard.
Assise dans la voiture, Emma restait silencieuse et regardait les arbres défiler par la fenêtre. De temps à autre, la forêt devenait moins dense et elle apercevait une plage rocheuse, une crique déserte, ou un marécage à travers les arbres. Normalement, elle prendrait soin de noter chaque détail de leur beauté, mais ce soir, elle y prêtait à peine attention. Elle avait déjà suffisamment de mal à se concentrer sur sa respiration lorsque l'air était parfumé par cette fragrance de pommes et de lavandes ; l'odeur typique que dégageait Regina. Chaque fois qu'elle inspirait, elle avait l'impression de se retrouver dans le canoë, lorsqu'elles étaient dans la crique et que son visage et son corps étaient pelotonnés contre ceux de Regina. Son cœur pulsait douloureusement.
Elle savait qu'elle aurait probablement dû dire quelque chose, échanger des banalités ; mais il était de plus en plus dur pour elle de trouver quoi dire à la personne qui consumait ses pensées chaque minute de chaque jour. Tout ce à quoi elle pensait lui semblait tellement… inintéressant.
Au lieu de ça, elle se perdait dans ses pensées. Elle rejouait des extraits du dîner qu'elle venait de partager avec la femme magnifique assise à côté d'elle. Les lasagnes étaient les meilleures qu'elle avait jamais mangées, et elle avait dû se retenir de gémir chaque fois qu'elle avait vu la fourchette glisser entre les lèvres de Regina. Elle avait clairement arrêté de respirer pendant une ou deux secondes lorsqu'elle avait surprit la brune en train de la fixer en sirotant son verre de vin rouge. Et ensuite, il y avait eu l'incident de la sauce tomate. Elle aurait pu simplement dire à Regina qu'elle en avait un peu au coin de la bouche. Elle aurait sans doute dû, en fait. Mais non ; sans réfléchir à la portée de ses actes, Emma avait tendu la main et nettoyé de son pouce la bouche en question. Elle ne s'était juste pas attendue à ce que Regina entrouvre les lèvres ; le geste d'Emma provoquant de fait un léger tiraillement sur sa lèvre inférieure. Emma s'était reprise, mais elle s'était demandé si Regina l'avait vue se pencher légèrement en avant, sa propre bouche entrouverte, anticipant un baiser qui n'eut jamais lieu.
Emma ne savait pas combien de dîners de ce genre elle pourrait encore supporter. Ces derniers temps, ses mains tremblaient tellement qu'elle devait se concentrer au maximum pour porter sa fourchette à sa bouche en ayant l'air parfaitement naturelle.
Oh mon Dieu, est-ce qu'elle a vu que ma main tremblait quand j'ai touché son visage pour enlever la sauce ?
Regina gardait les yeux rivés sur la route, se demandant si elle récupérerait un jour la capacité de former une pensée cohérente. Le mutisme momentané d'Emma était probablement une bonne chose, parce qu'elle avait besoin de ce temps pour comprendre ce qui s'était passé pendant le dîner.
Elle était tellement occupée à observer Emma manger ses lasagnes qu'elle n'avait même pas réalisé qu'elle était en train de la fixer par-dessus son verre de vin. Ça avait dû faire un moment, en plus, parce que même la blonde avait fini par le remarquer. Son cœur avait manqué un battement ; plusieurs, en fait, lorsqu'elle avait vu ces beaux yeux émeraudes lui rendre son regard. Et ensuite, il y avait eu l'incident de la sauce tomate. Emma aurait pu simplement lui dire qu'elle en avait un peu au coin de la bouche. Au lieu de ça, la blonde avait tendu la main et avait nettoyé la sauce avec son pouce. Regina n'avait pas voulu entrouvrir les lèvres, mais c'était la première fois qu'elle ressentait quelque chose comme ça, et cette caresse était un début parfait pour un baiser parfait… qui, une fois de plus, n'avait pas eu lieu. Emma s'était légèrement penchée en avant, ses propres lèvres entrouvertes. Les sentiments de Regina n'étaient-ils réellement pas réciproques ?
La brune ne savait pas combien de dîners italiens en compagnie d'Emma elle pourrait encore supporter ; surtout s'ils se terminaient avec la blonde caressant ses lèvres de son pouce pour en nettoyer la sauce alors que son cœur à elle tambourinait fébrilement dans sa poitrine.
Oh mon Dieu, est-ce qu'elle m'a senti frissonner quand j'ai pensé à la douceur qu'auraient ses lèvres sur les miennes ?
Lorsque les magasins et les maisons de Storybrooke commencèrent à apparaître de plus en plus fréquemment, Regina ralentit un peu la voiture.
- Où est-ce que je vous dépose ? demanda-t-elle.
Elle pria pour que la situation ne donne pas l'impression à Emma qu'elle était dans la position d'un parent déposant un enfant pour un rencard. Elle n'avait même pas envisagé la possibilité qu'Emma puisse sortir avec quelqu'un ce soir ; mais la blonde n'aurait sans doute pas accepté que Regina la conduise, si c'était le cas. Elle se fustigea de n'avoir pas été plus curieuse quant aux plans de l'autre femme.
- Au terrain de Hockey de Storybrooke, s'il-vous-plait, répondit Emma sans détacher ses yeux de la fenêtre.
Regina s'était tellement perdue dans ses élucubrations que la réponse d'Emma la déstabilisa complètement.
- Oh, dit-elle, surprise. Vous allez assister à un match ?
- Nan ; Fredrick m'a demandé de faire partie de l'équipe locale qu'ils sont en train de former. Ce soir, c'est la mêlée.
Emma vit que Regina ne comprenait pas le terme, et elle clarifia :
- On va faire un match pour déterminer le niveau de chaque joueur. C'est pour du beurre, mais si ça vous tente, vous pouvez venir regarder avec Henry, après avoir terminé vos courses. Ça commence à 7 heures 45, l'informa-t-elle.
- Vous savez quoi ; il est fort possible que je prenne votre offre au sérieux, répondit Regina en souriant.
Emma lui adressa à son tour un énorme sourire, ravie à l'idée de voir peut-être Regina dans les gradins ce soir.
- J'espère que vous le ferez, murmura la blonde en sortant de la voiture, claquant doucement la portière derrière elle pour ne pas réveiller Henry.
Alors qu'Emma passait la porte d'entrée à double battants, Regina se tourna vers Henry.
- Qu'est-ce que tu en dis, mon cœur ? Tu veux aller voir Emma jouer au hockey ?
Regina sourit et fit rapidement redémarrer la voiture, pressée de faire ses courses et de revenir à temps pour voir le match.
Du haut des gradins, tenant Henry dans son porte-bébé, Regina jeta un regard à la patinoire. De ce qu'elle pouvait voir, il y avait beaucoup de monde et très peu d'organisation. Si c'était ça, une « mêlée », la brune se demandait comment ils allaient faire pour évaluer le niveau des joueurs. Balayant les sièges vides du regard, elle aperçut rapidement Marco, qui lui faisait signe de venir le rejoindre. Il était assis environ au milieu des gradins. Elle lui sourit et commença à descendre les escaliers.
- Bonsoir, Marco, dit-elle en déposant le porte-bébé d'Henry sur le siège qui se trouvait entre eux.
Marco avait l'air d'apprécier la compagnie d'Henry, et elle aimait observer la manière dont il se comportait avec le bébé ; presque comme un grand-père. Ça lui rappelait son propre père, et la relation qu'il aurait eue avec Henry s'il avait été encore en vie. Il aurait été tellement fier. Elle en était sûre.
- Bonsoir, Miss Regina, la salua Marco en souriant. Et bonsoir à toi, Mister Henry, ajouta t-il en chatouillant doucement le ventre du bébé par-dessus la couverture dont elle l'avait couvert dans son porte-bébé.
Henry se contenta de remuer légèrement les lèvres quelques secondes sans se réveiller.
Regina resserra son fin gilet en laine bleu autour d'elle. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il fasse si froid dans le stade.
Au moins, Henry a bien chaud, pensa-t-elle.
Marco regarda Regina et sourit d'un air entendu en l'observant balayer la glace du regard, à la recherche d'Emma. Il remarqua qu'elle avait froid et enleva son manteau avant de le poser sur les épaules de la brune. Il connaissait bien la patinoire ; il y avait joué lui-même, il l'avait réparée, et il avait regardé Emma s'y entraîner au hockey. Il savait qu'il fallait toujours se couvrir avant de venir, mais Regina n'était visiblement pas au courant.
Elle apprendra, pensa-t-il en souriant dans sa barbe.
- Merci, Marco, dit la brune en resserrant le manteau autour de ses épaules, continuant de fixer la patinoire.
- Vous êtes venue voir jouer quelqu'un ce soir ? s'enquit le vieil homme d'un ton innocent.
Il était déjà certain de savoir pourquoi elle était là.
- Oui, Emma m'a invitée à venir voir le match, répondit Regina en scannant toujours attentivement la glace.
- Vous allez voir, c'est un régal de la voir jouer, dit Marco en pointant du doigt un coin de la patinoire sur lequel une personne glissait élégamment et sans effort apparent, les yeux rivés sur la glace ; en avant puis en arrière.
Regina n'avait pas reconnu Emma sous la quantité d'équipement qu'elle portait. Son uniforme de base consistait en un short épais, rembourré par des protections, et des chaussettes en laine qui remontaient le long de ses chevilles et jusqu'aux bords de son short. Son maillot trop grand cachait d'autres protections au niveau de ses épaules, de ses bras, de sa poitrine et de son torse. Elle tenait une crosse de hockey dans ses mains gantées, et ses patins étaient recouverts de tellement de ruban adhésif que Regina se demanda s'il y avait réellement du cuir en dessous. Elle avait relevé ses cheveux, sous son casque, et une grille de protection lui obstruait le visage. Elle avait l'air perdue dans ses pensées, patinant seule dans son coin de patinoire.
- Emma, poursuivit Marco ; elle patine depuis qu'elle fait la moitié de la taille de Jiminy Cricket.
Marco leva une main au dessus du sol pour bien illustrer la hauteur dont il voulait parler.
Regina laissa échapper un rire haletant en écoutant la description, mais elle garda les yeux rivés sur Emma. Cette dernière finit par lever le regard vers les gradins. Elle s'arrêta net de patiner, et ses yeux émeraude se plongèrent dans ceux de Regina. Elle ne se rendit même pas compte des mots qu'elle prononça et que Regina lut sur ses lèvres :
- Tu es venue.
Le sourire d'Emma était resplendissant.
Regina comprit très rapidement pourquoi Emma portait autant de protections. Visiblement, la plupart des participants de ce « jeu » se préoccupaient davantage de se taper dessus que de marquer des buts. A plus d'une reprise, Regina tressaillit en regardant d'un air inquiet Emma se faire écraser contre le verre, pousser sur la glace, voire, dans quelques cas, bousculer contre les bords de la patinoire où se trouvaient assis les joueurs non participants.
Marco essayait de lui expliquer les règles du jeu dans les grandes lignes, mais elle ne l'écoutait que d'une oreille. De toute façon, elle doutait fort que quelqu'un s'occupe de faire appliquer lesdites règles. Les joueurs bousculaient Emma beaucoup plus brutalement que nécessaire, à son humble avis. A un moment, la blonde s'était risquée à lever les yeux vers les gradins pour lui offrir un sourire et un salut de la main. Une seconde plus tard, un joueur s'était jeté sur elle et l'avait plaquée au sol, et Regina était sûre qu'elle devait avoir des côtes cassées ; enfin, jusqu'à ce qu'Emma ne se relève sur la glace et réitère son salut, cette fois d'un air un peu plus timide et embarrassé.
- Et maintenant, regardez-ça, dit Marco en montrant du doigt la patinoire.
Regina se rendit compte qu'Emma avait le palet. Elle le faisait glisser en avant, hors de portée des autres joueurs, le faisant bouger de gauche à droite pour éviter qu'il ne soit intercepté. Poussant encore quelques fois sur ses cuisses, Emma se dirigea droit vers les buts, déterminée, puis elle donna un coup fort de crosse dans le palet pour l'envoyer vers les cages. Le goal ne put rien faire à part regarder le palet lui passer sous le nez et aller se perdre dans les filets.
Regina fut debout en un instant, sans même se rendre compte de ce qu'elle faisait, et elle applaudit et acclama haut et fort. Emma lui offrit un sourire timide et reconnaissant, et Marco sourit d'un air espiègle en observant l'échange qui se jouait là.
Une demi-heure plus tard, la majorité des joueurs avait décidé que l'entraînement avait suffisamment duré et s'était dirigé d'un commun accord vers le bar pour y boire une ou deux bières d'autocongratulation. Très vite, Emma fut la seule qui resta sur la patinoire ; glissant confortablement alors que Regina, Marco et Henry la regardaient; derniers spectateurs présents.
Au bout d'un moment, Emma leva les yeux et se rendit compte qu'il ne restait plus qu'eux quatre dans le bâtiment. Elle se dirigea jusqu'au bord de la glace et ouvrit le loquet de la porte en bois. Recouvrant les lames de ses patins de leur protection, elle se dirigea vers Regina, Henry et Marco.
- Le match vous a plu ? leur demanda-t-elle doucement.
Marco savait que seule une réponse importerait à ses yeux.
- Beaucoup, répondit Regina, avant d'ajouter à voix basse : vous êtes blessée ? Vous avez pris beaucoup de coups, pendant le jeu.
- Nah, répondit Emma en souriant timidement. Je survivrai.
Du coin des yeux, Emma vit que Marco lui lançait un regard insistant. Il pencha légèrement la tête vers Regina et elle le vit remuer un peu les doigts. Emma fronça les sourcils, essayant de comprendre ce qu'il fabriquait. Il recommença les mêmes gestes, cette fois en penchant à deux reprises la tête vers Regina, écarquillant les yeux et retroussant un peu les lèvres. Emma comprit enfin le mouvement de marche-glissade que ses doigts mimaient.
- Regina ?
- Oui, Emma ?
- Est-ce que vous avez déjà, ummmmm, patiné ? demanda Emma en espérant avoir compris correctement le message de Marco.
Elle le vit hocher la tête.
- Non, mais ça avait l'air amusant, répondit la brune avec un petit sourire.
Puis son sourire se fit taquin, et elle ajouta :
- Enfin, quand vous ne vous faisiez pas bousculer à tout va.
Emma baissa timidement les yeux et sa bouche se tordit en un petit sourire.
- Ça vous tente d'essayer ? demanda-t-elle en se plongeant dans les yeux chocolat de Regina, puis elle ajouta : avec moi ?
Regina hésita visiblement, jetant un regard à Henry.
- Ne vous en faites pas, Miss Regina. Moi et Mister Henry, on a du retard à rattraper, pas vrai ?
Marco chatouilla le ventre d'Henry à travers la couverture.
- Allez vous amuser, toutes les deux, termina Marco avec un sourire affectueux.
Emma demanda à Regina sa pointure, puis elle passa derrière l'accueil, en revenant rapidement avec une paire de patins à glace dans les mains. Elle mena Regina jusqu'à un banc situé juste à côté de la patinoire. Enlevant son maillot et ses protections, Emma les posa sur le siège à côté de Regina, puis elle s'agenouilla devant elle. La brune ne put s'empêcher de sourire en regardant la tenue d'Emma ; un short épais, des chaussettes montantes, des bretelles et un haut à manches longues. Il allait vraiment falloir qu'elle apprenne à s'habiller en concordance avec la température et les activités typiques du Maine.
Emma enleva les chaussures de Regina et lui mit les patins, faisant ses lacets et massant un peu le cuir qui se trouvait autour de ses chevilles pour l'assouplir.
La blonde leva les yeux et remarqua que Regina portait la veste de Marco. Elle était beaucoup trop large pour elle, et Emma avait peur que la brune ne s'emmêle dedans une fois qu'elle serait sur la glace.
- La veste de Marco est un peu trop grande pour que vous la portiez en patinant. Je peux ? demanda-t-elle en indiquant qu'elle voulait lui retirer ladite veste.
Regina ne put qu'hocher la tête, silencieuse.
Emma se pencha, franchissant la distance qui les séparait. Sa joue effleura celle de Regina et ses mains se posèrent sur les épaules de la brune. Elle fit glisser le manteau le long de ses bras. Puis elle tendit la main et attrapa le maillot qu'elle avait enlevé sans s'éloigner de Regina. Elle tourna à peine la tête et murmura à l'oreille de l'autre femme :
- Ça, c'est bien chaud et ça vous ira sans doute mieux.
Regina hocha la tête et sa respiration se coupa lorsqu'elle sentit les lèvres d'Emma contre son oreille.
La blonde passa son maillot par-dessus la tête et les bras de Regina. Regina pouvait encore sentir la chaleur corporelle d'Emma sur le tissu, ainsi que son odeur naturelle mélangée à celle de la transpiration due au match qui venait de se jouer. Elle avait du mal à contrôler les papillons qui voletaient dans son ventre.
Emma remonta rapidement les escaliers des gradins pour rendre sa veste à Marco. Alors qu'elle la lui tendait, il lui fit un clin d'œil rapide, et elle lui retourna la courtoisie avec un sourire timide.
Retournant près de Regina, Emma tendit la main pour l'aider à se lever.
- Prête ? demanda-t-elle en lui souriant légèrement.
Attrapant la main d'Emma, Regina se laissa guider sur la glace.
Regina peinait à suivre Emma depuis une vingtaine de minutes, ne se détachant pas du bord de la patinoire, agrippant la barrière de ses deux mains et gardant son regard rivé sur ses pieds. Emma glissait aisément à ses côtés, les mains derrière le dos. Elle observait de près les mouvements de Regina, s'assurant de ne pas trop s'éloigner au cas où la brune perdrait l'équilibre. Au bout d'un moment, elle se retourna et patina à reculons pour faire face à Regina.
- Ce serait plus facile si vous vous laissiez un peu aller, dit-elle d'un ton hésitant.
Regina s'arrêta et la regarda d'un air désabusé. Ça, c'est l'histoire de ma vie….
- Lâchez au moins une main ? ajouta Emma en tapotant de son index la main de la brune.
Regina suivit les instructions d'Emma et se rendit compte qu'il lui était plus facile d'avancer sur la glace en glissant de cette façon. Elle parcourait de plus longues distances avant de devoir changer de jambe, et elle laissa échapper un rire léger en se mordant la lèvre inférieure, jouissant de la liberté nouvelle - bien qu'encore limitée - qu'elle venait de découvrir. Emma lui sourit en retour.
- Vous me faites confiance ? lui demanda doucement la blonde.
Elle leva les yeux vers Emma, rayonnante, et hocha la tête. La blonde tourna rapidement, et vint se placer derrière Regina. Elle colla son corps contre le sien, levant la main pour repousser une mèche de la brune derrière son oreille avant de poser sa joue contre la sienne. Elle attrapa la main libre de Regina de sa main droite et agrippa fermement la hanche de la brune de sa main gauche. Regina laissa échapper une expiration haletante et ferma momentanément les yeux avant de se détendre dans les bras d'Emma.
Elle sentit le nez d'Emma caresser un peu sa joue, puis les lèvres de la blonde effleurèrent sa peau et elle l'entendit chuchoter :
- Laisse-toi aller…
Regina lâcha la barrière, et sentit Emma les propulser toutes les deux en avant.
Regina ne put s'empêcher de rire joyeusement en les sentant accélérer, glissant sans effort, faisant le tour de la patinoire. Sa main gauche rejoignit celle d'Emma, posée sur sa hanche, et elle entrelaça fermement leurs doigts. Elle sentit Emma sourire contre son oreille, et le rire de la blonde ne tarda pas à résonner avec le sien. C'était le plus beau son que Regina n'avait jamais entendu.
Emma s'assura de toujours garder une main posée sur Regina au cas où elle perdrait l'équilibre alors qu'elle tournait autour d'elle, patinant tour à tour devant ou derrière elle, ne cessant jamais de les déplacer sur la glace. A un moment, elle se mit face à Regina et la prit dans ses bras avant de la soulever et de la faire tournoyer, les faisant toutes les deux rire aux éclats. Les bras de Regina entouraient fermement les épaules et le cou d'Emma.
En reposant Regina sur la glace, Emma baissa les yeux pour être bien sûre que les patins de la brune atterrissent sur le sol en toute sûreté. Lorsqu'elle releva la tête, Emma réalisa que son visage était beaucoup plus proche de celui de Regina qu'elle ne l'avait anticipé. Le coin de leurs lèvres s'effleura à peine, et leur rire mourut peu à peu, leurs yeux s'écarquillant et leur respiration s'accélérant. Emma les arrêta au milieu de la patinoire, assez près des buts, et recula légèrement. Elle tenait toujours les deux mains de Regina dans les siennes. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais elle ne trouva pas les mots adéquats pour expliquer ce qui avait failli se passer ; elle resta donc immobile et silencieuse, le regard plongé dans celui de la brune avant de baisser de nouveau les yeux sur la glace. Regina aperçut le demi-sourire qui se dessina sur le visage d'Emma, puis la blonde releva la tête.
- Un petit jeu, ça vous tente ?
Regina sourit et hocha la tête, l'encourageant à poursuivre. Elle voulait que cette nuit ne se termine jamais.
- Attendez-moi là, dit Emma en lâchant les mains de Regina avant de patiner vers le banc des joueurs.
Elle se pencha par-dessus la murette, donnant par la même occasion une vue assez incroyable de ses fesses musclées à Regina, et attrapa trois objets. Alors qu'elle revenait vers elle, la brune put distinguer ce dont il s'agissait.
Emma s'arrêta en dérapage contrôlé devant Regina et lui tendit une crosse. La brune lui lança un regard hésitant, puis finit par prendre l'objet en main, le tenant dans une position bizarre. D'un bout à l'autre, la crosse faisait presque la même taille qu'elle. Emma ajusta sa prise sur sa propre crosse, dont la partie inférieure était beaucoup plus large que celle de Regina. Elle fit tomber le palet sur la glace, puis recula en glissa vers les buts. Une fois qu'elle fut placée au milieu des cages, elle fit bouger ses hanches et ses jambes d'avant en arrière pour rendre la surface de la glace rugueuse à cet endroit. La bouche de Regina s'entrouvrit légèrement en regardant le corps d'Emma se tortiller et effectuer des mouvements assurés. La blonde se pencha, plaça ses coudes sur ses genoux et sa crosse devant elle, protégeant les buts.
- Essayez de marquer, la défia Emma.
Elle plissa les yeux d'un air déterminé, taquine, avant de lui faire un clin d'œil et un sourire en coin.
Que le match commence, pensa Regina en haussant un sourcil parfaitement dessiné en direction d'Emma, le coin de ses lèvres s'étirant en un sourire suffisant. Elle vit les yeux d'Emma s'écarquiller légèrement et la blonde déglutit, toujours dans ses buts. Le visage d'Emma se fit soudain beaucoup plus sérieux lorsqu'elle réalisa que Regina avait bien l'intention de relever le défi.
Regina tenait fermement la crosse à la manière des joueurs qu'elle avait observés plus tôt dans la soirée, et elle s'aperçut rapidement qu'elle pouvait la faire glisser sur la glace sans pour autant perdre l'équilibre. Elle baissa la tête et jeta un regard à Emma à travers ses cils, retroussant légèrement les lèvres en un petit sourire sexy. Le cœur d'Emma partit en vrille en regardant Regina sur la glace, à quelques pas d'elle. Quelques mèches de cheveux bruns avaient été délogées de derrière son oreille et lui tombaient négligemment devant les yeux. Emma pouvait voir le col de la chemise chic et du gilet en laine de Regina sortir du haut de son vieux maillot de hockey miteux et vraiment beaucoup trop grand pour elle, et elle imagina brièvement à quel point il serait incroyable de pouvoir voir Regina, debout dans l'entrebâillement de la porte d'une chambre et vêtue uniquement de ce maillot et d'un string. Elle étouffa un grognement de désir.
Que le match commence, pensa-t-elle en baissant à son tour la tête, ne lâchant plus la brune des yeux.
Emma resserra sa prise sur sa crosse et se mit à bouger d'avant en arrière et de gauche à droite, continuant à rendre la surface de la glace rugueuse, faisant en sorte que ses patins s'enfoncent suffisamment dedans pour lui permettre de plonger si nécessaire. Regina ne put s'empêcher de glousser légèrement en observant le short et les chaussettes épaisses qu'Emma portait. Elle savait que ces vêtements étaient nécessaires pour jouer, mais elle savait aussi qu'ils dissimulaient un corps incroyable qu'elle avait eu la chance de pouvoir contempler, une nuit, au clair de lune. La chemise de la blonde, par contre, était très près du corps et mettait en valeur sa poitrine et ses bras, et Regina trouvait les bretelles assez sexy. Elle se demanda brièvement si Emma savait que les six boutons de sa chemise étaient ouverts, révélant une très jolie vue sur son décolleté. Elle se demanda également ce que ça ferait, de retirer chacune des couches de cet uniforme du corps chaud et transpirant d'Emma après un match, pendant que la blonde glisserait ses doigts dans ses cheveux et lui caresserait le visage. Regina prit une grande inspiration et étouffa un gémissement d'envie.
La brune fit un mouvement hésitant vers l'avant tout en faisant glisser le palet à l'aide de sa crosse, le poussant lentement et sans accroc. Elle dut s'arrêter et recommencer à plusieurs reprises car il n'arrêtait pas de dévier sur le côté, la forçant à le récupérer et à le ramener bien devant elle. Chaque fois, elle lançait un regard sérieux mais joueur à Emma, comme pour lui dire qu'elle avait bien l'intention de réussir à marquer, et chaque fois, Emma lui renvoyait son regard avant de lui adresser un rapide sourire taquin.
Lorsque Regina pensa être suffisamment proche des buts pour tirer, elle s'immobilisa. Le palet glissa de quelques centimètres en avant, avant de s'arrêter lui aussi. S'écartant un peu, Regina regarda tour à tour le palet, puis les buts, puis Emma à plusieurs reprises, essayant de calculer ses chances de marquer. Soudain, elle se projeta en avant à l'aide de sa jambe droite toute en faisant glisser sa crosse en arrière puis elle ferma fermement les yeux et ramena la crosse en avant de toutes ses forces.
Emma n'avait pas pensé à la nécessité de porter un casque ou des protections lorsqu'elle avait lancé ce défi à Regina. Elle n'avait vraiment pas imaginé que la brune serait capable de tirer avec autant de force. A ce stade des événements, il était trop tard pour remédier à son erreur ; le palet avait déjà décollé de la glace et se dirigeait vers elle à toute vitesse. Emma se pencha pour l'éviter, mais elle tourna la tête une milliseconde trop tard et sentit le petit cylindre entailler le dessus de son sourcil gauche. Elle n'eut pas vraiment le temps de s'attarder la douleur qu'elle ressentit, car lorsqu'elle se redressa, et se rendit compte que Regina était en train de foncer vers elle et les buts, les yeux écarquillés et les bras se débattant dans tous les sens. La brune avait laissé tomber sa crosse quelques mètres plus tôt et essayait désespérément d'agripper l'air pour retrouver son équilibre ou pour s'immobiliser. N'importe quoi, du moment qu'elle ne tombait pas.
Emma jeta sa propre crosse sur le côté avant de s'élancer sur la glace. Elle se pencha en avant et tendit les bras, essayant de calculer la vitesse à laquelle Regina s'approchait d'elle et la violence possible de la collision. Dès que Regina fut suffisamment proche, Emma la prit dans ses bras comme pour l'étreindre et tourna son corps vers le sol de manière à recevoir le plus gros de l'impact lors de la chute. La blonde laissa échapper un bruit étouffé en tombant sur la glace, ses épaules s'écrasant en premier sur le sol, puis elle lâcha un deuxième grognement de douleur lorsque Regina lui tomba dessus.
Lorsque tout redevint immobile, Emma rouvrit les yeux. Elle avait mal au dos ; et elle avait également froid et était mouillée d'être allongée sur la glace. Le bord de son sourcil gauche lançait douloureusement. Regina était allongée sur elle ; leur corps se touchait de la poitrine aux genoux. Le haut de la tête de la brune était enfoui sous le menton d'Emma, et elle avait le front appuyé contre le haut de sa poitrine. Les bras de la brune étaient confinés entre leur deux corps et ses yeux étaient résolument fermés.
Emma se rendit d'abord compte de l'emplacement de ses propres mains… elles agrippaient les fesses fermes et bien dessinées de Regina. Résistant à peine à la tentation de resserrer brièvement sa prise, Emma fit rapidement remonter ses mains et les plaça sur les hanches de la brune. Ensuite, elle remarqua l'emplacement des mains de Regina… posées bien à plat sur ses seins à elle. La troisième chose qu'elle réalisa, c'était qu'elle avait froid… très froid. La deuxième et la troisième observation constituaient une combinaison à la fois très intéressante et bizarre.
- Regina ? chuchota Emma.
N'obtenant pas de réponse, Emma l'appela de nouveau, faisant remonter ses mains le long du dos de la brune, jusqu'à ses omoplates. Lorsqu'Emma reprit la parole, elle fit glisser ses doigts dans les cheveux de Regina, à côté de sa tempe.
- Regina ? rappela-t-elle doucement.
Les yeux de Regina s'ouvrirent et elle poussa un soupir de soulagement en constatant que les choses s'étaient apparemment calmées. Elle mit quelques instants à retrouver ses esprits, et ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle se rendit compte qu'elle était face à face avec la peau laiteuse du décolleté d'Emma. Elle serra instinctivement les mains avant de réaliser où lesdites mains avaient atterri au cours de la chute. Elle étouffa un gémissement de désir en sentant quelque chose de dur effleurer sa paume.
Oh mon Dieu, elle doit avoir froid…
Ses mains étant bloquées entre leurs deux corps. N'étant pas sûre de pouvoir les déplacer discrètement et sans accroc, elle préféra les laisser où elles étaient ; pour l'instant du moins.
Oh mon Dieu, elle doit VRAIMENT avoir froid…
Regina se mordit la lèvre inférieure et essaya de calmer sa respiration erratique. Les doigts d'Emma qui caressaient sa tempe la ramenèrent à l'instant présent, et elle leva la tête. Ses yeux sombres soutinrent le regard émeraude de la blonde pendant un moment, puis elle fronça les sourcils.
- Emma ! s'exclama-t-elle à voix basse.
Sa voix avait pris un ton très inquiet. Et pour cause, un filet de sang était en train de couler jusque dans les cheveux d'Emma.
- Tu es blessée, dit Regina en extrayant finalement une main d'entre leurs corps pour venir caresser l'arcade de l'œil gauche d'Emma de son pouce.
Inconsciemment, le deuxième pouce de Regina copia les mouvements du premier, créant une pointe rigide et presque douloureuse dans le soutien-gorge de la blonde.
- J-je s-survivrai. I-il m'a juste effleurée, bégaya Emma, se demandant si Regina se rendait compte que son deuxième pouce était en train de câliner son téton.
Elle tourna la tête et regarda les buts pour éviter que la brune ne remarque que ses paupières papillonnaient. Elle commençait à avoir du mal à contrôler sa respiration.
- T-tu m'as eue, dit Emma avec un demi sourire, les yeux rivés sur les filets.
- Quoi ? demanda Regina, perdue.
- R-regarde, répliqua Emma.
Regina tourna la tête pour suivre le regard d'Emma et constata que le palet noir avait terminé sa course au fond des filets.
- Tu as marqué, dit Emma en riant, avant de laisser échapper un gémissement et de rouler légèrement des yeux à cause des caresses répétées du pouce de l'autre femme.
Pitié, tu peux arrêter de m'allumer ?, pensa Emma alors que le pouce de la brune continuait de faire des vas et viens sur son téton. C'était en train de devenir une torture.
Lorsque Regina posa de nouveau les yeux sur Emma, souriante, cette dernière ne put s'empêcher de décoller sa tête de la glace, rapprochant son visage de celui de la brune. Des petits halètements s'échappaient de ses lèvres entrouvertes. En voyant le visage d'Emma s'approcher, Regina baissa la tête, entrouvrant légèrement ses propres lèvres en se rapprochant de la bouche d'Emma. La main de Regina se resserra un peu plus, et son pouce se mit à la caresser plus rapidement, effectuant des mouvements rapides sur son téton dur. Lorsque leurs lèvres furent assez proches pour pouvoir se toucher, Regina pinça doucement le téton de la blonde entre son pouce et son index avant de le faire rouler délicatement entre ses doigts. Soudain, elles entendirent un claquement bruyant, et les lumières qui éclairaient la patinoire s'affaiblirent considérablement.
Surprise, Emma recula rapidement la tête et regarda le plafond, confuse, avant de comprendre ce qu'il s'était passé.
- Ils vont fermer, soupira-t-elle en reposant sa tête contre la glace et en fermant les yeux d'agacement. Ils veulent qu'on s'en aille.
Regina posa sa tête sur l'épaule d'Emma et souffla de frustration. Emma la sentit hocher la tête contre elle, puis elle se dégagea lentement, glissant sur la glace pour s'asseoir à côté d'Emma. La blonde se releva et lui tendit une main. Lorsqu'elle fut debout, Emma l'attira contre d'elle. Elle posa sa main gauche à plat dans le creux des reins de Regina, maintenant leurs hanches aussi proches que possible malgré son short rembourré. La main gauche de la brune vint se poser sur le poignet d'Emma, et son pouce se mit à tracer ses petits cercles sur le dos de sa main. Emma sentit le visage de Regina s'approcher du sien. Alors que leurs lèvres allaient enfin se toucher, Henry commença à pleurer derrière elles, et Regina tourna immédiatement son regard vers les gradins. Elle aperçut Marco, qui essayait de calmer Henry, dans son porte-bébé, en agitant un hochet formé de papillons couleurs pastel devant lui.
- Emma, je…
Emma sentit que Regina se faisait du souci pour Henry. Elle est belle même quand elle est inquiète…
- Venez, je crois qu'Henry a envie de voir sa maman, dit-elle en aidant Regina à glisser jusqu'au bord de la patinoire.
Guidant la brune jusqu'à la murette qui séparait la glace des gradins, Emma ouvrit la petite porte et laissa passer Regina. Lorsqu'elles furent sorties, Henry avait déjà arrêté de pleurer, et Marco leur fit un signe de la main pour leur indiquer que tout allait pour le mieux.
- Je vais vous aider à enlever vos patins pour que vous puissiez aller le voir, dit doucement Emma.
Elle aida Regina à s'asseoir et s'agenouilla une fois de plus devant elle pour délasser ses patins et les lui enlever. Elle aida ensuite la brune à remettre ses chaussures restées sur le banc depuis qu'elle les lui avait enlevées.
- Emma…, soupira Regina.
- Regina, ne vous inquiétez pas, répondit Emma en posant ses mains sur celles de Regina, qui frottaient nerveusement le tissu de son pantalon. Allez voir Henry. Je veux que vous soyez rassurée.
La blonde lui adressa un sourire tendre.
Regina hocha rapidement la tête avant de grimper les escaliers et de rejoindre Marco et Henry. Emma ramassa les protections qu'elle avait laissées sur les sièges de gradin, puis elle se dirigea vers les vestiaires pour aller se doucher et se changer.
Marco et Regina attendaient dans l'entrée de la patinoire avec Henry lorsqu'Emma sortit des vestiaires. Elle avait mit un jean slim taille-basse délavé, ses chaussures de travail, et un débardeur. Ses cheveux étaient humides de la douche, et ils tombaient sur ses épaules et le long de son dos, mouillant le tissu de son débardeur au point qu'on pouvait voir la couleur de sa peau par transparence. Elle avait aussi mis un pansement sur la coupure qu'elle s'était faite à côté du sourcil. Emma sourit lorsqu'elle fut suffisamment proche d'eux pour remarquer que Regina tenait fermement son maillot dans une de ses mains.
- Coucou, Emma ! s'exclama Marco en passant ses bras autour de ses épaules pour l'attirer dans une étreinte rapide.
Il déposa un léger baiser sur le sommet de son crâne et la marque d'affection fit sourire et rougir Emma.
- Tu as bien joué ce soir, Emma.
Il hésita un peu, puis ajouta :
- Pas aussi bien que Miss Regina, mais bien quand même.
Il fit un clin d'œil à Regina en continuant de taquiner Emma. Regina lui renvoya un sourire radieux, puis dirigea son regard vers Emma, qui avait les yeux rivés au sol et abordait un demi-sourire adorablement béat.
S'adressant à la fois à Emma et à Regina, Marco poursuivit :
- Moi et Henry, on a fait un pari. Il a dit qu'Emma allait arrêter le tir. Moi j'ai dis « impossible. C'est Miss Regina qui va marquer.
Marco pointa la brune du doigt, un air taquin sur le visage.
- Votre garçon, il me doit un bout de ces délicieuses lasagnes dont j'ai tellement entendu parler.
Regina baissa les yeux vers Henry qui dormait et sourit en lui murmurant d'un ton joueur : « petit traître ». Puis elle rougit en réalisant qu'Emma avait parlé à Marco de leurs dîners ensemble. Elle ne put s'empêcher de se demander si la blonde était entrée dans les détails. Elle rougit encore plus en se rendant compte que Marco avait assisté à tout ce qui s'était passé sur la glace depuis les gradins. Elle s'était tellement laissé emporter par le moment ; elle avait momentanément oublié qu'Emma et elle n'étaient pas seules dans la patinoire.
Ils restèrent un moment silencieux, Regina rougissante, Emma écarquillant les yeux en parvenant à la même conclusion que la brune à propos du fait que Marco les avait vues sur la glace, et Marco se donnant une tape d'autocongratulation mentale dans le dos pour avoir décroché la promesse d'un bon repas italien. Il finit par briser le silence.
- Je vais y aller. Vous trois, rentrez bien, d'accord ?
Regina hocha la tête et lui sourit gentiment.
- Oh, et, Miss Regina ?
- Oui, Marco ? lui demanda Regina d'une voix hésitante, se demandant si elle allait se faire réprimander pour ce qui s'était passé sur la glace.
- Dîtes bien à Emma que : « plus de journées qui commencent si tôt ».
Il agita son index en les désignant toutes les deux, mimant un air sérieux, avant de poursuivre :
- Il faut qu'elle finisse la belle cuisine qu'elle est en train de vous faire. Je sens mon appétit qui se réveille rien qu'en imaginant ces lasagnes !
Elles rirent toutes les deux, soulagées.
Alors que Marco se retournait et s'éloignait peu à peu, il secoua la tête et roula des yeux, se demandant combien de temps encore ces deux-là allaient attendre avant de laisser les choses évoluer. Il leva au ciel et agita les bras, comme à la recherche d'une aide divine.
- Oh, Michelangelo, date a queste due una piccola spinta, marmonna t-il, espérant qu'effectivement, Michelangelo entendrait sa prière et leur donnerait un coup de pouce dans la bonne direction.
Emma et Regina rentrèrent en voiture, aussi silencieuses qu'à l'aller. La seule différence, c'était que cette fois, le trajet fut marqué par l'anticipation nerveuse que ressentaient les deux femmes et les sourires timides qui étiraient leurs lèvres lorsqu'elles repensaient aux événements de la soirée. Plusieurs fois, Emma surprit Regina en train de caresser entre ses doigts le tissu de son maillot de hockey. Il était posé sur ses genoux, et elle refusa de le lâcher jusqu'à ce qu'elles fussent arrivées. Emma se demanda d'ailleurs si elle avait l'intention de le lui rendre ; elle espérait secrètement qu'elle veuille le garder. Elle pourrait toujours voler le maillot de Fredrick, si elle en avait besoin d'un. Il le méritait bien, après ce placage vicelard lors du match.
Jetant un œil par-dessus son épaule, Emma vit qu'Henry dormait comme un saint dans son siège pour bébé. Malgré le fait qu'il ne soit pas son fils biologique, il ressemblait tellement à sa mère que ça en était époustouflant. Il était vraiment chanceux qu'elle l'ait adopté. Emma savait par expérience qu'il était très rare de trouver quelqu'un d'aussi aimant, qui se souciait à ce point du bien-être de l'enfant ; qui s'inquiétait autant pour lui. Elle était heureuse qu'Henry puisse avoir tout ça avec Regina. Elle se retourna et adressa un sourire tendre à la brune qui la regardait dans le rétroviseur.
Dix minutes plus tard, elles arrivèrent à destination. Alors qu'elle se garait, Emma entendit Henry geindre doucement mais avec insistance dans son siège pour bébé. Il donna quelques coups de pieds dans le vide, délogeant la couverture qui lui tenait trop chaud depuis qu'ils étaient sortis de la patinoire. Sortant de la voiture, Emma ouvrit la portière arrière pour que Regina puisse récupérer Henry.
- Merci, lui dit la brune en prenant le bébé contre elle.
Alors qu'elle levait sa deuxième main pour supporter le dos du bébé, Emma vit qu'elle tenait le maillot tout contre lui, comme une couverture. Elle l'entoura autour de lui en le soutenant de son deuxième bras.
- Emma, est-ce que vous voulez bien nous ouvrir la porte ? Les clés sont dans ma main, celle qui est sous Henry.
Emma trouva les clés au bout des doigts de Regina et les inséra dans la serrure, ouvrant la porte la porte avant d'entrer dans la maison pour allumer quelques lumières. Elle posa les clés sur le plan de travail puis se tourna pour faire face à Regina. Henry était pleinement réveillé, maintenant, et il pressait ses petits poings contre l'épaule de sa mère pour se redresser. Il penchait la tête d'un air incertain en regardant tout autour de lui.
- Je pense qu'il a faim, dit Emma d'une voix douce.
- C'est compréhensible ; ça fait quelques heures qu'on a dîné, et je pense que Marco lui a volé son popcorn pendant le match, répondit Regina en levant les yeux vers Emma, lui souriant d'un air taquin.
- Bien, je vais vous laisser vous occuper d'Henry, répondit la blonde d'un ton hésitant.
Elle ne voulait pas vraiment partir, mais elle savait qu'elle n'avait pas le choix. Alors qu'elle se tournait, posant sa main sur la poignée de la porte, Regina la rappela.
- Emma ?
Emma tourna la tête et observa Regina, se demandant ce que la brune allait lui dire.
- Votre maillot de hockey…
Elle agrippait toujours fermement le vêtement, mais elle le tendit à la blonde.
Emma lui sourit tendrement.
- Vous pourriez peut-être le garder ? Il vous va vraiment bien, Regina.
Une indiscutable sincérité se lisait dans les yeux d'Emma.
Regina se contenta de sourire et hocha la tête pour signifier qu'elle acceptait.
- Je vous souhaite une bonne nuit, Regina. Merci de m'avoir déposée à la patinoire.
- Avec plaisir, Emma, répondit la brune en fermant la porte derrière elle.
Lorsqu'elle retourna à la dépendance, Emma retira ses chaussures et s'étendit sur la couverture. Elle venait de passer une heure entière à regarder dans le vide, perdue dans ses pensées. Elle avait l'impression que toutes les plus belles soirées de sa vie s'étaient déroulées en compagnie de la femme merveilleuse qui ne se trouvait qu'à une quinzaine de mètres d'elle en ce moment même. Elle se souvenait encore de la sensation de leurs lèvres lorsqu'elles avaient été sur le point de se toucher. De ce presque baiser qui leur échappait toujours et dont Emma rêvait tant. Levant une main, elle toucha son sourcil et grimaça de douleur. Le pansement était toujours là. La coupure n'était pas très profonde, mais le projectile l'avait frappée suffisamment fort pour que la blessure ait gonflé et commencé à former un bleu durant l'heure qui venait de passer.
Emma se leva du lit et alla chercher un pack de glace dans le congélateur du petit frigo qu'elle avait dans la dépendance. Elle croisa les bras sur sa poitrine tout en maintenant le pack sur son sourcil, se penchant contre le bord de la fenêtre et levant les yeux vers la résidence principale. La lumière du salon était toujours allumée, et elle pouvait apercevoir Regina en train de bercer doucement Henry contre son épaule.
Je vais les regarder un peu, juste quelques minutes…, pensa Emma en posant la tête contre le châssis de la fenêtre, souriant doucement.
Henry but gloutonnement son lait, et il termina son biberon au bout d'une demi-heure à peine. Lorsqu'il eut finit, Regina le posa contre son épaule et lui frotta le dos en le berçant doucement devant les baies vitrées, à l'arrière de la maison. Il dormait déjà profondément, mais Regina était perdue dans ses pensées et ses gestes répétitifs la maintenaient dans cet état de presque transe alors qu'elle repensait à tous les détails de la soirée.
Elle pensa aux lèvres d'Emma effleurant les siennes ; à ce presque baiser qu'elle désirait tellement, maintenant plus que jamais. Elle pensa au rire d'Emma et à la sensation de liberté qui l'envahissait toujours quand elle était avec elle. Elle pensa à la réceptivité du corps d'Emma ; à son toucher ; à la dureté du téton de la blonde sous son pouce alors qu'elle l'avait caressé, inconsciemment, d'abord, puis délibérément. Elle pensa à la douceur et à la patience dont Emma faisait preuve, tant avec elle qu'avec Henry.
Les rares amants que Regina avait eus dans sa vie n'étaient rien comparés à cette femme merveilleuse qu'elle connaissait maintenant.
Regina accusa la gifle et ravala les larmes qui affluèrent à ses yeux. C'était le troisième coup qu'elle recevait ce soir, et le plus dur jusque là. Son visage lui faisait mal et la peau de sa joue était chaude et gonflée.
- Tu trouveras jamais quelqu'un qui te traite aussi bien que moi, cracha Sarah.
Regina croisa ses bras sur son ventre et baissa les yeux sur le sol, essayant d'éviter le regard de sa petite-amie pour ne pas la provoquer.
- S'il-te-plait, arrête, murmura Regina d'une voix haletante, essayant de calmer sa respiration, de faire en sorte qu'un minimum d'air arrive dans ses poumons.
Sarah agrippa le menton de Regina entre son index et son pouce, obligeant la brunette à la regarder. Elle puait l'alcool, et ses yeux ne contenaient plus aucune trace de patience ou de douceur.
- Au moins Carmen sait ce qu'elle fait au lit, et elle est carrément plus belle que toi.
Elle repoussa brutalement le menton de Regina.
- Va jouer avec ton putain de piano, Regina. J'en peux plus de toi. Je sors…
Regina déposa un tendre baiser sur la tête d'Henry en l'amenant dans sa chambre. Elle balaya les murs du regard, contemplant toutes les planches en bois sur lesquelles les mains d'Emma avaient méticuleusement travaillé pour lui. Elle le posa dans son berceau et le couvrit, passant rapidement ses doigts dans ses cheveux duveteux avant de se diriger vers le mur. Elle était occupée à tracer chaque détail d'une des planches du bout des doigts lorsqu'elle entendit quelqu'un frapper à la porte.
A cette heure-ci, qui ça peut bien être ? se demanda-t-elle en commençant déjà à paniquer. Elle aurait souhaité qu'Emma ait un téléphone portable pour pouvoir la joindre. Elle aurait aimé ne pas être toute seule.
Elle sortit de la chambre d'enfant et se dirigea silencieusement vers le salon. Le bruit venait de la porte arrière.
- Regina, vous êtes réveillée ? Ouvrez-moi… s'il-vous-plait.
Regina soupira de soulagement en réalisant que la personne qui se trouvait de l'autre côté de la porte était Emma. Elle entendit le tremblement dans la voix de la blonde et se demanda si quelque chose s'était passé. Elle déverrouilla la porte et ouvrit, trouvant Emma dans les mêmes vêtements qu'elle avait portés lorsqu'elle l'avait amenée à la patinoire. Les mains de la blonde agrippaient chaque côté de l'encadrement de la porte, et elle avait la tête basse, les yeux rivés sur le sol. Elle finit par lever le regard, et Regina fut frappée par le désespoir qui se lisait dans ses yeux.
- Emma, qu'est-ce qui se…
Avant qu'elle ait eu le temps de prononcer un mot de plus, les lèvres d'Emma se collèrent contre les siennes.
Tout en l'embrassant, Emma posa sa main dans le creux des reins de Regina, rapprochant leurs hanches, comme plus tôt, lorsqu'elles étaient à la patinoire ; sauf que cette fois, elles n'étaient plus séparées que par les tissus du pantalon de Regina et du jean d'Emma. Emma fit glisser les doigts de sa deuxième main dans les cheveux de la brune et massa doucement sa nuque. Elle sentit la tête de Regina se renverser légèrement pour aller au contact de sa main, et tout son corps sembla se détendre face aux caresses d'Emma. Penchant la tête en arrière, Regina entrouvrit ses lèvres et Emma déposa des baisers papillons le long de chacune d'entre elles avant de les capturer de nouveau de sa bouche.
Emma frissonna en sentant les mains de Regina glisser le long de son dos et l'agripper fermement. La brune s'accrocha à ses épaules. Emma passa sa langue sur les lèvres de Regina, lui demandant silencieusement d'entrouvrir les lèvres. Un peu timide, Emma approfondit le baiser, hésitante, avant de se rendre compte que Regina faisait la même chose. Leurs langues commencèrent à glisser l'une contre l'autre, doucement d'abord, puis plus énergiquement. Emma gémit dans le baiser avant de pousser plus loin sa langue dans la bouche de la brune. Elle l'explora passionnément mais tendrement, essayant d'en retenir chaque parcelle. Elle voulait mémoriser chaque soupir poussé par Regina, chacun de ses gémissements de plaisir. Il aurait été si simple pour elle de se perdre dans les caresses de l'autre femme, mais elle avait besoin de savoir à quels gestes le corps de la brune était sensible ; de savoir ce dont elle avait besoin ; ce qu'elle désirait. Elle voulait tellement la rendre heureuse. Elle voulait prendre soin d'elle. Elle voulait la protéger. Elle voulait l'aimer de tout son être ; de tout ce qu'elle avait l'impression de pouvoir devenir lorsqu'elle était avec elle.
Emma leva les bras et glissa ses deux mains dans les cheveux de Regina. Elle caressa les joues de la brune de ses pouces en continuant de l'embrasser. Tirant gentiment la tête de Regina en arrière, elle détacha leurs lèvres avant de se pencher pour déposer une myriade de baisers dans le cou de la brune. Elle sentit le cartilage de sa gorge se contracter puis se relaxer sous ses lèvres et haleta contre sa peau. Emma sortit une de ses mains des cheveux de Regina et caressa de son index son sourcil, puis sa tempe. Elle tourna sa main et effleura du dos de ses doigts la joue de Regina, puis sa mâchoire, avant de replonger sa main dans les cheveux de la brune, juste au dessus de son oreille, dégageant quelques mèches de cheveux pour exposer son cou. Elle continua de dévorer tendrement la gorge et la mâchoire de Regina de baisers jusqu'à ce qu'elle fût certaine d'en avoir mémorisé chaque centimètre. Elle fit ensuite glisser ses lèvres jusque sous l'oreille de la brune, suçant la peau sensible et l'éraflant délicatement de ses dents avant d'attraper son lobe entre ses lèvres, le taquinant de sa langue.
Emma redescendit le long de la joue de Regina, sans cesser de déposer des baisers sur son passage, puis recaptura plusieurs fois ses lèvres, les léchant et les suçotant tendrement avant de poser son front contre celui de l'autre femme et de fermer les yeux. La blonde était pantelante et sa poitrine se soulevait d'excitation. Ses mains et ses doigts tremblaient dans les cheveux doux de l'autre femme.
- Oh, ma Regina…, dit-elle, sans parvenir à trouver d'autre mot.
Regina mit un moment avant de réaliser ce qui était en train de se passer. La seule chose dont elle était consciente, c'était la chaleur et la douceur des lèvres d'Emma sur les siennes, la main d'Emma posée dans le creux de ses reins, les doigts d'Emma contre son cou et dans ses cheveux. C'était tout ce dont elle avait besoin ; tout ce qu'elle avait rêvé, et elle était tellement heureuse qu'elle en avait le tournis. C'était tellement naturel, tellement indiscutable que Regina se détendit immédiatement dans les bras de la blonde.
Ça aurait été… ça aurait dû être… assez, de recevoir un baiser simple et chaste. C'était plus que ce que Regina avait osé espérer, mais lorsqu'Emma passa sa langue contre ses lèvres, elle en voulut plus encore. Elle voulait savoir ce que cela faisait d'avoir une amante qui se souciait d'elle, qui la protégerait et qui l'aimerait ; qui lui ferait découvrir qu'elle était belle. Elle ne s'était plus sentie belle depuis si longtemps. Et il y avait tellement de temps qu'elle n'avait pas eu l'impression que quelqu'un avait besoin d'elle à ses côtés – Henry mis à part.
Elle laissa Emma prendre contrôle du baiser et sentit la langue de la blonde s'introduire dans sa bouche et glisser contre la sienne. Ses yeux se fermèrent et ses mains agrippèrent fermement les épaules d'Emma. Elle ne parvenait plus qu'à produire des petits soupirs et des gémissements de plaisir qu'Emma étouffait en les cueillant sur sa bouche dès qu'ils franchissaient ses lèvres.
S'il-te-plait, Emma, je ne veux plus avoir mal. Je ne veux plus être seule, pensa Regina en renversant sa tête dans les mains d'Emma et en sentant les lèvres et le souffle de la blonde dans son cou.
Regina répondit faiblement aux derniers baisers papillons d'Emma. Elle était bouleversée par toutes les émotions qu'elle ressentait, et les caresses d'Emma lui faisaient perdre la tête. La blonde posa son front contre le sien, et Regina sentit sa respiration sur ses lèvres et sur son menton, et ses mains sentaient les muscles dorsaux d'Emma se contracter et se relâcher. Elle resta un moment dans ses bras, essoufflée et pantelante. Enfouis dans ses cheveux, les doigts d'Emma tremblaient légèrement.
Regina ouvrit les yeux et observa le visage d'Emma. Les yeux de la blonde restèrent clos, et elle murmura doucement :
- Oh, ma Regina…
- Oui, chuchota Regina en retour.
Et alors que le mot s'échappait de ses lèvres, les magnifiques yeux émeraude d'Emma s'ouvrirent…
Emma ne demanda pas à rentrer à l'intérieur de la maison. En fait, elle ne resta que quelques minutes de plus, ses bras enlacés autour de Regina, la joue de la brunette posée contre son épaule. De temps à autre, Regina sentait Emma enfouir son visage dans ses cheveux et déposer un baiser au sommet de sa tête. Chaque fois, la brune répondait en soupirant, fermant les yeux et resserrant son étreinte autour d'Emma. Elles ne voulaient pas se détacher l'une de l'autre, mais elles ne souhaitaient pas non plus brûler les étapes. Elles savaient qu'elles avaient toute la vie pour profiter de l'avenir qui se profilait devant elles ; et donc, pour l'instant, elles se satisfaisaient de rester dans leur cocon de paix momentané. Emma finit par prendre la parole :
- Je devrais rentrer, Regina. Il est tard.
Regina hocha la tête contre l'épaule d'Emma et la serra une dernière fois contre elle avant de reculer d'un pas, brisant leur étreinte. Lorsqu'elle leva les yeux, Emma prit son visage en coupe et se pencha pour embrasser son front, avant de déposer un dernier baiser rapide sur ses lèvres.
- On se voit demain matin, d'accord ? murmura Emma, poussant légèrement du nez contre la joue de Regina en y déposant régulièrement des baisers papillons en attendant la réponse de la brune.
Regina hocha la tête.
- Ferme à clé derrière moi ?
Regina hocha de nouveau la tête.
- Bonne nuit, Regina, finit par chuchoter Emma.
Elle se tourna et commença à s'éloigner, laissant la paume de sa main glisser contre celle de Regina jusqu'à ce que le bout de leurs doigts ne finisse par se détacher.
- Bonne nuit, Emma, répondit Regina en souriant doucement avant de refermer la porte.
Emma s'attarda un instant derrière la porte, désirant entendre le loquet tourner pour s'assurer que Regina et Henry seraient bien en sécurité cette nuit, puis elle se dirigea lentement vers la dépendance.
A l'intérieur de la maison, Regina s'appuya contre la porte et ferma les yeux, prenant une inspiration profonde en repassant dans sa tête tous les événements de la soirée. Elle se dirigea vers sa chambre, se déshabilla, et resta un instant immobile dans le noir, vêtue uniquement d'une culotte en dentelle noire. Tendant le bras vers le lit, elle attrapa le maillot de hockey d'Emma et l'enfila, inspirant l'odeur de la blonde imprégnée dans le vêtement avant de s'allonger et de se laisser aller dans les bras de Morphée.
Aha ! Vous vous attendiez pas à ça, après le x-ième baiser manqué de la patinoire, hein ?! :P Alors, heureux/ses ? J'essaie de me mettre à votre place, je me souviens que quand j'ai lu la fic en anglais j'ai limite sauté au plafond quand elles se sont *ENFIN* embrassées, gee. J'espère que je l'ai bien rendu. En tout cas, dîtes-moi ce que vous en avez pensé si le cœur vous en dit !
Merci à Not Gonna Die pour la correction xoxo
La suite arrive dès que possible :) A plus tard !
D.W
