Merci à Haldomir, IthilIsilwen et Luad pour leurs reviews.
Et merci à Lenaa-chan d'avoir mis ma fic en Favoris, ainsi qu'IthilIsilwen pour l'avoir mise en Alert.
Petite note : Anarion est un elfe dont j'ai parlé dans le chapitre 5. Il est l'un des elfes qui s'est fait attaquer par l'homme et la femme verts, les créatures du passeur. Il aura un certain rôle dans la suite, tout comme sa femme, vous verrez…
Enfin, j'en dis pas plus pour le moment, on verra ensuite.
Ah, et "Daro i" veut dire "Arrêtez ça", en elfique. Voilà.
Bonne lecture à tous !
DISCLAIMER : Aucun personnage ne m'appartient, tout est à J. R. R. Tolkien, sauf Gwen, Lionel et cie.
Chapitre 7 :
Un bruit insupportable
Lionel pensait que les cours de combat de Haldir étaient une torture, mais en fin de compte il y avait pire : les cours d'elfique. Galadriel avait exigé qu'ils apprennent cette langue, sans parler de la géographie et l'histoire de la Terre du Milieu !
Ainsi, depuis ce matin, ils écoutaient les leçons d'Anarion, un elfe de la Lorien. Gwen l'écoutait avec attention, tandis qu'il leur racontait l'histoire de la Terre du Milieu, tout en glissant parfois des mots elfiques qu'il traduisait. Parfois, il les répétait, et vérifiait si les jeunes gens le comprenaient.
Gwen s'en sortait admirablement bien, mais cela n'étonnait guère Lionel. Sa sœur avait toujours adoré l'étude des langues étrangères.
Lionel aurait peut-être apprécié ce cours s'il ne s'était pas senti aussi fatigué physiquement. Et il ne comprenait pas pourquoi Haldir jugeait idiot que Gwen apprenne à manier les armes.
« Lathron, vous m'écoutez ? »
Lionel sortit brusquement de ces songes en croisant le regard mi-interrogateur mi-sévère de son professeur. Lathron… Un nom elfique, une autre chose à laquelle il fallait s'habituer. Il n'aimait pas trop ça. Son nom était la chose la plus personnelle qu'il n'ait jamais eue, il lui venait de sa mère.
Anarion, leur professeur, était l'un des elfes qui avaient été victimes des hommes verts. Il avait accepté de leur enseigner l'elfique par pure reconnaissance.
Enfin, le cours se termina. Les jeunes gens descendirent l'échelle de la maison de l'elfe, puis se dirigèrent vers un sentier.
« On va manger ? » dit Gwen.
« J'ai pas le temps, faut que j'aille m'entraîner à l'escrime avec Haldir », dit son frère.
Le visage de Gwen se rembrunit. Lionel se pinça les lèvres. Quel gaffeur ! Dès le matin, il faisait chuter le moral de sa sœur.
« Écoute, je vais essayer de lui en toucher deux mots, j'aimerais que tu t'entraînes aussi… »
« Mouais ! Tu voudrais que je sois là pour te protéger ou bien pour trimer plus que toi, afin que tu roupilles comme hier soir… Junior ? »
Lionel frémit. Il détestait qu'on l'appelle comme ça !
« Eh, j'y peux rien si je suis crevé ! »
« Mais la méditation t'aiderait à endurer plus facilement l'effort physique et… »
Soudain, la jeune fille s'arrêta. Elle était de retour. La femme elfe brune. Elle était là, au milieu du sentier, et marchait vers eux.
« Gwen ? » dit Lionel.
La jeune fille s'attendit à ce que la femme dise quelque chose, produise un son qui permettrait à son frère de comprendre qu'il s'agissait d'un fantôme, mais la femme disparut brusquement.
« Gwen ? Ça va, frangine ? »
« Oui… Bon, je vais manger. À ce soir », dit-elle en poursuivant son chemin seule, laissant son frère un peu confus.
Il poussa un soupir, puis se dirigea vers la clairière où avait lieu l'entraînement. Assis sur la racine noueuse d'un arbre, Haldir l'attendait en lissant son épée. Il leva la tête à son arrivée, le salua d'un signe de tête puis lui tendit une épée en bois.
Lionel grimaça. D'après Haldir, il ne passerait aux vraies armes blanches que lorsque son niveau serait suffisamment haut.
Les deux hommes se mirent en garde, puis Haldir tenta une attaque. Lionel para. L'elfe enchaîna des mouvements, d'abord lentement pour s'assurer que son élève avait assimilé les rudiments d'hier, puis il augmenta le niveau de rapidité.
Finalement, comme Lionel commençait à montrer des signes de fatigue, Haldir accepta qu'il fasse une petite pause pour boire de l'eau. Lionel but une gorgée, puis fit la grimace.
« Quelque chose ne va pas ? » demanda Haldir.
« Oui, je pensais… Au sujet de ma sœur. »
« Fëawen ? »
Lionel roula des yeux, puis dit : « Oui, Gwen ! Pourquoi elle ne peut pas apprendre à se battre ? »
« Parce que c'est une femme », dit Haldir, aussi spontanément que « Le soleil ne brille que le jour. »
Ils reprirent leurs armes puis se mirent en position, quand Lionel répliqua :
« Pourtant, chez nous, les femmes apprennent à se battre ! Et puis, si c'est aussi dangereux que vous l'avez dit, ici, ma sœur aura besoin d'apprendre à se défendre, non ? »
« Vous serez là pour la protéger… si vous vous entraînez avec assiduité ! » dit Haldir en attaquant.
Tout en parant, Lionel dit : « Et si jamais elle se retrouve seule, ou que je suis submergé par l'ennemi ? » Il repoussa Haldir d'un coup de pied inattendu dans le ventre.
« À vous de vous débrouiller ! » dit Haldir, en revenant brusquement à l'assaut. Il fit une botte spéciale, et désarma Lionel puis le frappa à la tête.
Le jeune homme tomba à terre en gémissant. Haldir haussa des sourcils. Il y était allé un peu fort, mais bon, il fallait que Lionel apprenne.
Plus tard, Gwen vit son frère rentrer avec à la main un morceau de tissu humide qu'il plaquait contre son frère.
« Qu'est-ce qui t'est arrivé ? ! » dit Gwen.
« C'est Haldir. Il a voulu me rentrer une idée dans le crâne », gémit le jeune homme.
« Je me suis excusé », dit l'elfe. Gwen le vit debout à l'entrée de la maison.
« Fëawen, puis-je vous parler ? » demanda ce dernier.
Gwen hésita, puis sortit avec lui, laissant Lionel s'étaler sur le canapé en gémissant.
Une fois tous deux au bas de l'échelle de la maison, Haldir se mit en marche à travers le sentier, invitant Gwen à le suivre.
« Votre frère m'a parlé de vous enseigner les armes. J'avoue que je ne comprends pas pourquoi vous tenez tant à maîtriser cette discipline. Ici, ce n'est pas dans nos coutumes. »
Gwen serra les poings. Elle mourrait d'envie de le traiter de macho, mais elle savait qu'ici, personne ne connaissait vraiment le concept de l'égalité des hommes et des femmes.
« Mais mon frère et moi faisons toujours tout ensemble, qu'importe si l'un de nous aime ça ou non ! » dit-elle, cherchant un bon argument.
Haldir secoua la tête.
« Il a dit que chez vous, les femmes apprenaient à se battre… D'où venez-vous donc ? Du Rohan ? »
Gwen se figea. En effet, ils n'avaient jamais parlé à personne du fait qu'ils venaient d'un autre monde. En outre, Galadriel devait le savoir, puisqu'elle était télépathe… mais elle n'en avait pas parlé à Haldir. Pourquoi ?
« Nous venons de très loin, nous… »
Elle se figea. Encore une fois, le fantôme de la femme elfe apparaissait sur le sentier. Voyant que la jeune fille s'était figée, il regarda dans la même direction qu'elle, mais ne vit rien.
Gwen vit la femme ouvrir la bouche et dire : « Nu… lav … ui tui… a ruith. »
« Vous voyez cette femme ? » souffla Gwen.
« Quelle femme ? » demanda Haldir.
Il regarda Gwen. Celle-ci s'écarta, laissant passer l'elfe devant elle. Cette fois, elle ne disparut pas. Elle poursuivit son chemin droit devant elle. Inquiète, Gwen la suivit, Haldir dans son dos.
Arrivée au bout du sentier, la femme se figea. Gwen en fit autant, car soudain, jaillit de l'ombre d'un arbre une personne. Impossible de savoir s'il s'agissait d'un humain ou d'un elfe : cette personne était couverte de brûlures, totalement carbonisée ! Le malheureux se tenait pétrifié, il bougeait à peine et émettait des râles de douleur !
Gwen ne put se retenir de crier de peur. Haldir la saisit par les épaules et la tourna vers lui.
« Fëawen ! Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il, inquiet devant son attitude.
Gwen se tourna vers Haldir, puis regarda en direction des apparitions. La femme et l'homme avaient disparu.
XxXxXxXxXxXxX
« Un homme brûlé ? T'es sûr ? » dit Lionel.
Il était tard, le jeune homme dînait avec sa sœur dans leur maison. Des fruits, du pain et du fromage étaient posés sur la table, une elfe leur avait amené il y a une demi-heure. Ils mangeaient tout en discutant de ce que Gwen avait vu.
Elle en avait aussi parlé à Haldir. Ce dernier l'avait écouté, mais n'avait pu lui expliquer qui étaient les gens qu'elle avait vus. Il avait dû en parler à Galadriel et Celeborn depuis longtemps, maintenant.
« Oui. Tu l'aurais vu, c'était horrible ! On aurait dit un zombie, j'ai eu si peur ! » dit Gwen.
« Et la femme ? Elle n'a rien dit ? »
« Si, enfin non… On aurait dit qu'elle avait du mal à parler, comme si la bande-son était brouillée. Et elle regardait droit devant elle, comme si elle ne me voyait pas. »
« Tu crois que ce serait une… coincée ? »
« Coincé » était le terme générique que lui et sa sœur employaient pour parler des fantômes qui étaient morts et revivaient sans cesse les derniers instants de leur vie, sans percevoir l'environnement présent. Ils étaient pour ainsi dire coincés dans l'incident de leur mort.
« Possible… J'espère que j'arriverai à lui parler, en elfique, peut-être », dit Gwen en mordant dans une tranche de pain.
« Pour ça, faudra attendre qu'Anarion nous en ait appris un peu plus », dit Lionel.
« Au fait, merci d'avoir parlé à Haldir. Il n'est toujours pas convaincu, mais ton geste me touche. »
« Tu me prends pour qui ? Plutôt mourir que de subir seul la tyrannie de cet elfe arrogant et qui se croit plus fort que moi ! »
« Ben, il t'a bien battu, non ? Ta jolie bosse sur le crâne le témoigne ! »
« Eh, je t'ai soutenue, moi ! »
Gwen rit tout en esquivant l'oreiller que son frère lui lança. Plus tard, chacun partit dans sa chambre. Gwen ôta sa chemise et son pantalon, pour mettre une chemise de nuit elfique en tissu bleu nuit, qui se laçait dans le dos.
La jeune fille regarda par la fenêtre. Il faisait nuit, mais elle pouvait voir les lumières de Caras Galadhon par la fenêtre. Cet endroit était splendide ! Elle n'aurait jamais cru qu'un jour, elle visiterait un tel endroit.
Visiter ? Pourquoi ai-je l'impression qu'on nous laisse y vivre ? pensa la jeune fille.
Elle se souvint de la question qu'Haldir lui avait posée : « D'où venez-vous ? »
Elle frissonna en repensant au Passeur, qui les avait obligés à quitter leur monde. Et Veryan, qui s'était méfié d'eux à cause de ça, pensant que leur venue était un signe néfaste pour la Terre du Milieu. Mais était-ce vrai ? Après tout, le fantôme elfe avait vite réalisé son erreur quand Gwen et Lionel avaient réussi à sauver son frère.
Ici, personne ne les regardait comme s'ils étaient fous, on les considérait comme des humains dotés de certaines capacités, celle de voir les esprits, de communiquer avec eux, et de les apaiser. Elle se souvenait encore de ce qu'elle avait expliqué à Haldir, après avoir vu la femme et l'homme brûlé. Il ne l'avait pas regardé comme si elle était folle, il l'avait crue et décidé de l'aider en cherchant des renseignements auprès des siens.
C'était un tel changement, comparé à leur vie dans l'autre monde ! Ils n'avaient jamais parlé à personne de leur don, pas même à leur propre père !
Épuisée, Gwen cessa de réfléchir et se glissa dans son lit. Une fois allongée, elle ferma les yeux et s'abandonna au sommeil.
« Nu… lav … ui tui… a ruith. »
Gwen ouvrit les yeux. Encore elle ! Soudain, la jeune fille vit la porte de sa chambre s'ouvrir. Le fantôme de la femme passa devant l'ouverture.
« Attendez ! »
Gwen se leva de son lit et courut dans le couloir. La femme était déjà au bout, et continuait de marcher. Soudain, Gwen vit la porte de la chambre de Lionel s'ouvrir. Celui-ci apparut, en pantalon, l'air échévelé.
« C'est quoi, ce bruit ? Qui a parlé ? »
Puis il se figea en voyant sa sœur.
« Gwen… Tu saignes du nez ! » dit-il.
Gwen porta la main à son nez. En effet, elle saignait !
« Oh non ! EH ! »
Une main pressant ses narines, elle courut dans le salon. La femme était là, elle se dirigeait vers la porte de sortie de la maison.
« Attendez, je vous dis ! Je veux juste… » dit Gwen en lui courant après.
Elle tendit la main vers la porte, et la femme. Celle-ci venait d'arriver devant l'entrée. Soudain, celle-ci s'ouvrit. L'homme brûlé apparut.
Gwen et Lionel plaquèrent leurs mains sur leurs oreilles. Il criait anormalement fort, et la femme s'y était mise aussi ! Elle se tenait maintenant debout devant eux et criait : « Daro i ! Daro i ! DARO I ! »
« C'est trop fort ! » gémit Lionel.
« Pitié, arrêtez de crier ! » gémit Gwen.
Elle sentit quelque chose de chaud couler sous ses mains. Elle regarda ses paumes : du sang. Elle saignait même des oreilles, tant elle avait mal ! Et son frère aussi.
N'y tenant plus, elle leva la tête et cria de douleur, priant pour que quelqu'un les entende et vienne les aider. Puis elle perdit connaissance.
XxXxXxXxXxXxX
Galadriel et Celeborn franchirent la porte de la maison de guérison. La dirigeante, Nestariel, s'approcha d'eux et s'inclina.
« Comment vont-ils ? » demanda Celeborn.
Nestariel se tourna vers les deux lits au fond de la pièce. Gwen et Lionel en occupaient un chacun.
« Ils vont mieux. Fëawen saignait du nez, mais cela a vite séché. Je leur ai donné une potion qui a déjà commencé à leur rendre toute leur énergie », dit la guérisseuse.
Soudain, Lionel cria : « C'EST À CAUSE DES FANTÔMES ! ILS ÉMETTAIENT DES BRUITS PARTICULIÈREMENT PUISSANTS, TROP VIOLENTS POUR NOUS ! ET PLUS ON LES ÉCOUTAIT, PLUS ÇA DEVENAIT INSUPPORTABLE ! »
« Oui, on a compris, Lathron ! » répondit Nestariel à voix haute.
« QU'EST-CE QU'IL A DIT ? » cria Gwen.
« Leurs tympans ont été percés, à cause de ce mystérieux bruit dont ils parlent. Mais leur ouïe reviendra avec le temps… » dit Nestariel, avec espoir.
« Ah, bon… Alors à plus tard ! » cria Celeborn, avant de s'éloigner avec Galadriel.
Le couple quitta la maison puis se mit en marche vers leur propre demeure.
« Quand pensez-vous que nous pourrons leur parler de ce que nous avons appris ? » dit Celeborn.
« Bientôt, je l'espère. Car si ce que j'ai découvert correspond aux visions de Gwen, alors nous aurons de graves ennuis », dit Galadriel.
Elle avait découvert qui était la femme dont Haldir lui avait parlé. Il s'agissait d'une de ses plus anciennes suivantes, Vanlanthiriel. Elle était morte lors de l'incendie qui avait ravagé la Lothlorien, à cause du Balrog, comme tant d'autres elfes…
Si les esprits de tous ces défunts recommençaient à se manifester, cela signifiait que quelque chose menaçait le royaume. Galadriel espérait de tout son cœur que ce ne fut pas trop grave. Peut-être que ces esprits avaient tout simplement besoin de communiquer quelque chose, et que les deux jeunes humains ne savaient pas encore comment s'y prendre avec eux ?
Elle pria Varda pour que ce ne fût que cela, puis dit à son époux qu'elle aimerait aller à la clairière consulter le miroir. Ce dernier acquiesça, puis la laissa y aller. Il prit le chemin de la caserne, pour parler avec Haldir.
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Trois heures plus tard…
Gwen tâta ses oreilles, puis dit à son frère avec une voix normale : « Je crois que mes oreilles vont mieux, j'entends plus de choses. Et toi, Lionel ? »
Ce dernier ne lui répondit pas, il ne lui accorda même pas un regard. Il était plongé dans l'étude d'un livre que la guérisseuse lui avait donné pour passer le temps.
« LIONEL… ? LES MANGAS, C'EST POUR LES MÔMES ! » cria Gwen. Pas de réaction. « DONJONS & DRAGONS, C'EST NUL… ! HALDIR EST BEAUCOUP PLUS FORT ET INTELLIGENT QUE TOI ! »
Soudain, Lionel parut réagir. Sans quitter le livre des yeux, il cria à sa sœur : « EH ! VOILÀ QUI EST INTÉRESSANT ! LES ELFES DE LA LOTHLORIEN ONT UN ROI ENTERRÉ SOUS UNE COLLINE PAS LOIN DE LA CITÉ ! C'EST UN ENDROIT OÙ SE MANIFESTENT PARFOIS DES VAGUES DE MAGIE ! ON DEVRAIT ALLER VOIR ÇA ! »
« Comme tu voudras… junior ! » dit la jeune fille, les yeux au ciel.
Et voilà ! Vous en pensez quoi ?
