Bonjour à tous. Voici le 7ème chapitre de « La vie continuera », le chapitre que je préfère.

Les remarques sont les mêmes que d'habitude.

Merci pour les reviews de Paprika Star, de Petite Amande, de Clina9 et d'Annalisa-Black et merci à Alissa21 d'avoir ajouté cette fic à ses « Favorite Stories » :-)
Je remercie également tous ceux qui ajoutent cette histoire à leurs « Alerts ».
J'espère que vous apprécierez ce chapitre comme moi je l'apprécie.

Bonne lecture et… à demain !

Chapitre 7

« La Goule Verte ? », demanda Draco dans l'ascenseur. « C'est quoi, ça, pour un pub ?

-Tu verras. », répondit simplement l'homme.

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Ils se trouvaient dans l'Atrium. Les deux hommes se placèrent dans le cercle délimitant la zone de transplanage et Arthur proposa son bras à Draco. Celui-ci s'y accrocha, le cœur battant, et tous deux transplanèrent.

Ils arrivèrent sur une plage de galets, recouverte d'algues gluantes. La nuit était déjà tombée depuis longtemps et Draco ne voyait pas ses pieds. L'air était chargé d'iode et d'odeurs de poisson. On pouvait deviner, grâce aux rayons de lune, des comptoirs de vente de produits de la mer, fermés, à cette heure de la journée, ainsi que plusieurs petites embarcations échouées çà et là.

Plus loin, au bord de la route, se trouvaient quelques maisons balnéaires et de nombreux Bed&Breakfast. Arthur les avait amenés côté moldu, ça ne faisait aucun doute.

« Où sommes-nous, exactement ?

-Dans le Brighton moldu! », dit-il avec grandiloquence.

Ils remontèrent la pente douce qui menait à la route.

« Mais, Arthur, nous ne sommes pas habillés en Moldus !

-Ça ne fait rien. Les Moldus des grandes villes ont l'habitude de croiser des gens un peu excentriques. Allez, viens ! On a encore un peu de marche à faire. »

Une fois sur le trottoir, Arthur partit à droite, vers le centre ville, d'un pas énergique.

Draco ne savait pas s'il pouvait faire confiance à l'homme. Ce dernier l'emmenait peut-être dans un plan foireux, où Draco se retrouverait entouré de Moldus qui scruteraient ses vêtements ?

Tout à coup, le jeune homme voulut rentrer chez lui. Il s'arrêta net et, un peu paniqué, interpela son collègue.

« Arthur ! »

L'homme, les mains dans les poches, se retourna.

« Qu'y a-t-il ?

-Je ne veux pas me retrouver dans un bar moldu !

-« La Goule Verte », Draco ! Tu connais beaucoup de Moldus qui appelleraient leur pub ainsi ? », demanda-t-il en reprenant sa marche.

« Non, justement, je ne connais aucun Moldu ! Et je ne veux pas en connaître ! ».

L'homme s'arrêta et se retourna une fois de plus vers son cadet.

« Tu as tort. On apprend beaucoup des Moldus, notamment l'humilité. Les Moldus se débrouillent extrêmement bien sans magie. Je dirais même qu'ils sont, sur certains points, bien plus évolués que nous. », répondit-il avec sagesse.

Comme le garçon ne bougeait toujours pas et qu'il n'avait pas l'air confiant, Arthur revint sur ses pas.

« Je te promets, Draco, que « La Goule Verte » est un pub tout ce qu'il y a de plus sorcier. », rassura Arthur.

Draco le défia du regard.

« Tu me le promets ? », menaça-t-il.

« Oui ! Promis ! Mais un jour, il faudra que tu te confrontes à eux. Cette peur que tu as des Moldus est totalement irrationnelle ! Allez, viens ! »

Arthur Weasley et Draco Malefoy longèrent le littoral pendant une dizaine de minutes environ. Sur une jetée, Draco vit les restes calcinés de ce qui devait être une ancienne fête foraine. Ils passèrent devant et tournèrent à gauche, quelques mètres plus loin, dans Middle Street.

Ils étaient toujours dans le Brighton moldu, mais personne ne semblait se retourner sur leurs tenues, comme l'avait prédit Arthur.

Là, au bout de la ruelle, se tenait enfin la fameuse « Goule Verte ».

Des Sorciers à l'allure étrange bavardaient en terrasse, tandis que d'autres, à l'intérieur, buvaient de la Bièraubeurre, lisaient la Gazette du Sorcier ou jouaient à la Bataille explosive. Quelques crapauds violets se réchauffaient au coin du feu. Des cabotins vagabondaient sur le comptoir. Les Sorciers les plus âgés, attachés aux traditions, étaient coiffés de leur chapeau pointu. Il y avait même un boursouflet orange sur l'épaule de l'un d'eux.

Personne ici ne semblait vouloir se cacher aux yeux des Moldus. Le pub entier se donnait l'air d'être une immense vitrine de leur monde. Et pourtant, les Moldus passaient devant le pub sans le voir, ni même voir les personnes un peu saoules en terrasse.

Ils pénétrèrent dans l'établissement. Au fond, un groupe de musique celtique jouait une suite de branles doubles et quelques femmes dansaient. Là, une famille avait entamé la partie d'un jeu de société que Draco ne connaissait pas. Au bar, deux Sorciers éméchés riaient bruyamment. À cette table, un couple partageait le même verre d'hydromel aux épices en se regardant amoureusement…

De-ci, de-là, étaient disposés des guéridons et des chaises en bois. Des fauteuils en cuir, un peu usés, s'assemblaient autour de tables basses en bois d'acajou. De petites bougies étaient posées sur les meubles ou flottaient dans les airs. Plusieurs lanternes pendaient des murs lambrissés. Le tout conférait à la pièce une atmosphère des plus chaleureuses. Il y avait une telle ambiance qu'il suffisait de franchir le seuil du bâtiment pour oublier tous ses soucis.

Dès qu'il fut entré, Draco se sentit tout simplement bien. L'ambiance atypique des lieux lui donnait du baume au cœur.

Bien que le pub fût plein, les différents meubles étaient agencés de telle sorte que chacun pût avoir son coin à lui, donnant ainsi une certaine intimité aux clients.

Les deux hommes prirent places à une petite table, non loin de l'entrée. Arthur commanda une « Zwart Goblijn », une bière brune fabriquée de manière artisanale par des Gobelins belges, et Draco prit un Whisky PurFeu.

Pendant un moment, ils sirotèrent leur boisson en silence, ne sachant pas trop quoi se dire. Puis, Draco se lança :

« Ça fait longtemps que tu connais ce pub ? »

Arthur prit une gorgée de bière, puis répondit :

« Oui, je venais ici quand j'étais jeune. Un de mes cousins habitait Brighton et, chaque été, je passais environ deux semaines chez lui et ma tante. Le soir, on venait ici. Ah ! J'en ai passé des soirées dans ce pub ! », dit-il d'un ton nostalgique. Puis, il eut un rire bref et reprit son récit :

« En général, on venait ici pour fumer, se saouler et draguer les filles ! Tout ce qui nous était interdit, en somme ! », sourit-il, les yeux pétillant. Il but une nouvelle gorgée.

Le sourire de Draco s'était figé à partir du moment où Arthur avait parlé de filles…

Draco se gifla mentalement : Arthur était marié à une femme et avait eu sept enfants. Bien sûr qu'il parlait de filles !

L'homme continua son histoire.

« Puis, j'ai eu mon diplôme et je me suis marié peu de temps après. Alors, forcément, je n'ai plus souvent eu l'occasion de revenir. C'est bien dommage, ce pub est tellement charmant ! »

Draco ne souriait plus. Entendre l'homme parler de filles et de mariage ne lui plaisait pas du tout !

Il savait bien qu'il ne servait à rien d'espérer quoi que ce soit de l'homme. Mais il ne pouvait faire autrement. Arthur lui plaisait et ce, depuis plusieurs semaines déjà. C'était même plus que ça. Draco l'aimait… L'aimait-il comme un père ? Comme un ami ? Comme un amant ? Il ne pouvait le dire. Ses sentiments étaient encore trop confus. Peut-être était-ce tout cela à la fois…

Même si ça le torturait, il ne pouvait s'empêcher d'en savoir plus :

« Tu veux dire que tu n'y es jamais retourné depuis que tu es marié ? », demanda-t-il de sa voix trainante.

« Oh ! Bien sûr que si ! Mais moins souvent… Molly n'a jamais aimé les pubs », dit-il avec regret. « Pendant tout un temps, j'y suis retourné avec mon cousin. Puis, il est mort, donc je venais avec des amis. Mais bon, plus la famille s'agrandissait, moins j'avais d'occasions de sortir.

- Oui, mais maintenant, tes enfants sont grands. Tu as plus de temps pour sortir, non ? »

Arthur prit son temps avant de répondre.

« Tu sais, une fois que tu as passé la moitié de ta vie entre ton boulot et ta vie familiale, tu ne penses plus à sortir. D'ailleurs, je ne sors plus ! Mes seules distractions se résument aux repas de famille et à mon atelier rempli d'objets moldus. Et ça me satisfait. »

Draco baissa les yeux sur le liquide ambré contenu dans son verre.

« Tu n'es pas satisfait d'être ici ce soir ? »

Arthur fixa le jeune homme en face de lui. Ce dernier contemplait toujours son verre, la mine sombre.

L'homme eut un faible sourire.

« Bien sûr que si ! », répondit-il doucement.

Il jeta un regard circulaire à la pièce et reprit, plus joyeusement :

« D'ailleurs, en trente ans, rien à changer ici, c'est fou ! À part peut-être le patron : lui, il a bien grossi en trente ans ! »

Il se tourna à nouveau vers Draco qui affichait un demi-sourire, mais gardait les yeux baissés.

Inquiet, Arthur demanda :

« Qu'est-ce qui se passe, Draco ? »

Ce dernier soupira un « Rien » mélancolique. Puis il demanda :

« Comment réagira ta femme quand tu lui diras que tu es allé dans un pub ? »

Arthur eut un regard surpris.

« Aucune idée ! »

Il prit un air légèrement coupable et confia, en souriant de toutes ses dents:

« Je ne pense pas que je lui dirai. »

Ce fut au tour de Draco d'être surpris.

« Pourquoi ? Tu as peur d'elle ?

-Non, ce n'est pas pour ça. Si je lui dis, elle risque de mal le prendre. »

Draco, d'un signe de tête, l'encouragea à continuer.

« Et bien, elle pourrait me faire le reproche de préférer boire un verre avec mes collègues de travail plutôt qu'avec elle.

-Et c'est vrai ? Je veux dire… Tu préfères boire un verre avec un collègue plutôt qu'avec elle ? »

Arthur eut l'air indécis.

« Mmh ! Tout dépend du collègue…

-Ouais, donc, en gros, tu ne préfères pas aller au pub avec elle !

-Comme je te l'ai dit, Molly n'aime pas les pubs… Et puis, ce n'est pas pareil ! Je ne peux pas me saouler avec ma femme !

-Avec un collègue non plus. Tu pourrais te créer une mauvaise réputation. »

Arthur regarda alors Draco droit dans les yeux et dit, en se penchant un peu vers le jeune homme :

« Oui, mais ce soir, je ne pense pas être en présence d'un collègue… »

Un éclat illumina les yeux de Draco.

« Ah ? Et je suis quoi pour toi ? », s'enquit-il, avec, aux lèvres, l'ombre d'un sourire.

Draco tentait de prendre un air détaché, mais, au fond de lui, il n'en menait pas large. Après tout, l'homme allait dire à Draco qui il était pour lui.

Arthur haussa les épaules.

« Un ami ? »

Draco eut un sourire canaille :

« Et tu veux te saouler ! », affirma-t-il en se penchant vers Arthur pour dissiper le malaise qui l'assaillait.

« Oh ! Tu peux pas savoir à quel point ! »

Draco s'adossa alors contre sa chaise et lança froidement, d'un ton qui n'admettait aucune discussion :

« Tu ne peux pas ! », ce qui laissa Arthur stupéfait.

« P-Pourquoi ? »

Le jeune homme mit les coude sur la table, croisa les doigts et y posa son menton. Il soutint le regard d'Arthur et expliqua, sur un ton faussement menaçant :

« Parce que, si tu rentres chez toi bourré, ta femme sera au courant de ta petite sortie non autorisée. »

Arthur, jeta sa tête en arrière en riant et se donna une tape sur le front.

« Et merde, c'est vrai ! Je n'y avais pas pensé ! »

Quand il baissa la tête, il se mordait la lèvre, toujours rieur. À ce moment-ci, Draco le trouva splendide. Puis, Mr. Weasley tapa du poing sur la table.

« Merde ! »

Draco vida son verre, puis, calmement, proposa un arrangement à son collègue.

« Ce que tu peux faire, c'est picoler autant que tu veux. Puis, si ça ne va pas, si vraiment tu es trop bourré, tu viens dormir chez moi. Et demain matin, à la première heure, tu enverras un hibou à Mme Weasley pour lui dire qu'on s'est endormis sur nos dossiers. »

On pouvait clairement lire de l'espoir sur le visage d'Arthur. L'homme avait réellement envie d'accepter. Mais il était tiraillé entre le désir de passer un bon moment et l'idée de devoir mentir à son épouse.

Comme s'il avait lu dans ses pensées, Draco apporta un dernier argument :

« On ne vit qu'une fois, Arthur… »

Ce dernier regarda Draco. À cet instant, le jeune homme reconnut l'air qu'avaient Fred et George lorsqu'ils allaient préparer un mauvais coup.

Arthur Weasley leva alors la main et cria :

« Garçon ? Deux Whiskys, s'il-vous-plaît ! »

À suivre…