Mention megales: De Stephanie à miaokuancha, d'elle à Blue, de Bluelinote à vous. Ainsi se disent les légendes. Histoires d'une histoire pour se souvenir des origines. Jamais volées. Transmises, avec amour et révérence, à la façon de la tribu des Fans. (Cf. Prologue, pour mentions légales complètes)
Remerciements: De Blue à miaokuancha pour sa confiance et sa disponibilité. De miao pour vous et les riviouz que par Bluegramme interposé vous lui adressez. De Blue à vous qui prenez la peine de dire du bien de son passage au Français. Et pis je n'oublie pas, mon p'tit rayon de lumière, ma Doudoubêta, DOUMBEA
––(| VÊTEMENT DE LUMIÈRE |)––
6 - Le paradis inaccessible ~
Le cours de sport vient juste après le repas. C'est un désastre intégral du début jusqu'à la fin. A peu près ce à quoi je m'attendais, puisque je suis l'être humain le plus empoté de la terre et qu'en Sport, il n'y a nulle part où se cacher. Mais aujourd'hui, c'est pire que d'habitude. Pour commencer, je n'ai, bien sûr, pas encore d'uniforme et donc je m'inquiète de la transpiration qui va imprégner mon T-shirt. Il y a encore deux cours après le Sport ... et qui peut dire à côté de qui je pourrais être assise.
Nous faisons du volley. Et je n'arrive pas à faire passer le ballon par-dessus le filet, même lorsque ma vie en dépend. J'essaie de me concentrer pour ne frapper aucun de mes camarades alentours avec les ricochets de mes balles. Pourquoi ne puis-je donc pas être à Phoenix, où ils n'exigeaient que deux années de Sport et où je pourrais à présent être assise en étude? Ah ouais, c'est vrai. J'ai choisi de venir ici.
Le vrai problème, c'est que pendant tout le cours de sport, je tente de déterminer s'il serait trop bébé de ma part d'essayer de me sortir de ce cours de Biologie. S'il ne s'agissait que de l'éclat de ce matin, passe encore. C'est déjà derrière moi, ça. Mais cela va plus loin : c'est cette hostilité furieuse. Je l'avais sentie pendant toute les 50 minutes du cours, assise à ses côtés. Je l'ai sentie ce matin, à travers tout le réfectoire. Et quoi que j'aie pu faire pour offenser Edward Cullen, il ne va certainement pas me le pardonner maintenant que j'ai pris place à la table des ''détestateurs''.
Honnêtement, je me fiche de savoir si ce que les autres ont dit sur sa famille est vrai ou non. Ce n'est pas de l'inceste si on n'est pas parents par le sang; C'est forcément des conneries, n'est-ce pas? Je me fiche même qu'il soit gay. Quoi qu'on soit, on ne choisit pas ses sentiments. Mais il se fichera comme d'une guigne de ce que je peux bien penser. Je doute même qu'il daigne ne serait-ce que m'écouter si j'essayais de lui parler.
D'accord, je vais être honnête: je ne suis tout simplement pas assez courageuse pour entreprendre quoi que ce soit d'aussi direct que,d'aller lui parler. Mais cela ne signifie pas que je doive être la victime éternelle de flèches empoisonnées tirées à bout portant. Chaque fois que je pense au fait de m'asseoir coude à coude avec un garçon magnifique qui me hait, mon cœur sombre sous terre et creuse son trou jusqu'en Chine.
Alors, je suis là, intriguant, échafaudant des plans, et essayant de rassembler mon courage pour aller chez la dame de l'Accueil et voir si on en peut pas me faire passer dans un autre cours de science –– n'importe lequel, du moment que ce n'est pas avec Ewdard Cullen.
–– Bella! Attention!
Je lance les bras en tous sens et manque pratiquement mettre mon doigt dans l'œil de Mike, tandis qu'il plonge pour me sauver du smash qui fait comme une ligne droite jusqu'à mon visage.
–– Ça va?
–– Ça va?
Et nous nous tombons l'un sur l'autre, genre pelle-mêle. Ce serait amusant si je n'avais pas déjà eu mon compte d'humiliation pour la journée. Ça y est. C'est décidé. Je vais au Bureau directement après le dernier cours. Il doit bien exister une espèce de clause dans la politique de l'établissement qui stipule que les élèves n'ont pas à rester dans un environnement fatal à leur concentration.
Du coin de l'œil, je remarque que Jessica ne rit pas.
.
La dernière sonnerie retentit à 14h15. Le ciel est assez sombre pour qu'on se croie déjà au coucher du soleil. Il s'est levé un vent qui fouette le quasi-crachin à travers le parking. Il ne fait pas tout à fait assez froid pour qu'il gèle, mais assurément bien plus qu'à Phoenix. Je me dirige vers le bâtiment central et son bureau brillamment éclairé.
Juste avant de passer la porte, une voix me stoppe net. Je glisse un coup d'œil furtif au détour du montant de la porte et me prend une bouffée d'air chaud en plein visage. Ils doivent avoir le soufflant allumé à l'intérieur et la chaleur se trouve aspirée par le vent et la brume à la porte. Et , oui, Edward Cullen est bien là, avec ses cheveux auburn rebelles, veste tombant juste comme il le faut de ses épaules anguleuses, et les deux mains appuyées sur le bureau de la Dame de l'Accueil, tandis qu'il se penche sur elle et lui parle avec la voix d'un ange.
–– Je me demandais si vous pourriez m'aider avec mon emploi du temps.
Je me retourne vers l'extérieur et plaque mon dos contre le mur. Mes pieds s'emmêlent dans le mouvement de rotation, et l'espace d'une seconde, je crois que je vais être malade à l'idée que je vais tomber. Le mur me sauve.
Oh. Sei. Gneur! L'espèce de–– il m'a battue au poteau! Je sais bien que je devrais me réjouir. Il résout le problème pour moi. Mais au-delà de cela, je suis furieuse. C'est moi, la partie à qui on a causé du tort, là, pas lui. C'est moi qu'on a traité de ''pueuse'' devant tout le monde. Quel problème peut-il bien avoir, lui?
Il plaide sa cause de manière très persuasive. Il est disposé à accepter un transfert dans n'importe quel autre cours parmi un certain nombre –– Physique, Chimie l'autre section de Biologie. Même à étudier en autonomie. Je me laisse aller contre le mur, les yeux fermés. Sa voix est toute basse et douce et hypnotique. Si c'était moi, je lui donnerais la lune. Mrs Cope –– l'entends-je l'appeler, le ferait aussi.
Une fille que je ne connais pas me frôle au passage en entrant dans le bureau. Elle lance vers mon visage un regard d'excuse avant de passer la porte. Je devine qu'elle a dû les interrompre parce qu'il a un silence. Puis la fille ressort comme une flèche et prend la direction des parkings. J'entends Edward, tout en politesse et en convenance:
–– Bien, ce n'est rien. Je vois bien que ce n'est pas possible. Je vous remercie de votre aide.
Mais sa voix sonne comme si quelqu'un était en train de l'étrangler.
L'instant suivant, il pousse et passe la porte. Il tourne le visage vers moi et me jette le regard le plus noir qu'il m'ait été donné de voir. Vraiment. Ses iris sont si noirs que je ne peux distinguer ses pupilles. Du tout. Pour ce que j'en vois, elles pourraient tout aussi bien être fixes et dilatées ou bien se réduire à la taille de têtes d'épingles.
Et ses belles lèvres tendres sont tordues sur un grognement muet. Même la courbe de son corps au moment où il se tourne vers moi semble dire: MAIS QU'EST-CE QUE TU FAIS LA? DEGAGE! Je sens les petits cheveux à l'arrière de mon cou se dresser en se hérissant.
Et puis il est parti. En marchant. Et pourtant, plus vite que la pensée, il monte déjà dans cette adorable petite Volvo métallisée. Le parking est plutôt vite déjà –– la plupart des élèves quittent l'école dès qu'ils le peuvent. La Volvo métallisée s'arrache au parking sans un bruit et semble déjà être à 100 avant d'avoir passé le premier virage. [1]
Je commence à glisser le long du mur du bâtiment administratif et puis j'arrête ma descente. Tout ce que j'obtiendrais à m'asseoir là en bas, c'est de me mouiller. Et j'ai déjà bien assez froid. Je renverse la tête en arrière, la cognant contre la brique. Parfois, le fait de regarder en l'air peut empêcher les larmes de couler.
Si Edward Cullen avec son beau visage, sa voix hypnotique et ses manières impeccables ne peut obtenir un changement d'emploi du temps, quel espoir ai-je, moi? Je suis maudite. Toute la moitié d'une année à passer assise à côté lui. C'est tellement injuste. Et c'est lui qui fait le bébé. Sa situation ne peut certainement égaler même le millième du pire que va être la mienne. Même si je pue comme comme une porcherie.
Je dois encore rendre mes coupons d'inscription. J'entre et donne le tout à Mrs Cope. Elle me demande comment s'est passé mon premier jour et je réponds: ''Super''. On peut prendre cela comme un mensonge ou la pure vérité, selon la manière dont c'est dit.
Mon gros monstre rouge m'attend fidèlement, juste là où je l'ai garé. Démarre même du premier coup. Je lui en suis tellement reconnaissante. Nous sortons en roulant lentement (je suis toujours ''jeune conducteur'', vous savez) et prenons la direction de la maison.
NoteBleue
voilà, nouveau chapitre. Peu de notes pour celui-ci,une simple précision :
[1] 60mph (miles per hour) = 96.56 arrondis à 100km/h, sachant qu'1 mile équivaut à un petit peu plus de 1,5 km.
