Bonjour, bonsoir à tous!
Ici Katia27!
Enfin, après beaucoup d'attente, je vous présente le chapitre 7 de "Tapi Dans L'Ombre"! Il fait 13 pages, dont les six dernières que j'ai écrite en trois heures (d'affilées, jusqu'à 2h30 du matin ahahahAHAHAHA JE VAIS PARFAITEMENT BIEEEEN) !
J'espère qu'il vous plaira! Bientôt, tout devrait commencer à bouger assez vite, ahahahaha... =)))
AH ET INFO DE GRANDE IMPORTANCE (pour les fans de Vladlen en particulier XD )
J'ai créé un ask blog le concernant, sur Tumblr. C'est un ask blog scénarisé, qui suit chapitre par chapitre l'histoire de la fanfiction. Vous pourrez discuter avec lui, et lui poser toute sorte de questions! Son comportement évoluera selon l'avancée de la fanfiction.
Le lien est sur mon profil, en début de page! (je ne peux pas le mettre ici, à cause de la censure du site concernant les liens extérieurs, BORDEL FF-NET POURQUOI)
Merci cependant de lire les règles du blog, si vous comptez poser une question à Vladlen! Certaines questions ne sont pas conseillées pour garder une cohérence scénaristique (même si ce n'est pas une VRAIE interdiction en soi, juste un conseil si vous voulez mieux discuter avec lui, qu'il se confie davantage, etc... Et aussi pour pas mettre le bordel dans certains cas).
Afin d'accéder à ce blog, le mot de passe est Mitsushi (eh oui, Vladlen n'a pas cherché très loin, éhéhéhé...)
Ce blog est géré par moi (obviously) et ma bêta-lectrice, qui m'aide beaucoup sur "Tapi Dans L'Ombre". Sans elle, cette fanfiction n'aurait jamais été postée. Alors, chère partenaire, merci à toi pour ton soutien et ton sérieux! You're the best!
J'espère donc que ce nouveau support vous plaira! Il me permettra également de poster (possiblement, si jamais le blog a du succès) des chapitres inédits, et que je ne posterai pas sur FF-NET. Ils se baseront sur des flashbacks propres à Vladlen, qui n'auraient (pour la plupart) pas leur place dans la fanfiction. Donc, si vous êtes fan de Vladlen (sait-on jamais), j'espère que cette nouvelle vous plaira!
J'ai pris beaucoup de plaisir à créer ce blog, et j'adorerai le maintenir en activité, entre deux sorties de chapitres. Ca vous permettra de vous occuper en attendant =)
Je pourrais aussi poster des dessins (alias des photos que Vladlen aurait pris de ses victimes, des photos de sa famille, de ses amis, etc...). N'hésitez pas à me conseiller si vous avez des idées de contenu! =) Je suis ouverte à toute critique! De même si vous avez la moindre question, j'accepte les messages privés, que ce soit via FF-NET ou Tumblr.
Bref bref bref, je vous laisse sur ce chapitre!
Bonne lecture!
Katia
Akihiko Usami
Plusieurs heures s'étaient écoulées depuis que Misaki s'était confié à l'écrivain. L'après-midi touchait à sa fin, et Akihiko avait prit le temps d'appeler son père, pour l'informer des récents événements.
Le brun était revenu sur sa décision, et lui avait finalement proposé de rester dans le manoir familial Usami quelques temps, jusqu'à ce que l'enquête soit terminée. L'auteur devina que cette décision ne provenait pas seulement d'une certaine peur de revoir son ravisseur ressurgir, mais également d'une réponse face à la manière dont le plus vieux s'était effondré un peu plus tôt.
Après tout, l'étudiant était toujours très attentif au comportement de son entourage, et faisait toujours passer le bien-être des autres devant le sien. Une conduite qui, Akihiko en était sûr, avait dû coûter plus d'une fois à Misaki lors de sa captivité…
Le père du romancier parût surpris par la raison de son appel, mais ne fit aucune protestation. Celui-ci avait essayé de se rapprocher de lui ces dernières années, et davantage avec l'enlèvement de Misaki. Il avait même fini par accepter son compagnon, jusqu'à l'aider de son côté pendant les recherches. Cependant, l'auteur était toujours resté distant, et avait limité les contacts avec sa famille de jour en jour.
Fuyuhiko, en revanche, n'avait cessé d'essayer de se lier avec lui, afin de combler l'immense fossé creusé entre eux, en vain. Akihiko avait toujours rejeté ses tentatives.
Du moins, jusqu'à récemment.
D'une certaine manière, il n'avait pas pu étouffer le sentiment de reconnaissance qu'il avait éprouvé, lorsque son père lui avait proposé de séjourner chez eux.
Et voilà qu'il le rappelait, pour accepter son offre!
Akihiko ne se reconnaissait pas.
Mais il était prêt à tout pour protéger son amant, même si cela signifiait faire des efforts pour se rapprocher de Fuyuhiko. Il imaginait très bien combien Misaki se sentirait mal à l'aise entre eux, s'il ne mettait pas sa fierté de côté, ne serait-ce qu'au début. Il ne souhaitait en aucun cas inquiéter le brun plus qu'il ne l'était déjà.
Il avait donc, pendant toute la conversation, prit garde à ne pas s'emporter. Il avait également fait attention à réfléchir avant de parler, afin de ne rien dire de désagréable.
Son père sembla remarquer son comportement, mais ne fit aucune remarque à ce sujet, probablement conscient des efforts que cela demandait à l'auteur. Il avait sans doute vu cela comme une chance à ne pas gâcher inutilement, et qui ne se représenterait sûrement jamais.
Ce qui, en soi, n'était pas si faux.
L'appel s'était terminé de manière cordiale, à la surprise d'Akihiko, qui ne pensait pas rester calme jusqu'à la fin. Il s'était ensuite empressé d'avertir Misaki de l'accord de Fuyuhiko, et lui conseiller de rassembler ce dont il aurait besoin dans un sac.
Les deux hommes s'étaient alors séparés quelques temps, afin de faire leurs bagages. Le romancier avait rassemblé une pile de vêtements, qu'il rangea assez vite, tout comme son ordinateur portable.
Il n'était pas tout à fait sûr de vouloir tester les limites d'Isaka et d'Aikawa en termes de patience, sur ses écrits actuels. Et en particulier en ce qui concernait l'éditrice.
Il avait donc prit son ordinateur, supposant qu'il disposerait sûrement de quelques moments pour avancer sur son travail. Dans un endroit où l'étudiant serait protégé, peut-être que son inquiétude serait moindre, et que son inspiration reviendrait?
Toutefois, il en doutait fortement.
Misaki, de son côté, avait également préparé ses affaires. Dans un grand sac, celui-ci rangea suffisamment de vêtements pour quelques temps, avec plusieurs tomes de son manga favori, The Kan. Bien qu'irrité par cette constatation, l'auteur demeura silencieux à ce sujet. Il jugea que le jeune homme aurait probablement besoin de s'occuper, et il mit donc sa jalousie de côté, malgré lui.
Ce n'était certainement pas le moment pour cela, et il le savait très bien. Misaki était sûrement loin d'avoir la tête à de tels sujets.
Les deux hommes étaient restés silencieux, le temps de remplir leurs bagages. Le brun l'avait rejoint plusieurs fois, quelques instants. Il en avait ainsi profité pour poser quelques questions quant à ce qu'ils pourraient bien emmener dans le manoir Usami, avant de repartir de son côté.
Akihiko avait alors supposé que son amant était nerveux, mais il ne fut pas surpris de cette pensée : cela n'avait rien d'étrange dans une telle situation. De plus, le plus jeune était de nature à s'inquiéter facilement, et cette journée ne faisait pas exception à la règle.
Après de nombreux préparatifs, les deux hommes étaient finalement prêts à partir. Ils avaient posés leurs sacs dans l'entrée, au fur et à mesure.
L'écrivain avait posé sa valise près de la porte, accompagnée de sa house d'ordinateur. Son compagnon, quant à lui, avait prévu un sac de vêtements, et une petite sacoche lui permettant de transporter quelques objets, tels que son portable, ou plusieurs tomes de manga.
Ils étaient ensuite sortis, et Akihiko avait accompagné l'étudiant à sa voiture. Il s'était installé au volant, aux côtés de Misaki, qui avait pris place sur le siège passager. Il avait ensuite démarré le véhicule, dirigeant celui-ci vers la sortie du parking.
Le temps passé dans la voiture ne parût par long au romancier, qui en fut assez surpris. Il vit bientôt les paysages urbains être peu à peu remplacés par un panorama plus dégagé, et plus naturel.
Une heure s'écoula ainsi depuis leur départ. Le manoir Usami était situé loin de la ville, et Akihiko savait pertinemment qu'il faudrait encore une autre heure avant d'y parvenir. D'une certaine manière, cela ne le gênait pas : il avait toujours apprécié conduire, après tout… Et bien évidemment, il n'avait pas réellement hâte de remettre les pieds dans sa maison familiale, ni de retrouver son père en personne, malgré la généreuse offre proposée par ce-dernier.
Il se força cependant à revenir à l'instant présent, et à se concentrer sur la route.
Akihiko aurait bien tout le temps de réfléchir une fois arrivé, et il préférait ne pas prendre de risques inutiles, en rêvassant comme il le faisait.
Un grand silence s'était installé dans la voiture. L'auteur supposa que Misaki avait encore besoin de réfléchir, et jugea bon de le laisser tranquille. Bientôt, il put voir celui-ci reposer sa tête contre la vitre, et fermer les yeux.
Observer le jeune homme ainsi apaisait le romancier, et il se garda bien de le déranger. Il ne fallut que quelques minutes avant que son compagnon ne s'endorme, probablement exténué face aux récents événements. Sa respiration s'était ralentie, et son corps reposait sur le côté.
L'auteur, quant à lui, était aussi fatigué.
Il faisait de son mieux pour rester attentif et concentré sur la route, ne pouvant bien évidemment pas risquer un accident… Mais il avait l'impression de sentir le lourds poids de sa fatigue sur ses épaules. Il ressentait des picotements dans ses yeux, signe indéniable de son sommeil en retard.
L'écrivain secoua la tête plusieurs fois, afin de ne pas se laisser distraire.
Il devait rester éveillé! Il pourrait se reposer plus tard, lorsqu'il en trouvera l'occasion. Voilà ce qu'il ne cessait de se répéter, afin de ne pas s'abandonner à l'épuisement.
Tout en étouffant un bâillement, il repensa à ce qui était arrivé plus tôt dans la journée : Misaki s'était confié à lui.
Si Akihiko avait toujours su que l'étudiant avait été battu, torturé, et violé… Jamais il n'avait imaginé ce qu'il avait réellement vécu, ni les contextes de certaines cicatrices, à la fois physiques et mentales. Le brun lui avait alors expliqué ce qui était arrivé à la fin de sa séquestration, la dépendance que le jeune homme avait fini par ressentir pour son agresseur… Jusqu'à raconter son fameux cauchemar.
Le romancier s'était toujours blâmé pour l'enlèvement de son amant. Lorsque les recherches étaient à l'arrêt, fautes de preuves et d'indices, c'était une pensée qui n'avait cessé de se répéter dans son esprit.
Combien de fois avait-il peiné à trouver le sommeil, hanté par la culpabilité?
Et combien de fois s'était-il arraché les cheveux, incapable de supporter le poids de ses responsabilités?
Cela l'avait détruit. Et lorsque l'étudiant lui révéla ce qu'il avait enduré, par sa faute… Cela n'avait fait que rouvrir une plaie qui n'avait que très peu cicatrisée.
C'était une chose de se blâmer dans l'ignorance… Mais c'en était une autre d'apprendre les détails.
Et il avait pleuré. Lui, qui avait tout fait pour essayer de cacher ses émotions à son amant, de manière à ne pas l'inquiéter davantage… Il avait perdu le contrôle de ses émotions.
Le plus souvent, il avait toujours pris garde de rester maître de ses sentiments, et à ne craquer que dans son bureau, une fois seul… Néanmoins, il était toujours resté fragile, et il n'avait pas pu retenir face au plus jeune.
Il savait que ce jour arriverait, c'était inévitable. Mais il détestait exposer ce côté de sa personnalité au brun, qui s'était montré infiniment plus courageux de lui.
L'écrivain repensa alors au comportement calme et exemplaire de Misaki, lorsque celui-ci avait été convoqué pour témoigner contre son ravisseur, lors du jugement de ce-dernier. Le jeune homme était resté impassible, et avait fait face à ses peurs, en restant fort devant celui qui l'avait tant de fois humilié. Il en avait fait de même avec les familles des autres victimes, venues pour témoigner également.
L'attitude de Misaki avait dévasté l'auteur : comment pouvait-on être si fort, après avoir vécu tout cela? C'était la question que le plus vieux n'avait cessé de se poser, incapable de croire la vision qui s'était trouvée sous ses yeux, ce jour là.
Il avait toujours eu conscience du courage de Misaki, de l'extrême volonté dont celui-ci était capable pour venir en aide à son prochain… Mais depuis le procès, l'écrivain ressentait une réelle admiration à son égard, incapable d'imaginer une seule seconde combien tout cela a dû être difficile pour lui… Et pourtant : l'étudiant restait maître de lui-même, malgré la peur qui le rongeait avec ses traumatismes, avec ses souvenirs.
Akihiko ne parvenait pas à comprendre ce qui pouvait animer le plus jeune à ce point.
Pendant sa conduite, le romancier ne put s'empêcher de jeter quelques coups d'œil en sa direction, comme pour s'assurer que tout allait bien. Il ressentait la terrible crainte de perdre son amant une fois de plus, jusqu'à vérifier plusieurs fois par jour que l'autre était toujours en vie à côté de lui.
C'était une attitude qu'il avait notamment adopté en dormant avec le plus jeune : toutes ses pensées étaient orientées vers le rythme de respiration de celui-ci, de peur d'entendre ce son s'arrêter sans raison. Il était toujours le deuxième à s'endormir, calmé par le souffle calme de son amant, assoupi dans ses bras.
Cela expliquait en partie pourquoi il était si fatigué, parmi tout un tas d'autres raisons.
L'auteur passa une main sur ses yeux, pour se forcer à rester concentré une nouvelle fois. Son regard se posa sur les différents éléments du paysage, qu'il reconnaissait petit à petit. Si certes, il faisait rarement le chemin vers sa maison familiale, le trajet restait malgré tout encré dans son esprit.
Il retrouva rapidement ses repères, et n'eut bientôt plus besoin de réfléchir pour se souvenir de la route.
Puis, après de longues minutes, Akihiko put enfin apercevoir la silhouette de la bâtisse au loin.
A cette simple constatation, il se surprit à serrer le volant entre ses mains.
Il s'était juré de rester cordial tout le long de leur séjour dans cet endroit… Néanmoins, il savait par expérience que cela serait loin d'être une partie de plaisir.
Entre les retrouvailles avec son père -qu'il n'attendait certainement pas-, et la forte possibilité de revivre toutes sortes de souvenirs désagréables en posant le pied à l'intérieur du domaine… Il était persuadé qu'il détesterait son temps passé là-bas.
Le romancier jeta un énième regard à l'étudiant, qui dormait toujours aussi paisiblement : les traits de son visage se radoucirent aussitôt.
En effet, il y avait de grandes chances qu'il ne se plaise pas dans cette fameuse maison… Mais si cela permettait à Misaki d'être en sécurité, et de se détendre, qui était-il pour refuser une telle occasion…?
Il laissa un sourire triste prendre place sur ses lèvres, et reporta son attention sur sa conduite.
Cette fois, rien, ni personne ne viendrait blesser son compagnon : il ferait tout pour le protéger.
Voilà ce qu'il se jura mentalement et silencieusement, tandis qu'il s'approchait de sa maison d'enfance, décidé à mettre fin à ce jeu du chat et de la souris.
Et pourtant, malgré ces promesses qu'il se faisait à lui-même, il ne pouvait retenir le sentiment de doute, et de peur qui s'infiltrait en lui.
Et s'il avait sous-estimé leur adversaire…? Et si Misaki se trouvait toujours en danger, peu importait l'endroit où il se trouvait…?
Et s'il perdait l'étudiant de nouveau?
Il secoua la tête, fronçant les sourcils.
L'écrivain n'avait pas le droit de laisser cela arriver. Mieux valait être prudent, il le savait… Même si cela signifiait rester près du jeune homme le plus souvent.
En temps normal, il ne s'en serait jamais plaint… Mais le contexte était bien différent à présent.
La simple pensée d'imaginer Misaki dans le besoin, menacé par cet homme monstrueux… Cela ne pouvait pas arriver. Pas encore une fois.
Une nouvelle fois, il se jura de protéger son amant.
Et ce, peu importait les circonstances.
Misaki Takahashi
Le voyage dans la voiture de l'écrivain avait été particulièrement silencieux. D'un côté, cela n'avait pas été si mal, car cela lui avait permis de se reposer, ne serait-ce qu'un peu. Il portait encore derrière lui le poids de son sommeil en retard : il ne fut pas étonné de voir ses paupières se fermer d'elles-mêmes, à mesure qu'il adoptait une position plus confortable dans son siège.
Il avait alors posé la tête contre la vitre de la voiture, et s'était laissé bercer par la conduite d'Akihiko. Il ne fallut que peu de temps, après cela, pour qu'il ne trouve le sommeil. Il s'agissait d'un repos serein, sans rêve. Quelques fois, il ouvrit un œil, et lut l'heure rapidement, avant de se rendormir aussitôt.
Ce ne fut que plus tard, qu'il se sentit tiré de son sommeil par une manifestation extérieur : quelqu'un lui secouait doucement l'épaule.
Sa conscience s'éveilla alors peu à peu, stimulée par le mouvement exercé sur son corps.
Doucement, il ne put empêcher certaines images de s'inviter dans son esprit.
Il revoyait encore son kidnappeur le réveiller affectueusement, pour le préparer pour une nouvelle journée de jeux… Ou bien il revivait les instants où il se réveillait auprès de ce psychopathe, à la suite d'un viol particulièrement éprouvant.
Misaki ne pouvait effacer le visage souriant de ce monstre, qui le dévisageait avec un plaisir malsain, savourant son expression perdue et effrayée au réveil… L'autre avait ressentit tant de joie à le tourmenter ainsi, à jouer avec ses peurs, et avec ses sentiments.
Un démon dans un corps d'homme : il n'y avait pas d'autres mots pour définir ce fou.
Il sentit un nouveau contact sur son épaule, et ouvrit brusquement les yeux en réponse.
Ses yeux rencontrèrent ceux de l'écrivain, qui se trouvait à ses côtés dans la voiture. Le véhicule était à présent immobile, garé dans une place de parking.
Le plus vieux écarquilla les yeux face à sa réaction, l'observant avec surprise. Sans doute ne s'attendait-il pas à un réveil aussi soudain… Mais les souvenirs qui avaient surgis dans le crâne de l'étudiant avaient été suffisamment marquants pour le rappeler à la réalité.
Assez vite, il reprit conscience de son environnement, et de ce qu'il faisait dans une voiture : Fuyuhiko les avait invités à rester chez lui quelques temps.
"Oui, je… Je m'en souviens, maintenant."
Il réalisa assez vite que sa respiration n'était plus aussi calme, et il ne faisait aucun doute que l'auteur l'avait aussi remarqué. Cependant, il resta silencieux, et ne fit aucun commentaire à ce sujet, conscient que cela ne ferait qu'empirer les choses.
-"Nous sommes arrivés." Lui dit simplement Akihiko, tandis qu'il décrochait sa ceinture.
A ces mots, Misaki releva la tête, et observa ce qui l'entourait. Il pouvait effectivement reconnaître l'extérieur du domaine Usami, et distinguait plutôt bien à travers la fenêtre de droite le manoir, situé à quelques mètres de la voiture.
Les souvenirs de sa première visite en ce lieu lui revinrent en mémoire : Haruhiko, le frère de l'écrivain, l'avait attiré ici, dans le simple but de l'enfermer et de le garder pour lui-même.
Si autrefois, cette pensée l'amusait avec le recul, ce n'était plus le cas aujourd'hui.
Il savait ce que c'était, maintenant, le fait d'être emprisonné pour le plaisir d'un autre… Et il s'agissait d'une expérience terrifiante.
-"O-oh." Fut tout ce que put répondre l'étudiant, en examinant les environs. Une longue haie entourait la maison, ainsi que le parking. Il était possible d'apercevoir un bout de jardin sur les côtés du manoir. Il n'était plus tout à fait sûr, mais se rappelait d'une cours de l'autre côté du bâtiment.
C'était là qu'il s'était blessé à la cheville, en tentant de s'échapper de la pièce dans laquelle il avait été enfermé.
A cette pensée, il ne put retenir un sourire triste et ironique : il avait déjà le don de rater ses tentatives d'évasion, quelques années auparavant… Sans surprise, cela l'avait suivi lors de ses deux enlèvements.
En relevant les yeux, il croisa le regard perplexe de l'auteur, qui le dévisageait :
-"Est-ce que ça va?" lui demanda-t-il, probablement soucieux face à l'expression que venait d'adopter le jeune homme.
A sa question, Misaki essaya d'afficher un sourire plus joyeux, pour ne pas inquiéter l'autre davantage.
-"Oui, tout va bien." Toutefois, conscient que cette réponse ne conviendrait pas à son amant, il s'empressa de rajouter : "Je suis juste un peu fatigué, c'est tout."
Les yeux suspicieux du romancier restèrent fixés sur lui quelques instants. Néanmoins, Akihiko accepta finalement sa réponse, et porta son attention sur la porte de la voiture, qu'il ouvrit d'un geste rapide.
-"On y va?" C'était une question rhétorique, Misaki le savait, mais il se contenta d'acquiescer. A son tour, il ouvrit la portière de son côté, et étira ses jambes, avant de se lever.
Une fois debout, il inspira un grand coup.
L'air était frais, et bien différent de celui de la ville. Si certes, ce n'était peut-être qu'une impression, le brun ne pouvait pas nier le sentiment de bien-être qui l'enveloppa à cet instant.
L'atmosphère était bien différente de ce qu'il connaissait habituellement, et l'imposante maison semblait dominer les autres éléments du paysage.
Il retint un autre sourire ironique, en jetant un nouveau coup d'œil à la bâtisse :
"Famille de riche.", pensa-t-il, amusé. La famille Usami avait toujours eu une toute autre vision de l'argent, sans doute due à leur milieu aisé. Combien de fois avait-il été stupéfait, ou même consterné, devant l'attitude dépensière de son compagnon? Il avait cessé de compter.
Il sentit ses joues rougir, en se remémorant de si bons souvenirs : en un tel moment, cela ne pouvait que lui faire plaisir!
Il rejoignit l'écrivain à l'arrière du véhicule. L'autre avait ouvert le coffre, et avait commencé à descendre les différents bagages.
L'étudiant se pressa pour l'aider, prêt à prendre ses propres sacs, mais il fut interrompu dans son élan par la main d'Usagi.
-"C'est bon, je vais les descendre."
Akihiko avait toujours porté une attention particulière à s'occuper des tâches qui demandaient des efforts physiques. Lorsqu'il accompagnait le plus jeune pour faire les courses, par exemple, il insistait toujours pour porter le sac le plus lourd.
C'était une attention qui faisait très plaisir à Misaki. En revanche, il ne pouvait rejeter le sentiment de frustration qu'il obtenait en retour, en réalisant combien il était inutile.
Il n'aimait pas laisser les autres travailler à sa place : cela lui donnait l'impression d'être un incapable, même s'il savait au fond de lui que ce n'était pas le cas.
Face au refus du romancier, il préféra ne pas s'obstiner : il s'avait que cela ne servirait à rien, et que l'auteur arriverait toujours à ses fins.
Se battre contre un esprit aussi têtu était voué à l'échec dès le début.
Après quelques secondes, tous les bagages se trouvèrent au sol. Avant même laisser le choix à l'étudiant, Akihiko s'empara des deux gros sacs, et de la sacoche de son ordinateur portable, laissant donc à l'étudiant sa petite poche de voyage.
Misaki fut réellement tenté de répliquer, et d'essayer d'attraper la poignée de sa valise… Mais il se rappela combien le romancier était entêté, et se contenta simplement de marmonner des mots incompréhensible. Son attitude grincheuse amena un sourire sur les lèvres d'Usagi, qui laissa échapper un petit rire, tandis qu'il commençait déjà à avancer.
Le brun se mit à marcher à son tour, aux côtés d'Akihiko. Celui-ci semblait éprouver quelques difficultés à porter les bagages, poussant ainsi Misaki à proposer son aide, une fois de plus. L'autre se contenta de refuser une énième fois, tout en s'amusant à le provoquer :
-"Tu ferais mieux de garder tes forces pour grandir."
Cette remarque ne fit que créer un sentiment agacé chez le plus jeune, qui sentit son visage prendre une teinte rougie par l'énervement :
-"La ferme!" Il essaya par la suite d'arracher son sac des mains de l'auteur, sans succès, qui se délectait de ses vaines tentatives. Akihiko levait toujours le sac dans une direction qu'il ne pouvait pas atteindre, malgré ses efforts. Au bout de quelques minutes, il cessa ses efforts inutiles, et recommença à marcher aux côté de l'écrivain.
Et même s'il plus qu'irrité par la moquerie dont il avait été victime, il ne pouvait nier le sentiment de bonheur qui avait prit place au fond de lui : pour la première fois depuis de longues journées, il avait l'impression de retrouver son quotidien.
Comme si rien ne s'était passé, comme si le fou qui l'avait agressé il y a de cela plus de neuf mois ne s'était jamais échappé…
Comme si Misaki ne se trouvait pas en danger.
Cette soudaine réalisation le ramena brusquement à la réalité, lui rappelant combien il ne pourrait jamais se sentir totalement en sécurité, tant que son ravisseur se trouvait en liberté.
Si certes, ce-dernier pouvait très bien profiter de cette occasion pour vivre une vie normale, caché de la police… Au fond de lui, la possibilité de voir l'homme essayer de le retrouver, et de le reprendre le terrorisait.
Misaki secoua la tête, tâchant de repousser ces pensées de son esprit autant que possible. Il jeta un coup d'œil furtif à Usagi, et remarqua le sourire amusé que celui-ci portait sur ses lèvres.
Cette vision fut suffisante pour l'étudiant, qui décida de ne pas préoccuper davantage le romancier : son compagnon était tout aussi effrayé que lui, et cet instant d'amusement lui faisait probablement un très grand bien.
Le brun ne souhaitait pas lui enlever ce plaisir.
Comment pouvait-il seulement envisager d'enlever ce sourire de son visage devenu si triste ces derniers jours…? Ce n'était simplement pas possible.
Au bout de quelques minutes, les deux amants arrivèrent enfin devant la porte du manoir.
Si la bâtisse semblait effectivement imposante à une certaine distance, c'était toute autre chose de se trouver si près. Le bâtiment était particulièrement grand, et Misaki ne put que remarquer le sentiment de puissance qui semblait émaner des murs, et de la structure en elle-même.
Le jeune homme déglutit, en se rappelant qu'il resterait dans cette maison plusieurs jours, au minimum.
Il réalisait enfin ce que cela impliquait : séjourner dans une maison dont il n'osait pas imaginer le nombre de pièce, avec des employés de maison à chaque couloir, et un mode de vie qu'il n'aurait jamais imaginé suivre un jour.
Et de plus… Fréquenter, de manière récurrente, le père d'Usagi.
C'était… Plutôt lourd à concevoir, en réalité.
Mais si cela lui permettait de se trouver en sécurité, et de rassurer l'écrivain qui était loin d'avoir suffisamment dormi… Comment pouvait-il refuser?
Le brun se força à inspirer un grand coup, comme pour se donner du courage : il pouvait le faire, ce n'était quelque chose d'impossible.
Après avoir survécu à l'inimaginable, il n'avait aucune raison de craindre une chose aussi insignifiante… Ou du moins, c'était de cette manière qu'il tentait de se rassurer.
Il revint à lui, en voyant Akihiko poser les sacs au sol, et toquer à la porte. Le cœur de Misaki fit un bond à ce simple son, mais il se ressaisit rapidement : il ne pouvait pas se tourmenter pour si peu!
Et tout en se giflant mentalement, il s'efforça d'aborder une mine plus réjouie, conscient qu'il valait mieux garder ces pensées pour lui-même.
S'il s'était effectivement confié à l'écrivain… Ce qu'il ressentait actuellement n'était qu'une petite frayeur qu'il parviendrait sans problème à contenir, et à faire disparaître tout seul.
Même s'il était très reconnaissant envers son amant… Il s'agissait d'un poids qu'il était parfaitement en mesure de porter sur ses épaules.
Il réprima un sursaut, en voyant la porte s'ouvrir. Face à lui, un visage bien connu des deux hommes apparut devant eux : le majordome de la famille Usami.
-"Sebastian!" s'exclama l'étudiant, avec joie. Si ses différentes rencontres avec les membres de la famille Usami ne s'étaient pas toujours passées comme prévues… Il avait cependant éprouvé un léger attachement envers le majordome, avec qui il avait pu discuter plusieurs fois.
Celui-ci sourit au surnom donné par le plus jeune, comme à chaque fois, et le corrigea par habitude :
-"C'est Tanaka." A cette réponse, Misaki ne put s'empêcher de sourire également, heureux de pouvoir le revoir. Après tout, les relations houleuses entre Akihiko et sa famille ne lui permettaient de rencontrer le domestique qu'à certaines occasions très particulières.
L'auteur prit la parole à son tour, saluant lui aussi celui qui s'était occupé de lui durant son enfance :
-"Bonjour Tanaka." dit-il simplement, en hochant la tête en sa direction. Son visage, cependant, montrait toute l'affection qu'il ressentait à son égard, et par conséquent, le bonheur qu'il ressentait en le retrouvant.
-"C'est à plaisir de vous revoir, monsieur Akihiko." Misaki devina alors au visage du majordome que le sentiment était partagé.
L'autre se recula, afin de laisser la voie libre aux deux amants :
-"Maître Fuyuhiko m'avait averti de votre venue. Entrez, je vais aller l'informer de votre arrivée."
Tandis qu'Usagi s'apprêtait à reprendre les bagages en mains, il fut interrompu par Tanaka, qui s'avança vers lui :
-"Laissez, je vais chercher quelqu'un pour s'en occuper."
Akihiko se contenta simplement de se redresser, acceptant la proposition du majordome :
-"Très bien, dans ce cas. Merci." fut sa réponse, tandis qu'il entra dans le manoir, suivit de près par l'étudiant.
Tanaka referma la porte derrière eux, et leur sourit une énième fois :
-"Pouvez-vous patienter ici, le temps que je prévienne Maître Fuyuhiko? Il descendra probablement lui-même pour vous accueillir."
Usagi hocha la tête de nouveau, tandis que Misaki se concentra sur son environnement.
S'il avait beau se souvenir plutôt bien de son arrivée dans le domaine Usami, il ne pouvait qu'être épaté devant la beauté de la décoration intérieure. Le mobilier avait sans aucun doute été choisi avec soin, tout comme les tapis, les rideaux, parmi tant d'autres. Il ne se trouvait que dans le hall, et pourtant, tout semblait parsemé de petits détails qui avaient leur importance.
Du coin de l'œil, il put apercevoir quelques employés de maisons, visiblement présent afin de les accueillir :
-"Bonjour, messieurs. Nous vous souhaitons la bienvenue." furent leurs premiers mots, tout en s'inclinant.
Tanaka s'avança vers eux d'un pas rapide, et leur chuchota quelques mots, que Misaki identifia immédiatement comme des instructions.
Il ne fallut ensuite que quelques secondes, avant que le groupe de domestique ne se sépare, prêt à s'occuper des différentes tâches qu'ils avaient reçu.
L'un d'entre eux parti dans un couloir, un autre entra dans une autre pièce, et un troisième vint s'occuper de leurs bagages, jusqu'ici laissés devant la porte d'entrée, avant de s'en aller avec eux. Le reste se dirigea vers un second couloir.
Le brun vit ensuite Tanaka monter les escaliers du hall, et s'éloigner petit à petit, d'un pas rapide et décidé.
Bientôt, les deux hommes se retrouvèrent seul dans l'entrée. Le silence était presque pesant, et contrastait plus que beaucoup avec l'atmosphère joyeuse qui s'était installée à leur arrivée.
Le jeune adulte continua à observer l'intérieur du manoir, d'un œil curieux : il avait l'impression que ce genre d'univers ne pouvait que sortir d'un livre, et pourtant… Tout autour de lui était bien réel.
Il n'était décidément pas fait pour ce monde, réservé aux personnes aisées… Lui n'était qu'une sorte de prolétaire, en somme.
Son frère, s'il le voyait, lui conseillerait sans doute de ne pas trop s'habituer à ce style de vie. Un conseil que Misaki allait sûrement essayer de suivre durant ces quelques jours.
Puis, après plusieurs minutes passées dans le silence, l'auteur prit la parole, d'une intonation étonnamment neutre :
-"Tu ne regrettes pas d'être venu?" lui demanda-t-il, en l'observant d'un regard attentif.
L'étudiant pencha la tête, dans l'incompréhension. Pourquoi le romancier lui posait-il une telle question? S'il y avait bien une personne qui pouvait regretter de se trouver en ce lieu, cela ne pouvait être que l'écrivain lui-même!
-"Pourquoi tu me demandes ça?" interrogea le jeune homme, confus.
Face à lui, son compagnon resta silencieux quelques instants, tout en portant son attention dans le vide, comme s'il réfléchissait. Enfin, après quelques secondes, il reprit, en le regardant de nouveau :
-"La dernière fois que tu es venu ici, mon frère t'a enfermé dans une salle, et tu t'es cassé la cheville en essayant de t'échapper." Il fit une pause, et termina : "Je n'étais pas tout à fait sûr que tu aies envie de retourner ici après cela."
Misaki s'immobilisa à ces propos, dévisageant le romancier sans réellement savoir que penser au premier abord.
Il ne s'attendait pas réellement à ce que le romancier mentionne cet événement lui-même… Néanmoins, cela fut suffisant pour plaire au plus jeune. Il était plus que touché de cette petite attention, et il sentit son cœur faire un autre bond dans sa poitrine à cette constatation.
Finalement, ces émotions laissèrent place à un tout autre sentiment. Il pouffa doucement, en se rappelant ces souvenirs. Evidemment, cela n'avait eu rien de drôle sur le moment… Mais avec le recul, il ne pouvait que constater combien tout cela avait été terriblement ridicule.
S'échapper avec des bouts de tissus? Rater son évasion, jusqu'à tomber dans un buisson, et se casser la cheville?
Rien ne pouvait plus briser l'image de l'héroïsme en cet instant.
-"Quoi? Qu'est-ce que j'ai dis?" questionna Akihiko, probablement déconcerté par le soudain changement d'attitude de l'étudiant. Mais cela n'avait rien d'étonnant, avec les récents événements : toute variation d'humeur pouvait être un signe important. Il n'était donc pas rare qu'Usagi s'attarde sur de petits détails tels que celui-ci, pour s'assurer que tout aille bien.
-"Rien, rien…" répondit le brun, en essayant vainement de ne pas rire davantage à l'image comique que représentait sa bête tentative d'évasion : "Je me disais juste que j'avais eu l'air plutôt ridicule, à ce moment là."
Il fallut un moment pour que l'auteur saisissent le sens de ses propos, puis il sourit enfin à son tour :
-"C'est vrai, en y repensant." concéda l'autre, tout en regardant dans le vide, sans doute pour mieux se remémorer la scène.
Misaki ne put s'empêcher, toutefois, de repenser à ses autres évasions.
Celles dont il préférait ne pas se souvenir.
Le parallèle était si simple à faire… En se rappelant d'un tel souvenir, même joyeux, il n'y avait pas moyen de ne pas faire le rapprochement avec ces horribles moments…
Ceux où i lavait tenté de fuir le psychopathe qui l'avait gardé enfermé… Et qui l'avait par la suite sévèrement puni pour son comportement.
Comment ne pas faire le lien, alors que ces souvenirs avaient tant de choses en communs…?
Il fut forcé de se reconcentrer sur le monde réel, cependant, en entendant des bruits de pas. Il vit l'auteur arborer une expression bien plus fermée, et abandonner toute trace de joie sur son visage.
Mais Misaki n'avait pas besoin d'en savoir plus pour en deviner la raison. Il savait.
C'est en levant les yeux vers le premier étage qu'il vit ses soupçons être confirmés : Fuyuhiko était arrivé.
Se tenant sur le premier étage, juste devant les escaliers, celui-ci les dévisageait avec une expression chaleureuse, et triste à la fois.
-"Bonjour, Akihiko." commença-t-il, en s'adressant d'abord à son fils. Ce-dernier, en revanche, ne lui donna aucune réponse. Il se contenta, comme avec Tanaka, de hocher la tête, en signe de salut.
Mais il ne fallait pas être particulièrement observateur, pour voir que le plaisir n'y était pas.
-"Bonjour, Takahashi." Termina-t-il alors, accordant à l'étudiant un sourire qui se voulait bienveillant.
Si l'on lui avait dit, quelques années plus tôt, que le père d'Usagi le dévisagerait ainsi un jour, il n'y aurait sûrement jamais cru.
D'une certaine manière, son enlèvement avait fait réaliser au plus vieux combien son fils tenait au jeune homme… Si bien qu'une fois libéré de ce cauchemar, l'autre s'était immédiatement montré plus indulgent, et sympathique avec lui.
Un comportement qui étonnait toujours autant Misaki, même après tout ce temps.
A l'inverse d'Akihiko, l'étudiant se força à répondre, afin de rester poli.
Quoi de plus normal, alors que son interlocuteur lui avait si gentiment proposé de rester chez lui quelques temps?
-"Bonjour!" Il inspira un grand coup, et poursuivit, en s'inclinant : "Merci de nous accueillir!"
Il avait bien conscience de l'effort que cela avait pu demander à Fuyuhiko : trouver le courage de proposer une offre que son fils risquait fortement de refuser, inviter son beau-fils alors que leurs relations n'avaient pas toujours été au beau fixe… Misaki pouvait parfaitement imaginer combien cela avait pu être dur pour lui.
Le sourire de l'autre s'agrandit face à ses remerciements, qu'il balaya d'un geste rapide de la main : "Ce n'est rien." répondit-il, d'un ton que l'on pourrait qualifier de bienveillant : "Je suis heureux de vous recevoir, et encore plus de pouvoir vous aider."
Enfin, il commença peu à peu à descendre les escaliers, jusqu'à arriver à leur hauteur, à seulement quelques mètres de distance.
Il reprit, de la même intonation :
-"Les domestiques se sont occupés de vos bagages, et les ont déposés dans votre chambre." Misaki ne put qu'éprouver un certain plaisir, en entendant l'autre ne mentionner qu'une seule chambre, prouvant bel et bien qu'il avait accepté leur relation. Dans le cas contraire, il aurait sans doute été capable de leur proposer des chambres séparées…
-"Pendant qu'ils terminent de préparer votre chambre, pourquoi ne pas ne pas se reposer autour d'une table, et de quelques boissons?" proposa-t-il, en tendant la main vers un couloir à sa gauche.
Le visage de l'écrivain sembla se durcir davantage face à son offre. Il était facile de deviner que celui-ci ne souhaitait pas passer du temps avec son père, bien qu'il ne fasse aucune objection.
Fuyuhiko n'eut aucun problème à percevoir son attitude de refus, et sa posture défensive. Tout en se basant sur ces éléments, il continua, plus prudemment :
-"Vous devez être fatigués par votre voyage. J'aimerais avoir plus d'éléments sur ce qui est arrivé récemment, autrement que par la télévision, ou les journaux. J'espérais que nous puissions en discuter plus en détails." Il s'arrêta un moment, et porta ensuite son attention vers Misaki : "Dès que j'ai su, j'ai été très inquiet pour toi, Takahashi. Peut-être que nos rapports n'ont pas toujours été les meilleurs, mais je tenais à te dire que tu es le bienvenue ici."
Il s'adressa une nouvelle fois aux deux amants après ces mots :
-"Vous pouvez rester ici tant que vous le souhaitez." Son sourire se fit plus triste, et Misaki put voir combien il était sincère.
C'était une expression qu'il n'avait vu que peu de fois chez Fuyuhiko. Lorsque celui-ci était venu lui rendre visite, le jour même de son second enlèvement, il avait arboré ce même visage désolé et compatissant.
Il était sincère.
Misaki le savait.
Akihiko commença à ouvrir la bouche, sans aucun doute pour refuser, au vu de son expression fermée, mais le brun le devança.
Avec les efforts fournis par le père d'Usagi, il pouvait au moins accepter de rester un instant avec lui, et répondre à ses questions… Même si cela venait à déranger son compagnon, Misaki ne pouvait simplement pas ignorer l'air si triste de Fuyuhiko.
Il n'en était pas capable.
-"Nous vous remercions." dit-il alors, coupant le romancier dans son élan, qui lui jeta un regard surpris et confus en réponse.
Il poursuivit ensuite, bien déterminé à remercier l'autre comme il se devait :
-"Et nous serions heureux de discuter avec vous de ce qui s'est passé." S'il était certes effrayé par la possibilité de se remémorer de mauvais souvenirs… Cela n'était rien d'inhabituel, en somme. Il était parfaitement capable de prendre sur lui, ne serait-ce que le temps d'une discussion…
Ou du moins, il l'espérait fortement. Il ne tenait pas à faire une crise d'angoisse devant le père d'Akihiko… Mais il supposa, avec crainte malgré tout, qu'il était bien capable de supporter quelques paroles. Il y avait également de forte chance que les deux autres hommes soient en mesure de déterminer lorsque le sujet devenait trop sensible… En particulier Usagi, qui saurait immédiatement mettre fin à la conversation si nécessaire.
Celui-ci ne l'avait pas quitté des yeux, toujours aussi stupéfait par son initiative. Et même si son mécontentement devenait presque palpable autour de lui, Misaki ne comptait pas changer d'avis.
Il savait que Fuyuhiko n'avait pas aucune mauvaise intention derrière la tête.
Il en était persuadé.
Le visage de ce-dernier sembla s'illuminer en entendant les paroles du plus jeune, qui faisait de son mieux pour rester souriant, malgré l'aura de colère émanant de son compagnon.
Akihiko était contrarié. Très contrarié, et Misaki pouvait aisément le sentir.
Mais cette discussion était le moins qu'ils puissent faire.
-"Merci." Répondit le père d'Usagi, qui jeta un rapide coup d'œil à son fils, pour s'assurer qu'il ne lui refuserait pas l'invitation malgré tout. Mais l'autre resta silencieux, se contrôlant visiblement du mieux possible pour ne pas exploser.
Le brun lui en était reconnaissant…
"Je le remercierai plus tard pour ça." pensa-t-il, légèrement effrayé par la réaction qu'il obtiendrait lorsqu'ils seraient seuls. Mais il balaya cette pensée rapidement, pour rester concentré sur l'instant présent.
-"Eh bien…" reprit alors Fuyuhiko, d'une voix reconnaissante, tout en pointant une direction du doigt : "Suivez-moi, dans ce cas."
Misaki hocha la tête, et commença à marcher en voyant le plus vieux se déplacer en dehors de l'entrée. L'étudiant risqua un regard vers l'arrière, pour finalement croiser les yeux plus qu'irrité de son amant.
Il en était sûr : il allait regretter cette décision.
Voilà ce qu'il ne pouvait s'empêcher de penser, tout en suivant le maître des lieux, et sentant la présence de son compagnon derrière lui, qui traînait presque les pieds comme un enfant.
Mais au moins, malgré cela… Ils étaient arrivés au manoir Usami, et se trouvaient en sécurité.
Ou plutôt…
C'était ce qu'ils croyaient.
Et voilà! Le chapitre 13 est terminé!
Désolée, il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre, selon moi... Mais je tiens à vous rassurer, l'action va bientôt arriver, héhéhéhéhé...
J'espère que ce chapitre vous aura plu!
De même, j'espère que l'ask blog de Vladlen vous intéressera! Je serai vraiment heureuse de pouvoir le développer!
(J'ai récemment ressenti le très grand besoin de travailler sur le personnage de Vladlen, et j'ai vu ça comme l'occasion parfaite)
Donc si vous aviez des questions à poser à Vladlen, allez-y! (notez cependant quelque chose : Vladlen ne connait pas votre omniscience, jouez le jeu! ;D )
Attention, ce blog N'EST PAS CANON. Vladlen garde certes une trace écrite sur Internet, mais elle est très bien cachée. Ce qui arrive sur ce blog n'arriverait pas en vrai dans la fanfiction. De même, vos question n'influenceront pas le comportement de Vladlen dans la vraie fanfic. C'est surtout pour pouvoir apprendre des choses sur lui, et discuter avec lui sur certains sujets!
Sur ce, je vous laisse! Merci de me suivre!
A plus tard pour le prochain chapitre!
Réponses aux Reviews!
Indomptee : Hey!
Et encore un chapitre tout mignon sur Akihiko et Misaki! (et oui, tout va bien... POUR L'INSTANT, C'EST BIEN DE L'AVOIR REMARQUÉ 8D )
Oh, pourrais-tu me partager tes théories? J'adore lire ce que supposent les gens pour la suite!
Concernant Haruhiko, pour être franche, je n'ai pas prévu de le montrer au début. Dans ce que j'ai en tête, il est absent du manoir pour une certaine durée, voyage d'affaire, tout ça tout ça... Mais je pense le faire apparaître dans la suite de la fanfic! (ou du moins, il ne faut pas que j'oublie comme c'est arrivé dans "JSDR", ahahaha... Hum...) Mais pour te répondre, oui, Haruhiko s'est beaucoup inquiété pour Misaki. J'imagine qu'il a également fait ses propres recherches de son côté dans "JSDR", même si je ne l'ai jamais vraiment précisé. Dommage, j'ai manqué d'occasion, je suppose.
Je suis vraiment contente que le personnage de Vladlen te plaise! Ca me fait très plaisir de voir le sentiment qu'il provoque, les pensées qu'il donne aux gens... Ca me donne l'impression de pas trop avoir foiré cet OC XD (même s'il fait très Gary Stu, selon moi. Mea culpa, c'est mon deuxième OC jamais créé seulement).
J'espère que son ask blog te plaira! (je fais ma pub jusque dans les réponses de reviews, je suis infâme XD )
Alors, j'ai cherché la définition d'érotomane, et j'ai appris un nouveau mot (thanks!). Après, ce n'est pas tout à fait ça, car Vladlen a parfaitement conscience que ses victimes ne l'aiment pas romantiquement parlant, même s'il va jusqu'à les forcer à le faire (syndrome de Stockholm, mensonges et jeu de comédie pour échapper à la douleurs, ça varie selon les victimes et leur fragilité psychologique). Il ne ressent pas lui-même de l'amour pour eux, juste une profonde affection, jusqu'à être dégoûté de leur présence (sur la fin, une fois qu'ils deviennent complètement fous) et finalement les tuer de sang froid. Mitsushi et Misaki sont les seules victimes qu'il aie réellement aimé, malgré leur folie grandissante. J'espère avoir bien expliqué tout ça... ^^'
A la prochaine pour un nouveau chapitre! Merci de lire, et de commenter ma fanfiction, ça me fait méga, méga plaisir!
Alice-McKibben : Hey!
Eh bien, concernant ce spin-off, disons que je pourrais éventuellement travailler dessus! Mais ce qui me bloque, c'est de devoir faire tous les dessins, car ce n'est pas mon point fort. Si je dessine, certes, ces dessins ne seraient pas assez bien pour faire un Visual Novel par exemple. Ca me gêne, et je n'ai pas grand monde à qui proposer ce poste. Donc à voir sur ce point. Mais en attendant, je bosse sur le fameux blog de Vladlen, qui va beaucoup m'intéresser je pense.
Concernant le possible amour de Vladlen et son influence sur son côté dérangé... Oui... Et non, on va dire XD Je ne vais rien spoiler, mais disons juste que Vladlen ne passera pas un très très bon moment avec lui, héhéhéhé...
AAAAH, merci, merci, ça me fait tellement plaisir de lire ça! Je suis contente de voir que mes fanfictions te plaisent à ce point! C'est un énorme compliment que tu me fais, vraiment.
Pour le côté Gary Stu de Vladlen, j'ai tendance à penser ça car il est assez "puissant", peut-être trop à mon goût : il a de l'argent, il a/avait un énorme complexe scientifique à sa disposition, ne s'est pratiquement jamais fait attrapé par la police, n'a presque jamais commis d'erreurs en dehors de son laboratoire (dedans, c'est une autre histoire, j'en parlerais éventuellement quelque part). En fait, j'ai l'impression qu'il a "trop de pouvoir", et ça me gêne. C'est pour ça que je cherche sans arrêt des défauts à lui mettre, pour compenser la balance. Je trouve que c'est un OC déséquilibré en termes de capacités. Même si j'ai fait des tests de Gary-Stu, et que Vladlen a eu de bons résultats, ça me perturbe toujours autant.
Ca me rassure de voir que le chapitre précédent plait! J'avais peur qu'il soit trop redondant, et qu'Akihiko soit OOC. Puisque j'ai moi-même très peu d'expérience et de tacts en ce qui concerne le réconfort de mes amis, je ne suis pas le meilleur exemple pour écrire le comportement d'Akihiko en ce contexte...
MAIS TU CONTINUES DE ME COMPLIMENTER, MES PAUVRES CHEVILLES VONT GROSSIR! Sérieusement, savoir qu'ils sont comparables aux vrais caractères du manga... Ca me fait un bien fou de lire ça!
Et le dernier chapitre (du manga) était juste terrible, clairement l'un des meilleurs pour moi. J'ai tellement hâte de voir la réaction de Takahiro, et selon moi, ça risque de créer des dramas dans la famille Takahashi...
A plus tard pour le prochain chapitre, j'espère que le septième t'a plu! Merci pour ta review si longue et agréable à lire, c'est un vrai remontant pour moi!
Bye! =D
Miyabie-Chan : Bonsoir!
Merci beaucoup! Ecrire du "fluff" est quelque chose de difficile pour moi (je préfère écrire des scènes plus dark et angst, ahahaha...), donc ça me fait très plaisir de voir que cela plait ainsi! Encore merci!
Alors, désolée de ne pas avoir suffisamment développé mes author's notes la dernière fois, au sujet de Killing Stalking. Il s'agit d'un manhwa (manga coréen), qui raconte l'histoire d'un stalker qui se fait prendre par son propre jeu. Scènes gores, sexuelles, et violence garantie! Il est disponible en anglais sur le site MangaFox. Il n'existe pas (à ma connaissance) de traductions VF. J'aimerai bien poster un lien vers le premier chapitre, mais FF-NET censure les liens. Donc à moins de te l'envoyer en message privé (impossible si tu n'as pas de compte sur ce site), je ne peux pas t'aider à le trouver. Mais en tapant "Killing Stalking scan" sur Google, tu trouveras sans soucis!
Gros bisous! J'espère que ce chapitre t'aura plu! Merci pour ta review!
Si jamais tu jettes un coup d'oeil au blog de Vladlen, j'espère qu'il te plaira! =)
A plus tard pour le prochain chapitre!
