Réponses aux reviews des non-inscrits :

MpCar : Coucou. Je suis contente que tu aimes beaucoup ma fiction. Par ailleurs, je ne te donnerais pas la suite de ma fiction mais je peux t'assurer que tu n'es pas loin. ;) Merci encore.

Bonne lecture.


Chapitre 7 : Rapprochement dangereux.


« Tais-toi ! Je ne te permets pas ! »

Ces mots raisonnaient dans sa tête comme un bourdonnement d'abeille incessant qui vous agace. Ce n'était pas le même contexte, ce n'était pas la même intonation, ce n'était pas la même voix… Mais c'était exactement les mêmes mots. Les mots que lui avaient dits Draco la première fois qu'il lui avait dit « Je t'aime ». Pourquoi ? Pourquoi ceux-là et pas d'autre ? Pourquoi Edward et pas un autre ?

Harry était reste coincé entre un souvenir qui le rongeait et l'image d'Edward. Son cœur avait fait une telle embardée qu'il était sur que le vampire l'avait senti sans faire attention que c'était lui la cause de cela. Et en plus il y avait eu la bagarre. Une bagarre d'un ridicule posé sur il ne savait quelle rivalité. Il les avait regardé sans rien faire, ses pensées étaient remonté à bien loin.

Et puis Edward avait attaqué. Et puis Jacob l'avait blessé. Le cœur du brun était reparti de plus belle. Pourquoi le frapper lui avait fait aussi mal ? Comme si c'était lui qui avait reçu le coup. Il avait voulu hurler à Jacob de le laisser tranquille mais il n'avait pu rien faire, paralysé. Comme le jour où Draco était mort. Il était resté là, planté à le regarder, sans même tenter quoi que se soit… Il aurait pleuré si Edward n'avait pas réussi à battre Jacob en l'envoyant valser. Puis il était revenu vers lui, le regard dur envers le loup, et il l'avait emporté… Comme Draco…

« Ne le touche pas. Ne l'approche pas. Il m'appartient. »

Ce sont des phrases qui sortait si souvent de sa bouche et qui le faisait tant de fois sourire. Il savait alors qu'il avait quelqu'un qui était là pour lui. Toutes ses années de guerre… balayé en quelques secondes dans les bras de Draco. Et ce sentiment de solitude, ce sentiment d'être toujours le seul à devoir tout faire, en quelques mots… Alors il fallait bien qu'il se dise… En quoi était-ce différent avec Edward ?

Il était vampire, il était de ceux qu'ils haïssaient. Et pourtant, cette phrase avait été pour lui comme la bouée qu'il ne cherchait pas. Celle qui regonfla son cœur d'un bonheur et d'un espoir qu'il s'interdisait. Il n'avait pas le droit de faire cela à Draco. Il n'avait pas le droit de l'oublier comme ça, juste à cause d'une phrase dite à la va-vite.

Un sentiment de culpabilité le rongea…


Edward avait senti Harry se tendre à la seconde même où sa main s'était refermée sur son bras. Mais il était tellement aveuglé par la jalousie qu'il n'eut pas l'intension de le laisser s'échapper. Il l'avait ramené à sa moto et l'avait obligé à monter derrière lui. Pourquoi d'un coup était-il tout obéissant ? Il ne savait pas… Il semblait comme perdu quelque part dans son esprit. Rapidement, il avait rejoint sa maison et ce n'est que là qu'il reprit conscience. Edward fut même certain de voir dans ses yeux une lueur d'incompréhension. Comme s'il se demandait comment il avait atterri là. Puis finalement, il s'était tourné vers lui, avait soupiré et murmuré :

- Viens, je vais te soigner…

C'est alors qu'Edward avait remarqué le sang qui coulait de son visage et les longues griffures. Il suivit le jeune homme qui l'installa sur une chaise dans sa cuisine. Il partit ensuite et revint avec une trousse de soin qu'il ne savait où il l'avait sorti. De sa poche, il sortit soudainement un long bâton en bois qu'Edward comprit être sa baguette magique. Il la posa à côté du sac. Sans dire un mot, sans échanger un seul regard, il chuchota :

- Pourquoi tu as fait ça ?

Il ouvrit la trousse et sortit le nécessaire.

- Tu sais, ça va finir par se soigner tout seul…

Il réfléchit un moment puis dit :

- Ça ira plus vite avec mes soins, ainsi tu n'iras pas inquiéter ta famille et créer une guerre inutile.

- Dans l'instant où Jacob a dit que c'était juste entre lui et moi, nos familles ne peuvent pas intervenir.

- Je ne l'ai pas entendu dire ça.

- Excuse-moi, il a communiqué par pensées.

Le brun ne répondit pas. Finalement, il soupira ouvrit sa mallette et commença ses soins. Il passa un tissu pour enlever le sang puis pris un coton et une petite fiole contenant un liquide à l'odeur douteuse. Il tamponna le coton sur ses plaies avec un visage concentré. Edward ressentit un drôle de picotement et sans qu'il le voie, sa peau se referma après le passage du coton. Lui, il dévorait des yeux son brun, son visage maintenant si proche, sa main si douce. Et quand il eut fini, Edward lui attrapa le poignet d'un geste assuré le faisant sursauter. Leurs regards se croisèrent enfin et le vampire chuchota :

- Tu te souviens quand je t'ai dit que je ne voulais pas de ton amitié ?

Incapable de parler, le brun hocha juste la tête.

- Ce n'est que la stricte vérité. Je ne veux pas être juste ton ami, Harry. Je t'aime…

Avec un plaisir infini, il entendit le cœur du brun s'affoler comme une danse folle. Ses yeux verts s'écarquillèrent de stupéfaction alors que sa bouche s'ouvrait et se fermait sans rien émettre. Il ne savait pas quoi dire. Edward se releva lentement, c'était le moment. Le poignet toujours dans sa main, il l'écarta pour pouvoir coller son torse sur le sien. Il pencha la tête et posa ses lèvres sur celles d'Harry, toujours stupéfait. Une sensation de bonheur s'écoula de leurs lèvres à son ventre. Pour la première fois de sa vie, juste avec ce simple baiser, il se sentait complet, vivant…

Mais cela ne dura pas, comme il le pensait, Harry se dégagea en le poussant magiquement. Son visage se ferma. Pas un seul sentiment de colère ou de haine ne le traversa. Il se tourna soudainement et pointa la porte en baissant la tête et fermant les yeux.

- Va-t-en !

- Harry. Laisse-moi t'expliquer ! Je…

- Va-t-en ! Immédiatement !

- Je suis ton…

L'air se raréfia alors qu'une aura verte l'entoura. Edward avait bien envie de lui demander ce qu'était cette drôle d'aura mais vu que la dernière fois elle avait complètement détruit sa voiture, il ne fit que reculer et murmurer :

- Je reviendrais.

- Je te l'interdis ! Ne reviens plus ou la prochaine fois je ne réponds plus de rien !

- Je m'en fiche, Harry. Ce que je t'ai dit n'est que pire vérité. Je t'aime, que tu le veuilles ou non.

- DEGAGE ! Hurla-t-il et le vampire obéit.

Edward se glissa jusqu'à la porte d'entrée avant de s'arrêter. Il baissa la tête. Il ne pensait pas se faire rejeter aussi fortement. Cependant, il reviendrait et il recommencerait. Harry était son âme sœur, il en était persuadé. Cela voulait dire que cela marchait dans les deux sens. Il finirait par l'aimer aussi, peu importe combien il tentait de se cacher derrière la colère. Il ouvrit la porte et sortit.


Il avait la tête qui tournait encore et encore sans qu'il ne puisse rien y faire. Il s'effondra au sol et ses poings tapèrent fort. Si fort que ses mains se seraient remises à saigner si elles étaient encore meurtries. Il se mordit la lèvre et il pleura. Un baiser. C'était un simple baiser… Si bon, si doux. Un baiser qui avait rempli son cœur, un baiser qui avait comblé la partie de lui morte. Cela ne lui avait pas enlever Draco, non. Ça personne ne pourrait le faire. Mais il s'était senti renaître. Comme lorsqu'on est en train de se noyer et qu'on arrive à sortir de l'eau. On respire très, très fort, remplissant ses poumons d'air. Son baiser, c'était un peu comme ça. Comme son air…

Harry n'y croyait pas. Pourquoi ressentait-il ça, pourquoi avait-il aimé lorsqu'il lui avait dit…? Il l'aimait ? Il l'aimait réellement ? Comment ? Pourquoi ? Le brun eut la tête qui tourne, il s'allongea un instant, essayant tant bien que mal de reprendre son souffle. Ce n'était pas la colère qui l'avait fait paniquer, ni la haine… C'était la culpabilité. A peine Draco avait-il disparu qu'il tombait amoureux d'un autre ? Etait-il si volage ? Pourtant, quand il était avec Draco, jamais il n'eut l'envie d'en voir un autre. Jamais il n'avait eu l'envie d'aimer quelqu'un d'autre.

Le brun ne savait plus quoi penser. Il se rendit compte que s'il avait pu l'oublier, s'il avait pu arrêter de l'aimer, il se serait sûrement donner à Edward. Un vampire… Il était censé les haïr. Mais il était attiré par un vampire… Un vampire trop doux, trop beau… trop ressemblant à Draco ! Son cœur se serra un peu plus. S'il avait été là, aurait-il eu ses sentiments pour Edward ? Il n'en savait rien… Et il ne pouvait pas dire non ! Harry se coucha sur le côté et se recroquevilla sur lui-même. Il savait qu'il devrait se lever et aller dans son lit mais la tristesse et la fatigue l'assomma et il s'endormit ainsi.


Les deux jours qui suivirent furent plus que froid pour Edward. Il n'était pas censé le ressentir, mais le fait d'avoir eu Harry dans ses bras l'espace d'un baiser l'avait considérablement changé. Maintenant il avait froid, surtout dans son cœur. Son vampire avait été comblé. Il en demandait encore. Il ne voulait plus le tuer, ni le vider de son sang. Il voulait recommencer. Il s'en voulait aussi. Il avait volé ce baiser à Harry. Il lui avait prit, sans sa permission. Il n'avait pas le droit. Il fallait qu'il s'excuse, qu'il lui parle, lui explique… Et peut-être qu'avec un peu de chance, il changerait d'idée.

Carlisle s'avança vers son fils, assis dans un fauteuil de sa chambre. Il regardait par la fenêtre comme s'il arriverait à voir Harry. Le blond posa sa main sur son épaule, essayant d'être apaisant. Edward sourit tristement.

- Que s'est-il passé ?

- Il ne veut pas de moi…

- Bien sûr qu'il le veut.

- Non. J'ai été rejeté.

- Et comment te sens-tu ?

- Détruit…

Carlisle écarquilla les yeux. Il soupira avant de dire.

- Tu devrais y retourner ! Va le voir.

- J'y pensais…

- Edward… Si tu te sens aussi mal, comment penses-tu qu'il est lui ? Entre le fait qu'il n'est pas supposé t'aimer et le fait qu'il t'aime ? Tu lui as dit pour vos âmes sœurs ? Peut-être que s'il le savait il s'en voudrait bien moins.

- Je n'ai pas eu le temps… Tu as raison, je retourne le voir.

- Ramènes-le ici s'il a fait une rechute. Je vais tout préparer.

- Très bien…


Harry avait la tête en feu et le corps lourd. Il détestait réellement se réveiller comme cela. Peut-être devait-il arrêter de faire ça. Parce que s'il avait si mal c'est que son suicide avait encore loupé… Il n'y arriverait donc jamais… Il fronça les sourcils et gémit légèrement. Il remarqua qu'il avait encore de drôle de chose dans la bouche et le nez. Encore ces satanés tubes… Il devait donc être chez les Cullen. Cependant, cette fois-ci il n'avait pas la force de se lever. Il devait s'être réveillé trop tôt parce qu'il ne se sentait pas autant reposé que la dernière fois !

- Harry…

Cette voix… C'était doux, c'était tendre… On prononçait son nom avec tant d'amour et de sincérité… Ce n'était pas un ordre, ce n'était pas une demande en aide. Ce n'était pas un cri. Ce prénom qui était le sien, il l'avait entendu des millions de fois, mais jamais, jamais on ne l'avait prononcé comme ça. Comme un secret, un secret qu'on ne veut pas perdre car si un jour il s'envole, on en meurt. Le brun esquissa un sourire. Un tout petit, parce qu'il n'était pas encore totalement réveillé.

Puis soudain, le grand froid dans son esprit. Ça l'apaisa. En vrai, il n'avait senti qu'une main se poser sur son front mais c'était tout comme. Sa tête arrêta de lui tourner et son corps se fit plus léger. Il eut envie de murmurer un merci mais ce fut trop dur, il était épuisé comme après avoir couru un marathon, il n'arrivait même pas à serrer cette main qui tenait la sienne. Elle était froide aussi…

Pas comme la sienne… Non, la sienne était chaude et dure, alors que celle-là était glacée et douce. Elle ne faisait rien, elle ne le caressait pas avec le pouce, juste elle le tenait… Parce que ce n'était pas Draco. Non, c'était Edward… Son odeur, ses mains… C'était Edward, il arrivait enfin à faire la différence. Oui, parfois, Edward lui faisait penser à son amant mais il avait aussi ses moments où il était totalement différent. Où il était juste lui, juste Edward. Comme là.

- Ed…


Le vampire écarquilla les yeux et un sourire naquit sur ses lèvres. Dans un souffle pratiquement inaudible, il avait entendu le début de son prénom. Harry n'avait pas pu lui dire le reste, soit obstrué par le tube dans sa bouche, soit par la fatigue. Il s'était rendormi immédiatement après. Son souffle s'était stabilisé à nouveau alors que Carlisle revenait. En voyant le sourire sur le visage de son fils il fronça les sourcils.

- Il s'est réveillé ?

- A peine… Il s'est rendormi de suite.

- Il est fort… Il va s'en remettre une fois de plus, d'ici quelques jours il sera sur pied. En attendant il te faut retourner en cours. Tu ne vas pas rester ici toute la semaine !

- Mais… Et s'il se réveille ? Supplia Edward.

- Esmée va rester avec lui, ne t'en fait pas… Cependant, avant il nous faut réunir la famille. J'ai eu un appel des plus improbables des Volturi… Nous avons un petit problème.

- Lequel ?

- Viens dans le salon, j'ai envoyé Jasper trouver Emmett et Rosalie. Alice me regarde avec un petit sourire en coin, j'ai l'impression qu'elle sait des choses qu'elle ne veut me dire.

Avec beaucoup de force, Edward réussit à se détacher de son âme sœur et suivit son père adoptif. Ils descendirent à l'étage inférieur où étaient déjà Esmée et Alice. Cette dernière les regarda arriver en souriant. Elle se mordit la lèvre pour essayer de le cacher mais cela ne passa pas inaperçu aux yeux de sa famille. Cependant, ils attendirent le retour des trois autres avant de débuter toute conversation. Quand ils furent là, Carlisle commença en expliquant :

- J'ai reçu un message d'Aro. L'Alpha est réveillé.

- Quoi ?

Edward écarquilla les yeux. L'Alpha était le vampire supérieur qui était censé ramener la paix entre les différents clans de vampires ainsi qu'entre les vampires et les autres espèces. Cependant depuis des millénaires, les recherches avaient été vaines, et aucun d'entre eux étaient né. C'était incroyable qu'il soit encore en vie pour en accueillir un. Carlisle se tourna vers Alice et lui demanda :

- Tu sais quelque chose ?

- Oui… Je l'ai vu.

- Comment est-il ?

- Je ne sais pas… Je ne voyais que son dos, il était encapuchonné et le reste était très flou. Mais apparemment… Il était ici.

Tous furent surpris par cette annonce, l'Alpha était ici ?

- Qu'est-ce que t'a dit Aro de plus ? Demanda Esmée à son mari.

- Il a dit qu'il s'est réveillé il y a longtemps et qu'après un court moment passé en Italie, il était parti. Il avait promis de revenir cependant il ne l'a pas fait. Aro est inquiet, il pense qu'il lui est peut-être arrivé malheur.

- Aro aurait du nous mettre au courant de son arrivée ! Grogna Emmett. Pourquoi nous a-t-il gardés à l'écart ?

- Apparemment, il a juste été trop occupé, et il y avait trop de clan à prévenir.

- Nous étions sur liste d'attente ? S'horrifia Rosalie. Mais de quel droit…

- Je pense… le coupa Edward, qu'il a juste peur de nous.

- Auquel cas il aurait eu raison puisqu'Alice a vu que l'Alpha nous a rejoint. Rajouta Jasper en prenant la main de sa femme.

Elle posa sa tête sur son épaule en souriant et en hochant.

- Mais alors pourquoi nous en a-t-il parlé maintenant ? Fit Edward, un peu confus.

- Il essaye de nous mettre à sa botte. Si nous voyons l'Alpha, nous devons lui renvoyer, sont ses mots. Même si me mettre Aro sur le dos me déplairait énormément, je ne pense pas que nous devrions.

- Ce n'est pas comme si nous avions le choix de toute manière, scanda Rosalie d'une voix forte. L'Alpha fera ce qui lui plaît. S'il souhaite rester ou partir, nous ne pourrons ni l'en empêcher, ni le soumettre ! Il est notre Alpha et si Aro n'a pu rien faire, nous ne ferons pas grand-chose non plus…

- Tu as raison, marmonna Carlisle. Je pense que nous devrions laisser faire les choses. Mais tout de même… Enfin un Alpha. J'espère qu'il mettra un terme à la folie meurtrière des Volturi.

- Si c'est Aro qui l'a accueilli, j'en doute… Confia Esmée. Il a du le faire naître entre sa nature et ses coutumes.

- Pourquoi nous rejoindrait-il si ce n'est pour voir les prodiges des végétariens ? Contra Emmett.

Personne ne répondit. Puis Edward fit demi-tour. Il avait envie de retourner auprès de Harry, et n'en pouvait plus de rester loin de lui comme cela.

- Seul le temps nous le dira, murmura-t-il en sentant sur lui les regards plus ou moins partagés de toute sa famille.


Des bribes de paroles le tirèrent de son sommeil. Au début, il entendait sans comprendre. Il avait bien envie de leur dire de se taire parce que franchement, il avait mal à la tête et commençait à en avoir marre. Puis il s'aventura à tendre une oreille plus attentive, avant de sentir une main froide recouvrir avec délice, une fois de plus son front et calmer sa douleur.

- … tout préparer pour que l'Alpha soit accueilli avec respect.

De quoi parlait-il ? Qui était cet « Alpha » ? Encore un truc de vampire, il en était certain !

- Alice jure qu'il n'a pas besoin de ça… S'exclama une voix de femme. Il avait l'air d'être intéressé par autre chose que la décoration.

- Entre ce qu'Alice dit et ce qu'elle nous cache…

Il eut un soupir alors qu'Harry sentait les effluves d'un parfum délicieux lui chatouillait les narines. Il remarqua alors qu'il n'avait plus de tubes ni dans la bouche, ni dans le nez et que sa perfusion dans le bras avait elle aussi été retirée. La main froide s'ôta et il grogna d'insatisfaction :

- Non… Gémit-il.

Alors elle revint et il sourit de bonheur. Soudain il remarqua. Il était chez les Cullen, cette main ne pouvait appartenir qu'à l'un d'eux. Il ouvrit les yeux d'un coup et tomba sur trois d'entre eux. Il y avait Edward juste au dessus de lui, la main posée sur son front puis un couple plus adulte qui se tenait par la taille, contre le mur. Le blond lâcha sa femme pour s'avancer en remarquant en premier son réveil subit. Harry se dégagea de la main tentatrice du vampire et recula dans le lit.

Tant et si bien, qu'il rata le bord et tomba dans un petit cri et un bruit sourd. Les trois vampires n'avaient pas bougé. La femme rit un peu en se cachant la bouche sous sa main. Harry se releva en se massant la tête, empêtré dans les draps qui avaient glissés avec lui. Enfin, il arrêta tout mouvement en se rappelant qu'il était dans la chambre d'une maison remplie de vampire. Pour la deuxième fois, en plus. Il passa un petit coup d'œil par-dessus le matelas et put entrapercevoir les sourires du couple et l'air neutre d'Edward.

- Heureusement que Carlisle a pensé à t'ôter tes perfs. Harry, je te présente mon père et ma mère, Carlisle et Esmée Cullen.

Il se leva et montra l'homme et la femme qui étaient amusés.

- Bonjour, minauda le brun avant de froncer les sourcils.

Le voilà à sympathiser avec l'ennemi.

- Avant que tu ne t'énerves, saches que nous ne t'avons rien fait, tu es en parfaite santé, nous ne t'avons ni tuer, ni mordu, ni même violer bien que l'envie soit tentante.

- Edward ! S'indigna sa mère. N'écoute pas ce grand dadais ! Il n'est pas plus capable de cela que de satisfaire…

- Ça suffit tous les deux, grogna Carlisle, tout de même souriant. Vous ne voyez pas que vous l'effrayez ?

En effet, Harry avait la bouche grande ouverte, mais il n'était pas du tout effrayé. Il était dubitatif. C'était impossible que ces gens soient des vampires. Impossible ! Où étaient les crocs sanguinaires, le sang au coin des lèvres, les paroles mesquines, le ton froid et surtout… Par deux fois, ils lui avaient sauvé la vie ! Alors d'accord, il ne fallait pas se cacher derrière des préjugés mais tout de même… La vérité le frappa, il était tellement sûr que tous les vampires étaient des bêtes sanguinolentes qu'il ne voyait pas que parfois, certains ne l'était pas.

Et les personnes qu'il avait devant lui étaient tout sauf d'animaux assoiffées de sang. Carlisle fit le tour du lit en marchant normalement, pensant sûrement que s'il utiliserait son don vampirique, il l'effraierait un peu plus. Il lui tendit la main afin de le soulever et Harry hésita. Il regarda son visage qui se voulait rassurant puis les deux autres avant de regarder sa main.

Enfin, il glissa la sienne entre ses doigts et s'extasia de leur douceur. Le docteur le souleva et retira le drap qui l'entravait. Harry se retrouva debout, avec pour seul habit son jean. Il ne fut pas honteux de son corps, bien que trop maigre. Il avait l'air d'avoir récupéré force et couleur.

- Merci… chuchota-t-il en se faisant violence pour ne pas ressentir de culpabilité.

Car il aimait bien cette sensation de pouvoir faire confiance à quelqu'un et l'apaisante atmosphère de l'endroit.

- Ce n'est rien Harry. Mais il va falloir que tu fasses plus attention à toi. Je ne vais pas réussir à te sortir de là à chaque fois.

- C'était comment cette fois… Soupira le brun.

- Désastreux… Je pensais avoir guéri ton anémie, mais elle est revenue en force, sûrement due à une malnutrition. Il faut que tu manges plus que ça, et surtout en vitamines et fer…

Harry baissa la tête, comme pris en faute. C'est vrai qu'il ne prenait pas tous ces repas. Pire, il les sautait pendant parfois plus de trois jours.

- Enfin, après une petite remise à niveau de ton corps, tout devrait aller pour le mieux désormais, faiblit Carlisle devant son regard triste. Il ne tient qu'à toi de le tenir ainsi.

- J'ai préparé de quoi manger ! S'exclama la femme du docteur en présentant la porte. Si tu le souhaites, je te l'apporte ici afin que tu ne ressentes pas de malaise à manger devant tout le monde.

- Ça ira, balbutia le brun, mais je pense que…

- Harry… S'il te plaît… Accepte.

Le brun regarda Edward avant de se mordre la lèvre. Il finit par s'asseoir sur le lit et hocher la tête. Ravie, Esmée se dépêcha d'aller chercher le repas qui dégageait une odeur appétissante. Cette odeur qui avait sorti le brun de son sommeil. Une fois bien installé, le couple s'éclipsa alors qu'Edward s'assit prudemment au pied du lit. Harry débuta sans lui adresser la moindre parole puis finalement, la curiosité l'emporta et il chuchota :

- Ils sont toujours comme ça ?

- Oui, sourit Edward. Carlisle a un véritable don quand il s'agit de comprendre et ressentir les sentiments humains. Plus encore, il est de nature très social. Il ne pourrait laisser ne serait-ce que l'un d'entre nous faire du mal à qui que se soit. Et Esmée… Et bien, c'est Esmée, quoi… Ils nous ont prodigués à tous des règles de conduite et aucun écart n'est permis. De toute façon, nous sommes une famille, nous veillons les uns sur les autres… Aucun de nous ne s'amuserait à cela.

Les mots furent entendus mais Harry resta lointain. Il continua de manger même s'il avait une sacrée boule au ventre. Il n'arrivait plus à les haïr. Il ne pouvait plus. Il détestait toujours autant les vampires mais pas eux. Pourquoi il n'y arrivait pas ? Tout bonnement parce qu'il n'y avait aucun mal chez eux. Après avoir tant subi, toutes ses années où il avait côtoyé le mal d'aussi proche et de toutes les manières possibles, il arrivait à faire la différence entre le mal et le bien. Et peu importe comment il les regardait, aucun mal ne se découlait d'eux.

- Comment te sens-tu ? Demanda Edward après avoir respecter son silence.

- Perdu… avoua le brun. Je sais que je ne devrais pas… mais c'est plus fort que moi.

- Quoi donc ?

- Avoir… des sentiments pour vous… Autre bien sûr que la haine et la colère.

Il osa le regarder et remarqua que lui fixait le sol avec un doux sourire. Un sourire de joie intense surélevé d'un regard un peu triste. Harry le trouva très beau. Plus que ça, il admirait son charme simple et aristo.

- Tu…

Edward sursauta et releva la tête avec un regard interrogatif.

- Tu as dit que tu m'aimais ? Pourquoi ? Je veux dire… comment ça se fait, on ne se connaît pas. Et je t'ai de suite pris en grippe sans me poser de question ! Comme avec…

Il se tut immédiatement en écarquillant les yeux. Oui, comme avec Draco. Il l'avait détesté parce qu'il était trop beau, trop différent de lui… Edward attendit la fin de sa phrase mais elle ne vint jamais. Il vit qu'il avait fini de manger et sourit un peu plus. Il se leva, prit le plateau et le posa sur une table placée au fond de la pièce. Il revint ensuite vers Harry et se posa à sa droite. La distance lui fit peur et le brun se recroquevilla sur lui-même. Il posa sa tête sur ses genoux, du côté d'Edward. Il souhaitait tout de même l'affronter et non le fuir.

- J'ai dis que je t'aimais en effet. Ce n'est pas un choix que j'ai eu à prendre, mais bizarrement, plus je te connais, plus je me rends compte que je ne regrette pas de l'avoir fait. Il semblerait que je sois juste le moins têtu des deux…

- Comment ça ?

- Vois-tu, le premier jour où tu es arrivé, j'ai ressenti comme une odeur. Intense et… assoiffant. Pour la première fois de ma vie j'ai eu soif d'un humain comme ce n'est pas permis, j'avais envie de dévorer celui qui sentait si bon.

- D'où ta tête. C'est pour ça que je croyais que tu étais sauvage.

- Oui… Et cette odeur venait de toi…

- De moi ? S'exclama-t-il incrédule.

- Oui… Répéta-t-il encore plus doucement. Je n'ai pas compris au départ pourquoi je voulais tant te tuer et te vider de ton sang. Et puis les jours ont passés, l'envie s'est amoindri jusqu'à ce que je remarque que si le vampire qui est en moi avait si soif de toi, c'est parce qu'il ne souhaitait qu'une chose : te transformer et t'obliger à rester mien pour toujours…

Harry écarquilla la tête et la releva. Rester sien pour toujours. Encore une formule de possession ultime qu'on lui adressait. Mais pourquoi ?

- Harry, mon vampire t'a reconnu à l'instant même où il t'a senti. Tu es son unique semblable, son autre moitié. Tu es mon âme sœur.

- C'est im…

- Non, ne dis pas ça. Ne me rejettes pas une nouvelle fois, je t'en supplie. Ça fait si mal…

Harry savait combien un rejet pouvait faire mal, il avait vécu cela toute l'année dernière. Il savait combien il pouvait souffrir alors il ne dit rien. Il ne souhaitait à personne ce qu'il lui était arrivé. Son cœur accéléra. Cela voulait dire qu'il devrait accepter le fait d'être l'âme sœur de ce vampire ? Non… pas n'importe lequel… Juste Edward.

Maintenant, il comprenait bien pourquoi il l'aimait bien malgré toute la haine qu'il pouvait éprouver pour les gens de son espèce. Ce qu'il ne comprenait pas, c'est pourquoi il l'associait si souvent à Draco. Et pourquoi cela lui faisait si mal alors qu'il était censé être son âme sœur et étouffer sa peine ? A moins qu'il ne lui mentait.

- Comment peux-tu me prouver que tu es bien mon âme sœur ?

- Reconnais-moi et passe une semaine sans moi… Tu verras que tu souffriras…

- Non, souffla le brun. Je ne veux plus souffrir… J'en ai assez…

Les larmes tombèrent sur ses mains serrées sur ses genoux. Edward eut un mouvement doux et le prit dans ses bras. La tête du brun vint immédiatement se caler contre son torse et pour la deuxième fois il se ressentit étrangement bien et complet. Alors il se dit que cette histoire d'âme sœur n'était pas totalement fausse. Il ne pouvait pas se sentir aussi bien avec un étranger, un vampire qui plus est.

Son regard s'attrista quand il se rendit compte qu'il allait faire du tord à Draco s'il acceptait cette situation. Pas une seule fois il associa sa mort à un droit de l'oublier. Il ne pouvait tout simplement pas. C'était plus fort que lui. A ce moment, il se dit même que c'était très étrange qu'il pense encore à lui dans les bras de son âme sœur. Et puis il soupira. Si seulement Draco avait pu être son âme sœur… Il l'aurait peut-être aimé…

Le brun trembla un peu, las et fatigué, il ne savait que faire. Quand il pensait à Draco, Edward venait dans sa tête et quand Edward était là… Il pensait à Draco. Il ferma les yeux et huma son odeur si douce à son nez. Il aurait pu rester là pendant des heures s'il n'avait pas un peu de retenu. Il se redressa pour lui faire face. Il fallait bien qu'il s'avoue vaincu, surtout quand il le regardait avec ses magnifiques yeux dorés. Il avait envie de le lui dire mais il ne le fit pas.

Le rouge aux joues, il s'approcha lentement de ses lèvres et les apposa sur les siennes. Son ventre explosa en un million de sentiment de bonheur et de plaisir. Le lien était fait, il l'avait reconnu. Maintenant il ne pouvait plus reculer, il devrait vivre avec ce rapprochement dangereux. Edward l'attrapa par la nuque et la taille pour le serrer un peu plus contre lui. Il ne sut comment mais il finit sur ses genoux, pendu à son cou à l'embrasser comme si sa vie en dépendait, et par deux fois s'en fut le cas.

Harry entendit un grondement sortir des tréfonds de la gorge du vampire qui commença à trembler. Il attrapa ses lèvres une dernière fois et s'arrêta pour poser son front sur le sien. Alors qu'Harry le regardait en respirant fortement, le vampire avait les yeux fermés, froncés par il ne savait quel sentiment. Harry le dévisagea longuement. Il descendit sa main et la posa sur son visage.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je suis désolé… Je ne veux pas te faire du mal…

- Je suis un sorcier, je saurais te contrôler. Cependant…

Harry baissa les yeux sur ses lèvres si tentantes. Il les embrassa dans un baiser chaste qu'Edward accusa un peu tristement. Parce qu'il savait ce qu'il allait dire.

- Je ne pourrais pas… Pas maintenant…

- Je comprends… Tu l'aimes toujours, n'est-ce pas… Cet homme… l'autre… Tu l'aimes encore ?

- Oui… Je suis désolé, mais je crois bien que je l'aimerais toute ma vie.

Harry vit son visage se refermer, hésitant entre la tristesse et la jalousie. Le brun soupira et posa sa tête sur son épaule.

- Je suis désolé… Répéta-t-il en un murmure.


A suivre...


Chapitre 8 : Le Trio

A bientôt,

Personne ne l'a jamais connue.