Bonjour tout le monde !
Voici enfin la suite, avec mes excuses. Cette fin d'année est bien chargée et j'aurais aimé publier ce chapitre plus tôt ! Mais il y a eu beaucoup de remous qui m'ont empêchée d'avancer le chapitre !
Avant tout, merci pour votre patience et pour ceux qui prennent le temps de me laisser leur avis.
Certains ont eu peur que le chantage de Malfoy devienne une obligation pour Hermione à coucher avec lui… Loin de moi cette sordide idée ! J'explique clairement dans ce chapitre pourquoi Malfoy a fait cela et je ne suis pas une partisane de ce genre de chantage sexuel ! Je suis désolée si ce passage a choqué mais je n'ai pas imaginé un instant que l'on puisse interpréter cela ainsi. Je me répète mais n'ayez crainte, je ne basculerai jamais dans ce genre de passages ! Ce n'est pas mon dada (et je trouve cela malsain quelque part : la suite de ma fiction ne s'inscrit pas dans ce genre de chantage du tout).
Merci en tout cas pour ces remarques car j'ai pu rectifier et développer certaines choses car les lecteurs ne sont pas dans la tête de l'auteur et on ne s'imagine pas ce que vous pouvez ressentir en lisant les chapitres ! Continuez à me laisser vos impressions afin que je puisse les prendre en compte !
Dans ce chapitre, vous trouverez Draco et ses pensées. Je pense que le prochain chapitre sera un peu plus consacré à Hermione et à ses ressentis. Il y a aussi la première mission d'Hermione dans ce chapitre. Quant à sa relation avec Malfoy, vous serez étonné peut-être mais je vous rassure, c'est cohérent et j'aime créer des surprises ! J'adore Pansy dans ce chapitre et Ron aussi !
Bref, je compte sur vous pour me laisser vos avis car j'ai besoin de me remotiver et de savoir si cette fiction vous plaît vraiment et en vaut la peine, surtout en ce moment !
Merci à tout le monde et bonne lecture !
Chapitre VII : UN JEU
Trois heures du matin. Draco était allongé sur son lit à baldaquin aux lourdes tentures vertes et argent, les yeux grand ouverts. Il fixait le plafond comme s'il voulait compter les fissures qui parcouraient la peinture blanche écaillée. Son esprit était en proie à de sombres pensées. Il nota que, depuis plusieurs jours, il songeait souvent à Granger, bien plus qu'à autre chose. Etrangement, ce constat ne l'effrayait pas. D'ordinaire, Draco parlait de ses dernières conquêtes avec Blaise, critiquait les Sangs-de-bourbe avec Pansy, préparait des répliques cinglantes destinées aux Gryffondors, élaborait sa prochaine stratégie pour remporter le match de Quidditch contre Serdaigle. Ces sujets-là le préoccupaient désormais beaucoup moins, comme relégués au second plan. Mais il ne s'inquiétait pas car ses activités quotidiennes ne changeaient guère : ennuyer Granger, la faire sortir de ses gonds, imaginer comment la torturer psychiquement… Très divertissant. Sans parler de la mission que le Seigneur des Ténèbres lui avait confiée par le biais de son père.
La dernière discussion qui l'avait confronté à la fougueuse Granger le préoccupait bien davantage cette nuit-là. Il avait voulu la pousser dans ses retranchements et tester ses limites. Contre toute attente, Granger disposait de beaucoup de ressources. Plus qu'il ne l'avait imaginé. Oui, il désirait Granger. Ce n'était plus à démontrer. Il était persuadé que la haine et le désir, l'attirance n'étaient que les deux facettes d'un même sentiment plus large, plus brut, plus primitif. Il avait basculé d'un extrême à l'autre avec une facilité déconcertante, bien malgré lui. Le désir de posséder Granger l'avait profondément déstabilisé et Draco s'était longuement interrogé sur la cause d'un tel revirement. Et il avait trouvé une réponse satisfaisante.
Malgré ce qu'elle avait affirmé avec fougue, il savait qu'elle avait apprécié au-delà du raisonnable leurs baisers. Il avait assez d'entraînement pour reconnaître une fille qui le désire. Alors le Serpentard avait voulu éprouver le seuil de tolérance de Granger, ses limites. Ce petit jeu l'amusait beaucoup et ce, depuis de nombreux mois. Draco avait voulu allé plus loin et estimait que la situation l'y autorisait : cette Sang-de-bourbe l'avait ridiculisé devant toute l'école. Le Préfet-en-chef voulait renverser la situation à son avantage et rétablir rapidement l'équilibre puisque tout cela prenait une tournure qui lui déplaisait. Garder la maîtrise de la situation. La veille, Draco avait imaginé un petit stratagème tout simple, basé sur un odieux chantage, pour tester la réaction et les limites de sa chère homologue. Il l'avait poussée à s'incliner devant lui, il voulait qu'elle s'abaisse et qu'elle ravale sa fierté de Gryffondor. Le Serpentard avait alors proposé quelque chose de suggestif, dans le simple but d'observer sa réponse. Oh, il n'avait pas imaginé un seul instant que Granger serait à lui pour la nuit – bien que cette idée était loin de lui déplaire. Il voulait simplement voir comment elle réagirait face à ce sous-entendu douteux : rougirait-elle ne bafouillant lamentablement ? Interpréterait-elle ses dires ? L'accuserait-elle d'être un obsédé sexuel ? Il n'avait pas été déçu par sa réponse. Il avait été même ressenti un plaisir malsain à la voir aussi mal à l'aise, s'embourbant dans une situation des plus gênantes. En outre, Draco avait été un peu déçu qu'elle le croit capable d'un tel chantage. Non, il ne voulait pas le corps de Granger, il ne voulait pas qu'elle soit à lui pour la nuit, simplement pour éviter que ses parents soient en danger. C'était trop facile. Le Serpentard n'était pas si cruel. Au contraire, songea-t-il avec un sourire vicieux, il était plus rusé, aussi perfide qu'un serpent.
Il la voulait pour lui et lui seul, mais pas contre sa volonté. Il voulait que Granger s'incline, reconnaisse qu'elle le désirait tout autant que lui la désirait. L'enjeu se situait au-delà de s'amuser avec elle une nuit et de la jeter ensuite comme un bien consommable. Draco ne voulait la toucher que de son plein gré. Il voulait devenir son obsession. Oui, cette perspective était autrement plus divertissante, un défi à sa hauteur. Ce jeu dangereux l'amusait beaucoup car il avait enfin trouvé un point faible chez elle. De surcroît, cela lui permettait de garder le contrôle de situation face à une fille qui lui faisait perdre la maîtrise de lui-même avec une facilité déconcertante qui l'effrayait.
La jeune sorcière s'attendait vraiment à ce que Malfoy ébruite ce qui s'était passé la veille. Elle imaginait aisément les rumeurs courant à son égard : « La prude Granger a failli s'envoyer en l'air avec un Mangemort ! ». Oh, il s'agissait d'un simple baiser mais les ragots amplifient démesurément les faits. Des petites voix insidieuses s'infiltraient dans son esprit et Hermione sursautait souvent dans les couloirs, persuadée que des élèves avaient prononcé son nom ou celui de Malfoy. Ce dernier aurait ainsi pu lui pourrir la vie et attiser des tensions entre elle et ses amis. Rien de plus simple.
Or, le Serpentard n'en souffla mot. Et l'ignora royalement. Cela l'inquiéta : il devait encore préparer un mauvais coup car un Malfoy ne vous laisse pas impunément en paix. Néanmoins, Hermione savoura le calme de la journée. Quelques heures de répit dans un océan de trouble. Il n'y eut que le cours de métamorphose où Malfoy lui lança un regard lourd de sous-entendus. Ce fut troublée qu'elle quitta le cours. Dans le couloir, quelqu'un la rattrapa au pas de course.
- Mione, est-ce que ça va ?
- Oui, oui... répondit-elle évasivement, en accélérant le pas.
C'était Ginny. Cette dernière semblait l'avoir attendue à la sortie de son cours de métamorphose.
- Depuis quelques temps, tu es bizarre...
« Rien de nouveau ! » faillit lui répliquer Hermione. Ces trois mots « tu es bizarre », elle les avait entendus une bonne vingtaine de fois depuis le début de cette sombre histoire. « Ils devraient changer un peu de refrain » songea Hermione avec amertume.
- Le stress des révisions ! prétexta-t-elle en se forçant à sourire.
Son excuse favorite qu'elle resservait à toutes les sauces.
- Tu as les yeux tout rouges ! Tu as pleuré, hein ? Dis-moi ce qui te tracasse...
Hermione dut passer en trombe devant son amie pour ne pas craquer. Ses yeux étaient effectivement bouffis de fatigue et de tension. Elle se réfugia dans les toilettes des filles et sanglota doucement. Un bruit d'égout la fit sursauter. Mimi Geignarde scrutait la jeune fille avec attention.
- Ca ne va pas ? murmura Mimi en s'approchant.
Ses pleurs redoublèrent.
- Tu veux te confier à quelqu'un ? Tu sais, je serai aussi muette qu'une tombe !
La gentillesse de Mimi poussa Hermione à parler. Le fantôme ne la coupa pas. La Gryffondor se fit la réflexion que Mimi ne devait pas comprendre grand-chose à son charabia interrompu par ses sanglots et ses reniflements. Peu lui importait. Lorsqu'elle eut terminé, Hermione lui lança un coup d'œil reconnaissant. Garder un tel secret était lourd à porter mais elle n'avait jamais imaginé combien c'était soulageant de se confier. Depuis le temps qu'elle gardait cela pour elle. Mimi Geignarde eut le tact de ne pas la questionner. Elle l'écoutait et c'était tout ce dont Hermione avait besoin. Mimi ne la jugeait pas, oreille attentive.
- Tu peux venir quand tu veux ! ajouta-t-elle quand la sorcière eut séché ses larmes.
- Merci Mimi ! renifla Hermione.
- Ca y est ! jubila Ron en s'affalant sur un fauteuil de la salle commune de Gryffondor.
Harry et Ginny discutaient de Quidditch tandis qu'Hermione était plongée dans un livre consacré aux potions.
- De quoi ? demanda Hermione avec curiosité, levant les yeux de son livre.
- Je l'ai eue !
- Ah oui ? fit Harry, apparemment au courant.
- Oui !
- Quoi ? s'exclama Hermione, vexée de ne pas savoir.
Elle échangea un regard agacé avec Ginny qui attendait visiblement elle aussi la révélation.
- Je sors avec Parvati !
Le sourire éclatant de Ron s'effaça devant l'expression atterrée d'Hermione et de Ginny.
- Qu'est-ce qu'il y a ? lança-t-il d'un ton accusateur.
Avant de répondre, Hermione le détailla de la tête aux pieds. Ronald Weasley était devenu un véritable tombeur. Sa carrure taillée par le Quidditch, ses yeux d'un bleu intense, ses cheveux roux savamment décoiffés en séduisaient plus d'une. Mais elle ne supportait pas sa désinvolture en matière de flirt. Et manifestement, Ginny partageait son avis puisqu'elle jeta un regard dégoûté à son frère.
Contre toute attente, Hermione éclata de rire, à mi-chemin entre la moquerie et le désabusement. La situation était trop cocasse et ridicule pour qu'elle puisse y croire.
- Tu viens de rompre avec Padma et tu sors avec sa jumelle ?
- Et alors ? Il faut bien passer à autre chose... se justifia Ron, l'air bougon.
- Et toi, tu le soutiens ? lança Ginny à Harry qui s'enfonça dans son fauteuil, l'air penaud.
- Mais je… bafouilla le jeune homme.
- Tu sais, Harry, Parvati a une bouche plus pulpeuse et... commença Ron en se lançant dans une comparaison honteuse entre les deux sœurs.
Et Hermione sortit de la salle commune, énervée de l'intérêt porté à Ron et à ses multiples aventures par les premières années. Elle comptait sur Ginny pour remettre son frère à sa place. D'ailleurs, les éclats de voix provenant de la salle commune lui donnèrent raison. Malgré elle, la Gryffondor ne put s'empêcher de sourire, avec un pincement au cœur. Le culot de Ronald la sidérait et elle ne parvenait pas à croire ce qu'elle avait entendu. Que cherchait-il à prouver en enchaînant les filles ? Pensait-il obtenir une quelconque récompense en sortant avec tous les membres féminins de la famille Patil ?
- Granger !
Hermione soupira d'exaspération : il la laissait tranquille depuis trois jours. Comme un serpent qui se terre dans son trou, guettant sa proie et le meilleur moment pour attaquer. Mais toute bonne chose a une fin.
- Tu veux bien m'accompagner au terrain de Quidditch ? lui proposa-t-il d'un ton neutre sans la regarder.
L'offre l'abasourdit : elle s'attendait à une punition, une nouvelle mesure qui rétrécirait ses libertés. Mais pas à une invitation de cette sorte ! il préparait forcément quelque chose. Ce genre de suggestion ne ressemblait en rien à Malfoy. Méfiante, elle demanda pourquoi.
- Que me vaut cet honneur, Malfoy ? Tu espères me défigurer avec des Cognards ?
- Tu es restée enfermée toute la journée dans tes bouquins poussiéreux, Granger ! répondit-il d'une voix traînante. Tu es vraiment un rat-de-bibliothèque !
Furieuse, Hermione se leva et attrapa sa cape. Ce serpent osait la traiter de rat-de-bibliothèque ! Elle aussi avait une vie en dehors de ses cours. Elle avait d'autres centres d'intérêt et était ouverte à d'autres propositions. Du moins, elle essaya de s'en persuader et de montrer à Malfoy combien il avait tort. Elle n'oublia pas sa baguette magique.
Le trajet se fit en silence. Hermione s'installa dans les gradins. Malfoy lâcha le Vif d'Or et tenta de le rattraper. La Gryffondor s'étonnait qu'il s'entraîne seul. Draco était plutôt doué et agile sur son Nimbus 3000. Quand il posa pied à terre, Hermione détourna le regard, contemplant le vent agitant les branches des grands chênes bordant le terrain, gênée de lui montrer qu'elle l'avait observé durant tout l'entraînement.
- Tu veux essayer ? lui proposa-t-il du bas des gradins en brandissant son balai.
Son ton était dénué de toute menace. Mais la nuit tombait et la jeune fille n'était pas très à l'aise dans les airs. Et surtout, elle se méfiait de Malfoy. Il ne pouvait pas l'inviter gentiment de monter sur son balai s'il ne voulait pas la pousser dans le vide pour qu'elle se casse une jambe une fois dans les airs.
- Non, non...
Malfoy enfourcha son balai et vola jusqu'à elle. Il lui tendit une main qu'elle ne prit pas.
- J'ai le vertige ! inventa-t-elle.
- Tu es une poule mouillée, Granger ! se moqua gentiment Draco. C'est magnifique, tu vas voir !
- Jure sur ton honneur que tu ne me feras rien de mal ! répliqua Hermione qui le trouvait de plus en plus bizarre.
- On ne jure pas sur l'honneur des Malfoy, Granger ! grogna Draco.
Hermione savait que jurer sur sa famille lui demandait beaucoup et qu'il respecterait sa parole. L'honneur de son nom – illustre famille de sang pur – était sacré. Comme elle ne bougeait pas, Draco capitula :
- Très bien ! Je jure sur mon honneur que je ne te ferai rien !
Elle hésita encore un instant, évalua à toute vitesse le risque qu'elle encourait puis prit sa décision, juste pour répondre à cette lueur de défi qui brillait dans les orbes métalliques du Serpentard. Hermione enjamba maladroitement la distance qui la séparait du balai de Malfoy, enfourcha le manche et s'accrocha désespérément à sa taille. Hermione pouvait sentir le vent lui ébouriffer les cheveux. Les yeux fermés et tremblant de tous ses membres, elle savait qu'ils prenaient de l'altitude.
- Ouvre les yeux ! lui conseilla Draco qui devinait qu'elle ne profitait pas du spectacle.
Hermione entrouvrit les paupières, tétanisée par la peur. Ce qu'elle vit lui coupa le souffle. Ils se trouvaient au-dessus du lac où l'ombre du château se détachait dans la pénombre. Les premières étoiles se miroitaient dans les eaux ténébreuses. Ce spectacle avait quelque chose d'irréel, de magique. Elle était comme suspendue dans le vide, le vent froid s'engouffrant à travers sa cape. La beauté du château et du parc vus des airs lui fit oublier un instant qu'elle se trouvait derrière son ennemi. Quand ils eurent mis pied à terre, le visage de la sorcière était illuminé. Pourquoi n'avait-elle jamais tenté l'expérience auparavant ? Alors qu'elle s'apprêtait à le remercier, elle entendit Draco marmonner :
- Oh non...
Pansy Parkinson accourait dans leur direction, essoufflée et rouge comme une pivoine, à travers le terrain. Hermione se détacha immédiatement de Malfoy, comme si son contact la brûlait.
- Mon Draguichou ! Je t'ai cherché de partout !
- Je m'entraînais.
- Elle fait quoi ici ? cingla Pansy en jetant un regard dégoûté à Hermione.
- Je venais prévenir Malfoy que c'était son tour de garde et que je n'avais pas l'intention de le faire à sa place ! rétorqua la Gryffondor d'un air supérieur.
- Dray, tu te souviens de ce que tu m'as promis ce soir ? roucoula doucement Pansy en passant sa main sous le tee-shirt de Malfoy qui ne fit pas un geste. Je t'ai préparé quelque chose de spécial !
Hermione fit mine de regarder ailleurs en rougissant, comme si elle n'avait rien entendu. Draco ramassa son balai et sortit du terrain sans un mot, sans un regard pour les deux jeunes filles. Pansy glissa à son ennemie d'un ton belliqueux :
- Ne pose pas tes sales pattes sur lui, Sang-de-bourbe, il est à moi !
Puis elle se dépêcha de rattraper Malfoy en se dandinant comme une pintade.
Hermione remonta au château énervée contre Pansy. Qu'est-ce qui lui prenait ? Malfoy lui avait-il dit ce qui s'était passé ?
Plongée dans ses pensées, la jeune fille n'aperçut pas la silhouette sombre qui l'intercepta dans le hall du château.
- Miss Granger, veuillez me suivre !
Le ton doucereux du maître de potions la fit frissonner. La Gryffondor se raidit : il se faisait tard et elle s'attendait à une réprimande de la part de son professeur. Elle l'accompagna jusqu'à son bureau sans un mot.
- Le Lord vous confie votre première mission... annonça Rogue de but en blanc une fois qu'ils furent assis l'un en face de l'autre. Vous devez découvrir si Potter a encore des visions de Seigneur des Ténèbres.
- Voldemort n'est pas capable de le sentir ?
- Contentez-vous d'accomplir votre tâche ! Si Potter a encore des visions du Seigneur des Ténèbres, je veux savoir lesquelles ! ajouta le maître des potions d'un ton mielleux. Il attend le résultat en fin de semaine. Bonne soirée, miss Granger !
Hermione sortit dans le couloir. Aller fouiller dans la tête de son ami la répugnait. S'il avait encore des visions, il l'aurait dit à Ron et elle. Mais cela, Hermione devait s'en assurer. Des frissons désagréables lui parcoururent l'échine : Voldemort lui avait demandé une première mission. Elle mettait un doigt dans l'engrenage et avait peur de la suite des évènements à venir. Cette tâche n'était pas impossible à réaliser et elle était presque rassurée. Mais qu'est-ce qui l'attendait par la suite ? Et si Harry lui révélait quelque chose d'essentiel que Voldemort devait absolument ignorer ? Hermione chassa cette dernière pensée qui la terrorisait et songea qu'elle prendrait une décision une fois qu'Harry lui aurait répondu.
La sorcière donna le mot de passe à une marquise un peu ivre qui fit pivoter le tableau de la salle commune des Préfets-en-chef. Pour sa plus grande horreur, Hermione découvrit Pansy qui ôtait sensuellement la ceinture d'un Malfoy déjà torse nu. Elle eut un raclement de gorge pour signaler sa présence. Le Serpentard n'eut aucune réaction mais le visage de Pansy se déforma en un rictus de haine. Hermione montra du doigt la sortie.
- Tire-toi, Parkinson !
- Je n'ai aucun ordre à recevoir d'une S... glapit la Serpentarde d'une voix suraiguë.
- Cinquante points de moins pour Serpentard ! gronda Hermione, hors d'elle. Rhabille-toi et retourne dans ton dortoir !
- Je...
- Pars, Pansy... murmura Draco en fixant Hermione, l'air dangereusement calme. J'ai à parler avec Granger...
Pansy obéit à regret, non sans avoir lancé à la Gryffondor un regard haineux, et passa la tête à travers le tableau quand Hermione lui lança son soutien-gorge aussi fort qu'elle put. Elle et Draco se défièrent un moment, tels deux lions en cage, alors que Pansy sortait de la salle commune. Puis elle explosa :
- Tu te crois où ? Tu ne pouvais pas faire ça ailleurs ? C'est un lieu de vie commune, ici, et...
- C'est quoi ton problème, Granger ? s'emporta-t-il en élevant le ton.
- Tu n'as aucune intimité ni aucun respect ! Il ne t'est pas venu à l'esprit que je pouvais passer par là ?
- Tu es complètement coincée ! lança-t-il méchamment. Ou tu es peut-être jalouse ? ajouta-t-il en la défiant du regard.
- Jalouse de quoi, Malfoy ? ricana-t-elle en le regardant de haut en bas. De toi ? Fais-moi rire ! Tout le monde n'est pas comme toi et Parkinson à coucher avec le premier débris venu !
- C'est bon, tu as terminé ta tirade de Ste Nitouche ? s'écria Draco d'un ton sec qui lui cloua le bec.
Elle ne dit rien. Elle n'avait plus rien à dire. Elle se sentait soudainement très lasse. Malfoy en profita pour remettre son tee-shirt et changer de sujet.
- Demain, je dois t'apprendre quelques sorts utiles pour... reprit le jeune homme en s'asseyant en face d'elle.
- Ca ne m'intéresse pas.
Hermione savait que Rogue voulait qu'elle apprenne des sorts de base en Magie Noire mais cette simple idée lui nouait l'estomac.
- Mais tu n'as pas le choix... rit doucement Draco.
Puis il planta son regard de glace dans le sien et chuchota :
- J'ai envie de toi, Granger !
- Tu n'as vraiment aucun amour-propre, Malfoy !
Draco continua de lui sourire en se disant qu'elle finirait bien par craquer. Scandalisée, Hermione se leva d'un bond et s'enferma dans sa chambre en claquant la porte. Comment pouvait-il lui dire cela après avoir voulu coucher avec Parkinson quelques minutes plus tôt ? Comment osait-il lui dire cela tout simplement ? Elle songea qu'il la considérait comme un objet qui pouvait satisfaire ses pulsions. Ecœurée, Hermione s'acharna sur son devoir de potions jusque très tard dans la nuit afin de ne pas penser à ce qui venait de se passer.
- Miss Granger, pouvez-vous me montrer comment on change un rocher en eau ?
Hermione s'exécuta. Passer de l'état solide à l'état liquide était l'étape la plus difficile à maîtriser de l'Elemento.
- Excellent, vingt points de plus pour Gryffondor ! la félicita Flitwick de sa voix fluette. La fois prochaine, nous apprendrons le second degré de l'Elemento qui permet de donner une forme à un élément. Vous pouvez sortir. Miss Granger, venez me voir, s'il vous plaît.
Hermione rangea lentement ses affaires pour que tout le monde parte avant elle. Ses amis lui lancèrent un regard interrogateur et elle leur glissa que ce devait être des devoirs supplémentaires puisqu'elle était en avance sur le programme. Intérieurement, elle essaya de se persuader que c'était la raison pour laquelle le professeur de sortilèges souhaitait la voir en aparté.
- Oui, professeur ?
- Vous êtes une élève assidue et précoce. Mais depuis un mois, vous semblez ailleurs, je me trompe ?
- Ce n'est rien, monsieur.
- J'ai néanmoins pris la liberté d'en parler à Dumbledore qui vous attend dans son bureau.
Voila ! Merci de me laisser votre avis, c'est vraiment important pour moi !
A bientôt !
