L'investigation de nos jeunes héros se poursuit, pendant que Harry fait davantage connaissance avec un des pouvoirs de cette famille.
A ses risques et périls ...
Merci à ceux qui suivent et bonne lecture !
Le marché de Minauris était très animé. On y croisait toutes sortes de créatures : fées, lutins, elfes, farfadets, gobelins, même des trolls. Camouflés par leurs manteaux, les jeunes sorciers se frayaient un chemin parmi les passants. Harry jeta un œil aux étalages. On y vendait de tout, exactement comme sur le Chemin de Traverse : ingrédients, potions toutes prêtes, nourriture, accessoires … c'était plaisant à voir. Il ne sentait toutefois pas aussi à l'aise que dans son monde de sorcier. Là, il n'avait pas besoin de se cacher. Quoique, il n'aurait peut-être plus tous ces regards braqués sur lui. Il nota que d'autres possédaient le même genre de manteaux qu'eux. Il y avait tellement de monde que Potter se demanda comment ils allaient bien pouvoir trouver l'elfe Kersaël. Bon, les Lawler le trouveraient sûrement, avec leur mental affûté. Une minute … où étaient les autres ? Il ne voyait plus les silhouettes de ses amis, seulement celles des acheteurs devant lui. Un frisson le parcourut. Comment allait-il pouvoir se sortir de là sans eux ?
Il regarda de tous côtés, espérant les apercevoir. Personne. La peur commença le gagner. Il devait impérativement les retrouver, mais comment ? Le marché était plein à craquer. Soudain, une main saisit son poignet.
« Harry. »
« Laïla ! Oh quel soulagement ! J'ai tourné la tête une seconde et vous n'étiez plus là. Mais comment tu m'as retrouvé ? » s'exclama Potter en reconnaissant les yeux bleus.
« Nous nous sommes tous branchés sur vos ondes psychiques. Ma famille et moi sommes interconnectés de naissance, on a juste fait pareil pour vous. J'ai juste suivi la piste menant à toi. Viens maintenant. » expliqua-t-elle.
Sans lâcher son poignet, Laïla l'entraîna parmi la foule. Harry ne put s'empêcher de noter la chaleur et la douceur de sa main. La jeune fille le ramena près du groupe.
« Et à partir de maintenant, on regarde devant soi, compris ? » fit Styx.
« Ne vous éloignez plus, le coin regorge aussi de voleurs. » précisa Rayan.
Potter hocha la tête, au moment où Laïla le lâcha. A présent réunis, ils reprirent leur marche pour arriver dans des rues moins bondées, bordées de boutiques et tavernes. Rynadel avait annoncé à Styx que Kersaël fréquentait une taverne nommée le Sanglier d'airain. Chacun se mit donc en devoir de chercher l'enseigne correspondante. Des créatures continuaient à passer sur le chemin de terre, obligeant les enfants à s'écarter s'ils voulaient passer. Hélas, ce faisant il s'éloignaient les uns des autres. Alors qu'elle se trouvait près d'une vitrine vendant du parchemin et des plumes, Hermione sentit qu'on la saisissait et qu'on lui plaquait une main sur la bouche. Elle fut entraînée dans une ruelle. Devant elle, ce qui devait être un troll mais plus petit que celui qui avait faillit la tuer à Poudlard. Un troll des marais, certainement.
« Ton argent et vite, gamine. » dit-il.
Hermione avait les yeux révulsés de peur. Le troll la menaçait avec un poignard à la longue lame recourbée. Il la maintenait à la gorge, serrant juste assez pour qu'elle ne puisse crier, prêt à resserrer sa prise au cas où.
« Je … je n'ai rien sur moi. » articula-t-elle.
« Ah ouais ? Tu permets que je vérifie ? » lança le troll avec un sourire mauvais.
Il avança une main. Granger vit tout à coup quelque chose percuter violemment la tête du troll, puis retomber souplement.
« File ! » ordonna Styx.
Granger ne se fit pas prier. Elle retrouva Laïla et Rayan qui s'enquirent de sa santé. La jeune fille allait bien, mais elle s'inquiétait pour Styx. Dans la ruelle, le troll qui avait été projeté à plusieurs mètres à cause de l'impact se releva. Il se redressa et observa son adversaire. Ce dernier leva une main où se formait une boule d'énergie, qu'il lança aussitôt sur lui. Le troll évita pus chargea. Styx esquiva à son tour. Le poignard siffla à plusieurs reprises, déchirant un pan du manteau. Le jeune sorcier lança une nouvelle attaque. La terre se souleva sous les pieds du troll, l'envoyant de nouveau bouler.
Soudain, il vit le troll fondre sur lui à une vitesse impressionnante, l'empoigner par le cou et le plaquer contre un mur.
« Héhéhé ! Tu sais à quel point faut être rapide pour éviter les serpents des marais, petiot ? » ricana le troll.
Styx ne répondit pas. Ses yeux saphirs prirent une teinte orageuse, puis virèrent au lumineux. Son adversaire en fut un moment déstabilisé. Pressentant tout de même la magie, il leva le poignard avec l'intention de le plonger dans le cœur du jeune garçon. Styx le devança. Une décharge mentale cloua le troll sur place. Il étouffa un cri de douleur, lâcha ensuite son couteau. Dans le même laps de temps, le sorcier posa une main sur le bras qui le tenait. Une gerbe de feu en partit, enveloppant le troll jusqu'à la ceinture. Libéré de la poigne trollesque, Styx retomba au sol. Le troll se roula par terre pour éteindre les flammes.
« Styx ! » appela Hermione.
L'aîné des Lawler tourna la tête vers elle. Il décida de laisser le troll seul avec son barbecue intégré.
« Tu vas bien ? » interrogea Styx.
« Moi oui mais toi ? Il t'as serré le cou ! » répondit Hermione.
Il portait les mêmes traces rouges qu'elle, moins soutenues car le troll n'avait pas eu le temps d'aller plus loin.
« Ce n'est rien. » reprit Styx.
Maelys approcha, demandant à appliquer un onguent sur le cou de son grand frère. Celui refusa.
« Mets-en plutôt à Hermione. » dit-il.
« C'est déjà fait, tu sais. » répliqua la petite.
« Dans ce cas poursuivons. »
Styx s'éloigna comme si rien ne s'était passé. Toutefois, Hermione le rattrapa vite fait.
« Hé. »
« Quoi ? »
« Merci d'être venu à mon aide. »
Styx lui jeta un regard avant d'afficher un léger sourire. Derrière, Rayan donna un léger coup de coude à Laïla, avec un regard entendu. Cette dernière lui rendit son regard. Un peu plus loin, Maelys se porta à la hauteur de Styx et Hermione.
« Sanglier d'airain ! » clama-t-elle.
La petite fille pointa une enseigne avec l'animal en métal forgé. Les enfants l'observèrent un moment. Puis ils approchèrent de la porte et la poussèrent. La salle n'était pas très pleine. On leur jeta un regard pendant qu'ils entraient.
« Désolé les p'tiots, mais y'a pas de lait ici. » lança le tavernier, lutin visiblement.
« Eh bien pressez votre nez, ça devrait couler à flots. » rétorqua Rayan.
« Quoi ? »
Quelques clients ricanèrent. Laïla repéra une silhouette près d'une fenêtre. Elle tourna la tête vers Styx, puis acquiesça. Sans plus attendre l'aîné de la fratrie se dirigea vers la table. Un elfe s'y trouvait.
« Kersaël ? » demanda Styx.
« C'est à quel sujet ? » rétorqua l'elfe.
« Rynadel nous a dit de venir vous trouver. Après ce qui s'est passé chez les fées et vous. » répondit Harry.
« En quoi cette histoire concerne-t-elle des mioches ? » reprit Kersaël.
« Les mioches comme vous dites, ont un petit quelque chose de spécial. Comme de descendre d'un certain verdruis. » lança Laïla.
Kersaël fronça un instant les sourcils. Puis il les invita à prendre place.
« Ce verdruis ne serait pas Twalrich, par hasard ? » demanda-t-il.
« Ça se pourrait bien, ouais. » fit Rayan en s'appuyant sur ses deux mains.
Kersaël demanda de l'hydromel. Une fois tout le monde servit, il leur demande ce qu'ils souhaitaient savoir. Styx lui exposa ce qu'ils avaient découvert, et pourquoi Rynadel les envoyaient vers lui. Kersaël était généralement bien informé.
« Il n'a pas tort, j'ai souvent les oreilles qui traînent. Je crois que vous avez raison, y'a un sorcier derrière tout ça. Un qui aimerait sûrement devenir le mage noir n°1 à la place de l'autre cloche. » commença l'elfe.
Il prit une lampée.
« Ce qui expliquerait pourquoi il ou elle prends la magie du petit peuple. Y a-t-il eu d'autres races magiques attaquées ? » demanda Laïla.
« Ouais. Lutins, farfadets, trolls … tout le monde a eu sa petite visite. Toujours par les N'dorch, avec une personne qui manque ensuite à l'appel. »
« Et vous savez où on peut le trouver ? » interrogea Hermione.
« Certains ont essayé avant vous. Mais ne sont jamais revenus. Je suis sûr que c'est à cause du mélange de magie que ce sorcier possède. Vous les Lawler, vous pouvez réussir. Parce que vous êtes comme lui ou elle, un mélange. Vos petits amis sorciers pourront sûrement vous filer un coup de main aussi. Bref, allez donc voir près du château de Lorenleï, un ancien seigneur lutin. » informa Kersaël.
Il but à nouveau. Pour se rendre compte que la famille Lawler le fixait intensément. Kersaël suspendit son geste.
« Woh pas la peine d'entrer tous à la fois. Je vous ai dit la vérité. Je n'ai nulle envie de voir surgir un nouveau sorcier noir qui cette fois, aura les moyens de nous massacrer. »
L'inspection cessa. Les enfants terminèrent leur verre. Ils laissèrent ensuite l'elfe régler la consommation, puis quittèrent la taverne. Une fois au dehors, Maelys courut vers un arbre, contre lequel elle appuya l'oreille. Elle parut murmurer quelque chose. L'arbre bruissa un instant, sans qu'il n'y aie nul courant d'air.
« Le château est à trois jours de marche d'ici, en partant par là. » annonça-t-elle en montrant une direction.
« Comment tu le sais ? » s'étonna Harry.
« C'est l'arbre qui me l'a dit. » répondit Maelys en le rejoignant.
« Nous parlons aux arbres, grâce à notre ascendance hamadryade. Les nymphes des bois. » expliqua Laïla.
Maintenant que les enfants possédaient l'information dont ils avaient besoin, ils pouvaient quitter le marché. Ils arrivèrent en haut d'un sentier. Au loin, un château se dessinait. Il sembla à Hermione qu'une de ses tours était en ruines. Voilà un coin qui paraissait charmant. Rassurant à souhait avec sans doute des portes grinçantes, des toiles d'araignées un peu partout. Pittoresque quoi.
« Bien, qui réserve les chambres ? » demanda-t-elle.
Ses amis sourirent.
« Perso je comptais y aller au culot. Et s'il n'y a plus de place ... » fit Styx.
« On se chargera d'en faire. » compléta Laïla.
Ils entreprirent ensuite de descendre le chemin. Tout le restant de la journée ils marchèrent, traversant bois et plaines, longeant des cours d'eau. Ils établirent leur campement au bord d'une petite rivière. Plus tard dans la soirée, après le repas Harry vit Laïla s'éloigner. Tiens où allait-elle ? Seule dans les bois ce n'était vraiment pas sûr. Les autres ne parurent pas avoir remarqué que la jeune fille n'était plus là. Il se leva et entreprit de la suivre. Lorsqu'il la rejoignit, il la découvrit en train de flotter sur l'eau. Elle lui faisait face, à genoux à six centimètres au-dessus de l'eau, les yeux clos et deux doigts levés de profil.
Soudain, l'eau s'agita autour d'elle. Des filets d'eau lévitèrent pour exécuter une sorte de danse autour de la brunette. Un chant sortit de sa bouche, une sorte de mantra.
« Dadga, gutuater, pa ganan sklaer. »
Laïla s'auréola de lumière. L'eau brilla elle aussi. Harry fixa l'étrange spectacle. La voix de Laïla emplissait tout l'air, et résonna en lui. Il cligna des yeux. Il se sentait comme aimanté vers l'eau, et la chanteuse. Son regard prit un éclat vitreux. Sans qu'il ne s'en rendre compte, il marcha vers la rivière. Ses pieds touchèrent l'eau. Harry voulait atteindre Laïla, il voulait se blottir contre elle, tout oublier. Ne plus entendre que sa voix. La jeune fille ouvrit des prunelles lumineuses. Elle parut se lever, puis d'un geste gracieux fila jusqu'à Harry, l'eau suivant son mouvement.
Laïla lui tendit les mains. Potter, qui s'était figé, la contempla un instant. Il donna finalement ses mains à la brune. Elle le souleva facilement, comme s'il était fait de coton. L'eau les entoura tous deux, telle une barrière protectrice. Désormais à moitié allongé contre elle, Harry fixait le visage de Laïla, qui n'avait pas cessé de chanter. Il leva la main et caressa sa joue.
« Harry ! »
Rayan était sur la rive. Il avait finalement remarqué l'absence de son camarade, ainsi que sa sœur. Laïla le fixa. Rayan afficha une moue contrariée.
« Par mon sang qui coule en toi, cesse ton charme et rends-moi cet enfant. » lança-t-il en celtique.
Laïla ne répondit rien. Après ce qui parut être un instant, elle afflua vers son frère et lui tendit le sorcier. Rayan recueillit Harry, et le traîna loin de sa sœur. Une fois près du camp, il lui tapota les joues. Harry reprit connaissance, pour découvrir les visages, inquiet pour elle, d'Hermione, de Rayan et de Maelys.
« Que … qu'est-ce qui s'est passé ? Où est Laïla ? » demanda-t-il en se redressant.
« Là où nous l'avons laissée. A la rivière. Désormais tu sauras qu'il ne faut pas s'en approcher quand elle consulte l'avenir. Son sang de fée prends le dessus et elle peut te tuer. Je te dis pas quand ses hormones vont se réveiller, ça va être jouasse.» informa Rayan.
« Quoi ? Comment ça me tuer ? » s'étonna Harry.
« Tu n'as pas eu envie de la rejoindre ? De ne faire qu'un avec elle ? » questionna Maelys, espiègle.
Harry se sentit rougir. Mais si, c'était exactement ce qu'il avait voulu. Jamais il n'avait connu pareille attirance.
« Les fées ont pour habitude d'attirer les jeunes hommes qui leur plaisent. Une fois qu'elles ont eu ce qu'elles voulaient, elles les tuent. Dans ton cas, elle se serait contentée de prendre ton énergie et de te noyer. Laïla utilise les pouvoirs des fées lorsqu'elle veut voir l'avenir. C'est le plus efficace. » continua Rayan.
Haryr fut choqué. De penser que Laïla l'aie attiré si facilement, les émotions qu'il avait ressenties, intenses, incontrôlables. Si Rayan n'avait pas été là, il serait au fonds de l'eau.
« Elle va te hanter pendant un moment. Tu pourrais vouloir la rejoindre, mais nous sommes là. » avertit Styx.
« Comment se fait-il que Laïla l'aie relâché ? » voulut savoir Hermione.
« Elle a obéi à son propre sang quand je lui en ai fait la demande. Y'a pas plus fort que le sang, car c'est la vie et la mort, les liens sacrés. » répondit Rayan.
Harry se releva, et se tourna vers l'endroit où il savait qu'elle était. Pourquoi n'y retournerait-il pas ? Sans doute devait-elle l'attendre. Laïla était seule, en pleine nuit, c'était dangereux. Il fit un pas, avant que Maelys ne lui barre la route.
« Stop ! Tu restes là. Tiens bois ça va te calmer. » dit-elle en lui donnant un flacon.
Harry la regarda, puis posa sa main sur son épaule. Il écarta doucement la fillette.
« J'ai dit pas bouger ! » s'exclama Maelys.
Elle activa cette fois ses pouvoirs mentaux. Le corps d'Harry se bloqua. La petite dernière de la famille revint vers lui, puis le tendit à nouveau le flacon, lui intimant cette fois de boire. Potter prit la potion sans discuter, et l'avala d'un trait. La seconde d'après, il s'écroula au sol.
« Harry ! » fit Hermione.
Elle se rua vers lui, mais Maelys leva la main.
« Du calme, c'est juste une potion de sommeil. Comme ça au moins il ne sera pas tenté d'aller faire trempette. »
« Puissante au moins ? » s'informa Styx.
« Ben évidemment ! Pour qui tu me prends, une débutante ? »
« Bon ben allons le coucher. Enfin je veux dire, l'amener à son sac de couchage. » conclut Rayan.
Aidé d'Hermione, il le porta à sa tente qu'il partageait avec lui et Styx. Hermione décréta qu'elle allait aussi se coucher. Maelys leva la main pour claironner qu'elle faisait pareil. Un rien après, Laïla parut. Styx la regarda passer. Elle se dirigea directement vers la tente des garçons. La brune écarta un pan de la tente. Harry dormait du sommeil du juste, les lèvres entrouvertes. Rayan releva la tête à son approche. Laïla entra. Elle se mit à quatre pattes au-dessus de Potter, qu'elle fixa pendant un instant. Elle se pencha ensuite doucement, et posa son front contre le sien. La jeune fille resta ainsi pendant un moment, avant de redresser et de s'asseoir à côté de lui.
« Alors quoi de neuf ? » lança Rayan qui croisa les mains et les pieds.
« Il aura besoin de nous. Maman avait raison, cet enfant n'est pas heureux. » annonça-t-elle.
« Ok pour moi. T'en toucheras un mot au frangin ? »
« J'y vais. »
Laïla sortit de la tente, pour s'approcher de son aîné et prendre place à ses côtés.
« Tu as vu notre avenir. » dit-il sur le ton de la constatation.
« Oui. Je sais ce qui nous attends là-bas. On nous appelle à l'aide. » répondit Laïla.
« Ce qui signifie que des gens du petit peuple capturés sont encore en vie. Autre chose ? » continua Styx, les yeux dans les flammes du camp.
« Oui. Mais tu verras. Le reste concerne Harry. »
Styx tourna les yeux vers elle.
« Nous devons l'aider. Regarde. »
Styx se tourna vers elle. Laïla appuya son front contre le sien. Elle se recula un bref moment après.
« Très bien. A la fin de l'année scolaire. » décida Styx.
Laïla hocha la tête, avant de gagner sa tente. Styx veilla encore un moment avant d'aller se coucher. Le jour suivant, Harry fut le dernier à s'éveiller. Il attrapa ses lunettes, puis sortit de la tente. Le premier regard qu'il croisa fut celui de Laïla. Le jeune fut prit un moment par l'éclat saphir de ses prunelles. Ce fut elle qui rompit le contact. Une main se posa sur l'épaule de Potter.
« Bien dormi ? » demanda Hermione avec un sourire.
« Oui merci. Et toi ? »
« Pareil. Tiens mange, on part après. » dit-elle en lui tendant une écuelle de fruits et viande séchée.
Harry la remercia puis piocha dedans. Il vit soudain Laïla s'approcher de lui. Le Gryffondor suspendit son geste, un morceau de viande dépassant de sa bouche.
« Je suis désolée pour hier soir. » dit-elle.
Ainsi, elle se souvenait, elle avait été consciente de ce qui avait pu se passer.
« J'espère que tu m'en voudras pas. Le sang qui prends le contrôle à ce moment est plus fort que tout. Je ne peux que rester à regarder. » reprit-elle en croisant les mains sur la poitrine.
« Fl'est pas grave ! Oups, pardon. » fit Harry en crachant sa viande.
« Cela aurait pu l'être. Si mon frère n'avait pas été là … tu serais sûrement mort tu sais. » reprit Laïla, l'air contrite.
« Ben euh … tu pouvais rien y faire alors bon … je peux te pardonner. »
« Vraiment ? »
« Oui oui ! T'en fais pas, j'ai retenu la leçon. Je croyais que tu risquais quelque chose en t'éloignant comme ça, mais en fait non. » avoua Harry.
« C'est gentil à toi de t'être inquiété de mon sort. Je te remercie, et je te laisse déjeuner. » conclut la brunette.
Laïla s'éloigna tranquillement. Harry soupira, puis continua à déjeuner. Quelle histoire décidément. Le reste du groupe déjeuna tranquillement, puis leva le camp. Ils avaient encore un long chemin à parcourir. Durant les autres nuits, Harry prit soin de rester à distance lorsque Laïla s'éloignait pour consulter l'avenir. Une expérience lui avait suffit. N'empêche, il se sentait encore étrange en sa présence. Sûrement encore un effet de son sang de fée. Au bout des trois jours de marche, les jeunes se présentèrent devant un château en ruines. Il était tout au bout d'un chemin de terre.
