Chapitre VI : Où es-tu ?

Puis, Edward commença à me chanter ma berceuse, et au son de ces notes familières, je tombais dans un profond sommeil, après qu'il ait embrassé ma joue une dernière fois

POV Bella

Je me réveillais le lendemain matin après avoir trop dormi. Mes membres en étaient tout endoloris et je me sentais encore fatiguée, prête à replonger dans un profond sommeil. C'était toujours comme ça, quand je dormais trop : je ne pouvais plus m'arrêter. Si je ne m'étais pas rappelée de la journée précédente, je crois que j'aurais été de fort mauvaise humeur. Mais hier avait simplement été la journée la plus magique de toute ma vie. Après plusieurs mois d'absence, j'avais retrouvé mon Edward, j'avais retrouvé ma famille, et j'étais heureuse. Mon père avait cru a mes effrontés mensonges et j'avais passé la nuit chez mon amoureux, dans son lit ou nous avions, pour la première fois fait l'amour. Je n'aurais pu rêver mieux.

Je poussais alors les couvertures de mon corps et m'étirais doucement. A ma grande surprise, j'étais habillée de mon pyjama en soie blanche. Il m'avait pourtant semblé que je m'étais endormie juste après notre moment d'intimité ; au quel cas, je devrais me trouver nue. Mais finalement, cela n'avait pas grande importance. Je tournais doucement la tête, et une brusque surprise me retourna : Edward. Edward n'était plus la. Je me levai et me mis en quête de mon vampire, arpentant la maison, pièce par pièce. L'étage tout d'abord. Je regardais dans sa chambre, ou j'étais. Il était si silencieux que je pouvais très bien ne pas l'avoir entendu, mais dans tous les cas, lui m'entendrait. Rien. J'entrais alors dans la salle de bain conjointe à sa chambre, espérant le trouver sous la douche. Pas de bruit d'eau pas de lumière, rien. Bon, voila que la tache semblait plus difficile. Il voulait jouer à cache-cache, le petit malin.

Je le cherchais dans le bureau de Carlisle, en vain. Je commençais alors à descendre les escaliers, me disant qu'il était certainement au salon, à regarder un quelconque match avec Emmett. Malgré la tardive heure de cet après-midi, par égard pour eux, je n'entrais pas dans les chambres de ma « belle-famille ». Edward m'avait dit qu'Emmett et Rosalie étaient pires que des lapins. Je ne savais rien de ce côté la sur Jasper et Alice, et cela me convenait parfaitement. De même pour Carlisle et Esmée. Bien que je fusse au courant qu'ils avaient tous une vie amoureuse, imaginer ses parents, ses frères et sœurs copuler n'est pas agréable. Du tout.

Arrivée au pied de l'escalier, je n'entendais toujours rien. Aucun signe de vie. Pas de télé beuglante, pas d'odeur de cuisine habituellement préparée pour moi, pas d'Alice me sautant au cou pour mon inattendu réveil. Toujours rien. Alors que j'arpentais le séjour ou je ne trouvais personne, je commençais à paniquer. Je traversais la cuisine rapidement pour m'apercevoir qu'elle aussi, était vide. Sans grand étonnement ma foi. Je me précipitai dehors. Toujours personne, ni dans le jardin derrière la maison, ni devant. J'avais vraiment peur.

Je rentrais à nouveau dans la maison vide, regardant vaguement par la fenêtre laissant aller mes pensés. Je m'aperçu soudain qu'aucune des voitures appartenant au Cullen n'était sortie. Je jetais un coup d'œil rapide au garage, pour m'apercevoir que là encore, les voitures n'étaient pas non plus. Je du me rendre à l'évidence : Ils n'étaient pas partis chasser, idée première à laquelle j'avais pensé constatant leur absence.

Je sortais du garage, et avançais un peu sur la route qui menait jusqu'à la villa. Rien non plus. Pas de trafic sur cette petite route de campagne, pas de voiture de sport ostentatoire, toujours rien. Je retournais à la villa, dépitée.

Une fois à l'intérieur, je pris brusquement conscience de deux choses : J'avais froid, et j'avais faim. Je montai donc à l'étage, dans la chambre d'Edward lui emprunter un pull. Même s'il n'était pas la, j'avais au moins son odeur sur moi. Je descendis à la cuisine et me préparai un petit déjeuner digne de ce nom. J'avais vraiment très, très faim. Au total, j'engloutis plusieurs tartines de pain beurré, une omelette, un yaourt, et bu beaucoup de jus d'orange.

Je ne savais pas l'heure qu'il était. Simplement que nous étions mercredi et que j'avais certainement déjà raté l'école. Le réveil confirma mes soupçons : 13h26. Oh ! La vache, qu'est-ce que j'avais dormi ! Je me souvenais d'être arrivée à la villa vers 18h la veille, d'avoir passée une bonne heure avec tout le monde au salon, puis d'être montée à l'étage avec Edward. Nous avions fait l'amour, et je m'étais endormie. Vers 20h. J'avais presque dormi 18h d'affilées.

Je m'allongeai sur le divan du salon, et allumai la télé. Je changeais de chaine plusieurs fois, avant de tomber sur un film passable que je commençais à regarder, et devant lequel, je m'endormis à nouveau rapidement.

Je dormais mal et fis plusieurs cauchemars, dont, fort heureusement je ne me rappelais pas au réveil. Je me levais et m'assise, regardant l'heure à nouveau : 15h32. Je regardais autour de moi, mais personne n'était la. J'étais seule. Seule dans cette grande maison. Seule à nouveau.

Une vague de panique et d'angoisse m'envahit. S'ils n'étaient pas la, qu'aucune trace d'un quelconque passage n'existait, alors que s'était-il passé ? Comment m'étais-je retrouvée la ? Avais-je simplement rêvé le retour d'Edward ? Oui ! C'était cela ! Le réveil que j'avais tant craint depuis le début de ce rêve était maintenant arrivé. Evidement, Edward ne m'aurais jamais promis de me rendre immortelle ailleurs que dans un rêve. Il n'aurait jamais acceptée d'avoir des relations d'amour charnel avec moi, humaine, ailleurs que dans un rêve. J'avais rêvé, laissé vagabonder mon imagination, et maintenant, je le payais, très cher.

Alors, je me recroquevillai et pleurais tout mon saoul. Mes nerfs avaient lâchés, et je commençais à trembler comme une feuille. J'avais froid, encore. Je frictionnais mes bras, dans le mince espoir d'apporter une quelconque chaleur à mon corps. Malheureusement, ce geste n'eut pas l'effet escompté, mais un autre bien plus malheureux. En le frottant vigoureusement, le pull d'Edward avait libéré un peu de sa délicieuse odeur, et elle venait désormais me chatouiller les narines. Je me remis à pleurer à cette sensation.

Je m'arrêtai peu après de pleurer. Certainement, j'étais déshydratée, car la peine, elle, ne m'avait pas quittée. Je me mis en tête de prendre une douche. Je montai alors à l'étage, dans la chambre de mon amoureux récupérer quelques vêtements et ma trousse de toilette. Contrairement à tout le reste : Les Cullen, leurs voitures, etc. ; mes affaires étaient toujours la.

J'entrai alors dans la salle d'eau, fermais la porte à verrou, et commençais à me déshabiller. J'avais une mauvaise mine, vraiment, Alice avait raison. Alice ? Alice n'était que le fruit de mon imagination ! Elle n'était jamais revenue, pas plus qu'Edward et les autres, c'était impossible. Mais alors, comment se faisait-il que je sois dans leur maison ? Autant de questions sans réponse auxquelles j'évitais de penser maintenant.

Le teint grisâtre, les yeux injectés de sang, les cheveux ternes …, je ne respirais pas la santé, effectivement. Dans l'histoire, je ressemblais bien plus qu'Alice à une leucémique. Je démêlais mes cheveux du mieux que je pouvais avant de les mouiller, pour les abimer le moins possible. Je me brossais les dents, fis tourner l'eau et entrais dans la cabine de douche. L'eau chaude sur ma peau gelée paraissait brulante. C'en était douloureux. Comme des centaines de fines lames traversant la peau toutes en même temps. Je baissais le thermostat, et bientôt, je fus suffisamment réchauffée pour apprécier la température de l'eau. Je commençais par me laver la peau du visage avec un savon hypoallergénique, pour les peaux très (trop) sensibles. Une fois mon visage propre et rincé, j'ouvris les yeux et commençais à faire mousser mon shampoing préféré, celui à la fraise. Je nettoyais ensuite l'ensemble de mon corps et rinçais tranquillement chaque parcelle de peau. Une fois la douche terminée, je coupais l'arrivée d'eau et m'enroulais dans une grande serviette douce et bien chaude.

Je re-démêlais mes cheveux avec un peu d'après-shampoing, puis les séchais. Je m'habillais comme à mon habitude, d'un jean et d'un tee-shirt tout simple. J'attrapai une paire de chaussettes que j'enfilais précipitamment, n'appréciant pas le contact des mes pieds sur le carrelage froid. Je remis le pull d'Edward et m'allongeais sur notre lit, dans sa chambre. Je regardais l'heure. 17h52. Nous étions au mois de janvier, en hiver, et la nuit tombait tôt. Il faisait déjà nuit dehors. Cela faisait presque 24h, une journée complète que je ne les avais pas vu, et je ne comprenais toujours pas ce qui m'arrivait. Décidant d'attendre avant de céder à la panique, je redescendais à la cuisine pour me préparer à manger. Je mangeais presque autant que le matin. Je nettoyais la cuisine et débarrassais la table, mettant en route le lave-vaisselle. Je rangeais dans le frigo et dans le placard tout ce que j'avais déplacé, et retournai au salon lorsque j'eu tout terminé. Avec regret, je vis que la pendule n'avait pas beaucoup avancée : 19h. Je remontais alors, m'affairant à ranger, nettoyer tout ce qui avait besoin de l'être, et de prendre tout mon temps. C'était la seule chose à faire pour ne pas devenir folle.

Hélas, dans une maison de vampires, je fus vite déçue. Avec tout le temps supplémentaire dont ils disposaient, effectivement, la maison était parfaitement propre. Je nettoyais malgré tout la salle de bain que j'avais précédemment utilisée, et rangeais la chambre de mon amoureux, fis le lit, tirant les couvertures et les draps. Une fois tout cela terminé, je me jetais sur le lit si fort que j'en entendis les ressorts couiner. Je baillais, prête à m'enfoncer dans un profond sommeil, lorsqu'au travers du brouillard épais de la nuit, je vis de la lumière frapper les carreaux. Je regardais dehors, pour apercevoir un cortège de voitures, toutes les belles les unes que les autres. Pas de doute, ils étaient la, ils étaient revenus. Je le savais ! Ils ne m'avaient pas abandonnée ! J'allais retrouver mon Edward, il m'avait tant manqué, aujourd'hui. Mais il me fallait des explications. Je ne pouvais cesser de me demander ce qu'ils avaient bien pu faire pendant tout ce temps, loin de moi, sans me prévenir. Je retournais au salon, et sortis sur le perron, devant la villa, attendant pour les voir. Rosalie me passa devant sans rien me dire, m'ignorant completement. Jusque la, rien de très étonnant. Puis Jasper. Toujours rien, pas même un signe de tête. Bien. Voilà Emmett. Et Esmée. Qui me passent devant en courant, toujours indifférents à ma présence. Je n'ai toujours pas vu Edward. Je m'inquiète. Je vois arriver Alice. Elle non plus ne semble pas remarquer ma présence, alors comme je peux, avec mes pauvres moyens d'humaine, je tente de l'empêcher de passer. Je me mets sur son chemin, à la lumière, qu'elle ne me rate pas. Cela marche. Plus ou moins.

- Bella, me dit-elle, la voix chevrotante, tu devrais retourner à l'intérieur, ou rentrer chez toi.

- Alice, qu'est-ce qui se passe ?

- Bella, rentre maintenant, laisse moi passer. Sa voix devenait autoritaire, dure, et ses yeux se voulaient sombres.

- Non ! Où est Edward ?

- Je …

A cet instant, je vis son masque s'effondrer. Je ne comprenais pas. Elle se jeta dans mes bras, me serrant fort contre elle, avec de longs sanglots sans larmes. Les vampires ne pleurent pas. Alors, la panique, que j'avais tant bien que mal refoulée toute la journée explosa. J'étais completement terrorisée. J'avais vu tout le monde, il ne manquait plus qu'Edward et Carlisle. Où pouvaient-ils bien être !?

- Alice, lui demandais-je d'une voix que j'espérais calme et douce, où sont Edward et Carlisle ?

- Mais enfin, tu sais Bella ! Tu as lu le mot ! Elle était partagée entre l'énervement et le chagrin. Je ne comprenais absolument plus rien.

- Quel mot ?

- Celui que j'ai laissé sur la table de nuit d'Edward lorsque nous sommes partis !

- Alice, il n'y avait rien sur cette table de nuit. Rien à part son réveil.

- Ce n'est pas possible. Il y est forcément, tu ne l'as pas vu, c'est tout.

- Bien, il y était et je ne l'ai pas vu ! Dis-je, impatiente. Maintenant, Alice, dis-moi ce qui se passe, je t'en pris.

- Bella … cette nuit, un peu après que tu te sois endormie, Edward à proposé à Jasper et Emmett d'aller chasser avec lui. Il avait prévu de te faire une surprise aujourd'hui, et voulais ne prendre aucun risque. Alors ils sont partis et …

- Oui, quoi ? Je t'écoute, Oh ! Alice !

- Et alors, ils ont fait comme à leur habitude, seulement, après avoir vidé un puma de son sang, Edward s'est mit à trembler, et à recracher tout le liquide provenant de l'animal. On à d'abord cru que le puma était simplement malade, seulement, …, Alice grimaça, puis continua, seulement en rentrant, sur le chemin, il a commencé à se tordre de douleurs, à hurler, il ne pouvait plus marcher seul, alors Jasper et Emmett l'ont aidé. Mais il s'est brusquement écroulé, alors Jaz est venu nous prévenir, et nous avons filé rapidement chez de très vieux amis de Carlisle, pour comprendre ce qui lui arrivait.

J'étouffais un cri d'horreur. Les vampires ne souffraient pas. Pas comme ça. Ils ne pleuraient pas. Non. Quelque chose ne tournait pas rond, et nous devions rapidement comprendre quoi. Mais pour l'instant, tout ce que je désirais, c'était de retrouver celui que j'aimais, retrouver mon Edward, et apaiser ses souffrances. Le savoir dans cet état me rendait folle, completement malade.

C'est alors que Carlisle arriva. Je le vis s'avancer, et remarqua qu'il portait Edward, inconscient dans ses bras. J'éclatais en sanglots avant qu'Alice ne me prenne dans ses bras et ne m'emmène à l'étage, préparer le lit d'Edward pour qu'il puisse s'y reposer. Je m'effondrais au sol, et Alice me consola. Quand Carlisle entra, il déposa Edward sur son lit, et murmura quelque chose à Alice avant de sortir. Cette dernière me dis qu'elle devait descendre, et me demandais de m'occuper un peu d'Edward en attendant qu'elle revienne. J'acquiesçais de suite, et commençais à lui défaire ses chaussures. Je les jetais au loin. Je remarquais que sa chemise était tachée de sang. J'entrepris alors de lui enlever. C'est en touchant son torse par inadvertance que je m'aperçue de la chaleur qui émanait de sa peau. Je posais ma main à son front : il était bouillant. Je lui retirais alors completement sa chemise, son jean et ses chaussettes. Moins il serait couvert, plus la température baisserait et surtout, mieux il se sentirait. Je repoussais les épaisses couvertures au loin, et ouvris son armoire en quête d'un drap fin, que je trouvais rapidement. Je le recouvrais de ce tissu léger, pour cacher son corps aux autres membres de sa famille, qui, eux, ne l'avaient pas vu nu. Je partis chercher des serviettes que je trempais dans de l'eau froide, et lui appliquais sur le visage. Au bout d'une bonne demi-heure, j'allais changer les linges lorsque je sentis sa main s'agripper autour de mon poignet.

- Bella ? demanda-t-il, d'une voix rauque et fatiguée.

- C'est moi, Mon amour. Edward je suis la. Je vais jeter ça, je reviens tout de suite.

- Non ! dit-il. C'était presque une supplique. Reste. Reste avec moi.

- Je … d'accord.

J'avais trop mal de le voir comme ça, si mal en point, si vulnérable, que je ne voulais pas le contrarier s'il m'était possible de l'éviter. Alors je jetais les linges au sol, dégageais mon poignet de son étreinte, et me mis sur le lit, me collant à son corps, le serrant fort contre moi, embrassant tendrement son front, ses tempes, ses joues, puis descendant sa mâchoire jusqu'à son cou.

- Bella, Bella c'est toi ?

- Oui, c'est moi Edward. Je suis la. Je ne pars pas. Je suis là.

- Bella je t'aime.

- Edward, moi aussi je t'aime ! Guéris vite, s'il-te-plait, repose toi maintenant, et guéris vite, pour moi je t'en supplie.

Des larmes silencieuses coulaient maintenant le long de mes joues, tandis qu'Edward s'endormais paisiblement dans mon étreinte. Cette situation était tellement extraordinaire, et à la fois banale. Tellement humaine.

OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO

Voila, ce chapitre avec un peu de retard, désolée, mais j'ai la grippe depuis quelques jours, et j'étais clouée au lit toute la journée hier. Pour me faire pardonner, un chapitre un peu plus long qu'a l'habitude. Prochaine publication demain, sans fautes ;) J'espère que ce chapitre vous a plu, j'attends vos reviews, bisous.

Petite Fée.