Je vous aime.

Une autre surprise d'ici la fin de la semaine vous ferait plaisir ?


La chambre semblait vide, il n'y avait que deux lits superposés, deux bureaux, deux armoires et une fenêtre. Ah… Et une silhouette seule qui dormait paisiblement sur l'un des lits du bas, silencieuse et rêveuse. Cette personne était sur le dos, la tête légèrement tombante sur la droite, reposant sur un oreiller pas assez rebondit pour avoir l'air confortable. Néanmoins cela ne semblait gêner en rien le dormeur à la touffe chocolat, sa moue innocente bien différente de son habituelle expression dure lorsqu'il était éveillé.

Les chuchotements derrière la porte de la pièce non plus ne semblaient point le déranger.

- Rappelle-moi pourquoi je fais ça Jean…

-Ta gueule Conny ! T'étais plutôt d'accord il y a deux heures alors ce n'est pas le moment de te défiler putain !

-Ok, Ok, ma vie est naze… Ca sert à quoi sérieux ?

-Conny je vais t…

-La ferme vous deux ! Conny, si t'as accepté de suivre Jean tu te tais et tu le suis ok ? Et c'est trop vous demander d'être discret ? Sérieusement on va se faire prendre comme des cons si ça continue alors maintenant, silence !

-Merci Levi, il commençait à me casser les coui…

-J'ai dit silence bordel !

La porte s'ouvrit lentement en grinçant très légèrement. Trois silhouettes masculines patientaient derrière et la plus grande d'entre elles regarda à l'intérieur avec mille précautions.

-Les gars, j'crois que y'a pas de danger les gens à l'intérieur ont l'air endormis vu le silence royal qu'ils nous offrent…

-Rentrons.

Les trois pénétrèrent dans la salle, en remerciant le ciel du PVC suffisamment récent pour ne pas craquer désagréablement à chacun de leurs pas. L'homme le plus petit et à la voix la plus grave ordonna aux autres d'un ton autoritaire :

-Bon Jean fouille les lits histoire de voir où ton chéri dort. Conny, tu fouilles dans les armoires avec moi.

Il ne fallut pas longtemps au ledit Jean pour trouver la seule personne endormie de cette pièce.

-Hé les gars, j'ai regardé tous les lits et y'a que lui qui dort ici, il a la chambre à lui tout seul !

-Sérieux ? Quelle chatte, il est chanceux ce gosse !

-Conny ! Discret ! Ramène-toi et cherche dans l'autre armoire s'il n'y a pas ses affaires !

L'adolescent au crâne rasé s'exécuta pour s'exclamer un peu moins fort peu après :

-C'est bon Leader, il a tout mis là, on prend quoi ?

-Hum… Prenez ce qui a l'air bien personnel, des objets qui ont l'air d'avoir de la valeur à ses yeux.

Il fut fait selon ses ordres. Les trois s'activèrent devant l'armoire et prirent quelques objets tels qu'un cadre dont la photo masquée par l'obscurité ne permettait d'être bien observée, un carnet cadenassé et un autre petit carnet plus mince plus léger et plus simple que le premier.

Cela achevé, le plus grand ferma avec soin la porte du meuble et s'apprêta à suivre ses deux acolytes lorsqu'un objet posé sur la table de nuit et éclairé par la lune l'interpela.

-Levi, y'a son portable là bas, on l'emmène aussi ?

-Nan Jean, je pense que c'est bon, il risquerait de tout de suite alerter un pion s'il découvrait son absence.

-D'accord, allons y.

Dans un nouveau petit grincement, la porte se referma sur les trois malfaiteurs, alors que peu après leur sortie, le brun s'agita dans son sommeil, soudainement en proie à un énième cauchemar.

Dans le couloir, les intrus regagnèrent la chambre qu'ils avaient la chance de partager les trois, en plus d'un mec blond nommé Uri, qui avait bien trop peur d'eux pour oser quoi que ce soit. Alors que ce dernier dormait déjà, ce que tout individu normal ferait à plus de deux heures du matin (sauf bien sûr les fans de mecs gays qui lisent jusqu'à trop tard le soir…), ils entrèrent en trombe, allumèrent la lumière et se posèrent ensemble sur le lit de Jean. Pourquoi pas sur celui de Levi, en bas également ? La question de se pose pas, s'il y a une règle à retenir : pas de microbes dans « l'espace Levi ». Simple, mais difficile à appliquer pour un crade comme Conny par exemple.

-Alors Jean, à quoi ça va te servir d'avoir tout ça sur le canon de notre classe ? Tu ne crois pas qu'on devrait les remettre pour qu'il ne s'aperçoive pas de la disparition de ses affaires ? Fit remarquer Conny.

Les deux autres soupirèrent en cœur.

-Conny, si j'ai pris tout ça, c'est justement pour que ce canon s'en rende compte. C'était l'idée de Levi à la base, il trouve ça cool d'utiliser des objets auxquels les gens tiennent pour les manipuler J'espère qu'il fera tout de que je voudrai s'il veut espérer les récupérer…

-Merci pour tes big ups gratuits Jean, mais on peut s'intéresser au contenu de ces trucs maintenant ? En plus t'arrêtes pas de dire le mot canon pour ta proie, mais avec tout ce noir je n'ai même pas vu à quoi il ressemblait, dit-il un brin vexé d'être le seul à ne pas connaitre l'apparence de leur « cible ».

- 'inquiète Leader, tu ne seras pas déçu…

-Ouais j'ai déjà entendu ça.

-Passons à ça, les interrompit Conny en brandissant un mince carnet blanc.

Alors qu'ils se penchaient les trois en même temps dessus, le beau noiraud tiqua.

-Prenez vous distances, vous êtes trop près là.

Aussitôt dit, aussitôt fait, les caprices du chef ne semblaient même plus les déranger. De ses fins doigts, celui-ci ouvrit le bouquin sous les yeux attentifs de ses deux camarades.

Des poèmes,

Des dessins,

En vrac.

Des lignes qui exposaient des mots durs, désorganisés, comme semblaient l'être les pensées de leur auteur. Mais un ensemble magnifique, peuplé de dessins aux traits vifs et sombres, sombres comme pourrait l'être un cœur brisé.

Cela, Levi ne fut pas le seul à l'avoir remarqué. Jean dit étonné :

-Putain… Il est… Très fort.

Et les trois compagnons passèrent la nuit à dévorer les écrits d'un adolescent qui se réveillait en sueur non loin de là, à la suite d'un horrible cauchemar.


Chapitres un peu plus courts = posts plus fréquents. Cela vous va ?