Chapitre 7

Il faisait déjà nuit noir en ce milieu de soirée quand elle franchit à nouveau les lourds battants du grand hall de l'Hyperion. Étonnement celui-ci était désert de toute âme, alors elle ne s'attarda pas et s'empressa de rejoindre les appartements de son ange. Une fois arrivée devant la grande porte elle frappa timidement et fut rapidement accueillit par le vampire brun qui un sourire aux lèvres lui glissait déjà : - Tu es revenue.

c'est bien ce qu'on avait dit ? Demanda-t-elle presque incertaine.

Oui mais je m'étais dit que tu voudrais peut-être encore profiter de Dawn.

Tout en entrant dans la pièce et en lui montrant une grosse valise qu'elle tenait en main elle lui répondit amusée : - Tu rigoles, quand on est rentré toute les deux , elle m'a presque jetée dehors en me disant que j'avais bien mieux à faire que de rester avec elle, et que j'avais intérêt à vite te rejoindre.

Alors qu'elle déposait sa valise dans un coin de l'entrée comme par peur d'envahir l'espace personnel d'Angel, en quête d'information elle lui demanda : - il n'y avait personne en bas, où est-ce qu'ils sont tous passés ?

Harmony et Lorne sont rentrés à leurs appartements,Giles est retourné à son hôtel, et les Tueuses encadrées de Spike, Faith et Alex sont partis faire une patrouille pour les mettre dans le bain.

C'est une bonne idée. Commenta-t-elle.

Perdu sur le souvenir de l'après-midi passé il lui lança : - En parlant de Dawn, elle avait l'air plutôt enthousiaste.

je crois que l'époque où on combattait tous ensemble lui manque. La distance nous a tous éloigné les uns des autres et elle est un peu nostalgique de ce temps-là. Mais je lui ai fait comprendre que je ne voulais pas l'avoir près de moi lors de la grande bataille, je ne veux pas m'inquiéter pour elle, ça serait une distraction et je ne peux pas me le permettre.

Je comprends. Ajouta-t-il pensant inévitablement à la prophétie dont il devait aborder le sujet avec elle et qui pourrait également la distraire s'il ne lui en touchait pas un mot très bientôt.

Il voulu s'approcher d'elle pour juste calmer le besoin de la sentir dans ses bras mais avant qu'il n'en ait eu l'occasion elle prit un air beaucoup plus sérieux et lui annonça:- Il y a quelque chose dont je ne t'ai pas parlé.

Sentant que le vent était en train de tourner dans un mauvais sens il souffla doucement la courte distance qui les séparait , posa délicatement une main sur sa joue et tout en la regardant droit dans les yeux, murmura : - Dis-moi.

Elle baissa la tête un instant comme prise en faute puis lui ajouta : - Je dois repartir à New York. Je ne peux pas reculer l'échéance. C'était prévu que je reparte mais du coup ce sera juste un aller-retour, je serais revenue bien avant l'arrivée de Willow.

Quand ? Lui demanda-t-il simplement, presque effrayé de la savoir s'éloigner de lui, même temporairement.

Demain. Mon billet de retour était prévu pour demain. Confessa-t-elle le cœur en berne.

Si tôt ? Osa-t-il prononcer.

J'étais juste de passage à L.A. Je n'avais pas prévu qu'une apocalypse me tomberait dessus, ni que toi et moi...enfin tu vois.

Il acquiesça doucement de la tête lui faisant comprendre qu'il avait saisit le message. Puis son cœur pourtant sans vie se serrant il lui demanda :

Tu pars combien de temps ?

Juste quelques jours, le temps de me trouver une remplaçante qui pourra gérer puis reprendre mon cabinet. Mais aussi... pour rompre avec Dan, ce que je suis en train de faire même si c'est ce que j'ai attendu toute ma vie, ce n'est pas correct envers lui, je dois mettre fin à cette relation pour avoir l'esprit en paix. Je veux en finir avec ma vie de New York pour recommencer ma vie là où elle doit être.

À L.A.

Elle souffla la négative de la tête pour amoureusement murmurer :

Dans tes bras.

Il l'enlaça tendrement puis la souleva de terre, provoquant chez elle un doux rire cristallin, un de ceux qu'il aimait tant entendre.

Angel qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-elle en riant.

Si tu dois partir loin de moi alors je veux profiter au maximum de cette soirée.

Elle comprit vite où il voulait en venir, et déjà elle eut un sourire face à la perspective qu'annonçait cette soirée.

Il avait déjà fini de traverser la pièce et se trouvait maintenant dans la chambre. Il la re-déposa tendrement sur ses pieds tandis qu'elle partait déjà à l'assaut de ses lèvres. Même s'ils étaient deux à partager ce baiser passionné, il savait qu'il la laissait mener la danse, tout simplement parce qu'il voulait juste ressentir le désir qu'elle avait de lui et qui faisait écho à celui qu'il ressentait pour elle.

Mais aussi parce qu'il savait qu'il inverserait bientôt la tendance, pour juste prendre la dominance de cette dernière soirée entre amoureux, pour répondre à son besoin possessif de ne la savoir qu'à lui. Il savait que ce soir il lui ferait l'amour différemment de la nuit précédente, pour juste se calquer aux besoins que son prochain départ avait créé.

Le regard fiévreux, elle s'était assise sur le lit comme pour une invitation à l'y rejoindre, mais au lieu de le faire il s'était agenouiller face à elle et s'appliquait à déboutonner lentement le chemisier en soie qu'elle portait, et à son goût elle trouvait que s'en était d'une lenteur insoutenable.

Elle tenta de faire accélérer les choses en lui ôtant son T-shirt, et en agrippant presque rageusement le pantalon du vampire. Mais il retira ses mains croisa son regard embué de désir et lui souffla : - on est pas pressé. On a tout notre temps alors laisses-toi aller.

À ces paroles elle se stoppa un instant puis relâcha la tension du désir qui la tenaillait pour juste ressentir chaque frisson qu'il faisait naître par un baiser savamment donné à ses lèvres ou à la douce et fragile peau de son cou.

Quand il eut fini de déboutonner et de lui retirer son chemisier ainsi que son haut de sous-vêtement,il lui ôta délicatement les hauts escarpins qu'elle portait.

Puis il lui donna un profond baiser qui par sa douceur et son volupté la fit frémir, c'est ce moment qu'il choisit pour l'allonger sur ce grand lit qui n'attendait qu'eux.

Elle ne savait pas quel genre de scène il lui jouait ce soir, tout ce qu'elle savait c'est qu'il était train d'éveiller en elle une telle envie de son corps à lui qu'elle avait l'impression que jamais il ne viendrait assez tôt pour combler cette presque douloureuse attente. Et alors qu'après avoir tracé un sillon de baisers du haut de son cou jusqu'en bas de son ventre, il atteignit son pantalon noir, elle cru que la délivrance allait bientôt sonner. Mais l'élu de son cœur en avait décider autrement.

Avec la même lenteur il s'affaira à lui ôter le tissu noir , la laissant uniquement vêtue de son string rouge. En douceur et sans la presser, il embrassa tendrement l'intérieur de ses cuisses et malgré l'odeur de son désir féminin maintenant collé à quelques centimètres de lui qu'il avait relevé depuis déjà de longues minutes, il essaya de contenir l'envie qui le martelait et qui criait à son corps de lui faire l'amour là, maintenant sans autre forme de procès. Il se contrôlait parce qu'il voulait tout simplement la goûter là où il n'avait pas oser poser ses lèvres deux jours auparavant.

Et même s'il anticipait quelque peu sa réaction, ils se disait qu'il mettrait tout en œuvre pour qu'elle apprécie ce moment autant que lui.

Alors il fit glisser le petit bout de tissu qui préservait encore sa féminité.

Quand son petit string quitta ses chevilles l'une après l'autre, elle pensa qu'il allait enfin mettre fin à ce doux supplice qu'il lui infligeait, mais déjà elle sentit la bouche de son ange se recoller sur la fine peau de l'intérieur d'une de ses cuisses. Elle sentait les lèvres et la langue de son amant se rapprocher lentement mais sûrement de son intimité. Quand il y déposa un premier baiser elle eut un mouvement de recul et prononça simplement mal-à-l'aise : - Angel.

Il releva la tête pour croiser son regard et lui demanda doucement pour ne pas la brusquer: - Tu as peur ?

Très gênée elle avoua : - non, c'est juste que ce genre de caresses c'est pas trop mon truc, enfin tu vois ?

Intrigué, il poussa la question plus loin : - Qu'est-ce qui te fais dire ça ?

Les joues rougies d'avoir à parler sexualité qui avait été un des plus grands tabous de leur relation, avec lui, elle tenta de s'expliquer : - On m'a toujours dit que du bien de cette pratique là, mais quand il s'agit de moi j'ai l'impression que ça ne marche pas. Je veux dire...c'est pas désagréable mais c'est pas non plus quelque chose que j'apprécie plus que ça. Je voudrais pas que tu y perdes ton temps.

Il sourit intérieurement à cette remarque se disant que finalement aucun des hommes qu'elle avait pu connaître n'avait su lui apporter l'extase qu'elle méritait. Alors avec ses 259 ans plus confiant en lui que jamais il lui murmura simplement : - Laisses-toi juste faire.

Et dans l'instant il repartait à l'assaut de son corps plus déterminé que jamais.

Elle ne voyait pas où il voulait en venir mais décida tout de même de lâcher prise, et quand il atteignit du bout de ses lèvres son bouton d'or lui arrachant un premier gémissement, elle comprit instantanément que lui seul pourrait lui faire apprécier n'importe quelle pratique grâce à sa grande expérience et/ou tout simplement parce qu'il était lui.

L'instant suivant elle se sentit défaillir, comme si son corps et son esprit ne répondaient souffle s'accélérait, des sensations inconnues parcourait son corps provoquant à chaque coup de langue du vampire des gémissements que jamais elle n'aurait cru s'entendre pousser.

Perdant pied , elle agrippa la tête de son ange comme pour s'accrocher à un repère dans cet espace-temps où seul eux existaient .

Elle ne pu s'empêcher laisser de petits cris passer la porte de sa bouche alors qu'elle rejetait sa tête en arrière.

Il était attentif à chaque détails voulant qu'elle en retire une merveilleuse expérience, comme pour la convaincre du plaisir qu'elle pouvait en retirer, et dès qu'il l'avait entendu pousser quelques râles, il avait su qu'elle ne le repousserait plus, il savait qu'il venait de lui ouvrir les portes d'un monde nouveau emplit de sensations bien trop grisantes.

Alors il avait simplement fait navigué sa bouche entre tous les trésors que lui offrait sa féminité, s'y perdant presque de pouvoir enfin la goûter ainsi après toute ces années. Il jouait de ses lèvres, de sa langue comme s'il cherchait à lui faire pousser tous les sons qu'il avait cru ne jamais pouvoir un jour entendre.

Il avait doucement légèrement remonté ces jambes pour juste confortablement l'installer, et alors que ses jeux de langues avait déjà bien malmené les sens de la jeune femme, il ajouta au jeu ses doigts experts. Déjà elle se cambrait d'avantage, à la limite de ce que son corps lui permettait.

Il savait très bien dans quel état elle se trouvait, ses cris, son souffle saccadé et la pression qu'elle exerçait sur son cuir chevelu pouvaient attester de la force de l'extase qu'elle vivait. Et de la savoir dans cet état le rendait tout simplement fou, s'il voulait pouvoir poursuivre leurs jeux amoureux, il allait devoir se contrôler nettement plus ou il ne tiendrait plus bien longtemps.

De tous ce qu'elle avait pu connaître auparavant jamais elle n'avait ressentie de telles sensations, cet acte qu'elle avait pour habitude de délaisser devenait soudainement quelque chose dont elle savait qu'à l'avenir elle ne pourrait plus se passer. Et alors qu'elle avait réussit avec beaucoup de mal à se faire cette réflexion, un puissant orgasme traversa son corps sans qu'elle l'ait vue venir.

Après de longues secondes, alors qu'elle reprenait doucement pied dans la réalité, elle vit son ange remonter à sa hauteur pour lui voler ses lèvres dans un baiser passionné auquel elle répondit non sans difficulté tant elle était encore dans un état second.

Mais il ne lui laissa pas le temps de se reprendre, déjà il avait quitté les derniers vêtements qu'il portait et elle sentit l'objet de son désir fier et dur, s'immiscer en elle.

Elle ne put que souffler son nom dans un râle comme un remerciement pour enfin l'avoir soulagée de cette trop longue attente de lui.

Si les premiers a-coups se firent dans la plus grande douceur, très vite il imprima à leurs corps un nouveau rythme, bien plus possessif. Il voulait laisser son empreinte, lui donner un souvenir impérissable de cette nuit comme une réponse à son départ bien trop précipité.

Il pouvait sentir les petits ongles s'enfoncer dans sa chair sous chacun de ses assauts, comme si elle voulait s'agripper, se retenir à lui. Sur chaque expiration elle gémissait son plaisir.

Il prêtait tellement attention à ce qu'elle pouvait ressentir qu'il s'en oubliait presque, alors que son propre corps était quasiment en transe. Mais il le savait, seul elle avait ce pouvoir là sur lui.

Alors qu'elle repartait dans les méandres du plaisir, entre souffles saccadés et râles, elle sentait les mains de son amant effleurer chaque courbe de son frêle corps. Elle lui volait baisers et regards pour parfaire cet instant de communion des âmes et des corps.

Puis sans qu'elle ne réalise le pourquoi du comment, il se retira d'elle. Elle n'eut pas le temps de protester ce soudain abandon, qu'elle se retrouva à plat ventre, le visage enfouit dans les coussins.

Il passa lentement sa main du haut de sa nuque jusqu'en bas de ses reins la faisant frissonner de tout son être tandis qu'elle tournait la tête de côté pour essayer de saisir son regard.

Avec la douceur que seul lui détenait, sans jamais la brusquer, à l'aide de ses grandes et puissantes mains qui encadraient ses hanches, il releva légèrement son bassin.

Déjà il la réinvestissait sous un angle tout nouveau qui ne manqua pas de lui faire à nouveau pousser de longs gémissements .

Étant quelque peu pudique elle n'avait auparavant jamais osé certaines positions, les trouvant souvent peut-être un brin dégradantes, certainement un peu mal à l'aise de sembler soumise pour elle qui avait l'habitude de toujours vouloir tout contrôler. Mais avec lui tout était différent, elle comprenait enfin ce jeu de dominant-dominé où malgré les apparences il y était tout de même question de partage et d'amour.

Possédée par lui, dépossédée de toute volonté propre, elle se mit même à rechercher elle-même qu'il étale un peu plus son emprise sur elle. Elle s'entendait lui demander qu'il l'investisse plus fort, plus rapidement. Ces mots qu'elle n'aurait jamais cru prononcer un jour. Elle découvrait une partie d'elle dont elle n'avais jamais eut conscience.

La sentir dans cet abandon total, se livrant juste entièrement à lui, mettait ses nerfs à mal.

Les réactions qu'elle lui offrait lui faisait comprendre qu'elle découvrait certaines sensations entre ses bras. Alors en bon amant passionné, il répondait à ses demandes, à ses attentes tout en la guidant sur ce nouveau chemin pavé de plaisir.

À l'apogée de leur étreinte, il la sentit se contracter avec une puissance qui lui faisait savoir qu'elle vivait un orgasme sans précédent. Jamais il ne l'avait vu aussi belle, aussi épanouie qu'à ce moment là. C'est sur cette réflexion qu'il la rejoignit en se déversant en elle.

Après quelques secondes, le temps de reprendre ses esprits, il s'allongea à ses côtés. Il tourna la tête pour y croiser son regard. Elle n'avait pas bougé et était toujours étendue sur le ventre, la tête de son côté. Alors qu'il pouvait encore apercevoir dans ses yeux l'étincelle du bonheur, elle lui afficha un sourire comblé. Sur le moment elle était juste incapable de prononcer un mot tant ce qu'elle venait de vivre avait été fort.

Il tendit son bras pour la ramener à lui, à sa place, au creux de son épaule. Et même si ce moment là était emplit de tendresse et d'apaisement, elle sut immanquablement qu'ils n'en resteraient pas là. Sa prescience lui faisait savoir que son départ futur avait créé en eux un vide qu'ils allaient essayer de combler dans les bras de l'autre jusqu'à ce qu'ils soient apaisés.

Et puis elle venait de prendre goût à ce nouveau léger jeu de domination-soumission dont elle ignorait tout auparavant , et sa curiosité la poussait à vouloir en découvrir plus. Elle savait que de tout temps seul lui pouvait lui ouvrir cette voie, sans la brusquer, simplement parce qu'il était cet être attentif à ce qu'elle ressentait, cet homme plus qu'expérimenté et juste parce qu'il était celui qu'elle aimait tant qu'elle lui aurait donné la plus petite part d'elle si il le lui avait demandé.

C'est la sonnerie du réveil qui émanait de son smartphone qui la fit émerger ce matin là. Alors qu'en grognant elle l'éteignit, avec un lourd poids au cœur elle re-situa la journée qui s'annonçait. Elle devait prendre l'avion dans à peine quelques heures.

Comme pour ne pas faire face à ce qui l'attendait elle se remit instinctivement à l'endroit où elle se sentait à l'abri de tout, les bras de son ange.

Immédiatement il referma ceux-ci sur elle, elle sut à cet instant qu'il était éveillé.

Je ne voulais pas te ré lança-t-elle en levant la tête vers lui.

Ne t'en fais pas, j'ai toujours eu le sommeil léger. Commente-t-il.

Oui mais tu as sûrement encore sommeil, ça fait pas longtemps qu'on s'est couché. Ajouta-t-elle perdu sur les souvenirs de la nuit passée.

J'aurais tout le temps de rattraper mon manque sommeil pendant ton absence, là je veux juste profiter de nos derniers instants ensemble.

Elle se remonta pour se poser sur l'oreiller près de lui pour juste lui faire face et juste amoureusement croiser son regard. Alors qu'ils se dévisageaient tendrement, elle demanda :

Angel ?

Hum ?

J'ai pas envie de partir. Devoir te quitter comme ça, c'est trop dur. Lui confessa-t-elle.

Je n'ai pas envie que tu partes non plus mais je sais également que si tu ne fais pas ce que tu ressens le besoin de faire tu ne seras pas en paix avec toi même. Alors même si ça me déchire le cœur de le dire je sais qu'il faut que tu y ailles.

Oui mais comment partir après tous ce qu'on vient de vivre ce derniers jours, après...

Elle stoppa sa phrase un instant presque gênée de ce qu'elle avait failli prononcer. Mais il chercha à comprendre ce qu'elle avait voulu lui dire et lui demanda tendrement pour la mettre en confiance :

Après quoi ?

Elle évita délibérément son regard et alors que le rouge montait à ses joues elle lui répondit en murmurant presque : - Après cette nuit et tout ce que tu...enfin tu vois.

Il sourit intérieurement, elle avait beau être une femme à part entière, elle n'en demeurait pas moins une jeune femme pudique quand il s'agissait de parler de sexe. Il avait bien compris cette nuit qu'elle ne connaissait pas tout des jeux amoureux mais elle s'était donnée à lui comme jamais, ne l'arrêtant jamais sur chaque nouvelle caresse, chaque position qu'il introduisait dans leurs é lui était apparue comme une jeune femme qui découvrait des trésors et qui avait soif d'apprendre, de découvrir le plaisir qu'elle pouvait retirer de chaque nouveauté qu'il instaurait.

Un sourire aux lèvres face à ces souvenirs, il lui répondit simplement : - J'ai compris, ne t'en fais pas.

Puis il ajouta pour répondre à la question qu'elle se posait à savoir « comment s'en aller ? » :

Buffy, je ne suis pas le mieux placé pour te convaincre de partir.

Je sais. Murmura-t-elle en baissant à nouveau la tête sachant pertinemment qu'il maudissait en lui-même ce départ bien que comme à son habitude il s'appliquait à ne rien laisser paraître de ce qu'il pouvait ressentir.

Un silence avait suivit cette dernière phrase mais aucun des deux ne le trouvait trop pesant, tout simplement parce qu'ils étaient perdus dans leurs propres pensées, dans ce futur immédiat qui laissait planer l'ombre de la douleur de devoir se séparer, à nouveau, si tôt, trop tôt. Parce que bien qu'elle exprime son désir profond de rester, tous deux étaient conscients que les dés étaient joués, et que son départ était inéluctable.

Il lui passa une main sur la joue, puis du bout des doigts lui releva le visage pour pouvoir y croiser son regard puis lui demanda doucement : - Tu pars dans combien de temps ?

Elle saisit son smartphone pour y regarder l'heure et répondit avec un léger tressaillement dans la voix qui n'échappa au vampire brun : - Je dois être à l'aéroport dans trois heures.

Ces simples heures restantes lui paraissait presque trop courtes, il aurait tellement voulu la garder près de lui, comme si finalement malgré ce qu'ils leurs étaient arrivés ces derniers jours il avait encore peur de la perdre, qu'elle s'en aille et ne revienne plus. Il savait que c'était ces huit longues années sans savoir où elle était, sans savoir aucunes nouvelles, qui provoquait cette peur en lui. Et même si il avait une confiance sans faille en elle, il y avait quelque chose en lui ne cessait ne lui marteler en tête que peut-être en rejoignant sa vie New-yorkaise elle aurait peut-être tout simplement envie de tout abandonner encore une fois, et le pire c'est qu'il comprendrait son choix. Se disant qu'il ne pourrait jamais égalé cette vie de rêve qu'elle s'était construite. Cette vie de luxe, de non-démons, non-destinée, avec cet homme qui pouvait...

Il fit taire cette petite voix en lui qui tentait de le faire douter et comme pour se conforter dans l'idée qu'à l'avenir elle ne serait qu'à lui, il déposa un sage baiser sur ses lèvres avant de proposer à contre-coeur :

Tu veux qu'on rejoigne les autres en bas, pour profiter d'eux avant ton départ ?

Ses yeux verts s'illuminèrent et avec un sourire malicieux qui se dessinait aux coins de ses lèvres, elle répondit simplement : - J'ai une bien meilleure idée.

Elle était arrivée depuis déjà quelques heures, avait déposée sa lourde valise en quatrième vitesse sans s'attarder dans son duplex et avait entreprit quelques démarches professionnelles.

Puis nerveusement elle était rentrée dans cet appartement qui était sien mais qui subitement lui paraissait si loin d'elle. Il lui apparaissait vide, dépersonnalisé, certes vaste mais peut-être trop comme si il sortait tout droit d'un magazine de décoration intérieur. Il était presque froid, manquant de chaleur humaine. Comment avait-elle pu y vivre toute ces années sans jamais sans rendre compte ?

Comme par habitude, elle se dirigea devant la grande baie vitrée du salon d'où elle avait bien souvent regardé les gens passés suivant leur propre vie.

Alors face à la nuit sans étoile qui couvrait maintenant cette trop grande ville son esprit recommença à divaguer.

Dés demain elle allait devoir continuer sa démarche pour trouver la remplaçante qui saurait reprendre son cabinet, ce projet qui lui avait tant tenu à cœur et qui pourtant aujourd'hui lui semblait à des kilomètres de qui elle était vraiment. Elle voulait juste retrouver SA vie même si cela voulait dire combattre à nouveau toutes les choses démoniaques tapies dans l'ombre, parce qu'au fond elle savait qui elle était, qui elle avait toujours été même si elle se l'était caché ces dernières années. Elle était la Tueuse et aujourd'hui plus que jamais elle savait apprécier à sa juste valeur sa mission, sa destinée, qui elle était véritablement en fin de compte.

Mais même si elle était entièrement confiante face à l'avenir qui se traçait devant elle, elle savait que Dan rentrait le surlendemain et elle appréhendait plus que fortement la lourde discussion qui allait s'en suivre. Non pas parce qu'elle avait peur de sa réaction, mais tout simplement parce qu'elle savait qu'elle allait lui briser le cœur. Il avait pourtant été cet homme si doux, si tendre, si attentif et si amoureux. Dans ses bras elle s'était sentit heureuse et avait eut sa part de bons moments mais les choses étaient claires à présent, ce qu'elle avait pu éprouver pour lui n'était rien comparé à ce qu'elle ressentait pour son beau vampire brun, seul lui lui faisait ressentir cet amour passionnel qui vous transcende au-delà des mots, de la raison, qui irradie votre être, un amour qui vous prend aux entrailles sous chaque baiser, chaque caresse, chaque regard à votre encontre.

Elle n'était rester que cinq jours à L.A. , n'avait passé que trois nuits, dans ses bras, mais comme toujours en sa présence c'était comme si le temps s'arrêtait, se suspendait, et au final elle avait l'impression qu'il s'était écoulé quelques semaines.

Tout était allé si vite, si naturellement et malgré presque une décennie sans s'adresser la parole, malgré treize ans passés depuis leur rupture, ils avaient reprit leur relation comme s'il s'était quitté la veille. Enfin presque.

Maintenant ils pouvaient se donner librement l'un à l'autre, cette chose dont elle avait rêvé, qu'elle avait espéré pendant de trop nombreuses années. Combien de fois avait-elle rêvé de sentir à nouveau sa peau contre la sienne, ses mains sur corps, et de le sentir en elle ? De trop nombreuses fois. À présent elle pouvait vivre ce qu'elle avait toujours souhaité dans les bras du seul homme qui avait détenu entièrement son cœur et qui le détenait encore.

Et même si de nombreuses nuits pendant de trop nombreuses années elle s'était réveillée en sueur d'avoir fait un rêve bien trop érotique à son sujet, ces dernières nuits elle avait comprit qu'elle avait encore tout à apprendre dans ses bras, bien plus qu'elle ne l'imaginait.

Ce qu'elle avait pu ressentir jamais cela ne lui était arrivée, comme si lui seul savait où la toucher, comme si sous ses doigts elle se révélait enfin. Sans parler du fait qu'il était un amant hors-pair qui plus est bien gâté par la nature, elle savait que lorsqu'ils ne faisaient plus qu'un, ils rentraient dans une communion des sens, des cœurs, des corps et des âmes. Peu de gens ont la chance de connaître ça et rien que pour ça elle savait remercier le destin à sa juste valeur d'avoir su le mettre sur son chemin de vie.

Elle savait avec certitude que plus jamais elle ne pourrait se passer de lui.

Elle avait vécu trois nuits d'amour, mais trois nuits d'amour tellement différentes. Une où c'était juste leur désir qui les avait guidé, une il avaient faits l'amour passionnément, tendrement après avoir fait l'amour plus brutalement suite à cette discussion où elle avait mit son âme à nu, et enfin cette dernière nuit où il avait montré son côté possessif, la dominant si bien qu'elle s'était laissée sans appréhension, juste en confiance, se soumettre à ses désirs.

Sans parler de ce matin où leurs corps s'étaient simplement livrés à un amer au revoir.

Elle se demandait combien de choses il pourrait encore lui apprendre, lui faire découvrir, même si au bout du compte elle s'en fichait du moment qu'elle puisse être dans ses bras, c'est tout ce qui lui importait.

Le cœur lourd d'être loin de l'être tant aimé elle quitta la grande baie vitrée qui donnait sur ce grand parc bien trop célèbre et partit se coucher dans ce lit froid et vide. Ce lit qui à présent ne représentait que trop bien son passé et qui ne faisait que trop cruellement ressentir l'absence de l'être aimé.

Seul devant une des portes fenêtres de son appartement, il regardait dehors sans vraiment observer ce qui pouvait bien se dérouler sous ses yeux.

Elle lui avait passé un coup de fil alors que la nuit tombait à peine sur la cité des anges, pour comme elle disait « juste entendre sa voix ». Elle était apparemment bien arrivée et de ce qu'elle lui avait dit avait entreprit des démarches professionnelles. Mais elle ne s'était pas trop étendue et comme tout homme jaloux, il ne pouvait s'empêcher de penser à cet homme qui avait partagé sa vie qui sûrement devait être auprès d'elle. Elle ne lui avait glissé aucun mot à ce sujet mais il ne pouvait cesser d'y penser.

La petite voix en lui qu'il avait su apaiser le matin même revenait en force pour bousculer ses pensées et ses convictions. Il redevenait cet homme jaloux incapable de maîtriser ses émotions, pourtant il savait qu'elle lui reviendrait bientôt. Mais c'était plus fort que lui, plus fort que sa raison, il ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'elle pouvait bien faire à cette heure-ci, ce qu'elle pouvait bien dire à cet homme-là, si en retrouvant le foyer qui était sien elle repartirait quand même pour L.A. Est-ce que cet homme pourrait la faire changer d'avis ?

Finalement elle n'avait pas passée une semaine complète à la cité des anges, et ils ne s'étaient véritablement remis ensemble que depuis deux jours. Tout est allé très vite, peut être trop vite ?

Peut-être qu'avec la distance elle remettrait ses idées aux clairs et ferait volte-face ?

Pourtant ce qu'ils avaient vécu ces derniers jours étaient tout simplement magique, elle s'était donnée à lui sans retenue, il avait même presque pu toucher du doigt son âme à certains instants. Jamais il ne l'avait vu aussi heureuse, aussi épanouie, aussi confiante. Mais était-ce suffisant pour elle ?

Il ne pouvait empêcher son cœur sans vie de douter.

Il poussa un long soupir sous ses questions qui le broyaiten de l'intérieur et partit se coucher dans ce lit vide de l'être aimé.

Plus que jamais son manque se faisait cruellement sentir, il aurait voulu l'avoir dans ses bras, parce que quand elle y était il se sentait tout simplement apaisé, heureux. Plus rien d'autre ne comptait et plus aucunes questions ne le taraudaient. Il espérait juste s'endormir rapidement afin que son esprit le laisse enfin en paix.

Elle entrait de nouveau dans ce grand hall le cœur en fête, bien que son rapide voyage à New York n'ait pas été des plus faciles. Mais elle n'avait qu'une hâte en montant les marches d'escaliers quatre à quatre, retrouver l'homme qu'elle aimait au plus vite.

Il était plus de deux heures du matin, elle n'avait avertit personne de son retour qu'elle avait tout simplement précipité car bien trop pressée de revenir à L.A., et qui plus est son avion avait eut du retard. Il n'était donc pas étonnant qu'à cette heure-ci l'Hyperion paraisse vide.

Elle arriva devant la porte des appartements de son ange, hésita un instant puis au lieu de frapper contre le lourd battant en bois, elle poussa doucement la porte.

Les lumières étaient éteintes, elle déposa délicatement et sans bruits sa valise dans un coin près de l'entrée.

Dans le même silence, elle referma la porte, puis quitta ses talons hauts.

Pieds nus, elle traversa discrètement la pièce à vivre et arriva dans la chambre.

Il était là, torse nu, endormit sur le ventre, la tête sous un coussin.

Elle quitta alors tous ces vêtements sans un bruit, s'approcha du grand lit et alors qu'elle avait l'impression que son cœur n'avait jamais battu aussi vite, elle se glissa sous les draps.

Elle se colla presque immédiatement contre le dos du vampire et passa une de ses jambes contre les siennes.

Alors que du bout des doigts, dans la pénombre ambiante, elle détaillait le A surmonté d'un griffon tatoué dans le dos de son ange, il se réveilla.

Il sut immédiatement que c'était elle, son unique odeur de peau envahissait de nouveau la pièce et comme depuis toujours il ressentait sa présence au fond de lui.

Bien que cette soudaine inattendue apparition réjouissait son être entier il murmura simplement : - Tu m'as manqué.

A ces mots prononcés rien que pour elle, un large sourire s'étendit sur son visage et elle ajouta : - toi aussi. Mais je ne voulais pas te réveiller.

Il se retourna pour la prendre dans ses bras et alors qu'elle retrouvait la place qui lui revenait de droit il lui répondit : - ce n'est pas important, ce qu'il l'est c'est ton retour.

Elle se demandait comment elle avait pu rester trois longs jours si loin de lui. Tout lui avait manqué, sa voix qui la faisait chavirer, les mots d'amour que lui seul savait prononcer, la façon qu'il avait de la regarder qui n'appartenait qu'à lui, cette présence que lui seul détenait et son odeur qui la chamboulait toujours de trop.

Alors qu'elle se perdait dans ses yeux il lui demanda : - Comment s'est passé cette petite escapade.

On s'en fiche, on aura tout le temps d'en parler. Répondit-elle se perdant dans ses yeux.

Tu as raison.

Alors qu'est-ce que tu attends pour m'embrasser ?

Il posa délicatement ses lèvres sur les siennes alors qu'elle s'agrippait déjà à lui. Il profitait de la douce chaleur de sa bouche, de sa langue taquine et de ses douces mais rageuses lèvres qui le dévoraient.

Il sut que ce baiser les amèneraient plus loin quand audacieusement elle glissa sa main sous l'élastique de son bas de pyjama. Il réprima un grognement de plaisir et la glissa sous lui.

Enfin la trop longue attente de son retour était terminée, et il n'avait qu'une envie, que leurs corps se rapprochent encore et toujours comme trois jours auparavant.

Il savait d'avance que cette nuit qui avait commencée par sa douloureuse présence manquante serait maintenant ponctuée de soupirs, de baisers, de caresses et d'extases.

Alors le cœur réjouit il l'embrassa de plus belle.