Bonsoir

Voici le nouveau chapitre =) !

J'espère que tout va bien pour vous.

Merci à vous pour toute vos reviews

Merci à ma team Bêta pour la correction.

Bonne lecture.


POV Edward

- Isabella, s'il te plaît, calme-toi... parle-moi, chérie.

Je tenais toujours dans mes bras ma femme en larmes, le corps secoué de sanglots. Ça faisait dix minutes maintenant qu'elle était dans cet état après m'avoir annoncé qu'elle avait vu un médecin pendant mon absence et que les résultats étaient mauvais. J'étais fou d'inquiétude mais elle n'était pas en condition de parler.

Je l'avais prise dans mes bras, nous étions assis dans l'un des fauteuils de notre chambre, elle sur mes genoux. Prenant mon mal en patience, je caressais son dos dans le but de la calmer avant de savoir ce qui allait mal. Pitié Seigneur, faites en sorte que ce ne soit pas grave, je ne survivrais pas à sa perte. Nous ne méritions pas ça, nous en avions assez bavé.

- Bébé, s'il te plaît.

- Je suis... désolée...

- Tu dois te calmer. Je vais te chercher de l'eau. Je reviens.

Elle consentit à se lever de mes genoux et je m'empressai d'aller lui chercher un verre et de l'eau dans le minibar de notre chambre. Elle but un verre d'une traite et essuya ses larmes d'un revers de la main en tentant de reprendre le contrôle de sa respiration.

- Est-ce que ça va mieux ? Tu veux quelque chose ?

Elle secoua la tête et je lui laissai encore un instant pour se reprendre.

- Bella, mon ange, je dois savoir maintenant.

Elle hocha la tête.

- Je ne sais pas par où commencer.

- Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ? Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais vu un médecin ? Enfin, je comprends que j'étais en Chine mais j'avais le droit de savoir.

- Je ne voulais pas t'inquiéter.

- Et pourquoi tu ne m'as rien dit ce soir ?

- Tu as vu comment tu es arrivé ici ? Tu hurlais, tu étais furieux et cette histoire t'a occupé toute la soirée.

Elle avait raison. Incapable de trouver quelque chose à dire, je me contentai de lui caresser la cuisse.

- Bella... qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que tu as ?

- Je suis... enceinte.

Je restai interdit. Je la dévisageai, je scrutai son visage strié de larmes. C'était ça sa maladie ? Elle n'était pas malade ! Elle était juste enceinte ?!

- Quand tu dis « Je suis malade », c'est parce que tu es... enceinte ?

Elle hocha la tête et ses larmes coulèrent de nouveau sur ses joues. Je sentis la colère gronder en moi, je m'efforçai de ne pas le montrer.

- Bella, je t'aime mais là... il faut arrêter le délire ! Être enceinte n'est pas une maladie !

Je me levai et passai mes mains sur mon visage. J'étais soulagé.

- Putain ! Mais j'ai cru que tu avais une vraie maladie ! J'ai imaginé un cancer ou un truc du genre !

Elle éclata de nouveau en sanglots. Je me ressaisis et retournai près d'elle.

- Excuse-moi, Bella. Pardon, je n'aurais pas dû crier.

- Je suis effrayée, Edward ! Je suis malade comme un chien tous les matins, tout me fait horreur, tout me soulève le cœur, je ne mange plus rien, je suis épuisée.

Elle se moucha avant d'essuyer de nouveau ses joues.

- Depuis combien de temps ?

- Quatre mois...

Quatre mois ? Impossible ! Nous avions fait tous les examens il y a deux mois, y compris les analyses de sang.

- Mais il y a deux mois ?

- Un faux négatif. Ils ont vérifié deux fois cette fois.

- Comment tu te sens ?

- Mal ! Terriblement mal ! Mis à part mon état de santé, mis à part que j'ai des nausées, et tout le reste, je me sens affreusement mal. Je commençais tout juste à me réapproprier mon corps, à prendre confiance en moi et là... Il y a quelque chose qui pousse dans mon ventre ! Quelque chose qui va me transformer, décider pour moi ce que je dois manger ou boire... Je serai une mère affreuse, je ne suis pas sûre d'aimer les bébés, je ne veux pas... enfin pas encore !

- Ce quelque chose, c'est notre enfant, Bella. Et tu es sous le choc, moi aussi d'ailleurs. Mais on va y arriver. En fait, moi, je suis très heureux.

- Je sais que tu veux des enfants. Mais je ne suis pas sûre d'y arriver. De supporter tous ces changements en moi, les rendez-vous avec les médecins, le gynécologue... et l'accouchement ! Je ne te parle même pas du reste. Une fois qu'il sera là. Je ne sais pas faire, je ne sais même pas porter un bébé ! Et si je ne l'aimais pas ? Je crois même que je le déteste de me faire subir ça !

- Ne dis pas ça, s'il te plaît. Tu l'aimeras, parce que c'est notre enfant. Il faut juste se faire à l'idée. Et nous avons le temps de nous préparer, parles-en avec la psy. Discute avec Alice, ta mère... ou même Emmett, tiens. Il vient la semaine prochaine. Il pourra nous aider !

- Emmett vient ?

- On en reparle après. Qui est au courant pour le bébé ?

- Personne, même pas Alice. J'ai dit que je n'avais toujours pas les résultats. Je pense qu'elle me croit.

- Mais c'est sûr ? Tu as eu tes règles, tu n'as pas le ventre d'une femme enceinte de plus de trois mois.

- Tu sais à quoi ça doit ressembler ?

Je fronçai les sourcils en décelant une pointe de sarcasme dans sa voix, au moins, elle reprenait un peu de vigueur.

- Non. Mais tu es plus maigre que lorsque je suis parti.

- Il paraît que c'est un déni de grossesse. Maintenant que je le sais, je n'aurais plus de règles et mon ventre va... Oh Edward, je vois ça comme un parasite dans mon corps ! Je suis une terrible personne ! J'y arriverai jamais !

Et elle se remit à pleurer. Je savais que je devrais la prendre dans mes bras, la calmer, lui dire que tout irait bien mais je n'y arrivais pas. C'était pour moi une bonne nouvelle et l'entendre parler de notre bébé de cette manière me mettait en colère et me faisait de la peine. Je comprenais parfaitement son point de vue, je voulais bien croire qu'après deux agressions en un an, toutes ces phobies sociales pouvaient la mettre mal à l'aise. Je la regardai, elle semblait vraiment en détresse, les fois où je l'avais vue dans cet état étaient quand elle avait appris la mort de Jacob et quand nous nous étions retrouvés à l'hôpital après sa deuxième agression.

- C'est trop tard pour que tu avortes ?

Je n'en revenais pas de demander ça, mais je préférais ne jamais avoir d'enfant que de savoir que ma femme détestait notre bébé et de la voir dans un état pareil. Je ne perdais pas espoir, peut-être que là maintenant c'était trop tôt... j'en sais rien. Elle me regarda sans répondre, elle m'étudiait, sûrement pour s'assurer que nous allions parler sérieusement. Je gardai mon calme, de toute façon je n'étais plus en colère, j'étais profondément triste désormais. Elle finit par hocher la tête tout en reniflant et en fuyant mon regard.

- Oui, c'est trop tard. Je me suis renseignée.

Dans un sens j'étais soulagé, dans l'autre la détresse de Bella me brisait, elle avait pensé à se séparer du bébé... Mais je n'allais pas me laisser faire, nous aurions cet enfant et elle l'aimerait ! Je me levai.

- Alors tu vas te préparer ! On va avoir un bébé et on sera des parents géniaux ! Il nous reste cinq mois pour être au top. On va s'inscrire à tous les cours de préparation à l'accouchement qu'on trouvera. Alice viendra t'apprendre à changer une couche, à donner un bain, à se servir de tout le matériel de bébé... et tu vas te préparer, on va parler, je ferai venir le docteur Monfort s'il le faut, elle restera ici jusqu'à l'accouchement si besoin !

- Edward tu ne comprends pas...

- Si je comprends mais ça suffit ! Il est temps de passer à autre chose, nous n'avons plus le choix, tu n'as plus le choix. Alors oui, ça sera dur mais c'est fini le temps où tu t'apitoyais sur ton sort à chaque petit obstacle. Passe à autre chose, finis-en une bonne fois pour toute avec tout ça !

Elle me regarda, choquée, la bouche ouverte et les yeux écarquillés. J'aurais pu être plus délicat mais là, j'étais vraiment à bout nerveusement. Elle me fixa un long moment avant de secouer la tête et de se lever.

- Très bien, passons à autre chose. Tu auras ce bébé, ça sera formidable et nous serons comblés de bonheur. Pardon d'avoir paniqué. Je suis très fatiguée, je vais me coucher. Bonne nuit, Edward.

Merde.

Sans me regarder, elle alla se mettre dans le lit et se coucha en me tournant le dos. C'était fini pour ce soir. Je soupirai et décidai de la laisser tranquille. Je sortis donc de la chambre après avoir éteint les lumières, je me servis un verre de bourbon... il fallait que j'arrête de boire pour ce soir. Mais franchement, je n'étais pas aidé. Les transports, mon assistante, Bella... que du bonheur !

Assis dans mon salon, comme un con, tout seul dans le noir, je me sentais complètement déprimé. C'était la première fois de ma vie aussi, que je perdais le contrôle des événements. Je détestais ça. Sortant mon portable de ma poche, je passai en revue tous mes numéros. Je finis par appuyer sur le bouton d'appel.

- Edward ?

- Salut papa... tu as du temps ?

Depuis l'affaire avec ma mère, à qui je ne parlais toujours pas, je m'étais beaucoup rapproché de mon père. Il était très présent dans ma vie, dans celle de Bella aussi, je savais que je pouvais compter sur lui et qu'en plus il serait discret. Il avait toute ma confiance.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- J'ai juste une soirée de merde.

- Tu n'étais pas en Chine ?

- Si. Je suis rentré ce soir après deux jours de voyage. Mon assistante a failli faire planter ma boite, j'ai passé ma soirée à rattraper le coup, et encore ce n'est pas gagné. Et Bella et moi... je sais même pas si on est fâchés ou non.

- À cause de l'assistante ?

- Elle est enceinte, papa...

Il y eut un bref silence au bout de la ligne, puis je l'entendis soupirer avant qu'il ne me réponde.

- Attends une seconde.

Il posa son téléphone et j'entendis sa voix lointaine dire à sa secrétaire qu'il avait une urgence et ne devait pas être dérangé. Merci, papa.

- Edward ?

- Ouais.

- J'imagine qu'au ton de ta voix, je vais devoir remettre mes félicitations à plus tard.

- Moi j'étais plutôt content. Mais là, je sais plus.

- Bella n'en veut pas ?

- Non. Elle voit ce bébé comme un parasite. Elle est malade, fatiguée et elle a perdu du poids, elle a dit qu'elle le détestait de lui faire subir tous ces changements et ceux à venir. Elle a pleuré, dit qu'elle serait incapable de l'aimer à son avis, elle a peur. On lui vole encore son corps.

- Son traumatisme est très profond, Edward.

- Je sais mais j'en ai marre de devoir subir tout ça. Et là, il ne s'agit plus uniquement de moi.

- De combien de temps est-elle enceinte ?

- Quatre mois. Papa, je lui ai dit qu'il était temps qu'elle passe à autre chose, qu'il fallait qu'elle arrête de s'apitoyer sur son sort avec ça. Je regrette.

Je fermai les yeux en me pinçant l'arrête du nez.

- Elle va subir des changements physiques. C'est nouveau et effrayant pour elle.

- Je sais tout ça. Et ça m'effraie aussi. Mais je ne veux pas avoir à choisir entre ma femme et mon enfant. Je ne veux pas qu'elle rejette ce bébé, qu'elle le garde uniquement pour me faire plaisir.

- Vous êtes sous le choc de l'annonce. Vous avez parlé d'avoir un enfant ?

- Elle n'en voulait pas.

- Ah.

- Papa, je ne sais pas quoi faire.

- Déjà, excuse-toi. Même si tu as probablement raison, qu'il faut qu'elle arrête de se cacher derrière sa peur, tu aurais pu être plus délicat, mon fils.

- C'était pas mon soir. En plus elle m'a annoncé ça comme si elle avait un cancer.

Je secouai la tête en repensant à la frayeur qu'elle m'avait faite.

- Edward, je sais que tu subis beaucoup de choses avec Bella suite à ses angoisses. Tu es très patient avec elle, mais il va falloir redoubler d'effort dans les cinq mois à venir. Et puis peut-être que le choc de l'annonce passé, elle aura le déclic et tout ira bien.

- Et si ça ne vient pas ? Elle n'aime pas les bébés. Et ensuite, quand ce petit sera là ? Il sera privé de l'amour d'une mère ? Je serai tout seul ? Je risque de la perdre.

- Tes doutes sont légitimes mais n'y pense pas trop, vis au jour le jour, mon grand. Essaye de la rassurer au mieux. Et parle-lui de tes sentiments à toi. Elle voit toujours sa psy ?

- Oui. Papa, j'ai l'impression de devoir sacrifier mes propres besoins pour elle. J'ai l'impression que ça ne va que dans un sens.

- Je sais.

- On allait mieux, mais là, je sais pas...

- C'est trop récent. Accuse le coup, réfléchis-y sans être fatigué d'un voyage de deux jours, sans t'être pris la tête avec ton assistante et tout ce qui a fait que cette soirée est nulle. Dors, repose-toi et demain tu y verras déjà plus clair. Bella aussi, d'ailleurs, sera peut-être plus disposée.

- Ouais. Tu as raison. Merci, papa.

- De rien, tiens-moi au courant. Je ne dirai rien à personne, je te rassure.

- Je sais, oui.

Je soupirai et changeai de sujet

- Laurel va bien ?

- Oui. Ce n'est peut-être pas le moment de t'annoncer qu'elle est amoureuse.

Je me redressai sous le choc. Ma petite sœur ? Amoureuse ? Mais elle n'a que dix huit ans !

- Amoureuse ? C'est quoi encore ces conneries ?

- Elle ne nous a rien dit, mais je suspecte fortement quelque chose. Ta mère aussi.

- C'est qui ?

- Un jeune homme de sa classe. Il est trisomique lui aussi, mais tout aussi débrouillard que ta sœur.

- Mais ils sont amoureux tous les deux ou elle a juste le béguin ?

- Je crois que c'est partagé.

- Non... Laurel, non... Emmett le sait ?

- Non. Pas encore.

- Je veux voir ce type, je veux parler à Laurel et avec Emmett.

J'entendis mon père rire. Il n'y avait absolument rien de drôle.

- Papa !

- Edward, du calme. Nous la surveillons de près. Nous attendons juste la confirmation pour lui parler.

- Je dirai à Bella de l'appeler. Fait chier... elle est toute petite encore. C'est un bébé.

- Je fais le fier mais au fond je n'en pense pas moins. C'est ma petite fille.

- Et si on effaçait cette journée et qu'on recommençait ?

- Si seulement. Je dois te laisser, mon grand, il faut que j'aille la chercher justement. Elle est en vacances ce soir.

- Emmett doit venir la semaine prochaine, elle pourrait l'accompagner.

- Je lui en parlerai, mais elle a peut-être prévu de sortir avec son petit ami.

- Je vais vomir ! À plus, papa. Merci pour tout.

Il me salua puis je raccrochai. Merde alors. Laurel amoureuse, Bella enceinte... c'est officiel, j'ai perdu les commandes de contrôle. Ressentant le besoin de rappeler à ma sœur que j'étais là pour elle, même si nous étions séparés, je lui envoyai un message.

A : Laurel

Je t'aime. Tu me manques.

Elle me répondit aussitôt avec des tonnes d'emoji en cœurs, ce qui me fit sourire.

De : Laurel

Toi aussi tu me manques. Je t'aime. Emmett vient à New-York. Je peux venir ?

Super ! Déjà un souci de moins !

A : Laurel

Bien sûr, princesse. J'en ai déjà parlé à papa, je lui ai demandé de voir si tu voulais venir ou pas. Ça serait super. Je vais me coucher, il est super tard ici. On s'appelle demain ? Je suis content de savoir que tu vas venir. Bonne soirée et bonne nuit, blondinette.

Sachant qu'elle me répondrait, j'attendis patiemment.

De : Laurel

Je suis trop contente aussi. D'accord pour demain. Je suis en vacances. Bonne nuit, Edward.

Je reçus encore une salve d'émojis puis, dans un sourire, je posai mon téléphone sur la table basse et me laissai tomber dans le fond du canapé. J'étais mort. Je fermai les yeux, juste cinq minutes pour me donner le courage de me lever et monter dans ma chambre.

Trois heures plus tard, j'ouvris les yeux, toujours dans le canapé et la nuque douloureuse. Merde... il était plus de quatre heures du matin. Je passai mes mains sur mon visage et me redressai, sauf que je fus arrêté dans mon élan en constatant que ma femme dormait la tête sur mes genoux. Qu'est-ce qu'elle foutait là ? Délicatement, je m'extirpai du canapé. Elle remua un peu mais ne se réveilla pas. Doucement, je caressai sa joue du revers de ma main. Elle esquissa un sourire. Elle était si belle. Sans faire de bruit, je m'assis sur la table basse et l'observai.

J'étais encore et toujours impressionné et terrifié par la force et la puissance de mes sentiments pour elle. Elle était absolument toute ma vie, elle était mon cœur et mon âme. Même si je devrais certainement encore me sacrifier dans les mois ou années à venir, alors je le ferais, pour elle, parce que j'étais impuissant face à elle. Elle en avait assez enduré, je la voulais heureuse, pleinement et totalement heureuse.

J'avais pensé, qu'une fois le procès de ses agresseurs passé, nous pourrions aller de l'avant. Rosalie avait été super, ils avaient tous écopé de la peine maximale, ils lui devaient tous des sommes affolantes de dommages et intérêts... ils étaient enfermés, justice avait été faite. Je crois que pendant quelques brèves minutes elle s'était senti bien, soulagée. Mais c'était sans compter sur Billy Black qui était venu la trouver à la fin du procès.

Tout comme moi, Rosalie et Emmett, elle avait d'abord pensé qu'il venait s'excuser ou lui demander pardon. Mais nous nous étions tous trompés. Il lui avait dit « Bien joué. Vous avez réussi à tourner les choses à votre avantage. Vous vous êtes sortie d'affaire et enrichie sur le dos de mon fils mort. Vous avez tout gagné alors que vous ne méritez rien »

Bien sûr, ça avait une fois de plus brisé Bella, malgré toutes les preuves et les aveux des accusés, ce type pensait toujours que ma femme était responsable de la mort de son fils. C'était un connard. Mais fragile comme elle l'était, elle avait cru un temps à ces bêtises, elle avait culpabilisé.

C'était étonnant de voir à quel point elle avait deux visages. Dans le travail, elle avait une volonté de fer et ne se laissait pas marcher sur les pieds, elle était têtue et tenace. Mais dans le privé, elle était une petite chose extrêmement fragile qui croyait tout ce qu'on lui disait de négatif à son propos.

Ouais... nous n'étions pas sortis d'affaire... et ce petit bébé n'aidait pas, c'est sûr. Secouant la tête, je me levai et me penchai pour la prendre dans mes bras afin de retourner dans notre chambre. Elle n'était pas grosse, mais en poids mort comme ça, elle faisait ses kilos. Elle remua et entrouvrit les yeux.

- Qu'est-ce qu'y a ?

- Je ne sais pas comment, mais tu t'es retrouvée à dormir dans le salon. Je monte nous coucher.

- J'ai fait un cauch'mar. J'te trouvais pas. J'ai eu peur.

- Je me suis endormi. Désolé.

- Je t'aime, Edward.

- Moi aussi, bébé. T'inquiète pas, on va y arriver. Tu vas y arriver.

J'embrassai son front, montai les escaliers pour rejoindre l'étage où se trouvait notre chambre. Doucement, je l'allongeai dans le lit puis me couchai près d'elle. N'y résistant pas, je l'embrassai. Elle ouvrit les yeux, nous étions désormais parfaitement réveillés, l'un comme l'autre. Nos regards s'accrochèrent, j'y voyais tout son désir pour moi, elle devait voir exactement la même chose dans mes yeux. Elle sourit et fondit sur ma bouche pour m'embrasser avec empressement.

- Je m'étais jurée de t'en vouloir au moins deux jours ! Tu fais chier, Edward !

- Ton langage, bébé. Après tu m'engueules.

- Ferme-la et baise-moi !

J'éclatai de rire, suivi du sien. Parler comme ça ne lui ressemblait pas du tout, mais là elle jouait. Cependant, j'allais la prendre aux mots. Avec précipitation, je la déshabillai, elle en fit autant, nos gestes étaient brusques et absolument pas coordonnés, mais nous nous en fichions. Notre rapport était féroce, bestial et brutal. Aucun de nous ne contrôlait son corps, ses envies et ses gestes. Mon dos porterait les marques de ses ongles, mes fesses aussi. Il serait possible que la trace de mes doigts soit incrusté autour de ses hanches, elle aborderait aussi un magnifique suçon au niveau de son sein droit.

Lorsque nos orgasme respectifs eurent pris possession de nous, je ne me sentis pas soulagé. Je la voulais encore, je n'étais pas rassasié, je n'avais même pas débandé après avoir joui. Tandis qu'elle reprenait son souffle, allongée sur le ventre, je la retournai, embrassai son corps en sueur et pressai mon érection contre elle. Elle pouffa.

- Ils t'ont donné des aphrodisiaques en Chine ?

- Sois pas bête, j'en ai pas besoin alors que tu es là.

- Laisse-moi me reprendre.

Je souris contre sa peau.

- Petite joueuse.

Je mordis l'un de ses tétons, lui arrachant un cri. Elle me poussa alors, je me laissai tomber sur le dos et elle se mit à cheval sur moi. Je pris ses seins en coupe.

- Ils sont plus gros.

- Non... enfin pas tellement. Tu dis ça parce que tu sais.

- Non, je le constate. Ils faisaient pile la taille de mes mains... regarde, là ça dépasse. Tes seins sont plus gros, bébé. Et plus sensibles déjà.

Je passai mon pouce sur le téton que je n'avais pas mordu et elle frissonna en gémissant. Je souris.

- Tu vois.

- Je n'avais pas remarqué.

- Heureusement, ça voudrait dire que tu aurais testé avec un autre.

- Ou toute seule.

- Mais je sais que tu ne fais rien toute seule.

Elle rougit, j'avais raison, Bella détestait se toucher, même quand je lui demandais de le faire. Alors se masturber... même pas en rêve.

- T'es prête ?

Elle remua les hanches sur moi mais secoua la tête. Un sourire pervers prit place sur son visage, puis elle m'embrassa. D'abord les lèvres, le cou puis le torse. Mon érection se fit douloureuse, je cherchai par tous les moyens un contact avec elle. Elle me soulagea en me prenant dans sa main, je poussai un grognement et fermai les yeux. Lorsque je sentis ses lèvres embrasser mon gland, je murmurai son prénom en poussant les hanches vers elle.

Bella ne m'honorait pas autant que je le voudrais de sa fabuleuse capacité à faire les fellations. En fait, c'était moi qui, la plupart du temps, la stoppais. Même si j'adorais ça, qu'elle était très bonne à ce petit jeu, je préférais toujours la sentir contre moi et même si sa bouche était très accueillante, je préférais la chaleur de son vagin. Mais ce soir, rien à foutre, je la voulais cette putain de fellation !

Jouant avec habileté avec moi, Bella me prodiguait un plaisir incommensurable. Elle prenait son temps ou, au contraire, allait très vite. Quand j'avais la force d'ouvrir le yeux, je constatais à chaque fois qu'elle me regardait par dessus ses cils. Alors que la pression était de plus en plus forte, je fourrai mes mains dans ses cheveux. Je gémissais, scandais son prénom, grondais... et alors que j'allais venir, Bella se redressa avec rapidité et s'empala sur moi, elle bougea des hanches deux fois avant que je ne sois dévasté par un orgasme super puissant. Elle savait que ma jouissance était toujours plus forte et plus intense quand j'étais en elle.

- Oh bordel de merde, Bella...

Elle ondulait toujours sur moi. Cette fois, j'avais perdu mon érection mais elle réapparut très vite. Délicatement, je fis remonter mes mains le long de ses cuisses avant de les poser sur ses hanches. Elle sourit.

- Tu as raison... j'aime quand tu jures quand on fait l'amour. Ça m'excite !

Je souris et inversai une nouvelle fois les rôles. Avec tendresse et douceur, cette fois, je l'embrassai. Elle passa ses bras autour de mon cou et me rendit mon baiser tout en caressant mes cheveux. Cette fois, je pris mon temps pour lui faire l'amour, je voulais qu'elle comprenne que je l'aimais et que je serais toujours là pour elle. Elle passerait toujours en premier, peu importe où et quand, elle serait toujours ma priorité numéro une.

Lorsque je me réveillai une nouvelle fois, Bella dormait encore à côté de moi. Il était 8h. C'était inédit chez elle. N'osant pas l'embrasser au risque de la réveiller, je sortis du lit, remontai les draps sur elle et sortis de la chambre pour aller dans la cuisine. Pour la première fois depuis le début de notre relation, j'allais pouvoir lui faire un petit-déjeuner au lit ! Il fallait que je me dépêche, je n'étais pas à l'abri d'un réveil imminent. Café, jus d'orange, tartine, confiture, beurre et nutella... je crois que j'avais tout. Enfin tout ce que j'avais réussi à faire en tout cas. Bella m'aurait fait des pancakes ou un gâteau, moi, je lui offrais des tartines grillées. Quand je regagnai la chambre, elle dormait toujours. J'installai le plateau sur la petite table de notre coin cosy de la chambre. J'allumai la télé en sourdine, m'installai et pris le café que je m'étais préparé.

À part des morts, des catastrophes et la misère, les nouvelles n'étaient pas joyeuses. Je regardai alors mon portable, mes mails surtout. Rien des Chinois. C'était plutôt bon. Je fus ensuite rejoint par Brad Pitt, il s'installa sur mes genoux et s'endormit lui aussi.

Ce n'est qu'à 9h30 que Bella remua. Je la regardai se réveiller, je n'avais jamais le droit à ce spectacle en temps normal. Elle bailla puis s'étira, faisant glisser les draps sur son corps nu. Je souris. Elle passa ensuite les mains sur son visage, repoussant les cheveux qui la dérangeaient. Elle se redressa, trouva mon regard et soupira d'un air mal réveillé avant de se laisser tomber sur le matelas.

- C'est pas sain de regarder sa femme dormir dans un coin et en silence.

- Tu ne me regardes jamais dormir toi peut-être ?

- Tu n'as pas de preuve. Il est quelle heure ?

- 9h30.

- La vache !

- Comme tu dis. Tu as faim ? J'ai préparé ton petit-déjeuner.

- C'est pas normal tout ça.

Je ris et apportai le plateau jusqu'à notre lit. Elle s'assit tandis que je versais du café chaud dans sa tasse.

- Tiens, je viens de le faire.

Elle pâlit d'un coup, écarquilla les yeux et sortit du lit à toute vitesse pour rejoindre la salle de bain. J'avais toujours ma tasse et ma cafetière à la main. Je grimaçai quand je l'entendis vomir. Bon... pas de café. J'éloignai le plus possible du lit ce qui la rendait malade et attendis qu'elle revienne. Quand elle réapparut, elle avait enfilé un t-shirt à moi et avait déjà repris quelques couleurs.

- Je ne... supporte plus l'odeur du café.

- Je vois. Ok c'est noté. Autre chose qui te rend malade ?

- Mon parfum, l'odeur du grillé... Après je ne digère pour le moment plus le poulet, les sodas, quelques légumes aussi. Mais je n'ai pas eu l'occasion de tout tester. Par contre, je mangerais des pâtes jusqu'à overdose... avec des lardons, de la crème et du fromage. Et je n'ai plus trop envie de sucré, juste du salé.

- Ok... tu ne veux pas de tartine alors ? Je peux te faire des pâtes.

- Non, non je vais manger tes tartines.

- Tu veux un peu de lait ?

- Merci, oui.

Elle revint dans le lit timidement et s'installa correctement pour manger.

- Bella...

- Non, n'en parlons pas. Pas encore. Laisse-moi... penser à une autre chose.

- Ok. J'ai une nouvelle qui devrait te distraire.

- J't'écoufe !

Elle avait la bouche pleine et mangeait avec appétit. Je souris.

- Laurel est amoureuse ! Je suis super mal !

Elle fit les yeux ronds et déglutit à toute vitesse.

- Amoureuse ? Comment tu le sais ? Elle t'en a parlé ?

- Non. Mais mon père oui. Un mec de sa classe, trisomique, lui aussi. Elle n'a que dix huit ans, elle est trop jeune.

- Tous les ados ont des flirts. Il est mignon ?

- Je m'en fous. Beau ou pas, je le déteste ! C'est un principe.

Elle rit en secouant la tête et en me tapotant l'épaule.

- Ton cœur va le supporter ?

- Elle est toute fragile... c'est ma petite sœur.

- Alors j'espère que notre bébé ne sera pas une fille, sinon tu ne survivras pas.

Elle rougit et fixa sa tartine. L'entendre parler du bébé comme ça me faisait plaisir. Cependant, je n'insistai pas.

- Quoi qu'il en soit, il va falloir que je me renseigne sur ce gars. Et que je discute avec Laurel.

- Est-ce que tu veux que j'aie une discussion de filles avec elle ?

Je lui lançai un regard suppliant.

- S'il te plaît, oui. Elle vient la semaine prochaine.

- Avec Emmett ? Pourquoi il vient d'ailleurs ?

- Oui avec Emmett. Il doit venir pour le boulot. Alors il a réservé sa chambre d'hôtel chez nous. Il doit m'envoyer un message pour me dire quand et à quelle heure. Et du coup, Laurel l'accompagne.

- Super. Ça va être sympa. On n'a pas vu Laurel depuis Noël.

- Oui, ça fait trois mois. Je ne sais pas combien de temps ils vont rester par contre.

- Et tu as parlé de...

- Du bébé ? Non. Enfin juste à mon père. Mais il ne dira rien. J'avais besoin de parler.

- Je comprends et j'ai confiance en lui... BRAD PITT, NON !

Elle chassa le chat du lit qui partit avec une tartine de beurre et en faisant tomber le jus d'orange sur le plateau. Le tout très rapidement. Bien sûr, ce fripon prit la fuite, je relevai le verre, enlevai le plateau et Bella dégagea les draps pour ne pas tâcher le matelas. Bon, ce petit-déjeuner était un fiasco total.

- Saleté de chat ! Il ne fait que des conneries en ce moment !

- Parce qu'il sait et que ça ne lui plaît pas.

- Il sait quoi ? Que je suis enceinte ? Arrête.

- Ils ont un sixième sens les animaux, je suis sûr qu'il sait.

Elle fronça les sourcils en secouant la tête.

- Non... j'y crois pas. Ça paraît dingue...

- Je te parie que j'ai raison ! Tout ce que tu veux.

- Je... ça me paraît dingue. C'est pour ça qu'il serait infect avec moi ?

- Il sent les changements, tes hormones et tout... Je suis sûr que pour lui ton odeur a changé.

- Merde ! Même mon chat va changer !

Elle soupira lourdement avant de défaire entièrement le lit avec de grands gestes.

- Bella ? Tu ne veux pas qu'on discute ?

- De quoi ? Je suis enceinte, j'en veux pas mais on n'a pas le choix. Il faudra bien faire avec.

- Tu te rends compte de la violence de tes mots ?

Elle ne dit rien, je restai calme.

- Je sais que ça te fait très peur, mais ne rejette pas ce bébé comme ça. C'est notre enfant. Il ne mérite pas d'être traité comme ça. Est-ce que tu me détestes ?

- Pourquoi je te détesterais ?

- Parce que je t'ai fait un bébé.

- Mes ovaires ont fait cinquante pour cent du boulot. Tu n'es pas responsable. Je ne t'en veux pas, pas du tout même.

- Alors ne lui en veux pas non plus. Il n'a rien demandé. Bella, je ne veux pas que tu me pousses à choisir entre toi et cet enfant.

- Je ne te demande pas ça.

- Mais tu dois apprendre à l'aimer, à accepter. Ne pense pas aux changements physiques. Pense juste au bonheur que ça va nous apporter.

- J'étais très heureuse.

- Moi je veux ce bébé. S'il te plaît, pour moi, fais un effort.

Elle laissa tomber les draps sur le sol et s'avança vers moi pour se mettre dans mes bras.

- Et si je perdais celui-aussi ?

- Tu as peur de ça ?

- J'ai peur qu'il naisse, j'ai peur qu'il meure. J'ai peur de ne pas assurer quand il sera né, de te décevoir. J'ai peur de ne pas réussir à le garder et de te décevoir. J'ai peur qu'un gynéco m'ausculte, je ne veux pas qu'il me touche, surtout là... j'ai peur de mal réagir, j'ai peur de mes hormones, que tu ne me trouves plus attirante... J'ai quelqu'un dans mon ventre, Edward. C'est... terrifiant !

Je la serrai contre moi en la berçant.

- Tu ne me décevras jamais. Je t'aimerai toujours, je te désirai toujours. Si on le perd... je ne t'en voudrais pas. Je t'ai dit qu'on irait à des cours de préparation, on le fera. Je sais m'occuper d'un bébé, enfin la base, mais on demandera à Alice et à Emmett. Mon crétin de frère a eu deux bébés en même temps et il a réussi à les garder en vie. C'est possible !

Elle ricana et j'embrassai sa tête.

- Le problème, c'est que j'aurais voulu pouvoir gérer tout ça. Être préparée à l'avance. J'aurais voulu planifier l'éventualité d'une grossesse. Là, ça tombe comme un cheveux sur la soupe. Je n'ai rien choisi, rien voulu, rien demandé.

- Oui, mais il est là. Et ce n'est pas pour rien. Je veux croire en un signe du destin.

- Le destin n'a pas été sympa avec moi.

- Peut-être qu'il est temps que ça change. Tu sais, moi aussi je ne contrôle plus rien.

Elle releva la tête.

- Comment ça ?

- Tu es enceinte, merveilleux à mes yeux, mais comme tu l'as dit, imprévu. Il y a les Chinois, nous sommes encore dans le flou pendant six jours, ils peuvent se rétracter. Je n'ai plus d'assistante et ça m'énerve ! Et ma sœur est amoureuse... je ne contrôle absolument plus rien.

- Lundi, ça va te faire du bien de virer Caroline et hurler un bon coup sur son père.

- Je ne vais pas le louper, lui !

Elle sourit.

- Allez, ma chérie, j'ai encore deux trois questions et on passe à autre chose pour aujourd'hui.

- Vas-y.

- Il faut faire quoi maintenant ? Médicalement parlant.

- J'ai rendez-vous avec un obstétricien de l'hôpital.

- Je vais demander à mon père si, dans ses contacts, il ne connaît pas quelqu'un. Ça t'embête ?

- Non, vas-y.

- Tes carences, ça va mieux ?

- Oui, c'est lié en fait. Mais mes résultats étaient bons de ce côté-là.

- Est-ce que je sais tout ce que je dois savoir ?

Elle réfléchit quelques secondes puis hocha la tête.

- Je ne vois rien, non. Mais si quelque chose me revient, je te le dirai.

- Parfait. Ne me cache plus rien, Bella. S'il te plaît.

- Promis. Juste... on ne dit rien à personne. Pas encore. Je veux voir le médecin avant.

- Pas de problème. Allez, habillez-vous chaudement, madame Cullen. Nous sortons !

- Où ça ?

- Juste prendre l'air. Allons marcher dans le parc.

- D'accord.

Elle m'embrassa et disparut dans le dressing. Quand elle fut hors de ma vue, je soufflai un grand coup. Ça n'allait pas être simple du tout ! Allez mon grand ! On peut le faire ! Tout va bien se passer. Je vais passer un week-end au calme, profiter de retrouver ma femme après une semaine de séparation et lundi, je m'attaquerai à toutes ces petites embûches qui bloquent mon chemin du bonheur. Cinq mois... ça passe vite, non ? Oh merde... en réalité, j'ai peur moi aussi !


J'entends déjà vos "Je le savais !"

j'en souris à l'avance.

A la semaine prochaine.

Bises.

Lexi