Bonsoir mesdemoiselles et messieurs !
Voici finalement l'épilogue de cette fanfiction. Merci à tous ceux qui m'ont suivis depuis le début de cette histoire, vous êtes des lecteurs géniaux. J'ai donné beaucoup de cœur à cette fiction et j'espère avoir réussi à le faire ressentir.
Encore une fois, tous mes remerciements vont à Aalana, Katkitten4, Jane Doe51 et Mariie pour leurs reviews sur le précédent chapitre. Même si les mots "méchante", "cruelle" et "horrible" ne sont habituellement pas très agréable à lire, dans ce cas, si, car elles me font sous-entendre que vous avez été touchés, et c'est tout ce que je voulais :)
Je vous laisse donc lire cet épilogue en espérant ne pas vous décevoir !
Bonne lecture...
Epilogue
« La souffrance est notre plus fidèle amie : elle revient toujours. Souvent elle change de robe, et même de figure ; mais nous la reconnaissons aisément à son étreinte cordiale et intime. »
Le réveil tira brutalement Jane de son sommeil. Il ouvrit les yeux et envoya valser l'appareil de l'autre côté de la pièce. Une petite lueur d'espoir brilla dans son cœur quelques secondes. Cela aurait-il pu n'être qu'un cauchemar ? Il s'assit sur le lit défait et regarda autour de lui. Sur le sol jonchaient quelques bouteilles vides. Non. C'était réel. Une vague douloureuse de déception l'envahit. Il se leva d'un pas chancelant et se regarda dans le miroir. Son état était pitoyable. Ses cheveux et sa barbe avaient poussés. Ses yeux étaient rouges de larmes, d'alcool et de fatigue ; son regard était terne, son sourire inexistant. Il soupira. Cela ne faisait que deux jours qu'il avait recommencé à dormir. Une semaine que Lisbon était morte. D'ailleurs, c'était son enterrement aujourd'hui.
Il descendit les escaliers pour atteindre la cuisine tout en se remémorant cette nuit-là. Tout lui avait semblé se passer si vite… Le reste de la nuit qu'il avait passé à pleurer sur le corps sans vie de Lisbon lui avait paru une poignée de minutes. Il avait un vague souvenir de personnes qui emmenaient le corps de Lisbon, de Van Pelt qui ne contrôlait plus ses larmes, de Cho le tirant en arrière pour le pousser à se lever. Les jours suivants, de nombreuses personnes lui avaient présenté leurs condoléances. Il n'avait que faire des condoléances.
Il se rappela qu'il s'était promis à lui-même de tenir le coup jusqu'à l'enterrement. Puisque le jour J était arrivé, il fallait qu'il se reprenne un minimum. Il se prépara sans énergie une tasse de thé. Ça faisait longtemps qu'il en avait bu.
L'équipe ainsi que Kim lui avaient rendu visite plusieurs fois par jour, s'inquiétant pour lui. Mais cela ne changeait rien. Il passait son temps à boire et à essayer de dormir. Il les avait laissé s'occuper des funérailles, sachant qu'ils feraient ce qu'il y avait de mieux pour elle. Il n'en aurait jamais eu le courage, comme il n'avait pas eu le courage d'aller à la mortuaire. Il ne voulait pas supporter davantage de regards de pitié. Elle aurait compris.
Il porta la tasse à ses lèvres. Le jour qui avait suivi la mort de Lisbon, Kim était venu lui apporter une enveloppe où elle avait simplement inscrit Patrick Jane. Kim avait proposé de rester avec lui pour la lire mais il avait refusé. Oh, il avait eu énormément de mal à l'ouvrir. Mais une fois qu'il l'eût fait, il l'avait lu et relu des dizaines de fois. Certains mots arrivaient à soulager un peu son cœur blessé, d'autres lui semblaient vides de sens. « Continuer » « Se battre pour ceux qui vous aiment » « Un homme bien » « Encore tant de choses à vivre ». S'il aurait aimé se relever pour elle, il savait depuis les mots « Sept jours » que jamais il n'y parviendrait. Il avait été anéantit une fois, elle avait réussi à le reconstruire peu à peu et il avait à peine fait un pas dans sa nouvelle vie qu'on le détruisait à nouveau. Il n'y aurait pas de troisième chance, il n'en voulait pas. Les morceaux étaient trop fragiles désormais.
Il décida d'aller prendre une douche et de se raser. Il voulait lui faire honneur à cet enterrement. Il ne voulait pas lui faire ses derniers adieux, lui faire parvenir son dernier message en étant dépravé comme l'homme qu'elle avait rencontré au début. Elle méritait au moins ça.
Cho passa le chercher vers 10h30. Malgré son air toujours stoïque, Jane savait que ça lui faisait plaisir de le voir propre et complètement dessoûlé. Cela ferait sans doute plaisir à la plupart des gens qu'il verrait à l'enterrement, bien qu'il se fichait totalement de faire plaisir à qui que ce soit. C'était pour elle qu'il le faisait.
Le trajet se passa en silence. Jane n'avait pas préparé de discours. Il préférait le faire spontanément. Il allait avoir besoin de beaucoup de force pour ne pas faillir en le disant. Il fallait qu'il dise tout ce qu'il avait à dire jusqu'au bout.
Il y avait une véritable foule à la cérémonie. Cela n'étonna pas Jane. Elle avait été une personne si admirable, si pleine de bonté que la présence de tous ces gens était presque évidente. Alors qu'il traversait la nef pour aller s'asseoir, il sentit tous les regards se poser sur lui, des murmures remplir l'église. C'était vrai, Monsieur Jane était l'ami le plus proche de l'Agent Lisbon et il n'était même pas venu à la mortuaire. Il leva la tête et son regard croisa celui de tous ces gens. Ils ne savaient pas. Ils ne comprenaient rien. Aujourd'hui, il était venu leur dire, à tous, crier au monde entier que Teresa Lisbon était une femme extraordinaire et que sa mort était la preuve tragique de l'injustice de la vie. Injustice contre laquelle elle s'était battue toute la sienne.
Toujours accompagné de Cho, il rejoint Grace, Rigsby et Kim et s'assit à leurs côtés. Après le discours du prêtre, les gens commencèrent à venir réciter un mot, un texte pour Lisbon auquel il prêta une oreille distraite, son regard restant fixé sur la photo de Teresa qui était posé non loin du cercueil. Lui, il n'avait pas de photo. Cela faisait donc une semaine qu'il n'avait pas vu son visage. Son cœur se serra douloureusement tandis qu'il observait la photographie. Puis Rigsby lui souffla que c'était son tour. Il se leva, rassemblant son courage et s'approcha du micro. Il affronta du regard l'assemblée vêtue de noir qui attendait qu'il parle. Cela lui sembla irréel. Comment pouvait-il être là, à l'enterrement de Lisbon ? Comment en était-il arrivé là ?
- Teresa Lisbon… Je n'aurai pas assez d'un discours pour exprimer tout ce qu'elle était pour moi. La rencontrer a été une des plus grandes chances de ma vie et maintenant, elle est partie. C'était une personne magnifique. Son cœur pur et généreux rivalisait avec son âme de battante courageuse. Elle m'a sorti d'un enfer dans lequel je croyais m'être définitivement perdu. Elle m'a donné une raison de vivre. Elle ne méritait que d'être heureuse. Le monde avait besoin encore besoin d'elle, j'avais encore besoin d'elle… Tellement besoin… J'aurai donné tout ce que j'avais pour être à sa place dans ce lit d'hôpital. Mais après tout, il n'y avait qu'elle que j'avais. Il n'y avait qu'elle qui comptait réellement. Uniquement elle…
Il baissa les yeux sur le cercueil et ravala ses larmes.
- Teresa… Que vais-je faire sans vous maintenant ? Vous ne deviez pas partir si vite… Ce n'est pas ce qui aurait dû se passer. Je regrette tous les moments que nous n'avons pas vécus, toutes les paroles qui n'ont pas été prononcées… Je suis désolé… Je suis désolé. Vous m'avez demandé de continuer mais je ne pourrais pas. Pas sans vous. Sans vous, je suis perdu, je ne suis plus personne. Plus rien n'a de sens. La signification du mot « bonheur » a disparu au moment où votre cœur a cessé de battre. Je ne peux pas supporter l'idée de ne plus jamais vous voir sourire ou croiser votre regard. Pour une seule raison. Je vous aime, Teresa Lisbon.
Il s'arrêta là, sentant qu'il était à deux doigts de craquer. Il descendit les quelques marches qui le conduisaient au cercueil et sortit de sa veste une rose blanche, qui représentait l'amour pur, profond et silencieux et la déposa délicatement sur le socle de bois. Il posa sa main dessus quelques instants, ressentant un intense sentiment de mal être, puis alla se rassoir sur le banc.
Ce qu'il allait faire maintenant, il n'en savait rien. La vie valait-elle encore la peine d'être vécue désormais ? Il en doutait. La souffrance constante qui emprisonnait son cœur lui murmurait de laisser tomber. Il était fatigué des tourments de la vie. Epuisé d'être torturé. Et surtout, il était profondément malheureux.
Plus que jamais, une question résonnait inlassablement dans son esprit.
Pourquoi ?
