Disclaimer: Rien de tout ceci ne m'appartient, l'univers et les personnages -sauf les miens, bien sûr- appartiennent à J.K. Rowling -notre déesse-.


NdA: Merci beaucoup pour les commentaires, qui font toujours autant plaisir à lire et motivent à continuer :D (C'est assez marrant Quincey Forder-Denis de Plaen (nom pas trop long en plus), ça doit être un des seuls jdr dont j'ai entendu parlé mais sans plus, et un des jeux de ma bibliothèque auquel je n'ai pas encore joué).

Concernant juste la suite de cette histoire, j'ai énormément de mal à écrire le chapitre 9 pour le moment (voilà un mois que je bloque dessus). J'espère que ce blocage sera passé d'ici sa date de parution prévue, mais je vous tiendrait au courant avec le prochain chapitre.

Pour le moment, je vous souhaite une bonne lecture :D (avec un petit peu de retard ^^")


Chapitre VII - Le début des problèmes.

"La moitié d'un ami, c'est la moitié d'un traitre."

-Victor Hugo-


Harry soupira en sentant son front heurter avec force la table en bois devant lui. Peut-être avait-il mal estimé la distance, ainsi que l'utilité de son geste.

Un grognement de douleur lui échappa, seulement pour qu'un rire léger y réponde. Ouvrant légèrement un œil, il vit une jeune fille de deux ans plus jeune que lui penchée dans sa direction, un sourire mutin sur les lèvres. Ses yeux bleu semblable à ceux de son père, partiellement cachés derrière un voile de cheveux noirs, pétillaient d'amusement.

"Je ne pense pas qu'il s'agisse de la meilleure solution pour résoudre ce problème." le sermonna doucement une voix mélodieuse, lui arrachant un sourire.

"Je ne perdais rien à essayer Madame Greengrass." répondit-il en relevant la tête, se frottant le front pour essayer de faire passer la douleur du choc.

"Eleanore." le réprimanda immédiatement la femme en levant les yeux au ciel.

"Pour en revenir à ce que nous disions, je pense que les souvenirs de ton temps ici ne pourront pas revenir d'eux-mêmes." soupira Eric en reprenant part à la conversation, lançant un regard désolé en direction du garçon.

"Je n'en veux pas." répliqua Harry en croisant les bras sur sa poitrine.

"Quoi ?"

Le survivant tourna un regard amusé en direction de la jeune fille qui venait de prendre la parole pour la première fois depuis qu'il était revenu dans le manoir avec elle. Il prit le temps de la détailler un peu plus, et ne put que remarquer la ressemblance frappante entre elle et Astoria. Ses yeux étaient cependant beaucoup plus clairs, et n'avaient pas la même lueur d'amusement. Ses émotions étaient barricadées derrière un masque de glace, et Harry s'était promis de voir ce qui se cachait derrière ce mur dont elle se servait.

"Je n'ai pas tout compris, mais j'étais sous l'influence d'un sortilège qui changeait mon comportement pour ... quelque chose d'autre." commença-t-il en haussant les épaules, lançant un bref regard en direction d'Eric pour vérifier qu'il avait compris. "Je ne veux pas de souvenirs d'un moment de ma vie qui ne m'appartient pas."

Un silence s'installa pendant que chaque personne réfléchissait à ces paroles, et aux implications de ceci. Le survivant haussa un sourcil amusé en voyant le regard azur de Daphné s'illuminer un instant avant de retourner à leur état habituel.

"C'est probablement la meilleure solution Harry." répondit Eleanore avec précaution.

"De toute manière, je n'ai pas le choix." lui répondit-il en haussant les épaules. Il avait bien plus qu'une semaine de manquante dans sa mémoire avec ses nombreux passages à l'infirmerie de Poudlard, il pourrait survivre avec une de moins. De plus, de ce qu'il avait compris, il avait passé son temps ici dans un état catatonique. Il n'avait donc pas grand-chose à gagner.

"Tu pourrais revivre tes souvenirs dans une pensine." indiqua Astoria, sans remarquer le regard meurtrier qu'elle reçut de sa sœur.

"Une pensine ?"

"Il s'agit d'un objet magique particulier qui permet de déposer des souvenirs pour les revivre." expliqua Eleanore. "Comme l'a indiqué Astoria, tu pourrais revivre une partie de cette semaine manquante au travers de nos souvenirs."

Harry pencha la tête en réfléchissant à ceci. Il avait pensé que les souvenirs de cette période étaient définitivement perdus, mais cette méthode pouvait lui permettre de voir comment il avait agi. Mais les souvenirs seraient limités à ce que les personnes présentes dans la salle avaient pu vivre, et il ne pensait pas pouvoir tirer un quelconque élément utile de ceci.

Il lança un rapide regard en direction de Daphné et remarque que celle-ci semblait avoir drastiquement pâli depuis l'annonce de sa sœur et de sa mère, et son visage était planté en direction du sol.

Il sentit une main se refermer sur sa poitrine en voyant la jeune Serpentard dans un tel état.

"Non merci." répondit-il à Eleanore, envoyant un sourire brillant à Daphné quand elle releva la tête pour croiser son regard. "Comme je l'ai dit, ces moments de ma vie ne m'appartiennent pas. Je n'aurais rien à gagner à faire ceci."

"Merci." murmura la Serpentard, baissant son visage en feu pour ne pas lui faire face.

Harry sourit en voyant la réaction étonnement humaine de la jeune fille. Il ne se souvenait pas de grand-chose la concernant, si ce n'était le fait qu'elle était la Reine des Glaces de sa maison et qu'elle faisait partie de la périphérie du groupe de Malefoy. Il n'était pas particulièrement attiré par l'idée de côtoyer un membre de la maison des serpents pendant plus d'une minute, mais si la fille Greengrass continuait d'être aussi ouverte lorsqu'il était présent, il pouvait surement faire des efforts.

Restait le problème de ses amis. Il n'était pas certain de la manière dont Hermione prendrait tout ceci, la tournure des événements dernièrement étant assez dramatique, en revanche il savait comment Ron le prendrait. Mal. Surtout depuis l'incident de Gringotts dont, malheureusement, il se rappelait et devait avouer qu'il était en pleine possession de ses moyens.

"Harry." l'interpella Eric pour récupérer son attention, toute la famille ayant remarqué son regard embrumé perdu dans les décorations de la pièce. "La question peut te sembler étrange, mais je souhaiterais savoir si tu avais une idée du responsable de ceci ?"

"Des sortilèges de compulsion ?"

"Je ne sais pas pour ceux que tu avais, peut-être, avant d'arriver ici. Le simple fait qu'ils aient échappé à notre vigilance indique qu'ils étaient soit très particuliers, soit inexistant." lui expliqua l'homme, encore indécis sur cette situation. "Je pensais plutôt à celui dont nous avons retrouvé des traces sur la feuille que tu as laissé."

"Err...Je ne sais pas vraiment quoi..." commença le garçon avant d'être brusquement coupé par Daphné.

"Pourquoi avoir laissé la feuille ?"

"Err...Quoi ?"

"La feuille, pourquoi l'avoir laissé derrière toi ?" demanda-t-elle en l'examinant attentivement.

"Je ne sais pas, comme je l'ai dit je n'ai aucun souvenir de cette période. J'ai des bribes d'informations qui apparaissent, mais c'est comme si elles étaient derrière un nuage de fumée..."

"Tu peux essayer de deviner pourquoi tu aurais fait ça ?" continua Daphné, son acharnement à trouver une réponse interpelant le garçon. Il étudia la Serpentard un instant, ne décelant rien de plus que la curiosité et de la culpabilité dans son regard. Cette dernière émotion assombrissait ses yeux azur, sans qu'il ne connaisse la raison, et sans qu'il ne veuille la connaitre.

"Je suis un Gryffondor pure souche." s'amusa Harry, se souvenant de son héritage récemment découvert. "Je suis plus du style à rentrer dans la gueule d'un dragon pour comprendre comment il fait pour cracher du feu que d'aller chercher un livre dans la bibliothèque. Tu sous-entends des intentions qui, je pense, dépassent de loin ce que j'aurais pu faire, d'autant plus sous l'influence d'un sortilège."

Daphné ne répondit pas et se contenta de continuer d'observer le garçon du coin de l'œil, arrachant un sourire amusé à celui-ci.

"Et donc, je dois faire quoi maintenant ?" demanda Harry, retournant son attention vers les trois autres personnes ?

"Manger ton gâteau !" s'exclama immédiatement Astoria avec un immense sourire, sa personnalité froide et distante définitivement oubliée maintenant que même sa sœur semblait accepter la présence du garçon.

"Mon gâteau ?" répéta bêtement le survivant, fronçant les sourcils.

"Bien sûr, ton gâteau d'anniversaire." répliqua la jeune fille comme s'il s'agissait de la chose la plus logique du monde, lui lançant un regard qui se voulait menaçant, le défiant d'oser dire quelque chose.

"Mon anniversaire..." murmura Harry, ignorant le regard étonné des quatre sorciers face à lui. Il n'avait pas fait le lien entre le temps qui s'était passé depuis son rendez-vous à Gringotts et le jour qu'il était, mais même s'il avait fait le lien il n'aurait jamais cru que cette famille qu'il ne connaissait même pas penserait à lui aujourd'hui, et encore moins qu'ils feraient quelque chose.

"Tu ne pensais pas que nous allions oublier ton anniversaire Harry." le sermonna gentiment Eleanore en se levant pour l'enfermer dans une douce étreinte.

Le survivant se tendit en sentant le corps chaud de la femme contre le sien, ne sachant pas comment réagir. Ses pensées s'enflammèrent, les souvenirs de ses années chez les Durlsey revenant en force, et son souffle devint erratique. Il ferma les yeux, forçant ses paupières l'une contre l'autre jusqu'à voir des explosions de lumière, essayant de récupérer un contrôle sur sa respiration. Mais l'hyperventilation commençait à lui faire tourner la tête, augmentant l'effet de ses peurs et de ses souvenirs de sa vie chez son oncle.

Alors que la crise de panique arrivait, il sentit Eleanore se décoller brusquement de lui et l'instant d'après un liquide épais et glacé coulait dans sa gorge. Il n'avait pas entendu Eric appeler leur elfe de maison et lui demander un calmant, et il n'avait pas non plus sentit le verre de la fiole de potion contre sa bouche. Mais l'effet fut immédiat, il sentit ses muscles se décrisper en quelques secondes, son souffle redevenant lentement plus profond et plus régulier.

Il aurait pu s'endormir sur l'instant, si quatre regards similairement bleus n'étaient pas fixés avec inquiétude sur lui.

"Err...désolé ?" tenta Harry dans une grimace. Il avait déjà parlé d'une partie de sa vie avec les deux adultes, et il ne comptait pas recommencer de sitôt.

"Les contacts physiques te font tous cet effet ?" demanda Eric en fronçant les sourcils, lançant un rapide regard à ses deux filles. Celles-ci semblèrent comprendre le message car elles ne dirent rien, bien que le survivant puisse voir dans leurs yeux qu'elles mourraient d'envie de comprendre ce qu'il venait d'arriver.

"Je...Je ne sais pas vraiment. Hermione et Madame Weasley m'ont souvent embrassé, mais c'était toujours assez inconfortable. Là c'était...différent." essaya d'expliquer le garçon, sentant ses joues s'enflammer sur sa dernière phrase.

Eleanore et son mari échangèrent un regard triste, teinté de colère à la mention de la mère Weasley. Ils n'avaient rien contre elle, mais de savoir que le jeune sorcier face à eux n'était pas habitué à être embrassé avec un peu de tendresse les poussait à revoir leur jugement.

"Ce n'est pas grave Harry." lui sourit la splendide femme en posant une main réconfortant sur son épaule.

Le garçon se risqua à rencontrer les perles azurées de l'ancienne Serpentard et se détendit en n'y voyant que de l'inquiétude, ainsi qu'une autre émotion qu'il avait du mal à cerner et qui faisait briller ses yeux de mille feux. Il laissa un sourire fleurir sur ses lèvres en hochant la tête dans sa direction. Il ne savait pas pourquoi, mais cette femme semblait réellement concernée par ce qui lui arrivait et ce qu'il ressentait.

Il réfléchissait à tout ceci, et au fait qu'il se sentait pour la première fois de sa vie vraiment à l'aise quelque part, et apprécié, quand une petite voix brisa le silence.

"Et pour le gâteau ?"

Le survivant éclata de rire à la remarque d'Astoria, son ton innocent lui rappelant qu'au-delà de la Serpentard issu d'une famille de sang-pur il s'agissait surtout d'une jeune fille d'une douzaine d'années. Il lui renvoya un sourire éclatant, éloignant pour le moment ses autres amis de son esprit. Il avait des personnes agréables avec qui passer un bon moment.

"Pourquoi ne pas montrer la voie ?" lui répondit Harry, ignorant Daphné qui leva les yeux au ciel devant le cinéma de sa sœur, manquant dans le même temps le doux sourire qu'elle lui envoya.

Elle lui répondit par un cri de joie peu digne d'une demoiselle et lui attrapa la main avant de le trainer de force vers une autre pièce. Le garçon se laissa faire de bon coeur et la suivit jusque dans la salle à manger, où l'attendait un gâteau beaucoup plus conséquent que ce qu'il n'avait jamais eu ou espéré avoir.

"Je suis extrêmement touché de voir que vous vous êtes rappelé ma maison d'appartenance." commenta Harry dans un sourire en voyant la couleur verte du sucre recouvrant la pâtisserie, tâchant de cacher sa gêne comme il pouvait. S'il en jugeait par les sourires des quatre Greengrass, il pouvait dire que ses efforts étaient totalement vains.

"On s'est dit que tu n'étais peut-être pas un véritable Gryffondor." rétorqua Daphné avec un reniflement dédaigneux.

"Hum, tout à fait. Après tout partir dans une forêt, se perdre dans un labyrinthe magique et discuter avec un monstre, avant de se faire traquer par une maudite plante –encore-, c'est un comportement parfaitement honteux pour quelqu'un dans cette maison." répondit Harry en levant les yeux au ciel.

"Un monstre ?" souleva Astoria. Il grimaça en se rendant compte qu'il avait réussi à toujours éluder ce sujet depuis qu'il était revenu.

"Uh...Gâteau ?" tenta-t-il en désignant la table avec un sourire innocent.

"Un monstre ?" s'obstina la jeune fille, arrachant un grognement irrité au survivant.

"Une créature magique comme on en fait des centaines juste pour mes beaux yeux." balaya le garçon d'un mouvement de main. "Je me demande si ce n'est pas pour que je puisse avoir des discussions des plus intéressantes avec Hagrid d'ailleurs."

"Le garde-chasse ?" marmonna Daphné presque automatiquement, se reprenant –un peu honteuse- sous le regard qu'elle reçut de ses parents et du survivant. "Quelle créature magique ?"

"Aucune idée." répondit-il un rien trop rapidement, s'attirant un regard moqueur de la Serpentard. "Tu sais, sortilège de compulsion, plus le fait que j'étais terrifié."

"Tu espères vraiment que je vais croire ça ?" lui demanda la sorcière en lui lançant un regard incrédule.

"Pourquoi pas ?"

"J'ai entendu les histoires sur tes péripéties à Poudlard. Comme tout le monde." ajouta-t-elle en voyant son regard surpris.

"Oh...Ça doit être très intéressant à entendre." s'amusa-t-il en s'asseyant à table, indiquant la chaise face à lui à la jeune Greengrass alors que le reste de la famille s'installait.

Daphné haussa un sourcil irrité en voyant que le garçon faisait tout son possible pour ne pas répondre à ses questions. Décidant de jouer plus finement à ce jeu, elle fit le tour de la table et s'assit sur la chaise à côté de lui, leurs coudes se frôlant.

"Très. Tu as eu une scolarité très mouvementé selon les rumeurs." commença-t-elle en regardant sa mère servir une part de gâteau à tout le monde. "Même si je doute que tu ais affronté un dragon en lui jetant des mandragores avant de l'achever en l'étouffant avec le Choixpeau." finit-elle en faisant mine de réfléchir.

Harry, qui avait eu la prétention de croire qu'il allait mener cette conversation maintenant qu'elle concernait ses aventures, manqua de s'étouffer avec le morceau de gâteau qu'il était en train d'avaler.

"Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?" le devança Astoria.

"Quelque chose que des élèves de première année de Poufsouffle ont commencés à raconter l'année dernière. Tout le monde savait que Potter trempait dans une histoire étrange, mais personne ne savait quoi." expliqua Daphné avec un sourire amusé.

"Pourquoi un dragon ? Et pourquoi, par tous les dieux, le tuer avec le Choixpeau ?" demanda Harry une fois qu'il eut récupéré la parole, retenant de son mieux son rire. Dumbledore lui avait dit que les rumeurs allaient bon train dans l'école, surtout quand les élèves ne savaient pas ce qu'il se passait, mais il n'avait pas pensé que ce genre d'histoire sur lui circulait.

"Oh c'est une histoire parmi tant d'autres." balaya la jeune sorcière d'un mouvement de main, un sourire amusé sur les lèvres en se rappelant des autres rumeurs ayant circulé sur le survivant. "Ma préférée reste une de celle que des Serdaigles ont répandu en deuxième année."

"Ah oui ?" demanda le garçon, cette fois-ci beaucoup plus intéressé. Avec les événements de la chambre des secrets il se demandait quelle vision les autres avaient gardé de lui, autre que celle de l'Héritier, tueur de moldu en puissance et nouveau Seigneur des Ténèbres en devenir.

"Une histoire tout aussi intéressante." s'amusa la Serpentard en finissant sa part de gâteau. "Le preux Gryffondor Potter serait descendu dans la Chambre des Secrets créée par Salazar lui-même, et y aurait combattu un basilic -qui aurait été le monstre qui pétrifiait tout le monde- millénaire. Après un long combat il aurait fini par le pourfendre, et ainsi sauver la vie de l'élève qui avait été emmené dans la chambre par l'Héritier."

Harry croisa son regard, et remarqua qu'il n'y avait plus aucune trace d'amusement ou de moquerie. Daphné le détaillait avec attention en attendant sa réponse.

Elle n'avait jamais vraiment cru à toutes les histoires sur la scolarité du survivant, et certaines à raison, mais celle du basilic la dérangeait de plus en plus. Déjà, elle était terriblement plus réaliste que toutes les autres. Tout le monde avait su que Ginevra Weasley avait disparu ce fameux jour, et quelques élèves -dont elle faisait partie- avait vu le survivant être accompagné par Dumbledore en direction de son bureau plus tard dans la soirée. Le fait qu'il était couvert de poussière, de crasse et de sang ne faisait qu'ajouter aux preuves qu'il avait été pris dans quelque chose de mortellement dangereux.

Ajouté à cela qu'il n'hésitait pas une seule seconde à affronter un basilic, comme il le lui avait prouvé dans la bibliothèque du manoir, tendait à rendre cette histoire bien trop probable au gout de Daphné.

"Err...sacrée histoire hein." répondit le survivant, mal à l'aise sous le regard bleu perçant de la jeune fille.

"En effet, surtout quand on sait que tu es revenu d'on ne sait où ce soir-là, avec Weasley sixième et septième du nom et Lockhart, dans un état pitoyable." accusa la Serpentard, peu décidée à lâcher l'affaire.

"Err..." le garçon ne savait pas quoi répondre, il n'avait pas pensé que d'autres personnes avaient pu les voir revenir de la Chambre. Après tout l'heure du couvre-feu était passé depuis longtemps au moment, et les directeurs de maison avaient clairement indiqués qu'ils ne voulaient voir personne dehors après cette limite horaire.

"Attends !" le coupa Astoria dans ses réflexions, le regardant avec des yeux gros comme des soucoupes. "Tu veux dire que c'est vrai ces histoires ?"

"Je n'ai jamais tué de dragon !" se défendit immédiatement Harry en levant les mains en l'air.

"Tu ne nie pas avoir combattu un basilic." nota simplement Daphné avec un sourire vainqueur, arrachant un grognement au garçon.

"Maudits Serpentard." murmura-t-il en frappant son front contre la table, grimaçant en sentant la douleur revenir dans l'avant de son crâne. Il devait vraiment commencer à songer à perdre cette habitude.

"Oh mon dieu." souffla Astoria en le regardant comme s'il s'agissait d'un dieu vivant. "Et pour ta première année, c'est vrai que tu as affronté un professeur qui était en fait un vampire et que tu l'as bannis de Poudlard ?"

Harry ne put retenir le fou rire qui s'empara de lui en imaginant Quirrell, le teint encore plus pâle qu'en temps normal, transformé en vampire avec Voldemort parasitant toujours l'arrière de son crâne. Si l'on prenait en compte que les créatures de la nuit étaient la pire peur du professeur, cela rendait cette histoire encore plus drôle.

"Je doute que Quirrell ai été un jour un vampire, en fait je suis presque persuadé qu'il avait constamment une gousse d'ail caché quelque part sur lui." répondit le garçon dans un sourire, une fois son rire calmé. "Le professeur de défense contre les forces du mal de ma première année." précisa-t-il en voyant le regard perdu de la fille, se rappelant leur différence d'âge.

"Oh, donc tu l'as bien affronté lui aussi ?" releva Daphné, s'amusant grandement des omissions du survivant qui en disaient plus qu'il n'aurait aimé. Un nouveau grognement indiqua à la jeune Serpentard qu'elle avait vu juste, et elle lui renvoya un sourire chaleureux, bien que légèrement amusé.

Le jeune Potter resta un instant sans réagir, s'attardant sur le visage de la jeune fille face à lui. Son sourire n'était pas forcé, ne cachait aucune autre émotion, et brisait à merveille son masque de Reine des Glaces. C'était un sourire authentique, et il se surprit à la trouver beaucoup plus attirante ainsi.

Rougissant à cette pensée, involontairement, il secoua la tête pour se concentrer sur la discussion.

"Err...Oui, disons qu'il y avait certaines circonstances...particulière."

"Et tu l'as bannis de Poudlard ?" Harry observa la sorcière de son âge un instant, hésitant à lui faire confiance.

"Non..." soupira-t-il en se massant les yeux, les souvenirs de ce jour revenant en force et la culpabilité de son geste avec. "Il est...je l'ai tué..." murmura-t-il dans un souffle, presque inaudible. Cependant la déclaration n'échappa à personne.

Les deux parents le couvèrent d'un regard triste, ayant déjà entendu une partie des événements de sa jeunesse, tandis que les deux filles le regardaient comme si une seconde tête venait de lui pousser.

"Cela étant, j'avais des circonstances atténuantes." s'exclama soudainement Harry en relevant les yeux, l'ombre d'un sourire plaqué sur les lèvres. "En fait, lui aussi quand j'y pense."

"Que...Quoi ?"

"Je pense qu'il n'était pas tout à fait sain d'esprit, il avait comme un petit problème de double personnalité." expliqua le garçon en retenant un rire.

"Comment peux-tu rire de ça ?" s'exclama Astoria. Harry la fixa avec surprise un instant, il s'était attendu à ce que sa parole soit remise en cause, comme tout le monde le faisait constamment. Mais la jeune sorcière avait accepté ce qu'il avait dit sans le contredire. Une nouveauté qui ne lui déplaisait pas.

"Avant, les personnes voulant me tuer étaient assez limitées. Il n'y avait que Tom, et accessoirement ses mangemorts mais je pense qu'ils ne faisaient que suivre les ordres donc je ne peux pas considérer que l'un d'eux en veuille personnellement à ma vie. Mais avec le temps ce club d'abord très select a commencé à accueillir de plus en plus de monde, Quirrell, Malefoy senior, Malefoy junior, une version jeune de notre cher Tom, des détraqueurs, et je suis sûr que j'en oublie encore." expliqua le survivant à la jeune fille. "Au départ c'est surprenant, de se dire qu'à onze ans on a déjà quelques ennemis mortels. Mais on finit par s'y faire."

"Tom ?" demanda Daphné, décidant de ne pas relever le fait qu'il avait un mangemort notoire qui lui en voulait pour une quelconque raison, et décidant de faire beaucoup plus attentions à ce que pourrait dire son collègue Serpentard blond à l'avenir.

"Hein ? Ah oui, Voldemort si tu préfères." répondit Harry en levant les yeux au ciel en les voyant frissonner. "Pourquoi tout le monde fait ça bon sang ?"

"Il faut que tu saches qu'à la fin de la guerre, le Seigneur des Ténèbres avait mis un tabou sur son nom. Toute personne le prononçant à voix haute attirait immédiatement un groupe de mangemort. Il n'a suffi que d'une dizaine d'attaque pour que le nom soit synonyme de terreur." lui expliqua Eric avec sérieux. "Encore aujourd'hui le tabou n'est pas levé, et personne n'est certain des conséquences que cela pourrait avoir."

"Je dis son nom depuis ma première année, et je n'ai jamais eu de mangemort après moi." répliqua Harry en haussant les épaules. "Bon j'ai eu Voldemort deux fois en face de moi, plus ou moins en face pour notre première rencontre, mais lui c'est différent il a des problèmes avec son père donc je ne peux pas vraiment lui en vouloir."

"Et parce qu'il a des problèmes avec son père ça l'excuse de ce qu'il a fait ?"

"Non du tout, mais ça explique ses problèmes. Et puis je suis presque sûr qu'il a dû être créé dans des circonstances obscures, incluant un coït dans une position étrange, une potion ou deux, un serpent, deux ananas et une toupie." expliqua le survivant, réfléchissant aux conditions qui pourraient avoir amené le monde à engendrer une créature aussi étrange que le Seigneur des Ténèbres. "Je suis certain qu'une bonne thérapie ne lui aurait pas fait de mal. C'est malsain une telle fixation sur un adolescent. Je sais que je suis une célébrité, mais tout de même."


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Harry aimait beaucoup le Chemin de Traverse.

Il n'avait jamais été un grand adepte des sorties dans les rues marchandes, principalement parce qu'il devait dès lors porter tous les achats de son oncle, sa tante et surtout son cousin. Chaque sortie shopping était donc synonyme d'effort physique et surtout psychologique pour lui. Il devait supporter la présence constante de la totalité de la famille, ce qu'il avait la chance d'éviter chez eux en faisant les tâches quotidienne que Vernon et Petunia lui donnaient, mais en plus il devait subir la différence de traitement entre lui et son cousin sans pouvoir rien faire. Et la moindre erreur ou remarque entrainait une punition une fois de retour à la maison.

Il avait donc longtemps eu du mal avec ce genre de sortie.

Jusqu'au jour où un demi-géant avait défoncé une porte à deux mètres de lui, entrant par effraction chez la famille Dursley, avant de le kidnapper. Officiellement il pouvait facilement faire valoir cette version. Et ce jour-là, où il avait découvert le monde magique, il avait aussi appris qu'il adorait faire les boutiques. Malheureusement il n'avait jamais pu mettre cette passion en pratique, la famille Weasley n'étant pas réellement l'image de la richesse il ne pouvait pas se permettre de sauter de magasin en magasin en achetant ce qui lui plaisait sans se sentir coupable envers son ami et sa famille.

Ainsi, quand la famille Greengrass -les parents- lui avait proposé une sortie sur le Chemin de Traverse pour son anniversaire, puisqu'ils n'avaient prévu aucun cadeau, il avait sauté sur l'occasion. Ça, et le fait que cette demande permettait de couper la discussion gênante qui s'installait sur ses péripéties à Poudlard.

Mais il se trouvait maintenant face à un nouveau problème. Eleanore avait laissé aux enfants une heure pour se préparer avant de sortir, ils allaient passer la soirée à faire les boutiques avant leur fermeture, et Eric les emmenait au restaurant du côté moldu de Londres ensuite. Une attention qui touchait énormément le survivant, mais qui le mettait un peu mal à l'aise. Il n'avait rien à se mettre qui corresponde à la situation. Tout ce qu'il avait c'était les vieux habits trop larges et rapiécés de son cousin, et la cape que son parrain lui avait donné pour leur rendez-vous à Gringotts.

"Des difficultés avec tes vêtements ?" demanda une voix amusée.

Harry sursauta et se retourna en direction de la porte, où se tenait Daphné. Il resta bouche bée devant la figure qui s'offrait à lui. La jeune sorcière avait attaché ses cheveux en un chignon compliqué, laissant quelques mèches retomber sur les côtés de son visage. Un maquillage léger mettait en valeur son regard bleu et une touche légère de rouge à lèvre attirait le regard vers ses lèvres fines. Pour l'occasion, elle avait revêtu une robe bustier verte striée d'argent sur les côtés, mettant en valeur sa silhouette fine et ses formes qui commençaient à se dessiner.

Le garçon l'avait trouvé magnifique dans la tenue qu'elle avait portée quand il l'avait vu plus tôt dans l'après-midi, après sa rencontre avec la Tarasque, mais il devait avouer qu'elle était parfaitement sublime maintenant. Ses pensées semblaient s'échapper de sa tête, où son expression toujours mi-choquée mi-rêveuse fournissait toutes les informations nécessaire, car la Serpentard renifla avec amusement en entrant dans la pièce.

"Err...Disons que je n'ai pas vraiment une garde-robe à toute épreuve." répondit-il en reprenant un peu de contenance, se grattant l'arrière de la nuque mal à l'aise. "Vous êtes magnifique mademoiselle Greengrass." avoua-t-il en rougissant, détournant le regard.

Daphné, qui ne s'attendait visiblement pas à un tel compliment de la part du Gryffondor, rougit aussitôt et balbutia un remerciement. Un silence lourd s'installa, les deux sorciers évitant avec le soin le regard de l'autre, leurs joues partageant une même teinte carmin.

La Serpentard soupira avant de dégager un cadeau emballé de derrière son dos. "Je...J'avais prévu quelque chose pour toi aujourd'hui Potter, mais ne te fais pas d'idées !" se rattrapa-t-elle rapidement en voyant le regard surpris du survivant. "C'était pour...enfin quand tu étais sous l'influence du sortilège tu...je..."

Harry sourit en voyant la jeune fille s'emmêler dans ses explications. Elle ne devait pas avoir plus l'habitude que lui de ce genre de situation s'il en jugeait par la rougeur qui s'étendait maintenant sur ses pommettes. Mais il la trouvait encore plus élégante lorsqu'elle laissait tomber son masque froid et dénué de sentiment, il appréciait la vue de la jeune fille derrière celui-ci.

"Merci." dit-il pour la couper dans ses justifications. Il attrapa le présent qu'elle lui tendait et, sans savoir pourquoi, il se pencha pour déposer un baiser sur sa joue. A l'instant où ses lèvres effleurèrent la peau particulièrement douce de Daphné, Harry écarquilla les yeux et se recula. Il ne savait pas ce qui lui avait pris de faire une chose pareille.

Il déchira fébrilement le papier cadeau, gardant son regard aussi loin possible du visage de la jeune fille, ne voulant absolument pas voir la réaction que son geste audacieux et stupide avait provoqué. Il se concentra plutôt sur les trois toiles qu'il avait posées sur son lit.

La peinture n'était pas un loisir qui l'intéressait outre mesure, et l'art en général lui échappait. Mais il savait apprécier une belle toile. Et ce qu'il avait devant lui était indéniablement beau. La première peinture représentait Poudlard, de nuit, uniquement éclairée par la lune et les étoiles, les lumières du château se reflétant sur le lac noir. Il se souvenait parfaitement de cette vision, c'était celle qu'avaient partagée tous les premières années en arrivant pour la première fois au château. La seconde peinture était celle d'un hippogriffe à la robe grise parsemée de taches noires, dressé sur ses pattes arrière, ailes complétement ouvertes, au milieu d'une petite prairie. Le garçon sourit en se remémorant le souvenir de Buck et de sa confrontation avec Malefoy.

La dernière toile le surpris, et il prit de longue minutes pour l'observer en détail. Il s'agissait d'un portrait, et n'avait maintenant plus aucun doute sur le fait qu'il s'agissait plus spécifiquement d'un autoportrait. Daphné se tenait assise, droite, sur un petit tabouret tout simple au milieu d'une pièce remplie de toiles, de pinceaux, de pots et de tubes de diverses couleurs. Un véritable atelier. La jeune fille portait des vêtements simples, recouverts par un tablier couvert de tâches de peintures. Ses cheveux étaient ramenés en arrière dans une queue de cheval simple, et elle semblait le fixer avec un mince sourire. Elle était tout ce que n'importe qui n'imaginerait jamais après avoir rencontré la jeune fille. Sur cette peinture, elle était Daphné, une jeune sorcière qui aimait la peinture. Elle n'était pas l'héritière Greengrass, la Serpentard, ni même la Reine des Glaces.

Elle était juste Daphné. Et elle était magnifique.

"Splendide..." murmura Harry en tenant le portrait devant lui.


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Daphné avait hésité un long moment avant de venir dans la chambre de Potter pour lui donner, malgré tout, le cadeau qu'elle avait prévu pour lui. Il n'avait plus rien à lui pardonner, puisqu'il n'en avait pas souvenir, mais il avait choisi qu'il en soit ainsi. Elle lui en était terriblement reconnaissante, même si elle ne l'avouerait jamais à voix haute même sous la torture. Et elle devait aussi admettre qu'il l'intriguait, et que ce présent permettrait de les mettre sur une bonne voie pour une relation plus cordiale.

Mais elle n'avait absolument pas prévu ce qui venait de se passer. Sur sa joue brûlante, la trace des lèvres du garçon provoquait un léger chatouillement. Elle fut tellement surprise par le geste qu'elle ne répondit pas, et resta planté sur place bouche bée.

La Serpentard se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux et remercia tous les dieux que le survivant ait détourné les yeux, et qu'il soit ainsi incapable de voir la gêne qu'il avait provoqué. Elle détestait se sentir vulnérable, surtout lorsque ce sentiment était provoqué par quelqu'un d'autre, mais cette fois-ci elle trouvait la situation étrangement agréable. Une sensation de chaleur se répandait dans son torse, un sourire doux plaqué sur le visage.

Quand elle vit que le garçon avait ouvert son cadeau et fixait les trois toiles avec émerveillement, sa gêne revint en force. Daphné savait qu'elle était douée pour la peinture, même si elle n'avait jamais eu de retour extérieur. Il s'agissait d'une passion qu'elle pratiquait tous les jours, et elle était une fervente adoratrice de cet art, dévorant des yeux toutes les peintures moldus comme magiques qu'elle trouvait. Cependant, elle avait toujours gardé ça pour elle, et elle allait maintenant avoir son premier retour sur ses peintures. Le fait qu'il s'agisse du garçon qui venait de lui déposer un baiser sur la joue, et qui provoquait chez elle une multitude de sentiments dont elle se serait volontiers passée, n'aidait en rien.

La jeune sorcière attendit nerveusement une quelconque réaction du survivant, se mordant la lèvre inférieure pour ne pas s'enfuir en courant de la pièce pour s'enfermer dans sa propre chambre pour le restant de ses jours.

"Splendide..." l'entendit-elle murmurer. Elle sentit la chaleur dans son torse se répandre tout son corps, et c'est un véritable brasier qui vivait à la place de son cœur. Le survivant fixait, bouche bée, un portrait qu'elle avait fait d'elle quelques semaines auparavant en revenant de Poudlard. Elle était assez fière de son travail, mais elle avait longuement hésité avant de l'inclure dans le présent.

La jeune sorcière n'appréciait pas particulièrement son surnom de Reine des Glaces, mais elle avait pris le rôle à cœur avec le temps, à défaut de pouvoir faire autrement. Avec ce tableau, elle laissait définitivement ce rôle derrière elle dans sa relation avec le garçon. Elle ne savait pas ce qui lui avait pris de prendre cette décision, surtout qu'elle ne connaissait pas le survivant en dehors des histoires que les autres racontaient sur lui.

"C'est magnifique." la complimenta Harry en lui envoyant un sourire brillant, à faire pâlir de jalousie le soleil. Il était encore un peu embarrassé de la situation, et la Serpentard le trouva assez mignon. A peine la pensée eut-elle effleurée son esprit qu'elle la chassa avec force, sentant ses joue s'embraser. A nouveau. "Merci beaucoup, c'est le plus beau cadeau qu'on m'ait jamais offert."

"Ce n'est rien Potter." réussit-elle à répondre, avec une moue gênée. Elle se maudit d'être ainsi en face d'un garçon, et elle maudit ledit garçon de réussir à la rendre aussi nerveuse et insécure pour un simple cadeau d'anniversaire. Elle était Daphné Greengrass, héritière d'une ancienne famille sorcière. Pas une adolescente rougissante.

Un petit rire lui répondit, et elle observa Harry déposer les tableaux sur un bureau en face de son lit, les uns à côtés des autres contre le mur. "Ils sont vraiment très beaux, je ne savais pas que les sorciers étaient adeptes de la peinture moldu. En fait maintenant que j'y pense, je crois que je n'en ai jamais vu une seule à Poudlard."

"Ce n'est pas quelque chose dont je parle." murmura Daphné, lui lançant un regard menaçant pour qu'il comprenne qu'il ferait mieux d'en faire de même s'il voulait vivre longtemps et avoir une descendance. "Mais pour ce que tu disais, en effet les sorciers ne sont pas très friands des arts moldu en général."

"C'est dommage, se priver de faire de pareilles œuvres d'arts." soupira le garçon en fixant les trois peintures.

"Merci." répondit la fille en rougissant au compliment.

Un silence confortable s'installa entre eux alors qu'ils détaillaient les peintures, leurs regards s'arrêtant plus souvent sur le portrait que sur les autres.

"Tu ferais mieux de te préparer Potter." nota Daphné en brisant le silence, désignant ses vêtements pleins de terres, de poussière et de sang. "Je ne sors pas en ta compagnie tant que tu ressembles à un sorcier qui aurait fait la moitié des guerres de l'histoire à lui tout seul."

"Oh tais-toi Greengrass." soupira Harry en levant les yeux au ciel, un sourire amusé sur le visage. Elle devait admettre que le survivant l'intriguait de plus en plus, et qu'elle appréciait grandement le temps qu'ils passaient ensemble. Il n'était peut-être pas une cause aussi perdu que le pensaient les autres vert et argents. "C'est déjà assez difficile pour moi de me dire que je vais être accompagné par des Serpentards."

"Silence Potter, c'est un honneur pour un maudit Gryffondor comme toi d'avoir une telle compagnie." rétorqua la jeune sorcière en levant le nez au ciel.

"Un honneur ? De sortir avec un serpent comme toi ? Le monde entier va croire que je deviens un mage noir." s'amusa-t-il, provoquant une grimace chez son interlocutrice. "Encore une fois."

"Tu trouveras toujours un moyen pour faire parler de toi Potter."

"Il parait que je ne fais que chercher l'attention, j'aurais dû m'attendre à ce que tu partages ça avec Malefoy." cracha Harry. Daphné haussa un sourcil surpris à la réaction du survivant, mais se rappela qu'elle faisait officiellement partie du groupe du blond, et qu'il était facile pour lui de croire qu'elle partageait ses idées. Elle ne pouvait pas permettre au maudit Serpentard de tout faire rater maintenant.

"Il dit beaucoup de choses. En fait je pense que la seule chose qu'il ait jamais appris à faire c'est d'utiliser son père comme bouclier." fit-elle mine de réfléchir, sentant ses épaules se détendre en entendant le rire du dernier Potter résonner dans la pièce. "Je regretterais presque que l'hippogriffe n'ait pas mieux fait son travail."

"Oh je suis sûr que Buck a fait ça bien, il doit avoir une belle cicatrice sur le bras." sourit Harry en se souvenant de cette scène, illustrée magnifiquement face à lui sur une des toiles.

"Une petite, toute fine. Et il l'a montre dès qu'il en a l'occasion, expliquant à qui veut l'entendre, et même aux autres, comment il a survécu à une confrontation avec un hippogriffe en colère." soupira Daphné en levant les yeux au ciel. Tracey et elle avaient espérées ne plus entendre cette histoire, surtout du point de vue de Drago, une fois leur troisième année arrivée. Elles n'avaient pas eu cette chance.

Le survivant éclata de rire en entendant la torture par laquelle tous les camarades du blond devaient passer. "Et dire qu'ils veulent que ça soit ça l'élite du monde sorcier."

"Je ne m'avancerais pas sur ce sujet, mais si Malefoy devait être une des figures importantes de cette élite, je pense que le monde irait à sa perte." répondit Daphné avec un sourire. Un reniflement amusé lui répondit et elle se félicita d'avoir réussi à éviter le sujet des familles de sang-pur. Elle n'était pas de l'avis du Seigneur des Ténèbres évidemment, mais elle devait admettre qu'elle n'était pas vraiment pour l'acceptation des nés-moldu dans leur société. En tous cas, pas tant que ceux-ci fournissaient si peu d'efforts pour comprendre leur société et leurs mœurs.

"Bon." commença Harry, posant les mains sur ses hanches en se tournant vers elle, un sourire amusé sur les lèvres qui la firent frissonner. Elle retint difficilement un sourire en sentant la sensation descendre le long de sa colonne. La jeune fille ne comprenait pas comment il pouvait avoir cet effet sur elle, mais elle était déterminée à le découvrir. "Si vous voulez rester, il va falloir me payer mademoiselle."

Daphné pencha la tête sur le côté, cherchant à comprendre la signification des paroles du garçon, quand elle le vit saisir son haut à moitié déchiré pour l'enlever. Ses joues s'embrasèrent presque instantanément et elle sortit de la chambre avant qu'elle ne se ridiculise encore plus. Elle entrait dans l'adolescence et, comme toute héritière d'une noble famille, elle n'avait jamais vu beaucoup de peau nue chez les membres de l'autre sexe. Et elle ne voulait absolument pas découvrir quel effet cette vision pourrait avoir.


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Harry lâcha un soupir désespéré, alors que la vue de ce qui bloquait son chemin lui arracha un gémissement plaintif. Le bruit final qui résultat de ce mélange ressemblait à quelque chose qu'aurait pu produire le croisement d'une citrouille et d'un âne si on lui marchait dessus.

"Quelle élégance Potter." marmonna Daphné, qui se trouvait derrière lui collée à une vitrine à observer la nouvelle collection de robes automne-hivers de sa couturière favorite.

Malheureusement pour eux, mais principalement pour lui, son gémissement avait attiré l'attention d'un deuxième sorcier.

"Harry !" s'exclama Ron en l'apercevant, courant dans sa direction immédiatement entrainant avec lui totalité de sa famille. Le survivant n'eut pas le temps de décider s'il tentait de s'enfuir en courant qu'il était enfermé dans une étreinte à lui broyer les os.

Alors qu'il tentait vainement de reprendre son souffle pour supplier la matriarche Weasley de le laisser vivre, il ne put s'empêcher de comparer cette embrassade avec celle qu'il avait reçu de la mère de Daphné. Il n'était pas un grand adorateur de câlins, mais il devait reconnaitre qu'être dans les bras d'Eleanore avait quelque de chose de rassurant, d'apaisant. Là, il avait plutôt l'impression d'avoir été pris entre le Poudlard Express et une grosse montagne bien dure.

"Harry ! Qu'est-ce que tu fais là ? On t'as cherché partout depuis que tu as disparu de Gringotts !"

Le survivant se tourna vers l'origine de la voix une fois qu'il se fut extirpé des bras de la mère des roux, et retint une grimace en voyant Ginny s'approcher pour l'embrasser aussi. Il n'était pas proche d'elle, et la voyait plus comme la sœur de Ron qu'autre chose. Et de ce fait, il espérait bien avoir les mêmes relations avec elle qu'il avait avec Charlie, Bill ou Percy. Aucune.

"Pourquoi m'avoir cherché ?" demanda-t-il en haussant un sourcil, en la repoussant doucement après une seconde. Il ne comprenait pas pourquoi, mais la proximité de la jeune fille le rendait terriblement mal à l'aise.

"Tu avais disparu Harry !" s'acharna Ginny.

"Non, pas vraiment, j'étais simplement de retour chez moi." commenta Harry, notant du coin de l'œil un sourire amusé de Daphné. La famille Weasley ne l'avait pas encore vue, et elle ne semblait pas très pressée d'être le centre d'attention. Il pouvait facilement le comprendre, la famille de roux n'était pas connue pour son ouverture d'esprit envers les Serpentards, et là où il avait réussi à faire un effort -même s'il n'avait eu que peu de choix au final- il savait que Ron n'y arriverait pas. Il ne savait même pas si le rouquin serait capable d'essayer.

"Dumbledore nous a dit que tu n'étais pas chez les Dursley." intervint Molly pour la première fois. Le ton était moins chaleureux que d'habitude quand il l'a revoyait, mais il pouvait comprendre que son geste durant l'entretien avec les gobelins soit encore frais dans les mémoires. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui lui avait pris sur le coup, mais Eric pensait à l'influence du sortilège de compulsion mêlé à sa colère sur le moment.

"En effet, mais je pense que je ne serais pas retourné chez eux dans tous les cas, je préférerais encore vivre dans une chambre d'hôtel pour le restant de l'été." grimaça le survivant, surpris que la famille de sa mère ait déjà été amené sur le tapis. Les Weasley savaient mieux que personne -en dehors des parents Greengrass maintenant- qu'il s'agissait d'un point extrêmement sensible, et faisaient toujours en sorte de ne pas les mentionner, ou de le faire avec soin. Là, ce n'était ni l'un ni l'autre, ça avait été lâché comme une accusation.

Comment la mère de famille pouvait penser qu'il retournerait chez son oncle après ce qu'il avait découvert durant la lecture du testament le dépassait. Il savait que son choix n'avait pas été très réfléchit, mais il avait besoin de quelqu'un sur le moment et le fait que son père et sa mère aient choisi cette famille pour l'accueillir lui suffisait pour leur donner un minimum de confiance sans chercher plus loin.

"Mais...Tu n'étais quand même pas chez les mangemorts ?" demanda Ron à voix basse, les yeux écarquilles de surprise. Harry nota que le garçon avait eu suffisamment de bon sens pour ne pas hurler ceci, ce qui était très étonnant quand il repensait au tact habituel de son ami. Un rapide regard à sa mère en revanche lui indiqua qu'elle n'allait pas faire autant de cas que lui de la discrétion.

"Je n'étais pas chez des mangemorts Ron, je ne suis pas stupide au point d'aller me jeter dans la gueule du Seigneur des Ténèbres moi-même. Enfin, pas en dehors de Poudlard. Mais ça ne compte pas quand ça arrive à l'école." lui répondit-il dans un sourire amusé, faisant attention à ne pas utiliser le nom du sorcier. Il avait choisi de se renseigner sur l'existence du tabou avant de recommencer à utiliser son nom quand il était avec d'autres personnes en dehors de Poudlard, une mesure de sécurité qui lui avait valu un sourire victorieux de Daphné -qui était entrée en croisade pour le rendre moins Gryffondor-.

Molly lui lança un regard appréciateur et légèrement calculateur, refermant la bouche. "Où étais-tu alors ? Même le directeur n'a pas réussi à te retrouver Harry, nous étions tous très inquiets."

Le survivant pencha la tête sur le côté, les examinant avec attention. Était-ce si complexe de comprendre que, comme l'avait voulu le testament de ses parents, il ait choisi de vivre dans la famille -aimante qui plus est- qui avait été désignée comme la sienne ?

"Comment le directeur a-t-il pu me chercher ? Je veux dire, à moins de faire du porte à porte, je ne vois pas comment retrouver quelqu'un dans la totalité de l'Angleterre. Et encore, c'était sans compter la possibilité que j'ai quitté le pays." réfléchit-il à voix haute. Il vit du coin de l'œil l'expression de Daphné s'assombrir, elle était toujours fixée sur la vitrine mais toute son attention était dirigée vers l'échange qu'il avait. "A moins qu'il n'ait un moyen de savoir où je suis ?"

Il vit Ron se tendre en entendant sa dernière question, et le regard paniqué qu'il lança à sa mère n'échappa à personne. "Je ne vois pas pourquoi cela pose un problème Harry, Dumbledore doit savoir où sont tous les élèves de Poudlard pour s'assurer de leur sécurité. C'est son devoir de directeur." lui expliqua Molly comme si elle parlait à un enfant de cinq ans.

Et il détestait être prit pour un enfant. Il n'avait jamais eu la chance d'en être un, il n'appréciait pas de recevoir ce traitement maintenant qu'il avait quatorze ans.

"Mais, il y a quelque chose que je ne comprends pas Madame Weasley." commença-t-il avec un ton innocent, lui lançant un regard perdu. Il nota avec amusement que la femme semblait hésiter entre piquer une colère parce qu'il creusait la question et lui laisser le bénéfice du doute en voyant son expression. "Comme vous le précisez, il s'agit du directeur de l'école dans laquelle je suis scolarisé. En fait, je ne suis toujours pas inscrit pour ma quatrième année, puisque ceci se fait quelques jours avant la rentrée -remercions Hermione pour cette découverte-."

Il retint un sourire en entendant le reniflement amusé venant de derrière lui, très peu féminin. Cependant, s'il en jugeait par les expressions vides de ses interlocuteurs, eux n'avaient pas encore compris où il voulait en venir.

Il leur laissa quelques secondes de plus, avant de reprendre. "Donc, je ne vois pas en quoi son rôle de directeur vient avoir quelque chose à faire ici." il se frotta le menton en faisant mine de réfléchir. "En fait, comme il n'a rien à faire dans ma vie normalement, si l'on se fie aux testaments de mes parents qui ne le mentionne nulle part, je ne vois même pas pourquoi il me chercherait ?"

Les trois Weasley froncèrent les sourcils à cette dernière remarque, occultant le reste des accusations du survivant sur le harcèlement du directeur. "Tu avais disparu Harry, c'est normal que Dumbledore t'ai cherché !" s'exclama Ron, surpris de la réaction de son meilleur ami. Jamais il n'avait remis en cause les actions du vieux sorcier, encore moins quand c'était pour sa sécurité, en dehors de son placement chez les Dursley, mais pour ça le roux était certain que son ami exagérait.

"Je n'ai jamais disparu Ron." releva Harry en levant les yeux au ciel. Il n'était pas rentré avec eux, et n'avait eu aucune raison de le faire après leur comportement dans le bureau -et le fait qu'il ait jeté un sort à la matriarche-, mais il avait passé le reste de la journée dans un restaurant. Il y avait plus efficace comme fuite que de se poser quelques kilomètres plus loin et manger une souris d'agneau.

"On t'a attendu à la sortie de Gringotts pendant plus d'une heure et tu n'es pas sorti ! Les mangemorts aussi ne sont jamais sorti. Sirius non plus." lui expliqua Ron, son visage prenant des couleurs alors qu'il s'agitait. "Dumbledore était d'accord avec nous pour dire que tu avais été enlevé par l'un d'eux."

Le survivant haussa un sourcil surpris en notant que son parrain était placé au niveau des mangemorts -qui n'en étaient pas-. Il se réjouit intérieurement en voyant que Daphné réussissait à garder un visage impassible sous les accusations du roux, il avait besoin qu'elle garde ses remarques pour elle encore un moment. "L'un d'eux ? La famille Greengrass tu veux dire ?" demanda-t-il en penchant la tête, fronçant légèrement les sourcils.

"Oui...où Sirius." marmonna Ginny suffisamment fort pour qu'Harry l'entende. Devant son expression blessée elle s'empressa d'ajouter "Il est devenu Lord Black et a attaqué le directeur Harry."

"Dumbledore pense que son emprisonnement et son année passée à être traqué a peut-être eu plus d'effet sur lui qu'on ne le pensait." compléta Molly en lui lançant un regard qui se voulait chaleureux.

Le garçon les regarda sans croire ce qu'il venait d'entendre. Le directeur et les Weasley pensaient que Sirius était devenu...quoi, un sorcier noir ? Alors qu'ils savaient ce qui s'était réellement passé et pourquoi il avait été emprisonné ? Il dut se concentrer sur son occlumancie pour aspirer dans le vide toute la colère qu'il ressentait sur le coup.

"Je n'étais pas avec Sirius." commenta Harry sur un ton glacial. Il s'en voulait un peu d'avoir laissé transparaitre une partie de sa colère envers eux, mais il les vit échanger un regard. Il ne savait pas si ils avaient déjà réfléchit à cet échange, mais sa réaction semblaient faire partie de ce qu'ils avaient prévu. S'ils avaient su qu'il ne s'agissait que de la face visible de l'iceberg, ils auraient peut-être pensé à faire les choses autrement.

Mais Ron ne semblait pas prendre cette possibilité en compte. "Tu...Tu n'étais quand même pas avec ces mangemorts ?" chuchota-t-il en pâlissant immédiatement à l'idée d'avoir laissé son ami plusieurs jours avec des serviteurs du Seigneur des Ténèbres. "Il faut que tu rentres avec nous avant qu'ils ne reviennent ! Je ne sais pas comment tu as pu t'échapper mais c'est bien joué !" s'exclama-t-il en tendant la main pour l'attraper.

Il ne rencontra que le vide là où se trouvait un instant plus tôt. Il leva les yeux à la recherche de son ami, et entendit un glapissement venant de derrière lui. Harry était à un pas de là où il se trouvait précédemment, mais il y aurait pu avoir toute la distance du monde entre eux.

Ron frémit en voyant le regard glacé de son ami se poser sur lui, et son visage se transforma en une grimace de colère quand il reconnut la jeune fille qui se tenait à côté de lui. Il ne connaissait pas son nom, mais il savait que c'était une Serpentard et, pire encore, la fille des deux mangemorts qui étaient là à Gringotts.

"Que..." commença-t-il, en regardant son ami sans comprendre.

"Point numéro un." énuméra Harry en levant un index devant lui. "Les Greengrass ne sont pas des serviteurs de Jedusor."

Il retint un sourire amusé en voyant Daphné relever le menton à la mention de l'allégeance de sa famille, elle semblait prendre un malin plaisir à se faire passer pour une version féminine de Malefoy Junior.

"Point numéro deux, je n'ai pas eu besoin de m'échapper du manoir des Greengrass. Enfin, pas pour venir jusqu'ici tout du moins." continua-t-il, s'amusant de l'expression de surprise qui se peignait sur le visage de son ami. "Pour tout te dire Ron, c'est même Mademoiselle Greengrass ici présente qui m'a accompagnée sur le Chemin de Traverse. Ses parents nous rejoignant d'ici peu."

"Mais...Mais tu ne peux pas être avec des mangemorts Harry ! Ils ont du te jeter un sortilège, ne t'inquiète pas on va t'aider !" s'horrifia Ginny en s'approchant, seulement pour s'arrêter au même niveau que son frère quand le survivant éclata de rire.

"Je ne sais pas si c'est de la naïveté, de la stupidité ou de l'acharnement. Qu'en pensez-vous Mademoiselle Greengrass ?" demanda Harry en lançant un regard amusé à la jeune fille, qui gardait son masque de sang-pur prétentieux fermement plaqué sur le visage.

"Ne m'intègre pas dans cette conversation Potter." répliqua-t-elle en imitant à la perfection le ton trainant de Drago. "Je n'ai rien à faire à échanger avec ces...sorciers."

La dernière insulte provoqua une réaction similaire chez les trois sorciers face à eux. De la colère. Et les Weasley n'étaient définitivement pas l'image du sang-froid. Il vit les trois visages changer immédiatement de couleur pour une teinte rouge très prononcées.

Ron fit un pas en avant, les poings serrés remontant à hauteur de son torse, pendant que sa mère cherchait quelque chose dans ses poches. Probablement sa baguette. Mais Harry était plus rapide, beaucoup plus rapide. Sa baguette était déjà pointée en direction de son ami avant qu'il n'ai eu le temps de finir son premier pas.

Il ne comptait pas utiliser la magie ici, encore moins sur son ami ou sa famille, mais il avait appris durant ses confrontations avec l'héritier Malefoy que, souvent, la simple menace d'une baguette valait une attaque.

"Point numéro trois, je n'apprécie pas que l'on insulte ma famille." lâcha Harry en se plaçant devant Daphné, ratant son regard clairement surpris. Sa mère lui avait dit que le testament des parents du survivant indiquait la famille Greengrass comme celle devant s'occuper de lui dans le cas où des problèmes surviendraient, mais elle ne pensait pas qu'il serait aussi rapide à les considérer comme une famille. Surtout après ce qui c'était passé.

Elle sentit un sentiment étrange se répandre dans sa poitrine, une sorte de fierté à se tenir aux côtés du garçon alors qu'ils faisaient face aux premières implications de son départ dans sa famille. Elle se retint aussi de faire un commentaire sur le fait qu'il était un stupide Gryffondor fini qui faisait confiance à n'importe qui, dans n'importe quelle situation, et qu'elle était étonnée qu'il ait réussi à vivre quatorze années de suite sans mourir. Mais elle préféra se focaliser sur le sentiment de fierté, elle pourrait se moquer du survivant quand ils seraient dans une situation moins problématique.

"Je...Mais Harry..." bredouilla Ron, la situation ne correspondant absolument pas à ce à quoi il s'était attendu. Son ami devait être reconnaissant de son aide, et de devait venir au Terrier avec lui. Là il lui tenait tête, et il prenait position avec une future mangemort.

"Jeune homme, tu vas arrêter ces idioties immédiatement et tu vas venir avec nous au Terrier ! Puis nous appellerons le directeur pour qu'il te soigne de ton problème !" hurla Molly, attirant l'attention de tout le monde autour d'eux.

Il refoula sa colère face au comportement de la mère de son ami, et laissa un faux sourire fleurir sur ses lèvres. Il sentit la main de Daphné effleurer son avant-bras, et il vit de l'inquiétude dans son regard. La situation commençait à dégénérer, et il n'avait pas prévu la colère de la mère de famille. Quelque chose de stupide maintenant qu'il y pensait, elle hurlait toujours après ses enfants, pourquoi avait-il cru que cette fois-ci serait différente ?

"Madame Weasley, j'apprécie tout ce que vous avez fait pour moi jusqu'à maintenant mais, comme pour Dumbledore, vous n'êtes guère plus que la mère d'un ami." commença Harry en reprenant position aux côtés de la jeune Greengrass. "Vous n'avez aucune autorité sur moi, et bien que j'apprécie vos conseils -réellement-, cette fois-ci..."

Il laissa le silence s'étirer quelques secondes, réfléchissant à ses paroles, alors que les quatre personnes autour de lui étaient suspendu à ses lèvres. Ce qu'il allait dire, ce qu'il comptait dire, allait sceller pendant un temps ses relations avec la famille Weasley. Il n'était pas certain de vouloir ceci, mais il commençait à être fatigué de voir que tout le monde le prenait pour un objet. La matriarche ne lui avait pas demandé une seule fois s'il allait bien, elle voulait simplement le ramener avec elle.

Ce dernier point éveilla quelque chose dans l'esprit du survivant. Elle voulait le ramener sous son influence, sous celle de Dumbledore qui avait des moyens pour le localiser alors qu'il n'était censé être que le directeur de son école.

"...je n'en ai absolument rien à foutre, de votre avis." finit-il en lui lançant un sourire triste.