Disclaimer : Alors ici rien n'est à moi, les persos sont à Rowling et l'histoire à Cybèle (fic anglaise au départ), moi je ne suis qu'une pauvre petite traductrice sans imagination………sniff

Genre : Bon c'est un slash Harry/Sevie, mais rassurez-vous IL Y A une histoire, contrairement à la plupart des fics entre gars où les moindres prétextes sont bons pour se retourner dans tous les coins, ce que je déplore

personnellement. (mais heu, c'est pas une fic pour gosse non plus) ^-^ Première partie R pis ce bon vieux NC17!

Quand ? : Ca commence deux semaines après que Voldy soit revenu à la vie (pitié soyez sympa oubliez le merveilleux ordre du phénix juste pour cette histoire)

Note de la traductrice : Bé vi je l'ai dit je ne suis hélas pas l'auteur de ce petit chef d'oeuvre (nan nan chuis sérieuse j'exagère pas) mais je suis réellement tombée amoureuse de cette histoire (pourtant l'anglais et moi……….hem hem, comme dirait Umbridge !) et j'espère qu'elle vous plaira autant que moi, j'ai tout de même passé pas mal d'heures pour finir de la lire et je dois dire que j'ai été soufflée par la fin………… ^-^

Ha vi, NC17 now ! (et dans ce chapitre les allusions et pensées de Rogue deviennent de plus en plus….. « intéressantes » de ce point de vue-là… )

ATTENTION ATTENTION à CETTE FIN DE CHAPITRE POUR LES AMES SENSIBLES !!! (naaan pas de lemon)

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Miya Black: Le cadeau de Harry...vi si tu sais où ça se vend je prends tout de suite!! lol

Caroline: Severus est TOUJOURS génial!!! ^-^

Na-chan: Les doigts de Harry sur Sev'....le veinard... j'avoue qu'en traduisant je me suis posée la question...mais non, Harry est bien trop timoré pour ça, pis ça faisait bizarre quand même...de plus, je pense que si c'était réellement Harry, Rogui se serait plutôt écrié "Diantre quelle est cette chose velue et humaine qui ose me toucher?! Broou!!" plutôt que de gémir comme dans l'histoire.....mdr Vi je pensais aussi que vu qu'au chap préceédent, ils se sont saoulés la gueu***, on aurait droit à une petite scène de chansonnettes, de strip-tease ou je sais pas moi, le genre de trucs qu'on fait habituellement quand on a...hem...trop bu....enfin, c'est ce que moi je fais en tout cas.....loooool

DarkWest: Oki mais ta "bienséance" motive pas mal ça je peux te l'assurer!! lol Moi aussi je trouve ça triste que Harry et Voldy doivent mourir.....je les imaginais, marchant main dans la main avec le petit rogui gambadant autour d'eux....c'aurait été tellement mignon ^-^

Mangafana: Quand va-t-il se décoincer? Héhé mais c'est ce qu'il fait petit à petit...d'ailleurs ses yeux ont tendance à traîner un peu partout...(tu verras ce que je veux dire si tu lis ce chapitre....) ;)

Ansuku: A quand le slash? Mais heu c'en est déjà un, non? Y a pas que le....enfin "slash" ne signifie pas automatiquement "ramene-toi ici que je te déculotte" j'espère?? Pasque chuis pas pressée d'écrire ce genre de scènes, mouwa, bien que ça me fait rire de les lires....lool

Si vous êtes prêt II : Le garçon ne doit pas savoir.

Chapitre 2 : l'entraînement.

« Alors, on va travailler sur quoi cette fois-ci ? »

« Le tranplanage. »

Sa bouche s'ouvre et je vois de l'appréhension dans ses yeux. Tout compte fait, le garçon en sait assez pour être effrayé. Je suis presque impressionné.

« Mais je suis trop jeune. »

« Enfreindre les règles vous concerne soudainement, Potter ? »

Bien sûr, il n'a rien à faire des lois. Il voudrait juste mais le faire croire. J'adore voir son courage de Gryffondor flancher. Soudain, j'aime ça encore plus qu'avant.

« C'est juste que si, vous savez…je…hem…perds…quelque chose. »

Je me permets un rictus sinistre. Avec les ombres dansantes projetées par les torches dans la pièce, j'imagine que je dois vraiment avoir l'air diabolique. Il déglutit nerveusement et commence à remuer sur place. Je me demande si je devrais lui dire qu'il est en sécurité avec toutes ces protections mises en place, et que de toute façon tous les morceaux de son corps resteront dans la même pièce que lui. Non. Laissons-le se tracasser.

« Je vous suggère de le faire correctement, alors. »

Ses yeux s'élargissent et il hoche rigoureusement la tête. Il prend une profonde respiration et je peux voir le voir se préparer mentalement.

« Nous commencerons cet après-midi. Vous devriez peut-être essayer de dormir un peu avant. Je n'aimerais pas avoir à chercher votre tête un peu partout simplement parce que vous ne savez pas vous concentrer proprement. »

Il cligne des yeux. Puis acquiesce. Et cligne à nouveau des yeux. Hochant encore une fois la tête, il se dirige vers les lits jumeaux et tombe sur le sien en soupirant. Je le suis et m'allonge dans le lit voisin, mais je n'ai pas l'intention de dormir. Si le gosse reste tranquille, je pourrai me concentrer sur mon propre entraînement. Je l'entends se débarrasser de ses chaussures et se glisser sous les couvertures.

Je respire profondément et me concentre pour acheminer toute l'énergie de mon corps jusqu'à mon esprit. S'entraîner soi-même à « oublier » certaines informations selon sa propre volonté est quelque chose de réellement difficile à accomplir. J'ai d'abord acquis cette capacité quand j'étais Mangemort puis je l'ai utilisée en tant qu'espion pour Dumbledore. L'astuce consiste à relier l'information et tout sentiment qui va avec à un mot-clé choisi au hasard et totalement sans rapport. Pour cela, j'ai choisi le mot Moksha, qui me semble suffisamment éloigné du thème de Harry Potter et me garantit que toute donnée ne sera pas perdue. Aucune autre torture, si ce n'est le Véritaserum, ne réussira à extirper le moindre renseignement tant que le processus ne sera pas enclenché. Le mot sera une sorte de bannière, et si tout fonctionne comme prévu, je serai conscient que cette information est stockée quelque part, mais pour la récupérer je devrai faire appel à une technique de self-hypnose.

Je crois que je devine la raison pour laquelle ça n'a pas marché jusqu'à présent. Avant, lorsque je recourrais à cette méthode, c'était une question de vie ou de mort. Maintenant c'est plus histoire de sauver ma raison. Préserver ma santé mentale. Connaître le destin du garçon me bouleverse et surpasse mes propres résolutions : ressentir quoique ce soit envers le gosse en dehors de mon devoir vis-à-vis de lui est inacceptable. Pour ne pas dire dangereux.

Je commence à me focalise sur le mot, en gardant une image claire dans mon esprit, jusqu'à ce que chaque inspiration, chaque battement de cœur se nourrisse de ce mot. Une fois qu'il n'y a rien d'autre dans mon esprit, je rejoue ma conversation avec Dumbledore.

« Je pense qu'il est temps que vous sachiez la vérité à propos de Harry. Ce que je vais vous révéler, Severus, le garçon ne doit pas savoir. Mais je pense que vous devez comprendre l'importance de votre travail… »

Ses mots deviennent des liens auquel le mot Moksha est rattaché. L'appréhension et le pressentiment que je me souviens avoir ressentis à ce moment les imprègnent.

« Je suis sûr que vous êtes courant à propos de la quête d'immortalité de Voldemort. Il a essayé une grande quantité de sortilèges, avant de se décider pour l'un d'entre eux – peut-être le plus sombre et le plus sinistre possible. Le rituel comporte deux parties. La première demande des années de préparation et est horriblement douloureuse. Elle consiste à extraire l'âme du corps. Beaucoup de personnes meurent avant d'avoir pu la terminer. Voldemort a accompli la première tâche. »

Ecoeurement. Colère. Une vague impression de stupéfaction, teintée d'une légère envie. Les émotions m'enflamment à nouveau. Elles parcourent mes veines et sont propulsées à chaque mot.

« Ensuite, pour survivre à ce rituel…. »

« Professeur Rogue ? »

Une voix étouffée me rappelle à moi et pendant un moment je suis désorienté. J'ouvre mes yeux et reprends conscience de mon corps, de la froideur de la pièce, du garçon dans le lit à côté du mien. Les mots se dissolvent dans mon esprit et se dispersent comme de la poussière. Bordel de merde.

********************

« Vous êtes réveillé ? »

Avant que je puisse le stopper, un grognement de frustration s'échappe de ma gorge. « Qu'est-ce qu'il y a ? » dis-je sèchement.

« Est-ce que je peux mourir ? » demande-t-il et je commence à paniquer.

« Quoi ? »

«Si je me retrouve en morceaux, je veux dire. »

Je me demande si mon soupir de soulagement est audible. « Ne soyez pas ridicule, Potter. Croyez-vous vraiment que le directeur vous permettrait de mourir ? » Ma phrase flotte au-dessus de mon lit pendant un moment avant de me retomber brutalement dans l'estomac. Je prends une longue inspiration pour me calmer. « Non, vous ne pouvez pas mourir. Le pire qui puisse vous arriver est d'être effroyablement défiguré », dis-je pour le rassurer et j'ai un sourire sardonique lorsque j'imagine l'expression sur sa figure.

« Mais, comment est-ce que c'est possible ? Je veux dire, comment une personne peut-elle se retrouver en plusieurs morceaux et rester quand même vivante ? »

Le gosse pense comme un moldu. Et un moldu particulièrement stupide. A-t-il pensé à demander comment quelqu'un pouvait toucher un vulgaire déchet et se retrouver transporté ailleurs grâce à ça ? Non. A-t-il jamais pensé à demander comment son psychopathe de parrain pouvait se transformer en chien sans que cela semble altérer ses capacités intellectuelles ? Non. Ou comment Voldemort était capable d'extraire son âme de son corps et continuer à vivre?

Bien sûr que non, il ne sait rien à propos de ça.

« Répondre à votre question, Mr Potter, demanderait le temps qu'il nous reste pour compléter votre apprentissage. En bref, vous êtes capable de vivre parce que vos membres ne sont pas détachés de votre corps. Ils sont simplement éloignés. Si vous vous intéressez à la partie physique de la magie, je suggère d'aller faire un tour à la bibliothèque. Ou peut-être de vous renseigner auprès de votre amie Granger. Je suis certain qu'elle a déjà dévoré une petite centaine de livres sur le sujet. A présent taisez-vous et dormez. »

« Vous n'en avez jamais eu assez d'être méchant ? » Il n'y a aucune trace de colère. Sa question est posée avec une curiosité détachée. Ce qui me rend encore plus furieux. Comment ose-t-il me demander ça ?

« Je vous demande pardon ! »

« Parce que vous n'êtes pas vraiment méchant. » Je le suis, me hurle ma conscience avec une indignation presque enfantine. « A l'intérieur, je veux dire. »

« Bien que j'admets qu'il serait réellement fascinant d'entendre votre analyse de mon moi-profond, Potter, je dois insister pour que vous vous rappeliez à qui vous parlez. Vous l'avez peut-être oublié, mais je suis votre professeur. Je dois vous demander de me traiter avec le respect que mon statut mérite. Est-ce clair ? » Ma voix tremble avec la rage réprimée et l'étonnement qu'il ait une fois de plus franchi la ligne pourtant distincte qui sépare nos positions. Il redevient silencieux et je ressens une impression de triomphe. Cette impression passe rapidement à l'irritation lorsqu'il continue.

« Je ne suis pas irrespectueux. Je pense juste… » Il s'arrête et mon cerveau carbure à toute vitesse pour essayer de trouver une remarque qui le ferait se taire. Je commence à me demander si c'est encore possible. « Vous savez, la nuit dernière, quand vous étiez dans ce fauteuil, vous aviez l'air tellement…différent. Je veux dire, votre visage. Vous aviez l'air, je ne sais pas, heureux. C'était chouette. J'aimerai seulement que les autres gens voient comment vous êtes réellement. »

Comment je suis réellement. Merlin aidez-moi, mais je suis curieux. Je décide de laisser le gosse continuer à délirer et se noyer dans sa propre folie. « Je vois. Et comment suis-je réellement, Mr Potter ? Je vous en prie, éclairez-moi avec votre clairvoyante perception de moi-même. »

Je l'entends s'asseoir et je peux sentir ses yeux sur moi. Je n'arrive pas à me convaincre de me redresser pour le regarder.

« Et bien, vous êtes impossible, pour commencer. Puis sarcastique, et désagréable. Mais au-dessous de tout ça, vous êtes quelqu'un de vraiment bien. » Sale petit emmerdeur. Comment ose-t-il ? Je grince des dents et il continue. « Je veux dire, je vous embête depuis pas mal de temps. Mais vous continuez à faire tout ce que vous pouvez pour m'aider. Et ne dites pas que c'est uniquement à cause de Dumbledore. Vous auriez pu perdre votre travail la nuit où vous m'avez laissé rester dans votre chambre, mais vous l'avez fait quand même. Et Dumbledore ne vous a pas forcé à accepter mes visites tous les soirs. Il m'a juste donné la permission. Vous auriez pu refuser, mais vous ne l'avez pas fait. Je sais que vous ne m'aimez pas, donc ce n'est pas la raison. L'autre explication est qu'au fond de vous vous êtes quelqu'un de bien. Je pense que vous auriez fait la même chose pour n'importe qui. »

Je laisse le garçon finir et chaque mot qu'il ajoute attise un peu plus ma rage. Je suis pétrifié. Je ne sais pas à quelle accusation je dois réagir en premier. Le gosse m'acculé dans un coin. Si je lui dit que je n'aurais pas fait ça pour n'importe qui, il en tirera l'absurde conclusion que je m'intéresse à lui. Et si je ne nie pas que je me sens concerné par le bien-être des autres personnes, il fera la conclusion tout aussi absurde que je suis gentil. En effet.

«Est-ce qu'il ne vous est pas venu à l'esprit, Mr Potter, que j'endurais votre présence simplement parce que le pathétique étalage de sentiments auquel vous m'aviez confronté la dernière période m'avait écoeuré au point que je préférais vous voir hanter mes appartements toutes les nuits plutôt que d'avoir à supporter à nouveau vos scènes mélodramatiques ? » Je le regarde et vois son visage, sans expression une fois de plus. Le soulagement m'emplit.

« Est-ce que c'est vrai ? » Sa voix craque et il s'éclaircit la gorge avant de dire : « Est-ce que c'est vraiment ce que vous ressentez ? » Je frissonne et je me dis que c'est à cause de la froideur de l'air et que ça n'a rien à voir avec sa voix. Je m'arme de courage et répond :

« Non, Potter. En réalité, mon ambition secrète est de jouer les conseillers pour gosses perturbés. »

« Donc vous pensez que je suis fou. Dans ce cas désolé, professeur, à partir de maintenant je ne vous ennuierai plus avec mes sentiments. »

« Oh bon dieu. Potter, cessez de vous comporter comme un gosse. Je ne vous permettrai pas de jouer au martyre devant moi. »

Il se couche et me tourne le dos. Je sors du lit en essayant de déterminer si oui ou non je suis heureux d'avoir ressuscité la haine que le garçon avait autrefois à mon égard. Ma conscience m'applaudit un recoin plus faible me maudit de me comporter en parfait salopard insensible.

Heureusement, ma conscience réussit à soumettre l'autre partie à sa volonté.

*************************

« Concentrez-vous, Potter. » Nos deux premiers essais ont été plutôt bons. Mieux que ce à quoi je m'étais attendu, en tout cas. Inspirer de la peur, je me rappelle, est la meilleur des méthodes d'apprentissage. Je m'en sers dans ma classe depuis des années. Si les étudiants sont effrayés, ils prêtent plus attention à ce qu'ils font. Il y a bien sûr des exceptions. Neville Longdubat ne serait pas foutu de faire quoi que ce soit correctement même s'il était menacé d'une mort horriblement douloureuse.

Bien sûr, je suis toujours révulsé lorsque je dois rattacher les morceaux qu'il laisse derrière lui. Il est énervant de voir le gosse sans ses lèvres. Il peut à peine dissimuler son embarras et l'humiliation ne l'aide pas à se concentrer.

« Rappelez-vous, vous devez être conscient de chaque partie de votre corps, jusqu'au ongles de vos pieds. Les pointes de vos cheveux. Imaginez-vous entièrement. Avez-vous l'image en tête ? » Il respire profondément et ferme ses yeux. Après un moment, hoche la tête. « Ok. A présent projetez cette image dans la pièce. Essayez à nouveau. » Ses sourcils se serrent avec concentration et soudain, il disparaît avec un pop.

Enfin…quelque chose comme ça.

Je me rends compte que j'ai oublié de lui rappeler de penser également à ses vêtements. Je l'entends réapparaître dans la pièce au moment où je vois ses habits tomber sur le sol. Il pousse un faible cri et j'ai la brève vision du coin de l'œil d'un corps nu qui s'écrase par terre. Un éclat de rire m'échappe.

L'hilarité du moment dissout la tension croissante qui s'était installée entre nous depuis notre dispute de ce matin. Le garçon a été professionnel et discipliné et je me dis en moi-même que je lui en suis reconnaissant. Enfin, je devrais l'être. Si je n'en suis pas totalement mécontent, j'ai l'impression, sans savoir pourquoi, que je ne suis pas aussi satisfait que je devrais l'être. Son expression neutre n'est pas une tentative de jouer à ce jeu. Cela ne m'irrite pas. Il se protège. Ou moi, peut-être. Probablement les deux.

Je ramasse ses vêtements avec lenteur et j'en profite pour m'assurer qu'il n'a pas laissé de morceaux derrière lui. Il n'y en a pas. Ce qui veut dire que le gosse a réussi. Ce n'est pas un petit exploit, après seulement trois essais. La seule chose qu'il reste à améliorer est de le faire sans penser. Satisfait de nos progrès, je traverse le salon et lui tends ses vêtements. Il les saisit d'un geste vif et je lui tourne le dos.

« Je suis impressionné, Potter. Vous avez fait bien mieux que je ne l'espérais. »

« Ouais. Vachement réussi », grommelle-t-il. « Oh je sais, désolé. Mon langage. »

« Ca arrive à tout le monde, Potter. Le transplanage est quelque chose de difficile à maîtriser. Soyez heureux de n'avoir perdu que vos habits. Ca aurait pu être bien pire. »

« Ok. C'est bon, vous pouvez vous retourner. »

Je me tourne alors qu'il commence à enfiler son T-shirt. Mon regard est attiré par une traînée de poils sombres partant de son nombril jusqu'à son jeans, et je ne réussis pas à en détacher le regard avant que le t-shirt ne la recouvre. Mes yeux se lèvent pour rencontrer les siens et je devine qu'il a remarqué que je l'observais béatement. Je cherche dans ses yeux la peur que je m'attends à y trouver. Il me regarde avec un air légèrement confus, rehaussé par…quelque chose d'autre. J'évite de laisser la culpabilité s'installer dans mes yeux.

« Je pense que nous devrions faire une pause », dis-je en maudissant mon souffle court. Je sors ma baguette et fais amener des sandwiches et du thé de Poudlard. M'asseyant au bureau, j'essaie de chasser l'image qui semble maintenant gravée dans ma conscience. Il me suit un moment plus tard et s'assit.

Il mange silencieusement. Je me dégoûte.

********************

« 'jour. »

Il est assis jambes croisées sur son lit et il me semble qu'il était en train de m'observer. Je cligne des yeux pour me réveiller.

« Quel heure est-il ? » Je regarde l'horloge sur la table de nuit et je cligne à nouveau des yeux pour être sûr que je vois correctement. « Qu'est-ce que vous faites réveillé à 3h du matin, Potter ? ». Question stupide.

« Je n'étais pas fatigué », ment-il. Il dormait profondément lorsque j'ai réussi moi-même à m'endormir. Je m'assieds et allume la lampe. Je peux le voir nettement maintenant et je remarque que derrière ses lunettes ses yeux sont rougis par manque de sommeil. Il sourit faiblement. « Désolé si je vous ai réveillé. »

« Non, vous ne m'avez pas réveillé. J'ai… » eu un rêve. Un rêve assez perturbant et déplaisant j'ai honte d'avoir laisser mon cerveau imaginer ça. Bordel qu'est-ce qui ne va pas avec moi ? Le gosse a 15 ans. Mon estomac se crispe alors que le flash de cette image me revient en tête. Je secoue physiquement ma tête pour m'en débarrasser. « Vous ne m'avez pas réveillé. »

« Vous étiez en train de sourire. C'est dommage que vous vous soyez réveillé » dit-il avant de sembler réaliser l'aveu de sa déclaration. « Enfin, c'est pas que je…je n'étais pas…aucune importance. Désolé. » Il retombe sur son oreiller, mais ses yeux restent ouverts.

« Potter - »

« Je vous regardais seulement parce que ça me calme. Je suis désolé. Je ne le ferai plus. » Il y a de la contradiction dans sa voix et de l'appréhension. J'aimerai lui demander de s'expliquer, mais je n'y arrive pas. De son côté, il a réussi à me cacher presque chacune de ses émotions depuis les deux semaines que nous sommes ici. Il a insisté pour tenir la promesse que nous avons faite le premier jour de notre arrivée. Je ne peux pas le blâmer pour m'avoir regardé dormir. J'ai fait la même chose à de maintes occasions. C'est assez relaxant. Et s'il a besoin de se calmer, alors…

« Vous rêviez de quoi ? », je lui demande, ce qui me dépouille ainsi de mon titre de « Salopard méchant et sans cœur » que j'ai tenu à conserver.

« Je n'ai pas…», commence-t-il avant de soupirer. « Je n'ai pas envie d'en parler. »

« Bien. Dites-moi au moins si ça a un rapport avec Voldemort. » L'impatience se fait sentir dans ma voix et je m'en veux pour ça. Ensuite je me demande pourquoi je devrais m'en vouloir pour quelque chose comme ça. J'en ai le droit. Le gosse est têtu.

« Non. Ecoutez, ce n'était rien. »

Je serre ma bouche pour m'empêcher de l'insulter. Une fois que je me suis suffisamment calmé, je parle : « Je reconnais que cela ne me concerne pas, mais je crois que si vous ne voulez pas parler de ce qui vous dérange, vous n'arriverez jamais à en venir à bout. » Et voilà. Je suis devenu le thérapeute officiel du gosse. Tu le regretteras. Je le regrette déjà.

« Je vous ai dit que ce n'était rien. Bon dieu, vous êtes la personne la plus contradictoire que j'aie jamais rencontrée. » Il roule sur le côté pour me faire face. Ses yeux sont rétrécis et brillent avec colère. « Une minute vous me traitez de bébé pleurnicheur, et la minute d'après vous vous attendez à ce que je vous ouvre mon coeur. Peut-être que c'est vous qui devriez venir à bout de quelque chose, Professeur. » Il se remet sur son dos et cache sa figure. Je le fixe et prétends ne pas remarquer qu'il a touché juste.

« Potter - »

« Oui je sais. Modérer mon ton. »

Insolent petit emmerdeur. « En tant que professeur, je suis obligé de m'assurer de votre bien-être. »

Il renifle avec indignation. « Ne vous dérangez pas pour ça. Il y a assez de personnes qui se disent concernées par mon bien-être. » J'acquiesce mentalement avant de me décider à le faire verbalement lorsqu'il soupire fortement et dit : « Est-ce que nous pourrions juste arrêter, s'il vous plait. Je n'ai pas envie de me battre avec vous, professeur. Je suis désolé d'avoir dit tout ça. » Sa voix craque sous l'intensité de sa déclaration et ma propre colère s'évapore.

Je ferme les yeux et notre discussion se rejoue dans ma tête. Je me rends compte que la frontière a été franchie une fois de plus et que c'est de ma faute. Je me sens soudainement ridicule à l'idée que lui et moi allons passer le reste de la nuit à cogiter jusqu'à en devenir dingue. Et le seul moyen d'y remédier est de…

Non.

« Potter - »

Ne fais pas ça.

« Je m'excuse. »

Espèce d'abruti invertébré.

« J'aimerais que vous sachiez que mon offre de discuter avec vous était sincère et tient toujours. Bien peu de personnes peuvent comprendre ce par quoi vous êtes passé, mais je pense pouvoir affirmer que j'en fais partie. »

Le silence qui suit ma proposition est assez long pour que la bête cinglée à l'intérieur de moi qui me l'a suggérée se fasse tabasser par ma conscience, ma fierté, et assez bizarrement, mon coeur. Finalement, le silence est brisé par un rire sans joie. « Je vous remercie, professeur. Mais vous ne comprenez vraiment pas. » Le petit enculé. Comment ose-t-il rejeter ma générosité ? Que veut-il de plus ? Que j'aille près de lui pour lui caresser la tête comme sa mère ?

« Bon sang, Potter. Si vous ne me dites pas ce qui vous tracasse, je vous lance un sort pour oser vous foutre de moi. »

« Mais professeur, je ne peux pas - »

« Potter, crachez le morceau. »

« Je suis gay, lâche-t-il finalement. Enfin je pense. »

Il a raison. Je ne comprends pas. Encore une autre chose que je devrais apprendre à oublier une fois que mon cerveau fonctionnera à nouveau. J'entends soudainement la voix bien distincte d'une bouteille de Brandy qui m'appelle depuis ma valise. Je me lève pour aller la chercher, me décidant à recommencer à faire ce que me dicte ma conscience. Une fois que j'aurai digéré le choc.

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Je vous l'avais je vous l'avais dit !! Je m'en souvenais pas, j'avais la bouche jusque par terre lorsque je suis tombé sur LA phrase (je veux dire, je pensais pas que ça venait si tôt). Mais pourquoi les mecs les plus beaux sont-ils toujours gays ??? Bon, je vous laisse, je reviens dans 5 minutes, je vais changer de sexe. Vous me laissez de reviews pendant ce temps-là, histoire de m'encourager pour mon opération, et – accessoirement – me dire ce que vous avez pensé de ce chap ? (moi en tout cas j'adore !!!) ^-^

Gaeriel, ex-woman bien décidé(e) à récupérer son ch'tit pubère à lunettes complexé !