Bon, j'ai galéré à écrire ce chapitre! J'espère qu'il vous plaira. Laissé toutes les reviews que vous souhaitez :) mais sachez que je pars en vacances et que je n'emmène pas mon pc donc pas de suite avant au moins 1 semaine! :/ Désolée!


« Journée si peu ordinaire »

« Sakura, tu m'écoutes ? »

Je sursautai et tournai mon regard vers Naruto.

« Oui, bien sûr. »

En fait, non. Je ne l'écoutais pas ou du moins plus. Il était parti dans un long monologue où il m'expliquait tous les biens faits des ramens. Sujet qui ne m'intéressait en rien. Ça faisait maintenant deux semaines que Sasuke et moi étions en bon terme. Seulement, ça ne me donnait pas plus l'occasion de le voir à l'approche des vacances les devoirs affluaient. Nous nous croisions dans les couloirs, on se souriait mais ça n'allait pas plus loin. Je reportai mon attention sur l'imbécile à ma droite. Ses yeux azures brillaient pendant qu'il parlait. Il aimait vraiment les ramens.

« Naruto »

Je le coupai.

« Quoi ? »

Je restai silencieuse et le contemplai.

« Sakura ? Qu'est-ce qu'il y a ? Tu es malade ? Tu veux des ramens ? »

Je levai les yeux au ciel.

« Non, imbécile. Je me demandais juste...quand allais-tu inviter Hinata à sortir ? »

Les yeux de Naruto se firent vides. Comme s'il ne se passait rien à l'intérieur, comme s'il ne se passait rien dans sa tête.

« Comment ça Sakura ? »

Ma question n'était-elle pas assez claire ?

« Hinata te plait. Alors, quand comptes-tu te bouger et l'inviter à sortir ? »

Ses joues se colorèrent légèrement, il passa sa main derrière sa tête et rit nerveusement.

« Mais de quoi tu parles Sakura ? »

Pourquoi niait-il la vérité ?

« Ne me mens pas Naruto, je suis ta meilleure amie et je ne suis pas aveugle. Alors fais-moi le plaisir de répondre à ma question et d'arrêter de tourner autour du pot. »

Ma voix avait été cassante. Ses yeux devinrent sérieux et ses sourcils se froncèrent, signe qu'il réfléchissait.

« Je ne vois pas pourquoi je l'inviterais… J'aime bien notre relation comme elle est ! On vient en cours ensemble, je la vois le soir pour qu'elle m'aide pour les cours, on passe du bon temps. C'est amplement suffisant ! »

« Tu crois vraiment que ça lui suffit à elle ? De te voir juste en cours ? Tu n'as pas pensé à ce qu'elle ressentait ? »

Il ouvrit la bouche dans l'espoir de répliquer mais la referma bien vite.

« Ce n'est pas comme si elle était amoureuse de moi » bougonna-t-il.

Je le tapai derrière la tête.

« Tu es vraiment un crétin Naruto. Elle en pince pour toi depuis la première fois où elle a posé ses yeux sur toi. La seule chose qu'elle attend c'est que t'aille la voir et que tu l'invites à sortir quelque part. Venir en cours ensemble ce n'est pas pareil. Alors tu te comportes pour une fois en homme et tu l'invites. »

Il se frotta l'endroit où je l'avais tapé en grimaçant.

« Tu m'as fait mal Sakura ! »

Je le fusillai du regard.

« Rien à faire. »

Il prit peur face à mon regard.

« O-Ok. Je vais l'inviter, j'ai compris… »

« Maintenant. »

« Hein ? »

« Tu l'invites maintenant. Sinon, tu vas te défiler, je te connais. Elle est au CDI. Tu y vas. »

Il se leva lentement, et partit en trainant les pieds. Ce n'était pas trop tôt. Je souris intérieurement. Bon, j'avais fais ma bonne action de la journée, je pouvais me concentrer sur mes devoirs maintenant. Cependant, une pensée vient me perturber : et si, par un pur hasard, Naruto n'y allait pas ? Ou s'il y allait mais n'abordait pas le sujet ? Je me levai alors et partis sur ses traces. Il avait intérêt à se trouver à la bibliothèque, sinon, il allait m'entendre. J'entrai violemment dans le CDI, me valant un « chut » de la part de la documentaliste. Mince. Je m'avançai, à la recherche d'une tête blonde. Je les remarquai alors à quelque pas de moi. Je me cachai derrière les ordinateurs, espérant passer inaperçue et écoutai la discussion des jeunes gens.

« Et donc tu vois Hinata, les ramens il faut les… »

Naruto, je vais te tuer. Te découper en rondelles, te faire bouillir dans de l'huile, te bruler dans la cheminée, je vais te…

« Na-Naruto, je… J'aimer-r-rais sav-voir si t-t-tu voudrais bien a-aller au ciné-m-ma a-a-avec moi »

Hinata ? Attendez. Hinata vient de proposer à Naruto de l'accompagner au cinéma ?! Et je me rappelais la discussion que nous avions eue chez elle, quelques semaines plus tôt. « Je le ferais » avait-elle dit. Et elle l'a fait. Je fus soulagée. Pourtant, Naruto n'avait pas encore répondu.

« Bien sûr Hinata ! »

Je souris. Je voulus partir mais une chaussure fut dans mon champ de vision. Etonnée, je relevai la tête et vis un Sasuke aux yeux moqueurs. De peur que Naruto et Hinata nous voient, j'attrapai la main de Sasuke et le forçai à s'assoir à côté de moi.

« Cache-toi ! »

Il fronça les sourcils.

« Pourquoi ? »

Je lui expliquai. Il ne répliqua pas, mais soupira. Je savais qu'il trouvait ça ridicule, mais je n'y pouvais rien. On ne pouvait pas rester là indéfiniment, je le savais. Quelques minutes passèrent et on pouvait entendre Naruto et Hinata rirent.

« Aller, viens. On y va. »

Je le regardai, surprise.

« Comment ça ? »

Il posa son regard sur moi.

« Je n'ai pas envie de rester là. Alors je bouge. Tu peux rester ici si tu aimes la poussière et le sol froid. »

Il se releva naturellement, et partit. Je le regardai bêtement partir. Au bout d'un moment, je décidai de partir aussi. Je le rejoignis dans le couloir, il m'attendait, appuyé contre le mur, les yeux fermés. Je ne pus m'empêcher de le contempler. Il était vraiment beau. Je m'approchai lentement de lui. J'avais envie de poser ma main sur sa joue, de sentir sa peau sous mes doigts. Je me retins pourtant de le faire.

« Sakura ? »

Je sursautai à l'entente de sa voix, il avait ouvert les yeux et me fixai.

« Oui ? »

Il sembla réfléchir à ce qu'il allait dire, les yeux sérieux. Puis son visage eut l'air fatigué, il passa sa main sur sa figure, les traits tirés.

« Non, rien. »

Il se retourna, et partit.

[…]

J'attrapai le vieux journal en cuivre beige qui se trouvait caché sous une latte du planché, dans ma chambre. C'était mon père qui me l'avait offert, pour mes treize ans : « pour que tu écrives tout ce que tu veux que je sache, comme ça, quand je reviendrai, je saurais tout ce que ma petite chérie a voulu me dire pendant mon absence » avait-il dit. Et pour que seul lui et moi puissent le lire, il avait créé cette petite cachette dans le planché de ma chambre. J'avais écris dedans jusqu'à sa mort. J'y posai chaque soir tout ce que je souhaitais lui dire. Tout ce que mon cœur renfermait, tout ce que mes journées cachaient. Mais, depuis qu'il était… parti, je m'étais toujours refusée de le sortir. Jusqu'à aujourd'hui. J'ouvris ce petit carnet avec appréhension. Mon écriture, au début incertaine, devenait de plus en plus sûre au fur et à mesure que les jours s'étaient succédés. Je caressai les lignes, sentant les endroits où j'avais plus ou moins appuyé avec mon stylo, les endroits où mon émotion avait été plus forte. J'avais pensé plus tôt dans la journée que ça pouvait être une bonne chose de continuer à le tenir. J'aurais la possibilité de dire à mon père ce que je souhaitais qu'il sache. Même si, il ne viendrait pas le lire à son retour puisqu'il ne reviendrait plus. J'enfilai mon manteau et sortis. Je n'aimais pas écrire enfermée chez moi, je préférais être à l'air libre, malgré le froid.

Près de chez moi existait un parc. Il n'était pas très grand : trois majestueux cerisiers se tenaient autour d'un petit trou d'eau gelé. Des grosses pierres le protégeaient, l'entourant, de tous parasites qui pourraient venir troubler la douceur de cette glace. Un unique banc, vieux, au bois clair posé en face de l'eau semblait s'ennuyer. Aucune faune ne vivait dans ce petit monde le temps n'y était pas approprié. Je m'assis au pied d'un cerisier –mon cerisier- et commençai mon récit.

Je lui parlai de Sasuke, principalement. J'avais tellement de choses à dire à propos de lui, notamment à propos de l'effet qu'il avait sur moi. J'avais essayé de comprendre d'où venait cette sensation de bien-être qui m'envahissait quand il était là, cette impression d'oublier tous mes soucis mais je ne trouvais pas. Quand il était apparu devant moi, la première fois, j'avais senti qu'il allait changer ma vie. J'avais eu ce frisson qui était remonté le long de ma colonne vertébral. Puis il m'intriguait, il était tellement distant et froid. Je me demandais ce qui pouvait faire devenir une personne comme cela. Malgré sa beauté, il n'était pas vantard. Malgré ses facilités, il n'était pas prétentieux. Mais il avait cette blessure au fond des yeux, cette douleur qui lui donnait une impassibilité, une insensibilité. Je me rappelai le soir où je l'avais croisé devant chez Hinata, le regard qu'il avait eu. Un regard vide, son visage dénudé d'expression. Je me demandai à quoi il pensait. Je devrais peut-être lui demander… Non. Mauvaise idée Sakura. Il t'enverrait bouler de toute façon. Mon portable vibra. Le je sortis et constatai que Sasuke m'avait envoyé un texto.

« Je ne savais pas que tu connaissais ce parc. » disait le message.

Comment ça ? Il était là ? Intriguée, je regardai autour de moi. Mais je ne vis personne. Je fronçai les sourcils. Qu'est-ce que c'é… je fus coupée par un autre message.

« Lève les yeux. »

A côté du parc demeurait un grand immeuble de cinq étages. Chaque étage correspondant à un seul appartement. C'était un immeuble huppé, que tous les grands fils de riche se déchiraient. Je remontai mes yeux d'étages en étages arrivant au dernier où je pus voir Sasuke, appuyer contre le rebord de la terrasse, me fixant. Puis, quelques minutes plus tard, il disparut. Il devait être rentré. J'ignorai la déception qui m'envahit et reportai mon attention sur ce que j'étais entrain d'écrire. Cependant, je fus incapable de me concentrer. Mon regard restait scotché sur les portes de l'immeuble comme si je savais qu'il allait sortir. Ce qu'il fit. Il portait un simple gilet bleu sur un t-shirt blanc en col V, un jean et des baskets. Il allait attraper froid, le Malade. Je réalisai que j'avais encore mon journal, je le cachai à l'intérieur de mon manteau en vitesse. Pas question qu'il le lise, pas question qu'il sache ce que je pensais. Il arrivait à mon hauteur et s'assit à côté de moi. Il ne parla pas, me rendant mal à l'aise. Je ne savais pas si je devais lancer la discussion ou s'il préférait que je reste silencieuse. Je me triturai l'esprit encore un peu avant de me décider de répondre à son premier message.

« Je le connais depuis toujours, mon père avait pour habitude de m'amener ici »

Il comprit de quoi je parlais, il hocha la tête.

« Ma mère m'y emmenait aussi -il émit une pause- avant »

Il avait appuyé son dos contre l'arbre, un genou replier vers lui. Il avait posé son coude sur son genoux et l'avais aussi replier vers lui. Il fixait l'horizon de son regard envoutant.

« Mais c'était avant » murmura-t-il.

Je ne savais pas s'il voulait que je l'entende ou non, mais je ne pus m'empêcher de relever.

« Comment ça ? »

« ça serait un peu compliqué pour elle de m'emmener où que ça soit à l'heure d'aujourd'hui »

Je ne comprenais pas. Que voulait-il dire ?

« Comment ça ? »

Oulla, je me répète. Il soupira et me regarda. Ce fut là que je la discernai, cette douleur au fond de ses yeux.

« Ne me fait pas croire que tu n'as pas compris. »

Ne me dites pas que…

« Elle est… Je vois. »

Je ne lui présentai pas mes excuses, je savais que c'était lourd à la fin. Je ne répondis rien, je lui laissai le choix de me raconter ou non l'histoire de sa mère.

« Elle a été tué dans un accident de voiture avec mon père. J'étais, miraculeusement, le seul survivant. Maintenant mon oncle Madara Uchiwa dirige l'entreprise familiale que je reprendrai à ma majorité. Et je vis seul avec des subventions que je reçois tous les mois. »

Il venait de répondre à toutes les questions qu'on pouvait lui poser aux premiers abords. Seulement, je ne lui demandais pas tant. Je me sentais redevable, désormais.

« Mon père a été tué, il y a la moitié d'un an, à la guerre. Je vis dans un appartement à quelques pas d'ici avec ma mère qui, pour oublier, se noie dans le travail. Je vis donc seule aussi. Je compte faire le même métier que mon père plus tard, c'est-à-dire médecin. »

« Tu ne devrais pas être en fillière S pour ça ? » il haussa un sourcil.

« Si. Mais, un collègue de mon père a déjà une place à la grande université de médecine de Konoha pour moi, et je prends des cours en plus pour rattraper le retard que j'aie par rapport à vous. »

« Pourquoi ne pas avoir prit S dès le départ ? »

« Mon père est mort à la fin de l'année. Ma mère a décidé sans mon consentement. »

Il resta silencieux.

« Tu écrivais quoi ? »

Je rougis légèrement.

« De quoi ? »

Je préférai faire l'innocente. J'avais honte.

« Quand j'étais sur mon balcon, je t'ai vu écrire. Tu écrivais quoi ? »

Ok, ok. Je n'allais pas lui mentir non plus. Je sortis le carnet, soigneusement caché sous mon manteau contre mon ventre, et lui montrai. Il sourit narquoisement.

« Ne te moque pas… Il a une valeur sentimentale pour moi. C'est mon père qui me l'a offert. »

Son sourire s'effaça immédiatement.

« Désolé. »

J'haussai les épaules. Je l'ouvris et laissai défiler les pages. Il se pencha légèrement, je refermai d'un coup sec mon carnet.

« Je ne peux pas le lire ? »

« Un jour, peut-être. »

Il regarda sa montre, et se leva.

« Tu manges ? »

Je le fixai.

« Peu, mais je mange comme tous les autres. »

Il leva les yeux au ciel.

« Mon dieu, tu veux vraiment me le faire dire, hein ? »

Je souris. Peut-être que oui, peut-être que non.

« Sakura, ça te dit de venir manger chez moi ? »

Mon sourire s'agrandit. J'hochai la tête. Je me levai à mon tour et le suivis.

Son appartement était spacieux et sobre. Quand on rentrait, on débarquait immédiatement dans un grand salon avec une énorme baie vitrée. Le parquet était gris et il contrastait avec le canapé et les fauteuils noirs. Il avait une table basse vitré, et une cuisine américaine. Une télévision, accrochée en hauteur sur le mur blanc, passait les informations. Je me sentis petite, et intimidée. Je restai donc sur le seuil.

« Tu peux rentrer, tu sais. »

J'entrai donc et tournai sur moi-même. Je n'en revenais pas, j'étais chez Sasuke. Dans sa maison. Il s'affaira à la cuisine. Je fus étonnée de le voir faire la cuisine mais pas choquée. C'était mon père qui avait l'habitude de cuisiner, ma mère se limitait aux œufs au plat et aux pâtes. Il coupait un concombre comme les grands chefs. Il me regarda.

« Tu n'as aucune remarque à faire ? » s'étonna-t-il.

Je devais ? Je réfléchis vaguement.

« Tu… coupes bien les concombres… ? »

Il pouffa de rire.

« Sur le fait que je cuisine » précisa-t-il.

Oh ça !

« Non. Mon père cuisinait. »

Il eut l'air d'être en pleine réflexion. Ne voulant pas le déranger, je continuai de le contempler.

« Parle-moi de toi. » demanda-t-il abruptement.

Je sursautai.

« Je… Je ne sais pas quoi te dire. Je ne suis pas bien intéressante. »

« Je ne suis pas d'accord. Tu peux me dire ce que tu veux. »

Je me mordis la lèvre.

« Tu as toujours vécu à Konoha ? »

J'hochai la tête.

« Oui. Ma mère et mon père ont déménagé ici après leur mariage. »

« Des frères ? Des sœurs ? »

« Fille unique. »

Et il continua ses questions, tout en cuisinant, allant jusqu'à me demander ma pierre précieuse préférée. J'y répondis du mieux que je pouvais. Mais c'était compliqué, dès qu'il avait fini de poser une question, il en fusait deux autres. Je devais y répondre convenablement ça l'énervait quand j'en oubliais une.

J'avais finis par mettre la table. Nous nous installâmes sur la table basse en face de la télévision. Mais nous ne la regardions pas moi, j'étais trop hypnotiser par ses yeux et je devais réfléchir car ses questions ne s'arrêtaient pas, lui devait probablement préparer ses questions.

Le silence se fit. Je sautai sur l'occasion.

« A mon tour de te poser des questions ! »

« Non. »

J'étais décontenancée. Pourquoi ? Lui, il le pouvait et pas moi ? C'est injuste.

« Tu apprendras ce que je veux que tu apprennes quand je voudrais que tu l'apprennes. »

Il sourit. Sadique fut le seul adjectif qui me vint en tête. Je regardai l'heure. Déjà si tard ?

« Je vais te raccompagner. »

« Tu n'es pas obligé. Je peux… »

« Non. Hors de question. » Coupa-t-il.

Je souris et nous mîmes nos manteaux. Sur le chemin jusqu'à mon appartement, il n'eut aucunes paroles. Je crois que Sasuke avait épuisé son stock. Nous fûmes bien trop vite devant mon immeuble. Le chemin avait été trop court. La déception, la tristesse s'empara de moi de ce fait je voulus partir vite mais Sasuke m'attrapa le poigner doucement et déposa ses lèvres sur ma joue en murmurant «Bonne nuit, Sakura ». Ce fut donc toute rouge que je rentrai chez moi. Je pensais à cette journée si peu ordinaire toute la soirée et elle m'accompagna dans mes rêves.