Salut à tous, voilà Saizo revenue quasi d'outre-tombe après une absence fort fort longue. Tout d'abord de plates et sincères excuses ! Après une intense période de non inspiration, j'ai finalement repris l'écriture de cette fic qui me tient à cœur. Je doute que tous mes chers lecteurs d'antan réapparaissent pourtant j'aimerais tellement ! J'ai la Roguinouchet-nostalgie. Alors en avant marche pour un Rogue plus désagréable, plus odieux, plus trash et plus pourri que jamais ! Mais avant, la traditionnelle…
RAR :
Cassandre8 : Finalement, pour aussi intéressantes soient-elles tes questions n'auront reçu leurs réponses que bien tard. J'en suis désolée. J'espère que tu vas apprécier la suite comme tu as suivi le début. Ton avis m'importe toujours autant.
Pinkly : Merci de m'avoir suivie toi aussi, j'espère te retrouver pour la suite de cette fic pour laquelle je vous ai faits patienter très longtemps :s
AloneInTheSocks : Merci à toi aussi, j'imagine que ça fait un bail que tu n'es pas revenue sur le site, j'espère pourtant pouvoir t'y recroiser.
Perfect Day : Je sais, je suis désolée pour cette absence non préméditée. Je m'y remets sérieusement maintenant. C'est la seule chose qui parvient à compenser la monotonie de la thèse… J'espère te retrouver prochainement ! )
SayItTwice : Merci à toi pour ta review toute choupinette. Je suis contente que tu aies tellement accroché. Plus de deux ans après, j'espère que tu n'auras pas oublié le début de fic qui t'a tellement marqué^^. J'espère pouvoir continuer à te combler au travers de cette lecture.
Sohanne : Haaaaaaaa, ma plus acharnée de lectrice ! Tes différentes reviews et relances m'ont fait un plaisir que tu n'imagines pas et c'est chiant de pas pouvoir répondre aux reviews sans poster de chapitre parce qu'aucun mécanisme ne le permet sur ce site. Je suis désolée pour ce long silence. J'espère que tu me pardonneras et que tu apprécieras toujours de me lire. J'attends tes avis avisés avec impatience !
Kalidu66 : Bonjour à toi qui est à la fois nouvelle et ancienne lectrice. Merci d'avoir commenté chacun de mes chapitres. C'est un boulot minutieux que tu as fait ). J'espère te retrouver pour la suite.
Chapitre 7 : Chapardeuse
- Que me vaut l'honneur ? grimace-t-il.
- Ne vous faites pas violence en politesses Severus, plaisante le vieux mage. Cela ne vous réussit pas du tout.
- Sachez Dumbledore, qu'à l'instar de vos manières, il n'y a rien que vous puissiez reprocher relativement à ma… politesse.
- Je note le brillant usage du parallélisme des formes, mais… si je m'en réfère à la façon dont vous vous adressiez à cette jeune personne à mon arrivée, vous me permettrez l'expression d'un léger doute.
Cette « jeune personne »… un rictus de dégoût tort sa lèvre supérieure.
- D'ailleurs, reprend-t-il, je suis pour le moins surpris que vous n'ayez pas encore daigné nous présenter.
Si seulement je savais qui présenter…
- C'est sans importance Monsieur le Directeur. Sachez seulement qu'elle est entrée à mon service il y a peu.
- Dois-je en conclure que vous n'avez plus besoin des services de cette chère Zini ? demande le vieil homme surpris.
- Aussitôt qu'elle aura terminé l'apprentissage de celle-ci, je renverrai votre elfe à Poudlard. Je m'en voudrais de priver l'école plus longtemps de ses effectifs. Il y a suffisamment de personnel incompétent entre les murs de cet établissement pour que je me permette de monopoliser plus longtemps les rares qui sont capables de faire quelque chose de leurs dix doigts.
La tirade acide fait naître un sourire malicieux sur le visage ridé. Il fixe son enseignant en potions d'un regard qui pétille par-dessus ses verres en demi-lune.
- Pour répondre à votre question Severus, et puisque vous en parlez, je suis venu vous aider à… disons à rectifier le tir de l' « incompétence » de l'un de mes collaborateurs. Rémus m'a mis au courant de l'erreur qu'il a commise et des conséquences regrettables qu'elles ont engendrées.
Celui-là… il ne perd rien pour attendre ! Néanmoins, la venue du vieux sorcier pourrait bien lui être salutaire.
Il se redresse et s'adresse à la fille d'un ton qui ne permet aucune contestation.
- Dehors !
Elle ne se le fait pas dire une seconde fois, sans doute a-t-elle eu son quota de bizarreries pour la journée.
Alors que Dumbledore entame un lent processus pour guérir la blessure, il sent que les questions ne vont pas tarder à pleuvoir concernant la présence de cette fille sous son toît.
- Comment avez-vous justifié ce nouvel échec auprès de Voldemort ?
Peut-être pas finalement…
- Je n'ai pas eu besoin de me lancer dans des explications d'une complexité difficile à gérer, répond-t-il la voix saccadée par la douleur lancinante. Vous entourer des plus mauvais est à l'évidence un talent que vous partagez. Il ne peut décemment pas s'étonner des échecs successifs qu'essuient ses partisans compte tenu de la bande de guignols qui ont intégré les rangs.
- Il ne s'est pas interrogé sur la présence des membres de l'Ordre sur les lieux ?
Le ton soupçonneux du directeur ne lui plait pas… sans doute renforcé par l'agacement de la douleur.
- Bien sûr que si ! Il n'est pas encore sénile, fait-il remarquer. Shh…
Il ne sait si c'est lié au ton qu'il vient d'employer mais la baguette du vieillard semble avoir ripé sur la plaie.
- Pardonnez-moi Severus. Je suis un vieil homme, mes mains n'ont plus la précision de leurs vingt ans.
Ce n'est pas encore le cas des miennes !
Dumbledore et ses excuses en bois…
- Je me suis contenté de mettre en doute la fiabilité du dernier survivant de l'expédition qu'il avait envoyée pour cette mission, précise-t-il comme si de rien n'était. Ce simple détail a tôt fait d'accréditer mes soupçons et compte tenu de ses performances, il n'a pas été bien difficile de convaincre le Seigneur des Ténèbres.
- Judicieuse manière de préserver votre couverture.
Il ne peut que remarquer le timbre caverneux de sa voix.
- Ce qui serait surtout judicieux serait de lever le pied quant à l'extermination de ses troupes, du moins pendant quelques temps… sans quoi je ne pourrai plus la préserver très longtemps.
- Je prends note … nous ne pouvons pas nous permettre de vous perdre alors que vous êtes notre seul agent qui puisse couvrir les deux terrains.
- J'ai toujours admiré votre capacité à humaniser l'effectif, siffle-t-il cynique.
Il peut presque entre son sourire s'élargir.
- En parlant d'humanisme, change-t-il de sujet, la jeune fille de tout à l'heure, n'est-elle pas la fillette qui a été laissée pour orpheline il y a de ça plusieurs années ?
J'imagine qu'éviter le sujet était inconcevable ! S'il n'avait pas tellement envie d'esquiver la question, il lui demanderait comment il a été mis au courant de ça. Mais…
- C'est elle, répond-t-il sobrement en rajustant sa chemise sur ses épaules.
Il fait face au mage blanc alors qu'il referme les deux derniers boutons du vêtement. Son interlocuteur se contente de l'observer par-dessus ses lunettes dans un silence qui en dit long.
- Vous avez une remarque à formuler Monsieur le Directeur ?
- Pas la moindre, se moque-t-il gentiment.
Il ne peut ignorer l'air grave qu'il a cependant conservé.
- C'est vraiment généreux de votre part de lui avoir offert un toit et … un travail.
Ses yeux se plissent.
- Que cherchez-vous à me dire ?
- Rien qui vaille la peine qu'on y consacre de longs développements mon cher. Simplement… ce n'est qu'une pauvre enfant qui n'a pas connu le bonheur de grandir dans un foyer aimant et protecteur. Qu'elle s'en soit sortie seule et… « indemne » jusqu'à présent tient du miracle. Ne l'accablez pas davantage Severus.
Il ne sait manifestement pas de quoi il parle.
- Vous l'avez-vous-même fait remarquer : elle a survécu de manière exceptionnelle pendant des années… vous vous inquiétez pour rien Dumbledore, elle est… « miraculeusement » solide.
Un silence de plusieurs secondes s'ensuit sans qu'aucun d'eux ne déserte sa position.
- Je repasserai, lance finalement le vieux sorcier. Jusque-là, portez-vous bien !
Il a transplané.
« Je repasserai »… était-ce un avertissement ? Cherchait-il à lui faire insidieusement comprendre qu'il allait le surveiller afin de s'assurer qu'il ne martyrise pas cette fille ? Ne peut-il donc jamais se mêler de ses affaires ce vieux hibou ?
Il quitte enfin la pièce. Il la cherche. Ils ont une mise au point à terminer. Il fait chacune des pièces sans la trouver en songeant que refuser de lui attribuer un nom ne va pas lui simplifier la tâche. S'il ne peut pas l'appeler lorsqu'il a besoin de quelque chose comme il le fait avec l'elfe, les choses vont devenir compliquées.
Le voilà devant l'étagère ouvrant l'accès qui mène à sa chambre. Il ne reste que cette pièce qu'il n'ait pas encore visitée. Si cette idiote pense qu'il n'ira pas la chercher à cet endroit-là… D'un revers de la main il évince le haut monument de chêne qui s'écarte pour lui céder le passage. Il monte les escaliers quatre à quatre et ouvre la porte dans un fracas sonore. Elle fait volte-face, sourcils froncés, les mains derrière le dos.
- Pour quelqu'un qui se permet de taxer mes manières de mauvaises, lâche-t-elle, on ne vous a pas enseigné que pénétrer dans la chambre d'une fille sans frapper est particulièrement inconvenant ?
Il ne répond d'abord pas, titillé par ce qu'elle tente de lui cacher. Il n'est pas dupe : il sait que sa tirade insolente est destinée à l'enfumer afin qu'il concentre son attention ailleurs. Il n'est pas un espion pour rien… Il fait quelques pas lents en sa direction et rétorque d'une voix doucereuse :
- Tu n'es pas chez toi et ce n'est pas TA chambre… que caches-tu dans ton dos ?
- Rien.
La réponse est trop rapide pour être honnête. Il se sent comme le père disputant sa fille du fait de quelque cachoterie ou mensonge qu'elle refuserait d'avouer. Cependant, ce n'est pas à sa patience chimérique qu'il doit sa renommée. Il est grand temps de lui apprendre ce qu'est la discipline, qu'elle prenne conscience qu'ici, sur son terrain, elle ne peut ni lui désobéir ni lui manquer de respect.
Il parcourt les derniers mètres qui les séparent d'une foulée rapide et la saisissant fermement par l'avant-bras, la plaque face au mur. Elle gémit, tente de se dégager, en vain.
- Tu vas apprendre à te tenir et s'il le faut, c'est la manière forte que j'emploierai afin de t'inculquer le respect, murmure-t-il à son oreille en arrachant de sa main ce qu'elle tentait de dissimuler dans sa paume.
Il sent le sang battre à ses tempes : il savait bien que sa présence dans son laboratoire n'était pas aussi innocente qu'elle voulait le lui faire croire.
- Peux-tu m'expliquer ce que tu fais avec ceci en ta possession ? interroge-t-il en resserrant sa prise, exhibant un petit flacon au contenu bleuté devant les yeux de l'outrageante.
Elle ne répond pas. Il tort son poignet et la voit serrer les dents.
- Tu pensais empoisonner quelqu'un ? la raille-t-il. Voilà qui est mal joué, c'est de…
- Je sais très bien ce que c'est, le coupe-t-elle avec dans la voix, une défiance non dissimulée. Mon père était apothicaire, je connais parfaitement les effets de cette potion.
…
Elle se paye sa tête ?
Si elle dit vrai, cette peste aurait une capacité d'assimilation et une mémoire hors du commun. Mais si elle dit vrai, il est également très étrange qu'elle n'ait jamais vu son père pratiquer la magie alors qu'il ne se formalisait pas de préparer des mixtures de ce genre devant sa fille… Chose encore plus étonnante : comment avait-elle pu retenir ce genre de choses et oublier son propre nom ?
Il la retourne face à lui sans ménagement.
- Pourquoi m'as-tu dérobé ça ?
Pour toute réponse, elle se contente de lancer un regard furtif par-dessus son épaule. Lentement, il tourne la tête en direction du point qu'elle fixe… il aperçoit alors remuer sous les draps de son lit. Qu'est-ce qu'il y a là-dessous ? Ses sourcils se froncent alors qu'il s'avance prudemment de la couche, sa baguette levée sur la petite masse informe. Parvenu à hauteur de la tête de lit, il aperçoit une chose grisâtre dépasser des couvertures qu'il écarte doucement du bout de sa baguette pour laisser paraître… la tête de l'elfe !
- Il faut bien que quelqu'un s'occupe de faire la cuisine, lance-t-elle dans son dos.
Pourquoi l'a-t-elle installée dans son propre lit ? Cette fille est encore plus dégoûtante qu'il ne se l'était imaginé. En la regardant plus attentivement, il se rend compte que la repoussante petite créature respire avec difficulté et semble atrocement souffrir. Il n'y a d'ailleurs que ça qui l'empêcherait de bondir pour se prosterner aux pieds du sorcier qu'elle sert, songe-t-il.
- Elle était ici ces trois derniers jours ? demande-t-il entre ses dents serrées.
- Oui.
Cela lui fait mal au ventre de gaspiller une telle potion pour de telles bêtises mais… il doit s'avouer qu'il a hâte que Zini lui relate la façon dont elle a été mise dans cet état. Il décapsule la fiole et en fait doucement couler le contenu entre les lèvres ouvertes de l'elfe.
Au bout de quelques secondes, cette dernière ouvre péniblement sur lui deux yeux globuleux et brumeux.
- Quand tu seras sur pieds, tu viendras me voir dans la bibliothèque, lui intime-t-il. Est-ce que c'est clair Zini ?
Encore trop faible pour répondre, la créature se contente de hocher péniblement la tête.
Avant de quitter la pièce, il se tourne vers la jeune femme et la toise un moment.
- Si d'aventure il te prenait à nouveau l'envie de venir fouiner dans mes affaires ou d'en subtiliser quelqu'une… je saurais te faire passer le goût de recommencer.
Il savoure un instant l'impact qu'ont eu ces simples mots sur elle. Il voit dans ses yeux qu'elle commence à entrevoir qu'il est à la mesure de ce qu'elle peut craindre de pire : sans limites… Il sait qu'elle a pris conscience aujourd'hui qu'elle va devoir changer de méthode si elle veut pouvoir lui porter un coup sans en subir les représailles légitimes. Elle a tout à perdre à s'acharner à l'attaquer bêtement de front. Elle vient de réaliser qu'elle va devoir modifier son approche, faire les choses de manière plus subtile afin qu'il ne puisse jamais les lui reprocher. En deux mots : adopter une conduite Serpentard.
Elle apprend vite… le jeu va rapidement évoluer à un tout autre niveau.
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Elle empile les volumineux ouvrages sur le bras d'un fauteuil. Ils déplacent tant de poussière que l'air devient difficilement respirable. S'il ne craignait pas que cette peste ne mette son nez à certains endroits, il aurait déjà quitté la bibliothèque depuis un moment mais il préfère garder un œil sur elle.
Enfoncé dans un haut fauteuil derrière son bureau, le menton dans une main, il la regarde s'affairer. Maintenant qu'elle a pris ses aises dans ses quartiers les plus privés, il va non seulement falloir qu'il mette en place quelques protections supplémentaires, mais il est devenu impensable qu'il se sépare de Zini. Il ne peut pas lui permettre de fourrer son museau de miséreuse dans certaines de ses « affaires » et la laisser sans surveillance est absolument hors de propos.
Elle éternue bruyamment et laisse échapper une importante pile de livres dont certains s'ouvrent avant de s'écraser négligemment sur le sol. Depuis son siège, il aperçoit des pages cornées… cette souillon !
C'est une tâche qu'il n'a même jamais jugé nécessaire de confier à Zini tant il tenait à préserver l'intégrité de ces précieux ouvrages. Il ne s'explique pas pourquoi il le lui a demandé à elle !
Il la voit tourner furtivement la tête en sa direction et lui lancer un bref regard… apeuré ? Merlin, craindrait-elle sa réaction ? Il sent les commissures de ses lèvres s'étirer sournoisement.
- Qu'est-ce que tu attends ? tonne la voix grave.
Sans un mot, elle s'accroupit et s'empresse de ramasser les grimoires tombés à terre. Lentement, il se lève de son fauteuil et fait quelques pas en sa direction. Il l'observe de toute sa hauteur… ses mains meurtries s'appliquant à défroisser les pages jaunies, sa nuque que dévoilent ses cheveux relevés… fine… fragile… il n'aurait qu'à serrer un peu sa main sur ce cou gracile pour le briser.
Il ne sait pourquoi, chaque fois qu'il la regarde il s'emplit d'une violente envie de lui faire mal. Et sans en comprendre la raison, cette pensée fait naître dans son estomac une sensation de brûlure frustrante alors qu'il contemple la peau marquée.
Sans un bruit, il se glisse derrière elle et murmure à son oreille :
- Chacun de ces ouvrages a bien plus de valeur que ta misérable existence.
Elle sursaute et il peut entendre sa respiration s'accélérer.
- Tâche de t'en souvenir si tu ne veux pas que j'aie à te le rappeler moins gentiment !
Elle ne répond pas. Il se redresse et regagne sa place à pas lents.
Pourquoi ne répond-t-elle plus ? Est-ce la nouvelle technique qu'elle a trouvée pour tenter de l'énerver ? Conserver le silence… ça aurait pu, s'il n'avait pas lu cette panique dans les prunelles brunes. Il a presque pu entendre les battements de son cœur tant elle était tendue... Elle semblait craindre les représailles : une enfant qui a fait une bêtise et attendrait la sanction…
Ça n'est pas moi ! Ça ne se peut pas, pas aussi rapidement !
Il sort une liasse de copies d'un tiroir du bureau. Le directeur, en plus de sa visite surprise lui a laissé un petit cadeau. L'année scolaire touchant à sa fin, il doit bien évidemment faire face à la masse extraordinaire de copies imbéciles qui auraient pu lui valoir quelques publications dans le rayon « perles d'examens », s'il n'en avait pas perdu le goût très vite.
Voilà plus de deux heures qu'il torture son cou et ses nerfs sur les corrections. Cette année, le cru est particulièrement mauvais. Les parchemins corrigés ne sont plus que de vagues torchons maculés de rouge. Comment cette bande de cornichons acéphales peut-elle avoir le culot de lui rendre des ignominies pareilles en ayant connaissance des exigences qui sont les siennes ? C'est inadmissible !
- Vous avez oublié une faute, avant-dernière ligne sur la dernière copie.
Ses yeux se plissent alors qu'il lève lentement ses yeux sur elle : elle époussète un gros ouvrage à quelques centimètres de sa table de travail. Il lance un prompt regard suspicieux à ladite copie et constate avec une irritation dissimulée qu'elle dit vrai…
Comment cette fille qui n'a reçu d'éducation que d ans peut déceler ce genre d'erreur avec une telle facilité après tant d'années sans aucune pratique recouvrant un objet intellectuel quelconque ? Comment a-t-elle pu conserver une telle mémoire sans se rappeler son propre nom ?
Agacé mais néanmoins surpris, il entoure l'énormité orthographique.
- Tu ferais bien de te concentrer sur ton travail plutôt que de te soucier de savoir comment je m'acquitte du mien, siffle-t-il.
Il sent la fierté qui émane d'elle, c'est sa petite vengeance sur la façon qu'il a eue de lui parler tout à l'heure. Elle est consciente de sa victoire mais surenchérir pour avoir le dernier mot ne ferait que lui faire perdre la face… l'attitude du mauvais-perdant est indigne de lui.
- Ça ne te frustre pas de penser que tu ne feras jamais rien de ta vie malgré les aptitudes qui sont les tiennes ?
Elle se renfrogne. Il songe avec un amusement féroce que ce n'était pas réellement l'effet escompté. Il est franchement curieux de son état d'esprit. Qu'est-ce qu'une petite fille aussi détestable mais digne d'une Granger en puissance a pu ressentir en se retrouvant dans la rue du jour au lendemain ? A-t-elle tout de suite réalisé ce qu'il lui arrivait ? A-t-elle eu le loisir d'appréhender quel carnage allait devenir sa vie et tout ce à côté de quoi elle passerait ?
Elle le dévisage intensément.
Qu'est-ce qui a bien pu se passer dans cette famille pour qu'elle en soit arrivée là ? Il ne peut croire que malgré les connaissances qu'elle semble avoir en herbologie et en potions, elle n'ait jamais vu ne serait-ce que son père exercer la moindre magie… Plus les jours passent, plus l'hypothèse du ménage brisé par un secret trop lourd parait invraisemblable. Décidément, quelque chose cloche !
Le contact visuel est rompu par un « CRAC » retentissant.
- Le Maître a fait demander Zini Monsieur ?
J'espère que la reprise ne vous aura pas trop dissuadé de lire la suite. N'hésitez pas à me donner vos impressions ou à poser des questions, je répondrai à chacun d'entre vous !^^
