POV Luke
Akira m'avait conseillée de la mettre en première ligne et c'est ce que j'avais fait. Après tout, elle se débrouillait logiquement mieux que moi question stratégie ou bataille. Elle avait fait la guerre après tout. Sûrement en Afghanistan ou en Irak.
Durant l'entrainement, elle avait fait plus que la démonstration de ce qu'elle appelait ''ses capacités''. C'était tout bonnement incroyable, presque injuste, et si elle n'était en passe de devenir mon amie, je l'aurais jalousée. Je crus même voir Clarisse lui jeter des regards noirs bien que jaloux, tout comme une bonne partie de son bungalow. Peut-être était-elle une enfant d'Arès. Ça correspondrait bien à son apparence plutôt... sanglante, et au revolver qu'elle prenait toujours avec elle - pensait elle vraiment que je ne l'avais pas vue le glisser sous ses vêtements ce matin ? Toute les cibles qu'elle visait finissaient irrémédiablement atteinte en leur centre, tout mannequin de paille terminait en poussière et toute lame qui croisait son fer tombait.
Incroyable.
Tout bonnement incroyable.
Par contre, elle ne semblait pas se poser autant de questions que moi. Akira se contentait juste d'être là et de participer comme elle pouvait à la vie de la colonie. On ne pouvait par dire qu'elle était transparente, mais elle arrivait à se fondre dans la masse sans effort. Elle n'était pas particulièrement sociable et ne semblait pas savoir quoi dire aux gens qui l'approchaient. Malgré tout, elle se débrouillait bien. Par contre, elle avait une dent contre Grover, tout le monde aurait pu le dire. Elle le foudroyait continuellement du regard, changeait d'activité s'il était dans la même, l'ignorait qu'il venait lui parler et grondait dès qu'on évoquait son nom dans une conversation. Elle agissait comme un animal blessé qui se défendait comme il pouvait. C'était à la fois touchant et intriguant. Je pouvais tout à fait comprendre pourquoi elle se sentait comme ça puisque c'était lui qui était allé la chercher. Il avait dû devenir son ami et vu son niveau bas de sociabilité, il devait être un de ses seuls amis. Alors, elle devait se sentir incroyablement trahie. Si nous n'avions pas vécus ensemble la tragédie de la mort de Thalia, je croix que j'aurais pu aussi lui en vouloir de s'être fait passer pour un ami alors qu'il devait juste faire son travail et donc nous amener à la colonie. Heureusement, nous étions devenu amis par la suite. Enfin ami... c'était vite dit. Je n'avais pas vraiment d'ami non plus au sein de la colonie. J'étais comme Akira, sauf que c'était mon choix. Après tout, à quoi cela servirait si je faisais ami-ami avec tout le monde alors que j'allais les trahir d'un moment à l'autre. Je préférais leur épargner une lus grande désillusion. J'étais contre les dieux, pas contre les sangs mêlés.
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La semaine passa tranquillement, entre les activités et... les activités, et enfin, le vendredi arriva. L'excitation était à donc comble dans nos rangs. C'était presque l'heure de capture l'étendard et on faisait les derniers ajustements de dernières minutes. Plus particulièrement avec Akira qui, en plus de ne pas réussir à fixer son casque à frange bleu sur sa tête, ne parvenait pas à trouver une arme. J'avais complètement oublié de lui en fournir une et elle s'était attendue à combattre avec son pistolet et équipée d'un gilet pare-balles. Je lui avais passé plusieurs glaives mais aucun n'avaient semblé convenir à sa fine musculature qui rivalisait avec sa force. La plupart des épées étaient trop légères pour elle. J'aurais pu lui prêter Perfide mais quelque chose me disait que c'était une très mauvaise idée que quelqu'un se trimballe avec uneépée à double tranchant qui peut à la fois détruire les mortels comme les demi-dieux (en bronze céleste et en métal) risquait d'attirer l'attention sur moi.
A quelques minutes du début de l'épreuve, Akira balança dans le coffre la neuvième épée qu'elle essayait et me tira par le bras.
- Tant pis, j'en prend une au hasard ça ira bien, lança-t-elle en attrapant la première lame venue et en courant vers la forêt, m'entrainant dans sa course.
Nous arrivâmes pile au moment où Chiron soufflait le coup d'envoi et que notre équipe s'élançait dans la forêt en hurlant des cris de guerre. Je perdis Akira des yeux, mais elle savait où aller alors je courus, frappant tout les rouges à ma portée tandis que Annabeth se mit à ma hauteur pour m'aider. Le plus gros de notre équipe était là tout comme l'équipe adverse, et le bruit du fer qui s'entrechoque régnait dans un bordel où tout les mouvements étaient flous. Il fallait frapper, ignorer le cri de souffrance de celui qui, le lendemain, redeviendrait un camarade, et encore frapper. Ils l'ignoraient mais pour moi tout ceci faisait office de répétition générales avant la grande bataille qui ne saurait tarder.
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POV Akira
J'avais contourné l'armée rouge, évitant les sentinelles postées aux endroits clés, les assommant lorsque c'était nécessaire, et je m'étais faufilée entre les arbres qui se resseraient de plus en plus pour finalement arriver aux abords d'une rivière. Il était là. L'étendard rouge était là. Comme s'il n'attendait que moi. Je m'imobilisais. Trop facile. C'était trop facile. Je fronçais les sourcils et reserrait ma poigne sur mon arme. Un poignard. J'aurais dû faire plus attention et choisir une épée même si elles n'étaient pas à mon goût. Je pouvais me battre avec un poignard, mais j'avais peur de blesser mes adversaires. On n'était pas à la guerre, ce n'était qu'un jeu. Et il était hors de question que j'utilise ma télékinésie. Alors j'attendais patiemment, accroupie sous le couvert des arbres qui camouflaient ma présence. J'observais chaque mouvement de la forêt et, finalement, trouvais ce que je cherchais.
Elle était là.
Clarisse.
Elle avait escaladé un arbre tout près se l'étendard et s'était cachée parmi les feuilles, mais le bout de sa lance électrique et un morceau de frange rouge étaient visibles. Je baissais les yeux à mes pieds et ramassais une poignée de caillou. Elle n'était pas très loin mais pourrais-je l'atteindre ? Je devais m'emparer le plus vite possible de l'étendard avant que l'autre équipe ne le fasse. Le temps me manquait pour trouver une autre solution alors je fis lentement léviter mes caillous au-dessus de ma paume ouverte et...
Mais qu'est-ce que je faisais ?! J'avais juré de ne pas utiliser mon pouvoir. Je l'avais juré au moment même où Chiron m'avait dit que c'était fini, que la guerre était fini. Ce n'était qu'un jeu, nous n'étions que des enfants, et la télékinésie n'avait rien à faire par ici. Les caillous retombèrent dans ma paume. Il y avait une autre solution, cette pas aussi efficace que la précédente mais qui marcherait aussi. Doucement, je déliais mes membres et avancais à découvert. Comme si je n'evais pas vu Clarisse. Je regardais autour de moi avec méfiance, feignant de chercher l'ennemi, et amorcais un autre pas vers l'étendard.
Rien.
Elle devait attendre que je sois plus près. Je fis encore un pas mais me décalais vers la droite. Mes pieds touchèrent l'eau froide de la rivière. J'entendais les bruits des combats qui avaient lieu plus loin. Je fis un dernier pas avant de courir vers le drapeau rouge qui me narguait. La lance frôla mon flanc, l'électricité me fit serrer les dents. La douleur était sourde et remontais jusqu'à mon coeur mais je ne m'arrêtais pas. Plus que quelques mètres. Clarisse tomba de l'arbre et couru en hurlant de rage pour se mettre sur mon chemin. Elle avait une épée, elle, et moi un poignard. Je degainais rapidement et parais le premier coup qu'elle me porta. Je grimacais. Elle était forte. S'ensuivit une fente que jeu du mal à éviter et je ripostais d'une botte tandis qu'elle perdais du terrain. Le bruit du fer me montais à la tête. Je ne vis plus que son épée qui m'attaquait. Et après quelques coups tous plus violent les uns que les autres, je la desarmais d'une torsion et balancais mon pied dans son ventre, la projetant dans l'eau. Je ne pris pas le temps de m'apesantir sur ma victoire et couru jusqu'au drapeau.
Enfin ! Je le tenais ! De rouge il passa à la couleur bleu et un caducée apparu que sa surface. Un bruit de trompe résonna dans la forêt, sonnant la fin de la bataille alors que Clarisse bouillait de rage dans l'eau. Les membres de mon équipe accoururent vers moi, criant de joie, Chiron aussi, sous sa forme de centaure. Luke arriva le premier et me hissa sur ses épaules tandis que les autres se massaient autour de moi pour me féliciter. Et je fis ce qui me sembla le plus approprié : je tendis l'étendard vers le ciel, comme pour montrer aux dieux qui j'étais. Les compagnons de Clarisse la relevèrent. Tout le monde criait autour de moi, les gens s'enlaçaient de joie et je riais à n'en plus finir !
J'avais gagné !
J'avais gagné, nom de Dieu !
Luke me fit redescendre de ses épaules et passa son bras autour de mon cou pour me glisser à l'oreille qu'il était fier de m'avoir dans son bungalow. Je crois que je rougis un peu en le remerciant et je me dirigeais tant bien que mal vers Chiron en traversant cette mer d'adolescents qui m'acclamaient. Je tendis l'étendard désormais bleu au centaure, plus fière que je ne l'avais jamais été, et il me sourit. J'aurais voulu que ce moment dure toujours. Malheureusement, il se termina plus rapidement que je l'aurais cru.
Et bizarrement, il s'arrêta d'un coup. Les sang mêlés me regardaient toujours, mais ce n'était plus de la joie que je voyais dans leurs prunelles. Pour l'avoir souvent vu chez les personnes que j'avais tué, je sus que c'était de la peur. Accompagnée d'incompréhension et même de surprise. Je me tournais vers Chiron, cherchant une réponse auprès du grand sage qu'il était, mais j'y trouvais la même chose. Seul Luke avait l'air un tant soit peu ravi. Alors, je levais la tête vers le ciel et vis quelque chose tournoyait au-dessus de mon crâne.
Un sablier.
Mon coeur s'arrêta de battre. Ça y étais ? Un dieu venait de me reconnaitre entant que son enfant ? Mais lequel ? On ne m'avais pas parlé d'un dieu sablier... Et pourquoi tout le monde s'était figé à la vue de ce symbole ? Pendant l'espace d'un instant, je fus heureuse. J'étais reconnue. Quelqu'un venait de m'accepter entabt que descendance. Alors, tout naturellement, et le coeur rempli de joie, je questionnais Chiron :
- Qui ?
Et, avec un ton lugubre que je n'avais jamais entendu chez personne, il me répondu, l'air peiné :
- Cronos.
Jamais entendu parler. Mais ça n'avais pas l'air d'être le dieu le plus aimé de la colonie. Soudain, Chiron plia ses pattes d'équidés et se courba en une révérence étrangement gracieuse pour une créature de son gabarit. Il baissa la tête, et au fur et à mesure tout les sang mêlés s'inclinèrent, mais ils le firent avec un air révolté et craintif sur le visage. Ils commençaient à me faire peur. Qu'est-ce qui les poussaient à avoir aussi peur ? Moi ? Mais ils ne savaient même pas qui j'étais réellement. Luke avait toujours l'air ravi, Annabeth semblait sur le point de s'évanouir alors que Clarisse avait un regard de lugubre satisfaction. Et, Chiron parla :
- Bienvenue à Akira Nagasaki, fille de Cronos, seigneur du temps, roi des titans et dieu déchu.
Le temps parut s'arrêter. Je me souvenais soudain qui était Cronos. Et je crois que finalement, ce jour était le pire de ma vie.
