Les vacances sont là (ou arrivent pour certains) et avec elles la mer, la plage et le soleil. C'est-à-dire tout ce que je n'aime pas... mais ça fait un très bon sujet pour un chapitre des Élèves de Raimon Go ! Donc je laisse de côté mon désarroi quant au soleil qui me blesse les yeux, au sable qui me colle à la peau et la mer qui emmêle mes cheveux, pour vous offrir un chapitre spécial « vacances au soleil ! » en espérant qu'il vous plaise. Bonne lecture !


Chapitre 7

Des vacances à Okinawa

« Tante Silvia ! Tante Silvia ! »

Silvia sourit. Ça, c'était la voix enjouée d'un Arion très content. Le capitaine de Raimon arriva en courant dans la cuisine, une lettre en main. Celle que Silvia lui avait remise quelques minutes plus tôt, au retour d'Arion de l'école.

« Tu as l'air bien content, remarqua Silvia. Tu as reçu une bonne nouvelle ?

— Et comment ! confirma le garçon alors qu'il sautillait sur place, ravi. Papa est d'accord pour nous loger à Okinawa ! Cela veut dire que je peux inviter tous mes amis à la maison pour les vacances d'été ! »

Silvia était quelque peu étonnée. Bien qu'elle se doutait que le père d'Arion accepterait – elle savait que c'était un homme aimable prêt à tout pour son fils – cela n'en était pas moins surprenant qu'il ait accepté de loger tous les amis d'Arion. Après tout, dans le merveilleux monde d'Arion, pratiquement chaque personne qu'il rencontre était susceptible de devenir son amie.

Alors quand ses ''amis'' désignaient toute l'équipe du club de football de Raimon, cela faisant quand même beaucoup d'enfants à loger. Pour loger environ une vingtaine d'enfants, le père d'Arion devait sans doute avoir une villa, une maison de location ou un gîte. Un peu comme la Résidence Windsor.

« C'est une très bonne nouvelle, ça, approuva Silvia en souriant. Tu dois être impatient de l'annoncer à tous tes amis, n'est-ce pas ?

— Absolument ! dit Arion. Tu sais quoi, Tante Silvia ? Je vais leur dire maintenant !

— Hein ? A-Attends Arion ! »

Cela n'arrêta pas Arion qui courut précipitamment vers la porte de sortie, laissant Silvia seule dans la cuisine. La femme soupira. Arion finira bien par se rendre compte qu'il était bien trop tard pour aller toquer à la porte des gens – en espérant que cela ne finisse pas au poste de police...

De plus, s'il voulait vraiment avertir tous ses amis, il aurait pu le faire sur iPiplet. Tout simplement.

« Ah, Arion... »

. . .

Depuis qu'il ne dirigeait plus le Cinquième Secteur, Axel se retrouvait avec beaucoup plus de temps libre que prévu. Même en tant qu'entraineur du Mont Olympe – oui, oui, il avait repris son poste après toute cette histoire de voyage dans le temps – il n'avait pas grand-chose à faire : ces jeunes étaient déjà des prodiges et n'avaient plus besoins de conseils, seulement d'expérimenter eux-mêmes leurs capacités.

Donc Axel se retrouvait – officieusement – au chômage et s'ennuyait fermement de cela.

Alors quand il avait reçu un coup de fil de Mark pour une proposition assez inattendue, il avait sauté sur l'occasion et répondu oui sans hésitation. Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire en temps ''qu'adulte en charge des Raimons'' pendant des vacances à Okinawa avec Mark, Célia et Jude – déjà, il fallait qu'on lui explique comment les Raimons s'étaient retrouvés avec de telles vacances : jamais, de son temps, des étudiants n'auraient eu pareille faveur.

Au moins, ils risquaient de bien s'amuser. Peut-être même d'avoir quelques mésaventures non prévues : il y en avait toujours en compagnie de Mark.

Pour le moment, Axel était occupé à s'assurer que tous les Raimons étaient présents alors qu'ils montaient dans la Caravane Inazuma – qui n'était d'ailleurs pas vraiment une caravane mais juste un bus. Il se chargeait de les compter pendant que Jude, à côté, cochait des cases à côté du nom de chaque élève sur une liste.

« Il manque quelqu'un, remarqua Axel en terminant ses comptes.

— N'est-ce pas Nishiki ? demanda Jude en observant sa feuille. Si, c'est lui... ce n'est pas surprenant.

— Que fait-on ? On l'attend ?

— Non. Il nous rejoindra en chemin. »

Axel hocha les épaules. Pour sa part, il aurait attendu Ryoma. Après tout, comment le garçon allait-il les rejoindre s'il ne prenait pas la Caravane Inazuma avec tous les autres ? Mais Jude semblait décidé à ne pas perdre plus de temps et personne de son entourage n'insista.

Alors que M. Vétéran – quand allait-il prendre sa retraite, cet homme ? – démarchait la caravane, Mark se mit devant les deux rangées de sièges où tous les Raimons étaient assis – certains se serraient parce que la Caravane Inazuma n'était pas censée pouvoir accueillir tout ça de monde – et s'écria :

« Alors les enfants ? Vous êtes prêts à passer des vacances à Okinawa ?

— OUI, COACH ! répondirent en cœur les Raimon.

— Super ! Alors attachez bien vos ceintures et préparez-vous ! Quand on arrivera, on ira JOUER AU FOOTBALL sur la plage !

— YEAH ! »

Si Nathan était là, il aurait sûrement sursauté en entendant Mark crier, comme à chaque fois. Pour sa part, Axel se contenta de sourire et s'assit dans un siège, croissant les bras. Ces vacances promettaient d'être intéressantes.

. . .

La Caravane Inazuma était prise d'une grande agitation et d'un brouhaha sans fin.

Arion et Victor étaient ravis de pouvoir discuter avec M. Blaze assis dans la rangée juste en face – même si Victor tentait de cacher son enthousiasme ; Riccardo et Gabriel s'étaient endormis – ce qui permettait à Aitor de prendre des photos d'eux, probablement pour les faire chanter par la suite ; Bailong et Tezcat discutaient – enfin, Tezcat tentait de calmer Bailong qui semblait de plus en plus agacé par le capharnaüm alentour ; JP jouait aux cartes avec Lucien, Wanli, Subaru et le coach Evans – à se demander s'ils savaient au moins jouer aux cartes et le reste des Raimons bavardait tranquillement à leur voisin de siège.

Bref, tout était parfaitement normal pour un voyage dans la Caravane Inazuma. Il ne manquait plus qu'une chanson chantée à plein poumon par tout le monde pour que le Japon entier ne les entende. Cela tombait bien : Fei avait une idée de chanson ! Rapidement tous chantèrent en cœur :

« Allez grimpe ! Donne-moi ta main et je te promets...

Allez grimpe ! Que tous ensemble nous allons gagner !

Viens et embarque avec nous dans un voyage à travers le temps,

Et tu verras qu'au bout de la route, c'est une belle victoire qui nous attend !

Ne ralentissons pas, jamais, jamais, jamais, jamais,

Il faut continuer, n'abandonnons pas,

Allons à l'attaque côte à côte et faisons face à l'adversité !

N'oublie pas que toi et moi on s'est promis de ne jamais se décourager,

Nous n'aurons pas de regrets, il faut toujours avancer !

Tant que nous ne perdons pas de vue notre but, nous ne pourrons pas nous égarer.

Non rien ni personne ne résistera à la volonté d'une équipe soudée,

Nous seuls pouvons décider de quoi demain sera fait,

Alors même si tu crois perdre espoir, ne perds pas confiance en toi,

Fais entendre ta voix et crie !

''Je résisterai ! Je m'en sortirai !''

Grave ces paroles dans ton cœur et affronte tes peurs !

Suis-moi et rejoins notre équipe, ensemble tout est possible !

Go ! C'est parti pour le décollage,

En route pour l'avenir ! »

C'était un miracle qu'il ne se soit pas mis à pleuvoir tellement les Raimons chantaient faux. Ce n'étaient pas pour rien qu'ils étaient footballeurs et pas chanteurs après tout...

Bon, avec tout ça de bruit, il serait difficile de faire pire.

« ATTENDEZ-MOIIIIIII ! »

Ce cri lancé du fond du cœur attira l'attention de tous. Après un instant de confusion où on se demanda si cela était une hallucination collective – enfin... une hallucination sonore collective... était-ce possible au moins ? –, le cri fut réentendu. Tous se tournèrent vers les vitres à droite de la Caravane Inazuma.

« Cette voix irritante me dit quelque chose... » marmonna Jade.

Beaucoup – sinon tous – étaient de son avis et cela n'étonna personne de voir, sur le trottoir près de la route, le seul et unique Ryoma qui, en tenue de sport avec un sac de sport en plus – alors que tout le monde portait des vêtements décontractés –, courait à toute allure pour tenter de rattraper la caravane.

Le mot clé était ''tenter''.

« Mais qu'est-ce que tu fabriques, abruti ? s'écria Jade en ouvrant la fenêtre pour s'adresser à Ryoma.

— Ben j'e... j'essaye de... vous rattraper ! répondit Ryoma entre deux inspirations.

— Coach, on ne devrait pas s'arrêter pour permettre à Ryoma d'entrer dans le bus ? demanda Riccardo – qui entretemps avait été réveillé par le cri de Ryoma.

— Non, déclara catégoriquement M. Sharp en secouant la tête. Nishiki n'avait qu'à être là à l'heure comme tout le monde. Il nous rejoindra à Okinawa.

— C'est un peu dur comme même... » marmonna Gabriel, obtenant l'approbation silencieusement de Riccardo.

Personne n'osa cependant émettre d'avis à haute voix, de peur que le coach Sharp décide de les envoyer rejoindre Ryoma sur le bord de la route. Les Raimons se contentèrent donc de regarder Ryoma disparaitre au fur et à mesure de leur vue, le milieu de terrain ne parvenant pas à garder une allure suffisante pour rattraper la Caravane Inazuma.

Autant dire que le reste du trajet fut bien plus calme, personne ne voulant s'attirer les foudres du coach Sharp...

. . .

Le soleil brillait sur Okinawa quand la Caravane Inazuma arriva au Mary Times Memorial.

« Mary Times Memorial ? N'est-ce pas le nom du club de foot local ? demanda Riccardo. Nous ne devrions pas plutôt nous rendre en ville ?

— Si nous devions chercher un hôtel, oui, confirma M. Evans en souriant. Heureusement, ce n'est pas le cas. Arion, c'est bien là-bas que nous devons aller ?

— Oui, coach Evans ! » confirma le capitaine.

La caravane s'arrêta juste devant le Mary Times Memorial. Il s'agissait d'un grand terrain de foot sur l'eau maintenu grâce à des planches de bois et qui relirait de nombreuses maisons faites de bois et de pailles – appelées communément bungalows – respectivement à droite et à gauche et, au nord du terrain de football, se trouvait une grande habitation qui devait contenir de nombreuses chambres, avec une grande balustrade en bois qui donnait sur le terrain de football.

La plupart des Raimons n'avaient jamais mis les pieds à Okinawa. Ils étaient donc subjugués par ce qu'ils voyaient, ce alors qu'ils respiraient l'air marin à plein nez sous un soleil chaleureux et une douce brise.

« Il fait plus chaud que sur l'île du Sanctuaire, remarqua Tezcat alors qu'il tira légèrement sur le col de son vêtement pour que l'air frais atteigne son cou.

— Ça te dérange ? demanda Bailong en fronçant les sourcils – on pouvait presque croire qu'il était inquiet.

— Pas plus que ça. Je pense que c'est parce que mes vêtements ne sont pas adaptés. »

Bailong jeta un coup d'œil à Tezcat, qui portait toujours son uniforme noir classique. En effet, cela ne convenait pas dans un lieu avec un climat tropical comme Okinawa. Même Bailong portait une tenue plus décontractée, très semblable à sa tenue de football – notamment parce qu'il n'avait pas beaucoup d'habits qui ne pouvaient pas lui permettre de faire du sport.

« Il faudra que tu penses à changer de vêtements, dit-il alors.

— Euh... je n'ai pas d'autre tenue, admit Tezcat. Sauf ma tenue de sport mais je ne peux pas la mettre tout le temps.

— Dans ce cas je te passerai des vêtements. Tu dois faire la même taille que moi je pense.

— Vraiment ? Merci, Bailong ! »

L'attaquant se raidit alors qu'il croisa les bras, comme gêné par ces remerciements et le sourire que lui envoyait Tezcat.

« J-je fais uniquement parce que j'ai besoin que tu sois au meilleur de ta forme quand on joue au football », ajouta-t-il précipitamment, ignorant volontairement les rires discrets de son partenaire.

Pendant que Bailong se justifiait maladroitement au grand amusement de Tezcat – et que Michael restait caché derrière Adé, aussi loin possible de l'attaquant des ténèbres –, le groupe avançait vers le terrain de football. Même si cet endroit était des plus beaux, personne ne comprenait pourquoi c'était ici que la Caravane Inazuma les avait emmenés.

Jusqu'à ce qu'ils aperçoivent un homme au teint bronzé, debout sur le terrain de football. D'une carrure assez imposante, il portait un bandana bleu sur la tête, une chemise à fleur par-dessus un débardeur, un bermuda et des tongues. L'homme leur souriait avec un étrange air familier.

« Salut papa ! »

Les Raimons écarquillèrent les yeux alors qu'ils regardèrent Arion se précipiter vers l'homme.

« PAPA ? »

L'adulte sourit de plus belles et donna une tape dans le dos du capitaine de Raimon, manquant de faire tomber celui-ci.

« Salut fiston ! On dirait que tu te portes bien ! Par contre tu as le teint un peu pâle. C'est une bonne chose que tu sois de retour à la maison, tu reprendras des couleurs avec le soleil ! »

Même les meilleurs amis d'Arion étaient choqués : c'étaient à peine si Riccardo, Victor et JP n'avaient pas les mâchoires décrochées tellement ils étaient surpris par ce qu'ils venaient d'apprendre. Alors tous se tournèrent vers les adultes, se demandant si ceux-ci étaient au courant de qui était le père d'Arion.

Vu leurs yeux écarquillés, ils ne s'y attendaient pas non plus.

« L'entraineur de Mary Times Memorial est le père d'Arion ? s'exclama M. Evans.

— Pour une surprise, c'est une surprise... approuva M. Blaze en hochant la tête.

— Le monde est vraiment tout petit, ajouta Mlle Hills.

— Coach, vous le connaissez ? demanda Riccardo.

— Oui, c'est l'entraineur de Mary Times Memorial, expliqua M. Sharp. Nous l'avons rencontré il y a longtemps, peu après que Raimon ait gagné le Football Frontière. C'est dans cette équipe que jouait Hurley.

— Hurley ? répéta JP. Comme dans Hurley Kane ?

— Absolument.

— Woah ! Cela veut dire que le père d'Arion doit être un super entraineur !

— Euh... »

Les adultes se dévisagèrent en grimaçant, mettant en doute l'hypothèse de JP.

Le père d'Arion – alias l'entraineur des Mary Times Memorial... enfin, s'il était toujours entraineur – finit par arrêter de taquiner son fils et regarda les adultes présents avec un grand sourire.

« Cela faisait un moment qu'on ne vous avait pas vu ici, les Raimons, dit-il gaiement. Woah, vous avez vraiment grandi. Dites-moi, l'adorable dame qui était votre coach vous a-t-elle accompagné ?

— Papa... gémit son fils, faisant rire son paternel.

— Ha, ha ! Désolé fiston mais tu aurais dû voir cette merveilleuse mademoiselle Schiller !

— Mademoiselle Schiller ? marmonna Aitor. Il parle de maman ? C'est lui le type bizarre dont elle n'arrêtait pas de se plaindre ?

— Maman ? » répéta Gabriel.

Aitor grinça des dents alors que son visage s'empourpra.

« Je-je veux dire, Lina ! rectifia précipitamment Aitor. Lina, qui s'occupe de nous à l'École du Soleil. I-Il y a beaucoup d'enfants qui l'appellent maman m-mais je ne le fais. C'est juste que ça m'a échappé ! »

Gabriel ne dit rien mais sourit, au grand agacement d'Aitor.

Alors que le père d'Arion continuait de parler de la ''merveilleux mademoiselle Schiller'', M. Sharp toussa pour attirer son attention.

« Excusez-nous de vous interrompre, coach mais...

— Pas de coach entre nous ! intervenu l'homme. Appelez-moi par mon prénom.

— Ce serait avec plaisir mais vous ne nous l'avez jamais dit, fit remarquer Mlle Hills.

— Vraiment ? Ah, autant pour moi ! Laissez-moi donc me présenter comme il se doit. Je suis Persée Sherwind, le père d'Arion.

— Persée ? répéta M. Sharp. Comme le héros de la mythologie gréco-romaine ?

— Oh, je vois que nous avons un connaisseur ! C'est exactement ça.

— Hé bien au moins au sait d'où Arion tient son prénom, murmura Riccardo, recevant des regards interrogatifs de ceux qui l'avaient entendu. Dans la mythologie gréco-romaine, Arion est un cheval immortel et considéré comme le plus rapide au monde.

— Ah d'accord... »

Alors que l'entourage de Riccardo s'extasiait de ses connaissances sur la mythologique – à la grande gêne du virtuose –, les adultes discutaient avec M. Sherwind de comment allait s'organiser la répartition des chambres pour les Raimons.

« Oh, normalement il devrait y avoir assez de place pour tout le monde dans l'habitation, expliqua M. Sherwind en désignant l'imposant bâtiment à deux étages derrière le terrain de football – à se demander comment tout cela tenait sur des planches de bois au-dessus de l'eau.

— Et s'il n'y a pas assez de place ? rétorqua M. Sharp.

— Dans ce cas, il faudra répartir les derniers dans les bungalows. Il y a un lit double dans chacun mais on peut ajouter un futon si nécessaire. Par contre, comme c'est assez loin de l'habitation il serait plus prudent que des adultes y dorment plutôt que des enfants. On ne sait jamais, s'il y a un problème...

— Hé Alex, dit alors M. Evans en souriant. Cela te dirait qu'on prenne un bungalow et...

— Dans ce cas, Célia et moi prendrons un bungalow, intervint M. Sharp. Mark et Alex, vous resterez dans l'habitation pour surveiller les enfants. »

M. Blaze hocha la tête, n'ayant aucune objection à formuler tandis que M. Evans parut déçu, marmonnant quelque chose à propos ''du bon vieux temps''.

« Mais alors qui prendra l'autre bungalow ? demanda M. Blaze.

— Pourquoi pas les filles ? dit Mlle Hills. Elles sont trois, donc avec un futon un bungalow devrait leur suffire.

— Hein ? Mais je croyais que les enfants ne devraient pas rester seuls ? s'étonna M. Evans.

— Sauf qu'on pensait surtout aux garçons en disant ça, précisa M. Sharp.

— Pourquoi ? Tu penses que les filles sont plus responsables que les garçons ? »

Mlle Hills, M. Sharp et M. Blaze hochèrent la tête en cœur.

« Oui, répondirent-ils d'une seule voix, faisant soupirer M. Evans.

— Bon, si vous le dites...

— Bien ! s'exclama M. Sherwind en souriant. Puisque tout cela est réglé, que diriez-vous d'aller déposer vos affaires, que nous décisions de qui va dans quelle chambre ? Une fois cela fait, je vous ferai découvrir la merveilleuse cuisine d'Okinawa ! »

Les Raimons approuvèrent aussitôt : il était bientôt midi et après des heures de trajets en bus, ils avaient hâte de manger.

. . .

Ce fut un long et fastidieux travail que d'attribuer des chambres aux Raimons. Non pas qu'il en manquait dans l'habitation à deux étages mais bien souvent des plaintes furent émises quand un groupe fut désigné pour aller dans une chambre. Michael refusait de dormir dans la même chambre que Bailong et Tezcat et insistait pour être avec Adé et Eugène, Victor se retenait de râler parce qu'il avait été placé dans la même chambre qu'Arion et JP, Gabriel était déjà énervé d'être dans la même chambre qu'Aitor – même si le fait d'être avec Riccardo calmait le jeu – et les choix des groupes en agaçaient bien d'autres.

Pourtant le coach Sharp était intransigeant et après avoir accepté de changer Michael de groupe, en voyant que d'autres voulaient bénéficier de changements, déclara que tous devraient accepter ces cohabitations forcées. Il ajouta, pour faire bonne mesure, que les Raimons n'avaient que deux choix : soit dormir dans la chambre à laquelle on les avait placé, soit dormir dehors à la belle étoile. Après une telle proposition où les Raimons avait vraiment l'impression que le coach Sharp pensait à eux – ou pas –, plus personne n'émit de plainte.

L'autorité et l'abus de pouvoir des adultes, tout ça tout ça...

Au moins, après ça l'attribution des chambres se fit assez rapidement. Ce qui tombait bien vu qu'il était une heure de l'après-midi et tous mourraient de faim.

M. Sherwind leur annonça qu'ils devraient normalement manger à une grande table sur la terrasse du haut mais qu'il était dommage de manger en intérieur alors qu'il y avait un si beau soleil dehors. Alors, à la place, il les mena tous à l'extérieur où les Raimons découvrir avec stupéfactions que de nombreuses nappes avaient été posées sur le sol du terrain de football, avec des paniers de pique-niques.

« Quand est-ce que M. Sherwind a fait ça ? se demandèrent-ils. Il a des espions cachés dans le coin ou quoi ?

— Allez ! s'exclama gaiement M. Sherwind. Installez-vous et savourez ce repas typique d'Okinawa. Vous allez voir, la cuisine d'ici est délicieuse ! Cela vous donnera envie de rester toute votre vie sur cette île, ha, ha ! »

À ce rythme-là, on se demandait si M. Sherwind n'était pas guide touristique à Okinawa.

Enfin bon, personne ne protesta et tous s'assirent avec leurs amis, impatients de manger. Les paniers furent ouverts et la nourriture servie. Les Raimons s'apprêtaient finalement à manger quand un cri se fit entendre au loin :

« ATTENDEZ-MOI ! »

Tiens, cette voix ne leur était pas inconnue...

Les Raimons furent à peine surpris de voir arriver Ryoma, alors qu'il soulevait un nuage de poussière derrière lui et courrait à toute allure comme si sa vie en dépendait. Sauf que dans sa précipitation, il oublia qu'il fallait, à un moment ou un autre, ralentir pour éviter de percuter quelqu'un.

Alors, évidemment, il causa des dégâts en trébuchant sur une nappe. Comme par hasard ce fut celle où se trouvait Jade.

« BOUGE DE LÀ, ANDOUILLE !

— JE PEUX PA... AAHHHH ! »

Le panier fut renversé et il fallut bien des efforts pour arrêter Jade qui pourchassait Ryoma pour le tuer – ça serait dommage de perdre un bon milieu de terrain comme Ryoma après tout, même s'il était parfois insupportable.

Finalement, une fois que Jade fut calmée, Ryoma prit place aussi loin que possible d'elle, donc là où se trouvait Victor, Riccardo, Gabriel, Aitor, JP, Arion et le père de celui-ci. Il racontait comment il avait fait pour venir jusqu'ici.

« ... Donc j'ai remis le chat qui était grimpé à l'arbre à la dame qui était inquiète pour son animal et là j'ai croisé une grand-mère qui avait besoin de mon aide. J'ai donc porté ses courses et en échange elle m'a mis en contact avec euh... un ami pêcheur je crois, qui se rendait à Okinawa. Je l'ai donc retrouvé au port mais son bateau partait déjà alors j'ai couru aussi vite que possible sur le ponton pour rattraper le bateau et j'ai sauté... puis je suis tombé dans l'eau mais finalement on a sorti une échelle en corde pour que je puisse monter sur le bateau et c'est comme ça que je suis arrivé à Okinawa.

— Euh... »

Les Raimons étaient ébahis par le récit de Ryoma. Personne ne savait quoi dire, jusqu'à ce que M. Sherwind – qui jusque-là portait une mine grave signe qu'il écoutait attentivement – n'éclate de rire.

« Vous êtes vraiment drôles, les enfants ! Je sens qu'on ne s'ennuiera pas avec vous ! »

Il ne savait pas à quel point il avait raison : on ne s'ennuyait jamais avec les Raimons... que cela soit pour le meilleur et surtout pour le pire.

Le soir venu sur iPiplet...

Arion aime « Vacances à Okinawa ! »

Dieu de l'Amour. Des vacances à Okinawa ? Tiens, quelle bonne idée ! Il faudrait que je prenne des vacances au soleil, cela sera très bon pour mon teint.

Adé. Euh... Vous êtes qui ?

Eugène, Michael et onze autres personnes aiment ça.

Ryoma. WOAH ! LE DIEU DE L'AMOUR EST LÀ EN PERSONNE ? JE NE SAVAIS PAS QUE LES DIEUX POUVAIENT UTILISER LES RÉSEAUX SOCIAUX !

Jade. Ils le peuvent pas, idiot ! Ce n'est pas un dieu, ce type ! Et arrête d'écrire en majuscule comme ça ! C'est une horreur pour les yeux.

M. Sharp, Mlle Hills et cinq autres personnes aiment ça.

M. Blaze. N'est-ce pas Aphrodite qui utilise ce surnom de Dieu de l'Amour ?

M. Swift. Malheureusement oui...

Tezcat. Un dieu ?

Arion. Oh tiens, Tezcat ! Tu es sur iPiplet ?

Michael. Oh non...

Tezcat. Oui. Bailong m'a acheté cet étrange outil que vous appelez téléphone portable et m'a inscrit sur un réseau social. Même si je ne comprends pas encore très bien comment ça fonctionne...

Gabriel. J'admets avoir du mal à croire que Bailong puisse offrir quoi que ce soit à quelqu'un.

Victor, Riccardo et vingt autres personnes aiment ça.

Bailong. Vingt autres personnes ? Vous vous foutez de moi ? C'est quoi l'image que vous avez de moi exactement ?

Bailong. Tss... comme par hasard là y'a plus personne pour me répondre.

Bailong. Je vous fais peur à ce point ?

Bailong. Bon sang, vous allez répondre ? Arrêtez de me foutre des vents !

Bailong. C'est bon, j'en ai marre.

Bailong s'est déconnecté.