Le lendemain lorsque Michael se réveilla, son cœur se serra. Il se sentait aussi mal que si Linc était déjà mort. Pire encore il avait l'impression de l'avoir tué. Il se leva avec difficulté et alla jusque dans la cuisine où Sara était en train de préparer le petit déjeuner. Elle se tourna et lui adressa un léger sourire. Il la salua et s'assit à table. Elle posa le bol devant lui et lui prit la main avant de s'asseoir à côté de lui.
Sara : Comment tu te sens ?
Il dégagea sa main pour se frotter le visage.
Michael : Comme si j'avais moi-même appuyé sur la détente et fait accuser Linc à ma place.
Sara : Michael… je t'en prie ne commence pas à penser comme ça. Tu vas te détruire.
Il sentit des larmes lui monter aux yeux.
Michael : Il faut que je lui parle.
Sara : Je sais. Tu veux que je t'accompagne ?
Michael : Non.
Il se leva et alla jusqu'à la salle de bain. Il se glissa sous la douche et laissa l'eau couler sur lui pendant un long moment.
Il se rendit ensuite à la prison de Fox River et fut conduit au parloir. Il s'assit face à une grande cage grillagée et attendit que son frère arrive. Une douleur l'envahit quand il le vit menotté ainsi et considéré comme un dangereux criminel. Pourtant, le sourire de son frère le rassura un peu. Lincoln s'assit face à lui et le regarda.
Lincoln : Je suis content de te voir.
Michael avala sa salive réalisant que son frère ne lui en voulait pas de ce qu'il avait pu lui dire.
Michael : Comment tu vas ?
Lincoln : Ca va… ce n'est pas si mal ici, on est logé, nourri et on glande toute la journée… Ca pourrait presque ressembler au paradis.
Michael fit un sourire crispé.
Michael : Je te demande pardon Linc…
Lincoln regarda fixement son petit frère dont la conscience semblait le torturer.
Lincoln : Pardon pourquoi ?
Michael regarda son frère, les yeux brillants de larmes.
Michael : De ne pas avoir cru en toi… de t'avoir laissé affronter cette épreuve seul… de t'avoir poussé dans cette prison.
Lincoln : Qu'est-ce que tu racontes Michael ?
Michael : Je sais tout ce que tu as fait pour moi… je sais à quoi ont servi ces 90000 . Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
Lincoln inspira un grand coup.
Lincoln : C'est Véro qui te l'a dit ?
Michael hocha lentement la tête.
Lincoln : Ecoute Michael… je ne t'en ai pas parlé parce que j'étais convaincu que tu refuserais l'argent si tu savais d'où il venait.
Michael : Pourquoi tu as fait ça ? J'aurais pu m'en sortir sans ça… et toi aussi.
Lincoln : Tu méritais cet argent… J'avais déjà bien assez déconné avec toi. Je t'ai fait vivre une vie loin d'être idéale pendant notre adolescence… je voulais que tu aies cette vie dont tu rêvais. Et aujourd'hui je sais que ça valait vraiment le coup. Je suis fier de toi Michael.
Michael fit une grimace pour essayer de retenir ses larmes.
Michael : Mais mon égoïsme t'a conduit ici…
Lincoln : Non, je refuse de t'entendre dire ça. J'ai merdé c'est tout.
Michael : Je n'ai même pas essayé de t'aider.
Lincoln ferma les yeux en entendant ça.
Lincoln : Michael…
Michael : Je n'ai pas répondu à ton appel ce soir là… Si je l'avais fait, peut-être que…
Lincoln : Non, tu n'aurais rien pu faire. Je me suis mis dans ce pétrin tout seul.
Michael : C'est gentil d'essayer de me faire déculpabiliser, mais tu n'y arriveras pas. Je sais que tout ça c'est de ma faute et je voudrais pouvoir faire quelque chose pour te sortir de là…
Lincoln : Il n'y a rien à faire…. Et je ne veux surtout pas que tu essayes de me donner de l'espoir. Véronica veut croire qu'elle peut me sortir de là et c'est en train de la détruire alors je ne veux pas que tu fasses pareil.
Michael alla pour répondre mais son frère l'en empêcha.
Lincoln : Elle m'a dit que Sara et toi essayiez de faire un bébé. C'est bien.
Michael regarda son frère en se disant que vraiment ce n'était pas lui qui méritait d'être derrière ces barreaux.
Lincoln : Reprends ta vie Michael… fonde une nouvelle famille et oublie que tu as un frère.
Michael : Ne me demande pas de faire ça Linc.
Lincoln : Il n'y a aucun moyen de me sortir de là, alors laisse tomber.
Michael : Je ne peux pas…
La sonnerie annonçant la fin des visites retentie et Michael se leva. Il plaça sa main contre le grillage et Linc en fit autant.
Michael : Je t'aime Lincoln.
Lincoln : Moi aussi je t'aime Mike…
Ils se regardèrent dans les yeux puis Michael s'en alla.
A partir de ce moment, le cadet des deux frères tenta de se racheter en agissant un peu plus pour faire libérer Lincoln de prison. Il commença donc par aider Véronica à trouver des éléments leur permettant de gagner l'appel. Pendant près de deux mois, il jongla entre son boulot, l'affaire Burrows et tenta d'accorder les quelques instants qu'il lui restait à Sara. Malgré tout, il remarqua que la jeune femme se sentait délaissée, c'est pour ça que ce soir-là, il accepta de l'accompagner à cette foutue réception de Noël, donnée près de deux semaines avant le fameux jour. Alors que Sara vagabondait de la salle de bain à la chambre en changeant de tenue toutes les secondes, Michael tenait ferment sa chaussette gauche dans sa main sans avoir visiblement l'envie de l'enfiler. Quand Sara eut enfin trouvé la tenue idéale, une robe noire qu'elle avait déjà essayée une demi-heure plus tôt, elle s'arrêta pour regarder Michael. Il ne s'en rendit même pas compte tant il semblait dans ses pensées. Elle finit d'attacher son collier et s'assit à côté de lui. C'est le poids du corps de sa compagne sur le lit qui attira l'attention de Michael.
Sara : Tu n'es pas obligé de venir si tu n'en as pas envie Michael…
Il la regarda et se força à sourire.
Michael : Si, j'en ai envie.
Il enfila enfin sa chaussette et Sara attendit qu'il se soit redressé pour lui prendre la main.
Sara : Tu t'es beaucoup investi ces deux derniers mois dans la préparation de l'appel de ton frère, je peux comprendre que tu aies envie d'assister au verdict.
En effet, Michael avait assisté une bonne partie de l'après-midi au jugement, ou plutôt à la procédure d'analyse du respect des lois lors du précédent jugement, et il avait dû partir avant d'avoir le verdict parce qu'il avait promis à Sara de l'accompagner à cette réception. Comme elle le lui prouvait en cet instant, Sara ne lui en aurait pas voulu de faillir à sa promesse, mais il l'avait beaucoup trop négligée depuis quelques mois. Et surtout, il n'avait pas prévu que l'appel de Lincoln durerait si longtemps ou peut-être n'avait-il pas songé que chez les médecins, les réceptions commençaient à 18 heures.
Michael : Ca va aller, Véro m'appellera.
Sara : Ta place est auprès de ton frère.
Michael : Ca ne changera rien pour le verdict et puis je t'ai promis.
Sara : Je ne t'en voudrais pas de…
Il l'interrompit.
Michael : Je sais, mais de toute façon je suis là maintenant et je suis sûre que l'appel est sur le point de se terminer. Alors allons-y.
Elle hocha la tête sachant que le regard déterminé de Michael était le signe que la discussion était close. Ils se rendirent donc à cette soirée à laquelle Sara regrettait d'avoir fait promettre à Michael de venir parce que voir l'homme qu'elle aimait aussi anxieux n'était pas quelque chose qu'elle appréciait. Malgré tout, elle ne savait comment il pouvait faire ça, mais Michael restait courtois et conversait avec d'autres médecins. Si elle ne le connaissait pas si bien, Sara n'aurait jamais soupçonné qu'en cet instant l'esprit de Michael était à l'autre bout de la ville dans une petite salle d'audience dans laquelle Véronica se battait seule pour Lincoln, qui n'avait même pas le droit d'assister à cette petite séance qui déterminerait, encore une fois, son sort. Alors qu'il discutait toujours, Michael sentit une légère pression sur son poignet et se tourna vers la femme qui la provoquait. Il vit Sara s'excuser auprès du médecin de devoir les abandonner et entraîna Michael un peu plus loin. Elle s'arrêta et se plaça face à lui.
Sara : Va là-bas Michael…
Michael : Pourquoi ?
Sara : Parce que je vois bien que tu es anxieux et que j'ai un étrange pressentiment.
Il la regarda.
Michael : Je t'assure que…
Lily vint les interrompre.
Lily : Salut vous deux…
Sara lui sourit mais parvint difficilement à masquer l'agacement qu'elle éprouvait pour le fait que cette jeune femme vienne les interrompre chaque fois que ce n'était pas le moment. Michael sembla le remarquer et décida de détourner l'attention de Lily pour qu'elle ne s'aperçoive pas de ce que Sara éprouvait en cet instant à son égard.
Michael : Bonjour.
Lily : Je vous présente Gary Coldman.
Sara écouta à peine ce qu'elle disait, trop concentrée sur le visage impassible de Michael. Elle capta juste que ce Gary était le nouveau compagnon de Lily et qu'il était le directeur d'une banque de Chicago. Michael en homme courtois qu'il était s'informa de son activité, et quand il le lui demanda, il expliqua à Gary son métier. Il s'interrompit à un moment car le téléphone dans la poche intérieure de sa veste vibrait.
Michael : Excusez-moi.
Il s'éloigna, laissant Sara, Lily et Gary discuter.
Gary : Vous désirez un verre ?
Lily : Oui, une coupe de champagne pour moi.
Gary : Et vous Sara ?
Sara détourna le regard de Michael qui s'éloignait vers le bout de la salle.
Sara : Rien merci.
Gary s'en alla et Lily attendit qu'il soit partit pour se rapprocher de la jeune femme.
Lily : Depuis quelques temps, j'ai remarqué que tu étais très prudente avec l'alcool, la cigarette et l'alimentation… nous cacherais-tu quelque chose ?
Sara regarda Lily avec interrogation.
Lily : Oui certaines personnes trouvent que tu as pris un peu de poids et elles se demandent si tu ne serais pas enceinte.
Sara détourna les yeux et croisa le regard de Michael. Elle comprit immédiatement ce qu'il se passait.
Lily : Sara ?
Sara regarda de nouveau Lily.
Sara : Non je ne suis pas enceinte. Excuse-moi.
Elle s'éloigna et se dirigea vers Michael le cœur battant de plus en plus rapidement. Quand elle fut assez près de lui, elle l'entendit parler.
Michael : Je te remercie Véro, je passe te voir demain.
Il raccrocha et resta les yeux fixés sur son téléphone. Sara se plaça face à lui, attendant qu'il parle. Il releva enfin les yeux et secoua la tête en signe négatif. Elle comprit alors que l'appel avait été rejeté. Elle avala difficilement sa salive.
Sara : Je suis désolée…
Michael : Au fond, je crois que je n'espérais pas grand chose de cet appel.
Elle lui prit la main.
Sara : Tu veux qu'on rentre ?
Pour la première fois depuis le début de la soirée, Michael se laissa guider par son besoin de fuir ces mondanités.
Michael : Ouais…
Elle alla pour l'entraîner vers la sortie quand il l'en empêcha.
Michael : J'ai quelque chose à faire Sara. Tu n'as qu'à rester là, je reviendrai te chercher plus tard.
Sara : Non je…
Michael : J'ai besoin d'être seul.
Elle le fixa puis hocha la tête.
Sara : Je m'arrangerai pour rentrer.
Michael : Tu es sûre ?
Elle hocha la tête.
Sara : Je suis là Michael.
Il la regarda et lui caressa la joue.
Michael : Je sais et je ne t'en remercierai jamais assez.
Il lui déposa un baiser sur le front et s'en alla sous l'œil quelque peu inquiet de Sara.
