Voici la suite =)
Bonne lecture !
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas !
Rating : T
Attention : Langage grossier, Scène de violence suggérée
The Personal Blog Of
Dr. John H. Watson
2nd June
Such a Great Person
Il était 9 heures 25 du matin, et le thé avait un goût indescriptible. Je me souviens très bien avoir laissé longtemps une gorgée dans ma bouche, pour être certain qu'il y avait un truc qui clochait avec mon thé. Sur le coup j'ai cru encore à une sale tour de notre ennemi du moment, La Marionnette. Mais après un petit rire de la part du grand détective Sherlock Holmes, j'ai su qu'il était derrière cette amertume dans ma tasse.
Et plus je continue d'écrire ce poste, plus je me rends compte que ce que je vous raconte est une insulte …Une insulte à qui ce poste était censé rendre hommage. Mais, si je ne vous raconte pas l'enquête de cette journée, ce serait encore pire que de dire « C'était quelqu'un de bien » et de finir là-dessus…
Revenons au dernier sourire de Sherlock, car c'est sûrement le dernier que je verrai sur ses lèvres avant un long moment…
…
..
.
L'eau avait coulé sous les ponts depuis que Sherlock avait fait encore une scène de ménage à John. Sa fille était endormie au creux de ses bras, dans son lit du premier. Elle semblait entrain de faire de jolis rêves, vu son sourire angélique. Il lui embrassa doucement le front et il se détacha de son étreinte pour aller se prendre un thé de si bon matin.
- Bonjouuur….dit-il en baillant.
Sherlock n'avait pas bougé de la veille, assis sur le sol, les jambes en éventail, il réfléchissait encore à l'enquête.
- Tu aurais du au moins dormir une heure ou deux.
John le couvait décidément de trop. Déjà hier soir il l'avait forcé à se couvrir d'autre chose que son précieux drap blanc, rien que pour préserver la pudeur de sa fille. Et ce matin, il le sermonnait encore ce qu'il aurait du faire ou ne pas faire.
- A quoi bon ?
- Je ne sais pas, te reposer par exemple ? Souffla John en versant l'eau chaude dans sa tasse.
- Impossible, il y avait tous les épisodes de Mister Bean en rediffusion à la télévision ! Inratable… Ironisa-t-il, en prenant le sourire d'un bambin devant ses dessins animés.
- La télévision est éteinte…
John fronça légèrement les sourcils en signe d'incompréhension, et il s'assit dans son siège.
- Non, c'est vrai ? Dit Sherlock avec une bonne touche de sarcasme.
John leva les yeux au ciel, il se souvenait que Sherlock était vraiment pire que tout quand il dormait peu et qu'il n'avait pas eu sa dose de nicotine. Après avoir prit la première gorgée de son thé, John arqua un sourcil. Il ne s'attendait pas à ce goût dans sa bouche.
- Pfff, pouffa Sherlock de rire.
John s'inquiéta immédiatement, un Sherlock qui rit, c'est malsain.
- Beuh… qu'est-ce que tu as mis dans mon thé ?
- Ce n'est pas dans ton thé, tu as prit ma tasse.
John déglutit, il avait peur de poser la question.
- Ta tasse…à quoi ?
Mais avant même que Sherlock ne lui donne une réponse, son téléphone vibra intensément. C'était un appel. Les deux comparses se regardèrent. Devaient-ils vraiment répondre en sachant pertinemment que de l'autre côté du téléphone, La Marionnette signerait leur destin ? John se précipita de l'attraper pour décrocher.
- Oui ?
- Monsieur Holmes ? dit une voix aigue avec un accent fortement appuyé.
- Oui… mentit John.
- Bonjour, nous sommes la société WashIt et nous faisons une offre spéciale pour les habitants de ….
- Pas intéressé ! Se précipita John de raccrocher, comme si le téléphone lui brûlait l'oreille.
John avait limite envie de rire, il se tourna vers Sherlock, qui ce dernier avait un air entre l'incompréhension et l'impatience. Le médecin militaire ne put retenir un éclat de voix, il en avait mal aux joues tellement il riait.
Le téléphone sonna de nouveau.
- C'est fou comme on peut être harcelé par les entreprises de démarchage… Allo ? Reprit-il plus sévèrement.
- Sher-lock ? dit une voix au bord de la rupture.
- Qui…Qui est à l'appareil ?
Sherlock se leva brusquement, il avait finit de les faire attendre. Le jeu reprenait. Il lui arracha le téléphone des mains et Sherlock se concentra pour écouter.
- Cette fois, pas de dénouement joyeux, dit la voix horrifiante. Je veux gagner.
Sherlock sentait toute la quintessence du mal à travers cette conversation. Un frisson lui parcouru le dos, glissant entre ses omoplates pour finir au creux de ses reins.
- Vous savez, Monsieur Holmes, vous ne pourrez plus dormir sans penser à moi.
- Je ne dors pas…
- C'est pour cela que votre cerveau est si lent alors que le mien est …Hum, brillant, se satisfit-il.
- Quel intérêt à notre conversation ?
- Hi Hi, vous ne comprenez pas ?
Sherlock fronça les sourcils, et il fixa John avant de mettre en haut parleur le reste de la conversation. Dans le fond on entendait des cris étouffés. Quelqu'un se débattait visiblement pour rester en vie. Les cœurs des deux colocataires commencèrent à battre plus que d'ordinaire, ils savaient que ça ne présageait rien de bon.
- Bientôt, tout sera sous mon contrôle. Vous, je vous aurais anéanti. Et plus jamais on ne m'enfermera…
- Qui…
Mais encore cette fichue tonalité qui l'interrompit.
- John, contact Lestrade. Une personne que nous connaissons est sur le point de mourir.
Dans la précipitation, John renversa son thé mais l'urgence était trop grande pour s'attarder à des détails. Il fallait que tout s'accélère. Qu'ils comprennent qui et pourquoi. Comment ils allaient retrouver leur proche. Comment ?
- Sherlock… Il a dit qu'on ne pourrait sauver personne cette fois.
- Et alors ? Un psychopathe est toujours quelqu'un qui ment !
- Crois-moi, je ne veux lui laisser aucune chance de nous enlever un être cher, mais Lestrade ne sait pas où et quand intervenir. Peut être que ton frère pourrait nous aider ? Essaya-t-il de se rassurer, en vain.
- Ne dis pas n'importe quoi ! Il a attendu qu'on se débrouille pour Lestrade, je suis certain qu'à ce moment précis il n'a aucune idée de ce qui se trame sous son gros pif !
Sherlock prit les objets qui lui tombaient sous la main et il les lança violemment contre le mur au dessus du canapé.
-J 'ai besoin de … Retourner là où tout à commencer, Chez Wills.
.
..
…
A ce moment là, quand Sherlock m'a dit qu'on irait à la maison de Mr. Wills, tout semblait suivre une certaine logique. On était sur une piste. Sur sa piste. La Marionnette avait atteint notre esprit, notre âme plus que je ne l'aurais pensé. Sherlock était instable. J'étais instable. Et dans le taxi, sur la route direction ce petit quartier londonien fleurit, c'est à ce moment que nous avons compris que le Diable avait gagné du terrain…
…
..
.
- C'est plus lugubre qu'à l'époque non ? Demande John en bougeant pour se réchauffer.
- C'est juste qu'il n'y a pas autant de soleil que la dernière fois, soupira-t-il. Tu as contacté toutes les personnes proches de nous ?
- Je n'ai pas arrêté, tout le monde est…sauf ? Si je puis dire, peut être qu'il n'a pas mit son plan en marche…
- Non. Il a forcément enlevé l'un des notre.
Ils entèrent dans la maison de Wills, le suicidé à La Marionnette, par delà les scellés de la police. Il y régnait une odeur de pourriture et de moisie qui montait expressément aux narines. Sherlock posa son regard sur l'entrée familière, empoussiérée par le temps qui été passé à la suite de leur dernière visite.
- Rappelle-les, tous, il faut que tu entendes leur voix, John.
Il obéit immédiatement aux demandes de Sherlock, c'était sérieux. Il n'y avait pas une minute à perdre, car il n'y avait pas d'ultimatum. Il n'y avait pas de choix à prendre sur lequel deux hommes auraient pu trouver un plan pour une happy end. Mais là, le malfaiteur voulait juste tuer pour tuer.
- Pourquoi a-t-il prit cette marionnette en particulier ? Pourquoi ici, pourquoi cette maison et cet homme suicidé ?
- Une connaissance ?
- Plus que probable. A en voir l'état des lieux, en omettant que c'est inhabité depuis un moment, cet endroit était entretenu. Il y a longtemps. Mr. Wills a très peu changé les objets de place, se mit-il à étudier avec intérêt.
- Il était marié ?
- Non, rien dans son dossier. Il vivait seul, il n'avait aucune famille…
Sherlock posa ses doigts sur chacune de ses tempes, et il plissa fortement les yeux pour se rappeler de quelques détails croustillants.
- Un héritage…Il a reçu un fort héritage, dit fortement Sherlock en ouvrant les yeux. John, pourquoi aurait-il reçu cet héritage ?
- Un parent décédé récemment ?
- Exactement ! Tu vois quand tu veux !
John se sentit fier d'avoir trouvé grâce aux yeux du grand détective, d'ordinaire il le rabaissait toujours.
- Un parent…. Pas éloigné car sinon il n'aurait rien eu, assez proche, même très proche tellement l'héritage était grand, démontré par le fait qu'il n'avait visiblement pas besoin de travailler pour vivre et qu'il commandait tous les soirs dans un restaurant différent, dit-il avec une rapidité phénoménal.
- Incroyable…
C'était à présent au détective de se sentir glorifier par son seul admirateur. Un petit coup de fouet de fierté, ça faisait du bien là où ça passait. D'un air des plus dramatiques, il redressa son col. Toujours cette même manie, à l'italienne, de faire le beau dans un moment des plus tragiques.
- Les tapisseries font vraiment vieilles en tout cas, lâcha John avec un petit air de dégoût.
- Vieille ! Oooh John, elle était vieille….
- Sa….mère ? Avoua John, pas très sûr de lui.
- Oui ! Ca ne peut être que ça et…
Sherlock s'arrêta net. John le voyait inerte, au début il crut qu'il réfléchissait longuement à comment la mère était-elle morte, mais les minutes passèrent et John s'inquiéta.
- Sherlock ?
Le détective montra la paume de sa main à John, il lui demandait le silence absolu, à sa façon. Un pas devant l'autre, il avançait dans le petit salon qui donnait sur l'entrée. Des fauteuils délabrés, mais surtout une télé, vieille de l'époque en noir et blanc, allumée…
- Depuis quand est-elle allumée ?
- John, ne bouge plus, c'est un piège.
- Quoi ? Mais ….c'est impossible, on n'avait pas prévu de venir ici !
- Lui il avait quelques coups d'avance apparemment.
Sherlock parlait de son jeu d'échec mental. Alors qu'ils pensaient être originaux, alors qu'ils s'imaginaient choisir eux même leur destin, ils se trompaient depuis le coup de téléphone. Et ça leur fit froid dans le dos.
- John… tu as réussit à tous les contacter ? Hein John, tous ?!
L'écran commençait étrangement à grésillé.
- Euh… Lestrade, Mrs Hudson, ton frère ….ma fille et…
- John ?
Un lecteur DVD s'était allumé, et un écran noir remplaça le grésillement. Et des images tournées avec visiblement avec un smartphone, se mirent à s'animer sur la télévision. On pouvait y voir une chaise, sur laquelle un corps recouvert d'un sac blanc était tremblotant et gémissant.
« Bonjour les poulets, comme vous vous doutez…c'est un petit enregistrement. »
Sherlock fit un pas de plus dans la pièce.
« Si vous bougez, je fais exploser la demeure à distance… »
- Sherlock…
« Si vous vous sauvez, car la maison explosera de toute façon à la fin de cet enregistrement…. Vous n'aurez jamais d'indices pour retrouver ma….. Chérie ? »
- Mon dieu…
- Molly.
Le sac fut retiré au moment au Sherlock prononça son prénom. En dessous, la jeune femme était ligotée, bâillonnée et surtout en pleures. Une image tellement insoutenable, que John baissa le regard, terrifié.
- Noooooooon ! Nooon, cria Sherlock, incapable de se mouvoir, incapable de fracasser quoi que ce soit.
« Elle n'est pas mauvaise, plutôt bonne même, je dirais. »
Le ravisseur s'approchait d'elle avec la lenteur d'un prédateur. Il se précipita dans son cou pour en respirer et sucer l'odeur de sa sueur. Il aimait tellement l'odeur de la peur. Et Molly en puait à une centaine de kilomètres à la ronde. Elle pleurait, les yeux aveuglés par un bandeau crasseux. Elle essayait de toutes ses forces d'hurler, mais tout était étouffé.
- L'enfoiré…
John serra tellement fort du poing, qu'il se fit saigner les paumes des mains.
« Je vais jouer à des tas de jeux sexuels en vous attendant…Ce serait un vrai plaisir….pour moi ! Hi hi. »
Sherlock en tremblait de tout son corps. Pourquoi avait-il fallu qu'il soit si égocentrique… Il n'avait pas vu que la menace pouvait planer aussi loin. Mais Molly était une de ses plus proches amies, et c'était la seule qu'il n'avait pas pensé à protéger… Pourquoi… Par peur qu'elle n'interprète ça comme de l'amour, et qu'elle le mette encore dans l'embarras pendant des mois… Sa petite personne égoïste n'avait rien fait pour sauver sa Molly !
« Tic toc, tu veux la sauver Sherlock ? Je te laisse finalement une énigme…. »
Une chanson sifflante se fit entendre à travers l'écran, couvrant les hurlements de Molly qui pleurait toutes les larmes dans son corps lorsque La Marionnette lui assénait des coups sur tout son corps frêle.
C'était la musique d'un vieux chanteur des années 1980, Don't Worry Be Happy…
Listen to what I say, In your life expect some trouble, But when you worry, You make it double, Don't worry, be happy...
Ecoute ce que je te dis, Attends-toi à des problèmes dans ta vie, Mais si tu t'en fais, Tu les aggraves encore, T'en fais pas, sois heureux...
« Chaque jour, chaque heure….chaque minute, cette foutue chanson repassée en boucle. Comme si ça allait vraiment influencer notre bonheur… Quelle belle bande d'arriérés. »
Sherlock en avait assez vu, il voulait lui exploser le visage de toutes les manières cruelles qu'il existait dans ce bas monde. Et John le soutiendrait ouvertement pour torturer cet individu sur la place publique en pleine journée, devant une foule.
« Aller, vous avez dix secondes pour ne pas exploser avec la maison de la vieille ! »
Sherlock attrapa la main de John, et ils se précipitèrent vers l'entrée. C'était si proche et pourtant le peu de seconde de sursis semblait éloignée cette sortie de secours. A peine eurent-ils le temps de rejoindre le bord du trottoir que la grande bâtisse vola en éclat, dans un bruit assourdissant.
Ils furent projetés à terre violemment, le visage s'écrasa sur le sol en goudron, leur peau se râpa sur les aspérités de la route. Ca faisait vraiment mal, mais le plus douloureux c'était les images insoutenables de Molly qui suppliait qu'on vienne la sauver.
Après un moment, ils se relevèrent. C'était une vraie scène de guerre, tout leur décor était parti en lambeaux. Et la plus pure des âmes de leur entourage subissait le pire des sévices qu'on pouvait imaginer.
- Sherlock, mon dieu, il faut qu'on la retrouve… Ce n'est pas possible, putin de merde ! Hurla John en prononçant de plus en plus de jurons.
- Soit rationnel, il faut se concentrer sur l'énigme…
John eu une violente envie de lui remettre les idées au clair par une claque monumentale.
-Sherlock, c'est Molly, bon sang de dieu ! Tu ne peux pas….Tu ne peux pas ignorer ça quand même ?! cria plus fort John, totalement écœuré par l'attitude de son ami.
- John !
Sherlock avait tellement eu de force dans la voix en l'appelant que John se sentit apeuré, le regard du détective était des plus sombres qui lui soit donné d'observer.
- C'est Molly, je le sais…. On doit la retrouver.
Toujours dans son rôle de preux chevalier, il fit signe à un taxi de venir les prendre.
- Où allons-nous ?
- Dans le pire des endroits de Londres, l'asile psychiatrique de Maudsley.
- Pourquoi celui là en particulier ? S'étonna John de l'intelligence de Sherlock.
- C'est le seul endroit où pour l'une de leur thérapie, il passe des musiques en boucles jusqu'à observer une réaction, bonne ou mauvaise chez leurs patients, souffla Sherlock en prenant place dans le taxi. Et quand un psychopathe s'ennuie, il révèle malgré lui la vérité… « Une belle bande d'arriérés. »
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..
…
Dans ce taxi, on n'en menait vraiment pas large. J'étais sur le point de vomir toutes les tripes de mon corps rien qu'en fermant les yeux. J'avais les images de….de cette pauvre Molly gravées sur les paupières. Et Sherlock était cruellement silencieux. Nous avions vivement l'espoir de la sauver… si seulement…
