Auteur : kyu - Mataishi
Titre : Furueru Kodou – Le temps d'un battement de cœur.
Base : the GazettE
Pairing : Vous le découvrirez bien assez vite.
Genre : Yaoi
Thèmes exploités : Amour non réciproque – Amitié -
Disclaimer : Les protagonistes ne m'appartiennent pas, mais l'histoire en elle-même m'appartient de droit.
Déclaration de l'auteur : Chapitre que je n'apprécie pas forcément, mais ne vous inquiétez pas, il n'y aura ni suicide ni mort dans le prochain post ! *sors*
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Pendant une semaine, nous fûmes en congé pour que le groupe puisse reprendre des forces avant d'attaquer le plat principal et ses répétitions qui ne ressembleraient absolument pas aux autres. Effectivement, on devait se montrer plus rigoureux et plus scrupuleux pour parfaire toutes nos compositions avant le grand, non gigantesque concert. Si un jour, on m'avait dit que j'allais jouer au « Tokyo Dome », j'aurais balancé des sushis à la tête du con qui m'aurait fait espérer pour des broutilles. Donc, je disais que nous étions en repos et jusque là, tout va bien. C'est la suite qui est bien plus effrayante… Ruki n'est pas passé une seule fois à la maison alors qu'on aurait pu en profiter tranquillement, mais non, il n'a pas pointé le bout de son nez. Depuis, je ne cesse de me poser des questions sur notre relation. Et si il s'était cassé ou qu'il avait rompu avec moi parce qu'il avait enfin eu ce qu'il espérait depuis toujours, c'est-à-dire, moi ? Maintenant que j'y repense, il ne m'a jamais dit ni « Je t'aime » ni « A la prochaine, bébé » comme il en avait l'habitude, avant de quitter l'entreprise… Serait-ce un signe ? C'est pas vrai, j'me suis quand même pas fais avoir comme un lapin, n'est-ce pas ?
Alors que je ressassais la dernière conversation que j'avais eu avec lui, je sens quelqu'un me percuter de plein fouet, mais je réussis de justesse à me retenir à celle-ci pour que nous ne tombons pas. Qui est le con qui vient me faire chi** ? Mes mauvaises pensées s'effacent quand je m'observe l'être qui se masse la nuque devant moi. Il a l'air très tendu et embarrassé de m'avoir bousculé. Je l'entends murmurer quelques mots, ne sachant pas par où commencer pour s'excuser. L'étranger s'incline et me présente ses regrets tandis que je souris chaleureusement tout en lui demandant de se relever, qu'il est tout excusé. Soudainement, je le vois rougir et me sourire faiblement avant de me remercier et de quitter mon champ de vision. Je n'ose pas pivoter mon corps pour voir le sien se faufiler dans la foule et reprendre son chemin sinon, on pourrait penser qu'il m'intéresse gravement ce qui n'est, je pense, pas le cas. Une vibration dans ma poche inférieure me fait sursauter et je me positionne sur le côté du chemin pour lire le message de… Catman !
Expéditeur : Catman.
Objet : J'ai besoin de…
J'ai besoin de te parler rapidement. Ca concerne Ruki. Rappelle-moi !
Concernant Ruki… Mon Ruki ? En plus, ça a l'air grave vu l'état de sobriété d'Uruha. Si on ne le connaît pas, on pourrait penser que c'est un alcoolique invertébré, mais ce n'est pas réellement cas. Il est juste accro, dirait-on. Et les seules fois où il n'est pas saoul, c'est qu'il doit parler sérieusement à quelqu'un ou que quelque chose de grave s'est produit. Mes doigts tapotent frénétiquement sur le clavier de mon portable et j'entends aussi vite le bruit de la connexion qui m'informe que je téléphone à mon ami. Un bruissement se fait entendre et quelques secondes plus tard, je peux discerner la voix d'Uruha derrière le combiné.
- Reita, c'est toi ? Sa voix laisse imaginer qu'il est mort de trouille, mais qu'il est content d'avoir de mes nouvelles. Il ne pensait peut-être pas que j'allais l'appeler aussi vite, mais que voulez-vous, l'amour rend fou.
- Tu voulais me parler de Ruki ? Il lui est arrivé quelque chose de grave ? Et tu as eu de ses nouvelles ? Moi, je…
- Reita, calme-toi ! M'ordonne-t-il en sentant que j'étais sur le point de craquer. Je t'appelle pour t'informer que j'ai découvert un bar génialissime près de chez toi, hier soir. Tu savais que les serveuses étaient habillées en soubrette ? Quoi que, tu t'en fous des filles, maintenant. BREF ! Etant donné que j'adore découvrir de nouvelles sensations, je me suis précipité à ce fameux bar et quand j'ai pris un siège dans un coin calme, devine qui j'ai vu ! Avec une minette, en plus !
- Je… J'en sais rien… Murmurais-je à son adresse tout en m'efforçant de croire ce mensonge alors que j'étais prêt à parier que c'était Ruki, le fameux gars du bar sinon, quel aurait été l'intérêt de m'appeler ?
- RUKI. Et ouais, le nain capricieux perché sur son un mètre et une chiquelette était avec une nana et pas n'importe laquelle ! D'ailleurs, j'ai pris des photos, si tu veux admirer la beauté qui l'accompagnait. Je mettrais ma main à couper que c'est la star de X que j'ai vu à la télévision avec Kai la fois passée !... Hé, il y a quelqu'un ? Demande Catman après avoir remarqué que je n'émettais plus aucun son. C'est vrai quoi, qu'est-ce que j'aurai pu dire après une telle révélation. Mon soi-disant petit copain n'avait pas pris un peu de son temps pour venir me voir alors qu'on était en congé, mais par contre, ça ne le dérangeait pas de boire un verre avec une péta… actrice, qui en plus, jouait dans des films de cul.
- Tu… Tu crois qu'il avait rendez-vous ou qu'il avait rendez-vous, mais dans l'autre sens ?
- Euh… Tu sais que t'es pas très explicite comme gars. Si tu veux tout savoir, viens boire un verre avec moi ce soir. Si j'ai bien tout compris, ils ont de nouveau rendez-vous dans le même bar et à la même heure. Ca te tente ?
- Tu peux m'éclairer, là ? Comment sais-tu qu'ils vont revenir ? T'écoutes aux portes ?
- De un, il n'avait pas de portes vu que nous étions dans la même pièce. En réalité, quand j'ai vu que c'était Ruki qui se tapait la converse avec cette beauté, j'ai pas pu m'empêcher d'aller me renseigner au barman et… Celui-ci m'a dit que la beauté était une habituée et que Ruki lui avait dit qu'il repasserait demain. Maintenant que tu sais tout, tu me suis ce soir ?
- Putain de merde ! Bien sûr que je te suis ! Je ne vais pas fermer l'œil de la nuit si je ne viens pas. Je comprends mieux pourquoi je n'ai pas eu de ses nouvelles pendant une semaine entière. Rah si je l'attrape celui-là, je fais rôtir ses fesses au barbecue ! Tu crois que Kai accepterait de m'aider ? Moi, je suis quasi certain. M'écriais-je dans le combiné sous le regard intrigué voire inquiet des passants qui devaient sûrement se poser des questions sur mon état mental. Au point où j'en étais, je m'en foutais qu'on me prenne pour un fou.
Une fois la conversation terminée, je n'ose pas reprendre ma route par peur de me rendre compte que cette communication était bel et bien réelle. Je n'arrivais pas à comprendre son comportement. Pourquoi Ruki joue-t-il avec moi ? Dire que je me suis ouvert à lui, que j'ai fais des efforts pour reconnaître que j'avais des sentiments envers lui… Je me dégoûte. J'aurai dû continuer de me taper toutes les filles du quartier et de lui balancer toutes les vacheries les plus improbables à la tronche de ce nain. Merde alors ! J'ai envie de pleurer, mais c'est pas viril alors je retiens comme je peux mes larmes de crocodile. Après mon reniflement, je décide de rentrer chez moi pour décompresser et pour essayer de ne plus penser à ce petit diablotin. Arrivé, je ne prends pas le temps d'adresser un bonjour d'un geste de la main à la vieille de l'appartement et m'empresse de m'enfuir dans ma pièce préférée pour évacuer tout le stress et la haine qui prend repos en moi. Positionné en face de ma télévision, je commence le rituel « anti-dépression » :
- Télévision ? Allumée. DVD ? Allumé. Disque de cloclo ? Inséré. Baffes audio ? Augmentés au maximum. Prêt à oublier que t'as vachement envie de chialer ? Prêt !
Un bruit assourdissant retentit dans mon appartement et les premières paroles de ma chanson favorite résonnent dans l'entièreté de celui-ci. Le son poussé à fond, je me fous de ce que les voisins diront. Tout le monde à son remède après une déception amoureuse, n'est-ce pas ? Et bien, le mien, c'est du cloclo à fond dans les oreilles et une bonne bière à mes cotés parce que je sais qu'eux, ils ne me feront jamais de mal. N'ayant pas peur de passer pour un tordu mental, je commence à chanter à tue-tête les paroles de la chanson « Cette année-là » Ha ah ah… Je chantais pour la première fois… Ha ah ah ! Ma tête bouge de droite à gauche et je tente par tous les moyens inexistants de ne pas faire couler de la mousse de ma canette sur la moquette du salon. Totalement fou, je la laisse tomber et décide de sauter dans le canapé tout en criant des « Ouuuuuuuuuuuuuuh Ouuuuuuuuh ».
A vrai dire, je ne me souviens plus à quelle heure j'ai enfin trouvé le sommeil, mais quand je me suis levé, j'ai cru que j'avais bu toute la journée. Néanmoins, les débris de canettes sur le sol m'indiquaient que je n'avais pas battu mon record. A croire que l'amour fait plus de ravages que l'alcool. Mon visage était salement amoché par la fatigue et les cernes sous mes yeux n'avaient aucune envie de se faire balayer par un coup de fond de teint. Du coup, je sortis de mon immeuble sans maquillage, mais avec tout de même le strict minimum, c'est-à-dire, mon bandeau chéri. Cheveux lissés, lunettes mouches et cigarette au bec, je me dirigeais vers ce fameux bar, mais que fut ma surprise quand je vis l'emblème du bistrot ainsi que les nanas pré pubères qui essayaient d'attirer la clientèle d'un clin d'œil ou d'un coup de bassin pour faire envoler leur robe bleu et blanche. Tentant de ne pas attirer l'attention sur moi, je rentre en vitesse dans le bar après avoir j'entendu le « driiing » sous le regard pétillant des jeunes soubrettes. Une des adolescentes s'approche de moi et me salue poliment avant de me diriger vers un coin tranquille, ce qui m'arrange bien parce que de ma place, je peux observer les clients comme je le désire et cela, sans me faire repérer. Retirant simplement ma veste rouge sombre, mon regard se pose sur la seconde personne à entrer après moi et je découvre mon ami qui arrive précieusement vers moi, mais sans oublier de lancer un clin d'œil à la minette à côté de lui. Celle-ci ne tarde pas à rougir, en plus. Uruha m'adresse un faible sourire en guise de salutation et après être arrivé à ma hauteur, il prit place à mes côtés tout en commandant boissons rafraîchissantes et sans alcool, ce qui m'étonna bien de lui. Uruha me dévisagea quelques instants et fit une moue faussement vexée tout en se justifiant qu'il avait déjà bu un petit Whisky avant d'arriver, d'où sa sévère commande.
- Non, mais niveau discrétion, tu pouvais pas faire mieux ! Rétorqua-t-il pour changer de sujet tout en caressant le cuir de ma veste qui semblait bien lui plaire.
- C'était ironique ou j'suis censé te remercier ? Répondais-je sèchement.
- Ola ! Calme-toi, Rei. Je ne t'ai jamais vu aussi électrique pour une histoire d'amour. Crois-moi, je me serai bien passé de t'appeler pour t'apprendre une telle nouvelle, mais vu qu'on est ami, je ne pouvais pas te laisser dans le mensonge. D'ailleurs, en parlant du loup, le voilà ! Déclara Uruha tout en mettant sur son nez des lunettes de soleil et en soulevant violemment le journal qui était abandonné sur la table pour servir de protection.
Au loin, on pouvait apercevoir une belle poupée au bras de MON chanteur. Il lui tenu la porte pour qu'elle ne se reçoive pas celle-ci dans le dos et lui tira sa chaise pour qu'elle puisse prendre place en face de lui. Déjà, je sentais la rage monter en moi devant les petites attentions qui devaient forcément me revenir de droit. En plus, Ruki avait choisi la table la mieux positionnée dans le bar. Elle était à l'abri des regards et un brin de romantisme trônait dans l'air. Rien de tel pour un rendez-vous amoureux. Ils commandèrent une boisson et rigolèrent ensemble sous mon regard dépité. Certes, ils avaient l'air d'un couple formidablement bien assorti et les regards que lançait la nana ne pouvait que renforcer cette impression, mais au fond de moi-même, j'avais envie de sauter par-dessus la table, d'attraper un verre d'eau, de le balancer à la gueule de mon soi-disant petit ami, d'attraper la robe mauve en soie de « Clara Morgane » et de lui arracher sans aucun scrupule le peu de vêtement qui lui couvrait le corps. Uruha, lui, semblait bien apprécier le spectacle qui se jouait gratuitement devant lui. Il miaula de surprise quand il aperçut la fine main de Clara se posée sur celle de Ruki. Un feu ardent me brûla le corps sur place et je bus d'une traite la boisson que la jeune fille venait de m'apporter sur la table. La soubrette me fit un petit sourire charmeur et tourna sur elle-même, pensant que j'allais adresser le moindre regard à sa petite culotte « Hello Kitty ». Bah merde alors, je viens de le faire. BREF ! Revenons à nos moutons. Clara semblait heureuse, prête à jouir de bonheur tandis que Ruki donnait l'impression de se faire royalement chier à l'écouter parler de sa vie dans le milieu érotique et de son nouveau toyfriend. Non non, je ne mens pas du tout. Bon, allez, j'avoue que j'en rajoute une couche, mais je suis persuadé que Ruki ne s'amuse pas autant qu'avec moi. Soudainement, je sens que mon voisin me donne deux coups de coude pour attirer ma vigilance.
- Tu vois, je te l'avais bien dis qu'il nous cachait quelque chose ! Affirme le matou du groupe tout en continuant de les épier tel un paparazzi. En plus, il ne se gène pas pour l'embrasser. Merde alors ! Rajoute-t-il alors que je viens de perdre le fil de la conversation quand je vis au ralenti, les lèvres de MON Ruki se déposer sur la joue de Clara.
- Mais non… C'est peut-être sa sœur, hein ? Oui, je suis sûr que c'est sa putain de sœur… Ah ah Tentais-je de déclarer pour me rassurer que je ne vivais pas le début d'un éternel cauchemar. Je sens Uruha me dévisager un instant avant de pouffer silencieusement de rire.
- Tu rigoles, j'espère ? Si Ruki avait eu une telle sœur, je crois que je n'aurai pas hésité un instant pour la saut… Pour faire connaissance !
- Justement ! Je comprendrais parfaitement bien que Ruki cache sa petite sœur de tes pensées plus que perverses et puis, il n'y a aucune règle qui interdit un frère d'embrasser sa sœur sur la joue, non ?
- Hé ! Un peu de respect pour tes aînés, tu veux ! Ecoute, arrête de te voiler la face. Je n'ai jamais vu un frère prendre la main de sa sœur dans la sienne, tirer le siège pour qu'elle puisse s'asseoir, sourire tendrement à chaque de ses paroles et surtout, un frère qui roule une pelle phénoménal à sa… sa… OMG ! Reita, mais mate-moi ça ! S'écria-t-il tout en pointant la scène du doigt. La bouche grande ouverte, je ne pus rétorquer une seconde fois. Uruha avait raison, ce n'était pas la sœur de Ruki ou alors, il avait une drôle de façon de montrer leur lien fraternel.
Je crois que j'ai le cœur brisé, que j'ai envie de pleurer et que ma température corporelle vient d'augmenter. On dit avoir le cœur brisé pourtant, je le sens battre à vive allure, prêt à exploser à l'intérieur de moi parce que j'ai mal. Terriblement mal. J'essaye furtivement de reprendre une respiration normale et de me lever de la banquette rose. Uruha sursaute quand il me voit prêt à agir et tente de me rappeler à l'ordre discrètement, mais sans grand effort puisque une fois le verre dans ma main droite, je me dirige droit et sans crainte vers la table où les deux s'embrassent. Arrivé devant eux, la blonde ouvre les yeux et semble embarrassée quelqu'un ait pu admirer son ballet de langue tandis que Ruki prend conscience de ma présence. Son corps se fige sur place et ses yeux s'écarquillent de peur. Et oui mon coco, tu viens de te faire griller. Sa main se détache de celle de la voisine et ses lèvres que j'aime tant s'efforcent d'émettre un bruit, un son, mais je ne lui laisse pas l'opportunité d'aller plus loin qu'un soda blanc et bleu se jette à sa figure. Un cri horrifié jaillit de la bouche de l'autre dinde qui se recule par peur d'avoir sali sa robe et d'un regard noir, elle comprend immédiatement qu'elle a plutôt intérêt de la mettre en veilleuse et de suite. Le regard des clients s'accrochent à la scène et dégustent avec curiosité le moindre geste, la moindre parole.
- T'es vraiment qu'un enfoiré. Je me doutais bien que tu n'étais pas sincère avec moi, que tu profitais bien de ma naïveté. Bah oui, c'est tellement marrant de pigeonner un hétérosexuel pour ensuite le fourrer dans son lit, mais t'as oublié une chose, Matsumoto Takanori, je ne suis pas n'importe lequel de ces hétérosexuels. Moi, je te dis : Va te faire foutre et va bouger ta queue ailleurs !
Clara, la prude, semble choquée par mes propos et on peut entendre des « Oh mon dieu » ou des exclamations s'échapper de toutes les bouches. Le nain parait terrifié et à la fois blessé par ce que je viens de lui cracher en pleine face. Ses yeux naviguent dans toute la pièce à la recherche d'une aide ou de quelque chose qu'il ne trouve pas. Tandis que sa main attrape vivement la serviette posée à côté de son café, je me retourne et crie un « Merci, mon pote ! » suivi d'un geste de la main à Uruha qui tente néanmoins de passer inaperçu parce que toutes les personnes du bar n'ont pas pu résisté à l'envie de savoir à qui je parlais. Le nain lance un regard froid et digne d'un ancien yankee au matou du groupe qui s'enfonce encore plus dans la banquette, mal à l'aise d'être à l'origine d'un tel fiasco. Moi, je me contente de tourner le dos à toute cette mascarade pour quitter le plus rapidement possible mon nouvel enfer.
De temps en temps, je peux discerner mon nom ainsi que mon pseudo qui est crié avec peine, avec douleur, mais je n'ai pas envie de faire face. Suis-je lâche de ne pas affronter les explications de l'être qui disait m'aimer ? N'est-il pas normal de battre en retraite quand on voit qu'il n'y a plus aucune issue ? J'en ai marre de ces histoires d'amour, j'en ai marre de me prendre la tête pour un nain qui ne sait pas ce qu'il veut. J'en ai assez de toutes ces conneries qui n'ont ni queue ni tête. C'est vrai, Ruki a réussi à me pigeonner, mais ça, je suis trop fier pour lui dire la vérité. Ce qui me blesse encore plus, c'est la façon avec laquelle il m'a regardé. Celle qui vous fait comprendre que votre ami n'avait pas tort, que votre petit ami voyait bien quelqu'un en cachette. Ah… Je devrais être heureux que le nain ait pris la décision d'arrêter de me coller aux baskets, non ?
Je shoote dans une cannette vide et me sépare de la foule Tokyoïte pour m'aventurer sur le chemin du retour, la voie où je pourrais écouter du Claude François. Mon cellulaire vibre, sonne et m'appelle, mais tout m'importe peu, à présent. Il y a aussi des messages. J'entends parfaitement bien le bip sonore qui m'annonce que quelqu'un m'a envoyé un SMS. Curieux de nature, j'agrippe mon portable et je suis surpris quand je remarque : sept appels en absence et quatre nouveaux messages. En moins de cinq minutes, il vient de me bombarder d'appels pour au moins, un mois. Le premier est écrit avec une pointe d'affolement, le second me dit que je me trompe, que ce n'est pas ce que je crois. Enervé, j'aimerai bien lui demander ce que je crois, justement parce que pour le moment, je suis totalement perdu ! Le troisième parait moins agressif, plus amoureux. Il essaye de me calmer pour me faire décrocher à ses appels incessants et le dernier, c'est un simple « je t'aime » qui me donne les larmes aux yeux. Merde quoi, j'suis un homme viril donc je ne peux pas pleurer… Lors de ma lecture, je me rends compte que mes pas ne m'ont pas amenés à l'endroit où je souhaitais cuver ma peine. En réalité, je suis devant la maison d'Aoi. A l'heure où nous sommes, je suis persuadé que Kai traîne encore chez lui. Un week-end en amoureux, c'est normal, non ? Mon index appuie sur la sonnette et je n'ai pas le temps d'attendre plus de cinq secondes que la porte s'ouvre sur le visage rayonnant de mon meilleur ami qui tourne son regard vers moi tandis que son sourire s'évapore aussi vite que son entrée. Comme d'habitude, Kai arrive doucement et parle mielleusement à son amant avant de se stopper net quand il m'aperçoit dans le cadre de la porte. Une pointe de stupeur s'empare de lui et il me demande doucement pour ne pas me choquer :
- Bah quoi ? Claude François est mort ?
