Hello!

Je suis là avec un nouveau chapitre, j'avais promis de le poser en deux semaine maximum, et bien j'y étais presque: deux semaines et un jour lol.

Alors que puis-je dire ou faire pour vous remercier pour vos merveilleuses review. En écrivant cette fiction, je ne m'étais pas imaginé à quel point vous l'apprécierez et en voyant tous vos commentaires, je m'étonne encore en me disant "Wahou Lina les lectrices sont toutes superbes!" Alors un énorme merci à vous toutes. Ce chapitre là racontera enfin la rencontre entre Jake et Bella (enfin la vrai Bella), j'espère qu'il vous plaira autant que j'ai aimé l'écrire.

Mais avant tout, j'aimerai répondre à certaines review anonymes. Commençons par:

liliix: La suite est pour maintenant. Et je le répète, je ne suis pas du tout sadique mais j'aime seulement vous tenir en haleine pour vous donner envie de lire la suite^^. Bises.

KIK: Merci pour ta review, elle me fait vraiment chaud au cœur. Voir des personnes comme toi qui apprécie réellement la fiction me comble de bonheur. A très vite j'espère. Bises

milla : Merci à toi pour ton commentaire. Je me suis bien reposer avant d'écrire ce chapitre ne t'en fais pas lol. En ce qui concerne la vengeance avec les Cullen, ça pourrait être pas mal, je vais y réfléchir^^. Bisous

Sandry: Merci pour ta review. Tout le monde plains Bella lol. Mais j'aurai bien aimé être à sa place, être l'épouse d'Edward Cullen, le rêve de chaque filles normalement constituées lol. Bon ok, il ne l'apprécie pas trop, mais que veux tu, moi même je prends tout, un bon ou un mauvais Edward, ça m'est égal. J'assume complètement ma superficialité lol. Sinon, tu verras la réaction de Jake dans ce chapitre. A très bientôt, Bises

miss Pattinson: Eh bien miss Pattinson, ne te mets surtout pas à genoux pour avoir des réponses à tes questions, ca ne servira à rien lol. Pour pouvoir connaître toutes les réponses, je n'ai qu'une chose à dire: Lecture! Il suffit de lire et tu le sauras lol. Merci beaucoup pour ta review qui m'a fait bien rire. Bisous

Noemie: Non c'est toi la meilleure, tu es la reine dans les "laissage" de reviews et commentaires géniaux (oui, oui, je viens d'inventer un mot, et je m'en fiche...). Je ne sais pas combien de fois je devrais te remercier pour tout ce que tu me dis. C'est à moi de te faire des éloges, crois moi. Alors, merci, merci et merci pour tout! J't'adore toujours autant ma petite Noemie, que ce soit sur skyblog ou sur fanfiction^^ Bisous

Kat: Des questions qui auront des réponses aujourd'hui...enfin quand tu liras ce chapitre^^. Merci pour tout! Bisous

Marissa: Je ne veux plus être agressée de la sorte compris! Non je plaisante, la suite est là, et j'ai presque respecté mon délai^^ Bisous

Vanessa: salut! Merci pour ta review, tu as été parfaite ne t'en fais pas. Je te comprends, moi non plus au début je ne savais pas trop quoi dire lorsque je laissais une review à un auteur mais crois moi ce que tu m'as dit me fait énormément plaisir. La suite est pour tout de suite! Gros bisous!

Alors voilà pour les réponses aux review, je ne pense avoir oublié personne.

Sur ce, bonne lecture...


Une seule personne pouvait m'aider face à ce problème, une seule personne pouvait m'épauler, la seule personne en qui j'avais confiance. Alors je composai son numéro et portai le récepteur à monoreille, le cœur lourd, les mains tremblantes:

« Jake ? »

Ce fut seulement lorsque le son de sa voix parvint à mes oreilles que je compris l'ampleur du manque que je ressentais envers mon meilleur ami. Un simple « allô » qui me fit me sentir complète, qui me rappela la Bella que j'étais, la fille qui ne jurait que par son meilleur ami, son frère, la seule personne qui lui restait dans sa misérable vie.

Je n'avais même pas encore commencé à parler que ma voix s'était déjà enrouée, laissant ma gorge presque endolorie sous la sensation de cette boule qui obstruait mon œsophage. Seigneur, ce que ce type me manquait. Je n'avais pas réalisé à quel point j'étais devenue dépendante de mon idiot d'ami. Malgré les multiples conneries et surtout les multiples oublis de sa part, je ne pouvais lui en vouloir. Je ne pouvais passer une seule seconde sans lui. Et c'est pourtant ce que j'avais fait. Plus qu'une seconde… un mois. Un mois entier sans l'entendre, un mois entier sans lui parler, un mois entier sans le voir… un mois de pure galère.

« Y a quelqu'un ? » me redemanda sa voix.

Je me mis à sourire, m'imaginant enfin avec lui et sans me contrôler, je lui répondis : « Salut Jake, c'est Bella. »

Silence à l'autre bout de la ligne, puis un bruit sourd se fit entendre et un beau juron sortit de la bouche de mon meilleur ami.

« Jake ? »

« Bella, vous dites ? » Me demanda-t-il, le doute transperçant tous les recoins de sa voix.

Et s'il ne me reconnaissait plus ? Et si en étant devenue cette Tanya, j'avais perdu ma réelle identité, je m'étais effacée moi-même ? Très vite, l'angoisse prit le dessus sur mes sentiments. Il ne me restait plus que Jake dans ma vie, il ne pouvait pas m'oublier. Il ne devait pas m'oublier, il n'en avait pas le droit !

« Bella Swan ? » répéta-t-il, incertain.

L'énorme frayeur que j'eus à ce moment se dissipa automatiquement en l'entendant prononcer mon nom. Non il ne m'avait pas oubliée, comment l'aurait-il pu ?

« Oui ! » M'exclamai-je en souriant de plus belle.

« Ok… hum… c'est quoi ? Une blague ? C'est Paul, c'est ça ?... »

« Pard… »

Je fus interrompue par son rire.

« Bordel, ce qu'il est con. Il n'a rien trouvé de plus drôle que de m'envoyer une tarée se faisant passer pour une autre personne ? »

« Jake ? Qu'est ce que tu racontes ? »

« Non, qu'est ce que vous racontez ? Vous savez quoi ? Dites à Paul que je n'ai pas le temps pour ses conneries à la noix… »

« Paul, qu'est-ce que Paul vient faire dans cette histoire ? »

Paul était un des cousins de Jake, mais aussi son associé au garage où il travaillait. Pourquoi me parlait-il de lui ? J'avais presque oublié le côté bizarre de mon ami ; que cette attitude qu'il avait était tout à fait normale. Il avait l'habitude de ne rien comprendre du premier coup et surtout d'imaginer des choses insensées.

« Jacob… »

« Hey Bells ! T'entends ça ? J'ai ton double au téléphone ! » S'exclama-t-il.

À cette phrase, mon sang ne fit qu'un tour. Il parlait à quelqu'un d'autre et il lui avait donné mon surnom en me traitant moi-même de ''double''.

Dans quel monde étais-je en train de vivre ? Pourquoi tout était-il si étrange ? J'étais à la fois Tanya et Bella, alors pourquoi diable parlait-t-il à une autre Bells ! Et si…

Non impossible, j'étais là, j'étais moi ; je ne pouvais avoir deux corps ou deux esprits. Arf ! Tout ce foutoir me donnait mal au crâne, je sentais mon cerveau bouillir sous le manque ou le trop plein d'informations. J'arrivais à saturation… oui c'était ça, je saturais. Pendant un mois entier, j'avais découvert de nouvelles facettes de cette vie et de ce vœu qui me compliquait l'existence plus qu'autre chose. Les fameux vœux que l'on montrait au cinéma étaient-ils vrais ? Y avait-t-il toujours une face cachée à chaque vœu ? Un vœu ne pouvait-il pas être parfait ?

Oh si, il pouvait l'être… il pouvait l'être mais pas dans ma vie. Pas chez la personne la plus poisseuse au monde.

Donc si nous récapitulions, il y avait quelqu'un dans mon corps. Quelqu'un avait réciproquement volé mon corps. Et ce quelqu'un était forcément la seule personne qui ne possédait plus d'enveloppe corporelle. Autrement dit, Tanya Cullen.

Mais dans ce cas là, Jake aurait du remarquer que ce n'était pas moi. Pour le peu que je connaissais à propos de Tanya, je savais qu'elle était tout mon contraire. Vivre dans le luxe était son univers, alors si elle vivait dans MA vie, elle ne devait pas se sentir à l'aise, tout comme moi je n'étais pas à l'aise face à tout ce luxe. Mon meilleur ami aurait dû s'en rendre compte. Il me connaissait assez pour ça.

« Vous êtes toujours là ? » Me demanda la voix de Jacob en me sortant de ma torpeur.

« Hum… oui… »

Il fallait que je lui dise la vérité. Lui seul pouvait m'aider, et au point où j'en étais, c'était la seule solution. Jake était assez ouvert d'esprit pour me comprendre.

« En réalité je suis Tanya… Tanya Cullen. »

Ok, lui dire la pseudo-vérité. Il était certes ouvert d'esprit, mais c'était Jacob tout de même. Il ne croyait que ce qu'il voyait.

« Ouais…et moi je suis Barbara Streisand »

« Barbara Streisand avec un pénis dans ce cas. »

« Ça reste à voir, personne n'a vu son corps…je veux dire c'est un peu… »

Je me mis à sourire en voyant à quel point il pouvait être influençable, quand il se reprit en jurant de plus belle.

« Putain mais qu'est ce qui me prend ! Et en plus de ça tu rentres dans son délire ! Bravo Jake ! » S'auto félicita-t-il d'une voix pleine d'ironie.

Mon sourire se transforma en rire.

« Sérieusement Jacob, je ne te mens pas ! Je sais que tout ça paraît fou, mais crois-moi, j'ai besoin de te voir. Un rendez-vous ! Demain à quatorze heures chez Barnes' Joe » Proposai-je dans un souffle.

« Barnes' Joe… J'en sais trop rien… »

« J'aimerais juste te parler ! »

« Pourquoi moi ? Et d'où sortez-vous mon numéro ? »

Par je ne sais quel miracle, une explication me vint à l'esprit.

« Jasper ! Je connais Jasper, il est en quelque sorte avec ma belle-sœur et j'ai besoin d'aide, alors il m'a parlé de toi. Il m'a dit que tu étais un bon psychologue, » mentis-je en tentant de cacher l'espoir que ma voix avait porté.

« Un psychologue ? Moi ? Ce mec est taré ! » Ria-t-il. « Il m'envoie Tanya Cullen pour me parler ! Je suis en train de rêver là »

« Si seulement, » murmurai-je pour moi-même.

« Très bien, demain quatorze heures chez Barnes'Joe. Si ce que vous dites est vrai, j'imagine que je laisserai la vie sauve à Jasper. »

J'eus un soupir de soulagement et fermai les yeux pour essayer de me contrôler et empêcher ma bouche de lâcher un "YES'' de bonheur.

« Merci Jacob…à demain ? »

« Euh…ouais à demain, » conclut-il avant de couper court à la conversation téléphonique.

J'allais voir Jake demain. J'irais régler tout ce foutu problème demain et tout rentrerait dans l'ordre. Enfin presque tout ; je resterais sans doute dans ce corps. Cependant, j'aurais un allié avec moi. Un allié face à Aro, face à Edward et face à cette vie.

Jacob avait toujours été une personne pleine de sens qui trouvait toujours des solutions à chaque problème. Aussi fou fût-il, il avait toujours été là pour m'aider, pour me sortir de mes pétrins. Et croyez-le ou non, j'en avais eu des problèmes dans ma vie.

À la mort de Charlie, je voulais tout laisser tomber. La vie, les études, les amis et même Jacob. Mais lui avait été présent continuellement, ignorant la haine que je ressentais envers lui…envers tout le monde en réalité. Il m'avait épaulée et m'avait en quelque sorte "ramassée à la petite cuillère''.

Lorsqu'un être cher disparaît de votre vie, la vôtre s'éteint en même temps. Vous disparaissez avec lui, du moins votre esprit disparaît. Et Jake avait été là pour me rallumer, pour rallumer cette flamme qui s'était d'elle-même enterrée avec Charlie lorsque nous l'avions mis six pieds sous terre. Il s'était occupé de moi comme personne ne l'avait fait auparavant, payant les factures, la nourriture…tout ce qui était matériel, mais aussi émotionnel.

Je lui en avais fait baver et il avait continué d'être là. Voilà pourquoi je ne pouvais lui en vouloir longtemps lorsqu'il allait retrouver ses "copines'' en me laissant seule. Voilà pourquoi il était mon meilleur ami.

Demain je le retrouverais enfin, et il m'aiderait à supporter cette vie.

Il était certes question d'une affaire de meurtre (je pense), et aller voir la police aurait pu être une idée ingénieuse, mais il y avait quelque chose qui clochait. Je veux dire, si la police avait été une solution, il y a bien longtemps que Tanya aurai composé le 911 pour leur expliquer la situation. Un simple "Allô, je vous appelle parce que je reçois de drôles de menaces d'un certain Aro Volturi, qui soit dit en passant est un ami proche de la famille de mon mari.'' On pouvait facilement comprendre pourquoi Tanya n'était pas allée voir la police. Surtout si Aro lui mettait une pression absolue en s'attaquant aux Cullen.

« Tanya ? »

Une voix me sortit de ma torpeur…sa voix. Edward venait de sortir de la chambre d'Alice, Jasper sur ses talons.

« Hey, » souris-je en rangeant mon téléphone.

« On… hum… avec Jasper on va déjeuner, » me dit-il en pointant Jasper du pouce.

J'aurais aimé l'entendre formuler sa phrase autrement. Du genre : « Tanya, avec Jasper on va déjeuner, tu nous suis ? »

Mais apparemment, sa vraie nature ressortait encore aujourd'hui. Edward Cullen froid et distant.

Je me mordis la lèvre, cherchant dans ma petite tête un moyen pour m'incruster à leur déjeuner. Je n'avais vraiment pas envie de me retrouver seule de toute façon. Et je n'avais certainement pas dit mon dernier mot.

« J'imagine que tu retournes chez Aro ? » Me demanda-t-il en fronçant les sourcils.

« Euh… Non pas vraiment. Il m'a donné ma journée, » mentis-je en culpabilisant face au "ne joue pas avec le feu Tanya'' de James.

Edward continua de me fixer, les yeux plissés, cherchant la moindre trace de mensonge dans ma voix.

« Il t'a donné ta journée ? » Répéta-t-il en croisant les bras sous son torse.

Il voulait absolument trouver le mensonge.

« Euh… ouais, enfin j'en sais rien, je meurs juste de faim. Je pourrais vous accompagner ? »

Ok, j'avais l'air d'une psychopathe avec mon changement de sujet soudain ou plutôt la déviation de sujet que je venais de faire. Mais honnêtement, voir le regard suspicieux d'Edward peser sur moi me mettait vraiment mal à l'aise.

« Tu as fait des lasagnes, non ? » Me demanda-t-il en affichant un sourire en coin.

Fallait le dire, ses sautes d'humeur me donnait le tournis. Je ne savais jamais quand et pourquoi il changeait si vite de comportement envers moi.

« Angela m'a aidée, » dis-je pour toute réponse.

Il acquiesça et continua de me fixer de ses prunelles vertes. Son regard me transperça le corps ; il s'y mêlaient interrogation, doute et incertitude, et je ne sais pourquoi mais je me perdis dedans. Le temps avait presque disparu à mes yeux, nous étions seuls dans cet hôpital, rien que lui et moi.

Ce qui me frappa le plus, c'était le fait qu'il puisse passer de l'Edward qui ne supportait plus ma personne, à l'Edward qui pouvait rester des heures à me fixer pour une raison qui m'était encore inconnue.

« Hum… désolé de briser toute cette… cette chose entre vous…, » nous coupa Jasper en balayant l'espace qui se trouvait entre nous de la main, « … mais je pense qu'il est temps de partir, hein ? »

« Euh… oui, tu as raison. Allons-y, » répondit-il en brisant notre connexion visuelle d'un coup de tête.

Les poings serrés, il se détourna et se mit à marcher vers l'ascenseur, me laissant perplexe devant Jasper qui me jeta un regard interrogatif.

J'haussai les épaules et suivis les pas de mon "époux'' qui ne prononça plus un seul mot jusqu'à ce que l'on prenne place dans un restaurant fast-food. Je ne me serais jamais imaginé voir Tanya et Edward Cullen assis dans ce genre d'endroit, mais aujourd'hui plus rien ne m'étonnait.

« Vous n'avez pas peur de vous faire reconnaître ici ? » Demanda Jasper en jouant avec la bouteille de ketchup.

Ben voilà, je n'étais pas la seule à me poser la question.

Je levai les yeux vers Edward et attendis sa réponse. Mais au lieu de ça, ce dernier continua à me fixer de son regard intense.

« Si justement…, » répondit-il sans pour autant me quitter des yeux.

« Dans ce cas là pourquoi as-tu choisi ce genre d'endroit ? »

« Honnêtement ? Je pensais que ça allait refroidir Tanya, mais apparemment manger dans ce genre de… comment tu appelles ça d'habitude ?... ah oui, un "bordel'', et bien il semblerait que cela ne te dérange plus, » lança-t-il en affichant son sourire en coin.

J'ouvris la bouche pour répondre, mais rien ne sortit. Alors au lieu de parler et de répondre bêtement, je me mis à rire. Rire qui étonna considérablement mes deux compagnons.

« Excusez-moi c'est juste… juste le fait d'appeler… d'appeler ce paradis "bordel'' qui me fait rire, » m'expliquais-je en riant. « Burger King est tout sauf un bordel. Au contraire, il n'y a pas plus paradisiaque que cet endroit ! »

« J'ai déjà entendu ça quelque part, » marmonna Jasper en souriant.

« Excusez-moi ? Vous avez choisi ? » Nous interrompit une serveuse.

Je levai les yeux vers elle, et quand je vis son regard posé sur le visage de MON époux, ça n'alla plus du tout, mais là plus du tout. Elle le dévorait des yeux, à croire qu'il n'était qu'un bout de viande et qu'elle était une hyène en chaleur prête à le bouffer tout cru. Je serrai les poings sur le menu et essayai de me construire un visage impassible. De toute façon je n'avais pas à lui en vouloir. Tout être humain, homme ou femme, normalement constitué serait en quelque sorte obsédé par Edward Cullen et sa beauté d'apollon.

« Je prendrai un menu frites, sandwich, coca, s'il vous plaît, » lança Jasper qui n'avait pas remarqué le comportement non professionnel de la serveuse.

« Et vous ? »

Non mais je rêve ! Pourquoi devait-elle se pencher à l'avant et pointer ses énormes obus sous le nez d'Edward pour lui demander ce qu'il désirait manger ?

« J'aimerais…, » commençai-je en élevant la voix et en ancrant mon regard qui se voulait menaçant dans celui de Barbie « ... un triple whopper avec fromage, un sandwich chicken, sans tomates, une tendercrisp garden salad, sans carottes et sans tomates, des frites, et comme boisson un Coca Cola… et la grande boisson s'il vous plaît, » terminai-je.

Quand je disais que je mourais de faim, ce n'était pas un euphémisme. Et le Burger King m'avait tellement manqué que tout ce que j'avais commandé m'appelait pour me dire "choisis-moi''. C'était plus fort que moi.

« Hum… bien, c'est noté. Et vous ? » Répéta-t-elle en se refocalisant sur Edward qui me regardait la bouche mi ouverte avec un petit rictus craquant.

« La même chose que lui, » répondit-il en montrant Jasper de la main sans pour autant lâcher mon regard.

« C'est noté, je vous apporte ça tout de suite. »

« Soit tu meurs réellement de faim, soit tu te transformes en une Bella Swan sans le savoir. »

En entendant mon prénom, mon réflexe fut de lâcher Edward du regard pour croiser celui de Jasper, qui souriait les sourcils haussés, et de faire tomber les bouteilles de ketchup, de mayonnaise, bref de tout ce qui se trouvait sur la table, dans un élan de surprise.

« Et la maladresse aussi te rapproche d'elle, » dit-il en repositionnant les bouteilles sur la table.

« Euh… Bella Swan ? » Demandai-je en sentant mon cœur battre à tout rompre dans ma poitrine.

« Une vieille amie qui vivait à Forks. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle choisissait sans cesse les mêmes choses dans ce genre de fast-food. Et elle choisissait exactement ce que toi tu viens de choisir. Bizarre hein ? »

Lui non plus ne m'avait pas oubliée. Et c'était certainement la seconde chose la plus improbable de la journée. Après avoir entendue la voix de Jake, me voici évoquée par Jasper.

« Non je ne trouve pas ça bizarre moi. Je trouve seulement que cette Bella a bon goût, » souris-je en baissant les yeux.

Jasper se mit à rire et leva les yeux au plafond.

« C'est aussi ce qu'elle disait, lorsqu'on la charriait sur son alimentation… »

« D'ogresse…,» terminais-je en me rappelant des moqueries de Jazz et Jacob lorsque je sortais manger avec eux.

J'avais toujours eu un gros appétit, et d'ailleurs je pouvais bien en profiter puisque je ne prenais pas un kilo en mangeant ce que je mangeais d'habitude.

« C'est exactement ce que j'allais dire, » me dit-il en fronçant les sourcils.

Je baissai les yeux sur mes mains et coupai court à la conversation. Ce n'était pas le bon moment pour qu'il découvre la vérité. Pas en présence d'Edward. Je pensais en avoir assez fait aujourd'hui, et Bella Swan s'était suffisamment montrée pour le moment.

Lorsque nos plats arrivèrent, nous mangeâmes dans un silence absolu. Moi parce que je ne voulais plus sortir de nullités devant Jasper mais aussi parce que j'étais en pleine interaction avec mon délicieux repas, Edward parce qu'il ne parlait simplement pas… c'était dans sa nature, je l'avais remarqué, et Jasper parce qu'il n'avait sans doute pas assez d'affinité avec Edward ou encore avec Tanya pour leur raconter sa trépidante vie. De toute façon Jasper n'était pas le genre de personne à étaler sa vie privée dans les journaux. Il était plutôt discret. C'était le contraire avec lui ; Jasper était plus à l'écoute qu'autre chose. Il avait cette agilité, presque un don, qui faisait qu'il savait comment reconnaître la souffrance chez une personne et comment l'en débarrasser.

Je me répète encore, mais lui et Jake étaient totalement différents mais en même temps totalement géniaux. Ils avaient leur personnalité respective. Aussi merveilleuse l'une que l'autre.

Au bout d'un moment, je me sentis observer, et les yeux voyeurs n'appartenaient qu'à Edward. Depuis que j'avais commencé à manger… non, depuis que j'ai mis les pieds dans cet endroit, ses yeux ne s'étaient pas détachés de mon visage. Et cela commençait réellement à me gêner.

Je n'osais pas le regarder à mon tour. Et de toute façon pourquoi le regarder ? Pour me perdre encore dans ses pupilles et me figer devant la perfection de son visage…

Et merde ! Voilà ce que c'était de ne pas se concentrer sur ce que l'on avait en bouche ou en main et de réfléchir à des idioties pareilles. Du ketchup s'échappa de mon sandwich, tombant directement sur mon chemisier… blanc. Plus poisseuse, tu meurs.

« Merde, merde et merde, » jurai-je en tentant d'essuyer la tomate qui commençait à s'étaler sur toute ma poitrine.

« Je crois qu'il vaudrait mieux arrêter ça, tu empires les choses en essayant de l'essuyer, » me fit remarquer Edward en cachant tant bien que mal son sourire narquois.

« Tu crois ? » Répliquai-je en regardant mes doigts pleins de ketchup. « De toute façon ce genre de chose n'arrive qu'à moi, c'est à croire que la poisse me suit où que j'aille ».

Ma phrase eut pour effet de déclencher les rires d'Edward et de Jasper. Les ignorants, je me levai de ma chaise et me précipitai vers les toilettes, sous le regard surpris de tous les clients du fast-food. Ils devaient sans doute se demander ce qu'une personne comme moi pouvait faire dans ce genre d'endroit et avec une énorme tache sur son chemisier blanc !

Une fois à l'intérieur des WC, je me retrouvai seule, à mon plus grand soulagement, ce qui me permit de retirer le chemisier et de le passer un peu sous l'eau. Le système D vous connaissez ? Prendre une pointe de savon et frotter l'endroit tâché en essayant de ne pas mouiller le reste du vêtement. Au bout d'une bonne minute d'acharnement, j'ouvris le robinet et rinçai le savon mousseux du chemisier.

Et pour sécher le tout, ou essayer de le sécher, je le passai sous le sèche-mains quelques minutes. Le résultat escompté n'était pas parfait, mais c'était mieux que rien. Je renfilai le vêtement à la hâte et tentai de remettre mes cheveux en place.

Lorsque je vis mon reflet dans le miroir, je ne pus m'empêcher de ressentir de la honte. De la honte, parce que je gâchais ce magnifique corps rien qu'en le possédant. Il y a un mois, la personne qui se tenait devant moi était la vraie Tanya Cullen. Cheveux parfaitement coiffés, robe parfaitement repassée, peau parfaite, bref une femme parfaite. Aujourd'hui, je ressemblais à… à Bella. Totalement insoucieuse de son apparence et qui ne savait pas du tout se comporter de manière féminine. Pas étonnant de voir Edward rire en voyant que je ne savais même pas manger convenablement ou encore marcher avec des chaussures normalement. J'avais définitivement gâché le pouvoir d'attraction et la beauté de Tanya Cullen.

La porte s'ouvrit, me sortant de ma contemplation, et je vis deux jeunes filles pénétrer à l'intérieur de la pièce. Lorsqu'elles se rendirent compte de ma présence, leur réaction fut identique. Elles écarquillèrent les yeux et se figèrent en me fixant comme si j'étais la dernière personne qu'elles s'attendaient à voir. Cela m'arracha un mince sourire.

« Vous… vous êtes Tanya Cullen ? » Demanda l'une d'entre d'elles.

Je baissai les yeux sur mes mains. Non je ne suis pas Tanya Cullen.

« Euh… apparemment oui, c'est moi. »

« Oh mon Dieu ! Tanya Cullen genre Tanya Cullen qui est mariée à Edward Cullen, le plus bel homme que la Terre ait jamais connu ? » S'excita-t-elle en prenant la main de son amie avec force.

« Elle-même, » souris-je.

« Oh mon Dieu, oh mon Dieu, oh mon Dieu ! C'est…aaaargh ! »

Je me mis à rire face à leur réaction et m'approchai d'elles.

« On peut avoir une photo ? »

« Dans des toilettes ? » Demandai-je en tournant mon doigt au dessus de ma tête.

« Peu importe… Mon Dieu vous êtes Tanya Cullen ! Dites moi…votre époux est ici ? »

« Hum… ».

Je ne savais pas si leur dire que j'étais accompagnée d'Edward était une bonne idée. Bof, ce n'était que des gamines. Elles ne lui sauteraient pas dessus.

« Oh… désolée, question indiscrète, » s'excusa-t-elle en sortant son téléphone de son sac. « C'est juste que tous les deux vous êtes géniaux. Et vous n'imaginez pas la chance que vous avez d'être avec un homme comme Edward Cullen. Il a l'air si… amoureux, si attentionné. Ca fait rêver. »

Si seulement, pensai-je.

« Oui, il est super, » mentis-je en tentant de sourire.

Je me fis prendre en photo avec chacune d'elles, tout en essayant de ne pas trop grimacer dessus. Et après m'avoir remerciée et m'avoir étreinte, je les quittai pour rejoindre Edward et Jasper. Mais en arrivant, il n'y avait plus qu'Edward.

« Hey ! Jazz n'est pas là ? » Lui demandai-je en prenant place en face de lui.

« Euh… non, il a eu un appel du travail, une urgence apparemment. »

« D'accord. Je finis de manger et on peut y aller, à moins que tu ne veuilles t'en aller maint… »

« Non, tu peux finir de déjeuner. Je n'ai pas grand-chose à faire et j'avoue que te voir ici, avec un chemisier tâché, est assez réjouissant, » me nargua-t-il en souriant.

« Haha… Ce n'est pas de ma faute si les hamburgers ne tiennent pas bien le ketchup ! »

« Bien sûr, » rit-il.

« Avoue surtout que ça ne te déplait pas de te faire voir assis dans ce fast-food avec ta femme. »

« Je n'ai jamais dit que ça me déplaisait, au contraire, le déjeuner s'avère plus… intéressant que prévu. »

« Est-ce que tu le dis parce que tu aimes me voir me ridiculiser devant un tas de monde, ou simplement parce que tu commences à apprécier ma présence ? »

Il haussa les sourcils en me fixant et je sus que je n'aurais pas dû poser cette question.

« Désolée… la réponse est tellement évidente, » marmonnai-je en baissant les yeux sur mes frites.

« Je n'aime pas te voir te ridiculiser devant tout un tas de personnes, » me dit-il alors en fuyant mon regard.

« Bizarre, qui êtes-vous et qu'avez-vous fait d'Edward Cullen ? » Plaisantai-je en prenant un gorgée de ma boisson.

« Je te retourne la question, » rétorqua-t-il en me prenant de court.

J'ouvris la bouche pour dire quelque chose, mais rien ne sortit. J'étais comme gênée ou même étonnée par sa question.

« Alice pense que tu veux changer. Elle t'a donné une nouvelle chance. C'est Alice, elle est comme ça. Mais si tu lui fais la moindre chose, Tanya, si tu te conduis le moindrement comme… »

« Arrête ! » Le coupai-je. « Tu te répètes et j'en peux plus. Alice veut me donner une seconde chance, et bien crois-le ou non cette chance sera la dernière car elle me suffit. Je vous ai fait du mal, je peux le concevoir. Je me déteste moi-même quand je pense à la pourriture que j'ai été. Tu ne veux plus avoir affaire à moi. Bien, je ne vais pas te courir après en sachant que plus jamais tu ne me referas confiance. Si je le fais, je me détruirai peut être… sûrement même. Alors je te le redemande encore, et cette fois-ci ce sera vraiment la dernière, est-ce que tu veux recommencer à vivre normalement avec moi ou pas ? C'est tout ce que je te demande, Edward. »

J'en pouvais plus c'était vrai. J'allais baisser les bras, mais ça n'était pas ma faute, loin de là. Depuis un mois je faisais tout ce que je pouvais pour me rapprocher de lui, lui montrer que je ne voulais plus le blesser. D'ailleurs, je ne l'avais pas blessé depuis que je possédais ce corps, mais lui était tellement têtu, tellement renfermé sur lui-même que ça en devenait impossible, insupportable. Je n'étais pas assez forte pour faire renaître un amour qui n'existait plus depuis bien longtemps. Lorsque j'avais l'impression de le voir s'ouvrir enfin, deux secondes plus tard il faisait son possible pour me montrer que ça n'était pas le cas et que lui et moi ne serions plus jamais ensemble. Ni mari et femme, ni amis. De simples gens qui se détestent.

Je continuai de l'observer attentivement, attendant qu'il baisse les yeux ou qu'il s'éloigne de moi en premier. C'était devenu une sorte de combat, pour lui montrer que cette fois-ci je ne me laisserais pas faire. Puis, au bout d'un moment, il soupira et passa une main dans ses cheveux.

« Demain… demain nous déjeunons chez ma mère. J'aimerais… viens, » me dit-il.

Rien qu'à son attitude, je voyais combien lui coûtait une telle proposition, et je devais admettre que ça m'allait droit au cœur. Il ne m'avait jamais demandé de l'accompagner à un déjeuner en famille ; d'ailleurs il ne m'avait jamais demandé de l'accompagner nulle part. Ce geste était tellement… surprenant que je me mis à sourire comme une malade.

« Demain, » répétai-je bêtement.

Demain ? Non, pas demain ? Non, non, non ! J'avais failli oublier Jake ! Je me mordis la lèvre en me fustigeant mentalement, me maudissant d'être la pire poisseuse qui pouvait exister.

« Est-ce que ça va ? » Me demanda-t-il.

« Je ne serai pas à Seattle demain. Je… je dois me rendre à Forks, » avouai-je en essayant de ne pas pleurer de rage ou de déception.

« Oh… bien sûr, » sourit-il faussement en se redressant sur sa chaise.

« Je suis vraiment désolée, je m'en veux tellement, tu dois me croire… »

« Que comptes-tu faire à Forks ? »

« Voir un… un ami, » lui dis-je.

« Un ami, » répéta-t-il en acquiesçant.

Il ne me croyait pas, je le sentais à des kilomètres.

« Edward… »

« Je ne savais pas que tu avais des amis là-bas. »

« Je sais… mais c'est vraiment important, je dois vraiment y aller. Tu ne sais pas à quel point je suis désolée de ne pas être présente demain. »

Ma voix était presque suppliante. Il devait me croire. Il avait enfin décidé de me laisser ma chance et moi, sans le vouloir j'allais tout gâcher.

« Peu importe. De toute façon, ça n'était pas une bonne idée au départ de te demander de venir. Rosalie sera là et Dieu seul sait ce qu'elle serait capable de faire si elle te voyait. »

Je baissai les yeux sur mes mains, la déception m'arrachant littéralement un morceau de mon cœur. Il m'avait donné ma chance, bordel !

« Le déjeuner est payé. J'ai appelé Garett ; il t'a envoyé une voiture, » me dit-il en se levant.

« Attends ! »

Je le retins en lui prenant la main et il se retourna subitement pour me faire face.

« Je… Excuse moi, Edward, vraiment. »

Il me regarda un instant et finit par me sourire.

« T'en fais pas... »

Je desserrai ma poigne de sa main et le laissai s'en aller. J'avais tout fait foirer ! J'avais une ouverture. La meilleure que je pouvais avoir et j'avais tout fait foirer. Le destin se jouait vraiment de moi, c'était affreux ! Mais je ne pouvais pas laisser Jake. Le rendez-vous de demain était, je crois, plus important. Jake allait m'aider à tout régler. Et si je faisais ça, c'était pour les Cullen.

[…]

Jacob Black avait été élevé sans qu'on ne lui apprenne ce qu'était la ponctualité. Il n'avait jamais réussi à arriver à l'heure, que ce soit pour son premier jour d'école, son premier entretien d'embauche, sa première sortie avec une fille, et toutes les autres occasions. C'était Jacob.

Ça faisait plus de cinq minutes que j'attendais dans un coin discret du Barnes'Joe, un de mes endroits préférés à Forks. C'était un petit bar british où se produisaient quelques amateurs de musique. J'avais l'habitude d'y venir avec Charlie et Jake autrefois.

Lorsque la porte s'ouvrit pour la énième fois, mon cœur fit un autre bond dans ma poitrine, mais il se calma très vite lorsque je vis que ce n'était toujours pas lui. Je commençais vraiment à désespérer… et s'il ne venait pas ? Il en était capable, au téléphone il n'avait déjà pas été trop confiant.

Mais ma peur s'évapora lorsque je le vis franchir le seuil de la porte. Il était là, mon Jacob était là et il n'avait pas changé du tout.

Comme si on pouvait changer en un mois...

Mais n'empêche, il était là. Il était venu pour moi. Il s'arrêta devant la porte et balaya la salle du regard, les yeux plissés. Lorsqu'il me vit enfin, je levai la main, pour bien lui montrer que j'étais là et de venir.

Et plus il avançait, plus mon cœur se compressait dans ma poitrine. Si je n'avais pas un tant soit peu de contrôle, je me serrais levée, à la limite j'aurais sauté sur les tables, même les têtes des clients, et lui aurais sauté dans les bras. Mais en me levant ce matin, et en venant ici, j'avais fait une liste de choses à ne pas faire pour ne pas le brusquer, et celle-ci en faisait partie.

« Pincez-moi je rêve, » me dit-il en arrivant à ma hauteur.

Je me mis à sourire et réalisai que j'avais effectivement perdu le contrôle puisque mon cerveau ne fonctionna pas correctement et ne dicta pas à mes jambes de rester à leur place. Au lieu de ça, je me jetai dans ses bras. Et je n'en avais rien à faire des conséquences puisque j'étais dans ses bras. Je le sentais enfin tout contre moi.

« Ouais, je suis bien dans un rêve, » murmura-t-il en me serrant plus fermement contre lui.

« Jacob, tu ne rêves pas, idiot ! »

« Oh… donc Tanya Cullen est réellement dans mes bras en ce moment ? »

Je me mis à rire et m'éloignai de lui pour reprendre ma place.

« Je suis si heureuse de te voir, » lui dis-je en le voyant s'asseoir en face de moi.

« Euh… ouais. Je ne vois pas pourquoi, mais merci, » me dit-il d'une voix étonnée.

Et oui, voilà comment je me lâchais en sa présence. En la présence de tout le monde d'ailleurs.

« Donc vous connaissez Jasper ? » Me demanda-t-il en tournant sa tête vers le bar pour appeler le serveur de sa main.

« Oui, il sort avec ma belle-sœur. »

« Le salaud ! » S'écria-t-il en frappant sur la table avec énergie.

Oui, Jacob avait aussi quelques difficultés à contrôler ses pulsions "euphoriques''.

« Jasper Whitlock avec une Cullen, totalement impensable ! Comment a-t-il fait pour l'avoir ? »

« Il n'a pas eu besoin d'aide. Alice a en quelque sorte flashée sur lui. J'avoue que voir Jasper avec une fille m'étonne aussi. »

Il haussa les sourcils en me regardant, mais avant qu'il ne dise quoi que ce soit, le serveur arriva pour prendre sa commande. Une bière, comme toujours.

«Donc, tu dis que tu as des problèmes… et tu as besoin de mon aide, » me dit-il.

C'était maintenant ou jamais.

« Je suis Bella, » lançai-je avec le plus de conviction possible.

Conviction qui ne servit pas à grand-chose. Cela eut pour effet de le faire se redresser sur sa chaise et de me fixer en plissant un œil. Plutôt bizarre comme situation, fallait le dire. Et je n'aurais pas dû lâcher ma bombe de cette façon là. J'avais fait preuve de stupidité.

« Tu es Bella, » répéta-t-il en se grattant les cheveux.

« Ok, ce que je vais te dire va te paraître fou, mais tiens-toi prêt. »

« Me tenir prêt pour quoi ? »

« Je ne sais même pas par quoi commencer, » dis-je en me prenant la tête entre les mains.

« Par le début ? »

Si seulement ça pouvait être aussi simple. Le problème c'est que je ne connaissais pas le début de l'histoire. 'Je suis Bella' ! Non mais n'importe quoi !

« Euh… est-ce que ça va ? » Me demanda-t-il d'une voix inquiète.

Je tournai la tête de droite à gauche et soupirai.

« Tu vas me prendre pour une folle si je te le dis, d'ailleurs je crois que c'est ce que je suis donc ça ne me pose aucun problème. Mais tu dois juste m'écouter jusqu'au bout sans m'interrompre, ok ? »

Il fit oui de la tête en fronçant les sourcils.

« Bois d'abord un bon coup, tu en auras besoin, » lui dis-je en voyant le serveur lui tendre son verre.

Il se mit à sourire, de son sourire si craquant, et but une gorgée.

« Je t'écoute, » me dit-il ensuite.

« J'ai fait un vœu où je souhaitais faire partie de la vie d'Edward Cullen en devenant sa femme. Et aussi étrange que cela puisse paraître, il s'est réalisé. Je suis devenue Tanya Cullen, et depuis ce jour je n'ai eu que des problèmes. Je ne savais pas comment réagir face aux autres, face aux Cullen qui me détestent tous, face à un homme qui veut la peau des Cullen et… »

« Ok, une seule question, qu'est-ce que tu as bu avant de venir ? Parce que j'ai l'impression que t'es vraiment à l'ouest, » me coupa-t-il en souriant.

« Je suis sérieuse Jake ! Je suis Bella, c'est moi ok ? »

« Woh-woh-woh ! Attends un peu ! » S'exclama-t-il en posant son verre sur la table pour se rapprocher de moi. « Si je comprends bien, tu es Bella, Isabella Swan, c'est ça ? »

« Oui, » souris-je.

Il avait compris.

« Et tu as fait un vœu pour devenir Tanya, » continua-t-il.

J'acquiesçai.

« Et tu dis que ta famille te déteste et que tu ne sais pas comment agir avec eux, parce que tu es Bella. »

« Voilà. »

« Ok… alors si je résume bien, t'es venue ici parce que… »

« Parce que j'ai besoin de ton aide ! Je ne supporte plus d'être seule face à tout ça. Je suis complètement perdue et tu me manques comme c'est pas possible. »

« Ok… Je vois. »

Il me fit un sourire en penchant la tête sur le côté et posa sa main sur la mienne.

« Tu es Tanya… Tanya Cullen. Tu as toujouuuurs été Tanya, » me lança-t-il comme s'il parlait à une demeurée.

Apparemment, il ne m'avait pas crue. C'était trop beau pour être vrai. Mais je ne m'avouais pas vaincue aussi facilement.

« Non ! Écoute-moi, tu dois me croire. C'est moi Bella ! »

« Ok… résumons la situation, » dit-il en se pinçant l'arête du nez. « Tanya Cullen est assise en face de moi et me dit qu'elle est Bella. Jasper l'envoie donc pour se confier… sans doute parce qu'elle souffre de schizophrénie ou un truc dans ce genre et… »

« Je te signale que je suis là et que j'entends tout ce que tu dis, » lui rappelai-je en levant les yeux au plafond.

« Sérieusement, qu'est-ce que tu t'imagines ? Que je vais croire à une chose aussi invraisemblable ? Ce qui me fait le plus peur dans ton histoire, c'est que tu sembles vraiment y croire, mais c'est faux ! Tout ça est faux, Tanya, et tu dois te faire soigner. »

« Je ne suis pas folle, ok ? Tu… tu as un grain de beauté poilu sur la fesse gauche ! » M'exclamai-je en le pointant du doigt.

Vraiment bas comme façon de le convaincre, je le sais, mais il devait me croire, et si pour cela je devais lui sortir des choses que seule moi pouvais connaître, et bien je le ferais.

« Co… comment ? Qui est -ce qui t'as dit ça ? »

« Je le sais, je le sais parce… »

« Oh l'enfoiré ! Il a osé te le dire ! Jazz n'est pas mieux que mort ! »

« Quoi ? Non ! Jasper ne m'a rien dit ! Je le sais parce qu'un jour tu m'as demandé de te l'épiler ! Souviens-toi, on avait quatorze ans et… et tu devais sortir avec Ashley Parkson. Tu avais peur qu'elle soit dégoûtée par ta fesse ! »

Il écarquilla les yeux de stupeur.

« Sérieux, c'est quoi ce bordel ? » Demanda-t-il en plissant des yeux.

« Je te l'ai dit ! Je suis Bella, tu dois me croire. Je peux continuer à te sortir tous nos petits secrets si vraiment il faut en arriver là pour que tu me prennes au sérieux. »

«C'est trop simple… non c'est trop… c'est n'importe quoi. Ecoute, Tanya, je ne sais pas ce que je peux faire pour toi. Probablement rien, mais tu dois consulter. Jazz t'a peut être envoyée me voir pour que je te convainque de le faire… »

« Jasper ne m'a pas envoyée ! J'ai inventé cette excuse pour que tu ne me prennes pas pour une folle au téléphone ! »

« Et est-ce qu'il y a une différence entre un bar et un téléphone ? »

« Tu dois me croire ! Je t'en supplie, crois-moi ! Je ne veux plus être seule et tu as toujours été là pour moi… à la mort de Renée, de Charlie, tu es mon Jacob, » murmurais-je d'une petite voix.

J'inspirai profondément, essayant de cacher ma peine, et lorsque je le vis me regarder avec ce visage plein de pitié, je sus que c'était trop tard, que je n'avais plus rien à faire, il ne me croirait pas.

« La première fille dont je suis tombé amoureux, » me dit-il au bout d'un moment.

Je levai les yeux et le regardai. C'était quoi ? Un semblant d'espoir ?

« C'était qui ? »

Je me mis à sourire et à essayer de contrôler les battements de mon cœur. J'étais la seule à savoir qu'il était tombé amoureux à onze ans de Miranda, la fille du pasteur, et ça c'était l'ultime preuve.

« Miranda Fletcher, quand tu avais onze ans, » dis-je tout sourire.

« Oh Seigneur tout puissant ! » S'exclama-t-il en ouvrant de grands yeux.

« Jake , tu ne crois pas en Dieu ! »

« Justement, je crois qu'aujourd'hui je devrais y croire. Bella ? »

J'acquiesçai en me mordant la lèvre.

« Oh merde, Bella, j'arrive pas à y croire ! Co… tu… je… C'est quoi ce truc de malade ? » S'écria-t-il en se prenant le visage dans les mains.

« Un vœu qui a tout simplement foiré, » répondis-je en haussant les épaules.

« D'accord, mais attend voir, tu as préféré faire ce genre de vœu – qui soit dit en passant est un vœu de psychopathe – que de rester avec moi ? » Me demanda-t-il en fronçant les sourcils.

« Tu me demandes vraiment ça ? Est-ce que c'est le Jacob qui rate chacun de nos rendez-vous qui me dit ça ? »

Il se gratta la tête en plissant le nez. J'avais tapé dans le mille.

« Oh…merde ! » Jura-t-il en écarquillant les yeux, semblant se rendre compte qu'il venait d'oublier quelque chose. « Tu m'excuses une minute ? »

J'acquiesçai et le vis sortir son téléphone pour composer un numéro.

« Hey Bells, » lança-t-il dans le combiné d'une voix que je connaissais par cœur.

Je levai les yeux au ciel et pris une gorgée de sa bière.

« J'ai un petit contre temps et je suis désolé, j'aurai dû appeler mais j'ai complètement oublié… C'est vrai ?... Tu ne m'en veux pas ?... Tu sais que t'es la meilleure. À ce soir ! »

Il coupa la conversation et me regarda.

« J'y crois pas ! » M'exclamais-je. « Tu devais sortir avec Bella et… »

« Je croyais que c'était toi Bella ? » Me coupa-t-il en haussant un sourcil.

« Fais gaffe à tes fesses Black ! »

Il se mit à rire et je lui tapai la main pour plaisanter.

« Tu devrais sérieusement te remettre en question ! Ça doit être la "je ne sais combientième fois" que tu me poses un lapin ! C'est vraiment frustrant… »

« Je sais, désolé, c'est juste que… Je ne pouvais pas rater un rendez vous avec Tanya Cullen, et d'ailleurs attend une minute…, » s'interrompit-il en fronçant les sourcils. « Si tu dis être Bella, » fit-il en me pointant du doigt, « alors qui est la Bella avec qui je parlais à l'instant ? »

« J'en ai pas la moindre idée. »

Je n'avais jamais réfléchi à cela avant aujourd'hui, et ça aussi c'était frustrant. Je ne pouvais posséder deux corps différents et diviser mon esprit en deux. C'était strictement impossible. Mais, encore là, pleins de trucs impossibles m'étaient arrivés dernièrement… Si Tanya se trouvait réellement dans mon corps, c'était toute autre chose. Elle pourrait m'expliquer toute son histoire avec ce Volturi et je serais ainsi en mesure de trouver une solution à ce problème. Nous aiderions les Cullen avec Jake. Mais pour le moment, avant le problème Volturi, c'est du problème Tanya qu'il fallait s'occuper.

« Jake, est-ce que Bella, enfin la Bella que tu côtoies encore est normale ? Rien n'a changé chez elle ? Je veux dire si elle est Tanya, comme moi je suis Bella, tu aurais dû le remarquer ».

« Changer de comportement du genre, ne plus sortir de chez soi et ne plus répondre au téléphone ? »

« Ouais, dans ce genre là, » dis-je en me rappelant mes débuts en tant que Tanya, n'osant pas sortir de la maison ou encore répondre au téléphone moi-même.

« Tu crois que… qu'en réalité je parlais réellement avec Tanya Cullen dans le corps de Bella, enfin dans ton corps ? Putain, tu sais que je n'ai jamais eu aussi mal au crâne qu'aujourd'hui ? »

« Désolée, » m'excusai-je.

« Et on fait quoi maintenant ? On va te voir, enfin voir la Bella qui peut être Tanya ? »

« Est-ce qu'on a quelque chose à y perdre ? »

« Ma dignité. S'il s'avère que tout ce que tu me racontes est une blague faite par Jazz ou même par Bella elle-même, je n'oserai plus me regarder dans une glace. J' ai déjà l'impression d'être un malade mental, alors si j'apprends que tout ça était faux… »

« Jake, je ne te mens pas. Je te le jure sur la tête de Lady Gaga, » plaisantai-je en lui prenant la main.

Jacob idolâtrait cette chanteuse et rêvait de lui faire des enfants depuis. Il avait certes eu beaucoup de copines dans sa vie, mais en ce qui concernait ses goûts féminins, c'était à revoir.

« Fais aussi attention à tes fesses… Swan, » me dit-il en souriant.

Je me mis à rire et me levai en même temps de lui pour le serrer contre moi.

« Dieu, ce que tu m'as manqué, » murmurai-je à son oreille.

« Toi aussi, Bells. »

Je m'écartai de lui en riant.

« Tu n'as même pas remarqué mon absence ! »

« Si, du jour au lendemain tu n'osais plus me parler, tu faisais de drôles de choses en ma compagnie, du genre manger que de la salade, et tu ne savais même pas utiliser la gazinière ! J'ai commencé à me poser des questions, j'ai même dû chercher ton journal… »

« Je n'ai pas de journal ! » Mentis-je en rougissant.

« À d'autres Bella ! Caché sous ton matelas, t'appelles ça comment, toi, ce petit carnet noir ? »

Je plissai des yeux et lui frappai la tête.

« Comment tu le sais ? » M'exclamai-je en posant mes mains sur mes hanches.

« Je l'ai découvert avec Jazz, y a super longtemps, puis j'ai voulu chercher quelques trucs, pour voir si tu n'étais pas tombée sous mon charme, parce que tu commençais réellement à me faire peur ces temps-ci. Puis Jazz m'a dit que tu ressentais sans doute des choses inappropriées à mon égard depuis toujours, alors j'ai voulu en avoir le cœur net, » expliqua-t-il comme si tout cela était tout à fait normal.

« Ce que tu dis là, ça s'appelle de l'inceste, idiot ! » M'énervai-je en le poussant.

« Hey ! Va dire ça à Jasper, c'est lui qui me remonte la cervelle avec ses conneries… »

« En espérant que tu en ais une, » marmonnai-je en soupirant.

« Mais de toute façon, il n'y a rien d'intéressant dans ce journal, ce n'est pas comme si ta vie était… »

« Attention à ce que tu vas dire ! » Le coupai-je d'une voix menaçante.

Il se mit à rire et me prit par l'épaule.

« Allons voir cette chère "Pas-Bella", ça sera plus intéressant à voir que nous deux se chamaillant pour un journal futile. »

Je levai les yeux au ciel et acceptai, non sans lui donner un petit coup dans les côtes.

Ayant demandé à mon chauffeur de me laisser me débrouiller seule, je montai dans la vieille voiture de Jake et il nous conduisit jusque chez moi.

Revoir Forks et ses habitants me remplit de bonheur ; c'était génial. En seulement un mois, cette ville m'avait autant manqué que mon meilleur ami. Elle faisait partie intégrante de moi, et la quitter était très difficile.

Et que dire du moment où j'arrivai devant la maison ? Devant ma maison. Là je revivais à 100%. Je me sentais comme si j'étais redevenue moi-même. C'était un sentiment étrange, mais j'avais réellement l'impression de revivre, de redevenir la vraie Bella avec mon corps et tout ce qui contribuait à ma personnalité.

Lorsque j'étais à Seattle, mon corps et mon esprit étaient en quelque sorte reliés, comme fusionnés en un tout, me forçant presque à m'oublier moi-même. Mais aujourd'hui, depuis que j'avais mis les pieds à Forks, j'avais ce drôle de sentiment, cette impression que j'étais redevenue Bella à part entière.

« Tu es prête à rencontrer ton corps ? » Me lança Jake en souriant bêtement.

« On ne peut plus prête, » dis-je en le suivant jusqu'à ma porte.

Il frappa plusieurs coups ; c'était bizarre d'être obligée à frapper à ma propre porte. Au bout de quelques minutes, celle-ci s'ouvrit.

Deux prunelles brunes nous observèrent un moment, deux prunelles qui jadis m'appartenaient. Mon corps nous faisait face, le regard abasourdi, la bouche entrouverte.

Et la même sensation que j'avais ressentie en mettant les pieds à Forks m'engloba littéralement.

« Oh mon Dieu ! » S'exclama notre vis-à-vis en portant une main à sa bouche.


Je sais, je sais, vous voulez la suite, mais ça sera pour bientôt, promis. Elle est déjà encore d'écriture don't worry! J'espère que ce chapitre vous a plu, faites le moi savoir please!

Maintenant, j'aimerai aussi remercier Milk40, qui sans elle, le chapitre ne serai pas ce qu'il est^^ Alors merci beaucoup. Je ne le fais pas souvent mais je vous conseille d'aller faire un tour sur son profil, vous y trouverez sûrement votre bonheur. Des traductions de fictions, des fictions anglaises, françaises ou du Dark Edward, il y en a pour tous les goûts. Une fiction en particulier que je vous conseille?

La partie de chasse et sa suite Bonjour Paris et puis un de mes coup de coeur du moment: Indomptable esclave.

Elles valent vraiment le coup!

Bisous à tout le monde! Et n'oubliez pas ce que je demande... vos impressions^^