Coucou mes petits lecteurs (et mes grand lecteurs aussi !) ! Voici un autre chapitre, en espérant que vous passiez un bon moment, je vous laisse en sa compagnie.

Merci pour vos reviews, que j'attends avec toujours autant d'impatience pour être sûre que ce que je continue à faire correspond encore à vos attentes.

Jc66 & Caskett71 : Merci beaucoup, je suis heureuse de voir que vous appréciez cette histoire ! :)


Je serais brève dans les explications aujourd'hui :

Situation ici : quelques jours après le chapitre précédent, cela n'a pas vraiment d'importance ...

NB : Les "..." annoncent, comme d'habitude, le début et la fin d'une ellipse temporelle; vous retournez dans le passé, trois jours plus tôt.

Sur ce, bonne lecture !


-Et voilà pour vous !

La serveuse déposa une tasse de chocolat chaud et une autre de lait au miel face à l'écrivain, qui la remercia poliment avant de lui offrir un pourboire. Elle lui sourit, hocha la tête pour le remercier et fit demi-tour pour s'éloigner. Il la regarda partir. Puisqu'il n'avait rien d'autre à faire.

Il attendait. Il attendait que son invitée ne daigne montrer le bout de son nez. Elle était un peu en retard et, lorsqu'il jeta un coup d'œil à sa montre, il confirma ses soupçons. Elle avait peut-être laissé tomber et elle avait certainement décidé de ne pas venir à la dernière minute. Elle s'était désistée sans l'avertir. Pourtant, il savait bien qu'elle n'était pas comme ça. Il ne la connaissait pas vraiment, certes, mais néanmoins bien assez pour savoir qu'elle l'aurait prévenu si elle n'avait pu se libérer pour venir discuter avec lui, comme il le lui avait proposé.

Il ne savait pas quoi faire pour s'occuper l'esprit en l'attendant. Penser à sa muse ne le mettrait sûrement pas dans un état présentable pour quand elle arriverait, alors il se décida à ouvrir le petit paquet que la serveuse lui avait donné avec sa boisson. A l'intérieur, il découvrit un gâteau de la chance, ces fameux petits biscuits chinois dans lesquels on peut lire une citation très générale. Il le brisa en deux, mangea un morceau en silence, se délectant du goût sucré qu'il avait, puis, curieux, lut le petit papier avant de croquer l'autre bout.

La patience est un art qui s'apprend patiemment.

Il sourit et rit en silence face à cette phrase qui décrivait si justement son état d'esprit. Il tentait d'être patient, de laisser à Kate le temps nécessaire, pour qu'elle accepte, pour qu'elle ne se sente pas brusquée, pour qu'elle veuille bien lui donner une chance … Mais, dans son monde à lui, il avait compris que la jeune femme avait besoin de temps, et d'espace, et qu'elle l'avait quand même fait attendre 4 années avant de, finalement, se livrer corps et âme à lui. Il savait alors que dans cet univers, ce serait la même chose et qu'il allait devoir se battre bec et ongles pour pouvoir posséder ne serait-ce qu'un seul des instants qu'il passerait en sa compagnie. Qu'il allait devoir lui donner un peu de temps pour qu'elle s'acclimate à sa présence, qu'elle lui permette d'entrer dans sa vie. Et il était bien vrai que le temps n'était pas un luxe que pouvait se permettre le romancier. Parce qu'une fois que l'on a goûté à l'amour, le seul, le grand, le vrai, on a plus vraiment envie de s'en passer …

Elle entra dans le café. C'était le même que celui dans lequel Castle et Beckett étaient venus quelques jours auparavant. Il n'avait pas choisi la même table, parce que c'était désormais la leur, il avait choisi une banquette encore une fois, mais située plus à l'avant du petit lieu sommaire.

La voyant arriver, il lui fit un signe de la main, et elle lui sourit discrètement. Elle était si belle, avec ses cheveux blonds et ses tâches de rousseur éparses sur les joues. Timide, elle s'approcha de Richard, qui se mit debout quand elle fut près de lui. Ils se serrèrent la main, un peu gênés, puis s'assirent à la table. Lorsqu'elle aperçut enfin la tasse chaude devant elle, elle tourna la tête vers lui et leva un sourcil interrogateur. Elle devait le prendre pour un fou, elle aussi, pensa le jeune homme qui en avait un peu marre d'être vu comme l'homme étrange de la ville. En même temps, elle ne devait plus vraiment s'étonner de cette attention surprenante après l'appel déroutant qu'elle avait reçu 3 jours plus tôt.

...

Castle avait finalement réussi à obtenir son numéro après avoir fait tout un tas de recherches plus fastidieuses les unes que les autres. Mais son travail en tant que détective privé lui avait en quelque sorte facilité la tâche puisqu'il savait maintenant comment trouver des informations plus rapidement. Il avait appelé, tendu, stressé, parce que là aussi, il y avait quelque chose en jeu. Et c'était le futur d'un couple. Et c'était important.

Il laissa sonner. Elle décrocha après la cinquième tonalité.

-Oui, allô ?

-Jenny ?

-Oui ?

-Bonjour, c'est Richard Castle à l'appareil.

-Richard Castle, … l'écrivain ?

-En personne.

Un silence fit suite à sa déclaration impromptue. La jeune femme reprit cependant contenance et continua la conversation.

-Que me vaut cette honneur ?

-Eh bien, … Vous connaissez Kevin Ryan, n'est-ce pas ?

Il l'entendit soupirer et s'en voulut intérieurement d'avoir commencé par ce sujet. Mais c'était véritablement la raison pour laquelle il la contactait, alors il n'allait pas mentir. Elle lui répondit finalement.

-Oui, pourquoi ? Qu'a-t-il fait ?

-Rien de spécial. C'est juste que … j'aimerais vous rencontrer pour que l'on discute un peu de son cas, tous les 2, si vous voyez ce que je veux dire.

-Non, je ne vois pas, pourquoi ? Vous le connaissez ? C'est une blague ? Il veut me jouer un tour, c'est ça ?

Elle commençait un peu à s'énerver, et il devait trouver un moyen de la rassurer.

-Je … Non, pas du tout … Jenny, s'il vous plaît, calmez-vous et laissez-moi une chance de m'expliquer.

Elle avait cru sentir une pointe de désespoir, ou de fatigue au moins, dans la voix de Rick, et elle décida de le laisser parler.

-Je vous écoute, mais je n'ai pas beaucoup de temps.

-Oui, d'accord. Je connais Kevin, je sais comment il est, je sais qu'il a fait des erreurs mais je pense que j'ai deux-trois petites choses à vous raconter à son propos qui pourraient fort vous intéresser. Je vous propose de venir boire un café avec moi dans les prochains jours pour en discuter si vous le voulez. Sinon, laissez tomber. Je n'attends rien de vous, vous êtes libre d'accepter ou de refuser mon offre. C'est à vous de choisir.

Il avait parlé un peu vite et ce qu'il lui demandait n'était pas vraiment clairement défini parce qu'il avait peur qu'elle ne refuse sa proposition. Quant à elle, elle était légèrement désorientée et perdue par ses explications, et pour cette raison, elle accepta sans réellement y réfléchir.

Tout étonné qu'elle ait dit oui si facilement, il lui donna l'adresse du lieu où ils devraient se retrouver, puis raccrocha en l'ayant simplement saluée.

...

-Comment savez-vous que j'adore le lait avec du miel ? C'est Kevin qui vous l'a dit, n'est-ce pas ?

Elle semblait contrariée, mais face au sourire éclatant et définitivement rassurant de Castle, elle laissa tomber sa colère et en oublia même son interrogation.

Richard n'avait, quant à lui, pas envie qu'elle oublie sa question et tenta une explication, comme il l'avait fait avec Esposito et Ryan au poste.

-Il se trouve que je possède un don, Jenny. Un don qui me permet de savoir des choses sur les gens, quand je les vois ou quand je les entends. Lorsque j'ai discuté au téléphone avec vous l'autre jour, j'ai perçu vos tâches de rousseur et votre amour inconditionnel pour le lait au miel. Alors je me suis dit que cela vous ferait plaisir d'en boire un cet après-midi.

Elle baissa la tête vers sa tasse qu'elle saisit dans ses petites mains à la peau claire. Elle sourit à sa boisson et tourna son visage vers la rue. Elle observa un instant le ballet qui s'offrait à ses yeux des gens qui se déplaçaient dans la ville imperturbablement. Il regarda en même temps qu'elle, pour essayer de deviner ce à quoi elle pensait. Il contempla ces inconnus qui se mouvaient plus lentement que les autres au milieu de la foule, il contempla le soleil qui débutait sa chute vers l'horizon, il contempla les couleurs rayonnantes de certaines étoles et de quelques vêtements.

-Pouvez-vous imaginer mes pensées en cet instant précis, Monsieur Castle ?

Elle le fixa intensément dans les yeux une fois qu'il eut ramené son regard vers elle.

Il ferma les paupières, se concentra sur ses propres émotions en ce moment présent, puis déclara à voix basse ces quelques mots qui la firent se sentir étrangement sereine. Parce que c'était vraiment ce qu'elle avait en tête.

-Vous vous dîtes que vous êtes bien, là, au chaud, à pouvoir voir les gens sans que ces derniers ne puissent vous voir. Mais en même temps, vous aimeriez vous tenir au centre de la foule, pour former un tout avec les autres, et ressentir ce que l'on appelle la force du nombre.

Il rouvrit les yeux, la dévisagea parce qu'elle le faisait elle aussi. Et il put lire dans ses pupilles que ce qu'il venait d'inventer n'était autre que la réalité.

Elle détourna ses iris des siens parce qu'elle était un peu perturbée par ce pouvoir qu'elle croyait qu'il possédait. Même s'il n'en était rien, mais il n'était pas question qu'il la mette au courant. Non, car c'était son plan. Lui faire croire qu'il avait ainsi pu lire d'une certaine manière dans l'esprit de Kevin.

Mais en réalité, il avait pu voir au travers de ses prunelles claires qu'elle était impressionnée, émerveillée et aussi terrorisée par la transparence de ses sentiments. Il était très facile pour Richard de savoir sans peine qu'elle avait accepté ce rendez-vous uniquement parce qu'elle aimait encore Kevin, ou du moins parce qu'elle s'intéressait toujours à lui.

Rick se décida alors à parler. Il avait senti que c'était le bon moment, et il décida d'en profiter.

-Je connais Kevin, Jenny. Pas tant que cela, c'est vrai, mais suffisamment pour savoir que c'est un bon garçon qui a fait de mauvais choix. J'ai passé du temps avec lui. Et j'ai pu constater à quel point il était tendre, agréable, doux et simple. Humain. Aimant. Charmant et puis drôle et inventif quand cela est nécessaire. Il n'est jamais dans l'excès, toujours juste. Il n'aime pas être dans la faute et c'est une excellente qualité pour un homme, n'est-ce pas ?

Elle le regarda en faisant une moue étrange, pour bien lui faire comprendre qu'elle ne pouvait pas acquiescer à tout ce qu'il disait. Mais elle n'était pas contre. Et l'entendre ainsi énoncer les raisons pour lesquelles elle était tombée amoureuse de lui, c'était la chose la plus magique qui pouvait lui arriver. Elle revoyait leurs tendres moments ensemble et ses souvenirs la submergeaient avec tristesse et nostalgie. Oui, elle l'avait aimé, follement, irrévocablement, mais pas trop quand même. Elle était amoureuse mais il lui avait brisé le cœur et elle n'était pas prête de s'en remettre. Même si Castle continuait de faire un élogieux portrait de lui, cette faute ne serait jamais réparée et elle ne pourrait en aucun cas la lui pardonner.

-Mais je sais aussi qu'il a mal agi, comme cela nous arrive à tous, parfois. Quand quelque chose prend le dessus sur le reste, on ne peut plus penser clairement, on ne peut plus voir ce qui est bon, ce qui est le mieux pour nous. Et je crois que c'est ce qui lui est arrivé. Quand Beckett est montée en grade, il n'a plus vécu que pour son travail. Parce que c'est un homme droit qui fait ce pour quoi on l'engage. Les affaires, les enquêtes, la paperasse … C'était cela avant tout car c'est quelque chose d'important pour lui. C'est une valeur qui occupe une grande place dans son cœur, et c'est parfois dur pour un couple de surmonter cela, cette passion dévorante, ce besoin incessant de faire régner la justice.

Elle baissa la tête sur ses mains tremblantes qu'elle serra l'une contre l'autre. Pourquoi se sentait-il obligé de rappeler ce qui faisait mal ? Pourquoi devait-il lui montrer à quel point elle ne faisait pas le poids dans l'âme de Kevin face à son métier ?

-Il vous aime, Jenny, ne l'oubliez jamais. Il a été peut-être un peu distant, du moins absent ou il vous a laissée tomber. C'est ce que vous pensez, n'est-ce pas ? Qu'il vous a laissée tomber et qu'il a vite choisi entre sa carrière et vous. Mais il n'a jamais fait ce choix. Parce qu'il en serait incapable, et cela vous le savez. Il aime ce qu'il fait et il vous aime en même temps, je ne vous le direz jamais assez. Mais ce n'est pas le même amour que l'on porte à une femme et celui que l'on a pour ce que l'on fait tous les jours. L'une est la vraie raison pour laquelle on se lève le matin, l'autre est seulement nécessaire, et pas vital au contraire de la première.

Les larmes coulaient le long des joues de la jeune femme qui enfonçait ses ongles dans la peau de ses mains pour ne pas trop trembler. Elle se mordit la lèvre inférieure pour ne pas crier. Elle ne voulait pas que l'écrivain sente sa faiblesse. Néanmoins, sans qu'elle ne s'en rende compte, il se leva et vint se placer derrière elle, un peu hésitant. Il entoura ses bras autour de ses épaules et elle ne bougea pas. Elle n'était pas gênée par son contact. Il était toujours aussi rassurant et elle se détendit un instant. Elle laissa éclater un sanglot, avant de se reprendre pour pouvoir parler.

-Mm... Mais alors, si … s'il m'aime tant que ça, … pourquoi m'a-t-il laissée partir ?

Un silence fit suite à sa question parce que Castle ne savait pas vraiment quoi dire. Il ne trouvait pas les mots justes pour qu'elle se sente mieux, pour qu'elle soit plus tranquille.

Il lui caressa doucement les épaules, pour prendre un peu d'avance et essayer se choisir son vocabulaire correctement.

-Eh bien … Il pensait certainement qu'il vous délaissait trop et qu'il n'était pas bien pour vous, pas bon, pas à la hauteur, pas suffisant. Qu'il vous fallait quelqu'un d'autre, quelqu'un de mieux, de plus présent, de moins impliqué dans le travail, de plus attentif à vos désirs. Je pense qu'il vous a laissée partir parce qu'il savait qu'il n'était pas parfait. Parce qu'il pensait que cela était un défaut. Mais je peux vous assurer que c'est la plus grande qualité que peut posséder un homme. C'est ce qui fait tout son charme: ses imperfections.

Elle sourit à ses mains pâles, qu'elle avait finalement posées autour de la tasse de lait chaud. Elle sourit et c'était un sourire mélancolique. Parce que ce lait au miel était leur rituel. Leur quotidien.

Ses imperfections. Comme elle les aimait ! Comme elle aimait qu'il soit maladroit, un peu gamin, un grand rêveur et un peu trop béat dès qu'il voyait une belle chose ou dès qu'il la voyait, elle. Comme elle aimait sa peau trop claire pour un homme, son air féminin, son odeur charnel un peu trop sucrée, son amour inconditionnel pour son métier. Et son amour encore plus inconditionnel pour elle.

Castle se décolla lentement de Jenny et vint reprendre sa place face à elle. Elle n'avait pas bougé. Elle était perdue dans ses pensées. Et c'était tout ce qu'il espérait.


Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Je suis désolée parce que ce n'est pas un Caskett (je vous avais prévenus !) mais j'espère qu'il vous a plu néanmoins. Je vous dis à très vite et n'oubliez pas de laisser un petit mot ! :3