Note d'auteur : Et voilà, on arrive au dernier chapitre, la 7e et dernière année de Fiona :) J'ai vraiment adoré écrire cette fic, et j'ai encore des idées de textes sur Fiona, donc je réécrirai sur elle :D

Texte 7
Thème : Espoir d'une nuit
Contrainte : Votre personnage fait l'expérience d'une tradition estivale originaire d'un autre pays que le sien (cette tradition peut être réelle ou inventée).

Un énorme merci à Eve qui a bêtaté tout cette fic, avec ses commentaires géniaux qui m'ont filé le sourire à chaque fois, merci petit scarabée
Bonne lecture ! :D


Fiona referma rageusement le dixième manuel qu'elle venait de consulter, à la recherche d'une information essentielle pour sa dissertation de Botanique. À croire qu'aucun botaniste n'avait trouvé utile de mener une étude sur les vertus de la ciguë ! Pourtant elle devait bien en avoir, c'était une plante non magique certes, mais elle devait bien servir à quelque chose. À part avoir appris que c'était un poison violent, elle n'avait pas vu grand-chose d'autre.

Or, dans une dissertation sur les plantes trompeuses, la ciguë était un élément crucial, pour sa ressemblance avec la carotte sauvage, inoffensive quant à elle. Confondre les deux dans une potion et c'en était fini de la personne qui la buvait… Mais manifestement, les botanistes sorciers n'avaient pas vu l'intérêt de l'étudier, sans doute parce que comparée à certaines plantes nocives magiques, la ciguë faisait piètre figure.

Elle tourna la tête vers le fond de la bibliothèque. Peut-être que là-bas… Elle réalisa que depuis son entrée à Poudlard, elle n'était jamais allée dans la Réserve. Pour y accéder, il fallait avoir une autorisation d'un professeur, ou bien avoir un argument convaincant à présenter à la bibliothécaire. En résumé, pour y avoir accès avant sa septième année, il fallait soudoyer un professeur qui n'avait en général aucune raison d'accorder cette autorisation, ou bien enfreindre le règlement…

Mais en tant qu'élève préparant ses ASPIC, qui auraient lieu quatre mois plus tard, elle avait désormais toute légitimité à pénétrer dans ce lieu qui l'intriguait depuis ses plus jeunes années… Décidée, Fiona se leva et alla voir Madame Pince. La bibliothécaire grinça des dents mais daigna se diriger vers la Réserve, Fiona sur ses talons, un grand sourire aux lèvres. La porte de la section interdite s'ouvrit dans un crissement à glacer le sang, ce que Fiona trouva absolument fabuleux. Pour un peu, elle avait l'impression d'entrer dans un lieu hanté…

— La Botanique est au fond à droite, ne vous éternisez pas.

Et elle referma la grille derrière Fiona qui se dirigea vers l'endroit indiqué. Sur certains, la couche de poussière était telle que le titre en était dissimulé… Elle arriva enfin à la section Botanique et se mit à parcourir les ouvrages, sans vraiment savoir ce qu'elle cherchait.

Arbres fruitiers mortels d'Asie MineureVingt manières de faire pousser un Filet du Diable en intérieur… Ah ! Plantes non magiques réduisant fortement l'espérance de vie. Voilà, dans cet ouvrage elle trouverait sûrement ce qu'elle cherchait.

Lorsqu'elle releva sa baguette, le rai de lumière produit par son Lumos fit scintiller le dos poussiéreux d'un livre, sur l'étagère au-dessus, attirant son regard. Vu le peu de clarté du lieu, elle ne l'aurait jamais vu sans cela… Intriguée, elle se hissa sur la pointe des pieds, maudissant sa taille de Botruc, et le délogea de son étagère. Fêtes païennes et anciennes traditions sorcières de Grande-Bretagne… Cet ouvrage n'avait rien à faire là, il avait probablement été rangé par erreur un jour, et vu la couche de poussière qui le recouvrait, cela faisait un moment…

Cependant elle n'osa pas aller voir tout de suite Madame Pince pour le lui signaler. Peut-être ce livre appartenait-il quand même à la Réserve, et si c'était le cas, elle pourrait n'avoir jamais l'occasion de revenir le consulter… Alors elle s'assit par terre, au pied du rayonnage, et souffla dessus pour le dépoussiérer un peu. C'était un très beau livre, tout relié de cuir et renforcé par du métal ciselé, peut-être de l'argent à en juger par la façon dont il avait noirci avec le temps.

Chez les sorciers, les traditions ne s'ébruitaient que peu d'un pays à l'autre. Chaque peuple était farouchement avare de partager son héritage culturel, ce sur quoi les Moldus avaient bien plus d'avance qu'eux. Ainsi, Fiona avait grandi avec beaucoup de traditions païennes irlandaises, notamment les quatre grandes célébrations de l'année qui avaient lieu début février, début mai, début août et début novembre. Elles portaient les noms d'Imbolc, Beltaine, Lugnasad et Samain, et fêtaient le début des saisons de l'ancien temps. Mais Fiona ne s'était jamais intéressée aux traditions païennes des autres pays, même ceux qui étaient leurs voisins…

Fascinée, elle tourna les pages, croisant des noms de dieux qui ne lui étaient pas inconnus, ou dont le nom était légèrement différent des dieux celtes qu'elle connaissait. Le livre était magnifiquement enluminé, elle se laissa porter par ces images rehaussées de dorure et dont les couleurs n'avaient pas passé avec le temps.

Soudain son regard fut attiré par le titre d'un chapitre. Litha. Il sonnait agréablement à son oreille, semblant chanter une mystérieuse mélodie. À en croire l'ouvrage, c'était un des noms du solstice d'été, la fête qui célébrait le plus long jour de l'année, et le début de l'été en Grande-Bretagne – d'ailleurs, maintenant qu'elle y pensait, elle avait entendu parler de feux de joie à cette occasion, en Irlande du Nord. Dans les fêtes païennes qu'elle connaissait elle, l'été commençait à Beltaine, début mai. Elle n'avait jamais célébré ce solstice et sa curiosité fut piquée.

— Miss Cornfoot ! résonna la voix grinçante de Madame Pince, la faisant sursauter. Cela fait déjà un quart d'heure que vous êtes ici, vous vous êtes perdue ou vous vous moquez de moi ?

Rapidement, Fiona lança un « Duplicata » sur les quelques pages du chapitre. Elle fourra les pages copiées dans la poche de son uniforme et se précipita hors de la Réserve, son autre ouvrage sous le bras mais tout intérêt pour la ciguë momentanément envolé…

~oOo~

— Tu connaissais cette fête ? demanda-t-elle à Asteria.

— Oui, bien sûr. Cette nuit-là, les sorciers se retrouvent dans des lieux dissimulés aux Moldus et assistent à des phénomènes exceptionnels. Je me souviens que l'année de mes sept ans, on est allés dans une clairière du Gloucestershire avec mes parents et ma sœur. Elle était recouverte de millepertuis vespéral, celui qui ne fleurit qu'au coucher du soleil. Et la nuit du solstice, cette nuit-là seulement, les fées viennent récolter le pollen du millepertuis.

Elle eut un regard rêveur, perdue dans ses souvenirs.

— C'était magnifique, dit-elle. On aurait dit un ballet d'étoiles…

— J'imagine… dit Fiona avec un sourire.

Elle se replongea dans la lecture du chapitre, fascinée. L'ouvrage évoquait certains types de phénomènes, souvent en rapport avec des fleurs réagissant à la lumière particulière de ce jour, ou des créatures dont le comportement différait de l'ordinaire. Il restait cependant vague sur les lieux où observer ces phénomènes, comme si pour cette coutume, la tradition orale devait primer et permettre de garder le secret.

— Je n'ai jamais vu ces plantes dans les serres de Chourave, marmonna-t-elle.

— Peut-être que ce n'est pas elle qu'il faut aller voir… Regarde, ils parlent de la camomille éponine, dont le meilleur engrais serait le crottin de Sombral. C'est au professeur Hagrid qu'il faudrait demander…

~oOo~

Fiona toqua à la porte de la cabane du garde-chasse. Un aboiement sonore répondit, ainsi qu'un « Oh, tais-toi Crockdur ! » qui la fit sourire. Hagrid lui ouvrit et sourit en la voyant.

— Ah Fiona ! Tu viens prendre des nouvelles de ton Scroutt à Pétard ? Il se porte à merveille, c'est le plus en forme de tous ! J'aurais dû dès le début les faire élever par des septième année, il y a bien plus de survivants que quand les quatrième année s'en chargeaient… Et moins de blessés aussi.

Fiona éclata de rire.

— Non je ne venais pas pour ça, professeur, mais je suis contente de l'apprendre, dit-elle. En réalité, je venais vous demander si vous aviez déjà vu des camomilles éponines par ici…

— Près de chez moi non, mais dans la Forêt interdite, là où vit le troupeau de Sombrals, il y en a plusieurs plants. Ça ne sert pas à grand-chose…

— Alors il y en a ? s'exclama Fiona, stupéfaite. Et… c'est loin dans la forêt ?

— Pas tout près, il faut marcher un peu. Et puis les Sombrals n'aiment pas beaucoup qu'on s'approche de leur territoire, et sachant que tu ne peux pas les voir…

Fiona se mordit la lèvre, un peu dépitée. Certes, elle était heureuse de n'avoir vu personne mourir en dépit du carnage qu'avait causé la Bataille de Poudlard, mais en cet instant, elle enviait un peu ceux qui avaient la capacité de distinguer les Sombrals.

Le solstice tombait juste à la fin des épreuves d'ASPIC, elle aurait eu tout le loisir de venir observer la camomille, peut-être de voir des fées ou tout autre chose qui se serait produite.

— Je peux aller t'en cueillir si tu veux en voir, proposa Hagrid.

— Oh non, ce n'est pas pour ça, je voulais aller en observer la nuit du solstice d'été. Ça fait partie des plantes qui réagissent à la lumière de ce jour particulier…

— Aaaaah… répondit Hagrid, l'air soudain intéressé. La nuit du solstice… Dans ce cas c'est différent. Il faudra que tu sois accompagnée, mais tu n'as rien à craindre des Sombrals cette nuit-là. Ils… Oh, non, j'en ai déjà trop dit. Mais viens me voir, ce jour-là, je te dirai où aller.

Fiona se retint de sauter de joie, un grand sourire aux lèvres.

— Merci Hagrid ! s'exclama-t-elle en repartant de chez lui, le cœur battant.

Elle n'avait jamais été aussi impatiente de passer ses ASPIC…

~oOo~

— J'ai tout raté, gémit Asteria alors qu'elles se dirigeaient vers la cabane de Hagrid, le soir de la dernière épreuve, quatre mois plus tard. Même l'Astronomie tu sais, je suis sûre que j'ai confondu la Grande Ourse avec Orion, tu imagines ! Ce serait tellement ridicule…

Fiona soupira, habituée aux élans mélodramatiques d'Asteria. Elle aurait ses ASPIC haut la main, c'était couru d'avance, même si elle se persuadait de son échec. Fiona était moins sûre d'elle-même, les Potions ne lui avaient posé aucun problème, ainsi que les Soins aux Créatures Magiques, mais la Botanique, comme toujours… Elle préférait ne pas y penser.

— Vous en avez pour environ vingt minutes de marche, leur dit Hagrid lorsqu'elles arrivèrent chez lui. J'ai prévenu les Centaures de votre venue, vous ne risquez rien de leur part, et ils m'ont dit qu'ils surveilleraient les alentours. Le troupeau de Sombrals se trouvent dans une clairière, près d'un gros rocher en forme de chat, vous ne pouvez pas vous tromper ! Enfin, je pense…

Asteria parut terrifiée mais Fiona sourit. Dans le pire des cas, le sortilège des Quatre-Points leur permettrait de rentrer. Et elles avaient sept années d'études derrière elles, par le troisième œil de Mopsus ! Elles étaient capables de se défendre !

Elles s'engagèrent dans la forêt, encore largement éclairée par les rayons de cette soirée. Le soleil se coucherait vers dix heures, elles avaient largement le temps.

Elles parvinrent au rocher sans difficulté, et Fiona sourit en constatant qu'effectivement, il n'était pas sans rappeler un chat assis, semblant surveiller les alentours. La clairière était juste derrière, vide et paisible. Elle sentit Asteria s'accrocher à son bras.

— Fiona, regarde, souffla-t-elle.

Devant leurs yeux, l'herbe de la clairière s'aplatissait par endroit, avant de se redresser, comme si une créature invisible déambulait calmement.

— Les Sombrals, répondit Fiona. Ils sont autour de nous. Mais Hagrid a dit que nous n'avions rien à craindre.

Bien que moins impressionnable qu'Asteria, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter un peu de se savoir entourée d'animaux invisibles. Elle baissa les yeux et regarda à leurs pieds. Le sol était couvert de petites fleurs blanches, aux corolles légèrement ouvertes. Les pattes invisibles des Sombrals les évitaient toujours soigneusement, pas une n'avait été écrasée. Mais c'était bien la seule chose un peu exceptionnelle que Fiona voyait là…

— Je pensais que… commença-t-elle à mi-voix. Je croyais qu'il y aurait des fées, ou…

Asteria lui adressa un gentil sourire avant de l'entraîner vers le rocher pour qu'elles s'asseyent à son pied, afin d'avoir une vue d'ensemble sur la clairière.

— Peut-être faut-il attendre un peu ? suggéra-t-elle.

— Patience est mère de tous les savoirs, répondit une voix grave près elles, les faisant sursauter.

Fiona se tourna vivement. Sur leur droite, les dominant de toute sa stature, un Centaure contemplait calmement la clairière.

— Savez-vous pourquoi cette fleur s'appelle la camomille éponine ? demanda-t-il sans les regarder.

Elles secouèrent la tête, trop stupéfaites pour parler.

— Chez les anciens, Épona était la déesse de la fertilité, célébrée le jour du solstice d'été, le jour le plus long de l'année. Son nom signifiait « Grande jument ». Elle était associée aux chevaux, aux voyages. C'est pourquoi, selon certaines croyances, tout en étant une déesse de la vie, elle était aussi une déesse de la mort, emmenant les âmes dans l'au-delà.

Fiona demeurait muette, fascinée par le récit du Centaure, bien qu'ignorant où il voulait en venir.

— La camomille éponine tire son nom de cette déesse, car elle ne pousse que là où les chevaux de la mort vivent. Les Sombrals, comme les sorciers les appellent. Mais surtout, elle porte ce nom pour ce qui se produit lorsque les derniers rayons du jour le plus long touchent la terre…

Il leva les yeux vers le ciel, semblant réfléchir. Fiona échangea un regard avec Asteria, qui semblait tout aussi captivée qu'elle. Elle jeta un œil à sa montre, qui indiquait dix heures du soir.

— Cela ne devrait plus tarder maintenant, dit calmement le Centaure.

Elles tournèrent leur regard vers la clairière, toujours aussi silencieuse. Les brins d'herbe se couchaient sous les pas des Sombrals mais se relevaient quasiment aussitôt, comme si les créatures étaient aussi légères que l'air. Le ciel s'assombrissait, seuls quelques rayons continuaient à effleurer la clairière, ils auraient bientôt disparu.

C'est alors que, sous leur regard ébahi, la clairière s'illumina brusquement. Les corolles des camomilles éponines s'ouvrirent pleinement, semblant libérer le soleil qu'elles avaient soigneusement gardé en elles tout le jour. Tout le sol à leurs pieds brillait de mille feux, semblable à un parterre d'étoiles. C'était à couper le souffle…

Au moment où Fiona se disait qu'elle n'avait rien vu de plus beau, quelque chose d'autre se produisit.

Des silhouettes se dessinèrent dans la clairière, diffuses tout d'abord, puis devenant de plus en plus précises. Fiona écarquilla les yeux, éberluée. Les Sombrals… Elle les voyait de ses propres yeux !

— Oh mon dieu… souffla Asteria. Je peux les voir…

— Moi aussi ! répondit Fiona. Ils sont… magnifiques…

Le troupeau de Sombrals apparaissait au milieu de la clairière, les pattes illuminées par les camomilles éponines. La fine membrane de leurs ailes semblait un voile, à travers lequel les derniers rayons du soleil passaient. Fiona ne pouvait détacher son regard du spectacle. Elle n'avait jamais vu ces créatures que dans des livres…

— Il y a des poulains… murmura Asteria.

De jeunes Sombrals, aux ailes minuscules, galopaient, voletaient autour des adultes. Elle n'aurait jamais cru penser cela de ces créatures un jour, mais elle les trouvait adorables…

— Fais un vœu Fiona ! s'exclama Asteria.

— Un vœu ?

— Oui ! Tu sais, comme quand on voit passer une étoile filante, ou… ou quand on rentre dans un lieu symbolique pour la première fois.

Il était surprenant que cette proposition vienne d'Asteria, d'ordinaire si rationnelle. Mais le moment était si magique que Fiona se prit au jeu et laissa vagabonder ses pensées. Un vœu…

Elle songea à Michael, aux lettres qu'ils s'envoyaient depuis qu'il avait quitté Poudlard, à toutes les fois où ils s'étaient revus à Pré-au-Lard, au baiser qu'ils avaient échangé.

Elle songea à ses ASPIC, aux résultats qui détermineraient son avenir. Mais tout était déjà joué, n'est-ce pas ?

Elle avait un autre vœu. Pas un souhait précis, qui ne s'exaucerait jamais. Mais un message, quelque chose qui se graverait en elle et qu'elle se jurait de ne jamais oublier. Alors elle joignit les mains, le formulant dans sa tête. À ce moment, les Sombrals commencèrent doucement à s'estomper et les camomilles à se refermer.

Ils disparurent, leur silhouette toujours imprimée sur la rétine de Fiona, et les fleurs libérèrent leur dernier éclat avant de se refermer, plongeant la clairière dans l'obscurité. Fiona se rendit alors compte qu'elle avait oublié de respirer depuis un petit moment, et prit une grande inspiration. La tête lui tournait, sans qu'elle sache si c'était dû à cette apnée soudaine ou à la beauté du spectacle auquel elles venaient d'assister.

— Je vais vous raccompagner, dit le Centaure. Vous ne retrouverez jamais votre chemin dans l'obscurité.

Silencieuses, elles le suivirent jusqu'à la lisière de la forêt. Fiona avait glissé sa main dans celle d'Asteria, qu'elle sentait trembler – de peur, de froid ou d'émerveillement, elle n'aurait su le dire.

— Merci, dit Fiona au Centaure. Pour votre savoir, pour le chemin du retour, pour… tout. C'était extraordinaire.

Le Centaure s'inclina et elles l'imitèrent avant de courir vers le château pour rentrer avant le couvre-feu et ne pas se faire attraper par Rusard.

En montant se coucher, elles échangèrent un regard, comme la promesse tacite de toujours garder ce souvenir dans leur cœur. La promesse de ne jamais oublier cette nuit, l'espoir qu'elle avait fait naître en chacune d'elle, et le lien de leur amitié à jamais renforcé.

Fiona ouvrit son carnet, songeant que c'était sans doute la dernière fois. D'ailleurs, elle était arrivée à la dernière page. Elle trempa sa plume dans l'encre bleue, et écrivit :

Camomille éponine : Fleur associée à Épona, déesse de la fertilité et du passage des âmes. Elle s'épanouit complètement sous les derniers rayons du jour du solstice d'été, et la lumière qu'elle produit fait apparaître les Sombrals, brisant pour un instant le voile entre le monde des vivants et le monde des morts.
J'ai fait un vœu ce soir. Celui de ne jamais renoncer à mes rêves. Je veux devenir apothicaire, et j'y arriverai. Je saurai attendre, persévérer car après tout, patience est mère de tous les savoirs.

Puis Fiona reposa sa plume. Son voyage se terminait, elle avait entre les mains une trace de toutes les aventures qu'elle avait vécues. Ces mille histoires de camomille et mandragore, pour toujours gravées dans son cœur. Elle sourit.

Et elle referma son carnet.


Note de fin : Et voilà, c'est terminé :) J'espère que ce chapitre vous a plu, je sais qu'il contient quelques trucs un peu clichés, on se croirait dans un Disney à la fin avec l'idée de croire en ses rêves, de ne jamais abandonner, mais voilà, Fiona est fondamentalement optimiste comme personnage, elle est pleine de rêves et d'espoirs, alors je trouvais que ça lui allait bien ce voeu :)

Pour la tradition estivale, Litha est un des noms païens du solstice d'été (on le trouve dans un texte médiéval, écrit par Bède le Vénérable). Epona est également réelle, c'est une déesse révérée par les Gaulois, associée aux chevaux, et son nom veut bien dire "Grande jument". Elle est pour certains peuples une déesse psychopompe, c'est-à-dire qu'elle aide les âmes à passer dans l'au-delà. J'ai un peu mélangé tout ça, et créé une tradition sorcière, avec les camomilles éponines que j'ai inventées, ainsi que le fait que les Sombrals deviennent visibles le jour du solstice (mais dans pas mal de croyance, il y a l'idée que cette nuit particulière, le voile entre le monde des vivants et des morts s'affaiblit, un peu comme la nuit de Samain chez les Celtes, à la Toussaint, et du coup j'ai trouvé qu'y associer les Sombrals avait un certain sens^^).

Si vous avez aimé Fiona, j'ai deux autres fics sur elle, De l'Aigremoine pour la toux (fic longue), et Chante le sisymbre, danse l'ellébore (un OS, qui se déroule après). Elle apparaît aussi dans un OS sur Asteria, Déni et rancune :)

Merci beaucoup d'avoir lu, et si vous avez le temps de me laisser un petit mot, ça me ferait très plaisir !