Comme promis, voilà donc un nouveau chapitre du Destin de Méropée. Comme d'habitude, un grand merci à mes reviewers, en particulier Circée.

Concernant ce chapitre, il s'agit d'un tournant clé de l'intrigue et même si je peux sembler choisir la voie l plus simple, les retournements à venir vont être épiques parce que comme vous le savez à ce stade de l'histoire mon héroïne est un Sudoku ambulant ! (je dis ça parce que je ne comprends rien à ce jeu japonais).

Je vous souhaite à tous une agréable lecture et s'il vous plait, n'hésitez pas à laisser une review. J'ai beaucoup de lecteurs et si peu de commentaires que ça n'est pas très motivant…

Méropée ne se rendit pas dans la Grande Salle pour y diner, son esprit n'avait de cesse de rejouer la scène qui avait eu lieu dans la bibliothèque. Elle marchait d'un pas rapide dans les couloirs sombres de Poudlard, ignorant les quelques élèves qui se trouvaient amassé dans les recoins de l'école. Elle accélérait le pas à mesure qu'elle se rapprochait de la l'aile ouest et de la Tour Serdaigle. Elle n'aspirait qu'à une chose, s'isoler, pouvoir se retrouver seule afin d'analyser ce qui venait de se passer avec Lucius Malfoy. Une fois devant le portrait indiquant l'entrée de la maison de Rowena, elle répondit à l'énigme et s'engouffra rapidement dans la pièce principale. Les quelques élèves présents jetèrent des regards furtifs en direction de la jeune fille avant de se replonger dans leurs lectures.

Méropée gravit rapidement les marches jusqu'au deuxième étage. Elle poussa la porte la conduisant à son dortoir et fut soulagée de constater qu'aucunes de ses comparses de chambrée n'étaient là. Elle marcha lentement jusqu'à son majestueux lit à baldaquin et s'assit sur ce dernier avant d'expirer bruyamment. Son regard balaya de nouveau la pièce à la recherche d'une réponse à toutes ses questions. Les images de ce qui venait de se passer avec Lucius ne cessaient d'envahir sa vision. Elle pouvait encore sentir les grandes et puissantes mains du sorcier se saisir des siennes, elle revoyait ses yeux d'aciers la regarder avec fermeté et désir. Tout semblait clair et pourtant si flou. Elle pouvait rejouer avec exactitude chaque détail de cette étrange comédie avec l'héritier des Malfoy. Elle pouvait sentir le souffle du grand blond dans son cou et il lui semblait que son cœur continuait à s'emballer à chaque fois qu'elle repensait aux paroles qu'il avait susurrées au creux de l'oreille. Pourtant, elle sentait, elle savait qu'elle nageait désormais en eaux troubles. Lucius Malfoy ne pouvait pas sérieusement s'intéresser à elle, il était fiancé à Narcissa Black et personne n'était suffisamment stupide pour rejeter la puissante famille, à moins bien sûre de s'appeler Sirius mais le garçon faisait figure d'exception en 800 ans d'histoire. Elle devait être l'objet d'une farce, d'un énième pari entre Lestrange et Malfoy. Il s'agissait là de la seule explication plausible mais, malgré la toute logique de cette pensée, elle ne pouvait s'empêcher d'avoir mal et pire, d'avoir de l'espoir, l'espoir que pour une fois, Méropée Throckmorton avait joué de chance et que sa vie allait peut-être enfin changer. Elle ferma les yeux un court instant tout en fermant les poings, lorsque ses paupières s'ouvrirent de nouveau, elle constata que sa vision était embuée et elle comprit que son regard se voilait de larmes. Elle laissa de nouveau ses paupières se sceller et inspira profondément. Elle ne devait pas pleurer, elle devait trouver une solution et un torrent de larmes n'arrangeraient rien.

Méropée donna un coup sur le matelas grâce à ses poings fermés et se leva brusquement. Elle marcha d'un pas déterminé vers son armoire qu'elle ouvrit en grand. Elle se saisit d'un pyjama de satin vert émeraude que son oncle lui avait offert peu avant son départ. Il était de la même couleur que la maison de Salazar mais Méropée ne s'en plaignait guère, bien au contraire.

Elle se rendit dans la salle de bain adjacente à son dortoir. Elle ferma la porte à clé et baissa l'intensité lumineuse à l'aide de sa baguette. Elle se déshabilla lentement, avant de se tenir, nue, devant le miroir. Elle détailla son long corps maigre et sa peau si pâle que l'on aurait pu la confondre avec un morceau de craie. Elle passa sa main le long de ses salières trop apparentes avant de la faire glisser le long de son inexistante poitrine. Ses yeux restaient fixé sur son reflet tandis qu'elle cherchait à comprendre ce que Lucius Malfoy pouvait trouver d'attirant chez elle. C'était un homme et son corps n'avait rien de celui d'une femme. Il la voulait, c'est bien ce qu'il disait, il voulait la faire sienne. Pourquoi ? Ce mot revenait en boucle dans son esprit, raisonnant dans son âme et faisant ressortir un à un ses plus grands démons et complexes. Elle était intelligente, peut-être plus forte qu'une adolescente ordinaire, mais ce n'était pas ce que pouvait rechercher le grand Lucius. Il avait tout, la plus belle des fiancées, la plus riche et issue d'une prestigieuse famille, quasi-royale selon les dires de Regulus. Pourtant, il n'avait rien à envier à sa future épouse, lui-même beau, riche et issu d'une grande famille SangPur. Elle avait une certitude, c'est qu'il ne romprait jamais avec la plus jeune des Black, alors pourquoi voulait-il tellement exhiber sa relation avec Méropée. Car c'est ce qu'il voulait après tout, à en croire ses dires. Seulement voilà, pouvait-elle réellement se fier à ses paroles ?

La jeune Throckmorton jeta un dernier regard dans le miroir et se plaça dans la cabine de douche. Elle fit couler l'eau chaude et bascula son visage afin de se trouver sous le jet brûlant. Les gouttes ruisselèrent le long de ses tempes, semblant l'isoler du monde pendant un court instant. Mais très vite, ses pensées coururent de nouveau le long du faciès de Lucius Malfoy. Le prince des verts était réputé pour être un personnage particulièrement tordu et plus Méropée y pensait plus la conclusion du traquenard s'imposait. Cela était la seule solution, pour une raison quelconque, la jeune Serdaigle était devenue l'objet de convoitise du Serpentard, son nouveau challenge. Il ne pouvait guère s'agir d'elle, elle ne pouvait pas attirer le grand héritier. Elle n'avait rien qui puisse séduire un SangPur de son envergure. Elle était officiellement devenue la cousine d'Amycus et d'Alecto Carrow depuis la rentrée, la jeune orpheline qui avait atterri chez les terribles jumeaux. Elle ne voyait qu'une explication logique, elle s'était fait rouler. Lucius ne la voulait pas elle parce qu' il était attiré par elle. Non, il l'avait approché aujourd'hui et enfermé dans ses filets pour assouvir une nouvelle pulsion sadique qui faisait la réputation du serpent. Méropée coupa l'eau et s'enveloppa dans une serviette. Son visage trempé aurait pu cacher les larmes qui semblaient s'amasser au coin de chacun de ses yeux, pourtant, elle ne pleurait jamais. Quelque soit la violence du coup reçu, jamais la jeune fille ne s'autorisait à verser la moindre larme. Quoiqu'il arrive, elle devait être forte. Elle se sécha énergiquement avec l'étole d'éponge cotonneuse avant de passer son pyjama.

Pendant ce temps là, dans la Grande Salle, Lucius Malfoy venait de prendre place à la table des Serpentards. En face de lui, Evan Rosier et Regulus Black étaient en pleine discussion au sujet du Lord Noir. Les deux jeunes SangPurs devaient prendre la marque des ténèbres l'été suivant, à la plus grande fierté de leurs familles respectives. Lucius, comme Bellatrix, les Carrow et Rodolphus, prendraient leurs marques durant les vacances de noël. Le prince de la maison de Salazar chercha Méropée du regard et constata avec surprise que cette dernière n'était pas avec ses camardes. Il n'aimait pas cela. Elle était imprévisible et s'il était certain d'avoir réussi son coup, la jeune fille était capable de changer d'avis. Throckmorton était complexe et il est vrai que cela avait été très facile, peut-être trop facile. Certes, sa stratégie marchait avec les autres mais il avait deviné, sans la connaître, qu'il ne fallait guère sous-estimer la Serdaigle.

Rabastan entra à son tour dans la Grande Salle. Il jeta un regard discret vers la table des bleus et argent et l'absence de Méropée, à en croire la tête de Lucius, n'avait qu'une explication possible, il avait agis et il avait manqué son coup. Le plus jeune des Lestrange prit place à côté de Malfoy. Il se servit une assiette pleine de rôti et commença à manger en silence, observant les futurs recrus de ce Voldemort. Chez lui, on ne parlait plus que de lui et de ses exploits. Il savait que son frère rejoindrait les Mangemorts très prochainement. Rodolphus n'avait jamais été doué pour garder les secrets, surtout sous alcool. Même si Rabastan méprisait tout et tout le monde et, si l'idée de massacrer quelques moldus ne lui était pas insupportable, courber l'échine devant qui que ce soit lui était inpensable d'autant que les revendications du Lord en question tenaient plus de l'utopie que d'un plan réaliste.

« Tu as parlé à Rogue ? » Demanda Rabastan à Lucius.

« Oui, et ses informations m'ont été très utiles. » Fit Malfoy avec un sourire satisfait. Lestrange haussa un sourcil.

« Donc, pour une fois, tu n'as pas eu besoin que le vieil Abraxas t'arrange un mariage pour t'attirer les faveurs d'une fille ? » Moqua-t-il avant de se servir une part de pudding.

Malfoy se redressa lentement et tourna lentement la tête, une expression affectée sur le visage.

« Tu sauras, Rabastan, que non seulement Méropée peut-être considérée comme mienne mais en plus, je pense avoir réussi là ma plus grande victoire. » Lestrange lâcha sa fourchette et toisa Lucius.

« Si vite Malfoy, tu m'épates. Réussir à emballer une vierge qui n'a pas été approchée pas un membre de la gente masculine depuis hum… Toujours. Tu m'étonnes, une vraie prouesse, mais dis-moi Malfoy, tu lui as promis quoi ? Une ascension sociale fulgurante ? » Le prince des verts sortit sa baguette qu'il pointa en direction de Lestrange, sous la table afin que les professeurs ne puissent le voir.

« Je te conseille vivement de surveiller tes paroles Lestrange. Tu me dois le respect et tu n'as pas idée des problèmes que tu pourrais t'attirer à me parler de la sorte. » Siffla Malfoy. Rabastan se leva brusquement et se pencha vers le grand blond.

« Je te retourne le compliment Malfoy. Parce que tu joues les toutous de tu-sais-qui ne fait pas de toi un redoutable sorcier. Lâche un jour, lâche toujours. » Rabastan jeta un regard meurtrier en direction de Lucius avant de quitter la salle. Voyant tous les regards converger vers lui, le prince des Serpentards laissa échapper un rire malsain et retourna de nouveau à son assiette.

Rabastan marcha d'un pas vigoureux en direction de la tour d'astronomie lorsque quelqu'un le rattrapa et lui saisit le bras. Il fut surpris de voir Alecto Carrow haletante.

« Rab, je-attend moi ! » Lestrange s'arrêta net et regarda curieusement la jumelle d'Amycus.

« Que veux-tu, Carrow ? » Lâcha-t-il froidement.

« Je-je t'ai entendu, je vous ai vu avec Lucius. »

« Et ? J'ai insulté le grand patron, c'est pour ça que tu me retiens inutilement ? » Alecto regarda à droite puis à gauche, vérifiant que personne n'était là. Après tout, les mûrs de Poudlard avaient des oreilles.

« Non, j'ai simplement cru comprendre que la relation entre ma cousine et Malfoy t'agaçait. » Fit la jeune Carrrow hésitante.

« M'agaçait ? Je suis désolé de briser tes doux rêves mais le fait que Malfoy puisse s'enticher d'une inférieure ne m'atteint guère. » Les prunelles de Rabastan se faisaient menaçantes mais Alecto poursuivit.

« Alors disons simplement que le comportement étrange de Malfoy te pose problème. Après tout, sans Méropée, il te ficherait la paix. »

« Alecto, vas en au fait. Je n'ai pas de temps à perdre. » Cracha Lestrange.

« Aide-moi à éloigner Throckmorton de Lucius. Ainsi, tu lui prouveras ta supériorité et nous, nous nous débarrasserons de la Serdaigle. » Les yeux d'Alecto brillaient d'excitation à l'idée de briser les illusions de sa cousine. Les Carrow avaient toujours répugné Rabastan. Ils étaient arrivistes et n'avaient aucun honneur familial. Lui, au contraire, était empli de cet honneur et il s'était toujours juré de suivre Rodolphus jusqu'à Azkaban si il le fallait. La proposition d'Alecto avait cependant l'atout majeur de lui permettre de briller et d'humilier Malfoy sans compter que, même si il se refusait à l'avouer, le fait que le riche Serpentard ait réussi à s'attirer si vite les faveurs de la jeune Serdaigle l'avait particulièrement contrarié.

« En supposant que j'accepte, que proposes-tu ? » Demanda Rabastan en s'adossant contre un mûr. Carrow sourit de manière distordue et elle se rapprocha un peu plus du jeune Lestrange.

« Fait en sorte que Méropée comprenne que jamais Lucius ne pourra s'intéresser sérieusement à elle. Fait ce que tu sais faire de mieux, Rabastan. Séduit-la et humilie-la publiquement. Son honneur salit, jamais Lucius ne posera un second regard sur elle. » Le plan pouvait marcher, il suffisait de la mettre dans son lit et de la faire passer pour la trainée de service. Si cela pouvait sembler simple, l'instinct de Rabastan lui criait de se méfier.

« Soit Alecto, mais en échange, je veux tout savoir des agissements de mon frère concernant Voldemort. » Carrow tressaillit en entendant Lestrange prononcer le nom du Lord sans compter qu'elle avait fait vœu de silence. Elle hésita un instant et repensa à l'image d'une Méropée se baladant fièrement au bras de Lucius Malfoy.

« D'accord. C'est d'accord mais je ne te dirais rien tant que Throckmorton ne sera pas prise dans tes filets, c'est bien clair ? » Rabastan jeta un regard méprisant sur l'épaisse sorcière et acquiesça. Plusieurs élèves qui venaient de terminer leur repas s'approchèrent des deux Serpentards. Parmi eux, il reconnut la Serdaigle de cinquième année, Liza Goury. Alors qu'elle passa à son niveau, il lui adressa un regard charmeur et lui fit un clin d'œil. La jeune fille rougit et baissa les yeux. Après quelques mètres, elle tourna de nouveau la tête en direction du Serpentard et ils se regardèrenet longuement. Elle serait sa prochaine proie. Après tout, il pouvait souiller Throckmorton tout en continuant à s'amuser. Ce serait même encore plus drôle de ternir la réputation de tous les prodiges de cinquième année.