Désolée du retard, j'ai été très occupée, mais je vous promet de ne pas laisser ça se reproduire trop souvent!
Bonne lecture!
Chapitre 7
Arthur voulait offrir le meilleur anniversaire de mariage possible à Merlin, mais la vérité était qu'il ne savait même pas par où commencer. Bien sûr, il connaissait Merlin, mais il devait avouer qu'il ne le connaissait pas suffisamment pour ça. Il ne savait pas ce que Merlin aimait, romantiquement parlant. Il décida donc de consulter Gwaine, mais ultérieurement. Il ne voulait pas laisser Merlin seul pendant qu'il dormait encore.
Alors qu'il s'était allongé aux côtés de son consort, attendant son réveil, la porte s'ouvrit sur Léon. Arthur se redressa et fronça les sourcils.
- Léon ? Qu'est-ce que vous faîtes là ?
- Je voulais savoir comment va Merlin, Sire.
- Bien, je crois, soupira Arthur. Il s'est endormi, je… J'attends qu'il se réveille.
- Ecoutez, Sire, je sais que vous ne voulez pas le laisser, mais je pense qu'il s'agit là de votre meilleure opportunité.
- De quoi vous parlez ?
- Eh bien, vous connaissez Merlin, il ne vous laissera jamais organiser quoi que ce soit dans son dos, mais si vous le faîte pendant qu'il dort…
Arthur était perdu. Il ne comprenait rien à ce que Léon lui disait, et il commençait à s'agacer.
- Mais bon sang Léon, de quoi vous parlez ?!
- De votre anniversaire de mariage. Arthur, vous avez toujours dit que vous vouliez faire quelque chose de spécial pour vos cinq ans, vous avez changé d'avis ?
- Non ! Répondit Arthur immédiatement. Bien sûr que non, je… J'étais juste loin de penser à ça. Avec tout ce qu'il s'est passé.
- Oh, bien sûr. J'ai pensé que ce serait une bonne idée de le préparer maintenant, mais bien sûr, vous devriez rester avec lui.
Arthur resta pensif quelques secondes avant de réaliser qu'il s'agissait en effet de sa meilleure opportunité. Il ne voulait pas quitter Merlin, mais Gaius lui avait assuré que son consort allait bien et avait seulement besoin de repos. Et Arthur était bien conscient que rester à ses côtés ne servait pas à grand-chose en soi, si ce n'est apaiser ses propres peurs. Il donna donc son accord à Léon, qui réunit les autres chevaliers –à savoir Elyan, Perceval et Gwaine –dans la slle du trone tandis qu'Arthur demandait à l'une des servantes de veiller sur William, qui s'était lui aussi endormi.
Il avait brièvement considéré demander à Gwen, mais s'était vite rendu compte que Merlin risquait de ne pas apprécier. Il ne savait toujours pas ce qu'il s'était passé entre eux, mais il n'était pas suffisamment idiot pour laisser Gwen s'occuper de William sans l'accord du sorcier.
Il rejoignit ensuite la salle du trône, où il retrouva ses chevaliers. Gwaine semblait excité, ce qui n'était pas surprenant. Avant qu'il n'ait pu prononcer un mot, Elyan s'approcha du roi.
- Sire, avant de parler de Merlin, je… Je voulais vous remercier.
Arthur fronça les sourcils.
- Pour quoi ?
- Eh bien, vous avez dit à Gwen qu'elle pouvait revenir à Camelot, et vous n'étiez pas obligé, surtout que j'imagine que Merlin ne le sait pas encore, et… Je voulais juste vous remercier de m'avoir permis de retrouver ma sœur. J'espère que cela ne vous posera pas de problèmes avec Merlin.
Arthur commençait à s'inquiéter. Si même ses chevaliers pensaient que Merlin en voulait toujours à Gwen, au point de ne pas vouloir qu'elle revienne à Camelot, alors il avait peut-être fait une erreur. Il avait pensé qu'il n'y avait rien que Gwen puisse faire pour provoquer une telle rancœur chez le sorcier, ils étaient amis après tout, et s'était de toute évidence trompé. Il mourrait d'envie de savoir ce qu'il s'était passé, même si la réponse l'effrayait, mais il savait qu'il ne pouvait pas se permettre de laisser entendre qu'il ne le savait pas. Il n'avait pas besoin d'autres personne au courant de sa véritable identité. Il opta donc pour une réponse sobre.
- Vous n'avez pas à me remercier, Elyan. C'était il y a longtemps et je suis sûr que Merlin n'aura rien à y redire.
Elyan ne semblait pas très convaincu, mais hocha la tête sans chercher à pousser la discussion plus loin. Après un court silence, Perceval s'approcha et tendit une petite boite à Arthur.
- Qu'est-ce que c'est ?
La question sembla surprendre Perceval, qui fronça les sourcils, et Arthur eut peur d'avoir fait une autre gaffe.
- Ce que vous m'avez demandé de garder. Vous avez dit que c'était pour l'anniversaire de vos cinq ans de mariage, et que vous ne vouliez pas que Merlin ne tombe dessus.
- Oh, bien sûr ! Excusez-moi, j'ai la tête un peu ailleurs, à cause de… Vous voyez.
Tous acquiescèrent et Arthur récupéra la boite, n'ayant aucune idée de ce qu'il trouverait dedans. Au moins, son double avait eu la bonne idée de préparer quelque chose, ce qui faisait moins de travail pour lui.
- Vous voulez toujours l'emmener à Avalon, n'est-ce pas ? Insista Perceval, et Arthur tituba légèrement.
Il savait qu'Avalon était un lac, mais il n'avait aucune idée de pourquoi il voudrait emmener Merlin là-bas. Le lac était à plusieurs heures de route, ce qui n'était déjà pas très pratique, et pour autant qu'il savait, Merlin n'y avait jamais mit les pieds. Cela dit, jusqu'à trois semaines auparavant, il avait été persuadé que Merlin n'y connaissait rien en magie, alors il ne pouvait plus vraiment se fier à ce qu'il croyait savoir sur son consort.
- Hum… Je ne sais pas, je…
Arthur était hésitant, n'ayant aucune idée de ce qu'il devait faire, et fixait Gwaine avec insistance en espérant que s'il l'incendiait suffisamment du regard, il viendrait à son secours. Mais le chevalier se contenta d'un sourire arrogant.
- Si je peux me permettre, Léon affirma, je pense qu'Avalon est une bonne idée.
Elyan hocha la tête pour indiquer son accord, et Perceval ajouta :
- Surtout que Merlin m'a confié vouloir y retourner depuis un moment.
- Alors pourquoi il ne l'a pas fait ? Et pourquoi il vous dit ça à vous, et pas à moi ?
- Oh, ne soyez pas jalouse, princesse, il ne voulait simplement pas que vous vous sentiez coupable.
- Coupable ? Coupable de quoi ? Vous êtes en train de me dire que c'est ma faute si Merlin n'est pas allé à Avalon ?
- Ce n'est pas vraiment votre faute à proprement parler, mais… Il faut des heures pour y aller, des heures pour en revenir, et il ne tient pas à y rester deux minutes, alors entre Morgana, puis les traités, votre mariage, et William… Je crois qu'il a l'impression qu'il ne peut pas se permettre de s'en aller, même s'il sait que vous comprendriez.
Arthur était déconcerté. Etait-il un si mauvais mari que Merlin avait l'impression qu'il ne pouvait pas quitter le château plus de dix minutes ?
Cela dit, il n'était pas stupide et il savait que les chevaliers connaissaient bien Merlin. Il décida donc de rester sur l'idée de son double, et d'emmener son consort à Avalon. Il planifia les détails avec les chevaliers, et retourna aux côtés de Merlin.
Le sorcier dormait toujours, et Arthur commençait à s'inquiéter. Il avait peur que ce ne soit pas normal, malgré les dires de Gaius. La nuit tombant, il s'allongea à ses côtés et se blottit contre lui.
Quelques temps avant que le soleil ne se lève, Arthur fut réveillé par des mouvements brusques, et réalisa que Merlin s'était réveillé.
- Merlin ? Merlin !
Son consort se tourna vers lui.
- Qu'est-ce que…
- Eh ! Tout va bien, Merlin. Tu as dormi longtemps, c'est tout.
Merlin se massa les tempes, et soupira.
- C'est-à-dire ?
- Quasiment vingt-quatre heures. Gaius dit que c'est normal, que tu avais besoin de repos.
Le sorcier hocha la tête, et Arthur résista l'envie de le prendre dans ses bras, n'étant pas sûr que le geste serait bien reçu.
Le lendemain matin, Merlin déclara qu'ils avaient probablement besoin de parler, et Arthur ne pouvait qu'être d'accord.
- Je t'ai dit que je comprenais pourquoi tu ne m'avais rien dit, et je veux que tu saches que je n'ai pas changé d'avis. Bien sûr que j'aurais préféré que tu me dises la vérité, mais… Je sais que tu m'aimes
- C'est le cas. Merlin, je t'aime vraiment. Ces derniers jours, le temps que j'ai passé avec toi…. Je n'ai jamais été aussi heureux. Même si j'ai quelques questions, cela dit.
- Ne comptes pas sur moi pour te dire quoi que ce soit.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Parce que tu viens du passé, Arthur, et tu ne devrais pas en apprendre de trop. Ca pourrait tout changer, et pas pour le meilleur. Je ne veux pas prendre de risque, donc je ne te dirai rien.
Arthur soupira, déçu. Il y avait tellement de choses qu'il voulait savoir, et il avait cru que Merlin les lui dirait. A tord, de toute évidence.
Le reste de la journée se passa sans encombre. Arthur passa du temps avec William, tandis que Merlin insistait pour chercher un moyen de le renvoyer chez lui, malgré les protestations d'Arthur.
Le roi avoua également avoir dit à Gwen qu'elle pouvait revenir, et s'il s'attendait à une réaction quelconque, Melrin se contenta de hocher la tête et de changer de sujet.
Alors qu'Arthur revenait d'avoir couché William, il se stoppa en entendant des voix provenant de l'armurerie. Etant donné l'heure, la pièce était sensée être vide, et le roi se préparait à entrer pour exiger de savoir ce qu'il se passait lorsqu'il reconnut la voix de Merlin. Il savait que c'était mal, mais ne put s'empêcher de se coller à la porte pour écouter. Merlin ne voulait rien lui dire, et il espérait entendre quelque chose qui lui apporterait des réponses.
- Je n'ai pas le temps de te parler, je dois…
- Merlin, s'il te plaît…
Arthur se raidit en entendant la voix de Gwen. Peut-être allait-il enfin savoir ce qu'il s'était passé entre eux.
- J'imagine que tu sais déjà qu'Arthur m'a proposé de revenir à Camelot.
Gwen semblait hésitante, et Arthur ne l'avait jamais vue agir de la sorte. Ce qui l'inquiétait encore davantage. Il espérait vraiment qu'espionner cette conversation lui permettrait de comprendre, et par conséquent de pouvoir empêcher que cela arrive. Il aimait Merlin, et il tenait toujours à Gwen, et n'avait aucune envie de les voir souffrir s'il pouvait faire quelque chose.
- Arthur est roi, il a le droit d'offrir l'hospitalité à qui il veut, Merlin répondit froidement.
- Tu ne lui en veux pas ?
- Non. Il essaie d'arranger les choses, je ne peux pas lui en vouloir pour ça. Et puis, ce n'est pas comme s'il était au courant de tout.
Merlin avait marmonné la dernière phrase, plus pour lui-même qu'autre chose, et Arthur dut tendre l'oreille pour l'entendre. Il n'était pas sur de savoir si Merlin parlait de lui et du fait qu'il venait du passé, ou bel et bien du Arthur du futur, à qui il aurait donc caché une partie des faits.
Arthur pouvait imaginer Gwen lancer un regard interrogaitf et Merlin répondre avec un regard la défiant de poser une question alors que le silence s'installait.
- En tout cas, reprit Gwen, je pense accepter.
- Ecoutes, Gwen, fais ce que tu veux, je m'en fiche. J'aimerais pouvoir aller dire bonne nuit à mon fils maintenant.
- Il a l'air d'être génial.
- Il l'est.
- J'aimerais… J'aimerais vraiment qu'on puisse être amis, à nouveau, et peut-être pouvoir passer du temps avec William.
Gwen avait parlé très vite, comme si elle cherchait à dire ce qu'elle pensait avant que son courage ne s'évapore, et Arthur se colla un peu plus à la porte pour entendre la réponse de Merlin.
- Je me fiche que tu vives ici ou non, mais on ne sera jamais réellement amis.
La voix de Merlin était ferme et sèche, et Arthur attendait la réponse de Gwen lorsque la porte s'ouvrit et il manqua de tomber par terre. Il leva les yeux vers Merlin, qui haussa un sourcil.
- Qu'est-ce que tu fais ?
Arthur tenta de balbutier une réponse, mais rien ne vint, et Merlin se mit à rire en le poussant vers la sortie.
- Merlin !
Le sorcier se retourna vers Gwen, son sourire disparaissant.
- Je suis vraiment désolée.
Merlin ne répondit pas, et tourna les talons. Arthur jeta un regard désolé vers elle avant de rattraper son consort.
- Tu sais, tu n'as pas besoin d'écouter aux portes, tu peux aussi me parler, Merlin sourit.
- Oh, parce que tu m'aurais répondu si je t'avais demandé ce qu'il s'est passé avec Gwen ?
- Mh, bon point.
Artur se mordit brièvement la lèvre avant de poursuivre.
- Elle a vraiment l'air désolée, tu sais.
Merlin leva les yeux au ciel.
- Arthur, s'il te plaît, arrête. Tu ne sais pas ce qu'il s'est passé.
- Parce que tu refuse de me le dire !
- Parce que tu n'as pas besoin de savoir ! J'ai déjà quasiment trouvé comment te renvoyer chez toi, et tu en sais déjà beaucoup trop sur le futur !
Arthur voulait réagir, affirmer que Merlin avait tord, mais il n'était pas assez idiot pour gâcher ses derniers moments avec Merlin en se disputant. Il se contenta donc de hocher la tête.
Lorsqu'ils arrivèrent dans leur chambre, Arthur eut peur que Merlin veuille dormir ailleurs une nouvelle fois, et fut soulagé lorsqu'il le vit commencer à se changer.
Arthur se pressa dans son dos et couvrit son cou de baisers. Merlin agrippa ses cheveux et se pencha légèrement en arrière.
- Arthur, qu'est-ce que tu fais ?
- A ton avis ?
- Arthur…
Arthur se stoppa et se plaça en face de son consort.
- Merlin, écoutes, tu as été suffisamment clair sur le temps qu'il me restait à passer ici, et je ne tiens pas à le passer à me disputer. Je t'aime, et je veux passer du temps avec toi.
Merlin sourit et se pencha pour l'embrasser tendrement.
- Je t'aime aussi, murmura-t-il, et Arthur le serra contre lui comme si sa vie en dépendait.
Le lendemain matin, Arthur se réveilla à l'aube, et, se rappelant le plan qu'il avait établi avec ses chevaliers, secoua Merlin pour le réveiller.
- Arrête, grogna Merlin sans bouger pour autant.
- Allez, Merlin, debout !
- Quelle heure est-il ?
Merlin ouvrit un œil pour regarder par la fenetre, et lança l'oreiller sur Arthur.
- Tu te fiches de moi, le soleil est à peine levé !
Arthur receptionna l'oreiller en souriant, et changea de tactique. Il s'allongea sur son consort, et assaillit de baisers les parties de son corps qu'il pouvait atteindre. Merlin grogna à nouveau, et tenta de le pousser, sans ouvrir les yeux.
- Laisse moi dormir.
- Non. Allez, lèves toi !
Arthur se pencha de manière à pouvoir lui murmurer :
- S'il te plaît.
Aussitôt, Merlin se tourna, faisant tomber le roi qui atterrit de l'autre côté du lit.
- Est-ce que tu viens de dire « s'il te plait » ?
- Je savais que ça te ferai réagir, avoua Arthur d'un air satisfait. Et puisque tu es réveillé, autant te lever !
- Mais bon sang, pour quoi faire ? Le jour est à peine levé !
- Je veux qu'on aille se promener !
- Tout ce que tu veux, mais plus tard.
Merlin se laissa tomber contre l'oreiller, et Arthur le tira hors du lit.
- Ah non, hors de question que tu te rendormes !
- Mais…
- Fais moi confiance, le coupa Arthur, et Merlin capitula en soupirant.
Satisfait, Arthur le poussa à se préparer avant de le tirer hors de la pièce, et hors du château.
- Où est-ce qu'on va ? Grommela Merlin.
- Tu verras.
- Est-ce que c'est loin ?
Arthur leva les yeux au ciel et monta sur son cheval.
- En plus il fait froid.
- Bon sang, Merlin, tu n'arrêtes donc jamais de te plaindre ?
Merlin lui lança un regard incendiaire, mais se tut, et Arthur sourit.
Plusieurs heures et une bonne centaine de plaintes plus tard, Arthur vit enfin le lac se profiler au loin.
- Non mais sérieusement, pourquoi tu m'as fait sortir aussi tôt ? Ca fait des heures qu'on… Qu'est-ce qu'on fait à Avalon ?
Arthur descendit de son cheval et l'attacha à un arbre, tandis que Merlin faisait de même. Une fois les chevaux attachés, Arthur tendit la main et Merlin la saisit, même s'il lui lança un regard suspicieux. Le roi l'attira au bord de l'eau, et s'assit sur l'herbe. Merlin s'assit à ses côtés, et leva les yeux vers lui.
- Bon, d'accord, qu'est ce qu'on fait là ?
- Eh bien, disons que j'ai allègrement volé l'idée de mon futur moi, pour notre anniversaire.
Arthur se tourna pour plonger ses yeux dans les siens en souriant, tandis que Merlin ouvrait de grands yeux.
- Comment tu sais que c'est notre anniversaire ?
- Je ne suis pas stupide, Merlin !
Merlin pencha légèrement la tête et le fixa en haussant les sourcils.
- Bon, d'accord, c'est Gwaine qui me l'a dit, marmonna Arthur. Mais c'était mon idée de faire quelque chose de spécial !
- Et pourquoi tu m'as emmené ici ?
- Hum… Oui bon, c'était l'idée de mon futur moi, mais je voulais faire quelque chose dans tous les cas !
Merlin laissa échapper un rire et se plaça à cheval sur les jambes du roi, qui passa les bras dans son dos pour le maintenir, tout en l'embrassant.
- C'est l'endroit où sont les gens qui comptaient pour moi, avoua Merlin. Lancelot, Freya, mon père…
- Ton père ? Je croyais que tu ne le connaissais pas !
- Hum, oui, quand je te l'ai dit c'était vrai, mais… C'était Balinor.
- Balinor ? Le seigneur des dragons ?
Arthur était abasourdi, et Merlin se contenta de hausser les épaules.
- Quoiqu'il en soit, j'aime venir ici, ça m'apaise.
- Perceval dit que tu voulais y revenir depuis longtemps, mais que tu ne l'as pas fait à cause de moi.
Merlin leva la tête vers lui et fronça les sourcils.
- Non, bien sûr que ce n'était pas à cause de toi. Je… n'y suis pas retourné parce que j'avais trop de choses à faire, mais ce n'est pas ta faute.
Arthur, peu convaincu, ne répondit pas. Merlin se mordit la lèvre avant de se serrer contre lui.
- En tout cas, j'adore cet endroit, et je t'aime. C'est un très beau cadeau.
- Bon sang, Merlin, tu crois vraiment que c'est ça mon cadeau ? Demanda Arthur en levant les yeux au ciel.
- Oui ? D'habitude on fait un banquet, alors excuse-moi d'avoir cru que c'était ça ton cadeau ! Bon, si ce n'est pas ça, alors qu'est-ce que c'est ? Je te préviens, je n'ai eu le temps de t'acheter quoi que ce soit, tu m'en veux ?
Arthur leva les yeux au ciel une nouvelle fois.
- Bien sûr que je t'en veux, et je vais demander à rompre notre mariage ! Non mais qu'est-ce que tu crois ?
Merlin lui tira la langue, et Arthur se mit à rire.
- Donc si je comprends bien, on va rester ici et attendre Dieu sait combien de temps avant que tu décides à passer à la prochaine étape ?
- Exactement ! Acquiesça Arthur avec un large sourire.
Merlin secoua la tête et se blottit dans les bras.
Arthur ne savait pas depuis combien de temps ils étaient là, mais il n'avait jamais été aussi heureux. Le simple fait d'avoir Merlin dans ses bras le remplissait de bonheur, et le calme d'Avalon l'apaisait.
C'est pourquoi il fut presque surpris lorsqu'il entendit du bruit, et vit ses chevaliers arriver au loin.
Merlin se leva à son tour, et se dirigea vers eux.
- Qu'est-ce que vous faites là ?
- Enfin, Merlin, tu ne crois quand même pas qu'on allait rater ça ? S'exclama Gwaine. Attends, où est la nourriture ? Pourquoi il n'ya a rien à manger ?
Merlin rit, et Arthur se mordit la lèvre.
- Euh… C'est vrai qu'on n'a rien à manger. Je n'arrive pas à croire qu'on n'ait pas pensé à tout !
Merlin l'embrassa sur le joue et fit apparaître un banquet.
- Je suppose que ça devrait suffire, marmonna Arthur.
Léon les rejoint avec William, qui s'empressa de quitter le chevalier pour rejoindre le roi et son consort.
Un peu plus tard, la nuit commençait à tomber, et Perceval tendit à Arthur la boite qui contenait le cadeau que son double avait prévu. Arthur se glissa derrière Merlin, qui discutait avec Gwaine tout en nourissant William, assis sur une chaise que Merlin avait fait apparaitre. Il laissa tomber son menton sur son épaule, et plaça la boite devant ses yeux.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Ton cadeau.
Merlin se tourna pour lui faire face, tandis que les chevaliers se rassemblaient autour de lui. Merlin ouvrit la boite, et ses yeux s'agrandirent sous la surprise. Il leva la tête vers Arthur.
- Comment…
Il ne finit pas sa phrase, et Arthur supposa que c'était parce qu'il venait de se rappeler qu'il ne pourrait pas lui répondre. Après tout, le cadeau ne venait pas vraiment de lui, mais de son futur-lui. Avant qu'il ne puisse s'approcher pour voir ce qu'était le fameux cadeau, Merlin se jeta sur lui et l'embrassa passionnément. Arthur pouvait voir les sourires moqueurs des chevaliers, mais il s'en fichait.
Lorsqu'ils se séparèrent, ayant besoin d'air, Arthur en profita pour murmurer.
- Je ne sais même pas ce que je t'ai offert, mais je suis ravi que ça te plaise.
- C'est parfait, Merlin sourit avant de l'embrasser à nouveau.
- Tu sais que ce n'est pas vraiment de moi, n'est-ce pas ?
- Peut-être, mais ce sera de toi un jour. Probablement. Quoiqu'il en soit, tu es lui, alors c'est ton cadeau.
Arthur n'en était pas convaincu, mais il se garda bien de le dire. Après tout, il n'allait pas se priver et manquer les baisers de remerciement de Merlin. Tout en maintenant son consort près de lui, il s'approcha de la table, où Merlin avait posé le cadeau, et se pencha pour voir ce que c'était. Seulement, avant qu'il n'ait pu voir quoi que ce soit, Gwaine saisit la boite.
- Alors, voyons voir ce que la princesse a offert à notre cher Merlin ! Quelqu'un veut essayer de deviner ?
Merlin leva les yeux au ciel, tandis qu'Arthur était frustré et que Perceval, Léon et Elyan se contentaient de rire.
- Bon alors, Gwaine, tu comptes nous dire ce que c'est ou non ?
- Alors, c'est….
Gwaine se stoppa et leva les yeux vers Arthur.
- Ben ça alors… Comment vous avez fait ça ?
Arthur se raidit, et tenta de paraitre naturel.
- Euh, eh bien je…
- Je me fiche de savoir comment il a fait, le coupa Merlin. Et maintenant, tu veux bien me le rendre ?
Gwaine tendit la boite à Merlin, qui en sortit un petit objet. Les chevaliers ouvrirent tous de grands yeux, et levèrent un regard interrogatif vers Arthur, qui tentait toujours tant bien que mal de comprendre de quoi il s'agissait. Finalement, Merlin se tourna vers lui, lui offrant une vue sur le cadeau. Il s'agissait d'un petit dragon en bois, qu'Arthur croyait se rappeler avoir déjà vu dans la chambre de Merlin, mais il ne comprenait pas en quoi c'était si exceptionnel. D'autant plus si Merlin le possédait déjà à son époque.
Cependant, même s'il ne comprenait pas, il sourit et fit comme si de rien n'était. Arthur jeta un coup d'œil vers William, et réalisa que leur fils s'était endormi.
Finalement, Merlin fit apparaitre des couvertures, en lança aux chevaliers, et en garda une pour Arthur et lui. Il entraina le roi au bord de l'eau, et s'allongea dans ses bras.
- Je ne sais pas si c'est l'anniversaire que tu voulais mais…
- Arthur, arrêtes. C'est parfait.
- Qu'est-ce que c'est ? Le cadeau je veux dire. Il me semble l'avoir déjà vu dans ta chambre, chez Gaius, à mon époque, alors je…
- C'était un cadeau de mon père. Le seul souvenir que j'ai de lui. William l'a cassé il y a quelques temps, et je n'ai jamais réussi à le réparer, même avec la magie. Je me demande comment tu as fait.
- Je te le dirai quand je le saurais.
Merlin sourit, et se blottit contre lui.
Le lendemain, ils retournèrent à Camelot, et en fin d'après-midi, Merlin annonça à Arthur qu'il était prêt à le renvoyer chez lui. Le roi voulut négocier plus de temps, mais il savait que c'était inutile. Il entreprit donc de trouver Gwaine pour lui dire au revoir, après avoir passé plusieurs heures à jouer avec William, conscient qu'il ne le reverrait peut-être plus.
- Gwaine !
- Ah, Sire ! Quel bon vent vous amène ?
- Je viens vous dire au revoir.
- Oh, Merlin a trouvé le moyen de vous renvoyer, n'est-ce pas ?
Arthur haussa les épaules.
- Bon, eh bien, si je peux vous donner un conseil, ne soyez pas trop stupide.
- Très drôle, Gwaine.
- Ce n'est pas une blague. Réfléchissez, et vous verrez que vous arriverez à vos fins.
- Et s'il ne m'aime pas ? S'il ne veut pas de moi ?
- Arthur, je ne vais vous dire que c'est facile et qu'il vous tomber dans les bras. Mais votre double a réussi lui, alors allez-vous vraiment admettre que vous êtes moins bien qu'une autre version de vous-même ?
Arthur le fusilla du regard.
- Oui, c'est bien ce que je pensais. Ne croyez pas tout ce qu'on vous dit, ne soyez pas un crétin, et vous devriez vous en sortir.
Sur ce, Gwaine lui tapa sur l'épaule et tourna les talons. Arthur secoua la tête et retourna dans la chambre, où Merlin l'attendait.
- Tu es prêt ?
- Est-ce que ça va changer quelque chose si je dis non ?
- Arthur…
- Oui, oui, je sais.
- Je t'aime, tu sais. Ne l'oublies pas.
- Je t'aime aussi. Et je te promets de faire tout ce que je peux pour t'épouser à nouveau. Et retrouver William.
Merlin sourit, et l'embrassa une dernière fois avant de lancer le sortilège.
Lorsqu'Arthur reprit conscience, il se sentait épuisé. Il voulut se masser les tempes, mais se retrouva incapable de bouger. Lorsqu'il réalisa que ses bras étaient enchaînés au dessus de sa tête, il ouvrit les yeux d'un coup et tenta de distinguer l'environnement dans lequel il se trouvait. Il faisait sombre, et il était probablement dans une sorte de caverne. Il était enchainé à un mur, et son torse dénudé révélait plusieurs plaies. Le roi commença à paniquer. Où était-il, et comment s'était-il retrouvé là ? Il avait supposé qu'il se réveillerait au moment même où il avait disparu, c'est-à-dire dans son lit, en plein milieu de la nuit, avec Gwen à ses côtés. Merlin avait du supposer la même chose, sans quoi il l'aurait prévenu.
Soudain, il entendit des bruits de pas et se raidit.
- Oh, je vois que vous êtes finalement réveillé ! On va enfin pouvoir s'amuser !
- Morgana ?
Arthur resta sous le choc, tandis que Morgana éclatait d'un rire diabolique.
