Bonjour à tous et à toutes,
Merci à vous pour vos review, vos mises en favoris...
Et pour ceux qui attendaient, voici enfin notre petit blondinet, même si ce n'est que pour un court instant !
Disclaimer : Tous les personnages et l'Univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowlings.
Rating : M+ pour les chapitres futurs
Genre : Aventure / fantastique / romance / slash / yaoi
Couple : HPDM / DMHP
Bonne lecture !
Chapitre 6 : drôles de vacances
3 Août 1991 – Infirmerie de Poudlard
Harry resta inconscient trois jours, enfin du moins en apparence puisque Poudlard avait réussi à le « contacter » au bout de vingt heures. L'entité magique avait tout de suite voulu lui insuffler de l'énergie, mais le jeune garçon lui avait demandé de s'en abstenir. D'une part, cela lui permettait d'échapper encore quelque temps à la présence de ses … parents, et d'autre part, il ne voulait pas éveiller les soupçons suite à un rétablissement trop rapide.
Sa décision ne fut que confortée lorsqu'il surprit quelques échanges entre l'infirmière, Severus Rogue, les Potter et Dumbledore.
- Poppy, comment va-t-il ? demanda Lily qui se tenait près du lit de son fils, hésitant à passer une main caressante dans les cheveux ébouriffés, reculant au dernier moment, comme si elle doutait d'en avoir le droit ou même l'envie.
- Je vous l'ai déjà dit, son énergie magique est très basse. Il faut lui laisser du temps.
- Pourquoi ne lui donnez-vous pas plus de potion dans ce cas, s'insurgea James qui trépignait d'impatience.
- Parce qu'on ne peut pas prendre le risque de l'empoisonner, crétin ! siffla Severus. Comme nous n'avons aucune indication médicale sûre, nous ne pouvons prendre le risque de le saturer et de déstabiliser son noyau magique.
- Ce n'est pas ma faute si vous n'avez pas les données nécessaires ! rétorqua James boudeur.
- Si, c'est de ta faute, parce qu'une fois de plus tu n'as pas rempli ton rôle de parent responsable, claqua le Maître des Potions en jetant un regard de mépris au couple.
- Mes enfants, allons, cessez de vous disputer ! demanda Dumbledore. Pomfresh lui assure maintenant les meilleurs soins. Je ne doute pas que notre jeune Harry ne va pas tarder à se réveiller.
Severus renifla devant l'inconséquence d'Albus et se retira sous prétexte que des potions reposaient dans son laboratoire.
OoOoOoOoO
Au matin du troisième jour, Harry ouvrit précautionneusement les yeux avant de les refermer rapidement, agressé par la lumière vive. Il entendit un mouvement sur sa gauche et le glissement d'un tissu. Il souleva lentement les paupières pour se rendre compte que quelqu'un avait tiré un rideau devant la fenêtre.
- Bon retour parmi nous, Mr Potter, dit une voix douce et soyeuse, dépourvue de sa froideur habituelle.
- Bonjour Professeur, lui répondit Harry avec un petit sourire de reconnaissance.
- Harry, mon chéri, tu es enfin réveillé ! piailla Pomfresh en se précipitant hors de son bureau quelques secondes plus tard, manifestement prévenue par une alarme posée sur son patient.
Harry la regarda approcher, la confusion se lisant clairement sur ses traits. Il promena son regard sur les alentours avant de la regarder à nouveau, interrogatif.
- Harry, tu vas bien ?
- Excusez-moi, madame, mais est-ce à moi que vous vous adressez ?
- Mais, enfin Harry, bien …
- Qui est Harry ?
Cette question posée d'une voix totalement innocente fit perdre son sang-froid à la guérisseuse qui s'élança vers son bureau. Une seconde plus tard, on l'entendit crier le nom d'Albus, le sommant de venir au plus vite.
Severus, qui s'était retiré un peu à l'écart, posa un regard amusé sur l'enfant, mais ne fit absolument aucun commentaire. Il était étonné du petit jeu de l'enfant mais n'avait nullement l'intention de le dénoncer. S'il voulait jouer les amnésiques, il le laisserait faire et se délecterait des réactions de son entourage.
Remarquant l'attitude de l'Homme ennoir, Harry lui lança un clin d'oeil de connivence.
Tout aussi rapidement, l'infirmière fut de retour auprès du garçon et lança une série de sortilèges, sous le sourcil suspicieux de Severus qui observait toujours Harry avec un très léger rictus amusé.
Albus fit irruption dans l'infirmerie, accompagné des parents Potter et de Minerva.
- Que se passe-t-il donc, ma chère Poppy ? Pourquoi tous ces cris ?
- Harry s'est enfin réveillé, mais …
Sa déclaration fut interrompue par un cri de Lily qui se précipita vers son fils. Voyant la femme rousse approcher, Harry eut un mouvement de recul violent.
- Mais … mais Harry, que se passe-t-il ? Que …
- Excusez-moi, madame, mais puis-je vous demander qui vous êtes ? demanda l'enfant avec une extrême politesse.
- Mais enfin Harry, c'est moi, je suis ta maman !
- Ah, répondit-il platement.
- Harry, interpella Dumbledore, sais-tu qui je suis ?
- Non monsieur, je suis désolé mais je ne vous ai jamais vu. Et pourquoi m'appelez-vous tous Harry ?
- Parce que c'est ton nom, mon garçon. Peux-tu me dire si tu reconnais quelqu'un dans cette pièce ?
Harry observa attentivement toutes les personnes présentes avant de répondre.
- Non Monsieur, je ne reconnais personne, assura-t-il tout en envoyant furtivement un coup d'œil complice à Severus qui le lui rendit.
- Bien. Harry, je veux que tu me regardes attentivement dans les yeux.
- Pourquoi ?
- Je vais essayer de savoir pourquoi tu ne te souviens de rien.
- Mais non, je ne veux pas que vous regardiez dans ma tête ! s'écria l'enfant.
- Harry, cesse tout de suite cette comédie et laisse le directeur agir ! s'exclama James, à bout de nerfs.
- Et pourquoi ? Et d'ailleurs, qui êtes-vous ?
- Je suis ton père et tu vas m'obéir !
- Non. Je ne veux pas qu'on lise mes pensées.
- Tu le feras ! Stupefix !
James Potter figea Harry pour permettre à Dumbledore de pénétrer ses pensées sous les murmures de protestations des trois femmes présentes. Severus ne fit pas un geste mais sa désapprobation était plus qu'évidente. Il se passa quelques minutes avant que Dumbledore ne se redresse en coupant le contact visuel tandis que des larmes commençaient à couler sur le visage de Harry. Avec un geste désinvolte, James mit fin au sortilège, arrachant un gémissement de douleur au jeune garçon.
- Alors Albus, qu'avez-vous vu ? demanda-t-il.
- Harry est totalement amnésique. Il n'a pas plus de souvenirs qu'un nouveau-né.
- Comment cela ? interrogea Minerva avec un soupçon de reproche dans la voix.
- Eh bien, je n'ai absolument rien perçu dans sa mémoire, si ce n'est quelques bribes de sensations comme la sécurité, la chaleur, la peur de l'inconnu. Mis à part cela, il n'y a rien.
- Mais alors, comment savoir où il a disparu toutes ces années ? demanda Lily, en se tordant les doigts, les yeux dérivants du vieux directeur à son mari, en passant par Harry qui pleurait.
- Nous ne saurons rien tant qu'il n'aura pas retrouvé la mémoire, répondit Albus. Il faut patienter. Poppy, croyez-vous que son épuisement magique puisse expliquer cette amnésie ?
- C'est tout à fait possible. Il est connu que l'asthénie de la magie peut avoir des conséquences sur la physiologie.
- Et maintenant, son niveau est-il corrigé ? s'enquit Lily.
- Oui, tout semble désormais en ordre. Il est d'ailleurs beaucoup plus élevé que celui de 1981. Bien plus que ce que l'on pourrait attendre d'un enfant que l'on considérait comme un cracmol. En fait, son niveau est même plus élevé que celui de Sophia.
- C'est impossible, claqua James. Comment pourrait-il avoir un niveau magique plus élevé que celui de Sophia ?
- Etes-vous sûre de vos résultats Pompom ? demanda Albus. Cet enfant ne peut avoir une puissance supérieure à celle de Sophia.
- Ne croyez-vous pas qu'il serait plus utile de veiller à le soigner avant de discuter de futilités, ironisa Severus qui n'avait pas quitté Harry des yeux.
- Futilités ? glapit James.
- Ton fils souffre et tu t'intéresses à des histoires de niveau ?
A ces mots, Pomfresh reporta enfin son attention sur son patient tandis que les autres semblaient se rendre compte que la cause des larmes de l'enfant était la douleur.
- Oh Harry, tu as mal quelque part ? demanda inutilement l'infirmière.
- Ma tête, gémit l'enfant.
- Oh euh bien sûr, reprit-elle en lui tendant immédiatement une potion contre la douleur, son regard coupable et accusateur glissant sur le directeur qui eut la bonne grâce de paraître gêné. Bon, maintenant, tout le monde dehors. Mon patient a besoin de se reposer.
Joignant le geste à la parole, elle poussa tout le monde vers la porte.
- Avec plaisir, Pomfresh. Je suis ravi de pouvoir enfin retourner chez moi pour profiter des quelques semaines de vacances qu'il me reste, rétorqua fraîchement Severus qui se tenait légèrement en retrait.
- Bonnes vacances, professeur, chuchota tout doucement Harry.
Avec un sourire de connivence, Severus le salua et sortit de l'infirmerie.
OoOoOoOoO
Tout en se rendant dans son laboratoire, le Maître des Potions se repassait la conversation. Encore une fois, Dumbledore et les Potter avaient insinué que Sophia devait être une sorcière hors du commun alors que sa maîtrise de la magie, malgré le nombre de ses entraînements, restait à peine plus avancée que celle d'un enfant de onze ans qui allait seulement commencer sa formation.
Le retour de son frère jumeau posait de nombreuses questions. Il était content de revoir le garçon, d'autant plus que celui-ci paraissait en bien meilleure santé qu'avant sa disparition. Il avait été très amusé du petit jeu que l'enfant avait joué face à ses parents et à Dumbledore. Il aurait pu jurer sur sa magie que Harry n'était pas le moins du monde amnésique et qu'il se méfiait des adultes qui l'entouraient.
Les semaines à venir seraient sûrement intéressantes.
OoOoOoOoO
Harry était enfin sorti de l'infirmerie et avait réintégré sa petite chambre dans l'appartement des Potter. Poppy l'avait déclaré en pleine santé et libre de rejoindre sa famille.
Malgré les nombreux tests, chaque fois intrusifs et douloureux, auxquels l'avait soumis Dumbledore, l'enfant n'avait toujours pas retrouvé la mémoire. En fait, seuls les souvenirs liés aux personnes et aux lieux semblaient avoir disparu. Pour le reste, Harry savait lire, écrire et compter, parlait tout à fait normalement et ne présentait aucuns problèmes physiques. Personne n'avait cependant pensé à l'interroger sur l'application de la magie et sur ses connaissances éventuelles sur ce sujet, puisqu'ils étaient encore tous persuadés quelques jours plus tôt qu'il était un cracmol. Et de toute façon, qui aurait bien pu lui apprendre la magie ? Personne n'eut même l'idée de le soumettre à des exercices.
Lily tentait sans grande conviction de le faire participer à la vie de famille, mais le jeune garçon restait toujours silencieux, en retrait. L'annonce du retour de son fils l'avait d'abord émue, puis prenant le temps de la réflexion, elle se demanda pourquoi elle devrait faire des efforts pour un enfant qui ne l'avait jamais intéressé. Doucement, elle laissa les anciennes habitudes reprendre leurs droits et ne prêta plus qu'une vague attention à Harry.
James, pour sa part, ne cessait de poser un regard spéculatif sur son fils. Il était visiblement intrigué par le fait que Harry puisse avoir un niveau magique supérieur à celui de sa sœur. Pomfresh avait dû faire une erreur lors de ses examens. Et très vite, toute son attention se concentrait à nouveau sur sa fille chérie.
Cette dernière ne cessait d'asticoter Harry en lui racontant tous ses « prétendus » exploits magiques, insistant sur son grand rôle dans la défaite de Voldemort, se vantant des cadeaux que tous tenaient absolument à lui faire. Elle n'hésitait pas à souligner qu'elle possédait tout ce qu'elle rêvait d'avoir tandis que lui n'avait rien. Bien sûr, elle n'agissait pas ainsi en présence de leurs parents, mais elle ne manquait aucune occasion pour tenter d'enfoncer son frère. A sa plus grande rage cependant, Harry se montrait totalement imperméable à ses piques. Il se contentait de l'observer en silence sans décrocher un mot.
Sirius aussi tentait de se rapprocher de son neveu mais Harry lui opposait la même passivité qu'à tous les autres. L'animagus canin avait tenté de l'impressionner en se transformant, mais il n'avait même pas obtenu un sourire de l'enfant.
Harry partait tous les jours arpenter le Château. Il retrouvait avec bonheur les couloirs dans lesquels il avait déambulé enfant et qu'il avait ensuite aidé à construire, se promenait dans les salles qu'il avait vues toutes neuves. Tout cela lui paraissait très étrange, les souvenirs mêlant ancien et nouveau. Il conversait à nouveau avec les toiles qui se montraient heureuses de retrouver l'enfant qui les avait égayés quelques années plus tôt.
Il n'avait pas encore tenté d'atteindre le cœur de l'école, mais il sentait la présence de la Magie tout autour de lui. Un jour, il irait la revoir, mais pas tout de suite. Il préférait attendre que l'année scolaire reprenne. A ce moment-là, ses déplacements auraient plus de chance de passer inaperçus. Il savait qu'il était très attentivement surveillé et ne voulait donner aucune information à ses gardiens.
Il y avait également plusieurs autres endroits qu'il voulait retrouver, notamment les différentes chambres des Fondateurs et de Merlin lui-même. Toutes ses affaires avaient été entreposées dans une des salles de la Chambre des Secrets, et il lui tardait d'aller les rechercher. Il était aussi impatient de pouvoir retrouver Sassha qui devait dormir tranquillement dans la Chambre.
Il était pour le moment installé sur l'appui de fenêtre dans la Tour d'Astronomie. Il observait avec intérêt le paysage qui se déroulait sous ses pieds. Le Lac Noir scintillait doucement sous le soleil et de temps à autre, il pouvait apercevoir un tentacule crever la surface de l'eau. Le Calamar était encore tout petit quand il avait eété installé dans le Lac lors de la construction de l'école. Il avait manifestement beaucoup grandi.
La porte de la salle s'ouvrit soudain avec fracas, Sirius et James déboulant des escaliers, rouges et échevelés.
- Tu vois, je t'avais dit qu'il serait là, souffla Sirius.
- Oui, eh bien, comment tu expliques qu'on ne l'ait pas vu sur la Carte ?
- J'en sais rien moi ! On voit bien nos deux étiquettes, mais pas la sienne ! La Carte déconne sûrement.
- Et comment veux-tu qu'elle déconne ? Il n'y a que lui qui n'y apparaît pas ! C'est pas normal.
- Normal ou pas, il est là et c'est tout ce qui compte ! Tu voulais le retrouver et bien le voilà !
- Harry ! cingla James, ça fait des heures qu'on te cherche ! Ou étais-tu passé ?
- Ici, monsieur, répondit-il tranquillement.
- Comment ça ici ? Depuis quand ? Et je t'ai déjà dit de m'appeler Père !
- Je suis venu ici après le déjeuner, monsieur.
- Et qu'as-tu fait tout ce temps ?
- J'ai dessiné, monsieur.
Sirius ne put s'empêcher de grimacer de façon presque grotesque en entendant Harry continuer à donner du « monsieur » à son père. James grinça des dents à la réponse de l'enfant et s'approcha vivement de lui pour se saisir de la liasse de papier qui reposait sur le sol. Il feuilleta rapidement les dessins, reconnaissant le Château, certains elfes de maison et quelques créatures. Il s'arrêta cependant sur le visage de quatre enfants qu'il ne connaissait pas.
- De qui s'agit-il ?
- Je ne sais pas.
- Pourquoi les as-tu dessinés alors ?
Harry se contenta de hausser les épaules en guise de réponse.
- Bon Harry, intervint Sirius, on te cherchait pour te dire que demain, nous irons tous sur le Chemin de Traverse pour pouvoir acheter vos fournitures scolaires et votre baguette magique, pour ta sœur et toi.
- Bien, répondit-il avec concision avant de récupérer ses dessins et de sortir tranquillement.
- Je ne comprends pas ce gosse, gémit James. Il ne se laisse pas du tout approcher, répond le strict nécessaire.
- Ecoute, Cornedrue, je sais que c'est difficile, mais … Nous n'avons jamais fait très attention à lui quand il était petit et puis il a disparu. Il ne nous connait pas et on ne sait même pas ce qui lui est arrivé.
- Oui, mais c'est mon fils et il faut qu'il m'obéisse, répondit-il d'un ton péremptoire. Tu ne voudrais quand même pas qu'il fasse honte à mon nom et au prestige de sa sœur.
- C'est ton fils, mais il ne te connait pas, asséna Sirius. Sois déjà content qu'il ne soit ni agressif ni volontairement cruel. Il est juste …
- Indifférent, termina James dans un grognement. Et je suis certain qu'il cache quelque chose.
- Mais non, il a onze ans, que veux-tu qu'il fasse ?
- Je ne sais pas, mais il a intérêt à se tenir correctement.
- Jusqu'à présent, tu n'as rien eu à lui reprocher.
- Qu'il continue. A la moindre incartade, il apprendra à m'obéir. Nous devons concentrer toute notre attention sur Sophia. Il n'est qu'une pure perte de temps.
Sur cette déclaration, les deux hommes finirent par suivre l'enfant. L'avenir s'annonçait difficile.
OoOoOoOoO
28 Août 1991 – Londres, Chemin de Traverse
Les Potter et Sirius déambulaient sur le Chemin de Traverse. Sophia se pavanait devant tous, rayonnant d'arrogance quand les passants la reconnaissaient. Elle se rembrunissait cependant en entendant que certains s'interrogeaient sur la présence du jeune garçon qui les accompagnait.
Ils se dirigeaient maintenant vers la Banque Gringott's afin de retirer les sommes nécessaires à leurs emplettes. Harry avait été impressionné à la vue du bâtiment qui se dressait au bout de l'avenue commerciale, et plus encore, lorsqu'il avait croisé les Gobelins. Il y avait affluence dans la banque, nombre de sorciers venant retirer de l'argent en prévision de la rentrée scolaire. Le préposé au guichet avait proposé que les deux enfants restent à l'accueil le temps que leurs parents et Sirius descendent à leurs coffres respectifs, utilisant le même wagonnet pour gagner du temps, mais Sophia avait piqué une crise, exigeant de pouvoir les accompagner. Devant ses cris perçants, James avait finalement cédé tandis que Harry prenait simplement place sur une chaise indiquée par le Gobelin. Son père lui lança un regard menaçant, lui promettant les pires représailles s'il bougeait, mais l'enfant lui signala d'un mouvement de tête qu'il attendrait leur retour.
Harry était plongé dans ses pensées, observant les interactions entre les sorciers et les Gobelins, admirant les ornementations des murs, le dessin formé par le carrelage quand une voix étrange résonna près de lui.
- Monsieur Harry James Myrdinn Potter ? demanda un très vieux gobelin.
- Oui, il s'agit bien de moi. Bonjour Maître Gobelin, reprit-il ensuite en Gobelbabil.
- Je suis enchanté de vous rencontrer enfin. Je m'appelle Grinn et je suis l'un des descendants de Gringott.
- Gringott ? Le fondateur de la banque ?
- En effet, Mr Potter. Le Gobelin que vous avez sauvé il y a déjà tant d'années. Nous attendions votre venue depuis très longtemps, dit-il en lui tendant une enveloppe qui paraissait en effet avoir traversé le temps. Je suis très honoré d'avoir pu enfin remplir la mission que mon ancêtre a confié à ses descendants. Je vous souhaite des affaires toujours prospères, Monsieur Potter, le salua-t-il en prenant congé.
- Mais … Que votre or se multiplie, Maître Gobelin, répondit précipitament Harry, sachant qu'il ne pourrait retenir la créature.
Il baissa les yeux sur l'enveloppe qu'il tenait et se souvint.
Flash-Back
Harry se promenait aux alentours du site de construction de Poudlard quand des cris lui parvinrent. Aussitôt, il s'élança vers la source du bruit, non sans envoyer un patronus à Merlin afin de l'avertir. Au détour du chemin, il tomba sur trois hommes qui en frappaient un quatrième gisant au sol. Il cria pour les faire s'arrêter, mais après un temps d'arrêt, les malfrats reprirent leur activité.
Faisant appel au vent, il écarta les hommes qui s'étalèrent au sol. Ils se relevèrent rapidement, bien décidés à faire payer son intervention à l'enfant quand de nouveaux bruits de course se firent entendre, annonçant l'arrivée de Godric, Salazar et Merlin. Ils vinrent rapidement à bout des bandits et Griffondor et Serpentard se chargèrent de les emmener.
Pendant ce temps, Harry s'était approché de la silhouette prostrée dans la poussière et l'avait retournée. Il fut surpris de se retrouver face à un Gobelin. Il était très rare de les rencontrer en dehors des zones qu'ils habitaient et ils restaient toujours éloignés des humains, qu'ils soient moldus ou sorciers.
Remarquant les nombreuses coupures et contusions, il s'employa à les soigner. Merlin vint s'agenouiller près de lui, prêt à lui apporter le soutien nécessaire. Enfin, la créature ouvrit doucement les yeux. Le Gobelin eut un mouvement de recul en voyant les deux humains penchés sur lui, mais il se rendit rapidement compte que ces derniers lui avaient porté assistance.
- Bonjour Maitre Gobelin, dit doucement Harry. Comment allez-vous ?
- Bien mieux que je ne pouvais l'espérer, jeune homme et cela grâce à vous manifestement. Je me nomme Gringott et vous remercie de votre intervention.
Harry eut un hoquet de rire à l'entente du nom, mais se reprit très vite afin de ne pas vexer le Gobelin.
- Enchanté Gringott. Je m'appelle Harry et voici Merlin, dit-il en présentant son grand-père.
- Ravi de faire votre connaissance. Harry, demanda-t-il avec prudence, puis-je vous demander ce qui vous a fait rire ?
- Oh euh … eh bien, votre nom. Pas qu'il soit comique, je vous jure, s'empressa-t-il de préciser, mais c'est le nom de la banque des Sorciers à …
La voix de Harry s'éteignit quand il se rendit compte de ce qu'il avait failli révéler. Merlin l'observa un instant de manière spéculative, son regard passant de l'enfant au Gobelin comme s'il cherchait un indice.
- ... à ton époque, Harry, termina Merlin.
- …
- Cette rencontre n'est pas fortuite, mon enfant. Comme ta présence parmi nous.
- Vous êtes une Sentinelle, déclara calmement Gringott en regardant Merlin.
- Ainsi donc, les Gobelins connaissent également cette légende, reprit le vieux sorcier.
- Vous êtes peut-être des Sorciers, Sentinelle, mais vous êtes avant tout les représentants de la Magie sous toutes ses formes, et les Gobelins veillent toujours à savoir tout ce qui concerne la Magie. Vous avez un rôle à jouer pour nous aussi. Maintenant, jeune Sentinelle, dit-il en se tournant vers Harry, parle-moi de la banque de ton époque et qui porte mon nom.
- Oh … Eh bien, j'ai entendu le papa de Sophia …
- Ton papa Harry ! le reprit Merlin.
- Euh oui … il disait toujours que les Gobelins étaient absolument impossible à fréquenter, mais que heureusement, la manière dont ils géraient leur banque était des plus efficaces et que tant que les Gobelins seraient à la tête de Gringott's, le monde sorcier n'aurait rien à craindre pour ses finances.
- Une banque dirigée par des Gobelins qui gère l'argent des sorciers ? Et qui porte mon nom qui plus est ? Voici une idée fort intéressante.
Le Gobelin étudia un court instant l'enfant avant de faire un sourire amusé – et plutôt cauchemardesque pour tout être qui n'était pas gobelin.
- Je crois, jeune Sentinelle, que notre rencontre sera l'une des plus enrichissantes de ma vie. Merci à toi !
Et sur ces mots, Gringott disparut dans un plop sonore, laissant Harry et Merlin pantois.
- Vois-tu, Harry, déclara Merlin, je crois que ta venue parmi nous avait plusieurs objectifs, et pas seulement celui de me permettre de t'entraîner.
Fin de Flash-back
OoOoOoOoO
Les adultes avaient décidé de faire une pause dans leurs achats, après avoir affronté Scribenpenne, l'apothicaire, Fleury et Bott et le magasin de chaudrons, en s'installant chez Florian Fortarôme. Sophia avait exigé la plus grande coupe de glace, mêlant tous les goûts disponibles et la noyant de chocolat, caramel et chantilly. Elle n'en avait pris que quelques cuillérées. Harry s'était contenté d'une simple boule de chocolat sur un cornet. Ils quittaient la terrasse pour continuer les achats quand Sophia aperçut la devanture du magasin de Quidditch. Elle tira énergiquement son père jusqu'à la vitrine, s'extasiant sur le balai en vitrine. Elle racontait déjà à son père comment elle intégrerait l'équipe des Gryffondors à la rentrée tandis que Lily tentait de leur rappeler qu'ils devaient encore se rendre chez Madame Guipure pour leurs robes d'école ainsi que chez Ollivander's pour les baguettes.
James finit par traîner sa fille derrière lui jusqu'au magasin de confection. Sophia tapait des pieds et ronchonnait, mais son père ne céda pas. Les yeux bruns observèrent le jeune garçon calme qui ne demandait jamais rien et suivait sagement les adultes.
Sirius s'esquiva à ce moment, sous un prétexte quelconque. Même s'il était un mordu de la mode, il détestait cordialement les séances d'essayage.
Les quatre Potter pénétrèrent dans la boutique plus ou moins déserte. Seul un jeune garçon était debout sur une estrade tandis que la couturière prenait ses mesures. Sophia se dirigea immédiatement vers lui.
- Qui es-tu ? demanda-t-elle sans gêne.
Le garçon blond platine se contenta de poser ses yeux de mercure sur elle avec dédain pendant une microseconde avant de détourner le regard avec un air de profond ennui.
- Eh je te parle ! s'énerva la fillette.
Une nouvelle fois, le silence lui répondit.
- J'ai terminé, Mr Malefoy, vous pouvez descendre, déclara la femme. Votre mère devrait revenir dans un instant avec le choix des tissus.
Draco descendit élégamment de l'estrade et commença à s'éloigner quand Sophia agrippa son bras. Il se figea en un instant avant de toiser la gamine qui osait le toucher.
- Je t'ai demandé comment tu t'appelais ! Réponds-moi !
- Draco, que se passe-t-il ? demanda une voix froide.
- Je l'ignore mère. Cette … fille me dérange.
- Je ne suis pas une fille, vociféra Sophia, provoquant deux envolées de sourcils aristocratiques, avant de rougir violemment en se rendant compte de ce qu'elle venait de déclarer. Je suis la Survivante, poursuivit-elle, et je veux savoir comment tu t'appelles !
- Sophia ! intervint enfin Lily. Un peu de respect !
- Mais maman, je veux …
- Tu ne veux rien du tout ! Tu te tais et tu montes sur cette estrade pour que Madame Guipure prenne tes mesures. En silence, reprit-elle en voyant sa fille ouvrir la bouche. Je suis désolée Narcissa, s'excusa-t-elle auprès de la grande blonde.
- Il semble que le statut de ta fille lui soit monté à la tête, Lily. Tu aurais tout intérêt à la faire descendre de son piédestal, avant qu'elle ne fasse fuir tout le monde, répondit-il avec un brin de mépris pour l'attitude impolie de l'enfant. Viens Draco, allons payer la commande.
Narcissa s'éloigna avec son fils, laissant derrière elle une Lily fortement embarrassée par le comportement de sa fille. Tandis que sa mère s'approchait du comptoir, Draco s'arrêta près de Harry.
- Quelle plaie cette fille, dit-il sur le ton de la confidence.
- T'as pas idée, répondit Harry avec lassitude.
- Je m'appelle Draco Malefoy, déclara-t-il en lui tendant la main.
- Harry Potter, répondit le brun en tendant la main à son tour, mais en ne prenant pas celle du blond, lui laissant le choix de finaliser le geste ou non.
Draco se figea un instant avant de prendre la main et de la serrer. Les deux garçons sursautèrent tandis qu'un courant électrique les traversaient, leurs cheveux se hérissant sur leurs crânes. Ils s'observèrent un moment, les yeux ronds, sans bouger, sans se lâcher.
- C'est ta sœur ?
- Malheureusement.
Draco pouffa à la réponse. Il allait embrayer quand sa mère l'appela pour partir en même temps que James interpellait son fils pour qu'on prenne enfin ses mesures.
- On se reverra à Poudlard, dit le blondinet, lâchant enfin la main de Harry.
- Oui, à bientôt Draco, répondit ce dernier, serrant le poing, regrettant déjà la sensation.
OoOoOoOoO
Ils étaient dans le magasin d'Ollivander's depuis déjà trois quart d'heure et Sophia n'avait toujours pas sa baguette. Elle avait d'emblée déclaré au créateur d'artéfacts magiques qu'il devait lui donner la baguette la plus exceptionnelle de sa boutique puisqu'elle était la Survivante. Il était exclu qu'elle n'ait qu'une simple baguette ordinaire au vu de sa propre importance. Une quarantaine de boites jonchaient tout le comptoir et un nombre élevé d'objets détruits témoignait de la difficulté de trouver une baguette adéquate à la fille des Potter.
Garrick soupira une fois de plus en voyant une énième étagère voler en éclat. Il avait essayé tous les types d'ingrédients qu'il préférait, ainsi qu'un grand nombre de ses essences favorites. Que n'aurait-il donné pour avoir à cet instant des clients aussi précis que les Malefoy. Il aimait beaucoup le défi que représentait le choix de la baguette idéale pour un sorcier, mais cette … gamine le faisait grincer des dents. Il se souvint de la rencontre du début d'après-midi.
Flash-Back.
La famille Malefoy avait passé le seuil de sa boutique peu après le déjeuner. Lucius, toujours aristocratique, accompagnait sa femme et leur fils pour la première baguette de ce dernier. Ollivander avait rapidement procédé aux mesures nécessaires, taille, poids, carrure, longueur des membres et estimation du niveau magique. Il avait sorti plusieurs baguettes, évaluant les réactions pour affiner son choix.
La première réaction positive vint de l'ingrédient. Manifestement, le crin de licorne conviendrait parfaitement pour l'héritier Malefoy. Avec un soupçon de doute, il se rendit dans l'arrière-salle et en revint un instant plus tard avec une boite légèrement moisie sous la poussière. Il tendit la baguette au petit blond qui ressentit aussitôt une sensation de chaleur bienfaisante, tandis qu'un sourire se dessinait sur ses lèvres.
- Je crois que nous avons trouvé, jeune homme, dit le fabriquant, ravi.
- De quoi s'agit-il ? interrogea Lucius.
- Crin de licorne et bois de pommier.
- Pommier ? Je croyais vous avoir envoyé un courrier pour vous avertir que la baguette de mon fils devait être façonnée en bois d'aubépine, rétorqua le lord en se pinçant l'arête du nez.
- Mais vous voyez bien que cette baguette lui convient !
- Peut-être, mais elle doit être en aubépine. Croyez-vous vraiment que les Malefoy n'ont pas les moyens de déterminer l'essence qui leur convient le mieux ? Allez lui chercher une baguette d'aubépine !
Draco reposa la baguette de pommier avec un très léger soupir de regret. Garrick pinça les lèvres et retourna dans son arrière-boutique. Il revint cinq minutes plus tard avec une nouvelle baguette.
- Crin de licorne et aubépine, annonça-t-il. Le crin provient de la même source que celui de la baguette de pommier.
Lorsque Draco prit la baguette, il fut entouré d'une aura lumineuse d'un blanc pur. La sensation de bien-être qu'il ressentit alors était dix fois supérieure à celle précédente.
Avec un sourire goguenard, Lucius toisa Ollivander qui ne put qu'admettre que le lord avait raison.
Fin de Flash-Back
Alors qu'il revenait au présent, Garrick pensa aux baguettes que son père confectionnait. Avec fatigue, il sortit de sa boite l'une des premières réalisations paternelles.
- Noyer noir et crin de kelpy, dit-il en tendant l'artéfact à Sophia.
La fillette se mit aussitôt à rire de bonheur tandis que ses cheveux voletaient autour d'elle.
- La combinaison ne me semble pas courante, intervint James.
- En effet, Monsieur Potter, nous n'utilisons plus jamais cette alliance. C'est une baguette très difficile quant au choix de son propriétaire. Elle est … unique en son genre.
- Unique comme moi, claironna Sophia, extatique.
- Bien, passons donc à vous, monsieur Potter, déclara Ollivander en se tournant vers Harry.
Garrick se lança dans ses mesures avant de commencer à faire essayer des baguettes à l'enfant. Dix minutes et six baguettes plus tard, Sophia se mit à geindre qu'elle s'ennuyait et voulait aller au magasin de Quidditch. James tenta de temporiser, mais les pleurnicheries montèrent rapidement dans les aigus. Alors que Lily lui proposait d'accompagner leur fille tandis qu'elle resterait avec Harry, Sophia intensifia encore ses cris exigeant que ses deux parents restent avec elle.
Garrick, ayant intercepté le regard ennuyé et embarrassé de Harry, proposa donc que ce dernier reste à la boutique avec lui le temps qu'ils aillent tous les trois au magasin de Quidditch. Devant le caprice de la fillette, les parents cédèrent après un coup d'œil à leur fils qui semblait trouver la solution des plus satisfaisantes, non sans omettre de lui rappeler sévèrement de se tenir correctement.
Le calme revenu, Ollivander continua à faire défiler les baguettes. Après un temps, Harry prit les choses en main.
- Monsieur Ollivander ?
- Oui mon garçon ?
- Et si vous essayiez la baguette qui est rangée dans le neuvième bac, sur la cinquième rangée, à la neuvième place ?
- Que ?
- Essayez Monsieur, insista Harry.
Abasourdi, Garrick alla chercher la baguette demandée. Il revint avec une boite moisie et la tendit à Harry qui s'en empara avec une certaine impatience. Un large sourire de contentement s'épanouit sur les lèvres du garçon quand il contempla la baguette nichée dans le tissu soyeux.
Il la saisit délicatement et fut entouré d'une aura lumineuse d'un blanc pur.
Ollivander observa le phénomène un instant, se rendant compte qu'il avait failli vendre le matin même cette baguette particulière.
« Par Merlin, quelle catastrophe si j'avais effectivement pu la vendre. Heureusement que Lord Malefoy a exigé de l'aubépine sinon … Maintenant que j'y pense, il est étonnant que ces deux enfants aient une magie si proche, comme si … » Garrick revint subitement au présent.
- C'était donc vous, Monsieur Potter. ?
- Moi, monsieur ?
- Vous, le protagoniste de notre légende familiale. Voyez-vous, Monsieur Potter, cette baguette est à la garde de ma famille depuis plus de mille ans aujourd'hui. Et, contrairement aux autres baguettes, elle a été commandée sur mesure. Savez-vous pourquoi nous ne réalisons quasiment jamais ce type de commande ?
- Non, Monsieur.
- Parce que la baguette choisit son sorcier, et non l'inverse, Monsieur Potter. Qu'un sorcier nous apporte des éléments pour constituer une baguette ne signifie pas que cette baguette va lui convenir. Pourtant, mon aïeul a accepté de créer celle-ci, et d'après la légende, elle a parfaitement convenu à son propriétaire. Un jour, un vieil homme et un enfant sont entrés dans la boutique de mon ancêtre. Ils apportaient deux ingrédients très particuliers, une branche du Pommier Sacré d'Avalon et un crin de licorne de la forme animagus de la Dame du Lac, ont-ils déclaré. La puissance magique de ces deux éléments ne permettait pas de mettre leurs paroles en doute. Quelques années plus tard, le vieil homme revint et obtint la promesse de mon arrière-arrière-grand-père de conserver la baguette en sécurité, promesse qu'il fit étendre à tous ses descendants. Son propriétaire reviendrait un jour la réclamer, a-t-il déclaré, et d'ici là, les Ollivander devaient la garder en sécurité. Il semble que ce jour soit enfin arrivé.
- En effet, Monsieur.
- Est-ce que je me trompe en disant que vous êtes lié à la légende des Sentinelles, Monsieur Potter ?
Harry sursauta violemment à cette mention et fut incapable de répondre tant il était surpris.
- Ne vous inquiétez pas ! Voilà de nombreuses années que nous nous perdons en conjectures sur l'identité du propriétaire de cette baguette. L'une de nos théories était qu'il pouvait s'agir d'une Sentinelle. Je suis ravi d'être celui qui vous remet aujourd'hui votre baguette.
Avec un sourire, Harry remercia Garrick. Le jeune garçon observa un instant le capharnaüm qui les entourait avant d'effectuer un geste du poignet. Aussitôt, toutes les baguettes retrouvèrent leurs boîtes avant que ces dernières ne reprennent leurs places sur les étagères et les objets détruits recouvrèrent leur intégrité.
- Monsieur Ollivander ?
- Oui ?
- La baguette de Sophia, elle n'est pas vraiment exceptionnelle, n'est-ce-pas ?
- Pas du tout, répondit l'artisan, gêné. Il s'agit d'une réalisation de mon père quand il était apprenti. Le noyer noir réagit très mal avec les sorciers arrogants et menteurs. Le crin des kelpies est un des éléments les plus faibles magiquement parlant.
- Comment se fait-il qu'elle lui ait convenu dans ce cas ?
- Ça reste un mystère. Mais … le niveau magique de votre sœur n'est pas très élevé, ce qui explique peut-être le choix d'une baguette faible.
A cet instant, la porte s'ouvrit laissant place à une Sophia rayonnante, un James dépité, une Lily dépassée et un Sirius radieux.
Hilare, il tendit à Harry une cage dorée qui abritait une chouette d'un blanc pur aux yeux dorés. Sophia reçut un hibou plus noir que la nuit, les yeux jaunes.
- Avez-vous trouvé une baguette pour Harry ? demanda James.
- Oui, bois de pommier et crin de licorne.
- Bof, c'est d'un commun, persifla Sophia.
Personne ne releva la réaction de la fillette. Avec un soupir, James paya les baguettes, ronchonnant sur le prix, et emmena sa famille.
OoOoOoOoO
Tard cette nuit-là, Harry sortit la lettre qui lui avait été remise le matin-même à la banque.
« Cher Monsieur Potter,
C'est avec plaisir que je rédige cette missive à votre attention en ce jour très particulier. En effet, nous fêtons aujourd'hui le vingt-cinquième anniversaire de notre institution bancaire.
J'ai pris le temps de la réflexion suite à notre rencontre fortuite sur ce chemin de campagne. J'ai dû ensuite convaincre ma famille et mon clan de la justesse de l'information que vous m'aviez confiée.
L'assistance de Merlin et des Fondateurs s'est révélée essentielle à la bonne réalisation de ce projet d'envergure. Ils furent les premiers à accorder leur confiance à la nation gobeline quant à la gestion de leurs avoirs. En peu de temps, la Banque Gringott's est donc devenue l'établissement financier incontournable du monde Sorcier.
L'objet de ce pli n'a pas seulement pour but de vous informer de mon succès. Je tenais à vous annoncer que le premier coffre qui fut créé l'a été en votre nom propre, avec l'accord de vos grands-parents. Pourquoi me demanderez-vous ? Tout simplement parce que j'estime que c'est un honneur qui vous revient à titre de remerciements pour vos soins et pour ce renseignement capital qui a dès lors conditionné ma réussite et celle de mes descendants.
J'ai moi-même déposé une certaine somme dans ce coffre, dépôt qui se vit ensuite grossir par les apports de vos grands-parents et des Fondateurs. Des consignes ont été données à mes successeurs afin de faire fructifier cet argent au meilleur rendement possible. Vous devriez donc disposer à votre époque d'une fortune conséquente.
Outre l'argent, votre coffre abrite également de nombreux objets déposés là par votre famille. Vous y trouverez des livres et manuscrits, des objets et bijoux divers ainsi que des ingrédients de potion, contribution d'un grand Maître à son apprenti selon les explications de Salazar Serpentard. Je ne saurai trop vous conseiller de prendre contact avec mes descendants pour prendre connaissance du contenu exact de votre coffre.
Comme vous avez probablement dû le constater vous-même, la banque est bâtie sur un système d'étagement. Cela signifie que les premiers comptes ouverts se trouvent au niveau le plus profond de l'établissement, les plus récents se situant donc quasiment au niveau du rez-de-chaussée. Si je vous mentionne ce fait particulier, c'est que la sécurité de ces premiers coffres est extrêmement élevée. Seule l'identité magique du sorcier pourra lui permettre d'y accéder. C'est pour cette raison que vous seul pourrez demander des informations inhérentes à vos possessions et que personne, même si vous êtes encore mineur au moment où vous lisez cette lettre, ne sera mis au courant.
D'autre part, d'après les informations que m'a remises Merlin en personne, il est fort probable que vous ayez accès à son coffre ainsi qu'à ceux des Fondateurs. Vos grands-parents, Merlin et Nimue, ainsi que Godric Gryffondor, Rowena Serdaigle, Salazar Serpentard et Helga Poufsouffle ont laissé des testaments vous nommant comme héritier unique, en cas de disparition de l'une ou l'autre de leurs lignées. La Magie gobeline agit d'une manière très particulière en ce qui concerne les héritages. Ainsi donc, si un compte tombe en déshérence, les Gobelins identifieront immédiatement le véritable héritier qui deviendra dès lors propriétaire dudit compte. Dans votre cas, les comptes laissés en déshérence nécessitant l'identification d'un héritier par alliance seront automatiquement ajoutés au vôtre, ainsi que le stipulent les différents testaments enregistrés par nos soins.
Je vous souhaite une vie emplie de richesses, espérant que ma banque et ma famille pourront vous épauler dans le cadre de la mission que vous aurez à remplir.
Gringott, année 993 »
TBC
